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— 99 — pour rester longtemps soumises, et que, vingt ans plus tard, affranchies de toute inquiétude sur la frontière canadienne, elles pourraient, avec plus d'espoir de succès, entreprendre de secouer le joug de la métropole. Ces causes, que nous venons d'énumérer, jointes à celles que nous avons déjà détaillées dans nos chapitres précédents, la jalousie que nos progrès dans l'Inde occasionaient à l'Angleterre, tandis que, suivant sa noble habitude, elle cherchait à nous endormir par des négociations, l'avaient décidée à la guerre, lorsque, vers la fin de 1754, quelques hostilités sur les bords de l'Ohio, entre les Français et les Anglais, mirent, dans l'Amérique du nord, les armes aux mains de tout ce qui se groupait sous les drapeaux anglais et français. Nous avons dit que c'était Rome et Cartilage qui allaient se trouver en présence; nous avons dit qu'aux Carthaginois s'appliquait la foi punique; il nous reste à prouver que , plus encore que jadis à Cartilage, doit s'appliquer à l'Angleterre celle horrible maxime : « Mieux vaut le succès que procure la trahison, que le doute dans lequel laisse la bonne foi. » Afin de pouvoir mieux réussir dans leurs desseins, les Anglais, qui portaient donc envie à nos possessions dans l'Amérique continentale, dés 1751, avaient cherché à fomenter la discorde parmi les nations indiennes, nos alliées. Le marquis de la Jonquière, gouverneur du Canada, auquel succéda, en 1752, le marquis Duquesne et de Vaudreuil, gouverneur de la Louisiane , avaient contenu les sauvages , les avaient domptés quelquefois; mais, malgré tout le zèle dont leurs colons étaient animés, ils n'avaient pu empêcher quelques meurtres isolés, qui, de temps à autre, étaient venus révéler la férocité des Indiens et l'agent secret qui les poussait. Au Canada , comme partout ailleurs, comme dans l'Inde , comme naguère dans nos colonies des Antilles, comme encore sur les côtes des colonies espagnoles , le mobile des Anglais et de leurs actions était le commerce. Empiétant sur nos droits, ils s'étaient avancés sur nos frontières, cherchaient à couper nos

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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