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CHAPITRE IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE ET DE L'ÉMANCIPATION COMPLÈTE.

N° 107. § Ier. JAMAÏQUE.

A.

DÉPÊCHES

des Gouverneurs.

l'île et causer un embarras considérable. Je me déterminai donc à envoyer le colonel Mac-Leod, avec deux compagnies du 37 , par lire Rhadamanthe, à Ocho-Rios, tout près de Shaw-Park, demeure de M. Walker. Les troupes s'embarquèrent la même e

du

er

août 1834. — Troubles dans la paroisse Sainte-Anne.— Dépêche du marquis de Sligo à M. Sprinq-Rice.

1. CÉLÉBRATION

1

King's House ( Saint-Yago de la Vega), 13 août 1834.

J'ai le bonheur de vous informer que les rapports que j'ai reçus de tous côtés, sur l'état de l'île, sont des plus satisfaisants. J'espère qu'avant que celle dépêche ne vous parvienne, vous aurez reçu mon petit billet, envoyé par New-Yorck, et par lequel je vous faisais part de la tranquillité qui régnait autour de moi. Le billet avait été écrit le A, et envoyé par le schooner the Renown Je suis maintenant heureux de pouvoir confirmer ce rapport, et d'ajouter que, dans toute la colonie, à l'exception de la paroisse de Sainte-Anne, la transition de l'esclavage à l'apprentissage a eu lieu de la manière la plus satisfaisante. Il est remarquable que le 1er août a été consacré, dans la plus grande partie de l'île, à des exercices de dévotion. Dans les chapelles des différentes sectes, le service a été fait plusieurs fois dans le courant de la journée, et aussi souvent qu'une nouvelle succession d'assistants se sont présentés. A peine a-t-on vu un seul homme ivre dans les rues ce jour-là. Le samedi a été partagé entre le travail et l'amusement. Les nègres savaient parfaitement bien que le jour suivant le marché serait fermé (le dimanche); par conséquent, le samedi les marchés ont été extraordinairement abondants. Vers le soir les rues ont été remplies de john-gause-men avec leur cortège habituel. Pendant la nuit, il y a eu, dans quelques villes, des bals travestis, dans lesquels les autorités de l'île, passées et présentes, étaient représentées. Plusieurs individus, dans les villes, avaient donné des dîners à leurs nouveaux apprentis, et, sur plusieurs plantations, les propriétaires tuèrent des bœufs qui furent distribués aux nègres, outre leur allocation ordinaire de sucre, de rhum et de morue. A la campagne et dans les villes les apprentis ont tous été appelés à quelques réjouissances. Le dimanche suivant, les édifices religieux ont encore une fois été envahis par une foule nombreuse, et la journée s'est passée de la manière la plus tranquille. Mes rapports font menlion que, dans toutes les parties de l'île, à l'exception de la paroisse de Sainte-Anne, le lundi les apprentis se sont mis à l'ouvrage avec beaucoup de bonne volonté, et même, dans quelques endroits, de la meilleure grâce du monde. Jeudi matin, 7, j'ai reçu, par une estafette, une lettre de M. Walkcr, membre de l'assemblée pour la paroisse de SainteAnne, demeurant à Shaw-Park, qui m'a appris que les apprentis de sa plantation et de celles du voisinage avaient refusé de travailler sans être payés, et qu'ils avaient montré l'esprit le plus rebelle. Le courrier étant arrivé bientôt après et m'apportant plusieurs lettres du même voisinage, toutes dans le même sens, je m'aperçus que ces idées s'étaient étendues sur la plus grande partie de la paroisse, et je fus persuadé qu'à moins de mettre promptement fin à cette rébellion, elle pourrait s'étendre sur toute

nuit, et se mirent en merle lendemain matin ; elles arrivèrent à Ocho-Rios le 9, avant le jour, et furent immédiatement débarquées; l'effet produit parleur apparition soudaine fut très-grand ; il devint néanmoins nécessaire de punir un grand nombre de nègres, tant par le fouet, que par l'emprisonnement dans les maisons de travail (woorkhouses). Quand on leur a demandé de travailler, ils ont tous refusé. Cependant les allocutions des magistrats , soutenues par la présence des troupes, ont enfin rétabli l'ordre, et le colonel Mac-Leod est revenu ici hier avec ses troupes. J'ai ordonné qu'on y fit stationner une compagnie de plus qu'à l'ordinaire jusqu'à nouvel ordre. Les marrons (maroons) d'Accompons et de Scots-Hall ont aussi reçu l'ordre d'y rester sous les ordres de M. Cormor, qui doit les renvoyer chez eux aussitôt que la tranquillité sera rétablie. D'après ce que le colonel Mac-Leod m'a dit, je suis persuadé qu'aussitôt que le malentendu sera expliqué, les nègres demeureront tranquilles, à moins qu'ils ne soient excités à la révolte par la conduite des directeurs et, je suis fâché de le dire, même par quelques-uns des propriétaires et des agents. Les lettres que j'ai reçues par le courrier d'hier m'ont confirmé dans cette opinion, car il y a eu plusieurs scènes de désordre, suivies de punitions, dans SaintJames (Westmoreland) et Sainte-Elisabeth, causés, dans presque tous les cas, par la conduite brutale des directeurs ou par les exactions des propriétaires et des agents. On a refusé aux mères le temps d'allaiter leurs enfants : les vieilles femmes, qu'on avait l'habitude de leur fournir pour garder leurs enfants, leur ont été retirées, ainsi que les cuisiniers des champs'; et les sentiers qui mènent de leurs chaumières à leurs terrains ont été fermés. Plusieurs cas de mauvaise conduite, pour les mêmes raisons, ont aussi eu lieu à Saint-Thomas-dans-l'Est; mais, à l' exception des paroisses ci-dessus nommées, tout se passe dans la plus grande tranquillité.

2.

INCENDIE

dans le comté de Surrey. — Extrait d'une dépêche du marquis de Sliqo à M. Sprinq-Rice. King's House, 4 octobre 1834.

J'ai l'honneur de vous faire connaître que le seul acte de violence qui ait accompagné la transition de l'esclavage à l'apprentissage est arrivé à Belvédère, il y a quelques jours, et qu'après un prompt examen il a été évident que cet acte de violence était causé tout simplement par l'excitation du moment. J'en ai entendu parler à mon retour d'un voyage autour de l'île; mais je ne voulus point en faire le sujet d'une dépêche, avant de m'être assuré de l'exacte vérité. Le résultat a prouvé que mes prévisions étaient justes. Aussitôt que j'eus connaissance de ce,Ile affaire, j'envoyai le


PARTIE. 462 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II e

colonel Gregg aider les magistrats dans l'examen qui devait avoir lieu. Le colonel est inspecteur de police pour le comté de Surrey. Il paraît qu'en conséquence de la résolution d'obtenir du travail, en retirant aux nègres leurs allocations et leurs concessions ordinaires, ceux-ci, étant en général fort mécontents, vinrent tard à l'ouvrage, et rendirent nécessaire, la présence du magistrat spécial, M. Lyon, nouvellement nommé. Il fut appelé, et trouva nécessaire d'ordonner qu'on enfermât plusieurs apprentis dans des maisons de correction (workhouses) de Morant-Bay, pour les faire punir plus lard. Les coupables avaient été placés dans la sucrerie (hoiling house), comme l'endroit le plus sûr, jusqu'à ce qu'on les fît partir pour la prison. Il paraît qu'il existait parmi les nègres un esprit d'animosité et d'ingratitude porté à un haut point, quoiqu'ils aient toujours été bien traités. Un de ceux qui se trouvaient enfermés cria à ceux du dehors, qui leur parlaient par les fenêtres, que, s'ils mettaient le feu à la bagasse, tous les prisonniers pourraient aisément s'échapper. Plusieurs, auquels ceci fut dit, refusèrent de commettre ce crime; et les nègres qui devaient partir pour la prison furent retirés de la fabrique pour être emmenés. Au moment de leur départ, une vieille femme, nommée Christine Mowatt, âgée de soixante-dix ans, et sage-femme de la plantation, s'adressa aux autres nègres, et les conjura de ne point permettre que ses trois enfants partissent pour la prison , disant que c'était la troisième fois qu'on les y envoyait depuis Noël. Elle se servit des expressions les plus violentes et des gestes les plus passionnés. Le seul effet de ces manifestations fut que presque tous les nègres suivirent les officiers de police avec les prisonniers, avec l'intention de les relâcher, ou simplement de les accompagner. Je pense qu'ils voulaient les sauver, s'il s'était présenté une occasion fa-

largement du qu'il y aurait pour eux à se plaindre, et ils usent hebdomadaires droit nouveau qui leur est accordé. Les rapports des p a ces des juges spéciaux donnent de nombreuses preuves Beaucoup de ces que font les apprentis contre leurs directeurs. plaintes sont évidemment frivoles et ne peuvent être approuvées qu en deJe suis cependant heureux de pouvoir affirmer chose j'ai des de tous les obstacles que j'ai rencontrés, l'état ceci, J'ai vient journellement plus satisfaisant. En preuve de extraits de l'honneur de vous envoyer ci-joint des copies et des lettres venant de personnes auxquelles je puis me fier, et qui heu pe ndant font mention de la grande amélioration qui a eu se réconcilier les semaines dernières. Les maîtres commencent à deviennent plus raiapprentis les et le nouveau système, avec sonnablcs. Les nègres se soumettent peu à peu au système repropriétaires. gulier, également avantageux pour eux et pour les arrivée, les maîtres Maintenant que la saison de la récolte est e pour sentiront que leurs intérêts sont trop importants de succès, de manque lés avec légèreté. Leur ruine suivrait leur punition qu'ils ont et toute chance de reprendre le pouvoir de dansas chacun, perdu est passée. Je suis persuadé que suivre, celle d'un térêt, adoptera la seule marche qui reste à système humain mais énergique, qui produira les meilleurs effets attends aie avec beausur l'esprit des apprentis. Dans cet espoir, j présente coup moins de crainte le résultat de la récolte n ai ne le faisais il y a quelques semaines, quoique je aucune certitude à ce sujet.

, troubles à Noël ;

Je n'ai pas la moindre crainte qu'il y ait des mais en même temps je pense qu'il serait utile d'envoyer les détachements ordinaires, qui partiront le 17 et reviendront,

;

je je

ne l'espère, le 10 janvier. Désormais il ne sera plus recourir à une mesure aussi coûteuse.

vorable. Au moment où ils partaient, on entendit crier au feu! et une des cases à bagasse parut en flammes. Par la nature même de cette substance, qui était de la canne sèche et entassée pour être brûlée l'année suivante, une flamme terrible s'ensuivit immédiatement, et bientôt après la seconde case à bagasse prit

4.

feu également. On ne sait si cette dernière fut brûlée par les flammes de la première, ou si l'on y mît le feu exprès. Je crois qu'il n'y avait pas mauvaise intention, du moins cela n'a pas été clairement prouvé. Le seul acte répréhensible dans cette affaire a été qu'aucun des nègres des champs n'a voulu essayer d'éteindre le feu. Les domestiques de la maison et un ou deux des artisans l'ont tenté; mais aucun effort n'a été fait par les constables de la plantation ni par les commandeurs. Au contraire, les nègres coururent tous se cacher clans les champs de cannes, afin d'empêcher qu'on ne les forçât à donner leur concours, et se mirent à crier pendant l'incendie. Pendant une semaine on n'a pu savoir qui était le coupable, quoique tous les nègres de la plantation fussent présents, ayant été assemblés pour entendre la décision de M. Lyon. Enfin on découvrit que Robert Lewis, un des apprentis de la plantation, excité par un autre, nommé Blake, était le coupable. Il paraît que Blake, un des prisonniers, avait supplié Lewis de le faire', après l'avoir inutilement demandé à plusieurs autres. Je crois que deux autres prisonniers y avaient eu part, mais les magistrats n'ont accusé que Blake et Lewis, qui seront jugés aux assises pro-

production

ne conespère que le déficit dans la arrangements plusieurs tinuera pas; il annonce la conclusion de une < entre les maîtres et les apprentis. — Extrait d LE GOUVERNEUR

marquis de Sligo à M. Spring-Rice

1834. 13 décembre sur la conJe vous envoie quelques rapports de magistrats et quoique je duite des nègres. Ces rapports sont satisfaisants, la ne sois point tout à fait rassuré, quant a manière dont les après noirs se remettront à l'ouvrage le 29 de ce mois, les vane puisse remécances, je ne crains aucun désordre auquel on L'apparence dier par quelques exemples de punition. de la réannée, et s'il y a coite n'a jamais été plus favorable que cette pendant la récolte eu quelque déficit dans le travail des nègres prochaine. réparé l'année sera déficit ce que précédente, j'espère peu de temps ; mais J'en avais une fort mauvaise opinion il y a spéciaux, depuis quinze par suite des mesures actives des juges En arrangement. somme, jours plusieurs propriétés ont pris des salisfai les noirs ont prouvé qu il est facile de les des salaires.

chaines, et Chrétienne Mowatt comme complice.

5. 3.

PLAINTES fréquentes et exagérées de la part des apprentis.— Espoir que le sentiment de leur propre intérêt ramènera les maîtres à des dispositions conciliatrices. — Extrait d'une dépêche du marquis

acceptent le travail moyennant salaire. — Extrait comte d'Aborde n. d'une dépêche du marquis de Sligo au

LES NOIRS

Vega). Kings' House (Saint-Yago de la 835. 6 mars 1

de Sligo à M. le secrétaire Spring-Rice. King's House, 9 décembre 1834. Les nègres ont maintenant perdu toute crainte du danger

île, est très-satisfaisant. L'état présent des choses, dans cette interrompues par les grandes Les récoltes du Nord ont été arrêter les moulinstnadep pluies, qui ont forcé les directeurs à


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. une semaine, et quelquefois pendant dix jours ; mais, quant à ce qui regarde le travail des nègres, excepté le dimanche, on peut obtenir autant d'ouvrage que l'on en veut, moyennant salaire.

6.

LES APPRENTIS continuent de travailler moyennant salaire. — Ils s'attendent à voir abréger le temps de l'apprentissage. — Extrait d'une dépêche du marguis de Sligo à lord Glenelg.

Highgate (Jamaïque),

18

juillet 1835.

Voici le sommaire des rapports que j'ai déjà reçus. Sur 296 plantations ou propriétés, les apprentis ont consenti, sans hésiter, ou ont fini par consentir à céder, moyennant salaire, leur temps disponible; beaucoup ont refusé d'abord, mais tous ceux portés dans l'état précité se sont donnés en location, lorsqu'on le leur a proposé. Aucun de ceux qui y ont une fois consenti ne s'est rétracté, si toutefois on les a bien traités et surtout si on les a soldés régulièrement, ce qui n'a pas toujours eu lieu. Les mêmes états constatent que, sur 98 plantations, on n'a pas proposé de louer le temps disponible des apprentis, et que, sur 22, ceux-ci ont obstinément refusé les offres de salaire qu'on leur a faites. On peut attribuer ce refus à divers motifs : d'abord manque de confiance dans leurs maîtres-, car je connais deux plantations qui se touchent et dont les nègres ont toujours refusé de travailler pour le compte de leurs propres maîtres, mais se sont donnés en location aux maîtres de la plantation voisine. Dans un temps, on leur a fait croire que louer leurs moments disponibles n'était que prolonger la durée de l'esclavage. On est parvenu à leur faire entendre raison à cet égard. Mais cependant je crois fermement que si celte idée domine encore sur certaines plantalions , dont elle a toujours le grave inconvénient d'indisposer les apprentis, il faut l'attribuer uniquement à cette ignorance où l'on a laissé les nègres. Ceux qui ont ainsi négligé de les éclairer recueillent maintenant le fruit de leur faute antérieure. Je crois pouvoir assurer que l'usage de louer le temps disponible des nègres pourra bien être aboli par les géreurs euxmêmes. La plupart des marchés ont été faits, du reste, pour le temps de la récolte ; car le travail extra n'est en général nécessaire qu'à cotte époque. J'ai oui dire que beaucoup de géreurs , à cause de la facilité avec laquelle s'est faite la récolle de cette année et du contentement que les nègres ont semblé exprimer au sujet de leur salaire, avaient résolu de ne pas leur faire dorénavant de conditions aussi avantageuses. De plus, m'a-t-on dit, ils ont l'intention de faire tous leurs efforts pour obtenir le travail des enfants qui ont atteint l'âge de six ans depuis le 1" août, soit en leur donnant les allocations d'autrefois, soit par d'autres moyens, mais toutefois sans rétribution pécuniaire. C'est là un expédient peu sage, pour deux raisons : la première, c'est que ce travail n'est d'aucune valeur, quand même ils l'obtiendraient ; la seconde, c'est que les parents, à cause des supercheries et de l'oppression dont ils ont si souvent été dupes, soupçonneront tout naturellement que cette offre se rattache à quelque projet de prolongation de l' apprentissage. Je crains qu'il n'en résulte, chez les adultes, une répugnance à louer leur temps; mais d'un autre côté leur avidité croissante et leur désir de se procurer des choses de luxe, 1

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les empêchera de renoncer au plaisir de toucher un salaire en argent, condition dont ils ont déjà éprouvé les avantages. Sur ce qui m'est revenu de certaines dispositions des apprentis , à s'imaginer qu'ils devaient tous être, libérés de l'apprentissage au 1er août, à cause, sans doute, de la libération immédiate des noirs des Caymans et des Maroons, j'ai dû expédier une circulaire aux juges spéciaux pour leur demander des renseignements à cet égard Quelques-uns ne m'ont pas encore répondu ; mais ceux qui m'ont écrit m'assurent que ces bruits, pour ce qui est de leurs districts respectifs du moins, sont sans fondement. D'après ce que j'avais ouï dire , je croyais que, dans la paroisse de Saint-David, cette idée dominait chez les apprentis. J'y envoyai l'inspecteur général Ramsay pour s'en informer. Comme son rapport a confirmé mes craintes, en m'anonçant que la police même s'inquiétait, j'ai ordonné de suite que toute la division de police fût changée et que les hommes en fussent répartis dans d'autres districts, je les ai fait remplacer par d'autres hommes résolus. J'ai ordonné aussi qu'on envoyât trente hommes de plus si c'était possible, car la maladie épidémique en a beaucoup diminué le nombre. Enfin j'ai aussi dirigé sur ce district une compagnie de ligne, et j'ai lieu d'espérer que le déploiement d'une force aussi imposante, dans le seul district où ces craintes sont fondées, éteindra immédiatement la fermentation , si elle existe, en montrant aux apprentis les préparatifs que j'ai faits pour la comprimer, et empêchera en outre qu'elle n'éclate dans d'autres localités où elle couve peut-être. J'ose croire que ces dispositions seront approuvées par vous.

7.

générale de la Jamaïque au 16 octobre 1839. —Copie d'une dépêche de l'honorable sir C. J. Metcalfe au marquis de Normanby. 1

SITUATION

King's House,

16

octobre 1839.

Je vais faire connaître à votre seigneurie les idées que j'entretiens sur l'état de cette île. En raison du peu d'expérience que je puis avoir acquis depuis mon arrivée, ces idées ne sont sans doute pas de grand poids; cependant je crois qu'il est de mon devoir de les exposer. 1. Quand la liberté des esclaves fut proclamée, la grande question qui agita l'île fut de savoir à quelles conditions le travail libre pourrait s'obtenir pour la culture des plantations à sucre, qui ont, jusqu'à présent, été la principale source de la richesse de la Jamaïque. Il devint naturellement de l'intérêt des propriétaires d'obtenir le travail au meilleur marché possible, tandis que l'intérêt de la population ouvrière fut de le vendre le plus cher possible; par conséquent une lutte a commencé, dans cette intention, entre les deux partis. 2. L'habitude qui a prévalu, pendant l'esclavage, d'accorder aux laboureurs des terres, d'où ils tiraient des moyens d'existence pour eux et pour leurs familles, leur a donné un grand avantage, quand ils obtinrent leur liberté; car ces terrains leur fournirent les moyens d'attendre, et, demeurant indépendants et hors des atteintes du besoin, ils purent faire leurs conditions. 3. Les propriétaires ne pouvaient pas attendre avec la même sûrêté; car le manque de travail sur leurs propriétés dans certaines saisons de l' année aurait été ruineux. Jusqu'à présent, les salaires ont été fixés plutôt selon la volonté du laboureur

Sir Charles Metcalfe est venu prendre le gouvernement de la Jamaïque quelques semaines après mon départ de cette colonie. Le rapport que j'ai adressé à M. le contre-amiral comte de Mogcs, sur la situation de l'île à cette époque (voir aux annexes de la première partie du Rapport, tome I, page 7), offre plusieurs points de concordance avec les jugements portés par le nouveau gouverneur. Je prends la liberté de signaler cette concordance à l'attention des lecteurs, parce que l'on m'a quelquefois accusé de partialité en faveur des noirs, et que Sir Charles Metcalfe est de tous les gouverneurs de la Jamaïque, depuis l'émancipation, celui qui est considéré comme ayant été le plus favorable aux intérêts des planteurs. *


464 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES.—IIePARTIE. que selon colle de son maître; et ceci continuera d'avoir lieu jusqu a ce qu' une grande augmentation de la population ouvrière rende le travail meilleur marché, ou jusqu'à ce que les laboureurs dépendent davantage de leur travail, ou jusqu'à ce qu'un grand nombre de propriétés ne soient plus en culture, à cause de l'impossibilité d'en supporter la dépense, ce qui produira le même effet qu'une augmentation dans la population ouvrière. 4. On doit espérer qu'il n'y aura que peu de propriétés qui seront totalement ruinées; mais l'on peut affirmer que cela aura lieu dans quelques cas. Les propriétaires les plus pauvres, accoutumés à payer le travail par la concession des terrains de provisions, avec très-peu de dépense en argent, trouveront qu'il sera difficile, sinon impossible, de payer des laboureurs à la journée ou à la semaine, et cela sans certitude d'obtenir du travail quand ils en auront le plus besoin, car les laboureurs évitent de contracter des engagements. 5. Les laboureurs, dans quelques parties du pays, travaillent seulement pendant quatre jours de la semaine, et prennent le vendredi et le samedi pour cultiver leurs terrains. Comme il arrive souvent que la meilleure saison pour la culture de leurs terrains est aussi celle qui conviendrait aux terres de leurs maîtres, il ne faut point s'étonner qu'ils préfèrent leurs propres intérêts, puisqu'ils exercent leur droit de travailler ou de ne pas travailler. On m'a dit qu'il est souvent nécessaire de payer trèscber, afin de se procurer du travail le vendredi et le samedi, ou aux moments critiques de la récolte. 6. Pour ces raisons, il est certain qu'il y a déjà eu et qu'il y aura encore de grandes pertes dans plusieurs de ces plantations, et principalement dans les plantations à sucre, où le travail continu est presque indipensable. Ceci n'est point aussi fréquent dans les plantations de café. J'ai vu des rapports qui prouvaient que la culture des propriétés par le travail libre revient à meilleur marché que durant l'esclavage et l'apprentissage, résultat qu'il serait très-heureux de voir généralement constaté. 7. Comme contre-poids au pouvoir des laboureurs sur les salaires, les propriétaires ont celui de demander un loyer poulies maisons et les terrains occupés par les laboureurs, et ce droit est souvent exercé pour contre-balancer, autant que possible, le payement des salaires, sans égard à la valeur réelle de la maison et des terrains. Ainsi, dans bien des cas, le loyer d'une maison est fixé, non en proportion de la valeur de la maison, mais selon le nombre de ses habitants. Les contestations rela-

pas disposé à les chasser, mais il cherche, au moyen de l'allocation gratuite de leurs maisons et de leurs terrains, à se les attacher avec le moins de dépense possible. L'on sent aussi que l'expulsion, si on la mettait généralement en pratique, serait dure et cruelle, et que cela pourrait pousser la population ouvrière au désespoir. Les noirs sont particulièrement attachés à ces possessions. Dernièrement un grand nombre d'entre eux ont acheté des armes à feu. Tandis qu'un parti est d'opinion que ces achats ne proviennent que de leur amour pour la chasse, l'autre affirme que c'est évidemment pour la défense de leurs maisons et de leurs terrains. 10. Quelquefois les laboureurs ont acheté de petits lots de terrain, et sont ainsi devenus propriétaires. Je serais bien aise que cette habitude fût générale; elle mettrait fin aux causes d'irritation, qui existeront aussi longtemps qu'ils conserveront leurs cases et leurs jardins sans redevance fixe. Quand les noirs sont tenanciers sur les propriétés des autres, ils désirent obtenir des baux pour leurs terrains. Les propriétaires consentiraient volontiers à leur accorder ces baux, si les laboureurs voulaient seulement contracter des engagements de travail pendant toute la durée du bail; mais ces derniers ont une aversion pour toute espèce de contrats en ce qui concerne le travail, et, à leur tour, les propriétaires ou leurs représentants ne veulent pas renoncer sans compensation à la mainmise qu'ils croient avoir sur le laboureur, en le retenant comme tenancier à volonté. 11. Je n aperçois aucun autre remède à cet étal de choses que celui que pourront y apporter le temps et un sentiment mutuel d'intérêt. Je pense que la loi ne peut avoir ici qu'une action très-restreinte, et qu il sera plus prudent de laisser les choses suivre leur cours ordinaire. Si l'on rend une justice impartiale aux deux partis, il faut espérer qu'ils finiront par s'entendre entre eux. 12. En essayant de caractériser ainsi les rapports qui existent actuellement entre les propriétaires et les laboureurs, je n'entends m exprimer qu'en termes généraux. Il y a, sans doute, do nombreuses exceptions que je connaîtrai mieux plus tard. 13. Cette lutte naturelle entre les propriétaires et les laboureurs a excité la discorde et la violence entre d'autres classes do la société. Les missionnaires baptistes se sont rendus particulièrement odieux aux propriétaires par les conseils qu'ils sont supposés avoir donné aux laboureurs.

tives aux loyers et aux salaires entretiennent beaucoup d'irritation et de litiges, mais il faut espérer qu'avec le temps tout cela s'arrangera sur des bases d'intérêt mutuel.

Il paraît très-possible que l'intervention d'un troisième parti qui se trouve placé immédiatement entre les' deux principaux, et qui est venu prêter son appui à l'un d'eux, ait empêché un

8. S'agit-il de décider de quel côté sont les plus grands torts dans ces différends ? Il est très-difficile d'arriver à la vérité. Si je croyais aveuglément quelques rapports officiels que j'ai reçus, j'en devrais conclure que, chaque fois que les choses vont mal dans une plantation, le directeur seul doit être à blâmer,

arrangement favorable pour l'autre parti, ou au moins égal pour tous les deux; et il est tout à fait naturel que les propriétaires se soient opposés énergiquement à cette intervention dans une affaire aussi importante pour leurs intérêts. Cette intervention peut aussi avoir opéré comme cause de méfiance et de ressentiment entre les parties intéressées, ce qui est un mal sérieux;

et que les laboureurs ne'sont jamais déraisonnables; tandis que, d autre part, je reçois des rapports totalement différents. J'en conclus que la vérité existe probablement entre les deux extrêmes, et que la patience des deux parties est quelquefois mise a l'épreuve. Sans doute les dispositions morales du directeur sont un fait principal. 9. Le remède évident contre le pouvoir que possède le laboureur, pour faire la loi en matière de salaires, étant de lui ôter son terrain, ce que le propriétaire a le droit de faire, l'on peut demander pourquoi l'exercice de ce droit n'a point lieu. Les exemples d'expulsion ont été comparativement rares. Il y a plusieurs raisons pour cela : d'abord le propriétaire ou le directeur s'attache toujours à l'idée que les tenanciers de sa propriété continueront à travailler exclusivement pour lui, H n'est donc

mais, en même temps, il était naturel que les laboureurs demandassent l'avis des pasteurs et des ministres qui avaient montré un grand zèle pour leur cause, qui les avaient enlevés à l'ignorance et à la superstition, et qui leur avaient ouvert la voie aux bienfaits du christianisme. Il était assez naturel aussi que, dans ces circonstances, on leur donnât des avis. Il se peut encore (pie, sans les conseils et l'appui des missionnaires, la population libérée se fût moins bien comportée à l'égard des anciens maîtres. Quand on considère ce qui aurait pu arriver sans l'influence des ministres sur leurs diverses congrégations, il n'est point facile de faire une part équitable à l'influence des missionnaires. Toutefois il semble démontré que la conduite des baptistes a été différente de celle de tous les autres missionnaires; car je n'entends aucun reproche contre les wesleyens, les moraves, les


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 465 presbytériens ou les ministres de l'église anglicane. Les baptistes seuls sont devenus parti politique, et se sont montrés opposés aux intérêts des propriétaires. D'après l'esprit de parti qu'ils ont excité, on peut présumer qu'ils ont plus d'influence que toute autre secte dans l'île. Us se préparent, m'a-t-on dit, à influencer les élections, à la première dissolution de l'assemblée. A celte époque, la partie de la population émancipée qui payera le cens légal aura le droit de voter. 14. Si le pouvoir politique exercé par les baptistes est un mal (et je suis porté à croire qu'en général c'est un mal chaque fois que les ministres de la religion se détournent de leurs fonctions religieuses pour prendre part aux discussions des partis politiques), ce mal n'admet point de remède pour le présent. Ou leur influence diminuera, parce que leurs disciples ne vou-

très-fâcheux de voir ainsi une magistrature divisée en deux camps opposés, comme a été la magistrature de la Jamaïque pendant toute la durée de l'apprentissage. L'un de ces partis causait de la méfiance au Gouvernement et au peuple, et l'autre en causait à la classe des propriétaires. Ce sujet demande une attention sérieuse de ma part, mais je n'y vois pas pour le moment de remède. J'apprends que la législature locale serait assez disposée à former des cours de justice, où l'on mettrait des personnes instruites dans les lois et libres de tout intérêt particulier ; on leur donnerait des émoluments convenables. S'il était possible d'arriver à un arrangement de cette espèce, par lequel le peuple obtiendrait une distribution impartiale de la justice, et qui fût en même temps agréable aux propriétaires du sol, je pense qu'il serait bien de l'encourager.

dront pas payer ce qu'il faudra pour le soutien de leur établissement religieux; ou elle augmentera par l'activité des baptistes à attirer d'autres prosélytes. Dans le dernier cas, leur influence sera un mal ou un bien pour le pays, suivant l'esprit qui les animera. En résumé, quoique la conduite des autres mission-

17 J'espère que rien de ce que j'ai dit ne pourra être considéré comme déversant le blâme sur les magistrats salariés. Ils se sont trouvés placés dans une position très-délicate et très-difficile,

naires, qui se renferment dans l'exercice de leurs devoirs religieux, et qui s'abstiennent de se mêler aux luttes politiques, me paraisse plus méritoire et plus utile au pays que celle des baptistes, cependant, si le bien et le mal que font ces derniers étaient

et d'une stricte impartialité, mais aussi d'un tact, d'une bonté de caractère et d'une discrétion extraordinaires. On ne pouvait s'attendre à ce que tous ces magistrats remplissent de pareilles conditions. Les uns se sont conduits admirablement, et ont ap-

équitablement appréciés, je pense que le bien l'emporterait.

paremment donné satisfaction à toutes les classes de la société. Si d'autres ont été détournés du but de leur mission, c'était une erreur assez naturelle ; je ne suppose point qu'en aucun cas ils aient voulu commettre d'injustice. Je n'ai aucune raison d'être

15. La conduite de la population ouvrière, en général, est représentée par les magistrats, dont les Rapports sont les sources les plus fécondes d'information officielle que possède le Gouvernement, comme étant irréprochables, et je ne vois aucune raison de douter de la vérité de leur témoignage. Des exemples d'une nature différente me sont tombés sous les yeux depuis mon arrivée; mais j'espère que ce sont des exceptions à la règle générale. L'état généralement paisible du pays, qui est sans police, est une grande preuve des bonnes dispositions des habitants. Cependant les dispositions morales qui se sont développées chez les noirs, dans la transition de l'esclavage à la liberté, tiennent plutôt à l'esprit d'indépendance personnelle. Je pense qu'ils sont aussi difficiles à gouverner qu'aucune autre population ouvrière dans le monde. Ils sont aussi, quant à ce que je puis voir, heureux et satisfaits. Dans mon voisinage surtout, ils sont assez polis, et ils semblent contents que l'on s'occupe d'eux. 16. A peu d'exceptions près, les magistrats salariés sont une classe devenue odieuse aux propriétaires. Ceci n'est point surprenant. Autrefois, la magistrature locale se composait entièrement des propriétaires ou de leurs représentants; ils remplissaient leurs fonctions gratuitement. Les juges spéciaux ou les magistrats salariés furent introduits parmi eux exprès pour protéger les apprentis, et avec un pouvoir spécial à cet effet. Leurs services ont été continués dans des vues semblables à l'égard des laboureurs libres. Ces arrangements étaient, sans doute, nécessaires. Il n'était pas possible de confier la distribution de la justice à ceux qui étaient eux-mêmes aussi directement intéressés dans les questions qui pouvaient leur être soumises. Cependant l'établissement de magistrats salariés fut extrêmement désagréable aux propriétaires. Ce mal fut aggravé, en grande partie, par l'inexpérience et l'incapacité de quelques-uns de ces magistrats. D'ailleurs un grand nombre d'entre eux se détournèrent du but dans lequel ils étaient nommés, et se regardèrent plutôt comme les protecteurs des laboureurs, que comme les dispensateurs d'une justice égale pour tous les partis. Les laboureurs ayant appris quel était le but de la nomination des juges salariés, ont tourné les yeux exclusivement vers eux pour obtenir justice, et ces derniers, agissant sous la direction immédiate du gouverneur, et lui mettant continuellement sous les yeux des exemples d'oppression de la part des propriétaires ou de leurs agents, excitaient des sentiments d'animadversion. C'est quelque chose de II.

une position qui demandait que tout individu qui l'occuperait fût doué non-seulement d'une connaissance profonde de la loi

mécontent de la conduite des magistrats salariés en général, quant à ce que j'ai pu observer de leur conduite. 18. Votre seigneurie sait, sans doute, que la législature doit s'assembler le 22 du courant. J'ai été informé que la Chambre des représentants se réunira dans de bonnes dispositions. Signé

B.

RÉSULTATS

C.

J.

METCALFE.

d'une enquête sur les premiers effets de

l'apprentissage, et rapports des commissions nommées par la législature locale. 1.

INTERROGATOIRE

de

M.

Shirley. Octobre 1834.

D. N'êtes-vous point propriétaire de plusieurs plantations dans cette île ? R. Oui, de Hyde-Hall et d'Ellingdon, dans Trelawney, sur lesquelles il y a de six cents à sept cents apprentis. D. Quelle expérience avez-vous acquise dans la direction des plantations ? R. La seule que puisse m'avoir donnée une résidence presque

continuelle sur mes plantations, depuis le mois de mars dernier. J'ai depuis ce moment dirigé toute mon attention sur la conduite générale de la plantation et sur tout ce qui concerne les intérêts des nègres qui y sont attachés. D. Quelle est votre opinion quant au système établi par l'acte d'abolition ? Il me paraît insuffisant à l'égard du produit des plantations en général. R.

D. R.

Quel motif avez-vous de penser ainsi ? L'insuffisance du temps de travail.

D. Les apprentis font-ils maintenant, selon vous, une portion suffisante et raisonnable de travail pendant le temps requis par la loi ?

R. Certainement : ils travaillent même avec gaieté et bonne volonté. Parles dernières nouvelles que j'ai eues, mes économes

3o


466

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

m'ont écrit que les apprentis des deux plantations se conduisaient de la manière la plus exemplaire. D. De la manière dont vous faites travailler maintenant, combien de personnes par arpent vous faut-il pour sarcler les cannes et disposer les terres ? R. Je ne sais pas quel est le nombre nécessaire pour disposer les terres (to give the bank); mais, à l'égard du sarclage, je puis répondre qu'à Ellingdon l'ouvrage n'a pas dernièrement exigé plus de cinq personnes par arpent. En preuve de ce fait, je vous dirai qu'un samedi dix-neuf apprentis du grand atelier ont défriché quatre arpents et demi, travaillant toute la jour née moyennant salaire. A Hyde-Hall, où le terrain présente beaucoup plus de

difficulté, mes derniers rapports m'ont informé que huit personnes avaient défriché un arpent par jour; mais je pense que c'est le minimum. En général, sur cette propriété, l'ouvrage a exigé un nombre de huit à douze personnes par arpent. D. Trouvez-vous que l'ouvrage soit aussi avancé qu'il l'était anciennement à celte époque de l'année ? R. Quoique je ne fusse pas à la Jamaïque les années précé dentes, je puis certainement affirmer, parce que je l'ai appris, qu'il n'en est pas ainsi ; mais cela vient des mauvaises saisons que nous avons eues dans Trelawney, et de l'impossibilité, pendant la dernière récolte, de louer assez de nègres, à Hyde-Hall, pour tenir le champ propre, tandis que l'on enlevait la récolle. À Ellingdon, où le sol est plus léger, les champs de cannes sont à peu près dans leur état ordinaire. Je dois dire qu'à Hyde-Hall le nombre de nègres employés aux champs a été diminué, parce que j'en ai retiré plusieurs des premiers et des seconds ateliers pour leur faire conduire les charrues. D. Pouvez-vous continuer la culture de la même quantité de cannes, et pensez-vous qu'il soit possible de le faire pendant le système d'apprentissage? R. Je compte cultiver la même quantité de terres que les années précédentes, et je m'efforcerai de tenir bon, jusqu'à la fin du système d'apprentissage, ce que je crois possible de faire, dans les circonstances où je me trouve placé : j'entends parler de la bonne volonté des nègres et de la facilité avec laquelle ils travaillent, moyennant salaire, quand on le leur demande. D. Avez-vous trouvé les apprentis disposés à travailler, moyennant salaire , et dites-nous jusqu'à quel point ? R. Les apprentis sont payés de la manière suivante pour cha-

que jour de travail ; Suivant l'ancien système la journée commence avec le jour et finit avec le coucher du soleil, avec les intervalles ordinaires pour le déjeuner et le dîner ; au grand atelier, 2 schellings 6 deniers 1 ; au second , 1 schelling 3 deniers, et au troisième 5 deniers; mais il faut se rappeler que, quant aux allocations en nature, je me conforme rigoureusement à la loi. D. Quels sont les arrangements que vous faites avec les apprentis, quant aux heures légales et au travail extraordinaire pour lequel vous les louez?

question, quand je considère combien la mouture de la canné et la cuisson du veson sont des opérations annexes. J'ai acheté un grand nombre de mulets cette année afin d'accélérer les opérations du jour, et pour avoir du travail au moulin pendant la nuit. J'ai calculé de celte manière et l'on m'a informé que dixhuit heures, sur les vingt-quatre , suffisent ; mais il faut que cela ait lieu pendant six jours de la semaine.

2.

INTERROGATOIRE

de M. Charles Smith.

Octobre 1834. D. Avez-vous des propriétés sous votre direction ? R. Je dirige six plantations de sucre et sept propriétés de pi-

mento dans Sainte-Anne et Sainte-Dorothée, mais principalement dans cette dernière paroisse. D. Quel est le nombre de laboureurs apprentis que vous avez sous vos ordres ? R. Entre (rois et quatre mille. D. Que pensez-vous du nouveau système de travail, d'après l'expérience que vous en avez acquise ? R. Je trouve qu'il réussit fort mal. D. Pensez-vous qu'il y ait eu quelque répugnance de la part des directeurs à adopter le nouveau système sans partialité? R. Aucune; chaque propriétaire que je connais a fait tout son possible pour s'y conformer avec impartialité. D. Savez-vous si quelques-uns des directeurs ou propriétaires ont, directement ou indirectement, apporté des obstacles aux magistrats dans 1 exécution de leur devoir sous la nouvelle loi? R. Pas du tout.

D. Les apprentis font-ils maintenant, pendant le temps fixé par la loi, une quantité d'ouvrage juste et raisonnable? R. Quant à ce qui me regarde, ils ne l'ont maintenant que le tiers de ce qu'ils faisaient sous l'ancien système. D. Quell e est la disposition générale des apprentis ? Sont-ils

obéissants et soumis envers leurs directeurs ? R. Non; ils sont au contraire très-impertinents quand on trouve à redire au peu d'ouvrage qu'ils font. Dans bien des cas, ils ont dit aux directeurs qu'on ne pouvait pas les forcer à travailler, et qu'ils ne feraient pas mieux. D. Avez-vous trouvé les apprentis disposés à travailler, moyennant salaire, à leurs heures libres ? R. Ils ont absolument refusé de travailler, en dépit de tout ce qu on leur a offert. Durant la dernière récolte de pimente, on leur a souvent offert une piastre par baril pour le piment vert, et ils ont souvent refusé, surtout sur les plantations de leurs propriétaires. En conséquence de ce refus, je suis certain que, sur plusieurs plantations, un tiers de la récolte a été perdue, et dans quelques cas même la moitié. D Vous venez de parler de leur refus de travailler à leurs heures libres: quelle quantité de pimento cueillaient-ils anciennement dans leur journée , et quelle quantité ont-ils cueillie cette

R. Les nègres travaillent pour moi suivant la loi, c'est-à-dire pendant quarante heures et demie par semaine, les lundi, mardi, mercredi et jeudi. Le vendredi, qui est leur jour libre, à peu d'exceptions près, ils travaillent tous, moyennant salaire. Ceci n arrive pas en général le samedi. Je vois ainsi se réaliser ce que j attendais, en divisant le temps comme je l'ai fait, afin qu ils puissent gagner de l'argent dans leurs jours libres.

R. Sur quelques plantations ils n'ont cueilli que la moitié, et sur d'autres pas un tiers de la quantité qu'ils cueillaient anciennement pendant leur journée.

1 août ?

D. Au prix d'une piastre par baril que vous avez offert pour

D. A-t-on fait du sucre dans votre plantation depuis le R. Non.

er

D. Pendant combien d'heures, sur les vingt-quatre , pensez-

vous qu il soit nécessaire qu une fabrique de sucre soit tenue en activité constante, afin que la récolte soit enlevée ? R. Mon expérience ne me permet point de répondre à cette 1

Monnaie locale.

saison ?

cueillir du pimento, combien un laboureur actif aurait-il pu gagner par jour ? R. Cinq schellings. D. A-t-on fait du sucre dans quelques-unes des propriétés qui sont sous votre direction, depuis le 1 août ? er


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL.— CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 467 Oui, Ion a fait du sucre dans quatre des propriétés placées

R.

D. Pourrez-vous continuer à cultiver la même quantité de cannes pendant la durée de l'apprentissage ? R. Certainement, car j'ai eu l'habitude de donner le samedi, pendant la récolte et hors de la récolte, sur la propriété de Wild-

sous ma direction. D. Quelle quantité d'heures vous a-t-il été possible de tenir la fabrique en activité sur les vingt-quatre ? R. Neuf heures.

man.

D. Croyez-vous que ce temps soit suffisant?

R. Non certainement. J'ai offert de l'argent aux apprentis pour exprimer une certaine quantité de jus. Leur réponse a été qu'ils ne voulaient point du tout travailler dans leurs heures libres. Nous ne faisons maintenant que huit barriques de sucre par semaine, et nous en faisions anciennement vingt-huit. Quel nombre d'heures, sur vingt-quatre, pensez-vous qu'il soit nécessaire qu'une fabrique de sucre soit tenue en activité D.

D. Croyez-vous que la réduction du travail à quarante heures et demie par semaine fasse diminuer les produits ? R. Pas beaucoup sur les plantations que je régis. D. Quelle est la disposition générale des nègres; sont-ils obéissants et soumis ? R. Je n'ai rien su qui fasse supposer le contraire, et je n'ai entendu parler que de quelques apprentis qui ont été menés devant le juge spécial.

constante pour que l'on puisse enlever la récolte?

D. Avez-vous trouvé des apprentis disposés à travailler moyen

Il faudrait dix-neuf heures sur les vingt-quatre pendant cinq jours de la semaine. R.

nant salaire à leurs heures libres ?

D.

laboureurs apprentis pour les faire travailler à leurs heures li-

R. Dans un cas, ils ont refusé : au commencement du mois de septembre, à Salt-Savannah, quand je leur offris 1 schelling 8 deniers pour leurs deux demi-vendredis ; ils m'ont ré-

bres ?

pondu que cela n'était pas assez. A Papine, ils ont creusé des

Quels salaires pensez-vous que l'on devrait payer aux

deniers par jour

trous à 2 schellings 6 deniers par jour; et l'inspecteur m'écrit

serait amplement suffisante pour six heures de travail de nuit,

que, pour cette somme, ils ont creusé cent trente trous dans une

pourvu que les ouvriers voulussent travailler comme anciennement. Mais je pense qu'il serait mieux de les payer à la tâche, par

journée. A Dundee, dans Trelawney, les nègres en masse ont

exemple au prix de 15 schellings environ pour chaque cuve de

vailler dix heures par jour, afin qu'ils pussent se louer à la plan

jus de cinq cents gallons (à peu près deux mille litres).

tation , le vendredi, ce qu'ils font à raison de

Je pense que la somme de

R.

1

schelling

8

1

Croyez-vous que les 15 schellings suffiraient aussi pour

D.

ceux qui seraient dans la sucrerie (boiling-house )?

R. Certainement, jusqu'à ce que le moulin fût arrêté. Je donnerais alors aux chauffeurs et autres ouvriers de la sucrerie 5 deniers chacun pour faire cuire le reste du veson. D.

Pensez-vous qu'il soit possible de continuer la culture et la

fabrication du sucre dans les circonstances présentes ?

R. Certainement non. Les propriétaires n'y trouveront pas avantage. D. En considérant l'état présent du pays, quels sont les règlements que vous croyez nécessaires pour assurer la tranquillité de la société et la culture des propriétés ?

qu'aux magistrats salariés. Il faudrait aussi que la police des différentes paroisses stationnât dans les parties les plus peuplées, pour être prête à agir promptement en cas de nécessité. Je conseillerais également qu'une partie de la police fût mise à cheval.

INTERROGATOIRE

de M. Farquharson. Octobre 1834-

D.

Combien de propriétés dirigez-vous ?

J'ai une propriété à Vere, une autre à Clarendon, une dans Saint-Andrew, une à Trelawney, trois enclos à Sainte-EliR.

sabeth, et une petite plantation de café qui m'appartient dans la même paroisse. D.

Combien avez-vous de laboureurs apprentis sous vos or-

dres? R.

A peu près onze cents.

D. Que pensez-vous du succès du nouveau système de travail, établi par l'acte d'abolition ?

Quant à ce qui me concerne, je ne vois aucun changement dans le travail; il est ce qu'il était auparavant. R.

Trouvez-vous que le travail de la plantation soit aussi avancé qu'il l'était ordinairement à cette époque de l'année ? D.

R.

1

Oui.

2

schellings 1 de-

nier par jour; ils travaillent la demi-heure extra, ce jour-là, afin de compléter les quarante heures et demie par semaine. Je leur ai accordé ce qu'ils demandaient, et je suis convenu de leur payer 2

schellings 6 deniers pour cent trous. S'ils en creusent plus de

quatre-vingt dix par jour pendant les quatre jours, on leur payera le surplus au même prix. Je me suis aussi arrangé avec eux pour qu'ils travaillent à leurs heures libres, à 5 deniers pour deux heures. Dans ma propriété de Sainte-Elisabeth, quand je le désire, ils travaillent pour 1 schelling 8 deniers par jour de neuf heures. D. Dans votre propriété à Papine, dont vous avez parlé, la terre avait-elle d'abord été ouverte par la charrue? R. J'c ne sais ; l'inspecteur ne le dit pas.

Il sera impossible de remplir ces deux buts, à moins de donner aux magistrats civils à peu près les mêmes pouvoirs R.

3.

chargé l'inspecteur de m'écrire pour me prier de les laisser tra-

D. Quelle est la proportion des laboureurs occupés à ce travail sur cette plantation? R. Trente-deux ouvriers sur cent trente-cinq travaillaient aux trous de cannes, à raison de 2 schellings 6 deniers pour cent trous. D. Quel nombre

d'arpents avez-vous fait ouvrir, sur vos

plantations, par les apprentis dans leur temps libre? R. Nous ne faisons que de commencer. A Salt-Savannah, les trous à cannes sont faits avec la charrue : nous avons ouvert quatorze arpents en neuf jours, et l'inspecteur m'a écrit qu'il faisait aussi bien avec la charrue qu'avec les nègres. D. Y a-t-il quelques nègres qui fassent, dans un jour, quatrevingt-dix trous à cannes? R. Il n'y a que quelques jours que j'ai fait le marché. D. A-t-on fait du sucre sur quelques-unes des plantations, sous vos ordres, depuis le 1er août? R. Non. D. La récolte d'une plantation de sucre peut-elle être enlevée, et l'agriculture peut-elle être continuée par des laboureurs qui ne travailleront que quarante heures et demie dans la semaine ? R. Non certainement. D. Quel nombre d'heures, sur les vingt-quatre, regardez-vous comme nécessaire dans une fabrique de sucre pour que la récolte puisse être enlevée ? R. A peu près seize heures , en commençant à quatre heures

Monnaie locale.

II.

3o.


468

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. —PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

du malin, en arrêtant le moulin à sept heures et en faisant cuire le veson. D. D'après la connaissance et l'expérience que vous avez des nègres, croyez-vous qu'ils consentiront à donner ce nombre d'heures de travail à un prix que vos profits vous permettront de leur payer? R. Oui. Je ne parle que de ceux qui sont sous mes ordres. D. Quel serait, selon vous, le salaire juste et raisonnable à donner aux laboureurs apprentis pour le travail qu'ils feraient à leurs heures libres ? R. A raison de 5 deniers pour deux heures.

sept ans de plus. Je leur répondis qu'ils avaient été mal informés ; mais ils refusèrent encore d'entrer en arrangement. Le 4 août, ils allèrent à leur ouvrage et travaillèrent bien. Le 5, comme je passais par là, quelques-uns vinrent à moi et me dirent qu'on les avait informés qu'ils travaillaient contrairement à la loi. Après une assez longue conversation, je leur demandai si jamais je les avais trompés ; ils me répondirent qu'ils étaient persuadés que le maître ne leur ferait pas un mensonge, mais que le maître parlait suivant la loi de la Jamaïque, et qu'ils avaient le droit d'être conduits par la loi de lord Mulgrave. D. Connaissez-vous d'autres exemples en preuve de ce que vous rapportez-là?

D. Pensez-vous qu'il soit nécessaire d'obtenir quelque changement dans la loi, ou de faire nommer un plus grand nombre de magistrats spéciaux pour assurer le succès du système d'apprentissage?

R. Mon économe à Spot-Valley, M. Creaver, m'a informé que les nègres ont bien travaillé pendant la première semaine d'août. Mais que, depuis cela, ils n'avaient fait que fort peu d'ouvrage.

R. La seizième clause ne dit pas clairement quelles sont les allocations que l'on doit leur faire. Si elle le disait clairement,

Dans bien des cas, les nègres ont refusé de travailler moyennant salaire ; et à leur ouvrage ordinaire ils font beaucoup moins qu'ils

il ne pourrait s'élever aucun malentendu entre les magistrats spéciaux, les apprentis et les maîtres. La trente-neuvième clause . n'établit pas clairement s'il est obligatoire pour le propriétaire

ne faisaient autrefois. J'observe aussi qu'après que je leur ai parlé, ils travaillent mieux pendant quelques jours, mais cela ne dure pas. Je ne connais pas d'enfants qui aient été mis en apprentissage.

ou le directeur de relâcher un apprenti qui a été enfermé pendant vingt-quatre heures. Dans quelques cas, le crime commis

D. Savez-vous si, des arrangements justes et raisonnables ayant été proposés par des directeurs de plantations, pour payer aux apprentis leur ouvrage extraordinaire, les nègres ont refusé

par un apprenti peut être d'une nature si sérieuse, qu'il ne serait pas prudent de relâcher le criminel avant l'arrivée d'un magistrat spécial. La soixante-troisième clause pourvoit à la punition des offenses commises par des esclaves, avant le 1er août, mais non par des personnes libres. L'acte ne s'occupe point de l'éducation et de l'instruction religieuse des jeunes apprentis; ce qui, dans mon opinion, est indispensablement nécessaire pour assurer la sûreté de l'île, à l'expiration de l'apprentissage. Je suis d'avis que le nombre des magistrats spéciaux est insuffisant. Dans la paroisse de Sainte-Elisabeth, cinq ou six magistrats ne seraient pas de trop pour remplir les devoirs exigés par la cinquantequatrième clause.

4. Interrogatoire de M. William Stanford Grignon, esq. 4 novembre 1834. D. Combien y a-t-il de temps que vous habitez ce pays ? R. J'y suis arrivé en

1798,

et j'y suis resté toujours depuis, à

l'exception d'un petit voyage que j'ai fait en Amérique. D. Avez-vous eu la direction de beaucoup de nègres, et en quelle qualité ? R. J'ai eu la direction de quelques nègres comme propriétaire, et celle de plusieurs plantations de sucre et autres comme administrateur et géreur; dans ces plantations il y avait un grand nombre de nègres. D. Selon votre opinion, les nègres travaillent-t-ils aussi bien et avec autant de bonne volonté qu'avant le 1er août? R. Non certainement. Le 3o juillet les premiers ouvriers de la plantation de Saltspring, où j'ai demeuré pendant près d'un an, vinrent me trouver et me dirent qu'ils ne voulaient avoir rien a faire avec la nouvelle loi ; qu'ils étaient très-satisfaits de continuer comme auparavant. Je leur répondis que je ne pourrais pas leur permettre cela; que, puisque la nouvelle loi leur avait donné une grande augmentation de temps, je ne pouvais pas le leur ôter ; mais que, s'ils voulaient continuer à faire le travail de nuit, et aider la plantation à d'autres égards, je continuerais a babiller et nourrir leurs enfants libres, que je payerais leur médecin et leur laisserais toutes les allocations dont ils jouissaient autrefois. Le 31 juillet, les nègres vinrent me trouver et me dirent qu'ils étaient bien fâchés de ne pouvoir faire ce qu'ils avaient eu l'intention de faire, parce qu'on les avait informés que, s'ils agissaient ainsi, ils s'assujettiraient à un esclavage de

de les accepter ? R. A Spot-Valley et Salt-Spring, et aussi sur les plantations de M. Deffell, dans les paroisses de Trelawney, Hampstead et Retreat, j ai offert aux nègres de leur donner suivant la loi tous les samedis, des harengs, un vendredi sur deux, d'avoir soin de leurs jeunes enfants, comme auparavant; en un mot, de leur accorder toutes les allocations dont ils joussaient pendant l'esclavage; et qu en retour ils veilleraient la nuit comme autrefois, ce qu'ils ont refusé de faire. D. Quelle proportion de travail obtient-on maintenant en comparaison de celui que l'on obtenait autrefois ? R. Il est impossible de vous dire la proportion exacte, puisque quelques propriétés en font plus et d'autres moins. Mais, sur la plantation de Salt-Spring, où je crois que les nègres se conduisent aussi bien que dans aucune plantation de la paroisse, je suis persuadé que nous perdons au moins un tiers de leur travail. A Spot-Valley, nous en perdons beaucoup plus. Je rapporterai surtout une chose qui a eu lieu dans cette dernière propriété; la prairie (grass pièce), que les nègres ont mis l'année dernière une semaine à nettoyer, leur a pris cette année, avec un nombre égal de travailleurs, quatre semaines entières. D. Quand on propose aux apprentis de travailler moyennant salaire, ne demandent-ils pas, en payement, plus que le produit du pays ne peut permettre au propriétaire de leur donner pour que son profit soit raisonnable? R. Je ne puis dire que les nègres placés sous ma direction m'aient demandé une somme particulière d'argent. Je leur ai fait une proposition, mais je ne connais pas encore leur réponse. Je leur ai proposé 5 deniers pour dix trous à cannes, et 5 deniers pour trois heures de travail à leurs heures libres, pendant la récolle. Je leur ai cependant déclaré que je ne les occuperais point à creuser des trous à cannes, ni à d'autres sortes de travail, à moins qu'ils ne consentent, en même temps, à enlever la récolte. Car ce serait une perte d'argent de cultiver des cannes que l'on ne pourrait ensuite récolter. D. Les apprentis s'occupent-ils de leurs jardins, ou emploientils leur temps libre de manière à augmenter leurs jouissances ? R. A en juger par ce que j'ai pu voir, ils ne s'occupent point. Le samedi étant le jour du marché à Montego-Bay, la ville est ordinairement remplie de nègres, et je ne puis dire s'ils vendent leurs provisions ou s'ils passent leur temps à flâner; mais je vois une grande quantité de nègres dans la ville, le vendredi après midi, quand je crois qu'ils devraient être occupés à soigner leurs


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. terres. J ai entendu dire qu'en général ils négligent beaucoup leurs jardins.

D. Quelle est votre opinion , en général, à l'égard du nouveau système ? R. Je pense que, dans ce moment, le nouveau système ne réussit pas du tout, et qu'à moins qu'on n'adopte des mesures qui changent et qui amendent la loi présente, ce système sera ruineux pour le pays. D. Ne pensez-vous pas qu'au lieu de tenir des cours spéciales comme à présent, il vaudrait mieux que les paroisses de l'île fussent divisées en districts, et que les magistrats spéciaux fussent forcés de faire leurs rondes comme la loi l'ordonne ? il. A l'égard de la division des paroisses en districts, je pense que ce serait utile, ainsi que les visites régulières des juges, pourvu que ceux-ci voulussent remplir leur devoir avec impartialité. La tenue des cours spéciales clans la ville, je parle de Montego-Bay, a causé les plus grands désagréments. D. Connaissez-vous d'autres exemples que celui dont vous avez parlé dans voire réponse à la onzième question, où l'on ait fait des offres de salaires aux apprentis pour travailler à leurs heures libres, et qu'ils aient refusé d'accepter ? R. J'ai dit, dans une de mes premières réponses, que j'avais offert aux noirs de travailler moyennant salaire ; mais que je n'avais pas obtenu de réponse. J'ai reçu , par le courrier d'aujourd'hui, trois lettres de mes économes, et je demande la permission de vous les lire : «Salt-Spring, à novembre 1834. « Suivant votre demande, j'ai parlé aux nègres de cette plantation de travailler depuis cinq heures du matin jusqu'à neuf heures du soir. Cependant je n'ai pas eu de réponse pendant quelque temps. Enfin quelques-uns m'ont répondu qu'ils ne voulaient point travailler, à raison de 5 deniers pour trois heures. « Signé J. R.

COY. »

« Spot-Valley, il novembre 1831.

469

libr es, qu'ils s'engageront dans des travaux réguliers d'agriculture lorsque leur apprentissage sera terminé? R. Je ne le pense pas, et mon opinion, à cet égard , s'est formée d'après la circonstance suivante : parmi mes nègres, il y en a six qui sont devenus libres parce qu'ils ont été en Angleterre; trois de ceux-ci étaient employés â des travaux d'agriculture dans ma propriété de Westmoreland; ils ont tous refusé de continuer ces travaux, mais ils m'ont offert leurs services, pourvu que je voulusse les employer dans quelque occupation domestique. D. Vous avez la direction de la plantation de Leyden. De quelle manière les apprentis se conduisent-ils sur celte plantation ?

R. Je dirige la plantation de Leyden conjointement avec M. Georges Gordon. Il dirige les travaux d'agriculture, et moi je m'occupe de ce qui regarde l'exportation. Je ne me suis jamais mêlé des affaires des nègres, et je ne savais pas comment ils se conduisaient, lorsque, il y a quelques semaines, deux nègres sont venus à mon bureau, et m'ont envoyé une plainte contre le capitaine Clarck, qui les avait fait fouetter. Cela me fit demander la cause de leur punition, et l'on me répondit que c'était pour mauvaise conduite, et parce qu'ils n'avaient pas creusé un nombre suffisant de trous. Je refusai d'avoir autre chose à démêler avec eux, et je leur dis d'aller trouver M. Gordon s'ils avaient des plaintes à faire. Je rencontrai après cela M. Gordon; je lui dis que les nègres étaient venus me trouver et comment j'avais agi. Il me répondit que les nègres de Leyden s'étaient conduits fort bien, qu'il ne savait pas ce qui leur était arrivé, mais que dans le moment ils creusaient une bonne quantité de trous à cannes: je pense qu'il me dit quatre-vingts ou quatre-vingt-dix, et je compris à sa conversation que celte amélioration provenait de la ligne de conduite qu'avait suivie le capitaine Clarke. Ce dernier me raconta plus tard qu'il avait eu occasion de les punir; qu'ensuite au lieu de retourner â la plantation ils s'étaient enfuis, et qu'il avait lancé un mandat pour les arrêter et les mettre en prison.

D. Le capitaine Clarck ne vous a-t-il pas dit qu'ils se conduisaient fort mal et qu'ils refusaient de travailler ? R. Je n'ai point entendu dire au capitaine Clarck qu'ils eussent

« J'ai reçu votre lettre au sujet du travail que vous désirez faire faire pendant la récolte, et je l'ai lue aux nègres. Quelques-uns

refusé de travailler, mais qu'ils s'étaient mal conduits et qu'ils ne travaillaient pas bien. Je limite mes observations à ceux qui

semblaient portés à y consentir, mais ils disent qu'il leur faut le

avaient été punis par le capitaine Clarck, et qui étaient venus se plaindre à moi.

samedi; d'autres demandent 10 deniers par heure, et ne veulent point travailler pour moindre somme. Ils ajoutent qu'ils ne veulent faire de marché qu'avec le juge spécial. Ils disent tous que 1 schel. 8 cl. est trop peu pour une journée. Il me paraît qu'ils

5. INTERROGATOIRE de M. George Gordon, esq.

arrangent sans cloute quelque plan entre eux, et qu'ils garderont probablement leurs vrais sentiments jusqu'au moment de commencer la récolte, parce qu'ils pensent sans doute obtenir tout ce qu'il leur plaira de demander pour leur travail extraordinaire. « Signé J.

CRÉRAR. »

» Hampstead, 4 novembre 1834. «Vous désirez savoir de moi comment les nègres se conduisent. Je puis seulement vous répondre que les vôtres font aussi bien que ceux du voisinage. Ils ont fini leur tâche de soixante-quinze trous, mais il n'y en a que deux à qui j'ai pu persuader de travailler, moyennant salaire (l'économe et un autre). Un des labou-

Novembre 1834.

D. Combien de plantations avez-vous sous votre direction ? R. Je représente tout ensemble trente plantations, en comptant les

miennes dans Trelawney, YVeslmoreland.

Hanovre, Saint-James et

D. Quel est le nombre d'apprentis que vous avez sous vos ordres ? R. A peu près sept ou huit mille. D. Comment trouvez-vous que le nouveau système de travail réussit ? R. Il réussit â ma satisfaction.

reurs a creusé cent cinquante trous dans sa journée et pendant une partie de la nuit, mais le lendemain il n'en a pas creusé un

D. Les laboureurs que vous occupez nettoient-ils le même nombre de cannes par arpent qu'autrefois ?

seul. Quelques-uns avaient fini leur lâche à neuf ou dix heures et je leur ai demandé s'ils allaient travailler pour de l'argent;

R. Sur quelques plantations, en faisant la part de la différence de temps établie par la loi, les nègres nettoient les cannes au

leur réponse a été négative.

même nombre par arpent qu'anciennement. Sur quelques autres plantations ils ne le font pas; mais, même dans ces dernières, ils

« Signé

W. DEXTER. »

ont beaucoup mieux travaillé depuis cinq ou six semaines.

D. Votre opinion est-elle, d'après la répugnance présente des apprentis à travailler, même pour de l'argent, à leurs heures II.

D. Trouvez-vous que l'ouvrage des plantations soit aussi avancé qu'il l'était ordinairement à cette époque de l'année ?

3o..


470

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

R. Non, je ne le pense pas; parce que un quart du temps de travail a été ôté par la loi; parce qu'il y a eu quelque interruption de travail dans toutes les plantations que je connais, à cause de l'excitation momentanée causée chez les apprends par le grand changement qui a eu lieu dans leur condition, laquelle excitation me parait moins grande maintenant; et enfin parce qu'il est tombé cette année beaucoup plus de pluie qu'à l'ordinaire. D. Continuez-vous à cultiver la même quantité de terres à cannes qu'auparavant, et pensez-vous pouvoir le faire pendant la durée du système d'apprentissage ? R. Non, je n'ai pas l'intention de le faire pendant la durée de l'apprentissage, et je compte réduire la quantité d'arpents que l'on doit faire cet automne. D. Avez-vous trouvé les apprentis disposés à travailler, moyennant salaire , à leurs heures libres ? R. Oui; partout où je le leur ai proposé, ils ont creusé des trous pour les cannes à un prix régulier : à Hanovre, à 2 schell. 6 den. pour cent trous, chacun de quatre pieds carrés; à SaintJames, à 5 den. pour dix trous de quatre pieds carrés; à Trelawney, je donne 5 den. pour huit trous de quatre pieds trois pouces carrés, sur un sol extrêmement dur. D. Quelle quantité de terre avez-vous ainsi fait sarcler sur une propriété ? R. La plus grande quantité a été de six arpents jusqu'au 1 novembre, sur Old-Retreat-Estate à Hanovre: cet ouvrage a er

été terminé en quatre semaines. Je crois que depuis cela les apprentis ont travaillé à leurs heures libres. D. Dans quelle proportion les laboureurs s'occupent-ils à cet ouvrage sur chaque plantation ? R. Deux tiers ou la moitié du grand atelier. D. Depuis le 1 août, a-t-on fait du sucre sur quelques-unes des plantations placées sous votre direction ? er

R. Non, pas en grande quantité; le plus qu'on a fait a été deux barriques sur chaque plantation. D. Quel nombre d'heures supposez-vous qu'il soit nécessaire qu'une fabrique de sucre soit tenue en activité, pour que l'on puisse récoller complètement?

R. Dans les plantations dont j'ai la direction je pense qu'un travail continu de seize heures sur les vingt-quatre, pendant six jours de la semaine, permettrait de faire la récolle entière. D. Croyez-vous que les nègres donneront volontairement ce nombre d'heures pour les salaires que vos profits vous permettront de leur payer ? R. Je le pense. D. Quels seraient les salaires que vous croiriez juste de leur offrir ? R. 1 denier par heure pour le travail qu'ils feraient à leur temps fibre.

R. Ils montrent beaucoup de répugnance à travailler pendant les heures prescrites par la loi. D, A quelle époque ont-ils commencé à montrer cette répugnance pour l'accomplissement de leurs devoirs ? R. Du 15 au

20

août.

D. Font-ils, malgré cette aversion, une quantité suffisante d'ouvrage ? R. Non, ni en quantité ni en qualité. D Les apprentis, selon vous, travaillent-ils aussi bien et d'aussi bon cœur qu'avant le 1" août? R. Non. D. Pensez-vous qu'il y ait dans l'île quelque influence secrète pour persuader aux nègres de ne point travailler et de ne point mettre leurs enfants en apprentissage ? R. Je n'en ai aucune connaissance; je ne connais pas non plus d'enfant au-dessous de six ans qui soit en apprentissage. D. Connaissez-vous quelques cas où un arrangement juste ait été proposé par des personnes chargées de la direction de propriétés, afin de payer aux apprentis le travail qu'ils feraient aleurs heures libres, et où les nègres aient refusé d'accepter ces offres ? R. Je n'en connais point d'exemple; j'ai fait du sucre sur ma propriété, la Bogue, dans le commencement d'août, et les apprentis travaillent à leurs heures libres moyennant salaire. D. Quand on leur propose de travailler moyennant salaire, les apprentis ne demandent-ils pas plus que ne peut leur accorder le propriétaire, eu égard au produit des terres ? R. J ai payé à chaque apprenti 1 schell. 8 den.1 pour neuf heures de travail à leurs heures libres, au second atelier 1 schell. 3 den., et je veux bien continuer à leur payer les mêmes salaires: je veux dire pour la fabrication du sucre.

D. Payericz-vous aussi volontiers le même prix pour le travail des champs, hors de la récolte ? R. Oui. D. Quand vous payez cette somme de salaires, leur donnezvous des harengs secs ? R. Oui, je leur accorde des harengs et les allocations ordinaires, tant qu ils se conduisent bien. Dernièrement je les ai privés de leurs harengs, à cause de leur insubordination. D. Pensez-vous que les mêmes nègres travailleraient maintenant pour les mêmes salaires ? R. J'ai des doutes à ce sujet. D. Les apprentis ont-ils soin de leurs jardins et emploient-ils leur temps libre d'une manière avantageuse pour eux, propre à augmenter leurs jouissances, et à empêcher qu'ils ne deviennent à charge à leurs maîtres ? R. Non, quant à ce que j'ai pu observer, ils ne le font pas.

D. Avez-vous essayé s'ils veulent travailler à ce prix ? R.

D. Savez-vous s il existe quelque mécontentement dans l'es* prit des apprentis sous vos ordres ?

Non.

D. Ne pensez-vous pas que ces salaires, outre les, allocations ordinaires, doivent causer une augmentation considérable clans les dépenses nécessitées par l'exploitation d'une plantation à sucre ?

6.

INTERROGATOIRE

de M. J. Cray g.

R. Certainement je le pense, par la raison que nous avions autrefois le travail des esclaves pendant la récolte, à leurs heures

6 novembre 1834.

libres, sans leur payer aucun salaire. D. Dites-nous votre opinion, en général, sur le succès du

Quelle a été votre occupation dans l'île ? R. J étais autrefois négociant à Montego-Bay; mais, depuis dix ans, je suis propriétaire d'une plantation de sucre. Je demeure D.

sur ma plantation, la Bogue, dans la paroisse de Saint-James. D. Combien d'apprentis avez-vous sous vos ordres ? R. Environ 1

290.

Monnaie locale.

nouveau système. R. D'après ce que je puis juger, le maître n'a pas obtenu des apprentis la quantité d'ouvrage que la loi lui donne le droit d'exiger. Les apprentis ont souvent été absents de leur travail, et, quand le juge spécial les a condamnés à combler ce déficit, ils ne lui ont pas obéi.


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE ETC.

471

D. Les juges spéciaux visitent-ils les propriétés comme l'ordonne la loi, et ne pensez-vous pas que si les paroisses de l'île étaient divisées en districts, et que les juges spéciaux fussent obli-

cannes, a leurs heures libres, à 40 ou 5o schellings de moins par arpent que le prix courant payé aux ateliers de louage. D. Les apprentis ont-ils soin de leurs jardins, et emploient-ils

gés de faire des tournées, ce serait plus utile que de tenir des cours spéciales comme ils le font à présent ?

leur temps libre de manière à augmenter leur bien-être et empêcher qu'ils ne deviennent à charge à leurs maîtres ? R. Je n'ai jamais vu les nègres soigner mieux leurs lerres

R. Si les juges spéciaux voulaient faire leur devoir avec impartialité, ce serait un avantage qu'ils visitassent les propriétés de chaque district aussi fréquemment que la loi le leur commande. Quels sont, selon vous, les salaires que l'on devrait raisonnablement donner, pour le travail extraordinaire des apprentis, à l'agriculteur pour son travail journalier, et à l'artisan pour D.

son ouvrage à la pièce ? R. J ai déjà répondu à la première partie de celle question; et quant au salaire des artisans, c'est une simple affaire d'arrangement particulier. D. Trouvez-vous que les nègres travaillent mieux, moyennant salaire, à leurs heures libres que pendant les heures qu'ils doivent à leurs maîtres ?

qu'ils ne l'ont fait depuis le 1er août; ils emploient leurs heures libres ou à cultiver leurs terres ou à arranger leurs demeures. D. Dites à la commission votre opinion générale quant au succès du nouveau système. R. Je pense qu'il réussit beaucoup mieux que l'on n'aurait pu s'y attendre et qu'il s'améliore journellement. D. Vous dites que vos apprentis se sont loués moyennant un salaire payé en argent ; avez-vous eu quelques difficultés à les y déterminer? R. Je n'ai point trouvé de difficulté à leur persuader de travailler à ces conditions. Sur une plantation, celle de Gilsborough, dans Saint-James, ils m'ont fait demander pari'économe la permission de creuser une pièce de terre, en trous à cannes, à leurs heures libres, plutôt que de le laisser faire par un atelier de louage.

R. Je n'ai point observé de différence.

D. Avez-vous entendu dire que les nègres de quelque autre propriété que celles que vous dirigez se soient engagés moyen7.

INTERROGATOIRE,

sous serment, de M- George Gordon, esq. 6 novembre 1834,

nant salaire ? R. Oui; les apprentis de Latium et d'Adelphi, dans SaintJames, de Sodhall et de Content, dans Hanovre, ont creusé des trous à cannes, à leurs heures libres, moyennant salaire.

D. Depuis combien de temps habitez-vous cette île ? R. Depuis plus de vingt-six ans.

D. Avez-vous la direction de la plantation de Leyden ? si vous l'avez, dites-nous de quelle manière les apprentis se conduisent,

D. Avez-vous la direction de beaucoup de nègres , et en quelle

et combien de trous à cannes ils creusent à leurs heures de travail.

qualité ? R. J'ai eu la direction d'un grand nombre de nègres, comme administrateur et comme propriétaire. D. Les apprentis travaillent-ils maintenant, selon vous, aussi bien et avec autant de bonne volonté qu'avant le 1er août? il. Les apprentis , autant que j'ai pu le constater sur les plantations que je dirige dans les paroisses de Saint-James, Hanovre, Westmoreland et Trelawney, travaillent aussi bien que jamais; cependant, dans quelques propriétés, celle de Williamsfield par exemple, ils ne font pas autant d'ouvrage qu'ils en faisaient; mais, en général, ils en font autant, heure pour heure, qu'avant le 1er août. D. Avez-vous des exemples de refus de la part des apprentis de travailler à leurs heures libres, moyennant des salaires raisonnables, quand l'offre leur en a été faite? R. Je n'ai pas su que l'on ail fait des arrangements ? D. Quels sont les salaires que vous considérez comme justes pour le travail extraordinaire des apprentis, tant le travail journalier de l'apprenti laboureur que l'ouvrage à la pièce ? il. Je n'ai point essayé de faire de marché pour le travail journalier; mais je crois qu'un schelling par jour, les apprentis recevant les mêmes allocations qu'anciennement, serait bien assez. Je donne aux tonneliers 3 sch. A d.par jour pour terminer une barrique à sucre, 5 sch. pour un poinçon et 3 sch. h d. par jour pour de bons maçons et charpentiers. D. Croyez-vous que les apprentis continueront à travailler pendant la récolle aussi bien que vous dites qu'ils travaillent maintenant? R. Je m'imagine que oui. D. Quand on leur propose de travailler moyennant salaire, les apprentis ne demandent-ils point une somme plus forte qu'il n'est possible au propriétaire de leur payer, eu égard au profit qu'il tire du produit de ses terres? R. Quant à l'expérience que j'en ai eue, ils ne le font point. J'ai employé des artisans au prix mentionné dans ma précédente réponse, et j'ai loué des apprentis pour creuser des trous à II.

R. J'ai la direction de la plantation de Leyden; les apprentis se conduisent d'une manière satisfaisante. Les laboureurs creusent cinquante trous par jour, et les femmes quatre-vingts dans les heures appartenant à leur maître, ce qui est tout ce qu'on leur demande.

Votre avenir est-il favorable ou défavorable, eu égard à l'état présent de l'apprentissage et des profits du planteur ? R. Je considère que l'avenir est favorable, considéré sous le point de vue émis dans la question. D.

D. Y a-t-il eu des actes d'insubordination sur quelques-unes des plantations placées sous votre direction ? Avez-vous été obligé d'appeler les juges spéciaux? R. Sur les plantations que je dirige aucun acte d'insubordination ne m'a obligé à appeler un magistrat spécial; mais sur les plantations de Williamsburg et de Leyden, vers la fin de septembre, les nègres travaillaient si peu, que j'ai fait appeler le magistrat le plus voisin, le capitaine Clarke. Depuis sa venue et les décisions qu'il a prises sur ces plantations, les apprentis ont fait tout ce que je puis attendre d'eux. D. Quelques-uns des apprentis placés sous votre direction n'ont-ils point été publiquement punis pour des actes d'insubordination , par ordre des magistrats spéciaux ; et le capitaine Clarke ne fut-il pas obligé de faire appuyer ses décisions par la présence de la force armée ? R. Un apprenti placé sous ma direction fut publiquement fouetté par ordre du capitaine Clarke. Je ne pense pas que ce fût pour un acte d'insubordination, mais bien pour s'être évadé des mains d'un constable tandis que celui-ci le conduisait chez le capitaine Clarke, magistrat spécial. Il avait été en outre représenté par l'économe comme ayant fait trop peu d'ouvrage dans les champs, et excité les autres à en faire aussi peu. Le capitaine Clarke avait mené une partie de ses troupes à Williamsfield avant d'avoir donné des ordres et pris des informations sur l'état des apprentis. D. Alors sous quel système ou sous quel arrangement, quant aux heures de travail, aux allocations, etc., etc., avez vous dirigé

3o...


472 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

les plantations qui sont sous vos ordres et sur lesquelles vous dites que les apprentis travaillent de si bon cœur? R. Les apprentis sous mes ordres travaillent neuf heures par jour, à une seule exception que voici : à leur demande ils travaillent quarante heures et demie en quatre jours ; j'accorde aux apprentis des harengs et toutes les allocations qu'ils recevaient quand ils étaient esclaves; je ne fais point travailler les femmes qui ont six enfants; je leur donne les mêmes aides pour la préparation de leurs aliments et les mêmes gardes pour les enfants qu'autrefois; je n'ai point supprimé les gardiens chargés de surveiller spécialement les jardins des nègres; je paye 10 deniers par nuit au gardien de la bergerie; je ne demande à personne de passer la nuit à la sucrerie ni dans les autres bâtiments ; je me suis rendu garant envers le médecin pour les soins qu'il donne aux enfants libres, et les parents se sont engagés à rendre cette dépense par leur travail durant la récolte; je donne aussi à plusieurs femmes l'ancienne allocation de maïs et de sucre sur la promesse qu'elles travailleront également pendant la récolte. D. Pensez-vous que les planteurs puissent payer des salaires aussi élevés? Si vous le pensez, avez-vous pris en considération le prix de la fabrication du sucre aux Indes orientales et dans les colonies étrangères avec lesquelles nous devons entrer en concurrence ? R. Je pense que les plantations peuvent payer les salaires dont j'ai parlé ; mais je n'ai point calculé le prix du travail dans la fabrication du sucre aux Indes occidentales et dans les colonies étrangères.

D. Sur quelles raisons fondez-vous cette conviction ? R. Sur ce que le travail de la récolte est ordinairement fait beaucoup plus volontiers qu'aucun autre, et qu'après avoir vu une grande masse de laboureurs adopter si facilement le nouveau système, on a lieu d'espérer qu'ils travailleront avec autant de bonne volonté qu'auparavant. D. Pensez-vous que les nègres des plantations peuvent creuser des trous à cannes pour 40 ou 5o schellings meilleur marché par arpent que ce que l'on paye aux ateliers de louage, par la raison que pour les nègres des plantations tout est profit, tandis que les nègres de louage sont soutenus par leurs maîtres, dont ils forment le capital? R. Certainement.

D. Vous attendez-vous, avec le nouveau système, à faire sur les plantations que vous dirigez des récoltes égales aux anciennes et sans dépenses additionnelles ? R. Certainement je ne m'y attends pas.

une question, un exemple d'insubordination sur la plantation de Windsor-Ladge, où l'inspecteur a mené le nègre directement chez le capitaine Clarke , sans me consulter ? Cet apprenti avait quitté son ouvrage un quart d'heure avant la fin des quatre heures et demie qu'il devait faire le vendredi. Il fut puni par vingt-cinq coups de fouet sur la plantation de Latium. Celte punition paraît avoir produit un bon effet; car l'individu s'est conduit fort bien depuis lors, cl il a creusé plus de trous à cannes, à ses heures libres, qu'aucun autre apprenti de la plantation.

8.

INTERROGATOIRE

de M. P. C. Crichton, de lu paroisse de Sainte-Marie. 7

novembre 1834.

D. Quelles sont les propriétés que vous dirigez, et combien de nègres avez-vous sous vos ordres ? R. Y ai la direction de trois plantations de sucre; une dans la paroisse de Sainte-Marie, une dans celle de Saint-George et une dans celle de Portland, sur lesquelles il y a huit cents nègres. Je suis, en partie, directeur de deux cents autres apprentis. D. Avez-vous trouvé le nouveau système généralement satisfaisant dans ces propriétés, en le comparant à l'ancien, et en prenant en considération les quarante heures et demie du maître? R. Je m'étais d'abord résigné à une diminution considérable dans toutes nos récoltes, mais je ne trouve pas que le nouveau système réussisse bien, même en faisant la part de tous ces desavantages. J avais d abord raison d'en espérer du bien, et j attribue son défaut de succès principalement aux causes suivantes : 1° Au désappointement généra] qu'ont éprouvé les apprentis en ne trouvant pas leurs idées d'émancipation réalisées au degré qu'ils l'espéraient; 2° au nombre très-insuffisant des magistrats salariés, d'où provient l'impuissance de l'économe à punir avec assez de promptitude, ce qui porte l'apprenti à croire qu'il peut agir avec impunité; et 3° enfin au grand nombre (le différents systèmes suivis dans le même voisinage, qui confondent les idées de l'apprenti, cl lui font soupçonner de moins bonnes intentions de la part de son maître.

D. Avez-vous fait les arrangements nécessaires avec les apprentis, afin de vous assurer la quantité de travail qu'il vous faut pour enlever la récolle ? R. Tous mes apprentis sont convenus d'abandonner les quatre heures et demiedu vendredi, à condition qu'ils recevront, comme autrefois, les mêmes concessions, de poisson salé et d'ha-

D. Quand vous avez senti le désir que les apprentis placés sous vos ordres se louassent à leurs heures libres, moyennant salaire, ne leur avez-vous pas fait connaître personnellement ce désir,

billement, ainsi que la nourriture, les vêtements et les soins du médecin pour leurs enfants apprentis. Sur la plantation de Golden-Vale, de Portland et de Québec , dans Sainte-Marie (les

croyant qu'une telle communication aurait un meilleur effet venant de vous que venant d'un économe ? R. Oui; je l'ai toujours fait, excepté dans un ou deux cas.

deux plantations sur lesquelles, d'après leur étendue, j'ai cru qu'un tel arrangement pourrait réussir), ils sont convenus de se diviser en deux ateliers lorsque le moulin serait mis en acti-

D. Combien d'apprentis ont été punis à Williamsfield, Ilampstead et Leyden, séparément, par ordre des juges spéciaux? R. Autant que je puis me le rappeler, le juge spécial a fait

vité, savoir : un atelier pour le moulin et l'autre pour la sucrerie (boiling house), que le premier commencerait à quatre heures du matin et travaillerait jusqu'à une heure de l'après-midi; qu'il

punir cinq apprentis à Leyden, cinq sur Williamsfield et un sur Hampstead.

serait alors relevé par le second atelier, qui devrait travailler jusqu'à dix heures du soir. Les apprentis devaient travailler dans les champs neuf heures par jour. Un nombre suffisant d'appren-

D. Dites-nous quel était le sujet de plainte contre les nègres qui ont été punis? R. Un des apprentis de Leyden fut puni pour avoir coupé quatre cannes, a ce que je crois, et pour ne pas avoir fait d'ouvrage dans les champs; a Williamsfield un apprenti fut puni pour avoir dérobé sur les terrains à provisions et avoir ensuite pris la fuite ; un autre pour insuffisance d'ouvrage dans les champs; trois pour la même faute et pour s'être échappés, tandis que le «instable, les menait chez le magistrat. La plainte qui a eu lieu à Hampstead a été infligée pour impertinence envers l'inspecteur dans les champs. J'ai oublié hier, en réponse à

tis, sur les deux plantations, se sont aussi volontairement offerts pour tenir le travail du moulin et de la fabrication, depuis dix heures du soir jusqu'à quatre heures du matin, à raison d'un schelling par nuit, ou de 5 schellings par semaine de cinq nuits. Mon opinion est que la plantation subit une certaine perte chaque fois que l'on éteint les feux. D'abord nous avons produit environ les deux tiers de la quantité que nous produisions sous l'ancien système, quoique nous ne tinssions jamais le moulin et la sucrerie en activité plus de trois nuits par semaine. En même temps, les travaux d'agriculture, qui, dans les paroisses en question, de-


ETUDE DE L'EXPÉR. ANGL.— CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC.

473

mandent une attention constante, se sont trouvés arriérés. Je suis fâché d'ajouter que dernièrement les choses n'ont pas été aussi bien.

dispositions, mais cependant leur conduite n'est pas aussi bonne en général que pendant l'esclavage.

• D. Voulez-vous nous dire ce qui s'est passé quand vous avez fait savoir aux apprentis que vous désiriez les employer à leurs heures libres moyennant salaire?

nant salaire à leurs heures libres ?

h. Ils ont approuvé mes propositions quand je leur ai fortement représenté qu'il était nécessaire d'agir ainsi pour le bien des propriétés et pour celui de leurs familles; qu'ils se procureraient par là le moyen d'élever leurs enfants et de mettre quelque chose de côté pour la lin du système d'apprentissage. Je leur ai particulièrement démontré le grand avantage qu'ils auraient à se faire une réputation de travail et de bonne conduite. D. Vous avez sans doute pensé qu'une communication aussi importante, dans un moment où l'on doutait beaucoup de la bonne volonté des nègres à travailler moyennant salaire, devait venir de votre part ? J'ai été de cette opinion, et j'ai cru qu'il était nécessaire que j'agisse ainsi.

D. Avez-vous trouvé des apprentis disposés à travailler moyenR. Les uns l'ont promis, d'autres ont refusé, et quelques-uns ont répondu qu'ils attendraient ce qu'allaient faire les apprentis des autres plantations. A-t-on fait du sucre sur vos plantations depuis le 1er août ? R. Non. D.

D. Peut-on récolter le produit d'une plantation de sucre et en continuer la culture avec quarante heures et demie de travail par semaine ? R. Non certainement. D. Combien d'heures croyez-vous qu'il soit nécessaire de tenir une fabrique de sucre en activité pour que l'on puisse enlever la récolte ?

R. Je crois qu'il faudrait seize heures par jour.

II.

D. Etiez-vous préparé à rencontrer quelques difficultés de la part des nègres, et avez-vous senti qu'il était nécessaire de leur

expliquer familièrement que leur intérêt et celui delà plantation voulaient qu'ils travaillassent moyennant salaire? R. Depuis dix-huit mois j'ai essayé de préparer les nègres placés sous mes ordres au grand changement qui a eu lieu au mois d'août, et la plus grande partie de mes apprentis, en comptant tous les premiers ouvriers et ceux de la classe supérieure, se sont immédiatement rangés de mon avis. D. Avez-vous calculé si les salaires que vous payez maintenant sont tels, que la plantation puisse les continuer durant le reste de l'apprentissage? Il Je l'ai fait, et j'espère pouvoir continuer avec profit. D. Avez-vous trouvé vos apprentis paresseux, insoumis ou insolents depuis le 1er août ? R. Tous mes économes se sont beaucoup plaints de leur paresse, et, dans un cas, les femmes ont été si insubordonnées, que le magistrat spécial en a envoyé trois à la maison de force

pendant quinze jours. Les commandeurs ne sont plus respectés comme pendant l'esclavage.

D. Entendez-vous dire qu'un travail de seize heures par jour, pendant cinq jours de la semaine, suffise pour enlever la même récolte qu'autrefois? R. Je ne veux pas dire que les mêmes récoltes seront obtenues, mais je pense que le sucre peut être fabriqué avantageusement, si les apprentis veulent travailler moyennant un salaire raisonnable , et accorder seize heures de travail continu pendant la récolte. D.

Quels salaires croyez-vous qu'il serait juste de payer aux

laboureurs apprentis, pour le travail qu'ils feraient à leurs heures libres ? R. Je pense que 3 halfpence (environ 3 sous) par heure serait tout ce que le maître pourrait leur donner. Depuis combien de temps habitez-vous cette île ? R. Vingt ans.

D.

D. Pensez-vous que les apprentis travaillent aussi bien et avec autant de bonne volonté qu'avant le 1er août ?

R. Non. Croyez-vous qu'il y ait une coalition organisée dans l'île, ou quelque influence secrète pour persuader aux nègres de ne point travailler, et de ne point mettre en apprentissage leurs enD.

fants libres ? R. Je ne pourrais dire qu'un tel système existe parmi les ap9.

INTERROGATOIRE

de M. William Shorpe. 8 novembre 1834.

D. Avez-vous la direction de plusieurs plantations? R.

De quatorze dans Trelawney, Hanovre, Westmoreland et

Sainte-Elisabeth. D.

Quel est le nombre d'apprentis que vous avez sous vos

ordres ? R.

Environ trois mille.

D. Que pensez-vous du nouveau système de travail établi par l'acte d'abolition ? R.

Je pense qu'il ne réussit pas bien.

D. Dans votre opinion, les apprentis font-ils maintenant une portion juste et raisonnable de travail pendant le temps exigé par la loi ? R.

Non certainement.

Obéissent-ils à l'autorité de leurs directeurs et se conduisentils avec la soumission convenable ? D.

Ils paraissent tout à fait mécontents et maussades dans bien des cas, et fort susceptibles ; tellement qu'il est désagréable pour R.

les blancs d'être en rapport avec eux. Je parle surtout des propriétés qui sont sous mes ordres dans Trelawney, de ma plantation de Westmoreland, et des autres plantations placées sous ma direction, à Hanovre et Sainte-Elisabeth. Il paraît y avoir de meilleures

prentis ; et, à l'égard de leurs enfants , je trouve très-naturel qu'ils désirent les voir rester comme ils sont. D. Quelle quantité de travail obtient-on maintenant, en comparaison de ce que l'on obtenait autrefois ? R. Je vais vous soumettre un bordereau de travail, sur la plantation Covey, qui répondra, je crois, à ce que vous me demandez. BORDEREAU

de travail sur la plantation Covey, paroisse de Trelawney, août 1834. (Tiré du registre de la plantation.)

avant et depuis le 1

er

DEPUIS LE

1er AOÛT.

AVANT LE

1er AOÛT.

Premier atelier, contenant 51 bons ouvriers: a mis 8 jours 1/2 à sar-

Premier atelier, contenant 70 bons ouvriers: a mis 3 jours à sarcler

cler 5 arpents de terre, pour faire do l'engrais; ce qui donne une

9 arpents de terre pour faire de l'engrais ; ce qui donne une

moyenne de 66 ouvriers par ar-

moyenne de 23 ouvriers par arpent.

pent. Le premier atelier, composé de 56 bons ouvriers, a mis 13 jours 1/2

Le premier atelier, composé de 108 bons ouvriers, a mis 2 jours 1/2

à creuser 9 arpents de trous à

à creuser 9 arpents en trous à

cannes; ce qui donne une moyen-

cannes; ce qui donne une moyen-

ne de 84 hommes par arpent.

ne de 30 ouvriers par arpent.

Le premier atelier, composé de 45 bons ouvriers, a mis 5 jours à

Le premier atelier, composé de 64

passer au moulin le produit de 41 arpents de cannes à sucre;

à passer au moulin 10 arpents

bons ouvriers, a mis 1 jour 1/2

ce qui donne une moyenne de 16

de cannes à sucre ; ce qui donne une moyenne de 9 ouvriers par

hommes par arpent.

arpent.


474

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

Le premier atelier, de 58 laboureurs, a perdu une demi-heure par jour, depuis le 18 août jusqu'au 31 octobre; faisant en tout trois jours entiers pour chaque homme 174 jours. Le second ateliçr, de 24 laboureurs, a perdu le même temps tous les matins

72

Le troisième atelier, de 35 laboureurs, a perdu le même temps tous les matins

105

Les coupeurs d'herbe, 10 laboureurs, ont perdu le même temps TOTAL

D. Quelle esl votre opinion , en général, sur le succès du nouveau système ?

30

R. Cela va fort mal. jours.

Moi, William Williamson, je jure que ce qui précède est exact. W. WILLIAMSON.

Juré devant moi, ce 3o octobre 1834. Signé

10.

INTERROGATOIRE

J.

W.

JAMES

II. Dans notre voisinage, la culture des terrains de provisions a été abandonnée depuis le 1er août ; les nègres passent leurs heures libres dans une inertie complète, et, suivant toutes les apparences, nous sommes menacés d'avoir une famine.

207

Signe!

leurs heures libres de manière à augmenter leur bien-être, et à ne pas devenir à charge à leurs maîtres ?

, juge spécial.

de M. John Douglas. 8 novembre 1834.

D. Quels sont, selon vous, les meilleurs moyens à adopter pour remédier à ces vices , et, si l'on n'y porte remède , quelle est votre opinion sur ce qui pourra en résulter!1 R. Je pense qu'il faudrait un plus grand nombre dé magistrats salariés pour faire exécuter les lois, aussi bien qu'un tarif de salaires pour les heures libres des apprentis, afin de pouvoir les forcer à travailler. Autrement il en résultera que la culture des plantations sera bientôt abandonnée, et les propriétés ruinéesD. Les juges spéciaux visitent-ils les propriétés comme la loi l' exige, et ne pensez-vous pas que, si les paroisses étaient divisées en districts, et que les juges spéciaux fussent obligés de visiter les plantations, ce serait plus utile que de tenir des cours spéciales comme ils le font à présent?

D. Depuis quand demeurez-vous dans l'île ? II. Depuis dix-neuf ans.

R. Je crois que si les juges spéciaux visitaient les propriétés comme la loi l'exige, ce serait beaucoup mieux.

D. Avez-vous eu la direction de plusieurs nègres, et en quelle

D. Que pensez-vous que l'on devrait payer aux apprentis pour le travail extraordinaire; au laboureur par jour, et à l'artisan à

qualité? R. De 3oo à 400, comme économe.

la pièce ?

D. D'après les observations que vous avez pu faire, les ap-

R. Tout au plus 1 sch. 8 d. pour neuf heures de travail de nuit; les artisans, dans la même proportion ; les laboureurs ordinaires, 1 sch. 3 d. par jour ( monnaie locale ).

prentis travaillent-ils maintenant aussi bien et aussi volontiers qu'avant le 1er août? R. Certainement non. D. Quelle quantité de travail obtient-on maintenant en comparaison de ce qu'on obtenait autrefois ? R. Le même nombre de nègres qui coupaient autrefois assez de cannes pour faire quinze barriques, ne coupent maintenant,

D. Savez-vous si, dans d'autres plantations que la vôtre, les nègres se sont loués moyennant salaire? R. Les uns se sont loués pour de l'argent, les autres pour des allocations; mais le nombre en est fort restreint.

dans le même temps, que de quoi faire sept ou huit barriques. Le même nombre de charretiers qui portaient anciennement une quantité suffisante pour faire quinze barriques n'en portent maintenant que ce qu'il faut pour en faire sept ou huit ; et le même nombre de tonneliers qui auraient fabriqué les quinze barriques n'en font aussi que sept ou huit. Avant le 1er août, dix nègres auraient suffi pour sarcler sur un arpent de cannes, et depuis cette époque il en faut toujours vingt et même davantage. Les mêmes proportions peuvent s'appliquer à tout ce qui regarde le travail des plantations. D. A-t-on pu fabriquer ces sept ou huit barriques sans débourser de l'argent ou sans allocations extraordinaires? R. Les personnes employées à la fabrication du sucre ont reçu 10 schellings , en sus de toutes leurs anciennes allocations; il y en a même eu plusieurs qui, après avoir reçu des harengs, sont revenus les jeter clans le tonneau, et ont reçu l'argent avec beaucoup de répugnance, en disant que ce n'était pas assez. Outré cela, je leur ai donné trois aides de plus qu'à l'ordinaire. D. Quel salaire étiez-vous convenu de donner pour le travail dont vous venez de parler? II. 3 sch. 4 d. à chaque ouvrier du moulin, et 4 sch. 2 d. pour ceux de la fabrique, parce qu'ils devaient finir la cuisson. Cette somme était à peu près pour seize heures extraordinaires. D. Vous les avez trouvés prêts à travailler moyennant salaire, mais mécontents de recevoir ce dont ils étaient convenus d'avance ? R. Je ne les ai point trouvés prêts à travailler moyennant salaire avant de leur avoir accordé trois hommes en surplus. Alors même ils ont reçu l'argent avec mécontentement. D. Les apprentis s'occupent-ils de leurs terres, et emploient-ils

11.

INTERROGATOIRE

de M. John Harrison. 11 novembre 1834.

D. D après l' expérience que vous en avez acquise, que pensezvous du nouveau système de travail établi par l'acte d'abolition? II. Je pense qu il ne réussit pas bien. D. Existe-t-il du mécontentement dans l'esprit des apprentis placés sous vos ordres, ou dans les autres plantations de la paroisse en général ? R. Ils se .considèrent comme trompés si l'on exige d'eux la somme entière de neuf heures, que la loi leur a commandé de faire. Ils sortent fort tard le matin, et sont obligés, en conséquence, de rester plus tard dans la soirée. D. A quelles causes attribuez-vous leur mécontentement et le peu de succès du nouveau système ? R. En parlant de mon voisinage, je crois que la première cause paraît venir du manque d'un système uniforme de travail dans toute la paroisse ou district. Quelques planteurs ont adopté le système de huit heures, d'autres celui de neuf heures par jour. Les uns donnent le vendredi entier alternativement, les autres la moitié de chaque vendredi. Quelques planteurs ont été obligés, depuis le commencement des récoltes, de ne point donner de vendredi, jusqu'à ce que le café soit entièrement cueilli, ce qui a fait croire aux apprentis qu'on les privait de leur temps légal. Il me semble que l'on pourrait remédier à cela en décrétant, pour les plantations de café, une loi par laquelle on commencerait les travaux des champs, d'un bout de l'année à l'autre, au lever du soleil, pour les finir à quatre heures. Ce système don-


ÉTUDE DE L'EXPER. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GENERAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. nerait la moyenne de neuf heures par jour, entre le jour le plus long et le jour le plus court ; mais il a clé évident, après une courte expérience, que la principale cause de ce mécontentement a été l' impossibilité complète de mettre en action les prévisions delà nouvelle loi, par les moyens que l'on a jusqu'à présent employés à cet effet ; car, quelque louables qu'aient été les efforts du magistrat spécial (le lieutenant Colebrook) de notre paroisse, depuis le commencement de ses fonctions, on a trouvé que, même avec l' aide d un autre magistrat, nommé récemment au district de Mille-Gully, il était absolument impossible, dans une paroisse aussi montagneuse et aussi étendue, avec de mauvaises routes et quelquefois des pluies de longue durée, de visiter les différentes propriétés ou même de répondre à toutes les demandes journellement adressées. La bonne exécution de la loi exige un personnel plus considérable, et il me semble qu'il ne faudrait pas moins de six magistrats spéciaux dans Manchester. Cette paroisse contient trois districts.

475

paroisses de l' île étaient divisées en districts, et que l'on forçât les magistrats spéciaux à faire leurs rondes régulièrement, comme la loi l' ordonne, cela vaudrait mieux que de tenir des cours spéciales, comme cela a en lieu jusqu'à présent? R. Les juges spéciaux ne peuvent visiter les propriétés auss souvent, que la loi l'ordonne, car leurs districts sont trop étendus Il serait donc bien mieux qu'il y en eût un nombre suffisant, afin qu'ils pussent visiter les plantations régulièrement; caries cours spéciales, comme on les a tenues jusqu'à présent, causent beaucoup de préjudice aux plantations, en raison du temps perdu par les différentes parties qui sont obligées de faire un voyage pour aller aux audiences. D. D'après la répugnance des apprentis à travailler, même moyennant salaire, à leurs heures libres, pensez-vous qu'ils s'accoutumeront à un travail régulier d'agriculture quand leur apprentissage sera terminé?

D. Croyez-vous qu'il y ait eu de la mauvaise volonté de la part

R. Par ce qui s'est passé depuis le 1er août, je suis d'avis qu'ils ne s'engageront point, en général, dans les travaux d'agriculture

des maîtres ou des directeurs de propriétés à entrer de bonne foi dans le nouveau système ?

après la fin de leur apprentissage. Ainsi, on ne pourra continuer la culture régulière des plantations, ni obtenir ce travail continu

R. Non, tout au contraire. Dans notre paroisse, le nouveau

qui est nécessaire dans la culture du sucre, à moins que l'on ne fasse des lois efficaces pour empêcher le vagabondage et assurer le travail dans toutes les classes de la population.

système avait été mis en activité, sur quelques plantations, avant son commencement légal, et, quand il commença, je puis positivement affirmer que chacun semblait déterminé à y prêter toute l'assistance possible.

D. Savez-vous si quelques propriétaires ou directeurs de plantalions se sont directement ou indirectement opposés aux magistrats spéciaux dan3 l'exécution de leurs devoirs ? R. Non, certainement. Je parle ici de notre paroisse, où les deux magistrats ont toujours été trop respectés pour trouver le moindre obstacle. Au contraire, je suis certain qu'ils reconnaîtront toujours que, depuis leur résidence parmi nous, ils ont reçu tout le concours possible. D. Les apprentis font-ils maintenant ce que vous considérez comme une portion raisonnable de travail pendant le temps prescrit par la loi ?

R. Je ne le pense pas. D. Obéissent-ils à l'autorité des économes, et se conduisent-ils avec la soumission convenable?

R. Non; ils paraissent maussades et mécontents, sans cause et sans raison. Sous le prétexte le plus frivole, ils abandonnent leur ouvrage, et, sans aller chez les juges spéciaux de leur pa-

D. Quels salaires pensez-vous que l'on devrait payer à l'apprenti pour son travail à ses heures libres, au laboureur pour son travail journalier, et à l'artisan pour son ouvrage à la pièce? R. Je pense que 1 schelling (monnaie locale) suffit pour une journée d'ouvrage dans les champs, et 1 o d. pour dix heures à la fabrique, en accordant toutes les allocations et tous les privilèges dont ils jouissaient quand ils étaient esclaves, et qui surpassent en général ce que la loi a ordonné. Comme la loi ne commande point que l'on veille à la fabrication, elle n'ordonne pas non plus que l'on veille aux terres des nègres. Je trouve qu'il y a un avantage mutuel à ce que les deux parties soient protégées comme autrefois et que rien ne soit payé pour veiller la nuit à la sucrerie, parce que peu de propriétaires peuvent supporter cette charge. Outre cela, tous les apprentis laborieux ont le moyen de cultiver des terrains de provisions, de les vendre pour de l'argent, et même en quantité très - considérable ; mais, strictement parlant, la loi ne leur donne droit qu'à une quantité de provisions suffisantes à leur entrelien et à celui de leurs familles. Sur la propriété que j'habite, les apprentis vendent souvent, dans un jour, pour 5o ou 6o liv. st. de provisions,qui sont portées au quai par les wagons de la plantation et vendues aux bateaux qui viennent de Kingston. Tout ce qu'ils ont à payer sur l'argent qu'ils reçoivent, c'est la

roisse, à la distance d'un mille ou deux, ils font quinze ou vingt milles pour aller à la paroisse voisine, Sainte-Elisabeth, sous prétexte d'y déposer des plaintes, mais en réalité pour jouir

journée de salaires des charretiers.

d'autant de jours de loisir, au grand détriment de leurs propriétaires. C'est un mal auquel il faut remédier le plus tôt pos-

D. Rapportez-nous la cause des troubles qui ont eu lieu dernièrement à la plantation de Golden-Grove.

sible.

R. Le juge spécial expliquait aux apprentis qu'ils devaient accepter les conditions justes et libérales que j'ai offertes ; mais ils ne voulaient point en entendre parler. Alors, à ce qu'on m'a 12. Interrogatoire de M. Thomas Mac-Cornoch. 11 novembre 1834.

D. Que Pensez-vous en général du nouveau système? R. A moins que l'on ne fasse des amendements considérables à la loi, et que l'on n'augmente de beaucoup le nombre des juges spéciaux, je crois que le système ne pourra pas réussir et que la culture du sucre devra cesser. Plusieurs planteurs trouveront qu'il leur sera moins coûteux d'abandonner la culture de leurs plantations, que de s'exposer à une ruine certaine en la continuant. D. Les magistrats spéciaux visitent-ils les plantations comme la loi le leur ordonne, et ne pensez-vous pas que si toutes les

raconté (car je n'étais pas présent, étant au lit malade de la lièvre),il leur dit que, s'ils ne voulaient pas travailler plus longtemps que la loi ne l'ordonne, on pourrait leur faire faire leur nombre limité d'heures, dans le temps que l'on voudrait. Là-dessus ils commencèrent à crier beaucoup, et, après qu'on leur eut inutilement commandé d'être tranquilles, le juge ordonna que l'on mil en prison une femme qui semblait faire plus de bruit que personne. Ils s'écrièrent alors tous qu'ils voulaient aller au cachot avec elle; ils la suivirent à la prison, et quand ils y arrivèrent ils la délivrèrent et l'emmenèrent; puis, en passant devant la maison, ils poussèrent trois cris de triomphe. Le défi ayant été ainsi jeté aux magistrats et à la loi, le juge crut qu'il était de son devoir d'envoyer chercher quelques agents de la police, et, n'en trouvant que treize, il y ajouta quelques soldats, au nombre de sept, je crois, pour empêcher d'autres troubles. Le lendemain matin tous les nègres


476

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIECES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

furent appelés par le juge , et les chefs furent punis : neuf furent fouettés, tandis que deux autres, avec six femmes, furent envoyés à la maison de correction.

D. Avez-vous eu la direction de plusieurs nègres, et en quelle qualité ? R. J'ai eu soin, comme médecin, de plusieurs milliers de nè-

D. De quelle manière arrangez-vous vos heures de travail?

gres , depuis mon arrivée dans l'île , et j'ai à peu près soixante apprentis sous mes ordres, comme propriétaire d'une plantation de café.

11. Les apprentis travaillent quarante-cinq heures par semaine, ce qui l'ail qu'ils ajoutent quatre heures et demie de leur temps, à condition de recevoir, pour eux-mêmes et leurs enfants, les mêmes allocations que quand ils étaient esclaves. D. Et vous n'avez pas essayé d'introduire le système de huit heures pendant quatre jours et de huit heures et demie pour le cinquième? R. Non. D.

Quels gages vos apprentis vous ont-ils demandés ?

R. Us n'ont point spécifié de somme, mais ils m'ont dit qu'ils ne voulaient pas travailler la nuit. Us avaient dit qu'ils tiendraient le moulin en action depuis quatre heures jusqu'à huit; mais le jour qu'ils ont coupé des cannes il ont déclaré qu'ils avaient l'in- tention d'arrêter le moulin au coucher du soleil. Après une longue conversation, ils ont tenu le moulin en activité jusqu'à huit heures, mais ils ne l'ont pas repris le lendemain, avant cinq heures. Je suis parti de chez moi le lendemain, et je ne sais ce qu'ils ont fait depuis.

13.

INTERROGATOIRE

de M. John Pine. 13 novembre 1834.

D. Votre opinion est-elle, d'après la répugnance que les apprentis manifestent à présent à travailler, même moyennant salaire, à leurs heures libres, qu'ils s'engageront dans un système de travail régulier quand leur apprent ssage sera terminé? B. Comme cette loi n'est qu'une expérience, nous ne devrions jamais perdre de vue son but ultérieur. Il est nécessaire de commencer immédiatement sur toutes les plantations et d'empêcher les apprentis de cultiver trop de terre , à moins qu'ils ne payent un loyer fort élevé. Dans la suite, ils n'en seront que plus heureux; l'homme laborieux donnera une partie de son temps moyennant salaire, afin de se procurer les douceurs de la vie ; les paresseux ne pourront gagner que juste ce qu'il leur faudra pour les empêcher de mourir de faim. Car, sous le système libre, ce ne sera qu'à des hommes bien connus pour leur bonne réputation que l'on voudra louer des terres. D. Quels seraient les salaires que vous croiriez possible de payer à l'apprenti pour son travail extraordinaire ?

D. Selon que vous avez pu observer, les apprentis travaillentils maintenant d'aussi bon cœur et aussi bien qu'avant le 1er août? R. Nullement. D. Croyez-vous qu'il y ait dans l'île une coalition organisée, ou quelque influence secrète, pour persuader aux nègres de ne pas travailler, et de ne point mettre en apprentissage leurs en-

fants libres ? R. Je n'ai aucune connaissance de cela ; mais je suis moralement certain qu'une coalition étendue et déterminée a été organisée parmi les apprentis, par une influence placée en dehors d'euxmêmes, et qu'on leur a persuadé d'opposer la force d'inertie, en n'exécutant point, à leurs heures de travail, la quantité d'ouvrage qu'il leur serait facile d'exécuter, et en ne donnant point le travail extraordinaire qu'ils pourraient donner moyennant salaire. En agissant ainsi ils pensent que leur apprentissage sera nécessairement terminé plus tôt, parce que leur maître ne pourra jamais supporter une conduite aussi ruineuse et qu'ils se trouveront par conséquent libres de toute contrainte. D. Avez -vous connu quelque exemple où un arrangement équitable, proposé par quelques directeurs de plantations, de payer leurs apprentis pour leurs heures libres, ait été refusé par ces derniers? II. Dans la plupart des plantations où je suis médecin, on a proposé des arrangements particulièrement favorables aux apprentis , mais ils n ont eu qu un succès partiel. Les apprentis ont généralement refusé d accepter leurs allocations extraordinaires, telles que des harengs, du riz, les soins du médecin et l'entretien de leurs enfants libres, afin de ne point donner les quatre heures et demie qu'on leur demande par semaine. El cependant j'ai la preuve certaine qu'ils soutirent de ces privations. Il doit être évident pour tout le monde que, si le désir de gagner leur vie honnêtement et de se procurer, par le travail, ce qui est nécessaire à leur existence ne se fait pas sentir chez eux, des événements terribles auront bientôt lieu. Ces événements seront ou des épidémies funestes, ou des actes d'insubordination. La nourriture que les nègres ont adoptée dans certains districts ruraux, et qui ne contient pas une seule particule de sel, est très-malsaine. Je considéré ce dernier exemple comme une nouvelle preuve qu'il existe une influence secrète, qui fait espérer aux noirs que l'ap-

B. Je crois qu'on pourrait donner 2 sch. 1 d. pour les premiers ouvriers, 1 sch. 8 d. pour les bons ouvriers, 1 sch. 3 d.pour des ouvriers ordinaires, et 10 d. pour ceux qui sont ordinaire-

prentissage sera bientôt à sa fin. La circonstance suivante montrera qu ils souffrent déjà de la fermeture des magasins de leurs maîtres. Sur la propriété de Gray's-Inn , où ils ont positivement

ment dans le dernier atelier. Cette proportion de salaires pourra diminuer vers la fin de l'apprentissage, mais pas de beaucoup. Si les propriétaires veulent ne pas permettre que l'on occupe

refusé de recevoir les allocations ordinaires en échange de quatre heures et demie de travail par semaine, le reste d'un baril fut vidé dans le ruisseau à Dunder : ils vinrent ramasser le

leurs terres sans présenter un bon certificat, et s'ils en font payer la location toutes les semaines, soit en argent, soit en travail, le nègre laborieux ne voudra pas se faire renvoyer ; mais il consi-

sel, le lavèrent et s'en servirent avec leurs provisions. Mes propres nègres ont refusé des allocations que je leur offrais pour les quatre heures et demie extraordinaires par semaine, et ont eu recours au même moyen pour se procurer du sel, qu'ils au-

dérera comme la plus grande tache à son honneur d'être chassé du domaine de son maître,qui a été la demeure de sa famille et de ses ancêtres depuis plus d'un siècle.

raient méprisé étant esclaves. Outre cela je leur ai offert 1 sch. 8 d. par semaine pour faire des travaux légers à leurs heures libres, mais ils l'ont positivement refusé. Lorsque je leur en demandai la raison, un vieil Africain me répondit que, plutôt que de tra-

14.

INTERROGATOIRE

du docteur J. Maxwell. 24 novembre 1834.

D. \ a-t-il longtemps que vous demeurez dans ce pays ? B. Depuis dix-huit ou dix-neuf ans. 1

Monnaie locale.

vailler pour moins d'une demi-piastre par jour, il se coucherait et dormirait. Vers la même époque de l'année dernière, mes nègres sont venus me demander de leur laisser cueillir du café leurs heures libres; celle année je leur ai non-seulement demandé, mais je les ai priés de le faire, parce que mon café tomberait; ils m'ont répondu qu'il n'y en avait pas assez de mûr pour y gagner


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC.

477

une journée de salaires. Pour répondre à cette objection je leur ai alors offert 1 sch. 8 d. par jour : ils ont refusé la proposition.

D. Avez-vous fait du sucre depuis le 1 août, et, si vous en avez fait, quelle quantité avez-vous fabriquée en comparaison de ce

D. Quelle est, selon vous, la quantité de travail qu'on obtient à présent en comparaison de ce qui se faisait anciennement ? R. A peu près la moitié.

que vous faisiez autrefois?

D. Quand on leur propose de travailler moyennant salaire, les apprentis ne demandent-ils pas plus que le produit du pays ne peut le comporter, en laissant un profit raisonnable au pro-

priétaire ? R. J'ai donné plus baut une réponse à cette question. Les apprentis travaillent-ils à leurs jardins et emploient-ils leur temps libre avec avantage, de manière à augmenter leurs D.

jouissances et à ne point courir le risque de devenir à charge à leurs maîtres ?

R. En général les jardins sont plus négligés maintenant qu'auparavant par les apprentis, surtout par les miens. D. La conduite des magistrats salariés vous a-t-elle paru de nature à faire respecter les lois et arrêter les actes d'insubor-

er

II. J'en ai fait plus de quatre-vingt barriques depuis le 1er août, c'est-à-dire huit barriques par semaine de cinq jours. Mais durant le même temps, avant le 1er août, j'en aurais fait treize ou quatorze barriques. D. Avez-vous connu quelque exemple où les apprentis aient refusé d'accepter des arrangements justes et équitables pour travailler à leurs heures libres, quand les offres leur ont été faites par les propriétaires ou directeurs de plantations ? R. Aucun de mes apprentis n'a refusé de travailler à la sucrerie, depuis le point du jour jusqu'à la nuit, à raison de 1 schell. 8 den. pour dix heures de travail à leur temps libre, sans compter leurs anciennes concessions de sucre, de rhum et de harengs; les hommes qui travaillent à la cuve,etc., travaillent pendant dix-huit heures sur vingt-quatre, au même prix. D. N'attribuez-vous pas la bonne conduite présente des apprentis de votre plantation à des punitions promptement in-

dination ? R. La visite régulière des magistrats, qui rendraient la justice avec impartialité entre le maître et les apprentis, empêcherait une grande perle de travail qui a lieu sous le régime

fligées ? R. Oui, en grande partie. D. Pensez-vous que la proposition eût été acceptée si un éco-

actuel. Elle arrêterait le crime et tendrait à exciter de meilleures

nome l'eût faite à votre place ?

dispositions dans nos paysans, quand ils verraient que le Gou-

R. Je pense que oui, pourvu que l'inspecteur eût voulu prendre la même peine de les rassembler et de la leur expliquer.

vernement est bien déterminé à les faire travailler pendant la durée de l'apprentissage. D.

D'après la répugnance que vous avez observée dans les ap-

prentis à travailler moyennant salaire, à leurs heures libres, pensez-vous qu'ils s'engagent dans un travail d'agriculture régulier quand la fin de leur apprentissage sera arrivée ? R. Je pense qu'ils ne travailleront point assez pour que l'on puisse avantageusement continuer la culture des produits d'exportation, mais qu'ils se retireront dans l'intérieur, où ils se con-

D. Croyez-vous qu'en général les économes se donnent la peine que vous avez prise ? R. Je ne saurais vous le dire. D. Croyez-vous que les apprentis travailleront aux champs, à leurs heures libres, pour les salaires qu'il sera possible de leur allouer ? R. Je ne le crois pas, et il me semble que personne, placé comme eux, ne voudrait travailler dans les champs, moyen-

tenteront de satisfaire leurs besoins, du reste fort peu nombreux dans ce climat. Voici ce qui me le fait penser : avant le 1er août,

nant salaire.

je désirais stimuler leur industrie et leur énergie en établissant un champ de café qui devait être cultivé par eux à leurs heures

eux ?

D. Que voulez-vous dire par ces mots : des gens placés comme

libres : ils auraient reçu la moitié du produit; je leur au-

R. Ils ont des maisons libres de loyer, ils sont habillés aux

rais fourni gratuitement un maître d'école. Mais, quoique mes propositions fussent basées sur les principes les plus libéraux,

dépens du propriétaire, ils peuvent prendre autant de terre qu'il leur plaît pour les cultiver à leurs heures libres; par conséquent

quoiqu'ils fussent convaincus qu'ils pourraient gagner de 10 à

ils peuvent gagner davantage en cultivant cette terre, qu'ils ne

11 sch. par jour lorsque le café viendrait en maturité, et que dans

le feraient en travaillant dans les champs pour la somme de

l'intervalle ils auraient de bons gages en provisions, en blé et en

salaire qu'il est possible au propriétaire de donner.

pois, etc., ils ne voulurent point accepter. Cette circonstance m'a beaucoup découragé.

15.

INTERROGATOIRE

de l'honorable John Bell, magistrat de la

paroisse de Saint-George. 25 novembre 1834.

D. Depuis combien d'années habitez-vous celle île ? R. Depuis plus de onze ans, et je demeure sur ma plantation. D.

D. Quel serait, selon vous, le moyen le plus efficace de les forcer à travailler aux champs?

Avez-vous eu la direction de plusieurs nègres et en quelle

qualité?

R. Je suis propriétaire de trois cents nègres, et je les dirige

R. Si on ne leur donnait pas plus de terre qu'il ne leur en faut pour leur propre entretien, ils est alors probable qu'ils travailleraient moyennant salaires. D. Combien croyez-vous avoir payé en argent pour le travail libre qu'il vous a fallu employer pour la fabrication de votre sucre ? R. Environ 14 ou 15 schell. par barrique. D. Veuillez nous expliquer ce qui s'est passé entre vous et les apprentis quand vous leur avez exprimé le désir qu'ils allassent se louer à la fabrique ?

maintenant qu'avant le 1er août?

R. Je les ai tous assemblés, et je leur ai dit qu'il était nécessaire qu'ils travaillassent pendant plus de neuf heures à la fabrique, et que je désirais savoir ce qu'ils en pensaient. Les uns me répondirent qu'ils ne voulaient pas travailler à la fabrique

Pendant quelque temps après le 1er août ils n'ont pas fait plus de la moitié de l'ouvrage qu'ils faisaient autrefois. Je me suis alors adressé au juge salarié, qui en fit punir quelques-uns,

une minute de plus que leur temps ; mais les ouvriers de la fabrique, et plusieurs autres, me répondirent qu'ils travailleraient le temps qu il me plairait. Quand je connus l'opinion de chaque

et commanda à d'autres de rendre, en travaillant le samedi, le temps qu'ils avaient perdu. Depuis cela, ils ont fait autant d'ouvrage qu'auparavant, toute proportion gardée du temps.

individu, je fis couper des cannes, et je mis à la fabrique ceux qui m'avaient dit qu'ils voulaient bien y travailler à leurs heures libres. Je gardai ces mêmes nègres à l'ouvrage pendant près de

moi-même. D.

Avez-vous observé que les apprentis travaillent aussi bien

R.


478

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

trois semaines. Alors ceux des champs vinrent me dire qu'ils ne m avaient point compris quand je les avais appelés, mais que si je voulais les essayer à la sucrerie, ils y travailleraient comme les autres. D. Croyez-vous faire les mêmes récoltes qu'auparavant, ou à quelle perte vous attendez-vous ? R. Je m'attends à une différence d'un quart sur le tout. D. Quelle est votre idée quant à l'obéissance que l'on pourra s'attendre à obtenir des nègres, par suite d'une loi qui les forcerait de travailler à leurs heures libres moyennant salaire, et qui, en cas de refus d'ouvrage, les assujettirait à des punitions ? R. Je pense qu'ils seraient obéissants.

Mais il ne serait point

politique de faire une telle loi, car, si vous désirez leur persuader de travailler comme laboureurs libres, voici le moment où l'on devrait en faire l'essai.

16.

INTERROGATOIRE

de M. William Shorp. Novembre 1834.

D. Etes-vous directeur de propriétés foncières, et quelle en est l'étendue ? Je dirige quatorze plantations dans Trelawney, Hanovre, Westmoreland et Sainte-Elisabeth. R.

D Quel est le nombre d'apprentis sous vos ordres ? R.

A peu près 3,ooo.

D. Que pensez-vous du succès du nouveau système de travail établi par la loi d'abolition ? R,

Je pense que ce système ne réussit pas trop bien.

D. Croyez-vous qu'il y ait eu quelque mauvaise volonté de la part des directeurs de propriétés de s'associer, avec impartialité, à l'exécution du nouveau système?

R. Non certainement. D. Quel nombre d'heures, sur les vingt-quatre, croyez-vous nécessaire dans une fabrique de sucre pour pouvoir enlever la récolte ? R. Je pense qu'il faudrait seize heures. D. Croyez-vous que les nègres pourront être amenés à.donner volontairement ce temps au prix qu'il sera possible de les payer ? R. Je ne le pense certainement pas, à moins qu'ils ne soient forcés de le continuer régulièrement par quelque acte de l'assemblée. Il est très-probable que plusieurs seront disposés à travailler moyennant salaire; mais ils sont d'un caractère si inconstant, qu'ils pourront consentir aujourd'hui et refuser demain. Et, dans une manufacture de sucre, il est absolument nécessaire de maintenir un travail uniforme et continu. D. Quel serait, selon vous, le tarif juste et raisonnable des salaires que l'on devrait accorder aux apprentis pour le travail qu'ils feront à leurs heures libres ? R. Je considère qu'un denier et demi par heure est le plus que le maître pourra leur donner. D. Pensez-vous qu'il soit possible de continuer la fabrication du sucre dans les circonstances présentes ? R. Non certainement, pas avec avantage. D. En considérant l'état présent du pays, quels règlements croyez-vous nécessaires pour assurer la paix de la société et la culture régulière des plantations ? Pi. Je pense que Ion devrait encourager l'immigration par tous les moyens possibles ; arrêter le crime et le vagabondage par des lois coercitives, et appliquées sans délai; augmenter le pouvoir des magistrats locaux à appliquer les lois d'abolition (avec des amendements pour assurer un travail continu pendant les récoltes), et forcer les magistrats spéciaux à appliquer les lois avec impartialité.

R. Je ne l'ai jamais entendu dire; tout au contraire. D. Connaissez-vous des directeurs ou des propriétaires de plantations qui aient, directement ou indirectement, causé des obstacles aux magistrats spéciaux dans l'exécution de leurs devoirs ? R.

Non.

D. Les apprentis font-ils maintenant ce que vous considérez comme une portion suffisante et raisonnable de travail, durant le temps fixé par la loi ? R.

Non certainement.

D. Obéissent-ils à l'autorité des directeurs, et se conduisentils avec la soumission nécessaire ? Dans bien des cas ils paraissent mécontents, maussades et très-susceptibles, tellement qu'il est même désagréable pour les R.

blancs de leur parler. Je parle surtout des plantations qui sont sous ma direction dans Trclawney. Dans ma propriété particulière en Westmoreland, et dans les autres propriétés qui sont sous mes ordres, dans Hanovre et Sainte-Elisabeth, il paraît y avoir de meilleurs sentiments; mais ils ne sont pas aussi bons qu'autrefois. D. Avez-vous trouvé les apprentis disposés à Iravailler moyennant salaire a leurs heures libres ? R. Les uns ont promis, les autres ont refusé, et quelques-uns mont répondu qu'ils attendraient pour voir ce que feraient les apprentis des autres plantations.

D. A-t-on fait du sucre sur quelques-unes des plantations qui sont sous vos ordres, depuis le 1er août ? R.

Non.

D. Peut-on récolter le produit d'une plantation de sucre et continuer l'agriculture, en faisant travailler les apprentis seulement quarante heures et demie par semaine ?

17.

d'une commission nommée pour faire une enquête sur les résultats du nouveau système de travail.

RAPPORT

14 novembre 1834.

Monsieur le président, Votre commission, nommée pour examiner le nouveau système de travail et présenter à l'assemblée les règlements nécessaires pour forcer au travail les esclaves nouvellement libérés, et pour établir le tarif des salaires qui seraient équitables entre les apprentis et les maîtres, quant à l'ouvrage qu'ils feront à leurs heures libres, Rapporte : Qu'elle a considéré de son mieux les pétitions que lui ont présentées les paroisses d'Hanovre, de Trclawney, de Sainte-Elisabeth et de Saint-Thomas-dans-l'Est, et qu'elle a entendu de la manière la plus solennelle les dépositions de personnes de la plus grande considération et de la plus grande expérience , dans différentes parties de l'île, sur le nouveau système de travail. Dans quelques cas, on a considéré qu'il était possible qu'il réussît; mais, d'après le plus grand nombre des témoignages, la commission est portée à conclure : Que le nouveau système ne réussit point; que quarante heures et demie d'ouvrage par semaine ne suffisent par pour que l'on puisse continuer la culture des terres ; que les nègres n'exécutent pas une quantité d'ouvrage raisonnable pendant ce court intervalle , et que , pendant leurs heures libres, peu d'entre eux veulent travailler pour les gages que les cultivateurs de la canne à sucre peuvent leur payer. Que la paresse et le mépris des autorités deviennent journellement plus alarmants; que la récolte de pimento, la seule qui soit venue en maturité depuis le 1er août,


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC.

479

■a été, en grande partie, perdue pour les propriétaires, par l'impossibilité de la faire cueillir; que la récolte de café, qui commence maintenant, aura probablement le même sort; et que la

prescrites par la loi, et de leur résolution presque universelle de ne point travailler pour des gages à leurs heures libres,

perspective des propriétaires des plantations de cannes est encore plus désespérée, parce qu'on est certain que les cannes pourri-

Qu'après avoir entendu sous serment plusieurs témoins, dans différentes classes de la société, elle est arrivée à la conclusion

ront sur pied, à cause de l'impossibilité de fabriquer le sucre pendant le petit nombre d'heures durant lesquelles les fabriques pourront être ouvertes.

qu'il existe clans l'esprit des apprentis une répugnance presque universelle au travail, et qu'ils ne font maintenant, pendant les

Le manque de succès du système peut être attribué principalement aux causes suivantes:

qu'ils faisaient pendant le même espace de temps avant l'acte

Rapporte :

heures prescrites par loi, guère plus de la moitié du travail d'abolition .

1° L'autorité privée du maître (qui formait anciennement la

Qu'ils ont une répugnance à travailler moyennant salaire pen-

plus grande partie du pouvoir coercilif) a été si complètement détruite, qu'il ne peut pas même avoir maintenant sur ses ap-

dant leurs heures libres. Ceci est prouvé par le fait que, dans les

prentis autant d'autorité qu'un maître en a en Angleterre sur ses

pour faire enlever la récolte du sucre , ils ont presque refusé de

ouvriers ;

tenir leur engagement.

cas où l'on a pris avec eux des arrangements justes et équitables

Les magistrats locaux ont été privés, en même temps que

les maîtres, du pouvoir et de l'autorité nécessaires pour aider à maintenir la paix de la société et faire respecter les lois ; 3° Enfin, le nombre des magistrats salariés est insuffisant. Plusieurs sont incapables de remplir, d'une manière convenable,

C.

RAPPORTS

des magistrats spéciaux, de décembre 183b à janvier 1837.

les devoirs difficiles et importants qui leur sont confiés, à cause de leur ignorance complète des habitudes et des dispositions des

1.

EXTRAIT

d'une lettre datée de Saint- James, 1er décembre 1834.

nègres ou de la quantité raisonnable d'ouvrage qu'ils peuvent ou qu'ils doivent faire. D'autres raisons d'une importance moins grande ont aussi été

Je n'ai aucune raison de me plaindre du travail des apprentis ; tout au contraire, car ils ont exécuté en neuf heures le même ouvrage qu'ils faisaient anciennement en douze. En travaillant aux

données, savoir : Les différentes manières de faire travailler adoptées par différents propriétaires ; les décisions, également différentes, données par différents magistrats; et une influence secrète, qui n'admet point de preuve légale, mais qui existe évidemment, tendant à détruire le système d'apprentissage, en poussant les laboureurs à ne pas travailler moyennant salaire à leurs heures libres, mais, comme ils l'expriment eux-mêmes, à agir selon la loi. Votre commission recommande, comme seul moyen de sauver la colonie d'une ruine complète, et de donner une chance

cannes le vendredi, plusieurs ont gagné 6 sch. 8 d., 8 sch. 9 d., d., et 14 sch. 2 d. Le nombre des houes était à 5o; ils se sont, de leur propre volonté réunis jusqu'à 57, 75 et 82. Pour encourager le travail parmi leurs camarades, trois premiers ouvriers et constables ont pris 10 sch.,

12

sch.

6

anciennement de

40

leurs houes et ont chacun creusé 180 trous dans la demi-journée. Si ce n'était point trop long à détailler, je pourrais faire voir que ce qui prenait sous l'esclavage trois ou quatre minutes à faire, n'en prend maintenant que deux. Comme les travaux sont

raisonnable de succès à la grande expérience de l'émancipation

aussi avancés cette année que l'année dernière à la même époque, je ne puis m'apercevoir que nous ayons souffert par le change-

des esclaves :

ment de système.

1° Qu'une magistrature plus nombreuse et plus compétente, possédant des connaissances suffisantes et l'expérience locale, soit nommée immédiatement pour maintenir l'ordre, réprimer

2.

EXTRAIT

d'une lettre de M. John Daughtrey, juge spécial.

le crime et forcer au travail ; Bath, 3 décembre 1834.

2° Que l'on fasse à la loi tous les amendements nécessaires pour éviter toute ambiguïté, en définissant plus clairement les droits et les devoirs réciproques des maîtres et des apprentis. 3° Que l'on fasse tous les règlements qui seront nécessaires pour établir, d'une manière équitable, entre les maîtres et les apprentis, le temps de travail qui assurera la récolle de ce grand article d'exportation , sur lequel reposent la prospérité de la colonie et le bien-être de toutes les classes. Voire commission considère ce règlement comme étant de la plus haute importance et même d'une nécessité absolue, afin d'amener à travailler pour son propre profil un peuple ignorant, paresseux et dissipé, qui, jusqu'à présent, n'a été accoutumé au travail que par des moyens coercitifs, et pour l'empêcher par ce moyen de tomber dans un état d'indolence, dont il serait plus tard impossible de le faire sortir.

On ne peut rien voir de mieux que la conduite des nègres sur quelques-unes des plantations de ce quartier. Je puis parler surtout d'Amity-Hall, où le propriétaire a établi une échelle équitable de salaires pour les heures libres, et agit en tout d'après un système d'encouragement judicieux. Non-seulement ses nègres lui donnent tout le temps extraordinaire dont il a besoin, mais encore ils travaillent pour lui gaiement, avec bonne volonté, et montrent, pour ce qui regarde la question du salaire, un intérêt qui est très-opposé aux allégations contenues dans la pétition de la paroisse. En vérité, milord, rien n'est moins exact que de dire que les nègres de ce district ne sont point disposés à travailler, à leurs heures libres, pour de l'argent. Maintenant qu'ils ont vu paver des salaires, leur indifférence apparente s'est universellement changée en empressement, et sur quelques plantations il y a des offres de service, même au-delà de ce qui est nécessaire.

18.

EXTRAIT du.

rapport d'une commission de la chambre d'assemblée de la Jamaïque. Novembre 1834.

Voire commission, nommée pour s'informer des causés du rnécontentement général qui existe parmi les apprentis, de leur répugnance à travailler comme autrefois, même durant les heures

Le fait est qu'on leur avait dit, à dans un moment de colère, qu'on les obligerait à enlever la récolte sans salaires, et cette idée s'était tout à coup répandue dans tout le district : il n'a donc fallu rien moins qu'un payement effectif de salaires pour les désabuser. Relativement à un discours attribué à M à l'égard de ce district, je me permettrai de dire que, si ce discours est


480

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. —II PARTIE. e

exactement rapporté, M

a été grossièrement abusé ; car, sur la plantation de Plantain-Garden-River, où il paraît que les nègres font «ce qui leur plaît,» il y a autant d'ordre et de tra-

nombre de laboureurs robustes qui allaient à l'hôpital pour avoir été exposés à l'air de la nuit, il est évident que, si le changement est accueilli par le planteur avec intelligence et impartialité, la

lui-même pourrait le désirer. Il est vrai qu'au moment où l'inspecteur de police dit aux noirs, d'un ton sec et laconique, qu'ils seraient obligés de faire

condition du propriétaire se trouve vraiment améliorée.

vail régulier que M

aller le moulin jusqu'à huit heures, il lui fut répondu : « Point d'ouvrage de nuit. » Ayant appris cela, et connaissant la bonne disposition des nègres en général, j'allai à la plantation le jour

5.

EXTRAIT

Sainte-Dorothée, 10 décembre 1834

que l'on mit le moulin en mouvement, et je les assemblai. Us arrivèrent dans le plus grand ordre, et écoutèrent ce que j'avais à leur dire avec attention et respect. Pour en finir, ils me répondirent unanimement « que ma parole était bonne » et qu'ils fe-

d'une lettre de M. Alexandre Mac-Leod, juge spécial.

Je pense qu'il est de mon devoir d'informer votre seigneurie que la conduite des nègres dans cette paroisse est à présent paisible au plus haut degré, bien réglée et laborieuse.

raient ce que je voudrais. Us allèrent se mettre à l'ouvrage, et,

Récemment, en ma qualité de juge spécial, j'ai donné mon

depuis ce temps, ils ont continué avec activité et persévérance. Je regrette de ne pas avoir le temps d'écrire à M à ce

assentiment à un arrangement entre un maître et ses apprentis,

sujet; mais je serai bien obligé à Votre Execllence, si elle veut bien faire connaître ce que je viens de lui communiquer.

3.

EXTRA IT

du registre quotidien de M. Charles Brown , juge spécial. Vere, jusqu'au 8 décembre 1834.

Comme nous sommes au commencement de la récolte dans cette paroisse, nombre de propriétaires et de directeurs font des arrangements avec leurs laboureurs pour enlever la récolte. J'é-

sur les propriétés de Lodge et de Colbecks, dans cette paroisse. En vertu de cet engagement les apprentis se sont obligés à employer une partie de leur temps libre à enlever la récolte de 1 835, et à avancer celle de 1836, pour un prix qui ne coûtera pas aux. propriétaires l'équivalent d'une seule année d'intérêts de la somme donnée comme compensation. Les noirs de celte paroisse se montrent généralement très-disposés à travailler à leurs heures libres, pour un prix favorable aux propriétaires. S'il en était ainsi dans toute l'île ( et je suis fortement porté à croire que cela est), le succès du système d'apprentissage serait hors de doute.

prouve du plaisir à dire que tout est tranquille, et que tout le monde est à l'ouvrage comme à l'ordinaire clans la paroisse. Les

.6.

EXTRAIT

d'une lettre de M. John Daughtrey, juge spécial.

apprentis me font journellement des demandes pour que je leur explique la loi quant au temps de travail et aux allocations, etc. Je leur ai donné à tous les conseils nécessaires à l'égard de leur

Il y a environ un mois qu'une pétition à l'assemblée coloniale, rédigée à Spanish-Town, a circulé et a été généralement signée dans ce voisinage. Dans cette pétition, il est

conduite et de leur devoir.

4.

LETTRE

datée du

Bath, 10 décembre 1834.

9

décembre

183H.

Dans la lettre que j'ai eu l'honneur de recevoir de Votre Excellence, en date du 3o octobre, vous avez exprimé l'espoir que je pourrais rendre un compte favorable de l'exécution du plan que j'avais proposé aux apprentis de cette plantation, pour l'achat d'une partie de leurs heures libres pendant la récolte. Ce système est mis en pratique depuis plus de deux semai es, et je suis heureux de pouvoir dire qu'il a produit un effet excellent, aussi bien sous le rapport du travail que sous le rapport de la conduite des travailleurs. Les points principaux du plan que j'ai eu l'honneur de soumettre à votre seigneurie subsistent toujours, quoiqu'il y ait

dit que «le travail du district était presque terminé, et que les nègres avaient, refusé de travailler pour des gages raisonnables à leurs heures libres. » A cette époque-là, milord, quoique l'on affirmât que les nègres ne travaillaient presque plus, des personnes d'expérience, qui connaissaient bien le district, m'ont assuré qu'ils ne voyaient pas grande différence, quant à l'aspect et à la bonne culture des terres, entre celle année elles années précédentes; et, depuis cette époque, tous les propriétaires ont certainement été prêts à faire marcher leurs moulins, comme à l'ordinaire. A l'égard du refus des salaires, je dirai qu'à celte époque, parmi toutes les propriétés de mon district, on n'avait encore demandé qu'à trois de travailler aux heures libres, moyennant salaire, et, sur ces trois plantations, deux y avaient consenti, ainsi que les principaux ouvriers de la troisième.

quelques petits changements dans les détails. Le moulin est à l' ouvrage à peu près depuis quatre heures du matin jusqu'à six heures du soir, depuis le lundi jusqu'au vendredi inclusivement. Sur ce temps, nous occupons à peu près 12 heures

Mais comme ce n'était pas assez, un des administrateurs, qui a lui-même signé la pétition et qui l'a fait signer à bien d'autres, a positivement rejeté la demande que les noirs faisaient eux-

par semaine des heures libres de 40 bons ouvriers et de 3 enfants. Les gages sont : principaux ouvriers, 3 sch. 4 d. ; ouvriers

mêmes de travailler, à leurs heures libres, moyennant salaire: ce qu'ils commencent généralement à désirer.

ordinaires,

C'était assez plaisant d'entendre gravement affirmer par un des représentants de la paroisse « que la fabrication du sucre

2 sch. 6 d. ; enfants, 10 d. Ces gages se montent à 6 liv. 10 sch. par semaine. Nous faisons environ 12 barriques pendant cet espace de temps. Dans cette proportion, nous fabriquerons une quantité égalé a ia dernière récolte , c'est-à-dire 400

barriques, en 33 semaines. Les gages qui seront payés pendant ce temps se monteront a 160 liv. sterling. Quand nous pensons, milord, que, pour la plupart, celte dépense sera plus que couverte par l' intérêt de la somme qui sera accordée comme indemnité; que, en outre, grâce a la suppression du travail de nuit, nous pouvons avec confiance nous attendre à une amélioration dans la qualité du sucre fabriqué, et que la quantité perdue par le vol sera diminuée; quand nous considérons aussi le grand

avait presque cessé dans Saint-Thomas-dans-l'Est, » quand elle ne faisait que de commencer. Les personnes même, milord, sur le témoignage desquelles M.. .. a fait sa déclaration, se vantent du progrès qu'elles ont déjà fait, et parient même à qui fabriquera la plus grande quantité de barriques par semaine. relie est maintenant leur confiance, après tous leurs sombres pronostics. A Golden-Grow ils se vantent d'avoir fabriqué de cinquante à soixante barriques pendant la semaine dernière; et ils parlent a peu près sur le même ton à la plantation Rolland.


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 481 A Amity-Hall ils fabriquent maintenant douze barriques par semaine, dans les heures fixéees par la loi; et à Hordley, plantation voisine et à peu près semblable, la même quantité , mais dans un temps un peu plus long. A Plantain-Garden, où les nègres faisaient « ce qui leur plaisait,» l'inspecteur ne peut pas trouver à redire à leur conduite. Suivant ma recommandation, ils travaillent au moulin, en se remplaçant alternativement et sans se plaindre, depuis six heures du matin jusqu'à minuit. La récolte sera, par conséquent, rapidement enlevée. En vérité, Milord, comme les presses sont maintenant toutes en action, je crois pouvoir affirmer en toute sûreté qu'il n'y a pas, dans tout le district, un seul exemple d'une plantation sur laquelle on doute de pouvoir enlever toute la récolte. La plus grande imprévoyance, ou une véritable sottise de la part des directeurs, pourrait seule s'y opposer.

7.

COPIE

d'une lettre de

M.

John Daughtrey, juge spécial, au

marquis de Sligo. Bath, 17 décembre 1834.

C'est avec la plus grande satisfaction que je viens faire connaître à Votre Excellence l'état, non - seulement favorable, mais progressif de cet important district. A Golden-Grow, la semaine dernière, les apprentis ont fait seize ou dix-sept barriques; à Holland-Estate, presque la même quantité; et les directeurs des deux plantations m'ont dit euxmêmes qu'ils n'ont jamais vu mieux travailler ni mieux se conduire que ne l'ont fait les nègres. Après tout ce que Votre Seigneurie a entendu dire, je pense que ces faits valent la peine d'être communiqués. Outre cela, l'administrateur de GoldenGrow m'a dit que, pour Noël, il y aura tout autant de travail fait que l'année dernière à la même époque. J'avais déjà su par l'inspecteur que le moulin avait été mis en activité le même jour du mois. Ceci, Milord, doit vous faire voir quels rapports vous devez

leur ordonnai de se mettre à l'ouvrage l'après-midi de ce même jour, qui devait leur appartenir, puisqu'ils avaient été au moulin depuis quatre heures. Il s'y soumirent tout de suite, apparemment convaincus de la justice de ma décision, et ils vinrent tous aux champs à l'heure marquée. J'ai rapporté cette circonstance pour prouver qu'il y a amélioration dans les sentiments des nègres, et qu'à mesure que le système sera plus connu, on saura en faire ressortir les avantages et en faire disparaître les inconvénients. La disposition à travailler aux heures libres, moyennant salaire, devient générale. Dans quelques plantations, il y a toujours des surnuméraires qui attendent afin de se louer pour l'ouvrage de nuit, en cas d'absence de la part de ceux dont le tour serait venu. Je suis bien aise de voir que l'administrateur, qui avait d'abord dit que les nègres ne voulaient point travailler moyennant salaire, quand il ne le leur avait pas demandé, et qui ensuite leur avait refusé des salaires quand ceux-ci offraient leur temps libre, ait enfin changé d'idée. Il a autorisé ses économes à faire des arrangements avec les nègres pour le temps qui est nécessaire à la récolle.

8.

EXTRAIT

d'une lettre de M- Richard Standish-Haly, juge spécial. 24 i décembre 1834.

J'ai beaucoup de plaisir à faire savoir à Votre Excellence que, dans toutes les plantations qui ont commencé la fabrication du sucre ( et elles sont en assez grand nombre ), des arrangements ont été faits entre les maîtres et les apprentis, qui semblent convenir à tous les deux. Je n'ai à me plaindre que d'une chose : c'est qu'au lieu d'adopter un système uniforme et général de salaires, presque toutes les plantations font des arrangements particuliers. Il n'y a aucun remède à ce mal. Espérons qu'avec le temps et la patience l'on trouvera un système qui sera mieux approprié aux intérêts du pays.

croire, des miens ou de ceux qui les ont précédés, et qui proviennent d'autres sources. Depuis mon dernier rapport je n'ai pas reçu une seule plainte d'indolence ou d'insuffisance de travail, ce qui prouve qu'en général lés nègres travaillent bien. Je les ai vus moi-même plus gais et plus contents qu'à l'ordinaire, d'où l'on peut conclure qu'ils n'ont point de mauvaises intentions pour les fêtes de Noël. A ma dernière visite à Vere, où Votre Excellence se rappellera que les nègres avaient donné un peu de tracas à leurs maîtres, ils ont demandé à être réunis afin que je leur expliquasse la loi, en ce qui concerne le temps de la récolte. Au lieu de la confusion, de la turbulence qu'ils ont manifestée auparavant, ils m'ont écouté avec attention et respect. Quand j'ai fait. allusion à leur ancienne conduite pour exprimer ma satisfaction du changement qui s'est opéré, ils se sont écriés d'un commun accord : «Nous avons eu tort, maître ; nous vous demandons pardon. » Les mêmes dispositions se sont manifestées dans toutes les plantations de Port-Morant, qui étaient anciennement les pires du district, et sur lesquelles les inspecteurs m'ont dit que les apprentis ne s'étaient jamais rassemblés sans confusion et sans clameurs. A Duckenfield on leur avait demandé de se mettre au moulin à quatre heures du malin, un jour de la semaine dernière; mais, comme il n'y avait pas de cannes, il leur fut dit de ne point venir avant le lever du soleil. Ayant été mis à l'ouvrage à midi et demi seulement, on s'attendait à ce qu'ils iraient aux champs après leur heure ordinaire de dîner : mais il n'en vint aucun. En y allant le jour suivant, et en apprenant de quoi il s'agissait, je II.

9.

EXTRAIT

d'une lettre de E.

D.

Baynes, juge spécial, à C. H.

Darling. Aylmer's, 5 janvier 1837. L'acte d'abolition de la colonie est malheureusement loin d'être clair, et le juge spécial trouve que c'est une tâche un peu difficile d'exécuter les prescriptions de cet acte en maintenant les droits du nègre et les intérêts du propriétaire. Il en résulte des interprétations diverses de la loi par les personnes chargées de. la faire exécuter, et ces interprétations ont été, et sont encore, des causes de confusion et de dissension dans la société. Cependant mon opinion est qu'en général la rédaction de l'acte a été plus favorable au maître qu'à l'apprenti. Quand la loi a donné au maître quarante heures et demie par semaine, elle n'avait sans doute jamais eu l'idée que l'on pût en obtenir davantage de l'apprenti sans lui accorder une compensation équivalente. Cependant on ne compte ce temps , si ce n'est lorsqu'il s'agit des ateliers de louage (jobbing gangs), que depuis le moment qu'ils commencent à travailler dans les champs ; comme si le chemin que l'apprenti fait et le temps qu'il emploie pour aller à l'ouvrage de son maître, quelquefois à deux milles de l'habitation, n'était point, suivant l'esprit de la loi, employé au service du maître, et ne devrait pas être considéré comme tel. J'ai entendu des plaintes fréquentes de la part des nègres à l'égard du temps qu'on leur accorde pour déjeuner et pour dîner ; ils croient souvent qu'on leur enlève une partie de ce temps, ce qu'il leur est difficile de prouver, puisqu'ils n'ont aucune espèce de chronomètre. Celte cause de méfiance et de discussion pourrait être 31


482 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

évitée au moyen d'un expédient très-simple : il s'agirait d'obliger les directeurs de donner à leurs nègres des sabliers d'une heure et d'une demi-heure, lesquels, étant portés aux champs, ne leur laisseraient aucun doute quant à la somme de temps employée. Je pourrais citer plusieurs autres sources d'inconvénients qui empêchent l'essai impartial du système, et auxquels on pourrait remédier par des moyens également simples. Mais toutes ces améliorations, pour être faites avec succès, devraient être armées de la force de la loi. Les juges spéciaux sont l'objet d'une si grande jalousie, que presque tous les moyens proposés par eux sont trop ordinairement rejetés sans qu'on daigne les examiner. Il y a peu de service aussi fatigant ou aussi ingrat que celui d'un juge spécial : il est regardé, dès le commencement, d'un mauvais œil par la plus grande partie des propriétaires et des directeurs, et il voit que tous ses efforts sont insuffisants pour satisfaire tout le monde. S'il essaie de modifier ou d'empêcher les punitions, il est immédiatement attaqué et injurié dans les feuilles publiques, comme essayant de relâcher les liens de la discipline, dans l'intention malveillante de désorganiser les apprentis et de ruiner les maîtres; si, au contraire, il maintient une discipline sévère (et dans certains districts une telle méthode est absolument nécessaire), il s'attire la haine des nègres qui s'en vont, par centaines, se plaindre de lui au siège du Gouvernement. Ce ne sont pas les seules circonstances décourageantes qu'il rencontre dans l'accomplissement de ses devoirs. Dans tous les jugements auxquels a pris part un juge spécial, il a toujours eu le dessous, et il y en a plusieurs qui ont fait des dépenses ruineuses, beaucoup au delà de celles que leur salaire leur donne le moyen de soutenir. Il est inutile que j'essaie de prouver que les juges spéciaux, quoi qu'ils fassent, verront toujours leurs efforts suivis des mêmes résultats, à moins que le Gouvernement de la métropole ne trouve moyen de nous protéger dans l'exécution droite et consciencieuse de nos devoirs. J'ai souvent fait allusion, dans d'autres rapports, à la nécessité d'abolir la punition corporelle des nègres apprentis, ainsi, que la condamnation aux travaux forcés dans la maison de correction, pour des délits qui ne comportent pas des peines dégradantes. Cette dernière sentence est beaucoup plus sévère que la première, si l'on considère la manière dont sont administrés plusieurs de ces établissements. Ces deux genres de punitions seraient remplacés par un système de travail disciplinaire sur les plantations. Les premières punitions sont absurdes, puisqu'elles n'ont aucun rapport avec l'offense particulière de l'apprenti, celle de ne point donner à son maître la quantité d'ouvrage qui lui est due. Cependant, tant que durera le régime de travail obligatoire, il faudra trouver quelque moyen pour obtenir ce travail. L'établissement d'ateliers de correction sur les plantations pourrait atteindre le but si désirable, de combiner une punition analogue et proportionnée au délit, avec les égards dus aux intérêts du propriétaire. La punition la plus convenable pour la paresse, l'absence, ou pour un refus de travailler, est évidemment un travail continu et forcé. Ces ateliers ne seraient établis que sur les grandes plantations, qui pourraient recevoir et payer les services des coupables appartenant aux petites plantations. Les condamnés devraient travailler, sous la surveillance d'un officier de police, pendant dix heures les jours ouvrables; le dimanche on les emprisonnerait. Il va sans dire qu'ils recevraient de la nourriture , et que pendant la durée de leur peine leurs jardins seraient entretenus par leur maître. La quantité et la qualité de leur nourriture seraient réglées par la loi, aussi bien que leur punition, en proportion de leur faute. La mauvaise conduite de ces criminels devrait les assujettir a une prolongation de punition, et, dans des circonstances plus graves, aux travaux forcés dans les maisons de correction. L époque fixée pour l' émancipation des apprentis non ruraux s approche. Je prends la liberté de faire observer qu'à moins que l'on ne s'assure promptement et d'avance de ceux qui auront

droit à leur liberté en 1838, il y aura beaucoup de confusion à redouter. Il n'est nullement décidé quels sont les apprentis, sur les différentes plantations, qui doivent être considérés comme non ruraux. Le classement actuel, il faut bien se le rappeler, a été l'ouvrage du maître; car les estimateurs, qui, d'ailleurs, n'avaient aucune autorité légale pour décider à laquelle de ces deux classes les esclaves appartenaient, les ont notés comme ruraux ou non ruraux, sans aucun égard à la loi, et simplement comme il avait plu au propriétaire de les classer dans les livres de la plantation. Les difficultés et l'opposition auxquelles on peut s'attendre, si l'on ajourne jusqu'au dernier moment cette démarche nécessaire, peuvent être prévues d'après le refus général qui a été opposé à la recommandation équitable de lord Sligo à ce sujet. Il y a sans doute plusieurs apprentis qui prétendront avoir droit à leur liberté en 1838, auxquels la loi n'a point accordé ce droit. Il se trouvera aussi quelques maîtres qui voudront retenir des apprentis qui seront alors libres selon la loi. Je ne puis terminer ce rapport sans faire une remarque silice qui a été affirmé par plusieurs individus, que, dans ce pays, les crimes et délits vont en augmentant: rien n'est moins exact. Ceux qui propagent ces assertions font semblant de ne pas apercevoir, que depuis peu de temps seulement les infractions à la loi sont devenues, dans ces colonies, matières de blâme judiciaire ou d'observations publiques. Anciennement il n'y avait que les grands crimes qui étaient punis par la loi; tous les délits inférieurs étaient punis par la discipline privée, ou, trèssouvent, n'étaient point du tout punis, le propriétaire considérant une attaque contre le bien public avec beaucoup d indifférence, quand il n en souffrait pas lui-même. Conséquemment, il n abandonnait que rarement à la justice un esclave coupable, a moins que ce ne fût dans des cas qui encouraient la déportation ou la mort : dans ces cas la loi lui payait une indemnité. Il considérait souvent qu'il était de son intérêt de proléger un esclave qui n'avait commis qu'une légère faute, puisqu en le laissant emprisonner il pouvait lui-même y perdre. Les choses sont maintenant complètement changées. Le magistrat devant lequel tout délit est déféré, doit, si l'accusation est soutenue par un témoignage suffisant, renvoyer l'accusé devant les cours supérieures. Voila d'où provient l'augmentation apparente du crime, dont on a si injustement parlé, dans le seul but d'exciter des préjugés contre les nègres. L'augmentation des accusations qui viennent devant les tribunaux ne doit donc pas être considérée, dans ce pays, comme une indication de l'augmentation des crimes et délits. Quant à la somme totale des punitions qui sont maintenant infligées par les sentences des magistrats spéciaux, personne ne peut prétendre qu'elle se monte à la centième partie de celles qui étaient infligées par la discipline privée pendant l'esclavage.

EXTRAITS

des rapports des magistrats spéciaux, de novembre 1838 à juillet 1839. zo novembre 1838.

1. La population émancipée encourage l'établissement des dispensaires, et achète, de son propre mouvement, des billets pour les familles. La caisse d'épargnes de cette paroisse n'est ouverte que depuis deux jours : une somme de 7,920 li anes a été déposée. Il y a certitude de dépôts plus considérables. Ce fait n'offre-t-il pas, pour le bon ordre et contre le vagabondage, une sécurité moins coûteuse, plus efficace et plus satisfaisante que l'établissement d une police ou de lois restrictives? Signé GRANT.

31 janvier 1839. 2. Le commerce intérieur a éprouvé une amélioration très-


ÉTUDE DE L'EXPER. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE ETC. sensible. Le passage de l'esclavage à la liberté a été matériellement avantageux aux marchands. L'argent, qui valait auparavant 3 ou 4 p. o/o de prime, est tombé à 1, et ensuite à o, à cause de sa circulation considérable, résultant des achats personnels des cultivateurs pour l'époque de Noël. Avec de l'énergie et de la prudence, on enlèvera les récoltes, et les salaires seront maintenus à un taux convenable. Signei

CHAMBERLIN.

d' une robe ayant appartenu à une femme décédée et enlevée de la maison du mari de la défunte par la belle-mère. Pendant quelque temps la maison de correction n'a contenu qu un seul individu prisonnier, et encore sa condamnation datait du temps de l' apprentissage. C'est à peine si, dans chaque propriété, l' on demande ou l'on entretient un gardien de police: quoique le café et d autres produits soient publiquement exposés, un exemple de vol est chose excessivement rare. Signé

er

I

du manque de pitié de la part d'un surveillant ont cessé d'avoir lieu. On n'amène plus devant les magistrats de femmes enceintes ou chargées de familles, qui auraient refusé de reprendre les travaux des champs. Aucun constable de plantation ne peut abuser de son autorité, et mettre les gens en prison pour insolence, absence, etc. Cet état de choses peut être entièrement attribué à la prudence des cultivateurs : c'est un encouragement à l'industrie et à la bonne conduite. Je suis heureux de dire que l'on ne saurait trouver une société plus paisible. On n'entend plus parler de petits vols, si communs autrefois MARI.TON.

3 avril 1839.

4. L'établissement d'un commerce libre entre cette île et Saint-Domingue ne peut que produire de nombreux avantages aux deux pays, non pas pour un échange de produits, ainsi que quelques-uns se l'imaginent; non pas par une augmentation, pour la Jamaïque, des productions territoriales, telles que l'igname, le cacao, etc., etc., dans le but de chasser de ce marché la concurrence, car cela serait positivement très-nuisible; mais pour d'autres produits qui ne sont pas cultivés ici aussi généralement et avec autant de succès, tels que le riz, le blé, les fèves, les pois et autres légumes; de plus, le petit bétail, porcs, moutons, volaille, articles qui se vendent excessivement cher dans noire pays. Il résultera de plus grands avantages pour les deux pays de cet échange et de celte exportation de produits. Signé

BAYNES.

1erniai 1839.

5. Ainsi que je l'avais prévu, beaucoup de nègres achètent des terres et s'établissent sur leurs propriétés. De bonne foi, on ne peut les blâmer d'agir ainsi. Leur conduite continue, en général à être très-bonne. Je me félicite aussi d'avoir à parler favorablement de la conduite des planteurs. Signé

GRANT.

avril 1839.

3. Les cultivateurs se réfugiaient souvent ici pour éviter le travail forcé. Toutes les oppressions provenant de la dureté ou

Signé

483

MAC-LEOD.

10 mai 1839.

20 mai 1839.

8. Nous voyons avec plaisir l'application de la charrue à la culture des champs de cannes à sucre. Au temps de l'esclavage et de l'apprentissage , les trous à cannes étaient généralement creusés, dans cette paroisse, par des ouvriers à la tâche qui dépendaient des hommes d'affaires, des régisseurs ou de leurs amis. Si l'usage de la charrue avait alors été établi, autant que la nature du terrain l'eût permis et que l'intérêt des propriétaires l'eût exigé, les profits de ces directeurs d'ouvriers auraient subi une grande diminution. Ces bandes d'ouvriers de louage n'existent plus. Désormais on trouvera donc convenable, comme d'ailleurs cela a toujours été, d'adopter, pour la préparation du sol à la culture de la canne, le mode plus expéditif et plus économique de la charrue, en remplacement du mode pratiqué jusqu'à ce jour, méthode qui est plus lente, plus pénible et plus coûteuse. Signé

FISHBOURNE

et

HOWITT.

5 juin 1839. 9. Je crains, dans mes rapports précédents, d'avoir donné de fausses idées sur la valeur et l'importance des terres cultivées par les nègres pour leur propre entretien. Il n'est pas étonnant, par exemple, que quelques personnes soient tombées dans l'erreur dont j'ai parlé, surtout lorsque l'on se rappellera que, dès longtemps, et par des vues intéressées, ces planteurs prenaient à tâche de faire des rapports extravagants sur l'importance des terres allouées aux nègres pour leurs jardins. J'ai établi qu'à l'aide de peu de culture une acre de terre peut fournir, à une famille nègre, le maïs et les vivres nécessaires à sa subsistance. Cela n'est exact que jusqu'à un certain point. L'acre de terre ne fournira au cultivateur qu'une seule récolte ; pour vivre sur une seule acre il faudra donc à la famille une nouvelle acre chaque année, et, dans quelques lieux, il en faudra une tous les six mois. Sous le régime de l'esclavage, les nègres pouvaient cultiver des terres en tous lieux où ils trouvaient le sol bon et libre. Lors de l'apprentissage ce privilège fut réduit. Il l'est maintenant à la jouissance du morceau de terre occupé actuellement par le nègre, terre dont la valeur, à part, de rares exceptions, sera bientôt réduite à rien. Ces faits sont d'une grande importance relativement aux rapports accrédités par les planteurs sur les achats actuels

6. Les planteurs des environs ont maintenant un nouvel épouvantail pour occuper leur imaginai ion. En voyant les nègres acheter quelques morceaux de terrain, rarement plus étendus

de terre par les nègres. Ils prétendent que ces acquéreurs de terres abandonneront la culture des produits de la colonie. Je vais montrer combien cette opinion est erronée.

qu'une ou deux acres, et sur lesquels ils construisent des habitations à leur usage, les planteurs prétendent que les cultivateurs

Par la seule énergie et la seule industrie des nègres, au nombre, je crois, de 1,500, femmes et enfants compris, une ville s'élève, dans les environs de Clarendon et de Manchester. Sur une étendue de deux milles carrés, les propriétaires vendent

renonceront aux travaux agricoles. Je ne crois pas nécessaire de démontrer combien ces craintes sont puériles. Les cultivateurs ne peuvent pas vivre, s'ils ne travaillent pour autrui. Les terres qu'ils achètent ne sauraient suffire à leurs besoins. Signé

PRINGLE.

18 mai 1839.

de la terre pour celte entreprise. Les ventes les plus considérables ont été faites par M. Andrew Drummond. Depuis le mois d'août de l'année dernière, cette personne avait acheté 700 acres, moyennant 5oo livres, monnaie locale. A l'exception de 20 acres réservées, il a vendu la totalité de son acquisition en lots d'une étendue moyenne de 15 à 25 acres chacun. Ce qu'il avait acheté

7. L'amélioration de la condition morale des cultivateurs, depuis leur émancipation définitive, est plus grande que n'auraient pu le prévoir leurs partisans les plus dévoués. Il n'y a

5oo livres , il l'a vendu 2,000 livres. Il paraît que les acquéreurs des terres de M. Drummond n'agissaient que comme agents.

eu qu'un cas de vol aux assises du trimestre de janvier dernier. Je présume qu'aux assises d'avril il ne sera présenté qu'une seule affaire, déjà remise pour absence de preuves. Il s'agissait

Parmi eux et parmi tous les autres colons, il n'en reste que trois, qui maintenant possèdent chacun 5 acres La généralité ne possède qu'une acre et demie à deux acres. J'ai visité plusieurs fois

II.

31.


484 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

ce village. Je me suis entretenu avec les habitants et aussi avec quelques personnes respectables des environs. J'ai appris que la conduite de ces nouveaux colons avait été irréprochable et leur industrie surprenante. La qualité de la terre est si mauvaise, et les lots achetés sont si modiques, qu'il y a presque impossibilité d'obtenir des produits. Les acquéreurs n'ignorent point cet état de choses. A ce sujet, ils me dirent qu'ils avaient désiré des habitations où ils ne fussent point troublés, et où ils eussent la liberté de travailler, pour leur subsistance, là où il leur plairait. Ce qu'ils m'ont dit, ils l'exécutent, malgré les travaux entrepris par eux pour bâtir leurs maisons et élever leurs clôtures. Ils s'emploient principalement au travail à la tâche et passent des engagements pour préparer les pâturages. Ces individus, qui sortent principalement des domaines à café et des plantations à bestiaux, sont disposés à continuer le genre de travaux auxquels ils étaient habitués. Il y a trois belles plantations à sucre dans le voisinage immédiat, du côté de Clarendon. Aucun des colons n'y a encore pris d'occupation. Cependant on doit peu craindre qu'ils ne s'y emploient un jour. La situation du village augmentera certainement l'importance de ces propriétés sucrières et des

travailleurs indépendants des plantations pour leur subsistance, tend à entraver la régularité nécessaire aux travaux de culture de la canne à sucre. Cette circonstance, jointe aux significations de congé, a induit une grande partie de la meilleure classe des cultivateurs de celle paroisse à se rendre acquéreurs de terres, et à devenir ainsi, contrairement à l'attente des gens qui les occupaient, encore plus indépendants que par le passé du travail journalier sur les plantations. Cette circonstance a produit aussi un mal actuel pour la société en général, par l'élévation extraordinaire du prix des articles, tels que l'igname, le cacao, la banane, etc., nourriture ordinaire de la classe laborieuse. Le prix moyen de l'igname et du manioc, qui, dans cette paroisse, était ordinairement de 10 à 15 livres par quintal, s'est élevé, les deux derniers mois, dans la ville, par l'approvisionnement de Falmouth, de 20 à 3o livres. La culture des jardins des montagnes ayant été tout à coup réduite, et la population des domaines achetant au lieu de vendre les produits ci-dessus indiqués, ces deux causes ont amené l'élévation du prix du travail. Plus de 8oo acres ont déjà été partagées en lots d'une perche à deux acres chacun, au prix de 10 à 40 livres l'acre. Les missionnaires et cl autres personnes négocient d'autres acquisitions dans

autres propriétés du voisinage. Signé

tivées comme jardins par les cultivateurs. Celte résolution est motivée par l'opinion que le produit de ces terres, en rendant les

PRINGLE.

31 juillet 1839.

le même but.

10. Un grand nombre de propriétaires ont fait annoncer la vente des terres situées dans les montagnes, et jusqu'alors cul-

Signé

LYON.

N° 108. § II. TABAGO. 1. EXTRAIT

HEUREUX

effets de l'apprentissage.

du discours du lieutenant-gouverneur Darling, prononcé devant te conseil et rassemblée. 10

mars

1835.

pulation laborieuse, changement duquel la prospérité future de la colonie doit principalement dépendre. J ai suivi avec la plus grande anxiété les effets progressifs de ce changement. Je pense, en somme, que l'on obtiendra dans l' avenir un résultat plus favorable que l'on ne pouvait s'y attendre

En terminant celle adresse, il est bien satisfaisant pour moi d'avoir à vous féliciter sur la tranquillité et le bon ordre qui régnent partout dans l'île. Je dois beaucoup, à cet égard, aux

dans le commencement. Sur 72 domaines maintenant en culture dans l'île, les cultivateurs de 63 sont entrés en arrangement par-devant les magis-

magistrats spéciaux, pour le zèle avec lequel ils ont rempli leurs devoirs, mais en fait ils ont eu peu à faire. Les heureux résultats de

trats salariés, pour le travail nécessaire et extraordinaire de la récolle actuelle. Ces arrangements ont été raisonnables, et, dans

la bonne intelligence qui paraît être maintenant établie entre les apprentis travailleurs et leurs maîtres sont clairement démontrés par le caractère des plaintes portées devant les magis-

quelques cas, ils ont dépassé l'époque de la récolte.

trats, etqui n'ont en elles-mêmes rien de sérieux. Je crois ne pas me tromper en disant que la bonne conduite de l'apprenti travailleur, dans l'île de Tabago, est un fait si bien établi, que désormais il ne me sera pas nécessaire d'en faire une mention publique.

2. EXTRAIT

ÉTAT

satisfaisant de la colonie.

de l'adresse de l'assemblée à Son Excellence le major gé-

néral Henry Charles Darling , lieutenant-gouverneur. 17 mars 1835.

L'assemblée entrelient le plus sincère espoir que l'état sanitaire,la paix et la tranquillité, dont Votre Excellence a fait un tableau si satisfaisant, continueront pendant longtemps à contribuer au bonheur de la colonie.

3. EXTRAIT

RÉSULTATS

de l'affranchissement.

du discours du lieutenant-gouverneur Darling, aux Chambres législatives. Tabago, 12 mai 1839.

Quelques mois se sont écoulés depuis le changement important qui s'est opéré dans la condition sociale de notre po-

Un désir croissant se manifeste chaque jour, dans les classes les plus obscures, pour obtenir les bienfaits de l'éducation; fait rendu évident par le plus grand nombre d'adultes et d'enfants qui suivent les écoles publiques. Nous avons au moins une école par paroisse, outre des écoles particulières dans quelques parties de l'île. Je dois espérer les meilleurs résultats de l'application des condamnés aux travaux forcés, peine qui a été substituée à la déportation. La diminution des crimes dans l'île justifie cette espérance et peut être justement considérée comme le résultat d'un système de punition qui place constamment les effets des mauvaises actions sous les yeux de ceux qui seraient tentés de violer la loi. Trois personnes seulement ont été mises en jugement depuis les dernières assises, et cela pour de minimes délits. La conduite des condamnés a été assez bonne pour que, d'après l'avis du conseil de Sa Majesté, j'aie fait enlever les fers au premier détachement. J'aime à croire que les fins de la justice n'en seront pas moins obtenues, malgré celte diminution de sévérité dans l'application de la loi.

4.

ORGANISATION

du travail libre et dispositions des travailleurs.

EXTRAIT

de la réponse de l'assemblée. Tabago, 24 mai 1839.

Tout en étant d'accord avec les rapports soumis à Votre Excel-


ETUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 485 lence par le lieutenanl-gouverneur sur ce que la conduite de la population affranchie semblait offrir une perspective favorable pour

et qu'une grande indifférence pour les intérêts de leurs patrons semble dominer parmi elles. De tels résultats, quelle que soit d'ail-

l'organisation du système de travail libre, la Chambre est cependant, malgré elle, forcée de persister dans les sentiments qu'elle a déjà exprimés au lieutenant-gouverneur, c'est que les classes

leurs à ce sujet l'opinion de moralistes spéculatifs, ont tristement

laborieuses ne font pas de progrès dans les habitudes de travail,

déçu les plus vives espérances d'une grande partie des membres de cette chambre; l'assemblée reconnaît néanmoins que les lois dernièrement promulguées ont produit quelques bons effets.

N° 109. § III. GUYANE. I.

LA

prospérité de la colonie ne recevra aucune atteinte. DÉPÊCHE

du gouverneur Light à lord Gleneg.

connaître quels abus il désirait voir réformer. S'il n'y avait pas d'abus, sa mission serait sans objet ; il a donc fait les plus grands efforts pour prouver que ces abus existent réellement.

George-Town (Demerara), 6 septembre 1838.

Je n'ai pas manqué d'examiner avec soin tout ce qu'il m'a soumis depuis son arrivée. J'ai communiqué le résultat de cet exa-

Comme je me vois forcé de clore aujourd'hui même les dépêches que je vous adresse, je pense qu'il sera bien que vous receviez les

men à votre seigneurie. J'examine dans ce moment comment sont traités les Coulis; mais cet e affaire n'a pas de l'apport avec

informations les plus récentes concernant l'état de la population ouvrière depuis le 1er août dernier.

la condition de la population indigène.

De tout ce que j'ai pu recueillir, il résulte qu'il est peu probable que nous ayons à craindre une grande discontinuité de travail. Sur certaines plantations de la côte occidentale de l'Essequibo, des causes qui se rattachent à la localité ont excité du méconten-

M. Scoble prétend qu'il s'est mis en communication avec la population ouvrière. Il affirme que cette classe, dans toute l'étendue de la colonie, est victime de caprices et d'actes d'oppression , et que par consé-

tement, et les laboureurs ont par suite montré peu de dispositions

quent elle ne jouit pas de la plénitude des droits qui lui sont acquis par l'émancipation. A la vérité, dit-il, les nouveaux éman-

pour le travail ; les mêmes causes ont en le même effet dans cer-

cipés ont le droit de changer de maître lorsqu'ils sont mécontents,

taines parties de la contrée de Demerara. Les dernières nouvelles

et ce droit ils l'exercent assez souvent ; mais les maîtres jouissent

de Berbice, reçues il y a trois jours , annoncent que les cultiva-

encore d'un privilège illégitime ; ils peuvent renvoyer le travailleur

teurs sont assez contents ; il paraîtrait même que, dans quelques

de la case qu'il occupe sur la plantation , lorsque celui ci cesse de travailler pour elle ; et, par là, ils ont moyen d'obtenir plus

plantations, il a été fait plus d'ouvrage que pendant l'apprentissage. Partout où il y a eu du tact et de la modération de la part

de travail qu'ils n'auraient droit d'exiger.

des maîtres et des régisseurs, le travail a été assez considérable.

Sur des terres légères, le sarclage des plantations se paye à

Le payement du salaire, au 1er septembre, a fait ouvrir les yeux aux fainéants; cl leur a clairement démontré que les paresseux ne

raison d'un florin ou un tiers de dollar par cent roods 2 ; sur des terres moins faciles à travailler, on paye le même salaire pour

sauront être rétribués dans la même proportion que les ouvriers

75 roods.

diligents. Les magistrats (stipendiary magistrales) parlent généralement d'une manière assez favorable du progrès de l'industrie ; les la-

Les terres des plantations situées sur la rive orientale de la rivière Demerara, exigent un travail pénible. M. Scoble convient qu'en accordant une heure pour le trajet au champ, aller et re-

boureurs semblent généralement disposés à demeurer sur les plantations où ils se trouvaient pendant l'esclavage et l'appren-

tour, un laboureur robuste peut accomplir sa tâche en cinq heures. Donc, en commençant à six heures du matin, il est en

tissage. Ceux-là seuls ont changé, qui, dans l'étal d'esclavage et

mesure de gagner un second florin à onze heures ; ce que font

d'apprentissage, avaient été renvoyés de leur résidence primitive.

aisément les laboureurs industrieux. Ils sont de retour chez eux

Comme preuve des dispositions paisibles manifestées par les

vers quatre ou cinq heures du soir. Le planteur se contenterait

nouveaux émancipés, je citerai ce fait, qu'il n'y a presque pas eu de

bien de la certitude d'un travail continu pour une seule tâche par jour.

condamnations par les juges de paix dans le courant, du mois d'août. J'éprouve un bien vif plaisir à faire ce rapport, que votre seigneurie lira, je n'en doute pas, avec beaucoup d'intérêt. Les propriétaires intelligents et sans préjugés n'ont rien à craindre pour l'avenir ; d'après ce qui s'est passé le mois dernier, il y a lieu d'espérer que la prospérité de la colonie ne recevera aucune atteinte. Signé

2.

EXTRAIT

HENRY

LIGHT.

d'une dépêche du gouverneur Light au mar-

quis de Normanby, sur la visite de M. John Scoble à Demerara 1. Demerara, 3 juin 1839.

Vendredi 31 du mois dernier, M. Scoble a pris congé de moi. Avant son départ de la province, j'ai eu avec lui une entrevue assez longue. Je voulais surtout chercher à pressentir ses vues et à

J'ai déjà eu l'honneur d'exposer à votre seigneurie quelles tentations le voisinage des villes offre aux travailleurs et tout ce qui, de ce côté, les entraîne à quitter l'ouvrage des maîtres, et les détourne d'entreprendre des travaux à la tâche. Il n'y a pas lieu de croire que les propriétaires des plantations voudront renoncer spontanément à un moyen de contrecarrer la cupidité de certains individus, et qu'ils consentiraient à louer des cases dans le voisinage de leurs bâtiments ; ce qui détruirait la valeur des constructions qu'eux-mêmes ont fait élever pour loger leurs travailleurs. Cependant le refus de louer des terres pour bâtir les cases est considéré par M. Scoble comme un abus de la part des propriétaires. Ce serait dans tous les cas le plus grand abus dont les nouveaux émancipés aient maintenant à souffrir. Je crois devoir mettre votre seigneurie sur ses cardes contre cette allégation. Dans les districts éloignés de la province, les paresseux sont

L' impartialité me prescrit de donner place à cette pièce. Mais ce sera en même temps pour moi l' occasion de rendre hommage aux sentiments purs et dévoués de M. Scoble. Pendant mon voyage à Londres, M. Scoble a eu la bonté de me prodiguer tous les renseignements nécessaires à mes études, bien qu'il n'ignorât pas que, sur plusieurs points de ces questions, mon avis contrarie les idées du parti dont il est un des plus honorables représentants. L excès du zèle religieux est aujourd hui chose trop rare et trop mal appréciée pour que l'on puisse songer à en faire un reproche à des hommes tels que MM, Sturge, Sam. Gurney, Scoble, etc. Il a bien fallu, pour déterminer l'émancipation, une compensation passionnée à l'injustice et à l'oppression dont la race noire a été si longtemps victime. * ' Le rood vaut un quart d'acre ou d'arpent. * II.

3 !..


486

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES - IIe PARTIE.

exposés à d'autres tentations, qui leur font négliger le travail de la plantation pour se livrer à une existence irrégulière. On obvie à cet inconvénient en forçant les travailleurs de demeurer sur la plantation. Je suis convaincu que l'interposition de personnes comme M. Scoble retardera toute amélioration, et je ne vois pas non plus ce que le Gouvernement peut y faire. M. Scoble a affecté de prédire une cessation générale de travail pour l'époque où les services des travailleurs sont précisément le plus recherchés. Je serais fâché de penser que les paroles de M. Scoble, mal interprétées par les laboureurs avec qui il a été en communication, donnassent lieu à un résultat qui confirmerait ses prévisions. Ce serait chose nuisible aux deux parties, et qui probablement

prochain ; à Henrietta, huit d'Anguille, qui achèveront leur service en septembre

1840. contrats,

Sur ces deux plantations, toutes les conditions des annulées pa excepté celle qui fixe la durée du service, ont été et consentement mutuel, et avec le concours du juge salaire. précisé au lieu de ces conditions, les laboureurs reçoivent plantation. les mêmes salaires que les autres laboureurs de la état Les cases à nègres des deux plantations sont en fort bon Outre ces quinze laboureurs apprentis ruraux, il y a quatre la lascars de Bombay, engagés comme bateliers ou mariniers à plantation Success. Ceux-ci sont entièrement occupes sur les baleaux de la plantation ; ils reçoivent 10 ou 12 piastres par mois, de a et on leur a offert leur libération, quand il leur plaira

ne produirait pas l'effet que désire M. Scoble. Il faut que le vieux levain du planteur s'éteigne plutôt dans

mander.

cette colonie-ci que dans beaucoup d'autres. Il faut que les régisseurs et les directeurs s'abstiennent de tout propos injurieux

trict, où j'ai passé la nuit.

envers les noirs, et qu'ils les traitent avec douceur et modération, car, autrement, le travail diminuerait beaucoup. De nouveaux besoins se faisant sentir tous les jours chez la population ouvrière, elle prendra l'habitude de l'assiduité au travail Dès que les noirs auront donné la preuve de ces habitudes d'ordre et de travail, on ne s'opposera plus à ce qu'ils fassent des acquisitions de terrains. Mais, alors, cette mesure ne sera même pas nécessaire, car les hommes industrieux seront trop recherchés pour que les maîtres ne rendent pas leur position aussi agréable que possible. Quant aux paresseux, ils reconnaîtraient bientôt

Cinq heures du soir. Je suis retourné chez le magistrat du dis-

jour, eu Vendredi 15 novembre. — Je suis allé, à la pointe du Vrow-Anna compagnie du magistral du district, à la plantation I |,a ^ 0 1 S C avons Nous y avons pris un bateau, dans lequel nous traversé à Hogg-Island. Nous avons visité la plantation Johanna, où il y a sera terminé le dix-sept laboureurs d'Antigoa, dont l'engagement 13 du mois de juin de l'année prochaine. Ceux-ci ont été absolument sur le même pied que les autres

mis

laboureurs. Leurs

plainte à faire, maisons sont très-bien établies ; ils n'avait ni aucune conduite. De Joet leur directeur exprime sa satisfaction de leur

d'eux-mêmes qu'il est plus gênant d'avoir un loyer à payer que

hanna nous sommes allés à Hoop-en-Vrees. Les seuls apprentis de cette plantation sont quatre hommes et deux femmes, Allemands

de demeurer sur la plantation, à condition d'y donner du travail. J'ai lieu de croire que l'attachement des nègres pour le lieu de

d'origine. Leur temps de service, d'après un contrat fait pour une Cette planannée, sera terminé en février de l'année prochaine.

leur naissance est tel qu'on en trouverait bien peu qui, après quelques jours d'absence, ne soient pas retournés aux plantations sur lesquelles ils ont résidé comme esclaves. Les exceptions se rencontrent chez les individus qui, dans l'état d'esclavage, ont été transférés, par suite de vente ou toute autre cause, d'une plantation à un autre. Dès qu'ils ont obtenu leur émancipation, il est rare qu'ils ne retournent pas à leur résidence primitive. Il est peu probable que la présence, dans cette colonie, d'un homme qui est regardé par unecertaine partie de la société comme un émissaire salarié, et qui se constitue arbitre suprême de ce qui est juste ou injuste, se permettant de faire retomber sur tous les reproches que quelques-uns peuvent mériter, puisse contribuer beaucoup au maintien de la bonne harmonie. Il est dans la nature de l'homme, dans toutes les conditions sociales, de résister à celui qui s'arroge une autorité qu'on ne lui a pas donnée. La mission de M. Scoble a donc été accueillie avec méfiance. On le conspuait lors même qu'il avait raison , et je crains bien qu'en conséquence il ne se montre peu disposé à juger avec indulgence les imperfections qu'il a pu remarquer, et qui s'expliquent bien naturellement, dix mois après un bill d'émancipation auquel beaucoup de planteurs ont opposé résistance.

3. EXTRAIT

ÉTAT

du district d'Essequibo.

du. journal d'un magistrat de district, durant un voyage officiel dans le comté d'Essequibo. -

Novembre 1839.

Jeudi 14 novembre. — A dix heures du matin je quittai GeorgeTown par le bateau à vapeur, et. à midi et demi je débarquai à la station de police à Légua». Le magistrat du district n'étant pas chez lui, j'empruntai un des chevaux de police, et j'allai visiter Belfield et Henrietta, les deux seules plantations de l'île sur lesquelles il y ait des laboureurs apprentis, savoir, à Belfield, sept de la Dominique, dont l'engagement sera terminé le 14 du mois

talion vient cependant de recevoir dernièrement 150 ouvriers prêtre, maltais ( hommes, femmes et enfants), accompagnés d'un d'un médecin et d'un interprète, et qui sont venus par le navire rester libres de tout la Louise, le 4 de ce mois. Ces gens doivent deman contrat ; la personne qui les a fait venir compte leur voyage. de cour de police le remboursement de la dépense l'ordonnance d'un l'expédition ayant été entreprise par suite de qui s'est migratipn, laquelle était en vigueur durant le temps Majesté. Quel écoulé entre sa publication et la révocation de Sa s'imagine plantation qu'en soit le résultat, l'administration de la engageront pouvoir offrir à ces laboureurs des conditions qui les des cases à l'état à rester à son service. Un rapport flatteur de nègres de celte plantation et de la libéralité de son propriétaire est inscrit au bureau du secrétaire du Gouvernement ; et une demandant annonce vient de paraître dans les journaux pour l'exécution d'une chapelle et de quatre maisons. Il y avait déjà aujourd'hui dix jours que les Maltais étaient à Hoop-en-Vrees, et nulle maladie n'avait encore eu lieu parmi eux Us paraissaient extrêmement satisfaits, et, s'ils se conduisent à bien , ils pourront devenir une acquisition fort utile cette propriété, qui jusqu' a présent manquait cl ouvriers; mais, ce qui est s'accoutumait" plus à considérer encore c'est que, s'ils et devenaient industrieux et tranquilles, ils pourraient y attirer leurs compatriotes, et Hog-Island, dont le sol est si renommé trois plantantions. pour sa fertilité, quoique n'ayant à présent que son étendue est pourrait rivaliser avec les îles de l'Essequibo; presque double. magistrat A midi je pris un bateau, je me séparai du

du district, et j'allai à Walkenaam. Je débarquai à Palmyra, la plantades lion la plus proche, et sur laquelle sont placés engagés par des contrats.

peu-

Dominique, dont Sur cette plantation, il yen a deux de la l'enMartinique, la de seize prochain ; dont le mois gagement finit le Allemand, dont un le temps et temps finit le 16 février prochain, supérieur, de rien sera terminé le 14 février. Il n'y a dans la colonie, aux cases à nègres de celte plantation. -nsbaueorlL lagagés sont sur le même pied que les autres. Le directeur etles


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 487 boureurs sont mutuellement contents les uns des autres, et une école florissante, fondée par les administrateurs du legs Mico, ajoute aux attraits de celle belle plantation. De Palmyre je me rendis à Maria s-Pleasure, où il y ai quinze laboureurs engagés des îles Bahamas et deux Allemands. Les contrats des premiers se terminent en février, et ceux des derniers au 1er mars. Ces gens reçoivent les mêmes salaires et les mêmes allocations que les autres laboureurs ; et le directeur parle de ceux des Bahamas de la manière la plus distinguée. Les cases peuvent supporter la comparaison avec toutes les autres de la colonie. De Marias-Pleasure j'allai à la plantation Caledonia, où je passai la nuit. Sur cette plantation il y a vingt-cinq laboureurs apprentis ou engagés des îles Bahamas, dont l'un aura fini son temps au ri avril, elles autres le 16 (Juin 1841. C'est la seule plantation du district où les laboureurs engagés de leur libre choix ne soient point sur le même pied que les autres ;

ils reçoivent, par leur contrat, 4 piastres par mois, et toutes les allocations que l'on donnait autrefois aux laboureurs apprentis. Le registre des salaires prouve cependant qu'ils gagnent, par leur travail extraordinaire, depuis un guilder jusqu'à une demipiastre par jour (de 2 fr. à 2 fr. 5o cent.). Ces gens ont été une fois assez récalcitrants (c'était au mois de juin dernier), et furent réprimandés par le gouverneur. Depuis cela ils se sont assez bien conduits, et les meilleures dispositions existent entre eux et l'administrateur de la plantation, M. Ross. Cet administrateur, soit dit en passant, fut le premier à abolir l'usage du fouet a la Guyane anglaise. Les maisons de cette plantation sont excellentes, et suffisent amplement pour contenir vingt laboureurs de plus que ceux qui existent actuellement sur la propriété. Samedi malin 16 novembre. Les grandes pluies m'empêchèrent de visiter Zelandia, Sans-Souci et Moor-Jarm, les seules plantalions qu'il me restât à voir à Walkenaam, parmi celles sur lesquelles il y a des laboureurs engagés. Ces engagés ont tous été mis sur le même pied que les autres laboureurs. A Zelandia il y a trente Portugais dont les engagements seront terminés le 15 août prochain. À Sans-Souci, à 12 milles d'Anguille, et à Saint-Martin, où le terme de service sera expiré au mois de septembre prochain, et a Moor-Farm, propriété sur laquelle on élève des bestiaux et l'on cultive des bananes, appartenant à l'administrateur de la plantation Caledonia, il y a dix personnes engagées des îles Bahamas, qui sont tenues de servir jusqu'au 16 juin 1841. A 10 heures du matin (samedi le 10 novembre), j'allai de l'autre côté de l'île; je louai un bateau, et je traversai jusqu'à la côte d'Essequibo. Je débarquai à Hibernia, où je rencontrai le magistrat du district, et, nous étant rembarqués pour Tiger-Island, nous descendîmes à la

De Good-Intent, j'allai à Hurst-Dieren, où je couchai. Il y a seize laboureurs engagés d'Anguille, dont le service finit en avril et en juin prochain. Ils sont absolument sur le même pied que les autres laboureurs, et ont de plus l'avantage d'être habillés. Ceux-ci, comme tous les autres insulaires des Indes occidentales se sont mariés , et ils ont cessé de former un corps séparé des autres laboureurs. Leurs maisons sont bonnes, et il est peu probable que les laboureurs puissent gagner au change; il y a lieu de penser, au contraire, qu'ils continueront même après la fin de leur contrat. Jusqu'à présent, je ne connais point de propriété , dans l'un ou l'autre de ces deux districts , à laquelle on ne puisse appliquer les mêmes observations. Un arrangement mutuellement avantageux est résulté des circonstance présentes entre le serviteur et le maître , et l'on peut raisonnablement présumer qu'il n'y aura que fort peu de changements, même quand les contrats seront expirés, car chacune des parties commence maintenant à bien comprendre ses intérêts. Dimanche matin, le 17 novembre. Je suis parti pour aller à la plantation Union, à 7 heures, en compagnie du magistrat salarié du district. Sur cette propriété il y a vingt-cinq laboureurs apprentis d'Anguille , dont le temps de service sera terminé le 21 septembre 1 840 ; ils reçoivent les mêmes salaires que les autres laboureurs, et de plus des habillements. Ils se sont mariés et liés avec les gens de la plantation, de sorte qu'ils ne forment plus un corps distinct. Les maisons sont dans le vieux style mais ordinairement bonnes et confortables. Cette plantation étant la dernière du district G, sur laquelle il y ait des laboureurs engagés par contrat (ceux de Dageraad et de Mocha ayant annulé leur contrat), je me séparai du magistrat du district, et j'allai immédiatement à Anna-Regina, pour y examiner l'état des Coulis. (Voyez là-dessus le rapport spécial.) Dans l'après-midi, je vis les Allemands sur la plantation Reliance. Ils étaient d'abord au nombre de vingt-quatre, en arrivant sur la propriété le 18 du mois dernier, conséquemment ils y étaient depuis un mois et deux jours. Huit avaient été attaqués parla fièvre, deux en étaient morts, les autres étaient convalescents. Dix-huit de ces travailleurs, après avoir été quelques jours sur la propriété, entrèrent en engagements pour une année. Copie du contrat a été transmise à Son Excellence par le magistrat du district. Ils ont principalement été employés à de légers travaux dans les environs des bâtiments, et, d'après toutes les apparences, il est probable qu'ils s'accoutumeront graduellement au climat, et deviendront une acquisition utile à la plantation. Lundi 18 novembre, 7 heures du matin. Je quittai la plantation Reliance pour aller à Airy-Hall Je m'embarquai, à 10 heures, à bord du bateau à vapeur, et je débarquai à George-Town à quatre heures et demie du soir.

plantation Sophienberg, où il y a onze laboureurs engagés des îles

Remarques générales.

Bahamas, dont le service sera terminé le 29 mai prochain. Ces gens ont été placés sur le même pied que les autres laboureurs, avec celte différence qu'ils reçoivent des habillements outre leurs

Il est impossible de traverser les différents districts de la colonie sans être frappé des améliorations qui ont eu lieu dans les

salaires. Les maisons sont bonnes et commodes. Les laboureurs travaillent assez bien ; ils n'avaient aucune plainte à faire, mais

cases des laboureurs ; il y a à peine une plantation qui n'ajoute, à cet égard, de ses propres ressources, au bien-être des labou-

deux d'entre eux, William et John-Baptist, s'étaient enfuis de l'île. A trois heures du soir je m'embarquai, et j'allai à la plantation Good-Intent. Sur cette propriété il y a onze laboureurs des îles Bahamas , dont le service finit au 11 août 1841. Les contrats

reurs.

avaient été faits par le juge spécial Ross, à George-Town, ainsi que ceux des laboureurs de Caledonia. Sous tous les rapports, ils sont placés sur le même pied que les autres laboureurs, et outre cela ils ont l' avantage cl être habillés. Les maisons sont nombreuses et très-bien bâties. Les laboureurs travaillent quelquefois mal; mais on n avait point fait de plainte particulière, et la cause du mécontentement venait évidemment du propriétaire, puisqu'il s est engagé par contrat a leur donner 8 piastres par mois pour le travail ordinaire de sept heures et demie. II.

A l'égard de la récolle de la présente année, le déficit, comparé à celui de l'année dernière, sera, dit-on, de plus d'un tiers. Quant à l'état de la culture pour la récolte prochaine, plusieurs se plaignent que le sarclage et les fossés ont été tellement négligés, par suite du manque d'ouvriers, que l'on ne peut s'attendre à de meilleurs résultais que ceux obtenus cette année. L'on convient de toutes parts que l'immigration est le seul moyen par lequel on puisse espérer de réaliser encore une fois les récoltes des années précédentes; et, si l'on en peut juger par le nombre de cases qui s'élèvent dans toutes les directions, et par le bon accord qui semble régner partout entre les maîtres et les ouvriers, les planteurs ne doivent pas être sans espoir.

31...


488 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

L'exécution efficace du devoir d'un magistrat de ronde est entravée par le manque de stations aux différents endroits où s'arrête le bateau à vapeur pour débarquer les voyageurs. Il ne lui est donc pas possible maintenant d'emmener avec lui son cheval, et, pour se faire transporter d'une station à une autre, il est inévitablement obligé de demander et d'accepter des services, qui,

cinquante-six laboureurs-apprentis des îles Bahamas. Leur terme de service, qui était de trois ans, sera expiré en novembre 1840 ; ils ont cependant été mis sur le même pied, à l'égard des salaires, queles autres laboureurs, et ils terminent facilement (ce qui arrive généralement dans toute la colonie), leur tâche convenue en

comme on peut se l'imaginer, influent matériellement sur son

cinq ou six heures de temps. Ainsi ils se ménagent une partie considérable de la journée pour travailler dans leurs jardins, ou

inépendance d'action. Que cela soit ou non, l'inconvénient en

pour faire du travail extraordinaire chez leurs maîtres. Les cases

est pour lui fort considérable, et l'efficacité de ses services en est beaucoup diminuée.

à George-Town, sur un espace de seulement trois milles, l'on a

Récapitulation des plantations visitées, et nombre de laboureurs quielles contiennent, du 14 au 18 novembre.

bâti et l'on bâtit quarante nouvelles maisons pour des travailleurs. Chacune coûte de 90 liv. à 1 00 liv. (2,250 fr. à 2,500 fr. ). Elles ont occasionné une dépense d'environ 4,000 liv. sterling (100,000 fr.). C'est une preuve que les planteurs ajoutent au bien-être de leurs

ILE LEGUAN.

Belfield Plantations.

sur cette propriété sont de la première qualité. De cette plantation

7

Henrietta

8

Success

4

laboureurs actuels, et se préparent à en recevoir d'autres.

HOG-ISLAND. Johanna Plantations.

17

Hoop-en-Vrces

6

Maltais, n'ont point de contrat

145

ÎLE WALKENAAM.

Plantations

19

Maria's-Pleasure

17

Caledonia

25

priété jusqu'à l'âge de 21 ans. A leur arrivée ils étaient âgés de 8 et 16 ans. Ceux de 16 ans devaient recevoir une piastre par

11

mois, avec la nourriture, l'habillement, le logement et les soins du médecin ; ceux au-dessous de l' âge de 16 ans devaient recevoir une demi-piastre par mois, avec les mêmes avantages. Un d'entre

11

ces derniers a obtenu sa libération, il y a quelques mois, par l'entremise du magistrat du district, qui avait découvert que l'enfant en question avait omis de signer le contrat général. Le reste,

Sophienberg

CÔTE D'ESSEQUIBO. Good-Hitent Plantations

risation du principal magistrat de Tunchae au capitaine Rimmington, ils furent amenés ici dans le navire de ce dernier. Ils firent un contrat (le 3 octobre 1835) pour servir sur cette pro-

Palmyra

TIGER-ISLAND.

Plantation

Sur la plantation Hoop-en-Vrees il y avait, il y a peu de temps, vingt-deux laboureurs engagés, natifs de Madère, dont quinze sont venus dans la colonie comme mineurs , et, sous une auto-

Hurst-Dieren

16

Union Reliance

25 17

Anna-Regina

46

Signé W. B.

WOLSELEY,

magistrat.

à l'exception de trois qui sont encore sur la plantation, se sont évadés à différentes reprises, depuis le 1" août 1838.'Le propriétaire n'a aucune intention de faire des démarches, soit pour réclamer ceux qui l'ont quitté, soit pour engager ceux qui restent à ne point le quitter, à moins que ce ne soit, comme à présent, de leur libre consentement. Outre ces trois jeunes laboureurs,

Différents extraits du journal du même magistrat inspecteur, à partir de son départ de la côte d'Essequibo, lundi 18 novembre.

De celte plantation j'allai à la plantation Tceles, où il y a

il reste deux adultes qui sont également libres de quitter la plantation , mais qui ne montrent jusqu'à présent aucune disposition a le faire. Ces laboureurs n'étaient jamais employés qu'aux alentours de la fabrique.

N° MO. § IV. LA TRINITÉ.

DÉPÊCHE

de lord Glenelg à sir

E.

J.

M.

Mac-Gregor.

Trinité, 15 octobre 1839.

Je vous prie de faire savoir au lieutenant - gouverneur que j'approuve sa conduite dans les circonstances détaillées en ce rapport. Il me semble avoir agi avec justice, en refusant son intervention pour persuader aux cultivateurs d'accepter les conditions proposées par les propriétaires. Toute violation de la loi doit être promptement réprimée par le pouvoir exécutif, en même temps que de bons avis doivent être volontairement

donnés à ceux qui en demandent. Il ne faut négliger aucun moyen de répandre des instructions en temps utile, et de faire naître une opinion exacte de la nouvelle position des maîtres et des cultivateurs. Mais ces derniers sont entièrement libres d'accepter ou de rejeter les conditions auxquelles les propriétaires peuvent vouloir engager leur travail. L'intervention du Gouvernement, en semblable matière, ne ferait probablement que retarder, loin de bâter, la bonne intelligence qui doit, il faut l'espérer, succéder promptement aux différends presque inévitables dans les commencements d'un si grand changement d'état social.


ETUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. IX. EFFETS GÉNÉRAUX DE L'APPRENTISSAGE, ETC. 489 N° 111. § V. LA BARBADE. généraux de l'émancipation.

une population de 80,000 individus, deux personnes seulement ont été emprisonnées.

de M. W ■ R. Hayes à h. G. Ludlow de New-Haven.

Un partisan de la nécessité de la colonisation des noirs pourra demander comment on parviendra à se débarrasser d'eux ? Je lui

EFFETS

LETTRE

La Barbade, 26 décembre 1838.

Je vous ai parlé, clans ma dernière lettre, de la manière dont s'est passé, dans cette île, le premier jour de l'émancipation. Nous ne tardâmes pas à recevoir des colonies voisines des détails qui nous apprirent que partout ce même événement avait été l'occasion d'actions de grâces adressées à Dieu pour la terminaison de l'esclavage, et que la conduite des émancipés avait mérité des louanges et répondu à l'espoir des partisans de leur liberté. La tranquillité et le bon ordre n'ont pas cessé de régner. N'est-il pas digne de remarque que, tandis qu'autrefois un seul jour de cessation de travail devenait pour les noirs une occasion de gaieté bruyante, on ait vu se briser le dernier lien de l'esclavage au milieu de la décence et de la sobriété? La soumission aux lois et la tranquillité sont encore aujourd'hui aussi grandes qu'au 1™ août; nous avons déjà cinq mois de d'épreuve de l'émancipation complète, et je puis dire qu'on n'a jamais vu aux Indes occidentales une période de paix plus profonde. Il y a eu des contestations relativement aux salaires comme dans les autres pays libres, mais sans coalition. Une seule tentative de coalition a été faite, et c'est par les planteurs, dans le but de maintenir les salaires au plus bas ; encore cette tentative n'a-t-elle pas eu de suite. Je n'examinerai pas si la population continuera à travailler pour un salaire et à rester paisible, ni si la colonie deviendra inculte, et si les noirs retomberont clans la barbarie, etc. Ces considérations ont donné lieu à des prédictions sinistres; on

répondrai par l'exemple de toutes les colonies, où les anciens propriétaires d'esclaves, qui maintenant emploient des travailleurs libres, font tous leurs efforts pour empêcher l'émigration. La Trinité, Demerara et Berbice manquent de cultivateurs. La première a rendu une loi qui assure le passage à tout travailleur avec la liberté de se choisir une occupation à son arrivée. Demerara et Berbice ont envoyé des agents d'émigration, tant ici que dans les autres îles, pour engager les laboureurs à venir, en leur promettant un fort salaire, de bons traitements, etc. D'un autre côté, la Barbade, la Grenade, Saint-Vincent et toutes les anciennes et populeuses colonies, ensemble ou séparément, témoignent hautement, par les résolutions législatives qu'elles prennent, que chez elles les bras ne sont pas surabondants. Ce qui est encore plus certain, c'est que les anciens propriétaires bâtissent de nouvelles maisons pour les paysans, et, avec une sage prévoyance, les rendent ainsi commodes que possible pour les attacher au sol par le bien-être. A l'appui de la bonne intelligence qui règne entre les propriétaires et les laboureurs, je rapporterai que, le 24 de ce mois, un grand nombre des premiers étaient venus en ville pour acheter des porcs, des jambons, du riz, etc., qu'ils destinaient à leurs gens à l'occasion de Noël. Cette solennité a été célébrée cette année avec calme et recueillement, contraste frappant avec les scènes de tumulte et d'ivresse qui précédemment marquaient la même époque.

saura bientôt ce qu'elles contenaient de vrai. On n'achète pas ou l'on n'afferme pas à longs termes des terres et des maisons dans

En essayant de faire connaître quelques-uns des bienfaits de l'affranchissement, je me suis trouvé dans la perplexité de savoir par où commencer et comment finir. Il faut voir par soi-

les contrées où la vie n'est pas en sûreté, où les bras manquent au travail, et où tout, en général, menace d'une ruine prochaine ;

même pour bien apprécier l'inexprimable avantage que ces îles en retirent. L'émancipation n'est pas avantageuse seulement pour

en un mot, un homme prudent ne s'embarque pas sur un navire qui fait de l'eau. La confiance est l'âme de la prospérité, et la

les esclaves appelés à la liberté, elle profite à la fois à tous les habitants, riches comme pauvres.

preuve convaincante qu'elle existe ici se trouve dans les immenses opérations faites en biens-fonds depuis le 1er août. Il y a une mul-

Il n'est pas rare d'entendre regretter que l'émancipation n'ait pas été opérée plus tôt; les uns disent depuis cinquante ans, les

titude d'exemples de propriétés qui ont été vendues 100,000 fr. au-dessus de ce qu'on en demandait il y a six mois, époque cependant où en trouvait déjà le prix très-élevé. Un propriétaire

autres, depuis vingt; mais tous sont d'accord qu'elle aurait dû

s'était décidé à vendre, il y a quelques semaines, une propriété qu'il a rachetée, depuis, moyennant une bonification de 48,000 f. De longs bails ont été passés pour diverses autres plantations. L'une d'elles, appelée Edgecumbe, a été louée pour vingt et un

car est-il présumable que ce soit l'effet du hasard, si la tranquillité et les meilleures dispositions de leur part ont signalé en même temps, dans toutes les colonies, les premiers pas de l'é-

ans, moyennant 37,500 francs; une seconde, pour dix ans, à raison de 48,000 fr.; une encore, louée à un prix fort élevé, a été sous-louée par le preneur avec un bénéfice de 80,000 francs qui lui ont été comptés. Je pourrais citer une quantité de faits semblables , ainsi que les noms des parties, mais cela me semble inutile. L'impulsion donnée à l'élévation du prix des propriétés de cette île est un fait aussi notoire que celui de l'émancipation. Mais, dira-t-on, les crimes ne sont-ils pas devenus plus fréquents qu autrefois? J'ai sous les yeux un journal imprimé à la Barbade, il y a quinze jours, d'après lequel, dans toute l'île , sur

être proclamée tout à coup sans apprentissage. Il est de la dernière évidence que les noirs n'avaient pas besoin d'être préparés ;

mancipation, au lieu de l'incendie, du meurtre et de la dévastation qui avaient été prédits ? N'est-ce pas plutôt la confirmation de ce principe : « Qu'il y a toujours sécurité à bien faire. » Combien je voudrais voir une députation de propriétaires d'esclaves faire le tour de notre île ! Ils auraient seulement à voir et à écouter ; aucun argument ne saurait mieux les convaincre. Il serait même inutile de faire auprès d'eux appel aux principes, à la pitié, à la crainte de Dieu; leur intérêt propre les déterminerait à une émancipation immédiate. Signe W. R.

HAYES.


CHAPITRE X. DISPOSITIONS

RÉCIPROQUES DES PLANTEURS, DES NOIRS ET DES DIFFÉRENTES PERSONNES ENGAGÉES DANS L'OEUVRE PRATIQUE DE L'ÉMANCIPATION.

SOMMAIRE.

NUMÉROS TITRES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

PAGES.

d'ordre.

N° 112.

§ Ier.

LA JAMAÏQUE.

A. Dépêchés du ministre secrétaire d'État des colon es et du gouverneur de la Jamaïque.

495

I. Extrait d'une dépêche du marquis de Sligo à M. J. Spring-Rice. — Etat satisfaisant de la colonie.

Pupers relative to the abolition of slavery, 25 décembre 1834. part. I, pag. 70.

Ibid.

2. Lettre de M. E. B. Lyon au marquis de Sligo. — Les apprentis renouvellent leurs engagements.

Idem,, part. III (1), pag. 89

9 septembre 1835.

496

3. Extrait delà copie d'une dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg. — La conduite des noirs dépend de celle des maîtres à leur égard.

Idem, pag. 150

13 décembre 1835.

Ibid.

4. Extrait de la copie d'une dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg. — Conduite à tenir envers les noirs pour maintenir les améliorations obtenues.

Idem , pag. 161

1er janvier 1836.

497

5. Dépêche du gouverneur, transmettant les rapports trimestriels dos juges spéciaux.— Progrès des habitudes d'humanité des maîtres envers les apprentis.

Idem, part. IV (1), pag. 56

9 juillet 1836.

Ibid.

6. Extrait d'une adresse du gouverneur de la Jamaïque à la législature, l'ouverture de la session. — Conduite à tenir par les juges spéciaux.

ldem, pag. 179

1er novembre 1836.

498

7. Dépêche du gouverneur sir Lionel Smith au marquis de Normanby. — Accroissement de la démoralisation des femmes. — A quelle cause l'attribuer.

20 juin 1839.

499

8. Copie d'une dépêche du même au même. — Révolte sur la plantation de Spring-Hill, attribuable, entre autres causes, à ce que les loyers ne sont pas clairement fixés.

17 juillet 1839.

Ibid.

9. Copie d'une dépêche de lord John Russell à l'honorable sir C. T. Metcalfe. — Nécessité de faire disparaître les causes d'animosité entre les maîtres et les apprentis.

27 septembre 1839.

Ibid.

B. Rapport des magistrats spéciaux et des missionnaires ou membres du clergé.

500

Idem, part. II, pag. 266

29 juin 1835.

Ibid.

2. Rapport de M. J. W. Baynes

Idem, pag. 251

1er juillet 1835.

Ibid.

3. Rapport de M. Thomas Dillon

1. Rapport de M. Thomas Davies. — État moral des apprentis.

Idem, pag. 252

Idem.

Ibid.

4. Rapport de M. Arthur Welch

Idem, pag. 258

Idem.

501

5. Rapport de M. T. Watkins-Jones

Idem, part. III (1), pag. 50

5 août 1835.

Ibid.

6. Rapport de M. E.

Idem, pag. 81

12 août 1835.

Ibid.

Idem, pag. 91

ler septembre 1835.

Ibid.

27 octobre 1835.

Ibid.

B.

Lyon

7. Errait d'une lettre du juge spécial Cockning à M. Nunes.

8. Extrait du rapport du juge spécial J. A. Dillon , au Idem, sujet de la paroisse Sainte-Anne.

pag. 117

9. Rapport de M. R. L. Cooper

Idem, pag. 167

29 décembre 1835.

502

10. Rapport de M. John Odell

Idem, pag. 188

Idem.

Ibid.

11. Rapport sur l'état général du district,par M. Hawkins, magistrat spécial.

Idem, pag. 180

31 décembre 1835.

Ibid.

12. Rapport de M. John Daughtrey

Idem, part. IV (1), pag. 154

21 juin 1836.

503

1er juillet 1836.

Ibid.

13. Extrait d'une lettre de F. J. Baynes, magistrat spécial, au marquis de Sligo.— État moral des apprentis. Etat de la culture.

Idem, pag. 57


492

NUMÉROS

SOMMAIRE DU CHAPITRE X. (Suite.)

TITRES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

PAGES.

d'ordre.

14. Copie d'une lettre d'Edward Dacres Baynes, esp.0, magistrat spécial, au marquis de Sligo. — Étatmoral des nègres.

Papers relative to (lie abolition of slavery part. IV (1), pag. 58.

30 juin 1836.

503

504

15. Extrait d'une lettre de Patrick Dunne, esq., juge spécial, au marquis de Sligo.

Idem, pag. 65

29 juin 1836.

16. Rapport spécial trimestriel du colonel Gregg au marquis de Sligo.

Idem, pag. 116

Juillet 1836.

Idem, pag. 263

31 décembre 1836.

506

17. Extrait d'une lettre de E. B. Lyon, juge spécial....

Idem, pag. 261

4 janvier 1837.

507

18. Extrait d'une lettre de Samuel Lloyd, juge spécial, à C. H. Darling.

Idem, pag. 268

8 janvier 1837.

Ibid.

19. Extrait d'une lettre de Richard Hill, esq., juge spécial, à sir Lionel Smith. 20. Extrait d'une lettre de Henry Laidlow, juge spécial, à C. H. Darling.

Idem, pag. 257

9 janvier 1837.

Ibid-

21. Extrait d'une lettre de R. Lambert, juge spécial, à C. H. Darling. — État moral des nègres. — État de la culture.

Idem, pag. 319

31 mars 1837.

Ibid-

Idem, pag. 315

1er avril 1837.

508

22. Extrait d'une lettre de C. Ricketts, juge spécial, à Son Excellence le gouverneur.— État normal des noirs. 23. Lettre de R. Chamberlin, juge spécial, à Richard Hill.

Idem, pag. 329

Avril 1837.

24. Extrait d'une lettre de J. Harris, juge spécial, à C. H. Darling.

Idem, pag. 334

1er avril 1837. 26 juin 1838.

25. Extrait d une lettre de J. Daughtrey, au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement. 26. Extrait d'une lettre de J. W. Grant, juge salarié de Manchester et Clarendon, à Richard Hill, sur les loyers et les dispositions des noirs à acquérir des terres.

Extracts Jrom parliamentary papers, etc.

10 juin 1839.

27. Extrait d'une lettre de Phil. O'Reilly au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement, — Etat de la culture. — Conduite des noirs.

9 juillet 1839.

28. Lettre de M. J. Daughtrey à Richard Hill, esq. — Goût des noirs pour la chasse au tir; bruits de révolte répandus à cette occasion.

29 juillet 1839.

29. Lettre de J. M. Grant, juge salarié, à Richard Hill, esq.— Justification de sa conduite.— Détails sur les loyers.

26 août 1839.

30. Actes arbitraires des maîtres envers les cultivateurs.

30 avril 1839.

31. Extrait d'une lettre de James Kowden, missionnaire wesleyen, à Ch. Darling, etc. — Bonne conduite des noirs.

3 juin 1839.

32. Extrait d'une lettre de Th. F. Abbot, missionnaire baptiste, au très-noble marquis de Normanby, secrétaire d'État pour les colonies. — Accusations portées par la presse contre les noirs émancipés.

11 juin 1839.

33. Extrait d'une lettre de W. T. Woodcock, ministre salarié, au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement. '

24 juin 1839.

34. Extrait d'une lettre de Benjamin Franklin au capitaine Darling. — État moral des noirs.

26 juin 1839.

35. Extrait d'une lettre de John Kingdon, ministre baptiste, au capitaine Darling.

27 juin 1839.

36. Extrait d'une lettre de J. H. Cooke, recteur de SaintThomas-dans-l'Est.

28 juin 1839.

37. Extrait d'une lettre do M. Grant

6 août 1840.

38. Extrait d'une lettre de M. Mac-Leod

7 août 1840.

Ibid. 509

510

511

Ibid.

512

Ibid-

514 Ibid-

Ibid-

515

Ibid-

516 Ibid-

IbidIbidIbid-

C. Départ de sir Lionel Smith de la Jamaïque.—Adresse des missionnaires baptistes. — Affaire des menaces d'assassinat. 1. Adresse à Son Excellence sir Lionel Smith, gouverneur de l'île de la Jamaïque.

505

Ibid. Août 1839.


493

SOMMAIRE DU CHAPITRE X. (SUITE.)

NUMÉROS

DATES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

TITRES.

d'ordre.

28 août 1839.

517

6 septembre 1839.

518

13 septembre 1839.

Ibid.

2. Réponse à l'adresse des baptistes

4. Copie d'une dépêche du gouverneur sir Lionel Smith au marquis de Normanby, sur l'illégalité de la résolution prise par la cour des comptes. 5. Copie d'une dépêche de l'honorable sir C. T. Metcalfe, bar", au marquis de Normanby. — Détails sur le départ de sir L. Smith. N° 113.

§

1.

Rapport du magistrat spécial. — État moral des noirs.

§ III.

Papers relative to the abolition of slavery, part. II (continued) ,pag. 249.

LA

pag. 248

2. Adresse des noirs émancipés à Son Excellence sirl Idem, pag. 258 George F. Hill, bar", etc. 3. Adresse des nouveaux émancipés à Sa très-gracieuse Majesté Alexandrina-Victoria, reine de la GrandeBretagne et d'Irlande, etc. S

IV.

Idem

2. Rapport de J. J. Tinling, magistrat spécial, à Son Excellence le capitaine Geo. Tyler, lieutenant gouverneur. — Amélioration dans les dispositions des noirs pour le travail. 3. Rapport de Edwin-Polson, magistrat spécial, Excellence le lieutenant-gouverneur.

N° 116.

pag. 144

Idem, part. III (2), pag. 380

SonIdem,

pag. 387

17 juin 1835.

519

1er juillet 1835.

Ibid.

26 août 1734.

520

D'août 1838.

Ibid.

6 août 1838.

Ibid.

24 mai 1833.

521

3 juin 1836.

522

15 juin 1836.

Ibid.

§ V. LA BARBADE. 1. Extrait d'une dépêche du gouverneur sir Lionel Smith au très-honorable E. G. Stanley. — Influence de l'indemnité sur les dispositions morales des planteurs.

Idem, part. II, pag. 52

29 juillet 1833.

220

2. Proclamation aux apprentis pour leur annoncer l' affranchissement.

Idem, pag. 56

22 juillet 1834.

Ibid.

3. Copie d'une dépêche de sir L. Smith à lord Glenelg. — Influence funeste de la classe dite des petits blancs.

Idem, part. III (2), pag. 14

8 décembre 1835.

Ibid.

10 août 1338.

524

4. Rapport de M. Joncs, inspecteur de police .rurale.— Événement de l'affranchissement définitif. 5. Extrait d'un rapport envoyé par sir E. M. Mac-Gregor à lord Glenelg. — Dispositions des noirs. N° 117.

519

SAINT-VINCENT.

1 . Esprit de désordre et d'insubordination chez les Idem, nègres des plantations situées dans le district de Charib et sur les plantations voisines.—Procès-verbal] d'une assemblée de magistrats, tenue à Grand-Sable, paroisse Charlotte, à Saint-Vincent, par ordre du gouverneur, à l'effet de procéder à une enquete, etc.

I

1er octobre 1839.

TRINITÉ.

1. Copie d'une dépêche du lieutenant-gouverneur sirl Idem, pag. 205 George F. Hill, bar", à M. Spring-Rice, secrétaire d'Etat. — La tranquillité règne, et en général le travail est terminé à midi. Les apprentis emploient le reste de leurs journées sur les plantations voisines.

N° 115.

I

HONDURAS.

II.

2. Copie d'une dépêche du colonel Cockburn au très- Idem, honorable lord Glenelg, transmettant le rapport qui précède. N° 114.

PAGES.

§

VI.

17 septembre 1838.

Ibid.

2 novembre 1833.

525

LA DOMINIQUE.

1. Copie d'une dépêche du lieutenant-gouverneur sir C. M. Schomberg à M. le secrétaire d'Etat Stanley. Premiers effets de l'émancipation sur l'esprit des planteurs et sur les noirs de divers âges. 2. Lettre du lieutenant-gouverneur Macphail à sir W. M. G, Colebrooke, — Etat des noirs affranchis.

Idem, part. II (continued), pag. 135 ..

22 avril 1839.

Ibid.


SOMMAIRE DU CHAPITRE X. (Suite et fin.)

494

NUMEROS

ORIGINE DES DOCUMENTS.

TITRES.

d'ordre.

N° 118.

§

VII.

Idem, part III (2), pag. 314

2. Rapport du major Grœme. — Amélioration physique chez les noirs. 3. Rapport du major Grœme, magistrat salarié. — Manière paisible dont se sont passées les fêtes de Noël.

N°120.

§ VIII.

22 février 1836.

526

1er février 1839.

527

9 janvier 1839.

Ibid.

ANTIGOA.

1. Lettre de Bennet Harvey, à Son Excellence le gouverneur. —• La réunion des missionnaires moraves se prononce pour l'émancipation immédiate.

Papers relative ty the abolition of slavery, part. II (continued), pag. 12.

1er novembre 1833.

2. Opinion de Mathews Banks, missionnaire wesleyen, sur le même sujet.

Idem, pag. 11

29 octobre 1833.

1. Adresse des membres du conseil des îles de la Vierge à Son Excellence sir E. J. M. Mac-Gregor, bar , etc.

Idem, pag. 35

Juillet 1834.

2. Extrait d'une lettre de Son Honneur le président des îles de la Vierge, à sir E. J. M. Mac-Gregor, bar".

Idem

4 août 1834.

§

IX.

ILES

PAGES.

MONTSERRAT.

1. Rapport de M. L. Grœme, juge spécial, à Son Excellence sir E. J. M. Mac-Gregor, etc. — Etat des noirs et de la culture.

N° 119.

DATES.

DE

LA

527

Ibid.

VIERGE.

527

01

N° 121.

X.

ILES

BAHAMAS.

Extrait d'une dépêche du lieutenant-gouverneur B .T. Balfour à M. le secrétaire d'État Stanley. — Les noirs témoignent l'intention de renoncer au travail après le 1er août. N° 122.

XI.

LA

Ibid.

Idem , pag. 260

14 juillet 1834.

528

GUYANE.

1. Copie d'une dépêche de sir J. Carmichael Smith à lord Glenelg. — Situation de la colonie en 1835.

Idem, part. III (2), pag. 105

12 décembre 1835.

2. Discours du gouverneur à l'assemblée locale de Demerara.—État de la colonie après la déclaration définitive de la liberté.

Papers relative to the West-Indies, part. I pag. 296

17 septembre 1838.

3. Extrait d'une dépêche du gouverneur Light à lord Idem, British Guiana, pag. 94 John Russel. — Situation favorable du pays malgré la diminution de la récolte.

21 janvier 1840.

4. Extrait du discours du gouverneur Light à l'assemblée coloniale [court of policy).

Idem

28 février 1840.

5. Extrait des registres de plaintes des magistrats salariés pour le mois de juin 1840.

Idem, pag. 165

Juin 1840.

528 529

Ibid.

Ibid. 530


CHAPITRE X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES DES PLANTEURS, DES NOIRS ET DES DIFFÉRENTES PERSONNES ENGAGÉES DANS L'OEUVRE PRATIQUE DE L'ÉMANCIPATION.

N° 112. § Ier. LA JAMAÏQUE. A.

DÉPÊCHES

du ministre secrétaire d'État des colonies et

du gouverneur de la Jamaïque. T. EXTRAIT

d'une dépêche du marquis de Sligo à M. J. Spring-Rice. — Etat satisfaisant de la colonie. Du 26 décembre 1834.

Il est arrivé, la semaine dernière, que les nègres de quatre grandes plantations, près d'ici, ont refusé d'entrer en arrangement; mais ils ont choisi un homme qu'ils ont envoyé me parler à ce sujet. Je l'ai entretenu longtemps, et il a paru être tout à fait démon avis. Je lui ai dit que si les autres ne voulaient point le croire, il amenât avec lui, le jour suivant, deux ou trois des premiers de chaque plantation, et que je leur parlerais. Ils ne sont point venus, et je n'ai plus rien su des directeurs; ce qui me

Il est vrai que les nègres connaissent parfaitement bien leurs droits, et qu'ils sont déterminés à les maintenir. Il est vrai aussi

fait croire que mon avis a produit l'effet désiré. Il y a sans doute eu quelques exemples où ils ont refusé d'entrer en arrangement,

qu'ils ne travaillent

qu'ils se trouvent dans une position comparativement heureuse,

quoique le juge spécial ail fait tout son possible pour les y engager; mais il faut remarquer que, dans presque tous les cas, les

•le ne nie point non plus qu'ils aient de temps à autre montré un mauvais caractère. Il serait difficile que, dans une population de

hommes se sont arrangés facilement : ce sont les femmes qui ont montré le plus d'opposition. 11 est bien connu qu'elles sont la

pas

autant

qu'auparavant, maintenant

340,000 individus, on n'en trouvât pas quelques-uns de malin-

la partie, la plus fatigante et la plus tracassière de toute la po-

tentionnés, mais les exemples sont fort rares, et encore doiventils souvent être attribués aux menaces qui leur sont faites de les

de châtiment.

priver de tous leurs avantages antérieurs, du terrain dont ils ont longtemps joui, de leur bétail, en un mot, comme j'ai bonne

Les punitions corporelles ont été retranchées, et il n'y a encore ni treadmill ni prisons.

raison de le croire pour un ou deux cas, parce que l'inspecteur leur avait dit « qu'on leur laisserait bien peu de chose à la lin de

pulation; ce que j'attribue à l'absence d'un moyen convenable

Cependant on aura bientôt remédié à cet inconvénient, car on . fait des préparatifs à cet effet.

leur apprentissage. » Ces cas, cependant, ainsi que les exemples d'un mauvais caractère, sont rares, je le répète. Les maîtres et

pandue ici par des personnes dont l'intérêt était de tenir le pu-

les directeurs s'accoutument davantage à la nouvelle loi, et l'on ne fait que peu de plaintes à leur égard. Il en résulte qu'il se

cette idée n'est venue dans l'esprit de personne depuis les trois

fait plus d'ouvrage, et, dans la plupart des plantations, on travaille moyennant salaire. Je connais une plantation, celle de Goldcn-Grove, sur laquelle, malgré tout ce qui a été dit, on fait cinq à six barriques de sucre de plus maintenant qu'à la même époque de l'année dernière. Des hommes qui ont, toute leur

Quant à l'idée d'insurrection ouverte, elle peut avoir été réblic dans un état d'agitation et d'alarme; mais j'ose affirmer que derniers mois. Les assertions contenues dans les journaux ne sont point du tout une preuve que celte croyance existe. Cependant le fait sera connu avant que cette dépêche ne vous parvienne. Tout le monde pense que, s'il y a des troubles, ils auront lieu pendant les vacances prochaines. Je nie positivement la supposition que fait M. Burge, que le

vie, été accoutumés à agir par contrainte, ne peuvent facilement s'accoutumer à user des voies de simple persuasion. Les nègres pro-

nombre nécessaire de magistrats spéciaux peut être calculé d'a-

fitent aussi un peu de ce qu'ils sont maintenant exempts de la punition directe du maître. Cependant tout cela commence à s'ar-

près celui de la magistrature générale. Les raisons en sont trop évidentes pour que je les répète. Cependant, comme il s'agit de

ranger, et je ne désespère point de voir la plus grande partie des apprentis prendre des habitudes laborieuses. Il y a six semaines que j'avais bien des doutes quant à l'enlèvement de la récolle. Maintenant je peux affirmer que la plus grande partie se fera

ces employés, je dirai qu'avec le nombre qui m'est promis, il y en aura bien assez, et que l'expérience acquise par ceux qui sont déjà ici servira de guide à ceux qui vont arriver.

dune manière satisfaisante; peut-être ne sera-t-elle pas tout à fait aussi abondante que celle de l'année dernière, mais elle le sera assez pour prouver que le nouveau système n'est point aussi mau-

L'avocat général avait émis l'opinion que les apprentis avaient droit à toutes leurs anciennes allocations, mais sans porter un ordre public ou officiel à ce sujet. Ces concessions n'ont point été accordées après la première semaine, à l'exception du temps

vais qu on se l'est imaginé L'insuffisance du nombre des magistrats spéciaux a sans doute causé beaucoup de mal; mais avec ceux que vous m'avez donnés, et avec les facilités que vous

nécessaire aux mères pour allaiter leurs enfants. Et, dans le moment où ces avis sont arrivés à la Jamaïque, il n'y avait pas eu un seul cas justiciable de présenté aux magistrats spé-

avez mises à ma disposition, je pense obvier complètement à

ciaux depuis plus d'un mois. Il est assez singulier, cependant, de dire qu'elles sont maintenant, je puis l'affirmer, presque uni-

cette difficulté. Un fait remarquable, c'est que, dans bien des cas, les nègres n avaient pas voulu d abord entrer en arrangement avec leurs maîtres, et que du moment où le juge spécial a été présent et leur a garanti l'exécution de leur marché, ils y ont de suite consenti.

versellement accordées aux nègres, au moins par tous les principaux procureurs ; de manière que ce n'est plus un sujet de contestation. A l'égard du dernier paragraphe de la lettre de M. Burge, où


496 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

3.

Si j' avais cru qu'une telle mesure fût nécessaire, après la

de la copie d'une dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg. — La conduite des noirs dépend de celle des maîtres à leur égard.

bonne volonté avec laquelle mes conseils ont été suivis, je vous l'aurais représenté il y a longtemps. J'ai mûrement considéré ce

Hôtel du gouverneur (Saint-I0ago de la Vegaj,

il recommande une augmentation de la force militaire dans cette île, je ne puis pas en conscience dire qu'elle soit nécessaire.

EXTRAIT

sujet avec l'idée d'en réduire le nombre et non de l'augmenter; mais je ne puis vous recommander aucune réduction avant une* année au moins. M. Burge parle aussi de l'introduction de laboureurs européens dans l'île. C'est une mesure que je désire encourager tout autant que lui ; mais le désir de faire passer une loi convenable sur cet objet a été contrarié par l'opposition de la chambre d'assemblée aux propositions qui lui ont été faites. Comme ces propositions, ainsi que tout ce qui s'est passé, forment le sujet d'une dépêche séparée, il n'est point nécessaire d'en parler maintenant. J'espère que le rapport que je pourrai faire, avant le départ du paquebot, sur les dispositions pacifiques des nègres et leur retour à l'ouvrage, prouvera que les assertions de M. Burge sont fausses. Signé

SLIGO.

13 décembre 1835.

l'ai appris que l'on s'était vivement récrié à la déclaration que j'ai faite, que c'est de la conduite des planteurs que dépend le succès ou l'insuccès. De pareilles récriminations sont fort injustes; car, dans les conversations particulières, on ne m'a jamais nié cette vérité. Ce n'est point, du reste, un principe faux, que les inférieurs ont l'habitude de mesurer en grande partie leur conduite sur celle de leurs supérieurs. ! orsque les nègres commettent quelque faute, n'est-il pas tout naturel qu'ils désirent en être repris avec ménagement? Est-il vraisemblable de supposer que le nègre affectionnera et, une fois devenu libre, voudra bien aider de ses services un planleur qui aura toujours été dur avec lui, aussi bien qu'il aidera le maître doué d'un caractère humain, qui l'aura traité, pendant qu il était apprenti,' avec celte douceur et ces ménagements nécessaires dans un pays où la civilisation est imparfaite et l'éducation entièrement nulle?

2.

LETTRE

dé M. E. B. Lyon au marquis de Sligo. — Les apprentis renouvellent leurs engagements.

Palmetto-River, 9 septembre 1835.

Je suis sûr que ce sera pour vous un grand sujet de satisfaction d'apprendre que les apprentis de la plantation de Blue-Mountain, qui, l'année dernière, ont été les premiers à accepter mes propositions, et qui, par leur fidélité à remplir leurs engagements, leur bonne conduite et leur industrie, se sont montrés dignes de devenir libres, ont, cette année encore, donné des preuves incontestables de leurs excellentes dispositions, en manifestant une louable sollicitude pour le bien-être futur de leurs enfants. Ils ont consenti, en outre, à renouveler leurs engagements de l'année passée : une clause a été ajoutée à ces engagements, c'est que les • enfants,âgés de six ans au mois d'août 1834, et ceux qui, l'année d'après, parviendraient à cet âge, formeraient une section à part dans la plantation , seraient de bonne heure initiés aux coutumes et aux travaux journaliers et recevraient, au compte du propriétaire, une heure et demie d'instruction par jour, La plantation de Greenwall est dirigée sur le même plan que celle de Blue-Mountain. L'influence de l'exemple donné par les

Selon moi, rien n'est plus préjudiciable que le changement du mode de travail de neuf heures par jour en celui de huit heures, qui s'est effectué immédiatement après la récolle. Je ne saurais dire quelle a été la cause de ce changement. Je crois pouvoir affirmer qu il n'a point été fait dans le but d'avoir une plus grande quantité de travail, de la part des apprentis; car pendant la recolle, époque où l'on fait tout ce que l'on peut pour activer le travail, le système de neuf heures était universel. On a dit pour raison que l'apprenti, avec la moitié du vendredi pour lui-même, avait trop de temps à donner à la paresse, et que l'on avait voulu le mettre à l'abri de ce mauvais penchant. Si telle est la considération sur laquelle on s'est appuyé pour prendre une semblable mesure, je dois dire qu'on a agi sans discernement. En effet, il est bien plus probable que l'on arrivera à d'heureux résultats, en cherchant àamener au travail un peuple libre, plutôt qu' en l' y poussant avec effort. Je pense, cependant, que la plupart des gens sensés ont, comme moi, fait cette réflexion ; caries grands administrateurs de plantations, sur la conduite desquels je ne cesse d avoir les yeux, ont en général renoncé à ce système. Je ne sais aucune exception à ce que j'ai dit dans mou rapport général sur les bonnes dispositions existantes. Dans des dossiers séparés, que j ai eu l' honneur de vous envoyer, Votre Excellence

travailleurs de ces deux plantations et du bonheur dont ils jouissent me servira, j'espère, à persuader à ceux des autres plantations de ce district qu'ils doivent se conduire d'après les

pourra voir qu il y a eu très-peu d'apprentis, comparativement à leur nombre, qui aient été convaincus de culpabilité. Je nie com-

mêmes principes. Si un pareil système pouvait devenir général, il n'y aurait plus à craindre pour l'avenir des apprentis. Leurs enfants, qui auraient été accoutumés au travail, en même temps qu'ils auraient appris à lire, ne seraient certainement pas dispo-

depuis le

sés, à la fin de l'apprentissage, à s'adonner à la paresse et au vagabondage ; bien au contraire, ils aiguillonneraient, par leurs progrès , l' activité et le courage de leurs parents, qui auraient à cœur de conserver a leurs enfants l'heureuse supériorité que ceux-ci auraient acquise. Mon plus grand désir est d'être le créateur d'un pareil état de choses : je m'y appliquerai de toutes mes forces. L'année dernière, j ai réussi, au delà de mon attente, à établir un système unique de travail, pendant et après la récolte dans vingt-six plantations. Si j étais cette année aussi heureux, je considérerais cet avantage comme une des garanties les plus fermes pour la prospérité future de l'île. Signé E. B.

LYON.

plètement qu'il soit vrai que le nombre des fautes se soit accru 1" août, et, généralement, qu'il y ait augmentation dans le nombre de mauvaises actions

A Middlesex seulement il y a un genre de crime qui s'accroît d une manière alarmante : c'est le vol de bétail. Dans les bois qui se trouvent près de la ville, et dans certaines autres parties de la campagne, de grands troupeaux de bétail sauvage errent et paissent en liberté. Comme une grande partie de ces troupeaux a été détruite, et qu'il est beaucoup plus facile d'élever du bétail apprivoisé que du bétail sauvage, le peuple s'est mis à voler du bétail domestique. Quelques mesures salutaires ayant été décidées dans la dernière grande assemblée, j'ai l'espoir fondé que ce genre de crime ne tardera pas à s'arrêter.... Signé

SLIGO.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. de lu copie d'une dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg. — Conduite à tenir envers les noirs pour maintenir les améliorations obtenues.

-T. EXTRAIT

Highgate (Jamaïque), 1er janvier 1836.

C'est avec plaisir que je rends compte de la situation actuelle des choses. Je suis persuadé, en effet, que les planteurs ont compris quelles pouvaient être les fâcheuses conséquences de la rudesse : aussi ont-ils perdu leurs premières habitudes de violence. Je crois pouvoir affirmer qu'il y a un changement total, à part quelques rares exceptions, dans le mode de traitement adopté pour les apprentis. Ces derniers, malgré leur manque d'éducation , savent s'y montrer très-sensibles. Voyant aujourd'hui qu'ils sont protégés suffisamment, ils se sont relâchés de la rigueur avec laquelle ils voulaient que leurs droits nouveaux fussent maintenus, et ne portent plus que très-peu de plaintes contre leurs maîtres. D'un autre côté, ils savent qu'ils sont soumis à la loi, et ne donnent, comparativement à ce qui arrivait au commencement du système , que très-peu d'occasions sérieuses de se faire réprimander. Il est vrai qu'ils sont indolents et font peu d'ouvrage; il est vrai aussi qu'ordinairement ils ne déploient pas toute l'énergie dont ils sont susceptibles dans l'intérêt de leurs maîtres; mais, tant qu'on n'aura pas démontré que les nègres sont différents des individus d'une autre couleur, il sera naturel de faire celte réflexion : que, gagnant si peu pendant les heures que la loi les oblige de donner à leurs maîtres, ils ne peuvent réellement pas travailler avec autant d'ardeur que lorsqu'ils sentent que plus ils font d'ouvrage, plus ils ont de bénéfice. Dans un des rapports que je vous envoie, Votre Excellence pourra voir que maintenant ils ne mettent pas plus de temps à creuser, moyennant salaire, cent soixante trous à cannes, qu'ils n'en mettaient pendant l'esclavage pour en creuser quatrevingt-dix. Je commence à espérer que le mode de conduite adopté par les planteurs sera tellement favorable aux intérêts de l'île qu'il ira en s'améliorant graduellement jusqu'à la fin de l'apprentissage. J'espère aussi que les apprentis, sous le rapport delà conduite, feront des progrès analogues : de sorte, qu'en l'année 1840, lorsqu'à l'apprentissage succédera une liberté entière, il n'y aura aucune de ces conséquences fâcheuses que certaines personnes redoutent. H y a ici plusieurs colons qui, malgré les louables efforts qu'ils n'ont cessé de faire en faveur des apprentis, nourrissent intérieurement cette idée, qu'il leur sera impossible, l'année 1840 arrivée, de s'assurer les services d'un apprenti; et sous l'influence de cette conviction, ils négligent les moyens qui pourraient les mettre à l'abri de tout fatal accident. Je crains que ces colons ne continuent à suivre les mêmes idées. Il serait temps, du reste, qu'ils se préparassent, et je suis sûr que, s'ils le voulaient, ils acquerraient bientôt celte confiance dans l'avenir, qui, malgré les obstacles, ne fait que s'accroître dans le pays. Néanmoins, parmi les vieux économes, il y en a très-peu qui veulent entendre la voix de la raison. Plusieurs habitent la colonie depuis plusieurs années et ne veulent pas abandonner des préjugés qui depuis longtemps les dominent. Un d'entre eux, ainsi que je l' ai appris il y a quelques semaines, se plaisait à ordonner aux apprentis qu'il avait sous sa direction, lorsqu'ils commettaient quelque faute, de se promener en face de sa porte, pendant un espace de temps qu'il déterminait, avec un poids de cinquante livres sur la tête. Comme ceci se passait au soleil, il s'ensuivait que ce qui faisait l'amusement de l'économe devenait pour les apprentis un châtiment des plus pénibles. L'actif magistrat, M. Lyon, qui le premier eut connaissance de ce fait, s'empressa de me le faire savoir. Je le fis connaître à mon tour à l'administrateur de la plantation où il avait lieu, M. Duncan Robertson. Celui-ci se rendit immédiatement sur les lieux, en com-

pagnie de M. Joseph Gordon, coadministrateur, à ce que je crois, de cette même plantation. Ces messieurs, après avoir mûrement examiné les choses, enlevèrent à l'économe la charge qu'il oc cupait, ayant soin , je pense, de pourvoir à ce qu'un homme de ce caractère n'en pût obtenir aucune autre. De tels cas sont rares cependant, et comme, lorsqu'il s'en est rencontré, ils ont été aussitôt réprimés par les administrateurs, il est à croire qu'ils ne se répéteront plus. Il y a encore quelques contre-maîtres qui se montrent violents clans leurs manières et dans leur langage, ce qui est très-préjudiciable. Néanmoins je ne doute pas qu'ils ne se corrigent. Je suis certain, lorsqu'ils seront parvenus à se contenir, que les suites heureuses de leur changement ne se feront pas attendre. Je viens d'apprendre qu'en conséquence de la bonne conduite que les apprentis ont montrée pendant les saints jours qui précèdent Noël, les géreurs de plantations ont, pour la plupart, l'intention de leur accorder ce jour, quoique la loi n'en fasse pas mention. Un tel acte de bienveillance aurait, j'en suis sûr, les plus heureux résultats. On a remarqué généralement que celle année il y a eu bien moins de John Canoeing1 que d'ordinaire à pareille époque, et que les désordres qui en étaient la suite habituelle n'ont pas été aussi graves qu'autrefois. Le jour de Noël et le dimanche (Kingston fait exception seulement) se sont passés dans la tranquillité la plus grande. A Kingston, ville si étendue, il se trouve assez de gens oisifs pour que l'on soit trompé par les apparences. Là, toutefois, on a remarqué aussi que les fêtes se sont passées avec plus de calme que d'habitude. Pour ce qui a rapport aux émigrants, beaucoup ont été amenés ici par des particuliers. Je crains que les préparatifs faits pour eux ne soient hors de proportion avec leur nombre. Il ne m'est du reste arrivé aucune plainte à cet égard. MM. Olbers, en un espace de temps très-court, ont amené cinq cent trente-deux de ces émigrants. Les personnes qui en ont fait venir le plus grand nombre sont MM. Barclay et Salmon. Ce dernier, pour le moment, s'occupe de faire construire à ses frais une grande plantation qui leur est destinée ainsi qu'à d'autres qui pourront venir par la suite. MM. Mitchell en ont aussi amené un trèsgrand nombre pour leurs différentes plantations. Ces messieurs ont montré à leur égard autant de libéralité que leurs intérêts pouvaient le permettre. Je crains fort que le choix qu'ils ont fait de ces émigrants n'ait pas toujours été heureux ; car plusieurs d'entre eux sont errants pour le moment, après avoir obtenu qu'on les déchargeât de leur travail. Aucune plainte, cependant, ne m'est parvenue encore, si ce n'est pourtant de la part des émigrants de Sainte-Anne.

5.

du gouverneur, transmettant les rapports trimestriels des juges spéciaux. — Progrès des habitudes d'humanité des maîtres envers les apprentis. DÉPÊCHE

Highgate (Jamaïque), 9 juillet 1836.

J'ai l'honneur de vous envoyer en original les rapports trimestriels des juges spéciaux. Ce qu'ils constatent de plus remarquable, c'est, sans contredit, le progrès des habitudes d'humanité des maîtres envers les apprentis; l'expérience, en effet, a fini parleur apprendre que la meilleure politique est l'esprit de conciliation. Cependant, quoique cette conduite soit presque généralement tenue, je suis fâché d'avoir à dire qu'elle n'est point universelle. Je connais plusieurs maîtres qui, persévérant dans leur ancien système , continuent à exiger la livre de choir2, ce que je dénonce comme étant la plus mauvaise politique possible; et plus d'un propriétaire en Angleterre en souffrira profondément, si l'on ne se bâte de mettre un terme à toutes les

On désigne ainsi une sorte de mascarade qui a lieu chez les noirs des colonies anglaises pendant les fêtes de Noël. * Allusion A l' action du juif Shylock dans la pièce de Shakespeare. *

II

497

32


498

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

sottises répétées ici journellement sur le caractère des nègres, qui, dit-on , n est point connu. Il y a maintenant près de deux ans que j observe ces hommes avec la plus grande attention ; je vois que leur indolence proverbiale n'est autre chose que ce que l'on rencontrerait à coup sûr dans tout Anglais forcé de travailler sans autre profit ou payement personnel que celui des nègres dans ce pays, si l'on voulait surtout l'assujettir, en outre, à des punitions corporelles, dans le cas où la quantité d'ouvrage ne satisferait point le propriétaire. Quelle quantité de travail votre seigneurie pensera-t-elle qu'il serait possible d'obtenir, a ces conditions, de la majorité des blancs en Angleterre ? Je pense, pour moi, qu'on n'en pourrait obtenir la moitié de ce que l'on obtient aujourd'hui des nègres. On dit qu'ils mentent ; mais j'ai entendu faire la remarque que , si cette accusation n'est pas sans fondement, dès qu'on leur fait prêter serment, ils sont d une réserve extrême , et que les exemples de parjure sont excessivement rares; le mensonge, d'ailleurs, n'est qu'une funeste habitude qui est une conséquence de l'esclavage et du manque d'éducation. Si les propriétaires en souffrent maintenant, ils ne font que recueillir le fruit de leur ancienne conduite envers les noirs. On les dit habitués à de petits larcins ; mais, si l'on découvre maintenant beaucoup plus de vols, ce n'est que par suite de la vigilance extraordinaire de la police; et, en outre, on doit se rappeler qu'autrefois l'usage général avait permis aux esclaves de prendre une certaine quantité de sucre, de sirop et de rhum : cela se faisait ouvertement, ou bien le mal, quand il existait, n'était pas connu; il n'y avait personne pour le découvrir. Quand il existait des soupçons, le fouet peut quelquefois avoir été appliqué ; mais je suis bien convaincu que l'on ne pensait guère à porter la moindre vigilance sur ces petits larcins. Aujourd'hui le désir de vexer les noirs a bien diminué, quoiqu'il existe encore en certains endroits. Je suis certain cependant que, d'abord, plusieurs teneurs de livres et plusieurs économes avaient pris la résolution, en dépit de la loi qui affranchissait les esclaves , de continuer à les vexer. Cela causa naturellement beaucoup de mal, et c'est avec un vif plaisir que je puis dire que ces dispositions semblent s'être rapidement évanouies. Dans bien des circonstances on a retiré aux noirs leurs anciennes allocations de nourriture; on leur supprime leurs congés, et, s'ils manifestent la plus légère répugnance à travailler, ou pour toute autre raison, plus ou moins juste, on leu rôle souvent leurs samedis: comment peuventils donc subsister autrement que par le vol? Cependant ces exemples ne sont pas très-fréquents, et l'on peut voir partout quelques preuves éclatantes de bonté et d'humanité. Je voudrais particulièrement appeler votre attention sur les heureux effets de l'esprit de conciliation mentionné dans le rapport de M. Bayncs, à propos de la paroisse de Saint-Jean, ou Spring-Vale. Cette paroisse, sous la direction de M. James Wright Turner, se fait remarquer par une absence de plaintes vraiment extraordinaire. Mais la partie la plus curieuse de ce rapport est certainement l'effet de la conduite particulière qu'il a tenue à l'égard des nègres récemment loués du docteur Loane, députéde cette paroisse. Ils passaient auparavant pour les nègres de la paroisse les plus difficiles à maintenir; depuis qu'ils sont à Spring-Vale, on assure que leur conduite a été exemple de tout reproche, et qu'on n'a pas eu la moindre faute à leur attribuer. Si de tels faits ne dessillent point les yeux des propriétaires absents de la colonie, et ne les engagent pas a envoyer à leurs agents l' ordre positif d'adopter le même genre de conduite, ils auront à s'en repentir amèrement après 1840. Les agents qui suivent le système de MM. Turner, Lockburn et h arquharson auront des laboureurs en abondance et à bas prix, tandis que d autres , que je pourrais nommer, resteront sans un seul ouvrier.

6.

d'une adresse du gouverneur de la Jamaïque à la législature, à l'ouverture de la session. — Conduite à tenir par les juges spéciaux. EXTRAIT

1er novembre 1836.

On me représente le pays comme très-agité et très-mécontent. Je vous invile à examiner la cause et l'origine des griefs sans passion , afin que je puisse les représenter fidèlement aux ministres du Roi, et y remédier, s'il est possible. On a eu beaucoup à se plaindre de la conduite de deux ou trois des juges spéciaux qui ont irrité les maîtres elles apprentis les uns contre les autres, ce qui, dans plusieurs cas, a provoqué plus de sévérité et plus de dureté envers les laboureurs qu'il n'y en a jamais eu durant l'esclavage. Je fais en ce moment tout ce que je puis pour arrêter ce mal, et, entre autres mesures , j'ai ordonné des enquêtes à la suite desquelles on pourra établir un tarif de travail. Je n'ai point oublié , messieurs , que la Jamaïque a donné la première l'exemple d'exécuter promptement et honorablement les désirs du Parlement par son acte préparatoire d'émancipation. J'étais alors occupé du même objet dans le Gouvernement des îles du vent (wind-ward), et je ressentis la plus grande reconnaissance envers les habitants de la Jamaïque pour ce louable empressement. Nous devons profondément regretter qu'il se soit élevé des sentiments fâcheux qui ont empêché telles modifications de votre acte que l'expérience a montré être encore essentielles aux intérêts mutuels des maîtres et des domestiques. Je ne croirai jamais que les personnes qui représentaient alors les intérêts de celte puissante colonie aient été indifférentes au succès des mesures qu'elles avaient si promplement mises à exécution et je ne manquerai pas, en conséquence, de proposer ci-après à votre considération quelques moyens d'amélioration pratique qui mettront probablement lin aux plaintes et ramèneront la confiance et la bonne volonté entre les propriétaires et les laboureurs. Il y a en vérité un sujet très-important que je no puis m empêcher de soumettre à votre sérieuse considération ; c'est la condition religieuse et morale des nègres. Personne n'a eu de plus fréquentes occasions d'observer cette classe que moi, puisque j ai gouverné directement ou indirectement huit colonies peuplées de noirs, et je suis fâché d'être obligé de déclarer que dans cette île elle est plus arriérée que dans toute autre. Cependant, messieurs , les hommes doivent apprendre à craindre Dieu avant que l' on puisse s attendre à leur faire respecter les lois. Il est physiquement impossible que les ministres de l'église établie, qui ne sont qu'en petit nombre, et qui ont une grande étendue de population à diriger, puissent faire plus qu'ils n'ont fait. Le premier devoir est d'inculquer les doctrines du christianisme et de n'insister sur aucune règle particulière de religion. Je pense que laide des missionnaires est très - nécessaire dans ce but. Il ne nous reste, messieurs, que quatre années pour achever l'expérience de l'apprentissage. Donnez aux travaux des missionnaires toute l'assistance qui est en votre pouvoir ; bannissez de votre esprit l'idée qu'ils sont vos ennemis ; je réponds sur ma tête de leur loyauté et de leur fidélité. Encouragez leur paisible établissement parmi vos nègres ; que quatre ou cinq plantations contiguës s'associent pour ériger des écoles-chapelles (chapel-schools) ; et, comme vous connaissez l'attachement des nègres pour l'endroit de leur naissance et pour celui de la sépulture de leurs parents, vous pourrez, je le crois sincèrement, avoir enfin sur vos plantations des paysans heureux. L'exemple d'Antigoa démontre fortement l'avantage de ces améliorations.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. 7.

DÉPÊCHE du gouverneur sir Lionel Smith au marquis de Normanby. —Accroissement de lu démoralisation des femmes. — A quelle cause l'attribuer.

j

Union-Hill, 20 juin 1839.

Je reçois votre lettre du 10 courant, contenant copie d'une lettre adressée au clergé de la paroisse de Saint-Thomas-dans-l'Est, et relative à quelques observations du docteur Cooke à l'agent de la colonie, sur l'accroissement delà démoralisation des femmes dans celte partie de l'île. Je vous l'avouerai franchement, je pense que ce document est dicté par cet esprit de parti et cette monomanie particulière à la Jamaïque, qui caractérisent toutes les violentes représentations des planteurs, et particulièrement celles que M. Burge a soumises au Parlement. Rien n'affecte plus nos sentiments que les fruits amers que l'esclavage a portés relativement à la dégradation du caractère de la femme. J'ai longtemps déploré ces maux, et j'en ai fait le sujet continuel de mes représentations au clergé. Ces maux sont inhérents au triste état de choses dont nous venons de sortir; mais, faire de cette preuve reconnue des misères de l'esclavage un argument politique , et l'attribuer aux observations et aux avis du gouverneur, ce n'est là que l'effet déplorable de ce système d'opposition opiniâtre et d'accusation systématique qui a si justement excité l'indignation du public anglais contre celle colonie. Le docteur Cooke est un homme de quelque talent, mais il a séjourné trop longtemps dans ce pays pour être exempt des opinions et des préjugés qui y régnent. Il est gérant d'une habitation, compagnon de planteurs depuis trente ans, médecin praticien des habitations au temps de l'esclavage; par ces causes, et par d'autres présentes à mon esprit, il ne peut être considéré comme un témoin équitable et impartial. Considérant toutes ces circonstances, et connaissant bien le triste état de libertinage où vivent les femmes en ce pays, je ne puis cependant souscrire aux opinions émises par le docteur Cooke, ou attribuer un mal si monstrueux à une cause aussi limitée. Le fait, pour moi, n'est pas assez évident, et certainement il résulte de causes plus générales que celle d'un avis donné par le gouverneur. Je n'ai jamais entendu le clergé ou l'inspecteur des écoles, qui est venu, depuis trois mois, deux fois dans cette paroisse, faire mention de ce sujet d'accusation. Je suis intimement convaincu que, si ce fait avait eu toute l'extension prétendue, et s'il avait fourni matière à une infamie aussi notoire, j'en aurais entendu parler. Cet objet sera cependant présent à mon esprit, et je me livrerai à toutes les recherches qui seront en mon pouvoir afin de procurer de nouvelles informations à Votre Excellence.

8.

d'une dépêche du même au même. — Récolte sur la plantation de Spring-Hill attribuable, entre autres causes, à ce que les loyers ne sont pus clairement fixés.

499

doutant pas que sa présence ne fût tout à fait suffisante pour obtenir l'obéissance due au pouvoir civil, sans avoir recours à l'emploi de la force militaire. J'ai donc donné ordre au custos (le maire) de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en jugement les criminels à la cour des sessions trimestrielles , qui siégeait alors par ajournement, et j'ai enjoint soigneusement au custos, ainsi qu'aux magistrats salariés, de ne point appeler la coopération active des troupes, à moins que le pouvoir civil ne rencontrât encore une fois une résistance sérieuse. Comme votre seigneurie le verra par la copie ci-jointe d'une lettre du juge salarié Fishbourne, le résultat a été tel que je m'y attendais. On n'a point été obligé d'appeler l'intervention de la force armée. La plupart des malfaiteurs ont été arrêtés, et l'on devait les juger le 16 du courant. Il peut être important de rappeler que dans ces cas , et dans deux ou trois autres du même district, où les laboureurs ont montré une disposition moins paisible que celle qui a presque universellement marqué la conduite des classes ouvrières depuis le 1er août, il n'y a aucune raison de croire que cette mauvaise conduite ait eu son origine dans l'idée que leurs maisons et leurs terrains fussent leurs propriétés. Cependant il n'y a aucun doute que les dispositions hostiles qui se sont déclarées à SpringHill n'aient été suscitées par des malentendus avec l'inspecteur, quant à la manière dont le loyer était fixé et le payement demandé , et qu'elles n'aient été considérablement augmentées par la manière peu judicieuse avec laquelle les constables sont tout d'abord allés saisir chez les nègres, les armes à la main. Les nègres de ce district ont toujours été remarquables comme les moins civilisés de l'île, et je crois que dans ce moment ils sont moins abondamment pourvus des moyens d'instruction morale et religieuse, soit par l'église établie , soit par les différentes sociétés de missionnaires, qu'aucune autre partie de la population. Signé Lionel

9.

SMITH.

COPIE d'une dépêche de lord John Russell à l'honorable sir C. T. Metcalfe. — Nécessité défaire disparaître les causes d'animosité entre les maîtres et les apprentis.

Downing-Street, 27 septembre 1839.

Après avoir mûrement considéré les dépêches de votre prédécesseur et les nouvelles reçues de la Jamaïque par différentes personnes de ce pays, il me paraît que ni les améliorations dans la législation, ni la plus grande habileté dans le Gouvernement, ne peuvent assurer la prospérité et la paix de l'île, à moins que de meilleurs sentiments ne s'introduisent dans les

COPIE

King's-House, 17 juillet 1839.

J'ai l'honneur de vous informer qu'en conséquence de ce que les laboureurs, sur la plantation de café de Spring-Hill, dans la partie montagneuse de la paroisse de Saint-George, ont deux fois montré une esprit de résistance aux constables de la paroisse dans l'exécution de mandats de saisie, etc., j'ai ordonné que les

différentes classes de la société. Je désire attribuer l'exaspération présente à des causes tout à fait capables d'avoir produit cet effet, savoir ; l'immensité du changement opéré par la substitution de la liberté à l'esclavage ; chez les maîtres, le mécontentement produit par la diminution de la durée de l'apprentissage, qui avait été fixée par acte du Parlement; chez les laboureurs, la crainte que l'on n'eût abandonné qu'en paroles seulement, et pour le conserver en réalité, le pouvoir de les contraindre au travail.

magistrats salariés accompagneraient un corps de constables spéciaux pour se saisir des meneurs.

Cependant, quelles que soient ces causes, j'espère que le temps et la réflexion pourront convaincre toutes les personnes intéressées

C'est avec regret que. je suis obligé de vous faire savoir que non-seulement les magistrats ont été reçus avec le langage le plus insolent, mais qu'ils ont été attaqués avec des pierres par quelques-uns des plus turbulents agitateurs, parmi lesquels cependant les femmes se distinguaient par leur violence. Alors j'ai pensé qu'il était nécessaire de faire marcher sur la paroisse un petit détachement du 2" régiment des Indes occidentales, ne

que la ruine, ou au moins des pertes considérables dans toutes les classes de la société, devront résulter de la continuation des animosités présentes.

II.

Les propriétaires, s'ils ne peuvent se concilier les laboureurs nègres, verront graduellement abandonner la culture de leurs propriétés, et leurs terres deviendront de plus en plus improductives. 32.


500 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

Les laboureurs, s'ils préfèrent les plus simples moyens d'existence aux salaires qui pourront leur procurer une subsistance confortable, rétrograderont annuellement en civilisation, devien dront une classe ignorante et dégradée de la société, et perdront tous les avantages que l'on peut s'assurer par l'activité, l'industrie et le travail. Il importe fort peu que les différentes classes se rejettent le blâme de l'une à l'autre. La colonie n'en souffrira pas moins, les amis de la liberté et les intérêts de l'empire auront également à souffrir d'un tel résultat. Quant aux censures qui seront méritées, il faut qu'aucun parti ne s'attende à échapper à celles d'un monde impartial. 11 est extravagant de supposer que le nègre pourra exécuter des travaux qu'un blanc, dans la même position, ne pourrait pas faire. D'un autre côté, il est injuste de refuser au propriétaire ce travail continu qui peut seul le mettre à même de payer des salaires élevés. Mais c'est de l'abus des droits constitutionnels et légaux que peuvent dériver les plus grands maux. Si chacun doit pousser à l'extrême des privilèges qui lui sont donnés pour le bien de tous, aucune société ne pourra exister en paix, et une constitution libre devient alors une calamité au lieu d'être un bien. J'aurai d'autres occasions de vous écrire quant aux différentes mesures que l'état présent des affaires peut réclamer. Cette dépêche est destinée à imprimer fortement dans votre esprit ce que votre expérience aura déjà dû vous faire remarquer, savoir : qu'aucun changement dans la législation ne pourra vous tirer avec succès de vos embarras présents, à moins que vous ne prêchiez la paix et la charité parmi les sujets de la Reine, à la Jamaïque, pour le bonheur desquels Sa Majesté ressent la plus vive sollicitude. Signé

B.

RAPPORTS

J.

RUSSELL...

des magistrats spéciaux et des missionnaires ou membres du clergé.

1. Il APPORT de M. Thomas Davies. — Étal moral des apprentis. Falmouth, 29 juin 1835.

J'ai l'honneur de vous mander qu'autant que je peux en juger, il y a progrès dans les habitudes morales de la population nègre, surtout en comparant l'époque actuelle avec celle où je suis entré en fonctions et antérieurement au 1er août; mes rapports constatent que les plaintes diminuent, tant de la part des géreurs que de la part des apprentis, et il me semble qu'il règne une meilleure intelligence entre eux.

éprouvera peut-être îles difficultés à se procurer le terrain nécessaire à une mesure aussi utile. On m'a suggéré que des écoles dans les attributions desquelles on comprendrait l'enseignement de l'agriculture pratique seraient préférables à celles où l'on ne recevrait que l'instruction élémentaire : on consacrerait la moitié de la journée à l'instruction, et l'autre moitié à l'agriculture pratique. Signé Thomas DAVIES, juge spécial.

2.

RAPPORT

de

J.-W.

Baynes.

Paroisse de Saint-Thomas-dans-la-Vallée, 1er juillet 1835.

Je regrette d'avoir à vous annoncer que, pendant quatre mois que je viens de remplir les fonctions laborieuses de magistrat spécial, conformément à l'acte d'abolition, je n'ai remarqué généralement chez les nègres aucune disposition au travail. On est obligé d'user de toute la sévérité de la loi pour les forcer à faire le travail ordinaire ; si les géreurs leur prennent quelques minutes de leur temps, ils s'en montrent très-avares, tandis que le malin ils sont presque toujours en retard et que souvent ils sont paresseux et ne travaillent pas dans le courant de la journée. Je ne saurais donner une preuve plus certaine de ce penchant à la paresse, qu'en vous signalant la manière dont ils élèvent maintenant leurs enfants, repoussant le plus souvent tout moyen qu on leur propose pour leur apprendre à travailler ou pour les mettre en apprentissage. Quant au caractère ordinaire de la classe ouvrière, c'est un composé de malice, de ruse, de bassesse et de mensonge. Dans mon opinion, ils attachent peu d'importance à la sainteté du serment, même en connaissance de cause; et, toutes les fois qu'ils croient trouver quelque avantage à le profaner, ils ne s'en font pas scrupule. Les plaintes, je suis fâché de l'avouer, se multiplient depuis quelques semaines, et manifestent, pour certains cas, delà mauvaise humeur de la part des apprentis. Les nègres sont bien traités par les géreurs, et ils ne s'en plaignent que très-rarement; la loi empêche complètement les géreurs de se livrer envers eux à des actes d'oppression. Je regrette que mon rapport ne soit pas plus favorable. Signé J.-W. BAYNES , capitaine.

3.

RAPPORT

de M. Thomas Dillon.

Great-House (Clarendon), 1er juillet 1835.

On ne peut pas espérer autant de travail pendant les heures que fixe la loi, que lorsque ces heures étaient illimitées; mais, à mon avis, la quantité de travail est proportionnée néanmoins au nombre d'heures. Je suis décidément d'opinion, d'accord en cela avec des hommes expérimentés, qu'on ne pourra jamais faire cultiver la canne à sucre par des blancs, et, si on a l'intention de continuer la culture de cette denrée d'exportation, il faudra nécessairement la confier à des nègres. Les blancs pourront réussir sur les pens1 ou sur des plantations à café; mais, dans ces éta-

Conformément aux instructions de V. E., j'ai l'honneur de vous mander l'impression produite sur moi par la conduite des nègres. Ils me semblent dociles; ils respectent les lois, ils y ont confiance, et ils sont remplis de bons sentiments pour les fonctionnaires qui veulent bien les administrer avec bonté de cœur et intégrité. Comme preuve de leur bonne volonté, je citerai ce fait que, sur toutes les plantations de ce district, tous les apprentis ont

bissements-là même, ils ne réussiront pas si on nous envoie des êtres aussi dépravés que ceux qui nous sont arrivés, qui deviennent ivrognes, et donnent un fort mauvais exemple aux

offert, d'eux-mêmes, de travailler moyennant salaire. Et si Votre Excellence veut bien songer que les heures qu'ils consacrent au travail extraordinaire sont celles qu'on destine ordinairement au

apprentis. Je suis convaincu que V. E. prend intérêt au bien-être des enfants que la loi a déclarés libres. Si l'on établissait des écoles dans l' intérieur de la colonie, ils en profiteraient, car l'éducation leur donnerait des habitudes d industrie. Si l'on n'y songe pas

sommeil ou au repos, elle conviendra que ce fait les relève de l'accution de paresse si souvent portée contre eux. On a aussi accusé souvent les apprentis de négligence, d'insolence, d'insubordination et de petits vols; ces accusations sont

bientôt, ces enfants deviendront une race de fainéants; mais on 1

Établissements pour l'élève des bestiaux. *

diminuées de moitié dans mon disctrict. Je dois ajouter que tous ceux de qui dépendent les apprentis,


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

501

tant géreurs, économes, que teneurs de livres et autres subordonnés, à une seule exception près, usent d'humanité à leur égard. Ils exigent le travail, l'obéissance et le respect au point d'en être fastidieux; mais je n'ai eu connaissance que d'un seul acte d'oppression dont j'ai parlé, et encore était-il peu grave. En somme, milord, je dois dire que la réciprocité de bons sentiments et de tolérance entre maîtres et serviteurs s'affermit de

des systèmes suivant lesquels le travail est dirigé. Dans telle propriété, en effet, on ne trava lie que huit heures par jour, tandis que, dans telle autre, on travaille neuf heures; encore les apprentis, dans cette dernière, n'ont-ils pas pour eux la moitié de chaque vendredi, ou, ce qu'ils préfèrent, un vendredi tout entier par quinzaine. J'ai l'intention d'user de l'influence que je possède pour engager les planteurs de la paroisse à se réunir et à

plus en plus, et que cette même providence bienfaisante et miséricordieuse, qui a présidé à la mesure extraordinaire et sans exemple d'émancipation graduelle, en surveille et accélère encore l'accomplissemen t définitif.

s'entendre, afin que le travail, autant que cela est possible, s'exécute d'après le même mode d'organisation. Toutes les personnes auxquellesj'ai déjà communiqué mon idée me semblent disposées

Signé Thomas

II.

RAPPORT

de

M.

DILLON.

Arthur Welch.

Plantation de Warwick (district de Carpenters-Moutain, paroisse de Manchester), 1erjuillet 1835.

Les nègres de ce district sont paisibles et généralement bien disposés. Le travail se fait régulièrement et sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à la loi. Les crimes y sont rares, les délits les plus graves que j'aie eu à constater consistent à dépouiller de temps en temps les terres à provisions, et je mets en œuvre, tous les moyens que m'accorde

à la suivre. Il y a une disposition qui paraît générale chez les apprentis, c'est de travailler moyennant salaire. A Parker-Hall, ils s'occupent gaiement, dans le temps qu'ils ont à eux, à creuser la terre pour la plantation des cannes, et ils peuvent gagner quatre schellings par jour. A Palmet, à Byndloss, ils travaillent également pour de l'argent. A Williams-Fields, ils s'occupent pour leur propre compte pendant dix heures chaque jour, et prennent, pour se reposer, un vendredi par quinzaine. Enfin, durant la récolte, dans le plus grand nombre des plantations, les apprentis travaillent quelques heures de plus que le temps fixé. Je suis heureux, en terminant , d'annoncer à Votre Honneur que tous les apprentis, suivant l'usage, ont repris leurs travaux lundi matin, sans montrer le plus léger symptôme de mécontentement. Signé

T. WATKINS-JONES.

la loi pour les prévenir. Partout les apprentis sont traités avec humanité par les maîtres ou les géreurs. On ne les laisse pas manquer de terres pour cultiver leurs provisions ; ils ont des volailles et des porcs, quelques-uns même ont des chevaux. Le dimanche, leur extérieur est bien mieux que celui des paysans d'Europe. La mendicité et le besoin sont étrangers à la colonie. Les plaintes d'apprentis contre leurs maîtres ou les géreurs sont rares, et encore découvre-t-on le plus souvent que les apprentis sont les agresseurs. J'ai tout lieu de croire que les apprentis travaillent aussi bien que pendant l'esclavage. Quelques planteurs se plaignent qu'ils ne peuvent entretenir la même quantité de terrain en état de culture; mais cela doit se comprendre eu égard à la diminution légale des heures du travail. Lorsque les nègres font un travail salarié, ils semblent travailler plus activement que pour leurs lâches journalières. Quelques planteurs prétendent que depuis quelque temps les nègres négligent la culture de leurs terres à provision pour avoir plus de temps à louer au dehors. Comme ils ont assez de temps à eux pour faire ces deux choses, j'attribue celle négligence plutôt à leur paresse et, peut-être aussi, à la sécheresse de la saison. Ce que j'aurais à dire pour l'avenir ne peut être que problématique; mais je considère le système actuel, avec une sage application des mesures prescrites par la loi, comme tout aussi avantageux aux maîtres qu'aux serviteurs, et je ne vois pas non plus une diminution dans les denrées d'exportation. Enfin je crois que les paysans de l'île sont plus à leur aise et plus heureux que ceux de quelque autre contrée de l'Europe que ce soit, et je suis certain qu'en devenant définitivement libres ils auront à surmonter bien des difficultés dont ils n'ont pas eu d'idée jusqu'à présent. Signé Arthur

5.

RAPPORT

WELCH,

magistrat spécial.

de M. T. Watkins-Jones. Logan-Castle, 5 août 1835.

J'ai trouvé dans cette paroisse beaucoup de mécontentement parmi les apprentis. Ce mécontentement provenait de la diversité II.

6.

RAPPORT

de M. E.

B.

Lyon.

Palmetto-River (Saint-Thomas-dans-l'Est), 12 août 1835.

On a avancé, dans l'assemblée coloniale, que les nègres sont entêtés et indolents : ce que j'ai vu et entendu m'a donné la preuve du contraire. Les nègres, dans ce district, s'acquittent pour la- plupart de leurs devoirs avec beaucoup de zèle et de conscience, et si, dans certaines localités, la dernière récolte n'a pas valu la précédente, ce n'est point de leur faute. A HarbrandHall, à Hall-Head et à Rosette (plantations où l'atelier a toujours montré l'activité la plus louable pendant ou après la récolte, et ou les plaintes ont toujours été très-rares), on n'a pas planté de cannes dans le courant de l'année 1834. On craignait, à cette époque, que le travail, après l'abolition de l'esclavage, ne fût pas soutenu aussi activement qu'il l'a été. Sur sept plantations à sucre que j'ai visitées, et qui embrassent une population de 2,145 apprentis, mon journal de la semaine passée ne constate que deux plaintes légères. Signé E. B.

7.

EXTRAIT

LYON,

juge spécial.

d'une lettre du juge spécial Cockning à

M.

Nunes.

1er septembre 1835.

Je prends la liberté de faire savoir à Son Excellence que les apprentis attachés aux églises des différentes communions se montrent très-actifs, très-intelligents et très-honnêtes dans l'accomplissement de leurs devoirs. Ces résultats sont dus au soin que leurs différents pasteurs prennent de leur bien-être spirituel etau zèle avec lequel ils s'efforcent de leur inspirer des sentiments de douceur et d'union.

8.

EXTRAIT

du rapport du juge spécial J. A. Dillon, au sujet de la paroisse de Sainte-Anne. Retirement ( Great-House ), 27 octobre 1835.

Les fautes des apprentis consistent en désobéissances, absences, négligences de travail et petits larcins. Votre Excellence

32..


502 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

a dû voir, dans les documents que je lui ai envoyés sur la population de cette paroisse, qui comprend déjà plus de 4,000 adultes, qu'en un mois il n'y a eu que onze punitions infligées, et que ce chiffre n'a jamais été dépassé ni avant ni après mon arrivée dans la paroisse, pour le même espace de temps

de temps en temps, dans ce même village, où l'on construit en ce moment une chapelle pour les gens de cette profession. A Davres-Cove, à quelques milles de Green-lsland, il y a un ministre presbytérien qui officie aussi tous les dimanches. Signé John

11.

9.

RAPPORT

de M.

R. L.

Cooper.

Plantation Orange-Hill (Jamaïque) , le 29 décembre 1835.

Les apprentis manifestent de plus en plus de l'inquiétude relativement à leurs cases et à leurs jardins. Beaucoup d'entre eux, qui en ont été privés depuis longtemps, désirent vivement en avoir. Ceux qui en ont les entretiennent d'une manière qui fait le plus grand honneur à leur industrie. La religion se propage rapidement parmi eux. Les mariages sont très-fréquents, et tout fait espérer que le concubinage ne tardera pas à être aboli pour toujours des mœurs des nègres. Il y a un fait que je me permettrai surtout de signaler à Voire Excellence, convaincu qu'elle en éprouvera un sensible plaisir : c'est l'éclatante amélioration qu'on constate chez les enfants nègres au-dessous de six ans sur presque toutes les plantations. ! a conduite des parents nègres est exemplaire; elle est digne d'être imitée par leurs voisins plus riches. Bien qu'ils ne veuillent pas destiner leur progéniture à cet état d'esclavage, dans lequel ils ont si longtemps souffert euxmêmes, ils témoignent le bien louable désir d'assurer à leurs enfants des protecteurs qui puissent leur procurer les bienfaits de l'éducation. Signé R. L.

10.

RAPPORT

COOPER,

magistrat spécial.

de M■ John Odell.

Saltspring (Hanovre), 29 décembre 1835.

J'ai l'honneur de vous mander, en réponse à votre circulaire , que la conduite générale de la population nègre de ce district est exemplaire. On doit attribuer celte amélioration dans les dispositions des nègres plus particulièrement aux bons traitements que ne cessent de leur prodiguer la plupart des géreurs des plantalions auxquelles ils sont attachés. Je vous dirai aussi qu'il y a bien moins de plaintes de toute nature. La récolte vient de commencer; elle promet d'être abondante : cependant on m'assure qu'il y aura quelque diminution sur celle de l'année dernière. Si les fortes pluies, qui ne cessent de nous inonder depuis cinq ou six jours, se prolongeaient, je craindrais que celte diminution ne fût considérable ; autrement je pense qu'elle sera très-peu importante. Sur beaucoup de plantalions , il y aura même, je pense, une forte augmentation par comparaison avec l'année dernière; tandis que, sur d'autres encore, il y aura diminution. Je crois qu'en général il faut attribuer la diminution à une mauvaise direction du travail. Les vacances de Noël se sont passées en fêtes et en réjouissances, et les apprentis ont repris de si bon cœur leurs travaux, que l'intention des géreurs est, a ce qu' il paraît, de leur accorder vendredi prochain comme congé supplémentaire. Quant a ce que me demande votre seigneurie, relativement à l' éducation ou au progrès moral de la population libre et des apprentis de ce district, je regrette d'avoir à vous annoncer que jusqu ici il a été fait bien peu de choses pour arriver à un but aussi important; cela se borne même à quelques louables efforts de la part du clergé. Le service divin est célébré régulièrement tous les dimanches par un ministre de l' église anglicane, dans une chapelle fort commode et nouvellement construite à Green-lsland. La congrégation est fort nombreuse. Un ministre baptiste prêche,

RAPPORT

ODELL,

juge spécial.

général sur l'état du district, par M. C. Hawkins, magistrat spécial 31 décembre 1835.

Les nègres du district que j'ai l'honneur d'administrer sont tranquilles et soumis ; les apprentis paraissent fort désireux de travailler, moyennant salaire, sur les plantations de leurs maîtres ou sur celles des autres , selon l'occasion. Sur la plupart des plantations de ce district, les nègres ont paru contrariés de voir appe1er des lâcherons, soit pour le plantage des cannes à sucre, soit pour d'autres travaux. Us m'ont prié d'intercéder auprès des géreurs pour qu'aucun travail des plantations ne soit confié à des mains étrangères. Je suis heureux de pouvoir vous assurer que la conduite générale des apprentis s'améliore de jour en jour. J'ai lieu d'espérer aussi que la morale ne restera pas en dehors de ce mouvement d'amélioration , car les mariages commencent à devenir beaucoup plus fréquents. J'ai cru voir aussi que les nègres se néglignent beaucoup moins : ainsi leur toilette est plus soignée, leur mise plus décente, et il y a chez eux des habitudes de propreté qui n'existaient pas il y a quelque temps. Quant au traitement qu'ils ont à éprouver de la part de leurs maîtres, je ne crains pas d affirmer que tous les propriétaires de ce district et leurs subordonnés, sans exception, sont bons, humains et indulgens envers leurs apprentis. J'en juge d'après mes observations personnelles. Du reste, et je n'ai reçu, de la part des nègres, aucune plainte qui puisse me faire croire le contraire, il me semble qu'il existe entre les maîtres et les apprentis une réciprocité de bons sentiments dont on ne voyait pas d'exemples avant l'abolition. L'ouvrier travaille mieux, et le maître est moins exigeant. Il y a eu beaucoup moins de plaintes de part et d'autre depuis que j'administre ce district ; j'en ai reçu beaucoup moins qu'on ne pouvait le supposer, eu égard au chiffre de la population, et considérant que je visite régulièrement toutes les plantations une lois par semaine, et quelquefois même plus souvent, si les circonstances l'exigent. Les jours de mes visites sont toujours connus a l' avance des maîtres et des apprentis, et ils savent.bien que je fais droit à toutes les réclamations qu'ils peuvent m'adresser. Les champs à cannes sont dans un état très-prospère, surtout ceux des plantations situées sur le bord de la mer. Les grandes pluies qui viennent de tomber nous font espérer que la récolte de cette année sera beaucoup plus belle que celle de l'an passé : c'est là, du moins, ce que prédisent les plus anciens planteurs Les champs on été sarclés et enfumés comme à l'ordinaire, et les travaux marchent aussi activement Sur quelques plantations les cannes sont bonnes à couper. Je n'ai pas entendu émettre un seul doute sur le résultat de la récolte, comme l'année dernière ; tout le monde semble espérer, au contraire, que celle de cette année sera assez belle. Les vacances de Noël se sont passées sans trouble. J'ai su même que tous les nègres s'étaient rendus à l'église le jour de Noël et le dimanche. Tout Je monde s'est trouvé à l'appel le lundi, comme à l'ordinaire. Votre Excellence m'a demandé de lui faire connaître quelles sont les mesures qu'on a prises pour l'instruction de la population nègre et autre. J'ai l'honneur de lui annoncer que le révérend John Vine vient d'établir une école pour les enfants sur la plantation Arcadia, sous la direction de M" * Vine. Elle a eu environ 40 élèves jusqu'ici. Ces élèves sont pour la plupart des 1


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. 503 enfants d'apprentis. On l'a même priée d'en recevoir davantage; mais elle a reconnu qu'il lui serait impossible] d'en instruire un plus grand nombre. M. Vine attend journellement un maître d'école qui doit arriver d'Angleterre. Il a l'intention alors de former une école sur un très-grand pied, et il ne doute pas qu'elle ne soit bien suivie. M Vine n'a exigé aucune rétribution jusqu'ici. Son mari fait aussi de petites instructions aux apprentis entre les heures de l'office. Il leur explique l'Ecriture sainte et leur enseigne la lecture. L'auditoire est toujours très-nombreux, et tout le monde se comporte très-convenablement. me

Signé C.

12.

RAPPORT

de

M.

, juge spécial.

HAWKINS

John Daughtrey.

Sainte-Elisabeth , 21 juin 1836. La classification des apprentis, telle qu'on l'a jusqu'ici opérée dans ce district, non-seulement n'a pas été suivie des maux qu'on avait prédits, mais elle a eu un résultat exactement, contraire. Quelques paroles bien simples ont suffi pour faire comprendre aux apprentis le but de celle mesure, et pour la dépouiller de tout mystère. Delà j'ai pris occasion d'occuper leur attention quelques instants, et de leur faire voir que le soin avec lequel on établissait les catégories légales prouverait, s'il pouvait subsister encore quelques doutes à cet égard, que l'apprentissage serait terminé exactement à l'époque promise et au jour indiqué; et qu'avec autant de certitude qu'en voyant le soleil se coucher le soir ils savent qu'il se lèvera encore une fois le lendemain matin, ils pouvaient être certains que, le 1" août 1840, ils auraient leur entière liberté. Mais lorsque ce moment approlorsqu'il ne restait plus chait désormais avec tant de rapidité guère que quatre ans, et que leur bien-être avenir pouvait dépendre, en grande partie, de la conduite qu'ils tiendraient maintenant, delà réputation qu'ils se feraient comme apprentis, il était de la plus haute importance pour eux que chacun s'occupât de l'œuvre de sa propre réforme ; que les personnes honnêtes et industrieuses, hommes ou femmes seront sûres de trouver de l'appui dans leur propre maître ou dans quelque autre ; mais que les temps seront mauvais pour les paresseux et les vauriens, dont personne ne voudra alors se charger. Je ne les ai jamais vus écouter avec plus d'intérêt, ni sembler plus frappés de tout ce que j'avais pu leur dire auparavant. Malgré les assertions contraires de la vieille race des planteurs, qui s'y sont, d'ailleurs , rarement prêtés , les noirs paraissent toujours contents que l'on s'adresse à leurs sentiments, et sans leur contester la raison. Il est évident que l intelligence grandit chez eux à mesure qu'elle est exercée. J'ai l'espoir et je suis réellement persuadé que la direction donnée à leurs esprits par ce court appel aura une influence salutaire sur la conduite de plusieurs d'entre eux. Signé John

DAUCHTREY.

les intérêts, il faut en excepter quelques circonstances particulières, où des femmes, condamnées à travailler au tread-mill, ont opposé la résistance la plus déterminée, jusqu'à défier les lois et mettre leur vie en danger; mais, appuyé sur une longue expérience, je puis affirmer que, eu égard à la nature et à l'étendue de la population , il y a moins de crimes et moins de punitions dans ce pays qu'il n'en faudrait compter en Angleterre s'il s'agissait de maintenir la même proportion d'apprentis dans l'obéissance à leurs maîtres et de les éloigner de l'ivrognerie. Les récoltes sont très-médiocres ; mais les directeurs font de grands préparatifs pour l'année prochaine et plantent une grande quantité de cannes. Les champs de cannes et les pâturages sont dans un état beaucoup plus beau et plus avancé, et leur produit sera enlevé en temps convenable. Nous devons nous plaindre que l'emploi des machines soit aussi restreint : le travail serait considérablement diminué, on porterait remède à la destruction des chevaux, et les propriétaires en retireraient un beaucoup plus grand profil. Des hommes fort expérimentés m'ont assuré que, par l'économie qu'il serait possible de réaliser en chevaux et en travail manuel, la dépense nécessaire pour l'achat des machines serait remboursée en deux ans.

14.

d'une lettre D'Edward Dacres Baynes, esq. magistrat spécial, au marquis de Sligo. — Etat moral des nègres.

COPIE

Aylmers-Saint- Jean, 30 juin 1836.

Suivant les ordres de Votre Excellence, je dois lui faire savoir que, bien que les apprentis, continuent, sur différentes propriétés, à se montrer difficiles et opiniâtres, aimant mieux être mis à l'amende par le juge spécial que de donner librement à leur maître une proportion convenable de travail, ils n'en connaissent pas moins leur position ; qu'ils remplissent les conditions de l'acte d'abolition, et qu'ils continuent, sinon avec plaisir, au moins sans murmures, à travailler pour leurs maîtres d'aussi bonne grâce qu'on peut l'exiger de gens qui reçoivent une rétribution si disproportionnée à leur travail. A Spring-Vale, la même industrie et la même bonne conduite existent toujours. Celte propriété, dont M. Turner est l'attorney, et M. Burke le directeur, mérite qu'on l'offre en exemple à toute l'île. Il s'est passé deux ans sans une seule plainte, ni du maître ni des apprentis. Vingt-cinq laboureurs de Spring-Mount, propriété du D' Loane, ont été récemment loués pour aller travailler à Spring-Vale à l'année. Je n'hésite point à dire qu'ils étaient les plus mauvais nègres de la paroisse; ils étaient paresseux, insolents, toujours mécontents et continuellement punis. Cependant M. Burke m'a dit qu'il n'avait point à désirer que des nègres se conduisissent mieux que ceux-ci ; tel est l'effet d'un gouvernement doux, raisonnable et conciliant. Dans tous mes anciens rapports je me suis plaint du résultat déplorable que produisait le manque d'uniformité dans la conduite des différents propriétaires de ce district, et je l'ai attribué à la mésintelligence, si visible dans bien des cas, entre le maître et l'apprenti. Tandis que sur une propriété un nègre jouit de tous les

13. EXTRAIT dune lettre de F. J. Baynes, magistrat spécial, au marquis de Sligo. — Etat moral des apprentis. — Etat de la culture. er

1 juillet 1836.

.... Nul état de société ne peut être parfait. Dans plusieurs circonstances les apprentis se sont coalisés pour ne faire que peu d'ouvrage, ou même pour n'en pas faire du tout. La loi a eu cependant assez de force pour punir les fautes et proléger tous II.

avantages et de tous les congés qui lui étaient accordés sous l'ancien système, sur la propriété voisine tout ce qui va au delà de la misérable pitance accordée par la loi lui est absolument refusé. Estil naturel que l'apprenti travaille aussi bien et avec autant de satisfaction que dans le premier exemple? Est-il probable qu'après la fin de l'apprentissage il doive aimer beaucoup le maître sévère, et ne préférera-t-il pas offrir ses services au maître plus humain et plus indulgent? Il ne faut pas une grande sagacité pour sentir que des personnes qui agissent de cette manière sacrifient aveuglément leurs intérêts aussi bien que ceux de leurs commettants,

32...


504 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. - PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

et qu'ils s'interdisent par là tout espoir de s'assurer plus tard les services de ceux qui leur sont actuellement soumis. Ils mangent en herbe l'espoir de leur moisson, ou ils arrachent l'arbre pour s éviter la peine de le cultiver. L'économie qui ne voit que le présent, est méprisable. La perle qui attend ceux qui raisonnent ainsi est incalculable. A quel litre le maître pourra-t-il demander aux affranchis, en 1840, de faire quelque chose pour lui, lui qui n'a jamais rien fait pour eux ?

progrès moraux. Si l'on ne se résout pas à faire les efforts les plus sérieux et les plus persévérants pour réparer le temps perdu, si les mauvaises tendances de son caractère ne sont pas réprimées, et les bonnes encouragées; si, enfin, on ne se bâte pas de lui enseigner ses devoirs religieux, civils et sociaux; son émancipation prochaine sera un malheur pour les autres, sans être un avantage pour lui. Avant de terminer ce rapport, je désire représenter à Votre

Quand je dis que la paroisse est tranquille et soumise, que les apprentis travaillent convenablement, que la culture va bien,

Excellence l'état de dénûment complet qui sera probablement le partage des nègres âgés et infirmes qui depuis longtemps sont incapables de travail, et qui sont en conséquence déclarés par la loi non predials après le 1er août 1838. Ces fidèles servi-

qu'on a récollé beaucoup plus qu'on ne s'y attendait, d'après la diminution des heures de travail; que ce district a donné en produit une moyenne aussi belle que celle des dernières années du vieux système, et que l'apprenti rachète souvent aujourd'hui les quatre années d'apprentissage qui lui restent à courir à un prix plus élevé que celui où l'usage avait fixé autrefois la valeur d'un nègre jeune et bien portant, j'ai raconté des faits et épuisé tous les sujets du côté de la louange. Le revers de la médaille n'est guère encourageant. Si le nègre travaille bien , ce n'est pas, sur la plupart des propriétés, par bonne volonté envers son maître, mais par la crainte des punitions; c'est surtout parce qu'il se dit que sa tâche touche à sa fin et que, voyant approcher l'heureux moment de sa liberté, il craint peut-être de le retarder; mais les exceptions, comme Votre Excellence a dû s'en apercevoir, sont nombreuses. Je ne puis m'empêcher de faire remarquer que, depuis le commencement de cette année, les grands crimes ont augmenté.Depuis deux mois j'ai envoyé aux cours supérieures un plus grand nombre de criminels que pendant le temps écoulé er

depuis le 1 août 1834. Les vols de provisions sur les terrains cultivés et de cannes à sucre dans les champs sont très-fréquents, et cependant j'ai lieu de croire que je n'en connais pas la cinquième partie, les directeurs aimant mieux pardonner le délit que d'avoir à encourir la peine et la dépense, avec les pertes de temps et de travail, causées par le renvoi de l'affaire aux sessions trimestrielles. Pour rendre justice cependant à la majorité des habitants de SaintJean, je dois faire remarquer que, par sa situation centrale, sa proximité des villes de Saint-Jago, d'un côté, et d'Essequibo, de l'autre, son voisinage de la côte, ses chemins presque impraticables, sa culture peu étendue, ses vastes forêts, et sa grande proportion de colons noirs et libres, qui encouragent et qui recèlent les fugitifs, elle est particulièrement propre au refuge de personnes de mauvaise réputation. Le district appelé the RedHills (les Collines-Rouges) est surtout infesté de fuyards. J'en ai fait arrêter vingt depuis quelques jours. La conduite des nègres envers leurs maîtres est moins respectueuse qu'autrefois; ils sont encore peu instruits de leurs devoirs religieux et de leurs obligations morales, et ils sont aussi grossiers et licencieux que jamais dans leurs habitudes particulières. D'après mes observations, les noirs n'ont point fait le progrès nécessaire pour pouvoir remplir les devoirs de citoyens libres. Deux années, formant le tiers complet de l'apprentissage, se sont écoulées sans que l'on ait fait un seul effort utile pour développer ou améliorer leurs facultés morales. Personne ne s'est avancé; on n'a pas levé la main pour indiquer le chemin; personne n a ouvert la bouche pour les instruire ou pour améliorer leur sort ; on les a abandonnés entièrement à leurs lumières imparfaites et isolées. Sur une population de 6,000 âmes, toutes les écoles de celte paroisse réunies ne comptent pas plus de 80 élèves, si l' on excepte les écoles du dimanche. L'église paroissiale ne contiendrait pas la quarantième partie des habitants de la paroisse. Je ne vois point d'infériorité naturelle dans le nègre; je suis persuadé qu il n en existe point. Donnez-lui les mêmes avantages qu a l' Européen, et il n y a pas de raison qui puisse faire supposer qu il ne l' égalera point ; mais, si l'on doit encore l'abandonner a lui-même, comme il lest à présent, il pourra continuer les efforts corporels qui lui sont journellement demandés par son maître, mais il y aurait de l'absurdité à exiger de lui des

teurs, qui ont passé toute leur vie, sacrifiant leur jeunesse, leur santé et leur force pour entretenir le luxe de leurs maîtres; ces pauvres vieillards, dont quelques-uns touchent à l'âge de cent ans, qui ont survécu à tous les membres de leur famille, sans un ami pour les aider dans leurs nécessités, ni pour fournir à leurs besoins , seront, peut-être avant la fin de leur apprentissage, renvoyés de leurs demeures, et réduits à périr dans les bois ou sur les terres incultes, à moins qu'avant celte époque quelque loi, réclamée par tous les sentiments d'humanité et de justice, ne soit portée en leur faveur. Signé

15.

EXTRAIT

, juge spécial.

E. D. BAYNES

d'une lettre de Patrick Dunne, esq., juge spécial, au marquis de Sligo. Saint-David, 29 juin 1836.

. .. Les apprentis sont rangés, industrieux, et se conduisent bien. Les plaintes contre eux diminuent toujours, et celles qui arrivent sont généralement légères. Les laboureurs sont extrêmement inquiets au sujet des terrains à provisions, et très-soigneux de les cultiver ; mais ils ne refusent pas, quand ils peuvent le faire, de travailler, moyennant une juste rémunération, pendant les jours de congé qui leur sont accordés. Quand les nègres sont traités d'une manière convenable, ce qui n'arrive pas toujours, il n'y a que de fort bons rapports entre eux et leurs surveillants ; ils connaissent parfaitement leurs droits et les soutiennent avec opiniâtreté; il est surprenant que, privés comme ils l'ont été, presque sans exception, des bienfaits d'une éducation convenable, ils soient presque tous si intelligents et si sensés. Les querelles, les émeutes et l' ivrognerie sont rares parmi les laboureurs. Les chefs d'atelier (head people) sont intelligents et dignes de confiance. Sur deux propriétés, Bell-Clare et Fair-Prospect, les surveillants sont des nègres; sur celte dernière propriété, qui appartient à Alderman Tyrrell, de Kingston , le commandeur, James Tyrie, fut libéré par son maître il y a peu de temps et mis à la tête de la propriété lorsque celui-ci quitta la colonie ; l'autre propriété, appartenant à M. Leslie, un des membres de la Chambre législative pour cette paroisse, est dirigée par William Leslie, qui est encore apprenti. Je parle de ces circonstances pour montrer l'estime que l'on fait de leur intelligence, et la confiance que l'on a dans leur discrétion. L'affection et les soins que les femmes prodiguent à leurs petits enfants sont fort louables, et, eu égard aux difficultés qui les environnent, elles ne sont point surpassées en cela par les femmes de quelque pays que ce soit.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

16.

RAPPORT

spécial trimestriel du colonel Gregg au marquis de Sligo. Juillet 1836.

Il a été hautement proclamé que l'on n'a fait aucune opposition à la loi d'abolition ni à son exécution. J'accorde ce fait. La loi est exécutée à peu près littéralement; mais, milord, l'esprit de la loi est-il compris comme il doit l'être ? Peu de personnes pourraient l'affirmer. Il serait à peu près aussi raisonnable de s'attendre à ce qu'un voleur abandonnât son métier, parce que la Chambre des communes aurait déclaré le vol illégal, que de s'attendre à ce que des gens qui depuis cinquante ans ont disposé d'un pouvoir arbitraire y renoncent tout à coup pour entrer dans l'esprit de la loi. Quand le juge spécial inflige une amende pour infraction à la loi, il n'est pas rare d'entendre dire par la personne qui paye l'amende que le misérable noir recevra une terrible correction à la première occasion, et puis on la voit payer ensuite tranquillement ses 125 francs. Ceci me fait penser à l'anecdote du marin qui avait été mis à l'amende d'une guinée pour avoir crevé l'oeil à un adversaire, et qui en paya deux en disant : Voilà; mais il me faut l'autre œil. Il y a bien des manières d'éluder la loi; plus les difficultés sont grandes, plus on s'applique à les éviter; et, comme mes assertions pourraient passer pour inexactes, on me permettra d'indiquer quelques-uns des expédients qui sont employés pour éluder la loi, par ceux qui proclament le plus hautement le désir qu'elle ait un libre cours. Je dirai d'abord que l'apprenti ne montre pas autant de zèle pour le travail qu'on veut bien le dire quelquefois, et que, de son côté , il élude la loi chaque fois qu'il lui est possible de le faire, par toutes les ruses qu'un sauvage sait déployer quand il veut obtenir quelque chose. Il faudrait décider si cela vient de sa profonde ignorance, ou si c'est par un désir de tracasser son ancien maître, qui, comme je l'ai déjà dit, ne perd aucune occasion d'éluder lui-même l'esprit de la loi. Je reviens aux expédients dont j'ai parlé. Supposons que les parents d'un enfant de douze ou treize ans désirent racheter sa liberté, parce que le maître trouve toujours quelque chose à redire à l'égard de cet enfant; ils font les démarches nécessaires, alors le maître vient dire « que c'est un excellent garçon,» et qu'il désire le garder. Les parents sont tout surpris, et cependant, comme ils ne veulent pas contester ce qu'ils pensent être vrai, il en résulte que l'enfant est estimé à un prix beaucoup plus élevé, et quelquefois au delà de celui que les parents peuvent donner. Les vieillards désirent arriver au but, qu'ils espèrent atteindre depuis trois quarts de siècle. Après avoir donné non-seulement leurs enfants, mais leurs petits enfants à la propriété, après avoir rendu pendant cinquante ans des services nombreux sans une seule tache à leur réputation, il arrive qu'ils ne peuvent plus travailler (quoiqu'ils soient en parfaite santé). Eh bien alors, à cause même de leur excellente conduite, on leur donne la surveillance d'un atelier. Quelle est la conséquence de ce fait ? Le maître déclare qu'ils ne peuvent plus être sujets à l'estimation ! et voyez pourquoi ? parce que , par exemple, une femme a passé l'âge de faire des enfants, parce qu'elle a la surveillance d'un

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testé, en demandant une autorisation pour aller travailler autre part. Comme le magistrat ne peut la lui accorder, il lui promet de parler et parle en effet à son maître; mais le maître, soit qu'il veuille montrer à l'apprenti que le magistrat n'est point toutpuissant, soit par tout autre motif, fait celle réponse spécieuse « qu'il ne peut se passer d'un cultivateur aussi capable au moment où il paye des ouvriers pour terminer l'ouvrage négligé par les apprentis. » C'est par mille oppositions semblables que l'esprit de la loi, aussi bien que l'esprit d'harmonie qui devrait exister entre le maître et l'apprenti, se trouvent froissés. Il en résulte que les apprentis vont aux champs, non pour y travailler, mais pour s'y entretenir de leurs griefs. Le maître trouve une résistance passive dont il ne peut comprendre le motif; car, dit-il, ils n'ont aucune raison de se plaindre. On leur a donné leur drap, leurs jours de liberté, leur poisson salé, leurs terres à provisions, etc. Il va chercher son voisin pour examiner leur ouvrage, prend son opinion, et appelle le magistrat; l'ouvrage est vérifié par le voisin : en un mot, il fait toutes les démarches indiquées par la loi, dans le but, dit-il, de ramener les apprentis aux sentiments de leur devoir, et n'hésite point, en même temps, à déclarer « que le système est mauvais, » ce qui est vrai à son égard; mais alors on peut se faire celte question ; « Si le maître n'avait point commencé , l'apprenti aurait-il pris l'initiative ? » Cette question, comme toute autre relative au caractère du nègre, ne peut facilement se résoudre, parce que la vraie disposition du noir n'est que peu connue. A l'appui de ce que j'avance, je puis me référer à ce qui a été si souvent dit pendant la discussion du système d'émancipation, par ceux-là même qui possédaient tous les moyens de se procurer des informations exactes; je fais allusion a la déclaration qu'on ne pourrait jamais persuader aux nègres de travailler pour un salaire. Cette assertion paraît maintenant si peu vraie, que les apprentis s'en vont de propriété en propriété pour se louer, avec un empressement qui est incroyable. Ils abandonnent leurs terres à provision ou en négligent beaucoup la culture ; ce qui devient très-préjudiciable pour les personnes qui sont obligées d'envoyer au marché, car on ne peut avoir maintenant pour 25 francs les provisions que l'on avait anciennement pour 8 francs. On se demande encore, si le maître eût accordé à l'apprenti de se louer à d'autres, n'aurait-il pas pu remplacer le travailleur sortant avec ce que lui aurait payé celui-ci, outre la grande probabilité que celui-ci se serait repenti quand il aurait vu qu'il lui faudrait aller beaucoup plus loin pour arriver à son ouvrage, ou travailler beaucoup plus dans sa nouvelle place. Un propriétaire pardonne quelquefois un peu de paresse à ses apprentis, mais voudrait-il payer des gages à de mauvais ouvriers? Je ne le pense pas. Ainsi, quand cet esprit de résistance passive se montre, le maître, qui ne veut pas abaisser son autorité aux yeux de son ancien vassal en faisant appeler un magistrat, essaie de mettre un frein à cette résistance en vexant l'apprenti, et voici un des moyens dont il se sert. Généralement parlant, les terres des nègres sont situées à une grande distance des travaux, et dans des pays montagneux, qui ne peuvent facilement servir à produire les denrées coloniales. Ces terres sont, en conséquence, d'un accès difficile, souvent à dix ou douze milles, le maître n'est obligé que de donner vingt-six jours entiers par an, au nègre pour la culture de ses terres, sans spécifier

atelier, et parce qu'elle s'est conduite admirablement durant toute sa vie, toutes ses bonnes qualités sont maintenant tournées

dans quelle partie de la semaine le jour ou la demi-journée sera donné; et comme le vendredi est le meilleur jour pour l'apprenti, à cause du samedi qui le suit, le maître informe ses apprentis

contre elle, et pour avoir servi fidèlement elle ne peut obtenir ce qu'elle désire le plus sur la terre. Un maître et son apprenti ne peuvent plus s'accorder, parce que l'apprenti fait entendre di-

qu'il ne peut leur donner le vendredi après-midi, parce qu'il en a besoin lui-même, mais qu'il leur donnera leur demi-journée le lundi. A quoi peut servir l'après-midi du lundi aux apprentis,

rectement ou indirectement qu'il n'est plus esclave. En conséquence , l'apprenti désire se soustraire à l'œil de celui qu'il craint le plus ; mais il n'a pas les moyens d'acheter sa liberté : il court chez le magistral, qu'il considère comme au-dessus de son maître, et lui dit combien il déteste celui-ci, ou combien il en est dé-

dont les terres sont à une heure de chemin, surtout pour des gens déjà fatigués du travail de la matinée, particulièrement quand ils ne tirent pas un salaire immédiat de leurs travaux. Quelles sont donc les conséquences naturelles de ce fait ? Les femmes s'en vont rôder sur la propriété, à la recherche de nour-


506 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES — IIe PARTIE. rilurc pour leurs porcs; les cultivateurs, qui ont de quoi souper, vont s'asseoir dans leurs cabanes, et, tout en fumant leurs pipes, ils concerlent quelque moyen de vexer leur maître, et se séparent rarement sans avoir imaginé et résolu quelque projet de résistance

bâtir une maison. Dans cette paroisse, chaque fois qu'il y a de bonne terre à vendre en petits lots, il y a toujours de nombreux acheteurs nègres, qui offrent de 5 à 10 liv. sterl, par arpent.

passive, tandis que les apprentis qui n'ont pas de quoi manger s'en vont, comme chose toute naturelle, chercher à se sustenter aux dépens de leur maître.

Dans la partie la plus orientale, plus de cent cinquante arpents, et dans ce district, à ma connaissance , à peu près qualrevingts arpents, ont été vendus de celte manière. Par une pru-

Jusqu'à présent j'ai essayé de montrer les habitudes générales du maître et de l'apprenti; mais qu'il me soit permis de constater quelques exceptions qui existent dans mon district; par

dence digne d'éloges , plusieurs acheteurs ont fait faire les actes au nom de leurs enfants, assurant ainsi de quoi vivre à leur famille, pour le cas où ils décéderaient avant la fin de leur apprentissage. Ces actes de prudence sont de fortes preuves des

exemple, sur la propriété de Hyde-Hall, appartenant à M. Sherley, les choses se font comme il faudra qu'elles se fassent après 1840, par suite d'un système libéral et cependant strictement

progrès de la civilisation , et doivent éloigner toute crainte que les nègres libres ne se laissent aller à une paresse insouciante,

économe : ainsi l'argent déboursé sera peut-être de 1,200 à 1,500 livres (monnaie locale) pour cette récolte, et le rapport, suivant le calcul le plus bas, sera de 7,000 ou 8,000 livres sterling. On y a introduit, avec le plus grand succès, des chemins de fer dont la dépense, qui ne peut dépasser 100 livres (monnaie locale) sera presque économisée sur la récolte d'une année Une autre observation que je désire produire en faveur des arrangements judicieux de M. Scharschmit, agent de celle pro-

contents de vivre des. productions spontanées du sol. L'esprit d'acquisition qui leur enseigne à disposer de leurs petits gains de la manière la plus profitable' doit avoir pris naissance dans les habitudes d'industrie persévérante contractées pendant l'esclavage : serait-il donc raisonnable de supposer que, quand on aura fait disparaître toutes les entraves qui s'opposent maintenant à l'exercice de l'industrie du noir, ces habitudes seront détruites et que l'esclave économe deviendra un affranchi abruti, peu

priété, c'est que, nonobstant la somme énorme qui est payée en salaires, on n'entend jamais les apprentis se plaindre que « Massa doive pour 5o francs au travail de cannes, » ou que « Massa doive une demi-journée. » Ces plaintes attestent ordinairement une dis-

soucieux des bienfaits de la civilisation et incapable d'apprécier les avantages qu'il savait estimer pendant la servitude. Mais, quoique j'aie la plus grande confiance dans l'industrie

position trop sévère à l'économie, et me font toujours penser qu'il y a quelque chose à reprendre dans la conduite des directeurs. Il est fort difficile pour un magistrat d'arranger ces bagatelles, et, avec la permission de Votre Excellence, j'ai l'intention, malgré l'augmentation de travail qui en résultera, d'écrire toujours à l'agent supérieur de la plantation dans des cas pareils: j'espère par ce moyen arriver à faire écouler les plaintes par l'économe ou par le directeur. Dans les remarques précédentes, j'espère que Votre Excellence ne verra que le désir de donner des renseignements qui puissent être utiles. Signé Gilmore D.

17.

EXTRAIT

d'une lettre de

E.

, juge spécial.

GREGG

B. Lyon, juge spécial. 31 décembre 1836.

La preuve la plus positive que les délits graves n'augmentent point dans ce district populeux et étendu, c'est qu'au moment où j'écris il n'y a qu'un apprenti qui attende son jugement aux assises trimestrielles, lesquelles se tiendront le 3 janvier prochain. Comme j'ai donné beaucoup d'attention à la conduite des individus qui ont acheté leur liberté et que je suis fermement persuadé de l'importance de l'effet qui sera produit par leur exemple sur l'esprit de l'atelier, et sur l'idée qu'ils se formeront des avantages de la liberté, j'ai observé, avec le plus vif intérêt, l'industrie et la persévérance de la plupart de ceux qui ont été libérés dans ce district par leurs propres économies. Plusieurs s occupent encore d'agriculture, et il y en a qui, depuis leur affranchissement, ont été préposés à la surveillance de petites plantalions ; tandis que les autres, et c'est le plus grand nombre, gagnent le salaire le plus élevé comme artisans ou comme domestiques. Presque tous ceux qui ne sont point occupés à des travaux domestiques possèdent un cheval ou quelque bétail, et montrent le plus grand désir de se distinguer de l'apprenti ordinaire par la qualité de leurs habillements et par leur conduite. Les nègres économes des deux classes, soit apprentis, soit libres, font les plus grands efforts pour devenir propriétaires de terrains. En un mot, le premier objet des désirs du nègre qui vient d'obtenir sa liberté est d'acheter un terrain et de se

générale et dans l'amélioration de la condition des paysans après 1840, je ne pense point qu'il soit possible de continuer la fabrication du sucre en aussi grande quantité qu'à présent. La plus grande partie de ceux qui travaillent aux plantations de sucre, devenus alors propriétaires de petites fermes, seront indépendants de la nécessité de travailler pour des salaires journaliers, tandis que les autres qui seront obligés de travailler, seront exposés à la tentation d'entrer dans les plantations de café et chez les petits colons, sur les terres desquels le travail sera moins onéreux, et où ils ne seront pas exposés, dans toutes les saisons, aux efforts continus qui sont nécessaires dans les fabriques de sucre. Dans mon opinion, le seul moyen que les producteurs de sucre puissent avoir de continuer celte culture d'une manière étendue, après la fin de l'apprentissage, c'est de mettre à profit le temps de l'apprentissage, pour créer dans leurs ouvriers un fort attachement à leurs habitations présentes, et pour identifier leurs intérêts avec celui de l'ancien maître. Je suis bien convaincu que les ministres de l'Église établie, ainsi que les missionnaires des différentes sociétés de l'île, qui ont été si libéralement aidés soit par des concessions de terre du Gouvernement anglais, soit par les dons gratuits des sociétés de bienfaisance , soit par les particuliers , auraient pu, il y a longtemps, faire quelque chose dans les districts ruraux de cette paroisse, pour atteindre un objet d'une aussi liante importance que le développement de l'intelligence des nouveaux affranchis. J'avais espéré aussi qu'ils s'efforceraient d'aider à l'établissement d'un état social régulier pour l'avenir, en donnant à ces affranchis les éléments des connaissances morales et religieuses, et en élevant des chapelles et des écoles dans le voisinage des terres où ils sont journellement occupés, Mais, jusqu'à présent, à une ou deux exceptions près, leurs efforts se sont bornés aux villes. Ce district, contenant une population de 5,000 personnes, n'a ni chapelles ni écoles, et les visites du ministre, qui étaient, durant l'esclavage, régulières, fréquentes et fort avantageuses aux jeunes nègres, ont été discontinuées. Les apprentis, restant ainsi sous le ministère religieux de prédicateurs de leur propre classe, ne peuvent que se former des idées erronées et rétrograder au lieu d'avancer en intelligence, si la providence spéciale de Dieu ne leur vient pas en aide. Signé E.

B.LYON

,juge spécial.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. 8.

EXTRAIT

d'une lettre de Samuel Lloyd, juge spécial, à C. H. Darling. 4 janvier 1837.

Les vacances de Noël viennent de se terminer, et il a été reconnu par tous les habitants respectables qu'ils n'ont jamais vu les noirs se mieux conduire. Les anciennes fêles africaines deJohnCanoeing sont remplacées par des réjouissances plus paisibles décentes, et chaque jour me donne quelque preuve d'une et plus amélioration générale, même dans leurs manières. Il y en a beaucoup0 qui se servent d'expressions recherchées qui leur étaient tou àfait inconnues il y a deux ans. Les apprentis paraissent désirer racheter le reste du temps de leur apprentissage, mais il y en a peu qui puissent le faire, moins qu'ils ne soient aidés par des personnes qui désirent ensuite s'assurer de leur travail. seule école de ce district est celle de Chapellon , sous la diLa ction du recteur de la paroisse; elle est bien fréquentée. On maintenant un grand édifice capable de contenir mille prépare enfants, dans un endroit que l'on appelle Arthur's seat, et pour l'évêque a souscrit avec la paroisse sur les fonds généraux de l'éducation. pouvoir rendre à votre Excellence un compte Je regrette de ne satisfaisant de la manière dont sont élevés les enfants libres.

19 19. EXTRAIT

d'une lettre de Richard Hill, esq., juge spécial, à sir Lionel Smith.

507

blée. Le refus du juge spécial, d'exercer sa juridiction sur des apprentis non enregistrés, a produit le même effet que l'affranchissement , mais sans donner, à celui qui en est le sujet, ni la sécurité ni l'importance d'un homme libre. C'est là un grand mal, et nous devons regretter que cette question n'ait pas encore reçu d'autre solution qu'une liberté mal définie.

20.

EXTRAIT

d'une lettre de Henry Laidlow, juge spécial À C. H. Darling. 9 janvier 1837.

. . Il se manifeste un désir toujours croissant de la part des apprentis, particulièrement des femmes, de racheter le reste du temps de leur apprentissage, et, depuis mon dernier rapport, il y a eu treize affranchissements d'effectués. D'après ce que j'ai pu apprendre, quand les apprentis sont libérés, ils s'occupent ordinairement de leurs différents états, et les laboureurs achètent des pièces de terre qu'ils cultivent pour leur entretien; mais dans plusieurs cas, la somme nécessaire à leur affranchissement est avancée par un tiers, chez lequel l'apprenti se remet en apprentissage, après qu'il a- reçu sa liberté. Pour conclure, j'ai beaucoup de plaisir à dire que l'expérience de chaque année offre la perspective d'un succès complet pour le grand essai qui se fait en ce moment, et ne laisse que peu de doute qu'à la fin de l'apprentissage la plus grande partie de la population des noirs se trouvera graduellement préparée à la jouissance de ce bien , qui leur a été assuré à si grand prix par la nation anglaise.

Spanish-Town, 8 janvier 1837.

apprentis de la ville, seules personnes placées La conduite des donner lieu à un rapport bien sous ma surveillance, ne peut ndu. Les habitants d'un district rural, par leurs travaux, leurs peuvent présenter des habitudes et leur conduite en masse, peut retracer leur l'on social ; de progrès signes, bien définis, examiner d'ensemble; mais dans avancement individuel ou les une ville, outre la fidélité des esclaves libérés dans leur service sinon de consparticulier, l'observateur ne peut Taire autre chose jeunes sont publiques, écoles el si dans les instruits tater si les conservent les habitudes qu'ils ceux qui ont atteint l'âge mûr esclaves, ou aspirent à imiter les mœurs et les senavaient étant hommes libres. La liberté, cependant, a ses corruptiments des tions qui lui sont propres, et, malheureusement pour l'exemple du nègre, la liberté des Indes occidentales n'a que trop ressemblé Cet e ville, plus que toute autre de la colonie, a été remarquable par le nombre de ses habitants libres, la plupart d'une paudans la dégradation. Spanish-Town, sans vreté extrême et plongés importance commerciale et située dans une plaine où il n'y a que peu à tirer du sol, est une ville dont la population a toujours eu précaire. Les combatsdecoqs et les tables de jeu, qui une existence parmi la classe élevée, influent d'une ont de nombreux partisans manière pernicieuse sur les classes inférieures ; de tels usages ordinairement la source des vices publics. Cependant, deviennent à mesure que les travaux du clergé réussissent à détourner le à peuple de ces plaisirs et diriger son énergie vers l'accomplispublics et privés, à mesure que sement régulier de ses devoirs liberté s'étendent dans les districts ruraux les bienfaits de la avantageux et honorable, le nombre des travail en rendant le la ville, les petits colons augmentent à dans pauvres diminue et le vice sont devenus plus rares. la campagne et la pauvreté incidents relatifs à l'application de la loi d'apParmi les prentissage, et qui donnent lieu a des discussions, il s'en élève "n nouveau qui provient do la chambre d'assem-

21. C.

EXTRAIT d'une lettre de R. Lambert, juge spécial, à H. Darling. — Etat moral des nègres. Etat de la culture.

Sainte-Marie, 31 mars 1837.

A l'égard de l'existence de bonnes dispositions entre les maîtres et les apprentis, je désire vous faire observer qu'un directeur habile ne trouve aucune difficulté à les établir. Comme on a pu faire des arrangements satisfaisants pour le travail aux heures libres des apprentis, chaque fois que les directeurs l'ont proposé, j'en conclus que si ce système, ainsi que celui du travail a la tâche, était plus généralement adopté, les apprentis ne refuseraient pas de travailler. Avec ces conditions, ils peuvent gagner, à leurs heures libres, de 3 sch. 6 d. à 4 sch. 2 d. par jour, et de 2 1/2 d. à à d. par heure, outre la jouissance de leurs anciennes allocations. Dans ces circonstances, on ne trouvera aucune difficulté à s'assurer les récoltes prochaines. Mais la grande sécheresse aura sans doute un effet désastreux, à l'égard des plantations de sucre. On craint aussi, si cette sécheresse continue encore longtemps, que les plantations de café n'en souffrent beaucoup. L'amélioration dans la conduite générale des apprentis a produit un progrès analogue dans l'état de la culture, qui prospère nonobstant l' étendue de terre cultivée. Les terrains de provision des nègres sont , dans ce district , cultivés avec le plus grand soin et leur rapportent assez pour leur fournir le moyen d'acheter leur liberté. Ils ont le plus grand désir de s'affranchir ; mais plusieurs en sont empêchés par le prix élevé auquel on eslime leurs services comme laboureurs. Quatre affranchissements seulement ont eu lieu pendant le dernier trimestre, et ces quatre personnes se sont adonnées à la culture de terrains de provisions dans lesquels ils déploient une industrie et une application extraordinaires, parce qu'ils y ont un intérêt direct. Malheureusement ce bon exemple n'est point suivi par la jeune population


508 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

libre, que les parents laissent, de la manière la plus coupable , plongés dans un état complet'de paresse. Je crains que ces habitudes de paresse ne soient encouragées par les parents, parce qu ils sont déterminés à empêcher leurs enfants de gagner leur vie à la sueur de leur front. Je crois aussi que d'autres moyens que ceux qui proviennent de l' intervention du maître doivent être employés pour leur assurer les bienfaits de l'instruction religieuse. Quand elle leur est procurée parles propriétaires, ils la repoussent souvent. S'il n'existait point de sujets de défiance, on pourraitfaire de grands progrès à cet égard, mais la masse regarde toujours avec soupçon toutes les offres qui leur sont faites par ceux qu'ils croient capables de pouvoir en tirer profit. Cet obstacle, joint à celui de la difficulté de communication clans un district aussi montagneux, a été la cause qu'il n'y a eu que peu d'augmentation dans le nombre de ceux qui reçoivent les avantages d'une instruction morale et religieuse.

22.

d'une lettre de C. Ricketts,juge spécial, à Son Excellence le gouverneur. — Etat normal des noirs. EXTRAIT

District de Judas, 1er avril 1837.

On a sans doute beaucoup parlé des sentiments qui subsistent entre le maître et l'apprenti; mais, comme j'ai été à même de comparer les améliorations du système social dans les autres colonies des Indes occidentales avec celles de cette île, j'espère pouvoir présenter quelques considérations sous un nouveau point de vue. Les colonies de la Couronne ont eu l'avantage d'être placées clans un état d'amélioration sociale, progressif et systématique depuis bien plus longtemps que les colonies privilégiées. Dans ces dernières, la population ouvrière fut libérée de l'esclavage par l'acte d'abolition, sans aucunes mesures préparatoires. L'existence d'un esprit vindicatif s'était fait connaître dans une rébellion récente, et, quoique cet esprit de vengeance ait été un peu apaisé, cependant il est toujours entretenu parle système que l'on suit maintenant, système fondé sur les craintes générales qu'inspire le maintien de la prospérité du pays, après 1840. Le désir de profiter le plus possible du présent, sans considérer l'avenir, se montre surtout dans les estimations exorbitantes de la valeur du travail des apprentis. Au commencement de celle année, le reste du temps d'apprentissage d'un ouvrier rural, en bonne santé, était estimé à 60 liv. sterl., déduction faite du tiers pour les accidents, et cette estimation se calculait par les heures de travail dans une semaine. Il paraîtrait donc naturel que l'apprenti reçut les mêmes salaires pour son travail extraordinaire ; mais quelques planteurs pensent que 5 den. currency sont un salaire suffisant pour quatre heures de travail, à de bons laboureurs, et 2 d. 1/2 pour le même temps à des laboureurs de second ordre. Les apprentis sentent eux-mêmes l'injustice manifeste de ce calcul, et ne sont point disposés à respecter ceux qui en sont les auteurs. Quelque léger que puisse paraître ce salaire, j'ai toujours fait tous mes efforts pour persuader aux apprentis de travailler même à ce prix. Je considérais que c'était le seul moyen pour cette classe de retenir entre ses mains quelque portion du numéraire en circulation, puisque, par le désir général qu'ils ont de racheter le reste du temps de leur apprentissage, ils avaient dû beaucoup diminuer la petite portion qu'ils en avaient anciennement. Le salaire de leur travail extraordinaire est le plus souvent dépensé en choses nécessaires qui ne leur sont point fournies par les propriétaires, et, par conséquent, ces petits gains ne peuvent pas avoir pour effet d'augmenter leurs économies Ces maux sont plus grands encore à l'égard des colons les moins riches, et, dans bien des cas, le maître et l'apprenti vivent dans un état d hostilité mutuelle. Quoique l' absence de plaintes puisse faire penser qu'il existe un accord parfait entre les par-

ties, ce n'est souvent qu'un calme trompeur. Des actes réciproques d'agression sont si souvent commis, que les deux parties peuvent douter de quel côté pencherait la balance. Je prétends donc que, si le système ne reposait que sur les bons sentiments, il serait dans une condition bien chancelante; il lui faut le soutien des lois pénales et du travail forcé. Un long apprentissage, joint à l'insuffisance des allocations, a une tendance à diminuer plutôt qu'à développer l'amour du travail, puisque l'apprenti est privé de ce qui peut l'exciter le plus au travail volontaire, c'est-à-dire d'une part convenable dans le produit de son industrie. L'apprenti restera donc laboureur forcé et involontaire jusqu'à la fin de l'apprentissage, et, quand il se trouvera libre de tous ses liens, il est probable qu'alors il repoussera les offres intéressées de ceux qui l'auront exploité durant son passage de l'esclavage à la liberté. En général, je pense qu'il n'y a pas plus de causes de malveillance entre les nègres et leurs propriétaires, qu'il n'en existe entre les différentes classes de la société dans tout autre pays. Cependant nous ne faisons point les progrès nécessaires, parce que Ion pense trop à l'intérêt présent, sans avoir égard aux changements qui auront lieu sous peu clans notre système d'agriculture. La politique dont je viens de parler aura sur les nègres l' effet que des impôts trop lourds produisent sur la classe indigente des autres pays : au lieu d'encourager des habitudes de travail, cela les pousse au désespoir. Cette conduite ne peut concilier l'affection des laboureurs, et par conséquent contribuer à la prospérité future de ceux qui les emploient à présent. D après les faits dont je viens défaire mention, il faudrait, pour agir avec justice envers les apprentis, les payer pour l'ouvrage qu' ils font à leurs heures libres, en proportion du prix que l' on met au temps qu'il leur reste à faire de leur apprentissage. Signé

23.

LETTRE

RICKETTS, juge spécial.

de R. Chamberlin, juge spécial,

À

Richard Hill.

Manchioneal, avril 1837. Une des grandes fautes dans lesquelles la classe élevée de ce pays paraît être tombée, c'est de s'être persuadé que cet état d''épreuve n a été établi que pour l' avantage exclusif des propriétaires et comme partie de la rançon des esclaves. La grande importance de l' apprentissage, comme système préparatoire pour instruire l'esclave dans ses devoirs moraux et dans les obligations delà liberté, n a été considérée que d'une manière tout à fait secondaire. Le seul but des déterminations du maître est l'augmentation de ses récoltes et l'extension de ses ressources pécuniaires. Le bien moral ou intellectuel de la classe qui doit principalement être avantagée par l'abolition de l'esclavage doit céder à ces considérations mesquines. Le juge spécial ne peut s'attendre à être aidé par le propriétaire ou à vivre en bonne intelligence avec lui, que lorsqu'il se rend un sujet de terreur pour les apprentis. Tout témoignage de confiance dans l'équité de son administration qui lui serait donné par les nègres l'assujettit à l'opposition violente et aux injures des directeurs. Les sentiments de ces derniers ne marchent point de pair avec l'état progressif de la société. Habitués jusqu'à présen t à gouverner par la crainte et par la force, il est difficile de leur faire comprendre que leur plus grande sécurité consiste à s'attacher les apprentis par la conciliation et l'estime. Le petit nombre d'hommes honorables qui adoptent celle sage direction en retirent un avantage présent par l'industrie et la tranquillité de leurs apprentis, et en obtiendront un bénéfice encore bien plus grand , en s'assurant leurs services pour la culture de leurs plantations . quand ils seront entièrement libres. La plupart des directeurs avaient eux-mêmes besoin d'un apprentissage pour les préparer à conduire des hommes libres.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. Les allocations que l'on avait cru nécessaire d'accorder aux. esclaves, qu une longue habitude leur avait presque fait considérer comme un droit, et qu'un usage universel leur assurait pour leur entretien, furent retirées sur la plupart des plantations , à moins que les apprentis ne voulussent consentir à abandonner une grande partie du temps que leur laissait l'acte d'abolition. Il leur était difficile d'agir ainsi, parce que, depuis le 1er août 1834, l'entretien de leurs enfants au-dessous de dix ans est à leur charge. Vous jugerez jusqu'à quel point on a insisté sur celte méthode de payement en travail, quand je dirai que trop souvent on exige la restitution du temps qu'une mère a perdu pour le service du maître , dans l'accomplissement de ses devoirs envers ses jeunes enfants. Le système suivi à cet égard dans ce district n'était pas supportable. Le tableau ci-joint des avantages comparés montrera que cette description n'est point exagérée. On verra que si l'on donnait une garde pour soigner les enfants, afin que leurs mères pussent aller à leur ouvrage, les apprentis étaient obligés de sacrifier une partie de leur temps en payement de cette concession. Cette manière d'agir ne peut s'accorder avec l'esprit de la loi d'abolition , dont l'intention est d'améliorer la condition et d'augmenter la liberté des apprentis. Si les sentiments du nègre le poussent à résister, en paroles ou en actions, à ces empiétements tyranniques sur ses droits sociaux, on l'accuse d'insubordination et de rébellion, et l'on déclare en état d'anarchie et de confusion le district dans lequel le juge spécial refuse de sanctionner ces outrages. Tolérer un tel système serait rendre l'apprentissage supérieur à l'esclavage seulement en ce que le droit de punir serait enlevé aux mains d'un directeur capricieux. En dépit des difficultés qu'éprouvent les parents à soutenir leurs enfants, il est rare qu'ils acceptent les offres de secours que leur font les propriétaires, à la condition de les payer, soit par leur travail, soit par celui des enfants d'un âge qui leur permet de remplir certaines fonctions dans les plantations. Ce refus provient de leur méfiance, parce que les concessions dont ils jouissaient étant esclaves leur sont maintenant faites à un prix fort élevé. Puisqu'une mère est obligée de rendre à son maître le temps employé à remplir des devoirs naturels et indispensables envers ses enfants, l'apprenti s'imagine que toutes les propositions de cette nature, provenant du directeur, doivent être dictées par les mêmes motifs d'intérêt personnel. Il serait donc fort difficile de les convaincre qu'elles sont le résultat d'une bonté désintéressée, ou qu'elles sont basées sur des principes équitables. Nous devons cependant nous féliciter de ce que les apprentis consentent à travailler, moyennant salaire, dans les heures qui leur restent libres, après la culture de leurs terrains. Dans ce district populeux, à l'exception des efforts bornés des missionnaires, il n'y a pas un seul établissement pour l'instruction des apprentis ; ceux, eu petit nombre, qui jouissent de cet avantage font de grands progrès et se conduisent, en général, très-bien. Depuis que je suis nommé à ce district, aucun de ces apprentis n'a été accusé d'un délit qui méritât d'être puni, et il n'y a pas eu un seul apprenti de Manchioneal envoyé aux cours supérieures. La position précaire de l'esclavage en fait, dans tous les temps, une institution dangereuse et incertaine. Un des grands avantages de son abolition, dans ces iles, se montre déjà dans la grande augmentation de la valeur des propriétés, depuis peu d'années. Avec toutes les facilités que donnent ces montagnes pour commettre le crime, on peut voyager le jour ou la nuit dans la plus grande sécurité, et il est fort rare qu'on entende parler d'actes d'agression et de violence. Le grand respect que les apprentis montrent pour la loi, et l'influence qu'elle a sur eux sont de bon augure. Ils témoignent le désir de connaître leurs obligations sociales, et tâchent d'y conformer leur conduite. Le nègre intelligent qui montre ces 1

509

sentiments est nécessairement odieux à son maître, et la somme des défauts d'un apprenti consiste à être un « avocat. » On a toujours considéré les femmes comme plus turbulentes et plus difficiles à conduire. Le tread-mill et l'emprisonnement solitaire à leur égard, au lieu de la punition du fouet, ont produit les résultats les plus avantageux; et il n'y a point de doute que l'abolition de cette dernière punition, pour les hommes, serait aussi suivie de résultats semblables. Mon expérience me confirme dans la certitude de son inutilité. Les autres méthodes de punition sont plus efficaces , parce qu'elles sont suivies d'une dégradation moins permanente, et conséquemment de moins d'abattement et d'insouciance. Le système tyrannique d'enfermer les malades dans les hôpitaux est ordinairement pratiqué dans ce district. A toutes les observations que l'on fait aux directeurs contre cette coutume injuste, ils répondent que c'est un règlement sanitaire prescrit par les médecins. Ce n'est cependant pas autre chose qu'un emprisonnement inutile et injuste de personnes auxquelles les maladies ou les infirmités donnent droit à un traitement beaucoup plus doux. Je ne puis m'empêcher de répéter, à l'honneur des apprentis de ce district, qu'il n'y en a pas eu un seul envoyé aux cours supérieures depuis le commencement de mon administration. Leurs délits sont ordinairement d'une nature fort légère, et arrivent dans toutes les sociétés humaines. La condition des nègres dans les ateliers de louage, à laquelle on fait allusion dans l'acte d'abolition, est ordinairement dure et malheureuse, et à peine ont-ils le temps de travailler pour leurs besoins physiques. Le samedi est employé à cultiver et à récolter des provisions pour leur nourriture et pour celle de leurs enfans durant les cinq premiers jours de la semaine, pendant lesquels ils vont travailler loin de chez eux. Ils ne connaissent point le bonheur d'un intérieur, et leur vie est un travail continuel. Une longue sécheresse a retardé le progrès de la fabrication du sucre dans ce district, et l'on n'a fait que peu de plants pour les récoltes prochaines. Le produit de ce district, pour Tannée présente, sera meilleur que celui de l'année dernière. Je ne puis clore ce rapport sans parler de la condition des infirmes et des vieillards, qui deviendront libres, comme non ruraux, en 1838. Usés au service de leurs maîtres, ils n'ont pas pu mettre de côté de quoi se soutenir pendant la fin de leur vie. lisseront alors sans domicile, et leur situation mérite l'attention du Gouvernement. Il faut qu'il y ait quelque règlement législatif en faveur de ces personnes ; la plupart sont incapables de rien faire pour s'entretenir, et on ne saurait les laisser réduits a n'avoir d'autre ressource que la mendicité. Signé

24.

EXTRAIT

, juge spécial.

R. CHAMBERLIN

d'une lettre de J. Harris, juge spécial, à C. H. Darling. Sainte-Elisabeth, avril 1837.

... Il est certain que les apprentis sont maintenant disposés à entreprendre le travail à la tâche, et je pense que les propriétaires désirent qu'un plan régulier soit adopté. Mais quoique Ton ait préparé des échelles de travail, par les ordres du Gouvernement, elles n'ont pas encore subi l'épreuve de l'expérience. J'ai entendu dire par plusieurs directeurs qu'à certains égards ils ont éprouvé les laboureurs, et qu'ils peuvent accomplir la quantité de travail que Ton considère comme convenable. Cependant il est impossible de savoir si l'échelle de travail, que Ton dit avoir été adoptée par les commissions, contiendra un système pratiquable l. Je n'ai point vu cette échelle, ainsi préparée, j'en ai seule-

Voir plus bas au chapitre intitulé : lâches, salaires, etc., etc. L'échelle de travail dressée pour la Jamaïque est reproduite dans ce chapitre.


510 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. ment entendu parler, et il faudrait que je pusse l'examiner moimême pour me convaincre qu'elle est raisonnable. Je suis persuadé que l' on ferait bien d'appliquer ce système , afin de s'assurer, par l' inspection régulière d'un directeur, d'un teneur de livres, ou même d'un officier de police, si la quantité d'ouvrage, établie par cette échelle de travail, peut être raisonnablement exécutee : ce qui serait ainsi fait pourrait être considéré comme le maximum de travail exigible. Ceci une fois bien établi, il pourrait se faire un arrangement satisfaisant entre les deux parties (maîtres et apprentis), quant à tous les ouvrages à exécuter, et les plaintes sur l'insuffisance du travail seraient moins fréquentes. L apprenti et le maître pourraient, chacun de son coté, s assurer de la quantité d'ouvrage à faire. Les apprentis se louent ordinairement à leurs heures libres moyennant salaire, et reçoivent de 1 schell. 8 d. à 2 schell., 1 schell et 2 schell. 6 d., le plus souvent loin des propriétés auquelles ils sont attachés. Ce n est point qu'ils refusent de travailler pour leurs maîtres; mais je pense que rarement on le leur demande. Je les ai vus, dans plusieurs circonstances, travailler volontiers le vendredi et le samedi dans l'intérêt de leurs directeurs, et leurs dispositions sont en général si bonnes que , s'il le fallait, et si on les prévenait à temps, afin qu'ils pussent se préparer la quantité de provisions nécessaires, je suis persuadé que tous les apprentis travailleraient pour la plantation à leurs heures libres, et d'une manière raisonnable. A l' égard des terres allouées pour jardins , les apprentis sont assez bien traités quant à la quantité; mais, dans bien des endroits , la qualité en est bien médiocre, et n'est favorable qu'à la production de certaines sortes de provisions. Cependant, lorsque les saisons sont bonnes, ils se procurent une nourriture assez abondante. Mais les terres montagneuses souffrent souvent du manque de pluie, qui affecte tous les produits de la terre. Pendant une grande partie des trois mois passés, il y a eu une grande sécheresse, et, s'il ne tombe bientôt de la pluie, il s'ensuivra des conséquences fort pernicieuses. Il me semble que les apprentis donnent des soins convenables à la culture de leurs terres; je n'ai entendu qu'une plainte pour un fait contraire. D'après l'avîs que j'ai donné aux nègres, je ne pense pas que ces plaintes se renouvellent; et, si cela arrivait, il faudrait appliquer les prescriptions la 38 clause de la loi d'abolition. Les propriétaires expriment la crainte que les nègres ne se louent à leurs heures de liberté, et n'apportent pas, par cone

séquent, l'attention convenable à leurs terres ; mais ce n'est là qu'une crainte, et l'exemple ci-dessus mentionné est le seul où il y ait eu des plaintes positives. Je crois qu'il serait bien de conseiller aux apprentis de toutes les plantations de consacrer le samedi entier, une fois par quinze jours, à cultiver leurs terres; ceci les mettrait à l'abri du besoin pour l'avenir. Dans le cas où les terres deviendraient stériles, à cause d'une longue sécheresse, ou pour toute autre raison, on pourrait alors, plus consciencieusement, recourir à la 48 section de l'acte d'abolition. En général, les récoltes n'ont point été aussi productives que Ion s'y attendait, et cette diminution doit être attribuée à la grande sécheresse de l'année dernière, au moment le plus important pour la culture du café et où il lui fallait le plus d'eau. Les pièces de café sont maintenant en bon état, etsi les saisons,

de mon district montrent des dispositions et une conduite admirables dans l'attente de leur prochaine libération d'apprentissage. La nouvelle de ce bienfait inattendu a été reçue par eux plutôt avec un sentiment de reconnaissance sérieuse qu'avec l'exaltation de la joie. Us apprécient toute sa valeur, mais, pour les observateurs et pour ceux qui ont de bonnes intentions, elle a amené des causes de sollicitude inconnues jusqu'à présent, et qui, heureusement peut-être, tendent à modérer leurs transports. Une grande partie de mon temps est occupée à leur donner des conseils. La perspective du terme de mes travaux, comme magistrat spécial, me fait éprouver une grande satisfaction lorsque je considère que, pendant la durée de mes fonctions, quelle qu ait pu être la fluctuation dos sentiments des planteurs envers moi, les apprentis m'ont accordé une confiance non interrompue. Ils me la donnent encore; et, il faut le dire, à la louange de leurs bons sentiments et de leurs mœurs, les marques et les expressions de leur respect augmentent à mesure que s'approche le jour qui doit mettre un terme à la position particulière dans laquelle nous sommes les uns relativement aux autres. Hier au soir, après l'ouvrage, une troupe entière m'est arrivée d'une propriété voisine, pour demander, disaient-ils, «l'avis du magistral. » Il paraît que le maître venait de leur faire savoir, par le constable, que tous ceux qui ne seraient pas disposés à travailler, après le 10 août, pour 10 pences par jour, avec leurs maisons et leurs terrains, seraient obligés de quitter la propriété ; qu outre cela il était aussi déterminé à ne plus leur permettre d élever des porcs, et qu'ils seraient forcés de se procurer un médecin à leurs dépens. Je vis que celte communication les avait un peu effrayés, et que ce qui les avait particulièrement chagrines.et désappointés, celait que le «maître eût été si brusque» envers eux à cette occasion, et qu'il leur eût fait porter par le constable une nouvelle aussi importante, et cela dans de pareilles circonstances, au lieu de leur parler lui-même. Je leur dis que j étais fâché que le maître ne leur en eût pas parlé lui-même, mais qu'ils le savaient un peu partisan des anciennes idées, et que les hommes étaient ordinairement lents à les changer pour de meilleures ; mais qu'ils verraient leur maître lui-même changer peu à peu, a mesure que les nouveaux temps viendraient. Je leur conseillai d'envoyer au maître une réponse très-polie et trèscalme, pour lui exposer qu'il leur fallait un certain temps pour penser a ce plan, et qu ils désireraient savoir la détermination des autres avant d'y consentir; mais que c'était leur désir de rester sur la plantation, si le maître et eux pouvaient faire un arrangement convenable. » Cet avis parut tout à fait s'accorder avec leurs vues. La seconde demande qu'ils me firent avait pour objet desavoirs il n'y aurait pas des « messieurs de l'Angleterre pourleur faire rendre justice, » après le 1er août. La question me fut faite trèssérieusement par le principal orateur, au nom de ses camarades: et cet orateur, en m'exprimant les craintes qu'ils avaient qu'on

e

d ici au mois d'août et de septembre, sont favorables, on peut s attendre à faire une récolte abondante et d'excellente qualité.

ne les laissât à la merci des «magistrats du pays,» fit preuve d'une sagacité et d'une prévoyance peu ordinaires sur leur situation , en cas de discussions pour des payements ou pour des arrangements, lorsque « le maître et les amis du maître » décideraient l'un pour l'autre. En communiquant à Son Excellence un incident comme celui-ci, je me fais une certaine violence, parce que je puis paraître avoir un intérêt personnel dans la question. Mais je suis soutenu par la conviction que Son Excellence me connaît trop bien, et qu'elle a elle-même un esprit trop élevé, pour m'attribuer un motif bas.

25.

EXTRAIT

dune lettre de J. Daughtrey, au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement. Sainte-Elisabeth, juin 1838.

Son Excellence sera bien aise d'apprendre que les habitants

Quoique tous les membres du corps auquel j'appartiens aient été condamnés indistinctement, en Angleterre, il y en a un grand nombre que les nègres estiment comme leurs amis, et dont ils ne verront le départ qu'avec le plus vif regret. Dans un état de crise particulière comme aujourd'hui, chaque indication des sentiments populaires doit avoir quelque valeur, et


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. cela seul m a porté a. faire connaître à Son Excellence le petit inaident qui forme le sujet principal de ma lettre.

EXTRAIT d'une lettre de J. W. Grant, juge salarié de Mail-, chester et Clarendon, à Richard Hill. — Sur les loyers et les dispositions des noirs à acquérir des terres.

26.

Jamaïque, 10 juin 1839.

Le premier trimestre de loyer devint payable au propriétaire d'une plantation sur laquelle demeuraient deux hommes ayant mal aux jambes, et un autre n'ayant qu'une main. Ils allèrent consulter l'inspecteur, et lui demandèrent de quelle manière ils pourraient gagner suffisamment de quoi payer leurs loyers. L'inspecteur leur répondit qu'ils pourraient casser des pierres pour la voie publique, et que pour ce travail il leur payerait 4 pences 1/2 (45 centimes) par tonneau. Us convinrent de le faire et se mirent à l'ouvrage ; depuis ils ont continué le même travail au moyen duquel ils payent leurs loyers , et gagnent en même temps suffisamment pour se procurer les moyens d'existence. Il y a plusieurs personnes placées à la tête de plantations , qui suivent le système de faire payer ce que les nègres appellent head money1 et que je traduis par capitation. Chaque individu au-dessus de 12 ans est obligé de payer tant par semaine. Par exemple, si le chef d'une famille occupe une maison avec son terrain, il est obligé de payer tant par tête pour lui, sa femme et chacun de ses enfants. Les laboureurs veulent bien payer la valeur réelle delà location par an , par trimestre ou par semaine; mais cela ne suffit pas. On exige la capitation rigoureusement. Je m'imagine qu'un Ecossais ou un Anglais serait peu salisfait s'il était forcé de payer un loyer, sans égard à la valeur de sa maison ou de son jardin , mais simplement en proportion du nombre d'enfants dont il pourrait lui arriver d'être chargé. A Grove-Place, une des plus grandes plantations de la paroisse, on fait, rigoureusement payer la capitation (quoique l'on ait conseillé à l'administrateur de ne faire payer que la valeur des maisons avec leurs terrains); quelques-uns de ses meilleurs laboureurs travaillaient dernièrement dans une plantation voisine, donnant pour raison qu'il leur était impossible de travailler sur la plantation où ils demeuraient, attendu qu'on leur faisait payer la capitation , et qu'il fallait , en conséquence, qu'ils allassent plus souvent à leurs terrains pour les faire valoir selon ce qu'ils les payaient. Voilà comment les plantations se trouvent privées de laboureurs, et comment les laboureurs sont portés à employer leur temps dans une occupation qui, j'en suis sûr, ne leur rapporte pas suffisamment. J'ai observé, parmi les nègres, un grand désir d'acheter des terres, ce qu'ils ont pu faire au prix d'à peu près 6 liv. sterl. par arpent. Il a été vendu plusieurs centaines d'arpents à PortSavannah, sur les bords de Clarendon. On y a bâti une quantité de maisons depuis le 1er août, et la population du village doit déjà passer 1,000 habitants. Le village augmente journellement, ainsi que sa population, et, comme il est probable qu'il deviendra intéressant pour la paroisse, j'en parlerai plus parti culièrement dans quelque temps. J'ajoute cependant avec grand plaisir que le système de capitation dont j'ai parlé fait place graduellement à un arrangement plus équitable, et j'espère qu'il sera bientôt aboli entièrement. Il existe aussi une autre habitude que je considère comme fort nuisible, celle de laisser s'établir une grande irrégularité dans les contrats de travail, en faisant payer des loyers à des personnes qui ne travaillent pas sur la plantation, et en exemptant celles qui y travaillent. Parmi les maux que doit engendrer ce système est le suivant : il opère comme marque de faveur ou de défa1

Tant par tète. *

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veur, et, comme le payement des loyers entraîne presque toujours quelque malentendu, qui porte le laboureur à aller travailler autre part, parce qu'on lui refuse de l'ouvrage sur sa plantation, l'individu qui, seul parmi un nombre de personnes exemptées, est obligé de payer un loyer, se trouve, pour ainsi dire, frappé de disgrâce. Ce n'est point l'injustice, mais l'odieux de ce système , qui est répréhensible. Je crains d'avoir déjà trop empiété sur le temps de Son Excellence; mais je ne puis fermer cette dépêche sans faire quelques remarques sur le cri que l'on élève à présent contre la multiplication des armes à feu entre les mains des noirs. Je nie absolument qu'il y ait aucune mauvaise intention dans le désir manifesté par les nègres de devenir possesseurs d'armes à feu. Je demande la permission de renvoyer aussi, à ce sujet, à la lettre du révérend M. Stewart. Les personnes qui ont l'intention de faire du mal cachent ordinairement les moyens qu'elles possèdent de le faire : le nègre porte son fusil en plein jour. Mais, quand même il y aurait quelque raison de craindre, l'absence d'une loi précise rendrait inutile tout effort de répression. Les attaques que l'on dirige contre la conduite des fonctionnaires qui n'essayent point de remédier à ce mal ne font que l'augmenter, comme elles ne tendent qu'à faire connaître leur impuissance légale; ce qui doit avoir poureffet d'encourager plutôt que de réprimer le mal. Dans un changement comme celui qui a eu lieu dans ce pays, parmi les difficultés et les doutes qui doivent encore s'élever sur bien des points, nous avions le droit de nous attendre à ce que ceux qui sont intéressés dans la direction de propriétés adoptassent une ligne de conduite ferme et courageuse L'avidité et la témérité avec lesquelles les rapports mal fondés , d'une soi-disant résistance aux officiers de paix, ont été reçus et envoyés à Son Excellence, seront considérées un jour comme la preuve que ceux qui auraient dû coopérer avec le plus de zèle à l'établissement de la liberté n'ont pas été fidèles à leurs intérêts.

27.

EXTRAIT d'une lettre de Pli. O'Reilly au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement. — Etat de la Culture. — Conduite des Noirs.

Alley-Sere, 9 juillet 1839.

En rendant compte de la conduite des laboureurs et de l'étal actuel du travail, je ne puis considérer le premier fait qu'avec un sentiment de plaisir, elle second me donne un grand espoir relativement au succès de l'agriculture. Dans nos audiences hebdomadaires, il se présente à peine autre chose que de petites discussions, qui résultent du payement de salaires ou de loyer, et c'est avec la plus grande satisfaction que je vous annonce qu'on a enfin trouvé un mode d'arrangement équitable, et qui est généralement adopté, pour fixer et obtenir le payement du loyer des maisons. Les discussions que provoquaient les abus à ce sujet ont cessé d'exister en même temps que les abus eux-mêmes. Plusieurs des propriétés sont sur le point de terminer leurs récoltes et sont dans un état parfait de culture. Je vois avec plaisir que plusieurs des planteurs, profondément imbus de vieilles idées, commencent à ouvrir les yeux sur la mauvaise politique de leur conduite au commencement du nouveau régime. Il est de mon devoir cependant de dire que l'état prospère de cette paroisse serait complet, si ce n'était la malheureuse condition de quelques plantations, qui font exception par suite de la mauvaise conduite des gérants envers les laboureurs. Il est tout naturel que ces plantations soient dans un mauvais état de culture, etje ne puis que regretter qu'elles soient choisies comme


512 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. exemples de la manière dont le nouveau système réussit, quand il est notoire que la paroisse serait aujourd'hui dans un état plus prospère qu'à aucune époque de l'apprentissage, si ce n'était la sitnation des propriétés dont je viens de parler, qui, je suis heureux de pouvoir le dire, forment l'exception et non la règle.

28. LETTRE de M..J. Daughtrey, À Richard Bill, esq. — Goât des noirs pour la chasse au tir; bruits de révolte répandus à cette occasion. Sainte-Elisabeth, 29 juillet 1839.

Connaissant l'existence de certaines rumeurs dont l'effet, sinon le but, est de rattacher l'achat de fusils et de poudre à canon parles nègres, dans différentes parties de ce pays, à des desseins ultérieurs contre la paix publique, je désire ardemment exprimer à Son Excellence ma parfaite conviction que tous ces soupçons et toutes ces rumeurs sont tout à fait sans fondement. Des personnes mal disposées, comme il en existe dans tout état social, peuvent avoir essayé, avec ou sans motif évident, d'éveiller les craintes des gens timides ou l'espoir des méchants. Mais c'est l'œuvre de quelques individus et non de la majorité. Ces bruits ne peuvent pas avoir eu d'autre origine. Je puis attester que le directeur d'une propriété qui avait éprouvé quelque difficulté à amener les nègres à ses conditions, leur dit il y a quelques temps : « Ah! je vois qu'il faut que nous ayons une lutte. » Or, quelle qu'ait été la légèreté avec laquelle ceci fut dit, il est très-possible que tous les nègres auxquels la plaisanterie fut adressée n'en aient pas eu une idée très-claire. Et si un économe a pu être aussi indiscret, pourquoi n'y en aurait-il pas d'autres ? Quand une fois un nègre conçoit une idée sur un sujet qui le concerne ainsi que ses compatriotes, elle se propage bientôt, et, comme on peut se l'imaginer, elle ne perd rien dans son passage. En général, les nègres aiment beaucoup trop la chasse au tir. Je m'efforce toujours de réprimer cette inclination. La vente publique des armes à feu leur a fait penser qu'ils pouvaient les acheter sans commettre un délit; et le désir de les posséder a dû être stimulé par la défense qui existait anciennement. L'achat de fusils a dû naturellement mener à l'achat de poudre. Dans le

15 courant , avec la copie d'une lettre du secrétaire d'Étal des colonies, et avec certains documents du Parlement, qui me sont transmis afin que je puissse répondre à une plainte portée contre moi par M. Burge , l'agent de l'île, sur l'affirmation de M. Robert Smilh , l'inspecteur de Spur-Free. Je ne me serais jamais imaginé que l'on pût porter contre moi une accusation qui attribue le défaut de payement des loyers, delà part des noirs, à mon «intervention inconvenante,» et j'espère pouvoir convaincre sa seigneurie que nulle accusation ne peut être moins fondée. Etant convaincu que la liberté aurait la meilleure influence sur les relations qui devraient exister entre les cultivateurs et les propriétaires, j'ai toujours fait tous mes efforts pour persuader aux directeurs de demander, et aux nègres de payer un loyer équitable pour les habitations qu'ils occupent dans les différentes plantations. Durant les trois mois qui suivirent l'avis qui fut donné aux nègres d'abandonner leurs terrains et leurs maisons, sa seigneurie sait que l'on n'exigea pas, en général, le payement des loyers, parce qu'il y avait différentes opinions, exprimées en public et en particulier, quant aux intentions de la législature sur ce point. Cependant la dépêche, qui communiquait le résultat de l' avis que l'on avait demandé au procureur et à l'avocat général de l'Angleterre, montra que celte demande serait illégale. Mon influence, durant celte époque, fut employée à préparer l' esprit des nègres par la persuasion, par des explications et par des prières, aux nouveaux devoirs et aux nouveaux engagements auxquels ils seraient assujettis comme tenanciers. Ce n'est point en vain que je me suis servi de cette influence. Partout où on leur a demande un loyer juste et équitable, les nègres, à peu d exceptions près, l'ont promptement et régulièrement payé. A J expira lion des trois mois, dans les cas où les explications et la persuasion furent inutiles, on eut recours à la loi, et je puis assurer que, chaque fois que le propriétaire a pu prouver que sa demande était légale, ses droits n'ont jamais été sacrifiés. Depuis le 1" novembre 1838, dans toutes les décisions à l'égard des loyers, j'ai eu comme adjoints, Son Honneur le custos, ou les juges locaux Hollingswort, Coley, Bygrave et Good. En recevant ces plaintes, il m'a paru que le meilleur témoignage que je pourrais envoyer à sa seigneurie serait celui de ces messieurs. Je leur ai adressé des lettres officielles à chacun, même à M. Hollingsworth , dont le nom est joint aux déclarations qui ont été faites contre moi. Dans sa réponse ( n° 4) on remarquera qu'il

Nassau, les incitateurs et les meneurs des autres nègres, dans l'amusement du tir au blanc, ont été les anciens chefs d'ateliers, et malheureusement ces anciens chefs d'atelier sont encore les

dit : « Dans toutes les occasions où nous avons été associés pour décider sur des questions de loyer, nous avons toujours été de la même opinion, sans la moindre dissidence.» Les autres lettres

favoris des économes et des administrateurs. Quelles que soient les folles idées qui se sont répandues dans l'esprit d'un petit nombre de nègres, je suis persuadé qu'elles seront restreintes à ceux qui sont à peu près sans instruction. Les gens de Fonthill font, en général, partie de celte classe; car ils n'ont eu que des moyens très-partiels d'instruction, et cela

des juges locaux sont également claires sur ce point, et prouveront a sa seigneurie combien est mal fondée l'accusation, que c est a ma manière d'appliquer les lois, ou à mon «intervention

seulement pendant l'apprentissage. Quant à la moralité et à la tranquillité de mon propre district, j en repondrais sur ma vie. A part l'influence des ministres , il y a la sécurité qui est donnée par la possession d'un grand nombre de tant de petites propriétés, chacun de ces propriétaires étant une espèce d'otage pour la paix de la société qui l'entoure. Signé

29.

J. DAUGHTREY.

de J. M. tirant, juge salarié, à Richard Bill, esq — Justification de sa conduite. — Détails sur les loyers.

LETTRE

Manchester, 26 août 1839. J ai l' honneur île vous accuser réception de votre lettre du

inconvenante,» que l'on peut attribuer le refus de payement des loyers sur les planta lions. M. Good, qui est un des commissaires de correspondance, est à Londres en ce moment ; mais je lui ai écrit par le même paquebot qui porte celle dépêche à sa seigneurie. J'espère que ce que j'ai dit, ainsi que les lettres, ci-jointes, numérotées 1, 2, 3, 4, 5 et 6 , et la copie des procédures, numérotée 7, fourniront à sa seigneurie un témoignage suffisant pour réfuter les accusations contenues dans les documents présentés par M. Burge. Je suis aussi accusé d'avoir embauché les cultivateurs dans les plantations sur lesquelles ils sont établis. Si, par le mot «embauché», on veut dire retirer les paysans de leur ouvrage, ou leur persuader de ne point remplir les contrats qu'ils auraient pu faire, personne ne peut blâmer une telle conduite plus fortement que moi. Vers l'époque où ces déclarations furent faties parles personnes qui y ont apposé leurs noms, il n'était point rare de voir des individus qui avaient terminé leur travail sur les plantations, ou qui ne pouvaient entrer en arrange-


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. ment avec leur ancien directeur, errer dans le pays à la recherche dune occupation. J'en ai parlé dans ma dépêche et j'en ai donné des preuves. Ainsi, tandis que j'ai blâmé l'Habitude de détourner les paysans des contrats qu'ils avaient faits , ou des travaux qu'ils avaient commencés, quand des travailleurs sont venus chez moi me demander si je savais où ils pourraient avantageusement porter leur travail, je n'ai vu aucun inconvénient à le leur dire. Plusieurs fois, vers cette époque, les nègres de deux plantations ont été sans occupation. En venant me voir ils ont pu être recommandés à M. Braudford, auquel je ne parle même pas, à madame Thomas Mason , et à d'autres que je connais à peine. Avant de parler en détail des déclarations, je désire appeler l'attention de sa seigneurie sur celle partie de la lettre du maire, dans laquelle il dit : « Je vous ai entendu insinuer aux paysans «qu'ils désiraient (s'ils étaient bien traités) rester sur les plan« talions où ils avaient été placés » ; et à cette partie de la lettre de M. Davy, dans laquelle il dit que , « si donner de l'emploi à des laboureurs qui en manquent, peut s'appeler les sé«duire, peu de directeurs de cette paroisse seraient exempts de « cette accusation. » En tout ce que je puis avoir à dire, ou que j'ai pu avoir dit dans celte dépèche , je désire qu'il soit clairement entendu que je n'ai jamais réclamé et que je ne réclamerai jamais le droit d'intervenir, d'aucune manière, dans la direction des plantations ou dans l'emploi des personnes qui y sont établies. En opposition à la lettre de M. Handy, je place celle de M. Jordan, numérotée 8. il y a une différence matérielle entre leurs déclarations sur un point très-important : c'est à l'égard du nombre des laboureurs employés. M. Handy affirme qu'il y en eut 17 qui allèrent à Cocoa-Walk , tandis que M. Jordan affirme qu'il n'en est arrivé que 10. Ceci ferait quelque différence clans le calcul de M. Handy. Mais, pour prouver combien les raisonnements qui s'opposent à une concurrence juste cl sans restriction sont futiles, M. Handy ne dit-il pas lui-même «que l'on doit «espérer qu'à l'avenir ils resteront sur les propriétés où ils «sont établis?» Est-ce que lui ou tout autre pourrait les convaincre, d'une manière aussi décisive, qu'il serait plus-profitable pour eux de travailler chez eux que d'aller chercher de l'ouvrage ailleurs? M. Handy aurait dû désirer qu'ils en fissent l'essai cl qu'ils en connussent le résultat. Cependant je sais que maintenant ils travaillent sur les plantations voisines; M. Handy no doit donc plus ignorer que la plantation ne pouvait pas fournir constamment de l'occupation aux laboureurs qui y étaient « établis. » Ici je puis faire remarquer qu'il y a plusieurs plantations dans un fort bon étal de culture, qui ne possèdent pas un seul laboureur, ou qui n'en ont que deux ou trois établis à demeure. Si les paysans étaient obligés de ne travailler que pour les plantations où ils sont établis, la culture de celles qui n'ont point de laboureurs serait bientôt abandonnée. Mais, pour ce qui est de la plantation de Chippenham , je me rappelle que M. Handy me dit qu'elle avait beaucoup souffert, durant l'apprentissage, par suite de la conduite violente et du manque total de tout esprit de conciliation delà part du premier économe. Quant à ce qu'il veut dire par «influence secrète», je ne puis le concevoir. Cela ne peut se rapporter à moi; car, d'après ce qu'il dit lui-même, la mienne a été avouée cl publique. Dans sa déclaration, M. Smith admet que « le loyer que l'on a demandé a été de 3 sch. A cl. (4 francs ) pour les principaux locataires ; et de 1 sch. 8 d., par semaine, pour chaque personne habitant, la maison. M. Smith , autant que je puis me le rappeler, n'a jusqu' ici exerce aucune poursuite pour le payement des loyers. Si M. Hollingsworth ( devant lequel il a prêle serment de l'exactitude de sa déclaration) était associé avec moi pour décider d'un tel cas, et qu on nous eut présenté un compte semblable expressément établi par tête d'habitant (voyez l' opinion ci-jointe du grand juge, qui déclare ces demandes illégales), je crois qu'il n'y aurait pas,

513

comme le dit lui-même M. Hollingsworlh, la moindre différence dans nos décisions. Mais il est dur que l'on m'accuse de la difficulté qu'il y a à se faire payer les loyers, quand M. Smith n'a jamais porté une telle plainte devant aucune cour dont j'aie été membre Son accusation aurait été beaucoup plus grave , et de plus d'importance, s'il eût pu prouver qu'il m'avait adressé une plainte, et que je n'avais pas voulu lui rendre justice. S'il existait un arran gement entre lui et les laboureurs pour la réduction du loyer, il ne l'a point fait connaître, et n'a point appelé de témoignage pour le prouver. Je m'en rapporte encore une fois au document n° 7. Je suis convaincu, d'après la connaissance que j'ai des sentiments des laboureurs, que si les loyers ne sont point payés dans toutes les plantations, c'est par suite de la résistance que rencontre partout l'usage défaire payer tant par tête, pour chaque individu qui occupe la maison. Tel est le système adopté sur la plantation Spur-Free, comme on peut le voir d'après les registres. Au commencement de l'affranchissement, les paysans ne comprenaient pas la véritable nature du loyer, et plusieurs d'entre eux s'y soumirent par ignorance. Depuis , ayant découvert que le système adopté n'est point celui que l'on a suivi clans les autres pays, et qu'il est évidemment injuste que l'homme qui a une grande famille soit opprimé par son propriétaire en proportion clu nombre de ses enfants, ils en ont témoigné leur mécontentement ; et nonseulement ils ne le payent point volontiers, mais ils s'y refusent énergiquement. M. Smith m'accuse aussi d'être cause que Ton se procure difficilement des ouvriers. Certainement il ne voudrait pas restreinclre l'activité industrieuse des laboureurs, qui sont en si grand nombre qu'ils produisent une recelte annuelle de 1,664 liv. sterl. (41,600 fr. ), à la production de 5 lierions de café, total de sa récolle de l'année dernière. Il cache un fait important, qui peut servir à éclaircir les motifs de la conduite des laboureurs. M. Smith sait aussi bien que moi que, même pendant l'esclavage et l'apprentissage, ses nègres, ont été employés comme laboureurs à la journée ; allant, d'un bout de la paroisse à l'autre, à la recherche d'ouvrage, et qu'ils sont obligés de le faire maintenant, comme autrefois, puisqu'ils ne peuvent trouver aucune occupation sur une plantation tout à fait épuisée. Je me reporte ici à la lettre du révérend directeur Stewart, ci-jointe, n° 9, et a ma dépêche clu 9 janvier. À l'égard de Spur-Free, je disais : «Il y a vraiment peu de cafiers de reste; niais cela est ainsi «depuis plusieurs années. Cette propriété est tout à fait épuisée « comme plantation à café , et je ne crois pas que, depuis quel« ques années, la moyenne de l'exportation ait dépassé 10 tier« çons. Quelques-uns des laboureurs sont venus me trouver l'autre «jour pour se plaindre qu'ils ne pouvaient pas se procurer clu travail «sur la plantation, et me prier de leur en trouver sur d'autres «propriétés. Il n'est point vrai qu'ils n'aient rien fait depuis le « 1er août. Ils ont souvent été occupés sur différentes plantations, « et je puis déclarer, sur l'autorité clu révérend directeur Stewart, «qu'à peu près trente se sont formés en atelier de louage, qu'ils «ont été a Mill-Gulley chercher de l'ouvrage, et qu'ils ont été «employés sur une plantation appelée Petersfield ; je puis décla' «rer, d'après ce que je sais , que, pendant l'apprentissage, ils «étaient continuellement loués au dehors par l'économe, at« tendu qu'il n'y avait rien à faire sur la plantation à laquelle ils « appartenaient. » En lisant les déclarations de Thomas Blackwood , de Thomas Edwards et de William l'âge , on ne saurait croire qu'elles leur aient d abord été lues et expliquées, comme il est d'usage en pareil cas. Blackwood n' était point « principal économe » de SpurFree , quelque temps avant la fin de l'apprentissage. Je me rappelle qu il avait été «cassé», selon sa manière de s'exprimer, pour avoir retiré les laboureurs de la plantation afin de leur faire cultiver ses propres terrains de provisions, et pour d'autres raisons. Après cela, je crois qu'il racheta sa libération. Je le rencontrai à Mnndeville, le jour que j'ai dit; et, comme je savais 33


RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE.

514

e

et que j'ai prouvé que les laboureurs de Spur-Free étaient quelquefois obligés de voyager par le pays à la recherche d'occupations, e lui dis que, s'ils en avaient besoin , ils pourraient en trouver à l'Ermitage. Je crus que c'était une faveur que je lui faisais alors, ainsi qu'à eux, et il le pensa aussi. Mon avis faisait allusion à leur ancienne habitude de travailler comme atelier de louage, et j'avais tout lieu de croire qu'ils continueraient de travailler ainsi. Je pensais qu'ils se rendraient sur les plantations où on leur offrirait du travail. Quant à ce qui me regarde, les déclarations de Thomas Edwards et de William Page sont complètement réfutées par les lettres de M. Davy et de M. Maxwell, numérotées 5 et 10. M. Maxwell nie leur avoir dit que j'eusse songé à leur envoyer 200 laboureurs pour sarcler la plantation. La réponse que j'ai faite à la déclaration de M. Smith sera, je pense, également applicable à celle de Louis et de Joseph. Je crois avoir toujours suivi une conduite droite, celle de la justice; et je puis consciencieusement dire que, dans l'exécution de mon devoir, j'ai toujours eu le plus grand désir que l'île put prospérer et que tous ses habitants pussent devenir, comme j'espère qu'ils le deviendront, un peuple heureux, moral, industrieux et vivant dans la concorde. Signé J. W.

GRANT

de paix est invité à rendre sa sentence pour l'arrestation de personnes accusées seulement de s'être rendues coupables d'une offense, d'un délit mal défini, et qui, en somme, n'a aucun caractère de criminalité. Ce délit, dans un pays tel que la Jamaïque, ne peut être commis que par des personnes appartenant à la classe pauvre et ignorante de la société. L'engagement n'a pas besoin d être fait par écrit., d'être réciproque ni revêtu d'aucune des formalités qu'on exige pour les contrats; de sorte que, si, par exemple, un surveillant fait à un cultivateur une proposition qui ne soit ni acceptée ni refusée à l'instant, il peut affirmer, par serment, que A.. . s'est engagé à soigner et garder un troupeau de bétail sur la propriété de B... ., ce qu'il a négligé ou refusé de faire. Sur celte plainte, le magistrat peut rendre sa sentence [warrant). Nous avons vu plusieurs personnes qui, arrêtées et mises en prison en vertu d'un tel warrant, pour y attendre leur jugement, ont été enfin remises en liberté, attendu qu'on no pouvait prouver qu'il y avait eu contrat, ou parce que personne ne se présentait pour soutenir la plainte. Quelques autres ont été condamnées à perdre leurs salaires.

31.

, juge salarié.

d une lettre de James Kowden, missionnaire wesleyen, à Ch. Darling, etc. — Bonne conduite des noirs.

EXTRAIT

Bail), 3 juin , 1839. Liste des lettres jointes aux déclarations de M. J. W. Grant.

1. De l'honorable J. L. Davy, custos. 2. De Thomas Bygrave, juge de paix. 3. De John Coley, juge de paix. 4. De David Hollingsworth, juge de paix. 5. De John Davy, juge de paix. 6. De J. R. Williamson, juge de paix. 7. Copie de procédures, le 2 février 1839. 8. D'Alexandre Jordan, inspecteur de Cocoa-Walk. 9. Du révérend Stewart, curé salarié, à Manchester. 10. De E. D. Maxwell, inspecteur de l'Ermitage. 11. Du révérend docteur Stewart, curé salarié, à Manchester. 12. Opinion du grand juge dans l'affaire de Richmond.

30.

ACTES

arbitraires des maîtres envers les cultivateurs. Jackson-and-Bell, 3o avril 1839.

Nous vous demandons humblement la permission de vous signaler les abus et l'oppression qui, nous le disons à regret, et sans vouloir pour cela accuser personne de corruption, s'autorisent de l'acte constitutif de cette île, et s'appuient précisément sur l'article 4 de cet acte. Ledit article porte en substance que « tout serviteur, ouvrier, artisan, homme de peine, cultivateur, commis, domestique attaché, soit à la personne , soit à la maison, qui manquera à l'engagement par lui contracté envers ses maîtres, par écrit ou verbalement, soit en se conduisant mal, soit en s'absentant, soit en négligeant do remplir exactement ses devoirs, pourra, sur la dénonciation qui en sera faite par son maître ou sa maîtresse, leur intendant ou représentant, et après serment préalablement prêté, être appréhendé au corps par ordre du juge de paix, lequel, après avoir interrogé les parties et s'être assuré de la réalité de la plainte, devra rendre une sentence qui condamnera le délinquant a être renfermé, pendant un espace de temps qui n excédera pas trois mois, dans une maison de correction, ou il sera occupe a de rudes travaux; le délinquant pourra être condamné aussi à la perle de tout ou partie de son salaire, » Votre Excellence peut remarquer, par conséquent, que le juge

En réponse à la demande de Votre Excellence, je lui fais connaître que, dans le district de Plantain-Garden-River, j'ai, sous ma direction immédiate, près de 3,ooo cultivateurs. Je suis heureux d affirmer a Votre Excellence que le libertinage et la licence n'augmentent point parmi les jeunes nègres. Pour preuve de cette assertion, je citerai la tendance dominante des nègres à contracter mariage. Depuis le 1er août 1838, nous n avons pas compté moins de 1 ) o mariages parmi les membres de notre société. Je pense, dès lors, que les renseignements donnes par M. Cooke sont tout à fait erronés, Je ne suis pas en position d'affirmer jusqu'à quel point l'avis donne par Son Excellence aux femmes nègres, de ne point travailler dans les champs, a produit son effet, mais j'ai appris que peu de femmes en avaient profité. Signe James

KOWDEN

, missionnaire wesleyen.

32.

EXTRAIT d' une lettre de Th. F. Abbot, missionnaire baptiste, au très-noble marquis de Normanby, secrétaire d'État pour les colonies.— Accusa/ions portées par la. presse contre les noirs émancipés.

Sainte-Anne, 11 juin 1839 Le sentiment de Injustice me porte à m'adresser à vous en faveur de la classe des cultivateurs de cette colonie, si profondément blessée dans ses intérêts, et surtout de cette partie de la population agricole dont je suis le pasteur. Je prie instamment votre seigneurie d'accorder son attention à mes courtes observations : je ne les lui soumets qu'après les avoir soigneusement méditées. Mon honneur et ma dignité de ministre de l'Évangile, que je n'hésite pas à engager ici, vous en sont un sûr garant. Depuis l'abolition de l'esclavage, la presse de cette île n'a pas cessé un instant d'entretenir le public des exigences folles de la population laborieuse, de la partialité du gouverneur sir Lionel Smith, de la mauvaise dispensation de la justice par les magistrats spéciaux, et. de l'intervention déplacée des missionnaires baptistes entre les maîtres et les serviteurs. D'autre part, la presse a émis des réfutations de ces articles, des accusations de mauvaise administration portées contre plusieurs représentants des propriétaires absents et autres agents chargés de la surveillance des propriétés, et enfin des exemples avérés de cruautés inouïes auxquelles ils se seraient portés.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. Au milieu de toutes ces contradictions, il est extrêmement difficile, même pour des personnes complètement désintéressées, qui ne vivent pas sur les lieux, de se former une opinion exacte de l'état véritable des choses. Je puis vous certifier, pour ce qui regarde les congrégations de la partie de la population confiée à mes soins, et qui s'élève à plus de 3,000 personnes, que, non-seulement elles sont loin de supposer qu'elles puissent avoir droit à la propriété des maisons et des terres qu'elles occupaient sous le régime de l'esclavage, mais que même elles n'attendent d'Angleterre aucune espèce de loi à ce sujet. Depuis l'abolition du système d'apprentissage , j'ai visité différentes parties de l'île ; je me suis mis en rapport avec environ 10,000 apprentis; je les ai questionnés sur leurs droits, leurs privilèges, et leurs devoirs en tant qu'hommes libres ; j'ai recueilli de leur bouche la libre et sincère manifestation de leurs sentiments, et je n'hésite pas à vous déclarer que les accusations que l'on a fait peser sur celte partie de la population, prise collectivement, n'ont pas le moindre fondement. J'admets volontiers que l'attachement des cultivateurs pour le lieu de leur naissance, pour la sépulture de leurs ancêtres ou de leurs enfants, est si fort qu'ils sont disposés à faire les plus grands sacrifices pour ne point s'en éloigner (et plus d'un gérant de propriété n'a pas craint de tirer un vil profit de ce noble sentiment); je conviens même que j'ai rencontré des cultivateurs qui ont refusé de payer la renie qui leur était demandée, quand celte rente était exagérée; d'autres, qui ont refusé de travailler aux conditions qu'on leur proposait, lorsque ces conditions leur ont paru injustes; et enfin quelques-uns qui s'obstinaient à ne vouloir à aucun prix travailler pour les maîtres qui, sous le règne de l'esclavage, ne s'étaient signalés que par leur cruauté. Vous, Milord, vous n'avez pas besoin qu'on vous fasse remarquer qu'il n'y a là rien qui ne se retrouve dans les pays de liberté, et vous serez peu disposé, j'en suis sûr, à blâmer ces hommes, récemment appelés au bienfait de la liberté, d'avoir eu la hardiesse de défendre leurs droits. Mais, tout en faisant ces concessions, je dois protester solennellement d'une vérité, c'est que je n'ai pas trouvé une seule personne qui ne fût disposée à payer de légitimes loyers pour les maisons et les terres, ou à travailler, moyennant une rémunération équitable pour ceux d'entre les propriétaires qui traiteraient les cultivateurs avec les égards que l'on doit à toute créa-

515

aussi peu épargnés par ceux qui ont intérêt à tenir les propriétaires absents dans l'ignorance du véritable état des choses, tandis que les missionnaires des autres sociétés, à peu d'exceptions près, sont l' objet de leur prédilection et de leurs éloges, je répondrai que cela lient d'abord au fait que la population des travailleurs suit [dus volontiers les instructions et prédications des missionnaires baplistes que de tous les autres ordres; et, en second lieu, à ce que les ennemis de la vérité et de la justice s'attaquent de préférence aux missionnaires d'une certaine communion, dans le vain espoir de les immoler à leur rage et à leur vengeance, en supposant toutefois que ce but soit plus facile à atteindre que s'ils avaient affaire à tout le clergé. Je dirai enfin que cela tient aussi à ce que certains ministres, enivrés par les éloges des oppresseurs, n'ont pas craint de se ménager une honteuse popularité auprès des riches et des puissants, en leur sacrifiant les intérêts et le bonheur de la classe la plus pauvre et la plus délaissée. Signé Th. F. ABBOT , missionnaire baptiste.

33.

d'une lettre de W. T. Woodcock, ministre salarié, au capitaine Darling, secrétaire du Gouvernement.

EXTRAIT

Rural-Hill, si juin 1839. Après tout, je crois que le docteur Cooke parle sous l'influence d'une erreur, lorsqu'il affirme, sans restriction, que les jeunes femmes ne veulent point travailler dans les plantations; et particulièrement lorsqu'il attribue l'augmentation du libertinage et de la licence à l'avis donné aux femmes par Son Excellence le gouverneur. Si, au lieu de s'efforcer de déverser le blâme sur Son Excellence, il avait établi que l'augmentation de la licence et de l'insubordination chez la population agricole devait être attribuée aux exemples d'immoralité donnés par nous-mêmes , à notre long refus d'accorder aux nègres, l'instruction morale et religieuse ; à notre opposition violente contre les membres du clergé qui prenaient intérêt au bien-être de la population noire ; à la triste multiplication des débits de liqueurs spiritueuses dans les villes et dans les ports de mer, et, en beaucoup de circonstances , à notre conduite impérieuse, oppressive et inconciliante, j'aurais alors consciencieusement souscrit à ses opinions. Signé

W. T. WOODCOCK

, ministre salarié.

ture humaine. Qu'il y ait, parmi ces hommes nouvellement émancipés, des paresseux, des vauriens, des membres indignes de la société, c'est ce que je ne prétends pas nier. Mais ce qui est malheureusement aussi évident pour moi, c'est qu'il se trouve au moins autant de gens de cette espèce, toute proportion gardée, dans les autres classes de la communauté, sans avoir les mêmes motifs d'excuse à alléguer pour leurs vices et leurs crimes. Votre sei. gneurie conviendra que ce que je viens de dire pour les cultivateurs elles ouvriers pourrait aussi bien s'appliquer à la classe privilégiée de l'aristocratique Angleterre .. .En finissant, j'ai une remarque à faire sur les missionnaires baptistes, qu'on accuse de s'être mal à propos mêlés des différends survenus entre les maîtres et leurs serviteurs. Les missionnaires baptistes, autant que je sache, toutes les fois qu'ils sont intervenus dans ces démêlés, ne l'ont fait qu'avec répugnance et sur les instances des parties intéressées. On ne peut nier, en effet, que les propriétaires, les inspecteurs, les hommes de loi n aient souvent prié les missionnaires d'intervenir, ainsi qu'ils peuvent le prouver par les demandes écrites qu'ils conservent en leur possession ; do même aussi qu'on est forcé de reconnaître que, grâce à leur intervention conciliatrice, des différends élevés se sont arrangés à l'amiable, et, de sages mesures ont été prises pour l'avenir. Si on me demande pourquoi les missionnaires baplistes sont II.

34.

d'une lettre de Benjamin Franklin au capitaine Darling. -— Etat moral des noirs.

EXTRAIT

Mount-Bay, 26 juin 1839. Les mariages parmi les individus jeunes ou d'un âge moyen sont plus nombreux qu'ils ne l'étaient avant le 1 août 1838. Depuis cette époque, à Morant-Bay, beaucoup de jeunes gens dont la manière de vivre était diamétralement opposée aux priner

cipes de la morale et de la religion, ont rompu avec leur inconduite flagrante, et se sont ralliés aux enseignements d'instruction religieuse donnés par le docteur et par moi-même. Je n'ai point remarqué d'accroissement, et encore moins d'accroissement journalier, de libertinage et de licence parmi les jeunes nègres. Autant que je puis être informé, je n'ai aucune raison de penser le contraire. J'ai espéré et j espère encore, en me soumettant toutefois à l'opinion du docteur, que la population fait généralement des progrès en bonnes mœurs et en habitudes de civilisation. Je crois que beaucoup de jeunes femmes ont quitté les habita lions avec l'intention d'obtenir du travail en ville; mais je no puis affirmer qu'elles soient parties par suite d'un sentiment de discrédit attaché au travail agricole. Je ne crois pas non plus que

33.


516

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

ce départ résulte de l'avis donné par Son Excellence aux femmes nègres. Je suis disposé à croire que leur atlachement pour les villes et les connaissances personnelles qu'elles y ont les aurait poussées à agir comme elles l'ont fait, lors même que le gouverneur n'aurait pas dit un mot sur le travail. Enfin, quoique ces opinions consciencieuses ne soient point d'accord avec celles du docteur, je dois cependant faire observer, en toute équité, qu'il m'a pourvu, avec promptitude et bienveillance, d'une chaire, à l'habitation des Montagnes-Bleues, afin de prêcher l'Evangile là où le libertinage et la licence diminuent, et où la cause de la morale et de la religion est en progrès. Signé

35.

EXTRAIT

B

enjamin

FRANKLIN.

d'une lettre de John Kingdon, ministre bapliste, au capitaine Darling. Bell-Castle, ( Manchioneal), 27 juin 1839.

Sur une seule habitation, Happy - Groove, j'ai su libertinage que le avait depuis peu augmenté ; mais il faut remarquer que celte habitation est la plus peuplée de toutes celles du district. Les négresses qui composent l'association maternelle, formée par mistress Kingdon, et qui se réunissent une fois par semaine pour recevoir des instructions sur la meilleure manière d'élever leurs enfants, se plaignent beaucoup de l'influence du travail agricole sur le moral de leurs filles; de sorte que, s'il y a réellement augmentation de libertinage précoce, on doit, en toute vérité, l'attribuer aux conversations et à la conduite indécente tenues aux champs. Il résulte de cet état de choses qu'il eût été à désirer que les femmes persistassent dans l'erreur où elles étaient sur les expressions de l'avis donné par Son Excellence, et auquel le docteur Cooke fait allusion Je ne crois cependant pas que l'immoralité soit plus générale que par le passé. Les cultivateurs, au contraire, recherchent le mariage comme un état bien supérieur au concubinage. Toutes les fois que les rentes à payer ne forcent pas les parents à envoyer leurs enfants aux champs, afin de gagner une partie du salaire nécessaire à l'acquittement des charges, ces parents les envoient à l'école. Je suis convaincu que le bonheur domestique et le comfort font de grands progrès. Les chapelles et les églises sont plus suivies que jamais, à l'exception cependant de celles où le service est fait par des personnes d'une conduite déréglée. Signé John

36.

EXTRAIT

KINGDON ,

ministre baptiste.

d'une lettre de J. H. Cooke, recteur de Saint-Thomasdans-l'Est, Brooklands ( Morant-Bay ), 28 juin 1839.

Les femmes crurent certainement, pendant plusieurs mois, que Son Excellence leur avait conseillé de ne point se livrer au travail des champs. Beaucoup d'autres crurent aussi que la loi les exemptait de ce genre de travail. Celte erreur continue à régner et se propage d'elle-même. Je déclare avec peine que, depuis l'abolition de l'apprentissage, les jeunes gens des deux sexes ont mis de côté toute considération pour l'autorité de leurs parents. Ils agissent dans une direction contraire à la volonté de ces derniers, et les menacent même de les mener devant les magistrats, lorsqu'ils sont par eux menacés de punitions. Effrayés de ces conséquences, les parents s'abstiennent d'un contrôle et dune discipline salutaires, si nécessaires à l'éducation et au bien-être de l' enfance. Dans mes conversations avec les principaux des habitations, celte absence de contrôle sur l'en-

fance a souvent formé un grave sujet de plaintes. Un très-petit nombre d'enfants assistent leurs parents dans les travaux agricoles : ils se rendent continuellement dans les villes, où ils s abandonnent à une existence de paresse et de vagabondage. Je crois qu'il n'existe pas, dans les habitations, autant de décence que par le passé; et je pense, avec le curé de l'île, que si une amélioration a pu se manifester de ce côté, le vice s'est évidemment accru dans les villes et dans les ports de mer. En réponse à la lettre que, d'après le désir de Son Excellence, je lui avais à ce sujet adressée, M. Wharton m'écrit: « Je crois pouvoir émettre mon opinion, et dire que la mo« ralité de la population agricole va en augmentant ; mais que «le vice suit une progression semblable dans les villes, et « principalement dans les ports de mer. » Cependant, comme, en ma qualité d'ecclésiastique, je puis être peu versé dans celte statistique, je me suis livré à d'actives informations, et, trouvant que les opinions étaient très-partagées, j'ai pensé que la conséquence la plus rapprochée de la vérité était celle-ci : que peu de changement, en bien comme en mal, s'est opéré dans les mœurs. Signé J.

II. COOKE,

37.

EXTRAIT

recteur de Saint-Thomas-dans-l'Est.

d'une lettre de

M.

Grant. 6 août 1840.

La chapelle de Saint-Georges, à Mill-Gulley, et l' église et la chapelle des missionnaires de Londres, à Mandeville, ne peuvent contenir la foule assemblée pour entendre le service divin. Dans beaucoup de propriétés, les cultivateurs restèrent au travail jusqu'au 31 juillet. Je fais mention de ce fait, ainsi que de celui de leur retour au travail mardi dernier, parce qu'on a dénaturé publiquement la conduite des cultivateurs, et que l'on a fait courir les bruits les plus faux et les plus perfides sur leurs intentions.

38.

EXTRAIT

d'une lettre de M. Mac-Leod. 7 août 1840.

Je suis heureux de n'avoir à faire que de bons rapports sur la conduite des nègres en général. Son Excellence le gouverneur sait déjà que, dans le mois de juin , la prison et la maison de correction sont restées les portes ouvertes pendant huit jours consécutifs. Je suis heureux aussi d'ajouter qu'il n'y a pas aujourd'hui un seul prisonnier dans la maison de correction, et que la prison ne contient que trois personnes, lesquelles ne sont pas des condamnés, mais des prévenus. Après avoir ainsi parlé des nègres, il est juste de déclarer que la conduite générale des planteurs de ce district est également excellente.

C.

DÉPART

de sir Lionel Smith de la Jamaïque. —Adresse

des missionnaires haptistes. — Affaire des menaces d'assassinat. 1.

ADRESSE

à Son Excellence sir Lionel Smith, gouverneur de l'île de la Jamaïque.

Nous, ministres de l'Union occidentale des haptistes, pour nous et pour les églises et les congrégations auxquelles nous présidons, nous demandons à nous approcher de Votre Excellence afin de lui exprimer le profond et sincère regret que nous ressentons de la voir quitter le gouvernement de cette île ; événement


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. que nous ne pouvons que déplorer comme contraire à la prospérité de la colonie cl comme mettant en danger le bien-être de ceux que vous avez couverts de l'égide de votre protection. Nous demandons la permission d'assurer Voire Excellence qu'en vous offrant nos sincères remercîmenls pour les nombreux bienfaits qui résultent de votre administration, nous sommes poussés seulement par la conviction sincère que vous avez justement droit, non-seulement à la reconnaissance, mais aux prières ferventes de ceux que vous avez défendus chaque fois qu'ils oui

été d'être déterminés à protéger leurs semblables dans la jouissance de cette liberté, qui a été achetée pour eux par les efforts des habitants de la Grande-Bretagne. En terminant, nous assurons Votre Excellence qu'en quittant notre pays vous emporterez avec vous nos prières sincères pour votre bonheur présent et éternel, pour que vous arriviez en sûreté dans le sein de votre famille, et pour que vous soyez longtemps conservé, afin de faire le bonheur de ceux parmi lesquels il plaira à la Providence divine de vous placer.

été injustement accusés.. Maintenant que Votre Excellence est sur le point de nous quitter, nous pouvons, sans nous exposer à l'imputation de flatterie, dans l'intention d'obtenir votre faveur, exprimer sans crainte, et d'une manière non équivoque, notre admiration pour la sagesse et l'équité qui ont caractérisé votre administration. Le tact admirable qu'a déployé Votre Excellence lorsqu'il s'est agi de mettre lin au système d'apprentissage, et en maintenant la paix de la colonie pendant une époque d'excitation extraordinaire, sans l'aide d'un corps de police, doit exciter dans l'esprit de tout sujet loyal des sentiments d'admiration et de reconnaissance. Celle conduite nous portera toujours à associer le nom de sir Lionel Smith avec celui de la liberté cl du bonheur du peuple. Ce n'est point pour nous assurer aucun ascendant politique que nous avons employé notre influence dans l'extension des droits civils et religieux de nos compatriotes émancipés ; mais d'après la ferme conviction que, agir autrement, ce serait sacrifier les nobles principes du christianisme à des convenances politiques, et acheter ainsi honteusement, les applaudissements d'une faction opposée au bonheur de l'homme. Nous avons la conviction, nonobstant les clameurs insensées par lesquelles nous avons été assaillis, que, dans nos efforts poulie bien public, Voire Excellence a dù reconnaître un désir ardent d'employer notre influence pour maintenir la dignité de la Couronne britannique et soutenir la majesté de la loi. A toute époque, nous aurions regretté Ja perte qu'éprouvera la colonie en général et nous en particulier, en perdant. Votre Excellence; mais nous la ressentons plus particulièrement en ce moment, bien convaincus que nous sommes sans aucune défense, sans la moindre protection de la loi, cette partie de la société ou l'on choisit les jurés étant composée en général de nos ennemis implacables. Pour assouvir leurs sentiments de haine contre nous, plusieurs d'entre eux ont violé le lien solennel du serment. Nous supplions donc Votre Excellence, à son arrivée en Angleterre, de se servir de l'influence qu'elle exerce pour nous assurer cette protection à laquelle nous avons droit , et pour obtenir la révocation de ces lois cruelles et oppressives qui existent encore dans les statuts de la Jamaïque. Votre Excellence peut regarder notre conduite passée comme le modèle de notre conduite à l'avenir, et nous désirons vous assurer que, par une obéissance continuelle aux lois, jointe à une ferme détermination de nous servir de tous les moyens constitutionnels pour obtenir une justice égale et impartiale, nous essayerons de mener à bien l'application de ces fermes principes de liberté que Votre Excellence a si noblement maintenus pendant, sa ; lorieuse administration. Nous reconnaissons unanimement que nous perdons en Votre Excellence un ami qui nous a défendus sans intrigue de notre part, et sans aucun désir de la sienne d'obtenir nos applaudissements. Voire Excellence, nous le pensons, a dû être convaincue que nous faisions nos efforts pour le bie n-être temporel cl éternel de nos semblables, et que nous ne devions pas être sacrifiés à une faction, soit à cause de nos vues particulières sur la vérité divine, soit parce que nous prenions le parti des opprimés. Nous devons donc offrir nos remercîmenls à Votre Excellence de ce qu elle ait bien voulu partager les reproches que l'on nous a laits, et protéger la réputation d'hommes dont le seul crime a II.

517

2.

RÉPONSE À

l'adresse des baptistes. King's-House , 28 août 1839.

Mes révérends amis, Je reçois celle adresse avec des sensations mêlées de joie et de douleur. Je vous entends avec plaisir attester que sous mon administration vous avez été protégés dans vos devoirs envers vos coreligionnaires, quoique j'aie toujours regretté, que même tous mes moyens d'encouragement n'aient pu être autre chose qu'une juste défense de vos travaux vraiment irréprochables. D'autre part, je snis peiné d'apprendre que vous a- ez des craintes que, par suite de mon départ de ce Gouvernement, vos efforts pour le soutien des droits moraux et civils de votre société puissent jamais manquer d'obtenir le soutien de ceux qui exerceront le pouvoir de toute portion de la société dont l'esprit n'aura pas été souillé par l'amour de l'esclavage. En acceptant le Gouvernement de cette colonie, j'ai fortement exprimé la confiance que j'avais clans le corps des missionnaires, dans leur haute intégrité et dans leurs principes loyaux. Vous avez plus que réalisé Ions les bienfaits que j'attendais de votre ministère, en élevant les nègres de la dégradation de l'esclavage aux nobles devoirs du christianisme. C'est de vous qu'ils ont appris à endurer les persécutions avec patience. Les ennemis de voire religion n'ont jamais osé essayer de prouver leurs accusations audacieuses contre vous, même avec l'aide d'une presse vicieuse et salariée à la fois en Angleterre et à la Jamaïque, et même, comme on peut le présumer, lorsqu'ils avaient lieu d'espérer beaucoup d'indulgence de la part des jurés de la Jamaïque. Messieurs, la première année de liberté générale vient de s'écouler. Que sont devenues les prévisions de ses ennemis? Où sont les vagabonds ? les squatters? où sont les attaques contre les propriétés ou contre les personnes des blancs ? Sur les 3oo,ooo esclaves opprimés que l'on a émancipés en un jour, il n'y a pas un seul individu qui ail commis un seul de cas crimes si redoutés. La conduite admirable des laboureurs dans ce moment critique a été le sujet d'un grand triomphe pour la religion; et ceux qui ont contribué à les éclairer dans leurs devoirs moraux, à travers les persécutions, les insultes et les dangers, ont mérité les égards et l'estime de tous les hommes justes dans tous les pays chrétiens. Les habitants de l'Angleterre ont le droit de demander et insisteront toujours pour obtenir que la liberté des esclaves, qu'ils ont rachetée à un prix élevé, leur soit parfaitement assurée, et il reste encore beaucoup à faire pour eux. Vous pouvez cependant être sûrs que le pouvoir qui a accompli un acte national aussi glorieux que la destruction de l'esclavage dans toutes ses branches, détruira enfin les petites tyrannies dont les travailleurs ont encore à souffrir. Il s'opère vraiment un grand changement, par lequel des hommes sans préjugés commencent à remplir les fonctions de directeurs de plantations; il ne se passera pas beaucoup de temps avant que les propriétaires absents ne reviennent de leur pré-

33.


518 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

sente erreur et ne découvrent que le salut de leurs plantations doit dépendre de l'emploi d'agents qui ne déroberont point aux laboureurs le produit de leur travail, et qui ne leur demanderont pas des loyers exorbitants. Des hommes qui sont encore émus de la possession toute nouvelle de la liberté ne peuvent volontiers travailler sous un pareil traitement. Quant à moi, messieurs, je vous remercie de tout le regret

fournir à l'avocat de la Couronne toutes les informations qu'il peut posséder, et qui pourront être utiles pour découvrir et punir ces malfaiteurs. Résolu. —Que ces résolutions seront insérées pendant un mois dans chacun des journaux de cette colonie.

que vous exprimez de mon départ de ce Gouvernement. Je suis cependant resté ici plus longtemps que ne le comportaient mes devoirs envers ma famille. Ni les accusations violentes de la chaire, ni celles de la presse, unies à des menaces souvent répétées d'assassinat, ne m'ont empêché de faire mon devoir envers la population émancipée. J'ai été plus que récompensé en

D'après une résolution adoptée par les honorables commis saires des comptes publics, dans une assemblée tenue aujourd'hui , la récompense ci-dessus nommée est offerte et sera payée à toute personne qui découvrira l'auteur ou les auteurs des menaces d'assassinat dont parle Son Excellence sir Lionel Smith baronnet, dans sa réponse (du 28 août 1838) à une adresse qui

voyant le bonheur paisible avec lequel ils jouissent de leur liberté. Je pardonne du fond de mon cœur aux hommes violents qui, regrettant la perte de leur pouvoir, ont fait un crime au Gouvernement d'avoir opéré ces changements ordonnés par la Providence, pour assurer le bonheur du plus grand nombre, tout en contrariant les intérêts de quelques égoïstes.

lui a été faite par l'Union occidentale des baptistes.

Je vous supplie aussi de pardonner à vos assuré que vous continuerez à vous servir pour encourager l'industrie des laboureurs. lerez combien le travail est nécessaire dans

ennemis, et je suis de votre influence Vous vous rappeltous les pays pour

empêcher le crime, et combien l'extension de la liberté universelle doit dépendre du résultat du travail. Messieurs, je prends congé de vous avec les sentiments delà plus parfaite considération. Signé Lionel

SMITH.

Aux ministres de l'Union occidentale des baptistes.

Signé Samuel

, secrétaire.

MURPHY

4. COPIE d'une dépêche du gouverneur sir Lionel Smith au marquis de Normanby. — Illégalité de la résolution prise par ht cour des comptes. Kings'-House, 13 septembre 1839. 'ai l'honneur de vous envoyer la copie de certaines résolutions récemment adoptées par les commissaires des comptes, en conséquence d'un passage contenu dans ma réponse à une J

adresse des missionnaires de l'Union occidentale des baptistes, dont j'ai aussi l'honneur de vous envoyer des copies. Les documents ci-joints, 3 et A, étant des copies de deux avis du Gouvernement, feront connaître à Votre Seigneurie les actes des commissaires des comptes, et les démarches que j'ai adop-

3.

EXTRAIT

des minutes de la cour des comptes, du 6 septembre

1839. Résolu. — Que cette commission a appris avec le plus grand étonnement et avec bien du regret, par la déclaration faite par Son Excellence sir Lionel Smith, le gouverneur, dans sa réponse à l'adresse de l'Union occidentale des baptistes, qu'il avait souvent été menacé d'assassinat, ces menaces ayant eu lieu , à ce qu'il paraîtrait, dans l'intention de l'empêcher de faire son devoir envers la population émancipée. Résolu. — A aucune époque de l'histoire de cette île, et même dans les temps les plus difficiles, on n'a jamais soupçonné ses habitants d'avoir entretenu des sentiments aussi criminels envers leur gouverneur, que ceux qui leur sont maintenant attribués, pour la première fois, par Son Excellence le gouverneur, à la veille de son départ de cette colonie. Résolu.—Que celle commission , en particulier, et les habitants de la Jamaïque qu'elle représente, nient d'une manière solennelle toute connaissance des menaces dont a parlé Son Excellence le gouverneur, et qu'elle croit nécessaire d'exprimer, de la manière la plus solennelle et la moins équivoque , la condamnation de la conduite de toute personne qui aurait pu recourir aux menaces en question. Résolu.—Qu'il convient pour l'honneur des habitants de celte île que les autorités se servent d tous les moyens possibles pour découvrir et amener en justice les personnes qui pourront avoir agi d'une manière aussi illégale et aussi malséante, et que l'on donnera ordre à l'avocat de la Couronne de l'aire les démarches nécessaires à cet effet. Résolu. — Qu'il sera inséré une annonce, dans chacun des journaux de l' île , ollrant une récompense de trois mille piastres à quiconque fera connaître l'auteur ou les auteurs des menaces diaboliques dont a parlé le gouverneur. Résolu —Que le secrétaire fera passer une copie de ces résolutions à Son Excellence le gouverneur, et qu'il sera prié de

tées eu conséquence. Ayant ainsi rendu publique l'illégalité de la conduite tenue par ce corps, et ayant, en môme temps, fait passer au receveur général une copie de l'opinion de l'avocat général, pour sa gouverne, j'avais espéré qu'il n'y aurait pas besoin d'autre intervention de la part du pouvoir exécutif. Cependant , le jour même que l'avis du Gouvernement du 9 septembre futl publié, et après une discussion qui paraît avoir eu lieu, en parfaite connaissance de cause, de la part des personnes qui étaient présentes, il fut tenu, dans la paroisse de Saint-Andrew, une réunion publique présidée par le custos, M. Joseph Gordon , où l'on a pris les résolutions dont j ai l'honneur de vous faire parvenir une copie. Je désire appeler l'attention de Votre Seigneurie sur la secondé résolution, dans laquelle Votre Seigneurie s'apercevra que le gouverneur est accusé d'avoir prononcé une grossière calomnie sur le peuple de la colonie on général, et sur le corps des agriculteurs en particulier; et j'ose expximer l'espoir que Votre Seigneurie sera de la même opinion que moi, qu'il est impossible de permettre à M. Gordon , en raison du respect dû au représentant de la Reine, de continuer à exercer les charges honorables et de confiance qu'il exerce dans cette colonie sous l'autorité de la Couronne. Je lui ai donc formellement demandé de me faire savoir s'il a, en effet, présidé l'assemblée tandis qu'une résolution aussi insultante a été prise ; cl s'il me répond affirmativement, ce dont je n'ai aucun doute, mon intention est île le suspendre de ses fonctions de custos de la paroisse de SaintAndrew et de maréchal des logis en chef de la milice. J'aurais hésité à lui retirer ce dernier emploi, ayant, je l'avoue franchement, une grande répugnance à punir une offense politique par la perte d'une charge militaire ; mais les principes que le Gouvernement de Sa Majesté considère devoir appliquer dans des cas île cette nature sont si clairement définis dans la dépêche que j'ai reçue de lord Glenelg, au 1er juillet 1887 (il 116), que je sens qu'il ne me reste pas d'autre alternative que celle de ne faire aucune attention à la conduite de M. Gordon , ou de le 0


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. renvoyer de tous les emplois, civils et militaires, qu'il tient du Gouvernement. J'aurai beaucoup de regret si l'agitation soulevée par la conduite illégalement suivie par les commissaires des comptes, à l'égard des expressions que j'ai employées dans ma réponse à l'adresse des baptistes, augmente les difficultés contre lesquelles mon successeur devra lutter au commencement de son administration. Mais je dois déclarer à votre seigneurie que j'ai employé ces expressions de propos délibéré, et dans l'intention de faire connaître au peuple de la métropole et de celle colonie l'esprit violent et invétéré qui anime la faction à laquelle je viens de faire allusion. Cette violence, je le crois fermement, s'étend sur tous ceux qui, mus par leurs propres principes, ou désirant remplir leur devoir envers le Gouvernement, ont pris une part active dans l'accomplissement et dans la direction de la récente et heureuse transition de l'esclavage à la liberté. Signé Lionel

5.

SMITH.

à'une dépêche de l'honorable sir C. T. Metcalfe, bar au marquis de Normamby. — Détails sur le départ de sir Lionel Smith. et

COPIE

Kings'-House, 1er octobre 1839.

519

seaux de Sa Majesté à cette station, le priant de fournir un vaisseau pour conduire sir Lionel Smith à New-York. J'espère que l'on approuvera cette démarche, comme marque de respect envers sir Lionel, dans les circonstances présentes. J'ai été reçu à mon arrivée, par sir Lionel Smith, de la manière la plus amicale, et j'ai constamment été en rapport avec, lui depuis. Il s'est embarqué ce malin à bord du bâtiment de Sa Majesté le Serpent. Il a été suivi h Port-Henderson , l'endroit où il s'est embarqué, et le long de la route qui y conduit, par une grande foule de nègres émancipés, qui s'étaient assemblés pour témoigner leur respect envers le gouverneur sous l'administration duquel ils avaient reçu la liberté, et qui s'était constamment dévoué à leur protection. On m'a dit que la conduite des noirs a été des plus touchantes, et qu'ils montraient la plus grande affliction du départ de leur ami et bienfaiteur. Outre l'attachement et l'enthousiasme de cette partie de la population, sir Lionel emporte avec lui, d'après ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, le respect de toutes les personnes dénuées de préjugés, et qui connaissent les graves difficultés contre lesquelles il a dû lutter. Quoique une nombreuse classe de personnes, qui croient avoir été lésées dans leurs intérêts par les mesures qu'il a prises, soient fort irritées contre lui, je ne doute pas qu'il ne vienne un temps où elles reviendront à de meilleurs sentiments envers lui, et où l'on se rappellera son gouvernement avec le respect universel dû à sa conduite honorable, juste, courageuse et ferme.

J'ai l'honneur de vous envoyer copie d'une lettre qui a été adressée par moi au commodore Douglas, commandant les vais-

Signé C. T. METCALFE.

N° 113. § II. HONDURAS. L

RAPPORT

du magistrat spécial.. — État moral des noirs. Belize (Honduras), 17 juin 1835.

J'ai l'honneur de vous transmettre la relation d'une tournée que j'ai faite sur les bords de la rivière de Belize. Conformément à vos instructions, j'ai parcouru tous les établissements d'acajou et autres où l'on emploie des apprentis. Pendant ma tournée, qui a duré près de trois semaines, je n'ai reçu qu'une seule plainte, très-légère, sur la conduite d'une femme. Il y a dix-huit ans que je réside dans la colonie; maintes fois j'ai eu occasion de me mêler de la gestion d'établissements, mais jamais je n'ai vu plus de tranquillité et de bon ordre que dernièrement. Je suis convaincu que lorsque les apprentis ne sont pas à Belize et qu'on peut les empêcher de fréquenter les débits de liqueurs fortes, repaires de tous les fainéants de la ville, ils sont disposés à être polis, industrieux et contents. Les maîtres et les apprentis s'efforcent, autant que possible de se rendre agréables les uns aux autres. Les travaux se font à la satisfaction de tout le monde. J'ai visité les établissements de MM. Gentle et Anderson à Roaring-Creek. J'y ai vu plusieurs des individus qui se sont montrés si turbulents en votre présence pendant le rassemblement qui s'est formé aux alentours de l'hôtel du Gouvernementaux fêles de Noël de l' année dernière. Ces individus se sont bien conduits depuis. Leurs maîtres m ont même assuré que jamais ils n'ont mieux travaillé. Les travailleurs ont déclaré qu'ils n'avaient eu qu'à se louer des bons traitements de leurs maîtres pendant les travaux pénibles de la coupe d acajou, et les maîtres, de leur côté, m'ont assuré

11

qu'ils avaient l'intention de récompenser la bonne conduite de leurs travailleurs. Signé William MASKAL.

2.

COPIE

d'une dépêche du colonel Cockburn au très-honorable

lord Glenelg, transmettant le rapport gai précède. Honduras, hôtel du Gouvernement, 1er juillet 1835.

J éprouve une bien vive satisfaction en vous transmettant, cijoint, une lettre que j'ai reçue de M. William Maskal, magistrat spécial de la colonie. J'y joins la relation d'une tournée d'inspection qu'il a faite le long de la rivière de Belize. Indépendamment des renseignements que m'a donnés M. Maskal, il m'est parvenu des rapports de tous les districts de la colonie. Je puis vous assurer que loin de recevoir des plaintes, de la part des maîtres, je reçois d'eux-mêmes l'assurance qu'ils Sont contents du travail de leurs apprentis; et, d'un autre côté, ceux-ci sont reconnaissants des bons traitemenls de leurs maîtres. Jamais le travail n'a été mieux fait; jamais il n'y a eu plus de gaieté de cœur chez les travailleurs : tout le monde est content et je peux dire que, dans cette colonie du moins, l'émancipation a réussi au delà de ce que ses plus zélés partisans pouvaient en attendre. Signé Francis

, président.

COCKBURN

33...


520

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES.—PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. N° 114. § III. LA TRINITÉ.

1.

d'une dépêche du lieutenant (gouverneur sir George F. Hill, bar", à M. Spring-Rice, secrétaire d'État. — COPIE

quelle vous avez bien voulu nous élever, et de devenir des sujets très-soumis de sa majesté la Reine.

La tranguillité règne, et en général le travail est terminé à midi. Les apprentis emploient le reste de leurs journées

Pour nous et au nom de la société, Signé Louis NICOLAS, Félix

sur les plantations voisines.

PINTO.

Port-d'Espagne (Trinité), 26 août 1834.

J'ai l'honneur et la satisfaction de vous faire savoir que la tranquillité ne cesse de régner dans cette colonie. Quant à la disposition des apprentis, je ne vous cacherai pas que ceux de quelques plantations manifestent de la mauvaise volonté, ou exécutent les travaux lentement et sans soin. J'espère bien fermement que leur conduite ne tardera pas à s'améliorer, et qu'ils feront leur devoir avec leur gaieté de cœur habituelle ; car, sur beaucoup de plantations, les lâches , qui étaient de sept heures et demie, sont souvent achevées avant midi, et ils se louent au dehors pour le temps qui leur reste disponible. On m'a signalé même une plantation dont l'atelier tout entier finissait le travail de bonne heure, puis allait travailler le reste de la journée sur la plantation voisine, où il gagnait même plus que le matin. Cet usage de salarier en espèces le travail supplémentaire des apprentis ne lardera pas à leur prouver que les explications qu'on leur a données à ce sujet étaient exactes, et cette population , qui d'abord a refusé d'y croire, ne tardera pas à s'en prévaloir généralement

2.

A DRESSE

des noirs émancipés à Son Excellence sir George F. Hill, bar", etc., etc. er

La Trinité, 1

août 1838.

Après avoir rendu grâce à Dieu de nous avoir permis, dans sa bonté divine, de devenir aujourd'hui des membres libres de celle communauté, permettez-nous, au nom de la société dite des Wadeloes, qui se composait jusqu'ici en grande partie d'apprentis , de témoigner à Votre Excellence nos remerciements très-sincères de la grâce qui nous est accordée, et que nous attribuons surtout à Votre Excellence, après notre gracieuse souveraine Victoria. Veuillez aussi croire à notre sentiment de reconnaissance pour votre généreuse sollicitude pour nous, qui sera à jamais gravée dans nos cœurs. Nous devons aussi nous féliciter que cette bénédiction nous ait été accordée sous l'administration bienveillante et toute miséricordieuse de Votre Excellence; et nous osons vous assurer que, en souvenir de reconnaissance, nous nous efforcerons, par notre conduite à venir, de nous montrer dignes de la position à la-

3.

ADRESSE

des nouveaux émancipés à Sa très-gracieuse

Majesté Alexandrina-Victoria, reine de la Grande-Bretagne et d'Irlande, etc. Port-d'Espagne (Trinité), 6 août 1838.

Nous, sujets loyaux, nègres affranchis et apprentis émancipés, prions très-humblement Votre Majesté et le Gouvernement et.le peuple de la Grande-Bretagne, dont la divine Providence vous a fait le chef suprême, d'agréer l'expression de notre reconnaissance pour le bienfait inestimable de la liberté dont on a bien voulu nous gratifier. Votre Majesté, souveraine d'un peuple libre, doit toujours avoir eu l'esclavage en horreur; Votre Majesté désire pouvoir compter, non sur la crainte de ses sujets, mais sur la loyauté et l'affection de leurs cœurs. Nous sommes fiers à présent de sentir que nous faisons partie de l'empire de la Grande-Bretagne, et que nous sommes placés sous son étendard sacré. Nous jurons de nous sacrifier avec tout ce que nous possédons à la défense des droits de Votre Majesté toutes les fois que les circonstances l'exigeront. C'est avec un sentiment de reconnaissance et d'orgueil que nous devenons des sujets trèsloyaux de Votre Majesté; mais nous nous sentons enchaînés par un lien plus indissoluble d'affection, lorsque nous réfléchissons que notre jeune et belle reine Victoria a bien voulu descendre jusqu'à accueillir et traiter avec bienveillance des sauvages de l'Afrique. Que Votre Majesté puisse régner encore longtemps sur un peuple libre, reconnaissant, loyal et religieux; que les arts et les sciences, le commerce, les manufactures, l'agriculture, la religion, la morale et l'éducation, continuent encore à s'améliorer, et que, par notre conduite, nous puissions nous montrer dignes de la liberté qui nous a été accordée. Tels sont les vœux que font, dans les humbles prières qu'ils adressent à Dieu toutpuissant les sujets loyaux de Votre Majesté, les uns provenant de la nation moco-africaine, et les autres faisant partie delà société Damas de Port-d'Espagne. Pour 1,207 Mocos répartis dans les divers quartiers, Signé John HARPE. ♦

Pour 120 membres de la société de Damas, de Port-d'Espagne , Signé

F. JOSEPH ,

directeur.


ÉTUDE DE L'EXPERIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

521

N° 115. § IV. SAINT-VINCENT. de désordre et d'insubordination chez les nègres des plantations situées dans le district de Charib et sur les plantations voisines.

1. ESPRIT

d une assemblée de magistrats, tenue sur la plantation Grand-Sable, paroisse Charlotte, à Saint-Vincent, par ordre du gouverneur, à l'effet de procéder à une enquête sur l'esprit de

PROCÈS-VERBAL

désordre et d'insubordination qui s'est manifesté chez les nègres des plantations situées dans le district de Charib et sur les plantations voisines. Saint-Vincent, 2 4 mai 1833. Patrick Crichton, esq. de Zangley Park, George Calquhoun Grant, esq., de l'Adelphi, Rev. Thomas, Alexander Brown, de Grand-Sable.

magistrats siégeants.

James Sutherland, esq., de la plantation de Waterloo, ayant prêté serment, dépose que, à son retour de Kingston, le jeudi, 16 mai, M. Stevenson, administrateur de la plantation de Orange-Hill, vint lui dire que, pendant son absence, les nègres étaient arrivés fort tard au travail ; que le contre-maître lui avait dit aussi la même chose, mais en déclarant qu'il n'en savait pas la cause. M. Sulherland ajoute avoir déclaré aux nègres, dans l'aprèsmidi du vendredi, que, s'ils persistaient à se conduire ainsi, il les punirait. Le lendemain samedi il se rendit aux champs en personne, et, voyant que les nègres persistaient toujours, il en fit enfermer trois ; le surlendemain dimanche, son administrateur lui apprit qu'on avait entendu dire aux nègres que, si leurs trois camarades étaient punis, ils iraient en masse se plaindre au gouverneur. Le lundi les trois nègres furent punis; depuis ce jour tout l'atelier est arrivé au travail à l'heure. M. Stevenson, administrateur de la plantation d'Orange-Hill, ayant prêté serment, confirme la déposition de M. J. Sulherland relativement à ce qui s'était passé en sa présence. Il ajoute que les nègres, quelques jours avant le retour de M. Sulherland , étaient généralement arrivés à peu près une demi-heure avant le lever du soleil, tandis que, comme d'un commun accord, ils n'arrivaient presque jamais avant sept heures moins un quart. — On demanda à M. Stevenson d'où il savait que les nègres auraient déclaré que, si leurs trois camarades étaient punis, ils iraient en masse se plaindre au gouverneur. Le témoin refusa de nommer la personne, dans la crainte, dit-il, qu'elle ne fût maltraitée par les autres nègres. M. A. Mac-Leod, de Turama, plantation voisine de celle d'Orange-Hill, ayant prêté serment, dépose qu'il se rendit à la ville le mardi 14 courant, et que, dans la matinée du 18, il retourna à la campagne, où on lui apprit que, pendant son absence de quatre jours, les nègres n'avaient pas fait plus de travail qu'ils auraient pu ou qu'ils auraient dû en faire en deux jours. lien demanda la raison au contre-maître, qui l'informa que les travailleurs arrivaient très-lard le matin; et que, dans l'après-midi, quoiqu'ils eussent leurs deux heures bien comptées, ils ne revenaient travailler qu'une heure après l'appel, qui se fait à son de trompe. Le témoin se rendit aux champs dans l'après-midi du même jour. Il vit les nègres, contrairement à l'usage, s'attrouper auprès des habitations, puis se rendre en masse au lieu du travail, où ils arrivèrent une demi-heure trop tard. A cause de leur mauvaise conduite, et en raison de cette espèce de coalition, il lit punir quatre des principaux meneurs.

Depuis, personne n'a manqué à l'appel. Un des quatre , nomme Grandison, fut enfermé après avoir subi sa peine. M. Davis, un des contre-maîtres, et Quashie, tonnelier, entendirent celui-ci déclarer que bientôt il leur ferait à eux-mêmes ce qu'on venait de lui faire. — Les magistrats ayant demandé à M. Mac-Leod s'il avait eu connaissance d'une assemblée nocturne qui aurait été tenue par les nègres de diverses plantations, il répondit que ces assemblées se tenaient assez fréquemment, car il lui arrivait souvent de rencontrer, à une heure assez avancée delà nuit, des bandes nombreuses de nègres se dirigeant des autres plantations vers Orange-Hill et Turama. Il ajouta que, depuis vingtsix ans qu'il habitait la contrée, il n'avait jamais été témoin d'autant d'insubordination et de désobéissance que depuis quelques mois. Une fois, entre autres, en rentrant chez lui veTs onze heures du soir, il aperçut environ vingt-cinq nègres rassemblés sur la grande roule, aux limites des plantations de Rabacca et de Waterloo. Il s'avança vers eux au trot de son cheval ; mais ils se dispersèrent aussitôt dans les champs de cannes. A. Cumming, propriétaire du lot 14 et de la plantation de Rabacca, ayant prêté serment, dépose qu'il y a eu un changement manifeste de conduite de la part des nègres de la plantation n° 14, depuis quelques mois. Ils sont arrivés à l'hôpital au nombre de trente à cinquante tous les matins, la plupart sans apparence de maladie ou d'empêchement de se livrer à leurs occupations ordinaires; les uns prétendant avoir travaillé au moulin , les autres aux chaudières la veille, et se trouver fatigués. Un cas analogue s'est présenté il y a deux jours. Le nommé George vint à l'hôpital, prétendant souffrir d'un point de côté, et ajoutant qu'ayant travaillé la veille au fourneau il avait besoin de repos. M. Cumming lui répondit qu'il ne pensait pas qu'il fut très-malade et incapable de travailler, et lui demanda comment il pouvait espérer d'être nourri et vêtu s'il ne voulait pas s'occuper. George répliqua qu'il avait déjà beaucoup travailllé pour son maître; qu'à la vérité il en recevait du poisson salé et des vête ments ; mais que le travail qu'il faisait était suffisant. pour le payer ; que, quant à ses terres à provisions, il les avait sarclées et plantées lui-même, et que par conséquent il croyait que ces (erres lui appartenaient; que, bien que son maître l'eût acheté de son argent, il avait déjà travaillé assez longtemps pour rembourser le montant de ce qu'il lui avait coûté. M. Cumming s'en alla, laissant George à l'Hôpital. Il eut occasion d'y retourner après déjeuner; mais George était parti pour une affaire n'ayant pas de rapport avec la plantation : il était donc capable de reprendre son travail, s'il l'avait bien voulu. M. Cumming dépose, en outre, qu'il eut occasion, il y a quelques semaines, de menacer d'une punition un nègre, nommé Simon, pour sa mauvaise conduite. Ce Simon s'approcha de lui, et, avec un geste menaçant, lui déclara que, s'il était puni, il ferait quelque chose qui mériterait l'échafaud, et non le tread-mill. M. Jennings, le géreur de la plantation Rabacca, ayant prêté serment, dépose que, à la prière de M. Cumming, il se rendit à l'hôpital de la plantation, lot 14. D'après le grand nombre de nègres qui ne cessaient d'y arriver, il vît que, si cela continuait, il serait bientôt impossible de faire exécuter le Iravail de la plantation. Il examina tous ceux qui s'y trouvaient, et vit que la plupart n'étaient pas malades, et n'avaient aucune raison de s'absenter du travail. M. Jennings ajouta que, à Rabacca, où il demeure, les nègres arrivent ordinairement fort tard ; que les femmes et les enfants sont, non-seulement en relard le matin, mais qu'ils ne font pas le tiers de la besogne qu'ils faisaient autrefois. — Les


522

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

magistrats demandèrent alors à M. Jennings quelles étaient les mesures qu'il avait prises pour engager les prétendus malades à retourner au travail; la réponse fut qu'on avait tout essayé, excepté la punition corporelle, et que rien n'avait pu les y décider. M. J. Ellis, géreur de la plantation, lot 14, ayant prêté serment, dépose que les nègres viennent beaucoup plus tard au travail qu'autrefois ; qu'ils accourent à l'hôpital les quatre premiers jours de la semaine, ne travaillent que le vendredi et le samedi, et perdent ainsi trois ou quatre jours de chaque semaine, «Hier, dit-il, je fis des reproches à quelques noirs qui n'étaient sortis de leurs habitations que quinze minutes après le lever du soleil. Ils me répondirent qu'il faisait trop froid pour sortir plus matin. » M. Ellis ajoute que, depuis deux mois, les nègres étaient très-obstinés et très-désobéissants. M. Thomas A. Hares, géreur de la plantation lot 14, ayant prêté serment, dépose que, se trouvant aux champs le 4 courant, les nègres se montrèrent très-insolents, parce que, par mégarde, on avait envoyé une plus petite quantité de rhum qu'à l'ordinaire, bien qu'on eût ordonné que la ration fût complétée de suite ; qu'il en entendit plusieurs s'écrier que bientôt ils chasseraient tous les blancs des plantations, et qu'ils s'empareraient des femmes. A quelques jours de là, comme le domestique de M. Cumming passait devant les ateliers avec le cheval de son maître, le témoin entendit deux jeunes gens, les nommés Guy et Dublins , entrer en conversation. L'un d'eux s'écria, en désignant le cheval, que ce serait celui-là qu'il prendrait aussitôt qu'il serait libre. Son camarade lui répondit qu'il achèterait un tilbury. Il fit part sur-le-champ de ces conversations à M. Ellis, le géreur. M. Thomas Mackintyre, de la plantation de Colonaire, ayant prêté serment, dépose que, depuis quelques semaines, il a remarqué que les nègres sont très-insubordonnés; qu'ils ne se rendent jamais au travail à l'heure fixe, ni le malin ni le soir; que quelquefois ils ne commencent pas leur besogne avant trois heures de l'après-midi. C'est ce qui arriva un jour, entre autres, où M. Munro, l'administrateur de la plantation, se trouvait sur les lieux. M. Munro se rendit aux champs avec le témoin, et demanda aux nègres s'ils avaient à se plaindre de quelque chose. Ils répondirent que non. M. Munro leur demanda alors pourquoi ils sorlaient si tard le malin, en leur déclarant que, si cela continuait, il les punirait. Le témoin, ne voyant toujours pas de changement dans leur conduite, ordonna l'emprisonnement d'un de ceux qui étaient arrivés les derniers au travail, avec l'intention de lui faire infliger une punition corporelle; mais tout l'atelier intercéda en sa faveur, en promettant d'être plus régulier à l'avenir. Depuis lors ils sont effectivement sorlis de meilleure heure. M. Mackintyre ajoute qu'il a remarqué que, toutes les fois que la bande avait résolu de se bien conduire ou de se mal conduire, elle avait agi de concert; qu'ils sortent de leurs habitations, et se rendent en masse aux champs, de manière à ce qu'il soit impossible de distinguer les principaux meneurs. M Macpherson, géreur de la plantation de Mount-William, ayant prêté serment, dépose que, depuis quelque temps, les nègres se sont rendus à l'hôpital en plus grand nombre qu'à l' ordinaire, et qu'il a été difficile de les faire travailler. M. Patrick Crichton, géreur de Langley-Park, ayant prêté serment, dépose qu'il a remarqué que les nègres ont fréquenté l'hôpital en plus grand nombre avec peu d'apparence de maladie, et qu il a éprouvé beaucoup de difficulté à les faire arriver du travail; que l'atelier s'y rend bien moins régulièrement qu'au-

trefois , et qu'il s'est vu obligé de les en punir en les faisant enfermer pendant la nuit. M. George Calquhoun Grant, de la plantation Adelphi, ayant prêté serment, dépose que son géreur s'est plaint que les nègres arrivent bien plus tard au travail qu'autrefois ; qu'ils font beaucoup moins d'ouvrage, et que la liste de l'hôpital constate qu'ils y entrent en beaucoup plus grand nombre qu'autrefois, sans etre malades. Que les nègres sont dans un état d'incertitude déplorable, à cause des idées erronées qu'ils se sont faites relativement a leur émancipation immédiate. Qu'il a été obligé d'infliger douze coups de martinet, il y a cinq jours, à un nègre nommé Thomas, qui a l' habitude de ne jamais arriver à l'heure, et qui, lorsque le contre-maître lui en a fait l'observation, a été trèsinsolent, et s'est écrié que son maître n'avait pas le droit de lui faire infliger de punition corporelle.

2.

du magistrat spécial À Son Excellence le capitaine Geo. Tyler, lieutenant-gouverneur. — Amélioration RAPPORT

dans les dispositions des noirs pour le travail. Saint-Vincent, 3 juin 1836.

Je suis heureux d'annoncer à Voire Excellence que les plaintes contre les apprentis travailleurs ont été bien moins nombreuses dans ce dernier mois que dans les mois précédents. Dans deux ou trois plantations les ateliers ont été convaincus de n'avoir pas bien fait leur devoir. J'ai visité ces mêmes plantations depuis lors, et je suis satisfait d'apprendre que les apprentis se comportent bien et travaillent de bonne volonté. La conduite des travailleurs dans la division est généralement respectueuse et régulière. Signé J. J.

3.

RAPPORT

TINLING

, magistrat spécial.

du. magistrat spécial à Son Excellence le lieutenant-gouverneur. Deuxième district, 15 juin 1836.

Je regrette de ne pas pouvoir signaler, dans mon rapport à Votre Excellence, pour le mois, de mai, une diminution des délits parmi les apprentis travailleurs. En ce qui concerne les rapports entre employés et apprentis dans leurs fonctions respectives, il y a une diminution progressive; mais il se commet des vols assez nombreux dans les jardins à provisions. L'insuffisance des soins de police apportés à la garde des terres offre de grandes tentations aux oisifs et aux apprentis mal intentionnés. Ceux-ci négligent la culture de leurs propres terrains, afin de vivre par le pillage de la propriété des noirs laborieux et industrieux; j'espère que la cause de ce mal disparaîtra sous peu, et qu'on obligera ceux dont les terres ne sont point cultivées à y travailler pendant les jours qui sont à eux. Dans le nombre des punitions infligées, j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que, sur une des plantations, tout l'atelier, au nombre de quarante-six apprentis, savoir : dix-huit hommes et vingt-huit femmes, a été condamné d'ensemble à un jour de travail extra pour avoir mal travaillé; en déduisant ceux-ci des 115 punitions, il ne restera qu'un total de 65. Signé Edwin

POLSON.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

523

N° 116. § V. LA BARBADE. I..

d'une dépêche du gouverneur sir Lionel Smith au très-honorable E. G. Stanley. — Influence de l'indemEXTRAIT

nité sur les dispositions morales des planteurs. Hôtel du Gouvernement de la Barbade, le 29 juillet 1833.

Les propriétaires , en voyant substituer un fonds d'indemnité à un prêt, sont devenus plus calmes et plus raisonnables, et j'augure les plus heureux résultats des bonnes dispositions qu'ils manifestent pour préparer les esclaves au grand changement qui va s'effectuer. Un comité de l'assemblée et du conseil législatif doit se réunir, le 3o courant, pour délibérer sur les divers projets de lois ou sur les diverses modifications qu'il conviendra de voler pour le nouvel étal de choses qui va surgir de l'acte d'abolition

tages que vous ont donnés le Roi et le Parlement; mais vous devrez vous bien conduire, être industrieux et faire honnêtement el fidèlement votre devoir envers vos maîtres. La loi est forte. Elle vous punira si vous ne travaillez pas En Angleterre on arrête et on punit comme vagabonds ceux qui sont paresseux et qui refusent de travailler, il en sera de même ici. L'Angleterre doit donner vingt millions pour solder votre liberté, vous ne pourrez reconnaître toute la portée de ce bienfait et vous en rendre dignes qu'en vous conduisant bien, en vous conformant aux lois, en vous soumettant humblement à ceux qui ont droit à vos services, et de qui vous devrez espérer une récompense de votre travail, lorsque vous serez définitivement li bres. Délivré de ma main et scellé de mes armes, à l'hôtel du Gouvernement, le 22 janvier 1834, et dans la quatrième année du règne de Sa Majesté. Dieu sauve le Roi.

2.

PROCLAMATION

aux apprentis pour leur annoncer

Par ordre de Son Excellence :

l'affranchissement..

Signé William

, secrétaire.

HUSBAND

22 juillet 1834. Après le 1" août prochain, vous cesserez d'être esclaves, mais vous deviendrez des apprentis au service de vos maîtres actuels, sous la protection des lois de la métropole. Lorsque vous vous conduirez mal envers ceux-ci, vous serez punis par des magistrats envoyés tout exprès d'Angleterre, pour tenir la main à la loi qui doit vous régir vous et eux. Les esclaves artisans, ainsi que ceux qui se sont occupés jusqu'ici d'agriculture ou de fabrication de sucre devront rester en apprentissage chez leurs maîtres pendant six ans, à partir du 1er aoûtprochain , jusqu'en 1840 ; et les esclaves serviteurs resteront en apprentissage pendant quatre ans , du 1" août prochain jusqu'en 1838. Les laboureurs, et ceux qui ont fait le commerce, doivent rester plus longtemps en apprentissage que les autres, parce que la loi ne les oblige à travailler que quarante-cinq heures par semaine, ce qui leur donne un jour par semaine pour eux, et ce temps n'est exigible d'eux que dans les cas exceptionnels, par exemple, lorsqu'il s'agit de soigner le bétail el de veiller à la garde des propriétés de leurs maîtres. Les serviteurs ou domestiques n'ont pas la jouissance de ce temps disponible, c'est pour cela que leur apprentissage doit être moins long que celui de leurs confrères de l'autre catégorie. Si vous vous absentez du service de vos maîtres , ou si vous négligezleur travail, vous devrez leur tenir compte du préjudice que cette absence ou celle négligence leur aura occasionné. Après le 1er août prochain , on ne pourra infliger de punitions corporelles aux femmes, vos compagnes; elles ne pourront plus être emprisonnées par les maîtres, mais elles pourront être condamnées à la prison ou aux travaux forcés par les magistrats. Les enfants esclaves qui n'auront pas atteint l'âge de six ans, au

août prochain, ou qui viendront à naître après cette époque, seront affranchis de droit. La loi exige que vous pourvoyiez à l'entretien de vos enfants ainsi affranchis ; car, si vous ne le faites pas, ils seront obligés de 1"

servir les maîtres de leurs mères jusqu'à vingt el un ans révolus. L'acte du Parlement vous donne plus de facilités pour racheter votre libération de l'apprentissage, que vous n'en aviez lorsque vous étiez esclaves pour racheter votre liberté. Vous ne pouvez maintenant manquer de comprendre les avan-

3

COPIE

d'une dépêche de sir L. Smith à lord Glenelg. —

Influence funeste de la classe dite des petits blancs. Gouvernement de la Barbade, le 8 décembre 1835.

le dois informer votre seigneurie que pendant quelque temps la colonie a été dans une grande fermentation, par suite des fraudes pratiquées envers les apprentis, et des excès commis par plusieurs planteurs. Nous avons ici deux classes de petits blancs descendants des familles qui vinrent d'Angleterre, dans les premiers temps de la colonisation, et qui travaillaient comme engagés avant l'introduction générale du travail des esclaves ; c'est sans contredit la par* tie la plus dégradée de la population de l'île. Quelques personnes de celte classe ont souvent possédé des esclaves depuis un jusqu'à douze, et leur propre existence reposait sur le travail de ces esclaves ou sur le prix de leur location au dehors. Une autre partie de celte classe n'avait ni esclaves ni propriétés ; mais,méprisant le Iravail des champs comme toute autre industrie, elle a vécu longtemps de la charité des noirs, à présent apprentis laboureurs. Ces blancs ont exercé , pendant le dernier changement, l'influence que la malheureuse différence de couleur leur donnait pour tromper ceux dont ils espéraient partager les avantages. C'est pourquoi, lorsque la loi pour le supplément de nourriture et de vêtements fut rendue, ils poussèrent les apprentis à demander ce supplément en nature, au lieu d'accepter aucune compensation , en leur faisant entendre que la métropole avait accordé davantage, mais que cet excédant avait été retenu ici. Dans les grandes propriétés, où les apprentis avaient eu pendant longtemps la jouissance d'une certaine portion de terrains, et avaient même cultivé la canne à sucre pour leur propre compte, ils insistèrent pour avoir une livre additionnelle de poisson; les propriétaires les avertirent qu'ils reprendraient les terres qu'ils ne possédaient qu'en considération de leur bonne conduite. Des sentiments de colère et de vengeance s'élevèrent des deux côtés; les apprends firent preuve d'entêtement et d'insubordination, et quelques planteurs détruisirent leurs cultures,On croira difficile-


524 RAPPORT SUR LUS QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. ment, dans la métropole, quelle funeste influence ces misérables blancs ont pu exercer sur les apprends noirs. La défiance qui régna pendant quelque temps fut telle, qu'un assez grand nombre de noirs déclarèrent devant un des magistrats spéciaux que, s'ils n'insistaient pas pour avoir leur ration de poisson salé, ils courraient le risque d'être remis en esclavage, et que le gouverneur les enverrait aux casernes de Sainte-Anne pour y être fouettés par ses soldats. Ainsi, c'est de moi-même qu'ils avaient pu concevoir une telle opinion, tandis qu'ils devaient bien savoir que j'ai encouru la haine et les outrages des blancs, en établissant le droit qu'avaient les noirs d'être traités comme des êtres humains. Grâce aux mesures adoptées pour détruire ces fâcheuses impressions, tout s'est calmé. Les principaux planteurs commencent à sentir l'avantage des bons procédés. Bien que nous ayons dans cette île le code d'esclavage le plus sévère que je connaisse, les noirs, en général, ont toujours eu une nourriture suffisante. Je conseillerais de les faire travailler moyennant salaire, plutôt que de leur accorder des provisions en nature, parce qu'on les prépare ainsi à un étal de liberté où ils devront tout à fait compter sur l' habitude du travail pour se soutenir. Les planteurs payent sans difficulté aux apprentis les journées qui leur appartiennent et qu'ils leur consacrent. J'ai la conviction que, là où les apprentis seront traités avec justice, on ne manquera jamais de bras pour la culture. Je suis, etc. Signé Lionel

SMITH.

més que, s'ils retournaient aussi promptement au travail, après leur émancipation , ils compromettraient leur liberté et encourraient un nouvel apprentissage de six ou de sept années. Si cette fausse opinion se répandait, le préjudice qu'elle porterait aux intérêts ruraux de l'île aurait un effet déplorable pour les autres plantations. Je ne négligerai aucun moyen de désabuser les nègres sur ce point. Les nègres sont néanmoins retournés au travail dans quelques plantations. J'espère que mardi prochain toute la population sera complètement à l'œuvre.

5.

d'un rapport envoyé par sir E. M. Mac-Gregor à lord Glenelg. —Dispositions des noirs.

EXTRAIT

17 septembre 1838.

Nous ne pouvons pas établir positivement si nos efforts ont amené une meilleure application de la loi cl plus de fidélité dans l'exécution des engagements; mais, quant, aux suggestions que nous avons cru devoir faire en celle circonstance, et sur le changement de position des parties, par suite de l'abolition de l'esclavage, et sur la haute nécessité d'employer des moyens de conciliation unis à la fermeté, pour la direction des plantations, nous pouvons affirmer qu'elles ont été reçues avec beaucoup de candeur et de douceur; nous espérons qu'ainsi elles ne seront pas sans effet. Nous répéterons ici (pie les cultivateurs, loin d'entretenir l'idée que leur nouvelle situation d hommes libres les exempte de l'obligation du travail quotidien, admettent promptement, au contraire, l'impor-

4. Il APPORT de M. Joncs, inspecteur de police ronde.— Evénement de l'affranchissement définitif. 10 août 1838.

Votre Excellence m'ayant demandé de lui adresser un rapport sur l'état de la colonie depuis le 1er de ce mois jusqu'à ce jour, j'ai l'honneur de m'acquitter d'un devoir agréable, en affirmant (pic la conduite des cultivateurs, dans ce laps de temps, a été complètement paisible et. pacifique. Ils n'ont jamais mêlé le moindre désordre aux manifestations de joie que l'on devait naturellement attendre dans des circonstances telles que celles où ils se trouvaient. Ce fut, le 1er août, un spectacle touchant de voir les noirs, en grand nombre, revêtus de leurs plus beaux habits, et faisant éclater des sentiments de joie et de reconnaissance, se rendre pacifiquement et avec calme aux églises et aux chapelles, dont quelques-unes étaient tellement remplies, qu'une grande partie des spectateurs dut rester dehors. On aurait vraiment pu croire que, d'un consentement unanime, les nègres avaient résolu de montrer qu'ils savaient apprécier le bienfait de la liberté, tant la journée se passa avec une apparence de solennité laquelle personne n'avait le droit de s'attendre. Cette conduite grave et posée ne les empêcha cependant pas, lorsqu ils rentrèrent chez eux, de se livrer à la joie et de prendre place au petit festin préparé pour la circonstance. Il est vraiment remarquable qu'aucune infraction à la tranquillité publique, au bon ordre , au décorum, n'ait été signalée. Ce fait sera tenu pour incroyable par les personnes qui n'en auront pas été témoins. Le 2 du mois, dans quelques plantations, les cultivateurs reprirent leurs travaux habituels; d'autres, qui étaient libres de travaux ( disposai ) prirent un jour de congé jusqu'au mardi ; après cela ils retournèrent tous an travail. Celle bonne disposition continua jusqu'au «S du courant; alors, je regrette de le dire, elle fut interrompue. Les cultivateurs, dans plusieurs plantations, cessèrent de'travailler, donnant pour raison qu'ils étaient infor-

tance de la culture du sol, et expriment la résolution où ils sont de continuer la tâche des travaux agricoles. Cependant, comme cette opinion était accompagnée de certaines réserves portant sur ce qu'ils veulent fixer par eux-mêmes les conditions de leur travail , elle a été combattue par les directeurs de plantations comme destructive du travail régulier de la propriété territoriale. Quelques embarras momentanés pour les deux parties sont résultés de cette difficulté. Conformément aux instructions de Votre Excellence, la question d éducation occupa beaucoup notre attention, et d'autant plus qu à onze stations sur quinze nous nous sommes assemblés, soit dans une école, soit dans un bâtiment du voisinage. Les enfants furent une fois examinés, et s'acquittèrent de cet examen d'une manière remarquable. Votre Excellence sait que les ecoles sont nombreuses à la Barbade, quoique le nombre ne soit pas encore en rapport avec la population. Beaucoup'de ces écoles ont été construites uniquement pour les enfants des cultivateurs. Les efforts du clergé, sous la direction vigilante et énergique de l'Evêque, ont été couronnés de succès et ont été aidés par les dons magnifiques du Parlement et des sociétés d'Angleterre, autant que par l'appui libéral des paroisses et des particuliers de l'île. Les cultivateurs manifestent d'eux-mêmes le plus grand désir d'assurer à leurs enfants les bienfaits de l'éducation, circonstance que nous considérons comme éminemment avantageuse, l'éducation devant conduire à l'amélioration du caractère et de la conditition du peuple ainsi qu'à l'accroissement de l'industrie. Pourtant on pourrait craindre qu'un jour les parents, dans leur désir de donner de l'éducation à leurs enfants, négligent de les élever pour le travail agricole. Cet inconvénient sera surmonté par degrés, en partie par le besoin que les parents ressentiront promptement du secours de leurs enfants clans le travail, et en partie aussi, sans aucun doute, parle soin que prendront les instituteurs, de détromperies parents sur ce point, cl de leur montrer comment, par une éducation précoce et par d'autres moyens, ils pourront assurer l'instruction à leurs enfants , sans les rendre paresseux et inutiles.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

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Vu notre incompétence, il ne nous siérait point de parler de l' état actuel de l'agriculture clans l'île. A nos yeux le pays semble offrir, clans sa plus grande étendue un aspect flatteur,

l'opinion que, grâce à la Providence, la prospérité de l'agriture à la Barbade n' aura pas à souffrir de l'interruption partielle et momentanée qui a eu lieu en quelques endroits dans le

principalement en comparaison des autres îles des Indes occidentales. A l'exception de la paroisse de Saint-Pierre, d'une partie de Saint-Philippe et de quelques plantations situées çà et là, on nous a généralement dit qu'à la Barbade les récolles sont en

travail agricole, et que l'on devait naturellement attendre après un si grand changement dans l'état respectif des individus. Nous dirons pour conclure que nous sommes enclins à ne point désespérer d'un pays où la religion et la civilisation avancent rapidement, en se tenant par la main ; où l'industrie a été si constamment pratiquée (nécessité que l'on continuera, sans doute, d'inculquer profondément dans tous les esprits) et où la

retard, et particulièrement les récoltes de provisions. Nous avons entendu dire expressément que l'igname a été cultivé, cette saison, sur une plus grande étendue, et que, s'il y a moins de blé (blé de Guinée), au moins dans quelques endroits, c'est qu'en considération du taux des salaires, celte culture ne fournirait pas un bénéfice suffisant. Il ne serait pas étonnant qu'il pût survenir des changements dans le système de l'agriculture, à raison des grandes modifications apportées au mode de payement des cultivateurs. Nous pensons aussi que la culture de l'île a pour quelque temps fait un pas en arrière, en partie par suite de l'abolition de l'apprentissage, et en partie aussi par suite de l'état d'incertitude et d'insécurité qui a régné durant les derniers mois de crise qui ont précédé l'émancipation complète. Pour ce qui est de l'avenir de l'île, nous voudrions entretenir

culture du sol a été portée à un si haut degré de perfection. Notre plus grande crainte provient de l'influence que pourraient avoir, par la parole ou par l'imprimerie, les mauvais avis donnés aux hommes libres, pour la plupart sans instruction et sans 'expérience. Nous espérons, cependant, que, grâce aux bons avis donnés par des amis sincères, à la direction équitable des patrons sous l'administration juste et vigilante des lois, le bon sens et les bons sentiments des cultivateurs résisteront à toute mauvaise influence, et que cette classe deviendra bientôt plus heureuse et plus utile à la société par l'usage de cette liberté qui lui a été si sagement et si généreusement accordée.

N° 117. § VI. LA DOMINIQUE. 1.

COPIE

d'une dépêche du lieutenant-gouverneur sir

C

M.

Schomberg à M. le secrétaire d'Etat Stanley. — Premiers effets de l'émancipation sur l'esprit des planteurs et sur les noirs de divers âges. Roseau (Dominique), 2 novembre 1833. Depuis qu'on a expliqué aux nègres des diverses plantations la substance de l'acte d'abolition de l'esclavage, tout est demeuré aussi tranquille dans la colonie que lorsque je suis entré en fonctions, le 23 avril. J'ai lieu de croire qu'il existe des doutes dans l'esprit des vieillards sur le sort qui les attend à l'expiration de l'apprentissage, ou quand ils seront devenus infirmes et qu'ils ne pourront plus travailler de leurs bras. L'esprit des jeunes gens, au contraire , est tout occupé de l'idée d'une émancipation prochaine. Généralement les nègres ont manifesté beaucoup plus d'apathie à ce sujet que ne le croyaient des personnes d'une grande expérience. Il y a des planteurs et des administrateurs qui semblent désirer l'émancipation immédiate de leurs nègres. Ils s'imaginent qu'ils pourront faire des arrangements bien plus avantageux, tout bien considéré, que ceux qu'on est sur le point d'adopter Il est probable que le café sera plus généralement cultivé dorénavant, surtout par les propriétaires français. Cependant les avantages de l'extension de cette culture ne se feront sentir que dans quelques années. Signé

2.

LETTRE

W.

M.

C.

M.

SCHOMBERG. .

du lieutenant-gouverneur sir Macpha.il à sir G. Colebrooke, — État des noirs affranchis. 22 avril 1839.

En transmettant à Votre Excellence les rapports mensuels des magistrats salariés, j'ai l'honneur de lui soumettre les observalions suivantes sur plusieurs points traités dans ces rapports.

D'après leur lecture, il est très-satisfaisant de reconnaître que, dans toute l'étendue de la colonie, la population est excessivement paisible. Les mœurs domestiques s'améliorent; les mariages augmentent ; l'extérieur individuel est plus soigné, et cela à l'aide d'une plus grande consommation des produits anglais. Dans un rapport sur son district, M. Lynch affirme que de bons sentiments existent entre les propriétaires et les cultivateurs, excepté dans deux domaines. Au district de M. Philip, plusieurs ventes de terrains ont été faites à des individus sortant de l'apprentissage. La classe agricole manifeste un grand désir de posséder des terres.

L'instruction religieuse est favorablement accueillie, mais ses moyens d'action sont encore très-limités. Grâce aux efforts libéraux et judicieux de l'association religieuse dite Mico, j'espère qu'en sus des moyens déjà existants, les établissements d'éducation seront bientôt complètement pourvus. Les circonstances défavorables signalées dans les présents rapports doivent principalement être attribuées à l'absence des lois qu'exigent les changements apportés récemment aux relations sociales. La nécessité de l'adoption de ces lois est fortement indiquée dans plusieurs des rapports inclus. Au nombre des maux existants, il faut signaler la grande indolence manifestée par les cultivateurs. Les cultivateurs répugnent généralement à contracter des engagements écrits. De fréquents recours en justice ont eu lieu, de la part des propriétaires et des cultivateurs, pour la non-exécution d'engagements verbaux. L'instabilité du travail régulier portera probablement préjudice à beaucoup de grands domaines. Les cultivateurs paraissent jusqu'ici ne pas comprendre les avantages des associations de bienfaisance et des caisses d'épargne. Cela paraît provenir de leurs dispositions à la défiance Néanmoins, ces circonstances contraires peuvent être surmontées par des lois convenables et par des mesures administratives. Les habitudes d'ordre et même de privation contractées par le cultivateur sont favorables a l'établissement de sociétés de bienfaisance et de caisses d'épargne, pourvu que de telles créations soient accompagnées de la confiance dans le Gouvernement


526

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

Cet essai est d'autant plus facile à tenter, que la population est docile et remplie de bonnes dispositions. La loi pourvoira sans doute aux besoins du pauvre et de l'infirme. Les propriétaires ont jusqu'ici montré de la mauvaise volonté pour établir un service médical. J'ai lieu de penser que, malgré cela, il en sera établi sur beaucoup de points; mais la mobilité du nombre des cultivateurs sera un obslable, si les médecins exigent d'être payés par les propriétaires. Je m'occupe avec activité de faire disparaître les entraves apportées à la liberté des rapports entre les magistrats salariés et la population de leurs différents districts.

mauvais jugement porté par les propriétaires et les géreurs sur les magistrats, lorsque ces derniers se livrent à l'examen des plaintes qui sont portées devant eux. L'absence, pour ces magistrats, du droit d'entrer sur les plantations; leur présence, en cas d'investigation, étant dès lors regardée comme une infraction. Le manque d'une résidence légale dans chaque district, ainsi que d'un logement convenable pour eux et leur famille.

Ces difficultés semblent être les suivantes : La nature rocheuse et l'état presque impraticable des routes; la grande dislance des domaines entre eux. La difficulté d'obtenir des informations exactes, provenant du

La destruction de ces obstacles coûtera de la dépense et du travail. Je crois pourtant qu'ils peuvent être promplement surmontés, si la législature et le pouvoir exécutif veulent bien s'en

Ces laits sont allégués, et, je crois, avec beaucoup de raison, comme causes de la non-exécution des devoirs de Injustice."

tendre dans ce but.

N° 118. § VII. MONTSERRAT. 1. RAPPORT de M. L. Grœme, juge spécial, à son Excellence sir E. J. M. Mac-Gregor, etc. — Etat des noirs et de la culture. Montserrat, 25 février 1836. Depuis mon rapport du 19 août 1835, les planteurs ont eu beaucoup moins à se plaindre de la conduite des apprentis. Les relations semblent être mieux comprises, de part et d'autre , et je vois se consolider entre eux de bons sentiments. Au mois d'août 1835, j'ai puni 157 hommes et 62 femmes. Au mois de janvier 1836, je n'ai puni que 96 hommes et 42 femmes. J'espère que j'en aurai encore moins à punir ce mois-ci. Si l'on avait donné suite à la demande que j'ai faite relativement aux moyens de punir par le travail forcé, parla réclusion et les fers, on aurait incontestablement prévenu beaucoup de délits et sans avoir recours trop souvent à infliger le châtiment du fouet. Je vous annoncerai enfin qu'à l'exception de deux ou trois plantations, auxquelles se rattachentd es circonstances toutes particulières, les vêtements qui se donnent habituellement au mois de janvier ont été distribués : ce n'est pas sans peine que je l'ai obtenu. Au mois de septembre, les propriétaires de trois plantations ont libéré leurs nègres du temps non expiré de l'apprentissage. Ils ont évité par là les frais d'entretien pendant l'espèce de disette qui régnait à cette époque. Les vacances de Noël se sont passées sans désordres. Il n'a manqué que bien peu de travailleurs à l'appel le jour de la rentrée, quoique l'on eût supprimé les gratifications extraordinaires, comme l'an passé. L'apprentissage semble ne pas avoir créé de mécontentement sur ces plantations, et l'on voit les travailleurs libres et les apprentis travailler comme à l'ordinaire dans les champs limitrophes. On a adopté avec assez de succès, sur certaines plantations, de substituer aux rations de poisson salé et aux allocations de vêtements , un salaire en espèces payé chaque semaine. La division du travail permet aux nègres de celle colonie de ne travailler que quatre journées de 10 heures par semaine, laissant à leur disposition le vendredi cl le samedi. Comme condition de cette substitution du salaire en espèces aux allocations, on a stipulé que les apprentis travailleraient le vendredi. La somme hebdomadaire comprend le salaire de celte journée de travail extraordinaire. On la divise en cinq, et, en cas d'absence de l'apprenti, on réduit d autant le salaire qui lui revient. Je me suis réservé le droit de prononcer en dernier ressort sur toutes les contestations qui pourraient résulter de cet arrangement Dans certains cas, j ai autorise les maîtres a accorder un jour par semaine au heu de ces allocations, et je désire bien vivement que ce système soit approuvé par Votre Excellence. Je pense que ce système d'é-

change tendra utilement à préparer les nègres à l'émancipation définitive. J' ai déjà constaté que le nombre de plaintes est considérablement diminué, et surtout qu'il y a beaucoup moins de prétendus malades a ! hôpital, car, par mon système, le nègre qui se fait inscrire comme malade, sans qu'il le soit réellement, n'a plus droit au payement intégral de son salaire hebdomadaire. J'en ai vu de 15 a 20, sur une seule plantation, se faire porter malades au commencement d une semaine; mais, depuis qu'on a adopté ce système d'échange, il n'y en a plus que 5 à 6. Je reviens encore aux enfants et aux infirmes. Malheureusement j ai trop lieu de craindre que beaucoup de décès aient été accélérés par la négligence et l'inattention. La plupart des infirmières sont des femmes que l'on a trouvées trop faibles pour le travail, et les enfants soutirent par suite du peu de loisir de leurs mères , aussi bien que par la négligence volontaire de celles-ci. Il y a,dans notre colonie, fort peu d'hôpitaux qui soient convenables pour les malades, et on les regarde plutôt comme des maisons de punition que comme des maisons de refuge. Les apprentis se soumettent aveuglément à ma volonté, et se montrent disposés, en toute circonstance, à s'en tenir à ma décision en tout ce qui est matière à contestation. Lorsqu il y a de la discrétion de la part des maîtres, les plaintes sont peu nombreuses de part et d'autre. Les apprentis sont toujours disposés a travailler moyennant un salaire en espèces; mais certains planteurs les soldent en marchandises, ou exigent qu'ils dépensent le montant de leurs salaires sur la plantation même, qui est ordinairement assez bien approvisionnée, et ou ils peuvent avoir autant de crédit qu'ils en veulent; cette facilité peut arriver à les gêner singulièrement dans la suite. J'ai eu oecasion dé juger du mauvais effet de ce système au Mexique, où il n'a servi qu'à retenir les aborigènes dans un étal complet d'ignorance et d'avilissement. La valeur des propriétés augmente. Depuis mon arrivée, on a monté, à grands frais, une machine à vapeur, la première qu'on ait apportée dans la colonie. On amis en culture line grande étendue de terrains incultes, cl. de nombreux ateliers de travail ont été construits. Plusieurs plantations ont été louées assez avantageusement par les propriétaires absents : cela dénote que la confiance augmente dans l'esprit des personnes qui résident depuis longtemps dans la colonie. Il se trouve à Montserrat un assez grand nombre de nègres émancipés. J'ai cru voir que la magistrature locale est toujours très-disposée à entendre les plaintes des maîtres, mais qu'il n'en esl pas ainsi lorsque ces plaintes proviennent des apprentis. Un nègre vint se plaindre à moi, il y a quelque temps, d'avoir été frappé par son maître. Il n'avait pu obtenir qu'on écoulât sa plainte, quoiqu'il se fût adressé à trois magistrats différents.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. X. DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC. Je joins à mon rapport une correspondance relative à la condamnation illégale de deux apprentis, qui avaient fait 31 jours de détention avant que le fait ne fût porté à ma connaissance. Je prie Votre Excellence de vouloir bien parcourir l'article 4 de

527

une amélioration sensible dans l'extérieur physique du cultivateur, principalement chez les enfants. Cette circonstance réjouira les partisans de la grande mesure si heureusement accomplie.

l'acte pour la protection de la propriété, dont j'ai l'honneur de lui transmettre également une expédition. Les récoltes ne seront pas très-abondantes cette année, à cause

3.

du major Grœme, magistrat salarié. — Manière paisible dont se sont passées les fêtes de Noël.

RAPPORT

du temps peu favorable qu'il a fait ce dernier printemps. Elles promettent d'être fort belles l'année prochaine, et l'aspect des

9 janvier 1839.

jeunes plants donne de belles espérances aux propriétaires.

Les jours de la fête de Noël se sont passés paisiblement et dans le plus grand ordre. On a peut-être trop dansé dans les domaines 2.

du major Grœme. — Amélioration physique

RAPPORT

chez les noirs.

convenables. Tous les moulins de l'île sont maintenant en ac1er février 1839.

J'ai

situés tout près de la ville, mais, sur les habitations des districts, ce délassement favori a été contenu dans des limites tivité.

le plaisir de vous apprendre que j'aperçois N°

119.

§ VIII. ANTIGOA. 1.

LETTRE

à Son Excellence le gouverneur. — La réunion

des missionnaires moraves se prononce pour l'émancipation

prochain, au lieu d'être préalablement soumise à un système d'apprentissage. Mon opinion à cet égard est fixée depuis longtemps. Je pense

immédiate.

que les esclaves de cette colonie sont tout à fait en état de jouir,

Spring-Garden ( Saint-John, Antigoa), 1er novembre 1 833. J'ai l'honneur de vous mander le résultat d'une conférence des missionnaires moraves d'Antigoa, qui a eu lieu ici ce matin, au sujet de votre dépêche du

28

octobre. La majorité des membres

présents ont été d'avis que, pour la population esclave de cette colonie, une émancipation complète, dès le 1er août prochain, serait préférable, sous tous les rapports, à un système d'apprentissage préalable. Signé Bennet

HARVEY.

dès à présent, du grand bienfait dont on se propose de les gratifier. J'ai été à même, depuis sept ans, de suivre de près et d'observer attentivement l'état moral et religieux, les mœurs et le caractère des nègres. Je ne crains pas d'assurer à Son Excellence que je ne conçois pas en quoi l'émancipation immédiate et complète des nègres pourrait compromettre, quels qu'ils soient, les sujets de Sa Majesté, pourvu toutefois que cette mesure soit sanctionnée par la législature coloniale, et qu'elle soit approuvée par la généralité des possesseurs d'esclaves. Au début de l'opération, il conviendrait d'établir, pour quelques semaines, une police active et sévère, et de pourvoir légalement aux besoins futurs des nègres hors d'âge et invalides.

2.

OPINION

de Mathews Banks sur le même sujet.

J'ajouterai, comme telle a toujours été mon opinion, que l'abolition définitive de l'esclavage effectuée de cette manière serait

Antigoa, J'ai

29

octobre 1833.

grandement à l'avantage de toutes les classes de cette colonie.

eu l'honneur de recevoir une lettre de Votre Excellence, Signé Mathews

dans laquelle elle me consulte pour savoir si la population esclave er

de cette colonie serait en étal d'être émancipée, dès le 1

BANKS,

missionnaire wesleyen.

août N°

120.

§ IX. ILES DE LA VIERGE. 1.

ADRESSE

des membres du conseil des îles de la Vierge,

à Son Excellence sir E. J. M. Mac-Gregor, bar", etc.

les classes des fidèles sujets de Sa Majesté dans les îles de la Vierge. Signé William

Juillet 1834.

GORDEN,

Nous, 1rs membres du conseil de Sa Majesté pour les îles de

William

ROGERS

ISAAC

William

, président ; William

CRABBE,

LAWSEN, H.

N.

M.

D.

FRENCH,

SNOW.

la Vierge, nous avons l'honneur de témoigner à Voire Excellence combien nous avons été sensibles à la visite qu'elle a bien voulu faire à cette partie de son Gouvernement. Nous sommes heureux de voir que la population esclave s'est conduite d'une manière

2.

d'une lettre de Son Honneur le président des îles de la Vierge à sir E. J. M. Mac-Gregor, bar".

EXTRAIT

paisible depuis que Votre Excellence a été nommée au Gouver-

4

nement de cel te colonie. Nous espérons sincèrement que, par leur bonne conduite à venir, ils témoigneront de leur loyauté et de leur reconnaissance envers le Roi, et qu'ils continueront à mériter la protection de Sa Majesté.

août 1834-

Je suis heureux de pouvoir mander à Votre Excellence que le 1er août s'est passé sans événement. On a accordé congé à tous les nègres de la colonie. Beaucoup d'entre eux sont venus en ville, et se sont rendus dans les chapelles. Tout le monde s'est con-

Nous apprécions comme ils doivent l'être les motifs qui ont engagé Votre Excellence à visiter celle colonie, et nous de-

duit de la manière la plus convenable. Il ne s'est manifesté au-

meurons satisfaits que Votre Excellence se montre disposée à employer tous les moyens possibles pour maintenir le bon ordre

tout le monde s'est rendu paisiblement au travail sous le nouveau système, le lundi malin. J'espère sincèrement que cet état de

et la tranquillité, et pour contribuer à la prospérité de toutes

choses continuera de subsister.

cune excitation extraordinaire, et, à bien peu d'exceptions près,


528 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. § X. ILES BAHAMAS.

N° 121.

d'une dépêche du lieutenant-gouverneur B. T. Balfour à M. le secrétaire d'Etat Stanley. — Les noirs

dans quelques-unes des îles de ce district, ont résolu de cesser le travail après le 1er août, sous le prétexte que le Roi leur a ac-

témoignent l'intention de renoncer au travail après le 1 août.

cordé la liberté ; ils prétendent en outre que je m'entends avec leurs maîtres pour les priver de la jouissance de ce bienfait. Tel est le sentiment, m'assure-t-on, qui s'est manifesté le plus gé-

EXTRAIT

er

Nassau, 14 juillet J 834. Vous verrez, monsieur, que, dans mon discours d'ouverture de la session , j'ai parlé île certains symptômes d'insubordination qui se sont manifestés chez les nègres de celle colonie. Par prudence, j'ai cru devoir cacher

néralement chez les esclaves à Exuma et à Éleuthera. A l'exception des îles Turques , dont j'aurai occasion de parler ci-après, c'est dans ces îles qu il y en a le plus. Le retard dans l'arrivée des juges spéciaux a augmenté mon embarras; car, ayant cru avec

mes craintes à ce sujet. D'après les nouvelles qui me sont par-

confiance que ces fonctionnaires seraient arrivés depuis longtemps , ce n'est que depuis quelques jours seulement que j'ai pu-

venues depuis trois semaines, je vois avec peine que les nègres,

blié ma proclamation aux esclaves.

N°122. § XI. LA GUYANE. 1.

d'une dépêche de sir J. Carmichael Smith à lord Glenelg. — Situation de la colonie en 1835.

COPIE

Camp-House (Demerara), 12 décembre 1835.

Votre Excellence sera bien aise d'apprendre que pendant le mois dernier (novembre), la douane établit que, de cette rivière, 8,211 tonneaux de sucre ont été exportés, tandis que le chiffre

moyen du même mois pendant les trois dernières années d'esclavage a été de 5,610 tonneaux. Cette colonie n'a jamais été dans un état plus florissant,

et je crois qu'à très-peu d'exceptions

près le mécontentement des planteurs au sujet du dernier changement disparaît rapidement. Les rapports des magistrats spéciaux pour le dernier mois montrent un décroissement très-considérable dans le nombre des punitions, le total des cas de punitions par le fouet n'ayant été que de 49. Je compte pour l'avenir sur une plus grande diminution encore et j'espère même que le fouet cessera entièrement d'être employé, excepté lorsqu'il sera ordonné pour la répression du vol par jugement des cours criminelles. Chaque mois, depuis l'abolition de l'esclavage, le nombre des individus ainsi punis a graduellement diminué et en dernier lieu avec une telle rapidité, qu'à mon avis l'époque n'est pas éloignée où ce mode de punilion sera tout-à-fait abandonné. J'ai à peine besoin d'ajouter que non-seulement je suis satisfait de la bonne conduite et de l'activité des apprentis dans toute cette province, mais que le bien excède l'attente des meilleurs amis des noirs.

parle d'après mes observations personnelles, attendu que je visite a époques fixes les différentes églises et chapelles aussi bien que les écoles de paroisses et autres, et que je distribue des médailles aux écoliers des deux sexes qui sont le plus attentifs et qui se conduisent le mieux. J'ai été fort satisfait dimanche dernier en voyant dans l'église paroissiale de Saint-Luc environ 80 des plus vieux apprentis recevoir le sacrement avec une décence et une apparence de dévotion qui n'auraient pas pu être plus édifiantes au milieu de la congrégation la plus religieuse d Europe. Les plus pauvres donnaient chacun 2, 3 ou 4 bitts aux indigents et souscrivaient ensuite, suivant leurs moyens pour la construction d une chapelle supplémentaire qu'on a pensé a élever pour la commodité de ceux qui ne peuvent aisément se rendre à l' église de la paroisse. Votre seigneurie sera, je l'espère, d'accord avec moi,

que les gens qui se conduisent ainsi dans leur humble condition actuelle ne paraissent pas devoir abandonner leurs églises, leurs chapelles, leurs mi nistres et leurs moyens d'instruction pour se retirer dans les bois et les déserts de la Guyane, pourvu qu'ils soient traités avec douceur et que leur intérieur ne soit pas malheureux. 11 serait bien a désirer que les propriétaires et les tenanciers des plantations de celle colonie qui résident en Europe voulussent considérer leur intérêt sous son vrai point de vue, et qu'en éloignant les administrateurs et les économes qui s'opposent aux mesures du Gouvernement, ils témoignassent de leur détermination à coopérer sans réserve à la prospérité et à la paix future. Un on deux exemples ou l' intention avouée d'être rigoureux sur ce point, mettraient lin a tous les mauvais sentiments, et il s'élèverait à

Comme preuve de l'amélioration rapide des sentiments moraux parmi les apprentis et de leur désir de s'élever dans l'échelle de la civilisation, je prends la liberté de soumettre à Voire

peine une plainte dans toute celle grande et florissante province, soit contre un apprenti, soit de sa part.

Excellence un extrait de la Gazette de samedi dernier contenant

règlements que j'ai établis depuis mon arrivée dans cette colonie

l'avis de 79 mariages. Le nombre annoncé chaque samedi varie sans doute, mais en général le taux moyen est d'environ 90. Dans deux ou trois ans, le concubinage aura disparu. La der-

et que j' ai oublié de mentionner. Le premier recommande la dé-

nière ordonnance qui permet que les mariages soient célébrés

rues, les bras attachés et les menottes aux mains. Ces deux rè-

indistinctement par tous les ministres do la religion chrétienne a produit les plus heureux effets ; elle a été un grand bienfait pour les apprentis laboureurs.

glements ayant pour but d'apprendre aux apprentis à se respec-

En me reportant aux copies de mes lettres, je retrouve deux

cence dans l'habillement des apprentis laboureurs, et le second défend qu'aucun apprenti soit conduit au tribunal à travers les

ter eux-mêmes et à s'élever dans leur propre estime et dans l'estime du monde, j'espère qu'ils obtiendront l'approbation de

La sollicitude des apprentis pour s'instruire et faire instruire leurs enfants, la ponctualité avec laquelle ils assistent au service divin, sont des preuves incontestables qu'ils n'ont pas envie

de cette province, de l'absence générale de crimes et par consé-

de se rendre fugitifs. Ils désirent s'améliorer, et si ce désir

quent du peu d'occasions qu'il y a eu de rendre des arrêts sévères

Votre Excellence. Pour mettre Votre Excellence à même de juger de la tranquillité

est convenablement encouragé et protégé, s'ils sont traités avec justice et bonté, il ne peut y avoir de doute qu'ils se montreront aussi industrieux quand ils seront en liberté qu'ils le sont à pré-

ou des ordonnances de police, je la prie de me permettre de lui

sent comme apprentis laboureurs. En ce qui concerne leur désir de s'instruire et leur exactitude à suivre le service divin, je

qui tous ont été acquittés. A la dernière cour criminelle à Berbice,

faire savoir qu'à la dernière session de la cour suprême de juslice criminelle de George-Town, nous n'avons eu que cinq accusés nous n'en avons eu que 3, dont 1 seul condamné. A la dernière


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP.

X.

DISPOSITIONS RÉCIPROQUES, ETC.

cour inférieure tenue à George-Town, 36 cas de coups et de vols

criques ne font point mention, dans leurs rapports,

légers ont été examinés. A la dernière cour inférieure criminelle

augmentation de population dans les lieux écartés,

529 d'une

d'Essequibo, il s'est présenté plusieurs cas semblables ; et à la

J'ai connaissance de quelques cas de condamnation. Si ce

dernière cour inférieure tenue à Berbice, il n'y a eu ni un seul

n'est dans cette ville où , comme cela devait être, il est accouru

prisonnier, ni un seul cas à examiner.

une certaine quantité de vagabonds des districts ruraux, depuis

Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de contrées en Europe,

le 1er août, on n'a adressé qu'une seule accusation de la côte

ayant la même étendue et une population aussi grande , où il se

orientale à la cour du grand sheriff (high sheriff'ss court). La der-

soit présenté aussi peu de causes criminelles. Il ne faut pas non

nière tournée n'en constate pas une seule.

plus perdre de vue le peu d'importance de la plupart de ces causes.

En présence de ces faits,

nous pouvons , j'ose l'espérer,

compter d'avance sur la continuation de la prospérité de la co-

Je n'ai aucune demande à former auprès de Votre Excellence

lonie. Il n'est pas impossible qu'une diminution dans les denrées

ni aucune idée à lui suggérer qui, dans mon opinion, doive accé-

d'exportation

lérer encore davantage la prospérité croissante de cette province.

prochain; mais aussi nous devons avoir égard au mauvais temps

Les affaires de la colonie ne peuvent pas aller mieux. Quelle que

qui a régné dans quelques districts, antérieurement au 1er août,

soit l'importance des secours que l'on se propose d'accorder à la

et qui a fait rester sur pied une forte portion de la récolte. On

Guyane anglaise , pour aider à l'instruction morale et religieuse

peut se demander si une prolongation de travail forcé aurait pro-

delà population laborieuse, Votre Excellence s'emploiera, je n'en

duit un résultat aussi satisfaisant. J'ai l'espoir que l'on secon-

doute pas,pour qu'ils soient envoyés le plus tôt possible. J'exprime

dera généralement mes efforts pour asseoir la prospérité indivi-

aussi l'espoir que l'agent général de la colonie sera chargé d'a-

duelle sur le bien-être de tous.

ait lieu pour le présent trimestre et pour le

dresser à Berbice, sans nul retard, l'argent monnayé montant à 125,000 fr. pour lequel des traites ont été achetées et lui ont été envoyées. Les sujets qui précèdent sont les seuls sur lesquels je

3.

EXTRAIT

Russell. — Situation favorable du pays malgré la diminution de la récolte.

désire, pour le moment, attirer l'attention de Votre Excellence. Signé J. Carmichael

d'une dépêche du gouverneur Light à lord John

SMITH.

Demerara, le 22 janvier 1840.

2.

DISCOURS

du gouverneur à l'assemblée locale de Deme-

rara. — Etat de la colonie après la déclaration définitive de la liberté.

Les nègres sont si peu enclins à quitter la civilisation, que la seule maison qui ait été bâtie sur la rivière, depuis l'émancipation, l'a été par un ancien colon de couleur, qui désirait un nouvel établissement. Les habitants, noirs ou de couleur, des bords de la rivière sont tous d'anciens colons, et ils sontfort peu

George-Town, le lundi 17 septembre 1838.

nombreux. Ils cultivent des provisions ou élèvent des bestiaux dans les savanes voisines. Les établissements pour la coupe des

Je croirais manquer à mon devoir envers le public , et peutêtre ne pas répondre à votre propre attente, si, à noire première réunion après la mémorable époque du 1er août, je ne vous entretenais pas de l'état de la colonie.

bois sont exploités principalement avec l'aide des anciens habitants du pays , dont quatre ou cinq cents fréquentent la rivière. Les hommes commencent à porter des habillements, et les femmes mettent un jupon.

Nous approchons de la fin du second mois qui s'est écoulé depuis la proclamation de la liberté générale. Ce laps de temps peut nous suffire pour apprécier les bonnes dispositions des nou-

4.

EXTRAIT

veaux émancipés. Mais nous ne pouvons pas encore juger l'effet

du discours du gouverneur Light à L'assemblée coloniale (court of policy).

général de cette mesure sur la prospérité de la colonie. Les colons,

28 février 1840

les propriétaires et les maîtres doivent s'applaudir de ce qu'aucun incident ne soit venu leur indiquer un manque de bonne vo-

Il y a eu, je regrette de le dire, une grande diminution dans

lonté de la part de la masse des laboureurs. Celle circonstance,

vos produits, mais non pas telle qu'elle puisse exciter le découra-

qui fait honneur à ces derniers, est en même temps un sujet de

gement. Il est notoire que, pendant trois ou quatre mois de l'année

satisfaction pour leurs maîtres, et tend à confondre ceux qui espé-

dernière, non-seulement les cannes n'ont pas été productives,

raient qu'il en serait autrement.

mais que, dans plusieurs parties du pays, les moyens de trans-

Il n'est pas étonnant que plusieurs changements de résidence aient eu lieu. On devait bien s'attendre aussi à voir des individus

port des champs aux fabriques ont été arrêtés par le manque d'eau dans les tranchées.

qui avaient été toute leur vie assujettis à un travail obligatoire se

La diminution ne peut donc pas être attribuée exclusivement

relâcher d'abord, aussitôt que ce travail ne leur serait plus

à la révolution qui s'est opérée dans notre système social. J'espère

imposé, puis parfois même s'en abstenir tout à fait. Mais il n'y

que le produit de celte année présentera une augmentation suf-

a pas lieu de s'alarmer ni même de craindre que ces dispositions

fisante. Les recettes d'importation et de droits intérieurs ont de

à l'oisiveté, qui se sont montrées dans quelques districts, ne de-

beaucoup surpassé ce qu'on avait supposé, et la liste civile a

viennent générales et habituelles.

été presque défrayée en entier par l'excédant du revenu des

Il a suffi de démontrer aux noirs la fausseté des idées qu'ils

douanes.

s'étaient faites sur les droits qui leur étaient acquis par l'émanci-

Cependant il est consolant d'observer que telle est la con-

pation ; ces explications ont donné la première impulsion à la

fiance dans la durée permanente des propriétés, que le prix des

la reprise des travaux d'un bout à l'autre de la colonie. La mo-

plantations qui sont à présent en vente est loin d'être bas; et

dération cl la patience des maîtres ont aussi produit de grands

je me réjouis de dire que, généralement parlant, les proprié-

changements. Si sur certaines plantations la quantité de travail

taires ne montrent aucune inclination à vendre leurs planta-

n a pas répondu aux espérances des planteurs, sur d'autres, du moins, et je dirai même sur presque toutes, le travail est en

tions.

pleine activité. Il est avéré que les laboureurs ne se sont pas livrés à une vie vagabonde; ils ne sont pas non plus perdus pour les districts en culture; car les inspecteurs des rivières et des

la permanence de notre système, je ne puis m'empêcher de

II.

En parlant de la confiance que tous paraissent avoir dans donner mon témoignage à la bonne conduite de vos ouvriers. On devait s'attendre à ce qu'ils fussent moins assidus au travail. 34


530 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES.— PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

que pendant l'esclavage, et c'est un sujet de félicitation de voir qu'ils sont tout aussi industrieux. Leur gaieté et leur contente-

dune manière satisfaisante, et la plainte renvoyée. La troisième fut faite par un ouvrier tailleur contre son maître,afinde se faire

ment dissipent les craintes de plusieurs et surpassent l'espoir de tous. Des hommes, dont l'ambition ne se borne pas à un simple

payer 5o piastres qui lui étaient dues pour gages. L'accusé obtint du temps pour faire une contre-réclamation; mais, comme il ne

désird'êlre délivrés de toute espèce d'esclavage, mais qui'aspirent à devenir propriétaires, et qui savent qu'ils peuvent obtenir l'ac-

parut pas, jugement fut donné contre lui pour le tout, avec une piastre et demie de compensation pour perte de temps : mandat de

complissement de leurs désirs par l'industrie, ne peuvent pas être paresseux. Nous avons des preuves convaincantes qu'en acqué-

saisie , et puis mandat d'arrestation , s'il y avait carence d'objets à saisir, furent ensuite lancés contre l'accusé. La suivante était une plainte cl un forgeron, qui accusait son maître, propriétaire

rant des terrains aucun n'a encore voulu sortir des limites de la civilisation. Votre colonie est remarquable pour la rareté des crimes, et il n'y a que fort peu d'exemples de délits d'une nature grave. Vos

d une fonderie, de refuser le payement de salaires , se montant à une piastre et demie : accordé et payé sur-le-champ. La cin-

laboureurs sont soumis; ils obéissent aux lois et respectent

quième et dernière plainte était celle d'un ouvrier maçon contre son maître, qui refusait de lui payer 20 piastres 72 cents

l'autorité. Ces dernières qualités peuvent nous étonner (et mon opinion sera partagée par la métropole) quand on considère le

d arriéré de gages : la demande fut admise et payée par un billet.

mauvais exemple qui a été systématiquement donné par ceux qui auraient dû être retenus par leur position sociale.

Le rapport du juge salarié Fowler contient deux plaintes. La

5.

EXTRAIT

des registres de plaintes des magistrats salariés, pour le mois de juin 1840.

Les juges salariés Coleman, Rose, Brittain, Ware et.de Groot, rapportent qu'ils n'ont eu aucun différend à régler entre maître et serviteur, dan s) le courant du mois de juin. Le journal du juge salarié Lyon contient un seul cas : c'est uneplainte portée par un ouvrier charpentier contre son maître , pour refus de payement de salaires se montant à la somme de huit piastres, salaire que le plaignant a obtenu, avec deux piastres pour la perte de temps qu'il a éprouvée en allant faire sa plainte. Le journal du juge Strutt ne contient aussi qu'une plainte, portée par

un

ouvrier charpentier contre son maître,

pour

refus de salaire suivant le prix convenu. La raison du maître était que le plaignant avait mal travaillé; cependant, ceci ne suffisant pas pour autoriser l'infraction au contrat, on fit payer' par l'accusé ce qui lui était réclamé. Le journal du juge Heyland contient trois plaintes : l'une d'un charpentier contre son maître, pour lui avoir retenu cinq jours de gages; le juge les lui a accordés, (avec une piastre 33 cents pour le temps qu'il a perdu. L'autre est une accusation de voie de fait par une femme contre le directeur d'une plantation; elle accepta 3 piastres comme compensation. La dernière plainte est celle d'un batelier contre le capitaine du bateau, pour voie de fait. Cette affaire est arrangée, le maître du bateau ayant consenti à payer 2 piastres au plaignant.

première d'un charpentier contre son maître, pour 12 piastres 17 cent, de gages. Jugement en faveur du plaignant, avec 8 piastres d'in demnité, pour mauvais traitements et perte de temps. La seconde par un laboureur contre le directeur d'une plantation qui refusait de payer à la femme du plaignant certains services que celle-ci prétendait lui avoir rendus. On prouva que la femme ne travaillait point pour la plantation, mais qu'on lui permettait d'occuper une maison , à condition qu'elle s'occuperait des enfants dans la cour de la maison des nègres. Comme elle no put prouver qu'on lui avait promis des salaires, la plainte fut renvoyée. Le rapport du juge salarié Allen contient quatre plaintes portées par des laboureurs contre les directeurs, pour non-payement de leurs gages entiers, ou pour d'autres récompenses qu'ils disaient avoir gagnées. Dans un de ces exemples, la demande avait pour objet une botte de bananes que l'on avait promise généralement et individuellement aux laboureurs comme boni, outre leurs gages, pourvu qu'ils travaillassent six jours de la semaine. Le plaignant ne put établir son droit, et la plainte fut retirée. Deux autres plaintes furent renvoyées, parce qu'il n'y avait pas de preuves que l'on n'eût point payé les salaires

en entier. La dernière

plainte fut arrangée à l'amiable, le plaignant recevant

2

piastres

pour les gages qui lui étaient dus, et une piastre d'indemnité pour sa perte de temps. Le rapport du juge salarié Mac-Leod contient une plainte: un laboureur de plantation accusait son directeur de lui avoir payé 3 bitts au lieu de 4 (un quart de piastre au lieu d'un tiers) pour sa journée. Il fut prouvé qu'il n'avait pas fait le travail qui lui aurait donné droit à ce qu'il réclamait, et la plainte fut renvoyée.

M. le juge Maclennan rapporte trois plaintes, dans deux desquelles les plaignants sont laboureurs sur des plantations. Dans la

Aucune de ces plaintes ne provient des plantations de son dis-

première, le directeur d'une plantation est accusé d'avoir battu un laboureur avec un bâton; le Tait fut prouvé, et l'accusé

plainte pour voie de fait par un maître tailleur sur son apprenti,

condamné à payer 10 piastres au plaignant. La seconde fut

et de quatre infractions de contrat par des apprentis artisans :

Le rapport du juge salarié Ross contient cinquante plaintes. trict; elles arrivent toutes de George-Town, à l'exception d'une

portée,contre le contre-maître d'une plantation, par une femme

toutes ces plaintes s'élevaient entre des maîtres et leurs ouvriers,

alléguant qu'il avait rapporté, de manière à lui faire tort, la

pour descomptes de salaires qui ont été réglés selon le témoi-

quantité d'ouvrage qu'elle avait fait; cette accusation fut réfutée

gnage des deux parties.


CHAPITRE XI. ETAT DE LA RELIGION, DE L'EDUCATION ET DES MARIAGES.

SOMMAIRE.

NUMÉROS

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

A. Rapport sur l'éducation des noirs à la Jamaïque

Report from C. J. Latrobe, est]., on negro éducation.

7 février 1838.

533

B. Rapport sur l'éducation des noirs dans les îles du vent et sous le vent.

Idem

21 juin 1838.

537

C. Rapport sur l'éducation des noirs à la Guyane anglaise et a la Trinité.

Idem

14 août 1838.

542

TITRES.

d' ordre.

123.

§ Ier.

EXTRAITS DU RAPPORT DE

M.

J.

C.

PAGES.

LATROBE.

547

APPENDICE. — 1.

Extraits des appréciations de dépenses . votées en faveur de l'éducation à Demerara, Essequibo et Berbice, pendant les années 1834, 1835, 1836, 1837 et 1838. 2. Proportion des moyens d'instruction, avec le chiffre de la population.

Idem

548

3. Extrait du budget de Demerara et d'Essequibo pour 1838. Sommes votées pour le clergé, etc

Idem

Ibid.

A. État des sommes allouées à l'église anglicane dans toute la Guyane anglaise pour les églises, les écoles, les salaires, etc., en 1836 ,1837 et 1838.

Idem

549

D. Rapport sur l'état de l'éducation des noirs à la Trinité.

Idem

15 février 1839.

Ibid.

551 1. Rapport des administrateurs de cette fondation.. .

Idem

2. Témoignage d'Alexandre Stronach, directeur de l'école de la fondation Mico, à la Barbade.

Idem.

3. Précis des travaux des directeurs de la fondation Mico dans les différentes îles dont il a été parlé dans les rapports précédents.

Idem

554

4. Règlement pour la direction des écoles entretenues par la fondation Mico.

Idem

Ibid.

Ibid, 4 septembre 1837.

553

556 F. Récapitulation générale exposant l'état de l'éducation dans les îles britanniques des Indes occidentales et à la Guyane anglaise, de mai 1837 à juin 1838. F bis. État de le religion et de l'éducation dans le diocèse de la Barbade et des Antilles en 1841. G. Emploi de 750,000 francs votés par le Parlement, en 1837, pour le développement de l'éducation des noirs.

558

Papers relative to the West-Indies , 1841 1842, p. 147.

Report from. C. J. Latrobe

560

Porter's tables

563

N° 124. § II.

TABLEAUX STATISTIQUES CONSTATANT LE PRO-

GRÈS

DE

L'ÉDUCATION

ET

DES

MARIAGES

CHEZ

LES NOIRS.

I. Relevé du nombre d'individus qui ont suivi les écoles dans les dix-neuf colonies il travail libre, de 1838 à 1839. 2. Chiffre des individus qui ont reçu l'instruction dans les écoles de la Guyane anglaise pendant le trimestre de juillet à septembre 1838, et pendant le trimestre d octobre à décembre de la même année.

Idem, vol. de 1832 à 1841

Ibid,

3. Situation des congrégations des frères unis ou morves, à Antigoa, de 1837 à 1839.

Idem

Ibid.

A- Chiffre des communiants divers de la Guyane anglaise pendant le trimestre de juillet à septembre 1838.

Idem

Ibid.

Mouvement de la population et des mariages dans les colonies anglaises, de 1832 A 1839.

II.

564

Idem

34.


SOMMAIRE DU CHAPITRE XI. (Suite.)

532

NUMÉROS

TITRES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

Papers relative to the abolition of slavery, part. III (1), pag. 12.

24 février 1836.

PAGES.

d'ordre.

N° 125.

§ III. RÉCLAMATIONS DES MISSIONNAIRES WESLEYENS AU SUJET DES MARIAGES.

Extrait d'une dépêche de J. Beacham sur la nécessité de valider les mariages célébrés par les missionnaires antérieurement à l'émancipation. N° 126.

§

IV.

DÉPÊCHES

DU

MINISTÈRE

DES

COLONIES

564

ET

DES GOUVERNEURS SUR L'ÉDUCATION.

N° 127.

565

1. Extrait d'une lettre du secrétaire de lord Glenelg à l'honorable J. Stewart.

Idem, pag. 7

2. Circulaire adressée aux magistrats spéciaux des îles Bahamas, par sir W. M. G. Colebrooke.

Idem, part. III (2), pag. 534

18 septembre 1835.

566

Idem, part. III (1), pag. 197

30 décembre 1835.

566

§

V.

RAPPORTS

DES

MAGISTRATS

SPÉCIAUX

1836.

SUR

L'ÉDUCATION.

1. Rapport du juge spécial Arthur Welch à Son Excellence le marquis de Sligo.

1837.

2. Autre extrait 3. Extrait d'un rapport de M. H. Ally, juge spécial....

Idem, part. IV, pag. 246

17 janvier 1837.

4. Extrait d'un rapport de J. Daughtrey, juge spécial..

Idem, pag. 213

10 janvier 1837.

5. Extrait d'un rapport de W. Ramsay, juge spécial, au marquis de Sligo.

Idem, pag. 83

1837.

1838.

6. Extrait d'un rapport sur les progrès de l'éducation et de l'instruction religieuse.

28 novembre 1838.

7. Rapport du juge spécial Grant

18 mars 1839.

8. Autre rapport du juge spécial Grant Papers relative to the West-Indies, part. pag. 54.

9. Extrait d'une lettre de R. Hill

I,

6 août 1840.

10. Extrait d'un rapport du juge spécial Kelly

1838.

11. Extrait d'un rapport du juge spécial de la Trinité sur l'éducation. N° 128.

§

VI.

ÉDUCATION

RELIGIEUSE

DES

COULIS

6 août 1839.

À

567 Ibid. Ibid. Ibid. 568

Ibid. IbidIbid. 569 Ibid-

DE-

MERARA.

Idem, British Guiana ( 1840), pag. 87..

1. Dépêche du gouverneur à lord John Russell

10 décembre 1839.

2. Copie d'une lettre du ministre B. Coltart à M. Wolseley. N° 129.

§

VII.

20 janvier 1840.

569 Ibid-

PROGRÈS DE L'ÉDUCATION À LA JAMAÏQUE.—

DISPOSITIONS

MORALES

ET

RELIGIEUSES

DE

LA

POPULATION ÉMANCIPÉE DE CETTE COLONIE, À LA FIN DE

1840.

A. Questions adressées par J. W. Grant, magistrat salarié , aux ministres de toutes les communions résidant dans la paroisse de Manchester.

Idem, part. II (1841), pag. 198

4 septembre 1840.

570

B. Réponses des ministres des diverses communions aux questions précédentes : 1. Lettre de M. Samuels, missionnaire wesleyen.. ..

Idem, pag. 200

28 septembre 1840.

Ibid-

2. Lettre de M. Blandford, de la mission morave....

Idem, pag. 201

29 septembre 1840.

Ibid-

3. Lettre du révérend docteur Stewart .

Idem, pag. 198

3 octobre 1840.

Ibid-

4. Lettre du révérend George Robbins, missionnaire morave.

Idem, pag. 200

15 octobre 1840.

571

5. Lettre de M. J. Lorn , missionnaire morave

Idem

26 octobre 1840.

Ibid.

6. Lettre de M. Gibson, de la société des missionnaires de Londres.

Idem, pag. 199

10 octobre 1840.

Ibid.

7. Lettre de M. John Aird, catéchiste presbytérien..

Idem, pag. 202

12 octobre 1840.

8. Lettre de M. Dawson, de l'institution Mico

Idem, pag. 201

16 octobre 1840.

Ibid572


CHAPITRE XI. ÉTAT DE LA RELIGION, DE L'ÉDUCATION ET DES MARIAGES.

N° 123.

§ I . EXTRAITS DU RAPPORT DE M. C. J. LATROBE, er

ENVOYÉ EN

A.

RAPPORT

MISSION

DANS

LES

INDES

sur l'éducation des noirs

À

OCCIDENTALES

la Jamaïque.

POUR

CONSTATER

L'ÉTAT

DE

L'EDUCATION DES

NOIRS.

toute espèce, qui s'est opéré dans la colonie, mais principalement à la promptitude avec laquelle on a arrêté les devis provisoires,

7

février 1838.

et à l'inexpérience des missionnaires concernant les difficultés qui entourent ici les entreprises de construction de toute es-

On remarque, à la Jamaïque, quatre différentes manières de bâtir ou distribuer les écoles, à l'entretien desquelles les fonds votés par le Parlement ont été appliqués :

pèce. J'ai pensé qu'il était de mon devoir, tout en remplissant mes fonctions dans ces colonies, de me borner plutôt à obtenir des

1° Les écoles régulières, séparées de tout autre bâtiment, et

informations sur l'état actuel des choses, qu'à influencer en au-

dans lesquelles le Gouvernement ne refuse pas que le service di-

cune manière ce qui se passait autour de moi; cependant, quant

vin soit célébré de temps à autre, pourvu que l'objet principal

aux opinions que je n'ai pu convenablement m'empêcher de ma-

de leur institution ne soit jamais perdu de vue.

nifester, dans certains cas, lorsqu'elles m'ont été demandées par

Les écoles régulières-, contiguës à des chapelles, et non

votre seigneurie, j'ai toujours eu égard aux instructions expli-

entièrement isolées, mais néanmoins parfaitement distinctes

cites dont j'ai été honoré et aux intentions de la législature an-

quant aux plans et aux évaluations. La plupart de ces édifices ont

glaise, d'après l'opinion que j'avais pu m'en former en parcourant la correspondance entre le bureau des colonies et les direc-

une cloison mobile, que l'on peut enlever au moment de l'office divin. 3° Les chambres de classes occupant, en partie ou en entier,

teurs des sociétés des missionnaires de la métropole. Et, en même temps que je me sentais obligé d'exprimer ma conviction sur la

l'étage inférieur d'une chapelle, et formant partie du plan dans

sagesse du règlement établi pour tout le monde, en même temps

l'élévation de l'édifice.

que j'affirmais qu'en y adhérant, autant que possible, on détruirait toute cause de jalousie et de mécontentement entre les diffé-

4° L'emploi d'une partie de l'intérieur d'une chapelle à l'instruction journalière des enfants des nègres.

rents corps de missionnaires de la colonie, et peut-être, pour l'a-

De ce qui précède, il faut conclure que les premières écoles

venir, de malentendus et de difficultés avec le Gouvernement,

sont, sans contredit, les meilleures, lorsque surtout l'habitation

je n'ai jamais oublié que l'objet spécial recherché par la mesure

du maître se trouve sous le même toit. La deuxième méthode a l'avantage d'économiser le travail dans la construction des deux édifices, et, quand le plan est parfaitement distinct, il n'y a aucune objection à faire.

adoptée par le Gouvernement de Sa Majesté était le progrès moral et religieux de la population nègre, et que, pourvu qu'on y arrivât, le reste était d'une importance secondaire. Je suis heureux de dire, pour la satisfaction personnelle de

On dit, en faveur delà troisième méthode, que, quoique ce ne

votre seigneurie , que la mission qui m'a été confiée par le Gou-

soit pas une école distincte, elle remplit néanmoins les intentions

vernement de Sa Majesté, a jusqu'à présent été remplie avec le

du Gouvernement, en fournissant une école permanente aux en-

concours franc et loyal de toutes les classes de la population. Je

fants delà classe ouvrière ; elle est d'ailleurs bien plus solideque

n'ai remarqué aucune apparence de crainte sur une interven-

celles qu'on pourrait élever avec la même somme en construi-

tion illégale dans les différents systèmes d'instruction morale et

sant un édifice séparé, d'après des évaluations proportionnées

religieuse suivis dans les écoles des diverses sociétés de mis-

au secours accordé par le Gouvernement.

sionnaires.

Quoique les intentions du Gouvernement de Sa Majesté soient

Quoiqu'il soit à regretter qu'à cause des obstacles dont j'ai fait

virtuellement remplies par la quatrième méthode, en ce qu'on

mention il n'y ait eu que le petit nombre de ces écoles qui aient

fournit un endroit permanent pour l'éducation des nègres, ce-

été bâties et occupées à l'époque de mon passage, il ne faut pas

pendant cette méthode peut être sujette à des objections très-

vous laisser ignorer que, dans la plupart des localités, il a été établi des écoles dans des bâtiments provisoires. Il est vrai que

fondées.

formations générales concernant le prix d'établissement des

la plupart de ces écoles ne sont encore qu'en germe; mais, dans le nombre, il y en a bien peu qui, avec du temps, ne promettent

écoles de cette île, car on verra, par le tableau, qu'il n'a été pos-

de réussir, si elles sont sagement dirigées.

Je regrette de ne pouvoir fournir à votre seigneurie des in-

sible de se procurer ce renseignement que pour un très-petit

En jetant un coup d'œil sur les actes des différents corps de

nombre d'écoles. En vérité, telles sont les différentes circons-

missionnaires , dans la supposition qu'ils peuvent exercer une

tances que présentent diverses localités, qu'il serait presque im-

influence sur le succès des mesures adoptées par le Gouverne-

possible de former des conclusions générales sur ce sujet.

ment de Sa Majesté, je devrais peut-être dire, à l'égard des

Dans presque tous les cas, on a observé que les évaluations ne s'élevaient jamais au chiffre des dépenses actuelles. Cette diffé-

fondations de la société, dite Société pour la prédication de V Evan-

rence est due, en partie, à l'élévation du prix des travaux de II.

gile, que le plan.général, donné par sa seigneurie, pour la formation, dans cette île, d'écoles dépendantes de celte société et de

34-


534 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

l'Eglise établie favorisera sans doute beaucoup moins qu'on poui-

ment de leurs écoles à l'absence forcée du missionnaire président

rait le désirer l'établissement des écoles. Néanmoins , ce projet

de leur corps, qui est resté , pendant la plus grande partie de

tendant à exciter la concurrence ou la coopération de personnes

l'année, en Europe.

dont l'attention n'est pas encore suffisamment dirigée vers la

On verra, dans bien des cas, que les écoles qu'ils dirigent

nécessité de l'éducation des noirs, il y a tout lieu d'espérer que

doivent leur maintien à la protection bienveillante de la Société

ces écoles seront d'une utilité réelle pour la colonie. Sans doute, en suivant un système différent, on aurait pu établir un plus grand nombre d'écoles et un enseignement plus actif. Mais il n'est pas certain que ces écoles fussent devenues aussi importantes pour l'île.

des dames pour l'éducation des nègres, société qui, en donnant sans ostentation de petits salaires annuels à des professeurs, a fait beaucoup de bien dans celle partie du pays. La nécessité de s'assurer, à l'avenir, la coopération d'une classe plus élevée de professeurs des deux sexes, et d'augmenter

La garantie la plus forte et la meilleure de l'utilité de ces

les salaires attachés à cette fonction, devient cependant de jour

écoles, pour l'avenir, c'est cette inspection constante et person-

en jour plus sensible. Il est nécessaire aussi de mettre, dans le

nelle de la part du clergé de l'île, qui est partie intégrante du

système d'éducation, plus d'énergie que l'on n'en a montré jus-

système et dont les écoles de la ville de Kingston attestent les

qu'à présent.

heureux résultats. Ce système d'inspection porte également sur

La sphère principale de la société des missionnaires bap-

le progrès et la conduite journalière des élèves et sur la conduite

tistes, pour l'éducation des nègres et des créoles, se trouve dans

et la capacité de ceux à qui leur éducation est confiée. Ainsi la

les paroisses de Saint-James, de Trelawney et de Sainte-Catherine.

connaissance de l'état actuel de ces institutions ne dépend pas de

La société des missionnaires baptistes est d'opinion que les

simples rapports officiels transmis à des époques données, ni des

fonds qu'elle prélève, pour ses missions ou pour l'objet spécial

observations faites pendant des inspections temporaires; l'expé-

delà prédication de l'Evangile, parmi les païens, ne doivent pas

rience prouve qu'on ne peut avoir grande confiance dans ces

être appliqués à l'éducation ; et, par conséquent, les missionnaires

deux moyens d'information.

ont été obligés d'avoir recours à leurs ressources particulières,

La société des missionnaires de l'Eglise possède, dans la colo-

dans la poursuite de leurs projets pour l'éducation des classes de

nie , des hommes capables. Leur réputation et leurs talents as-

couleur. L'énergie, la persévérance et le courage avec lesquels

surent l'accomplissement consciencieux du devoir qu'ils ont à

ces projets ont été mis à exécution doivent en général exciter le

remplir.

respect et l'admiration.

Les circonstances ont suscité cependant à la société des diffi-

Pour rendre justice aux autres corps de missionnaires, il con-

cultés particulières, et il est bien à regretter que ces établisse-

vient de remarquer, dans la comparaison que l'on pourrait faire

ments dans l'île ne soient pas plus considérables ; il est à regret-

entre l' état de leurs écoles et l'état avancé de celles des mission-

ter aussi que les fonctions de l'enseignement, étrangères à celles

naires baptistes, que ces dernières ont été élevées dans des cir-

d'un missionnaire proprement dit, et que nul homme , quelque

constances différentes.

actif qu'il soit, ne peut remplir convenablement en dehors de ses devoirs ecclésiastiques , ne soient pas confiées, par les direc-

les fonds afférents à l'éducation , elle refuse d'assumer la respon-

teurs de la société métropolitaine, à clés personnes spéciales.

sabilité des entreprises de ces missionnaires, en ce qui concerne

C'est à cette cause seule qu'on doit attribuer une grande partie des retards qui ont eu lieu dans la construction des édifices.

doivent, en effet, rester sous la direction individuelle du fonda-

Comme la société des missionnaires baptisles n'a pas fourni

l'éducation, ou d'exercer aucune influence sur les écoles, qui

Les stations de la société sont largement répandues dans la colonie; elles sont plus nombreuses dans la partie élevée et né-

teur, et dépendre de lui quant à leur entretien.

gligée de l'île que celles des autres corps de missionnaires.

tés de missionnaires obligeaient chacun de leurs agents à attendre

Dans le document annexé tableau A, j'ai fait allusion aux causes qui arrêtent les progrès des missionnaires wesleyens. Quoique le zèle de ces missionnaires soit depuis longtemps reconnu dans

la décision de la commission, qui est en Europe, ainsi que l'au-

l'île, où l'action de la société n'a point jusqu'à présent été diri-

Ainsi, tandis que les règlements de la plupart des autres socié-

torisation du Gouvernement pour bâtir leurs écoles, le zèle et l'énergie des missionnaires baptisles étaient stimulés par la conviction que leurs directeurs ne pouvaient venir à leur secours,

gée vers l'éducation , la mesure sage adoptée par les directeurs,

et que, par conséquent,leurs projets ne pouvaient pas être mo-

dans la métropole, d'envoyer un inspecteur résidant pour les

difiés. Des efforts personnels et extraordinaires , de la part de ces

écoles de cette île, a malheureusement été rendue moins utile

missionnaires, furent le résultat de cet étal de choses : aussi la

par les circonstances particulières dans lesquelles la société a

plupart de leurs écoles étaient-elles presque terminées, avant

été placée. Peut-être que le désir de compléter la nouvelle école, et la formation de l'école-modèle à Kingston avant qu'on

accordait son concours pour une partie des dépenses déjà faites.

ne fit d'autres démarches, ont retardé l'établissement des écoles dans d'autres endroits.

collègues n'ont pas osé étendre le champ de leurs travaux, c'est

même qu'ils eussent reçu l'assurance que le Gouvernement leur El maintenant si ces missionnaires et plusieurs autres de leurs

Mais, selon le plan systématique que l'on a adopté, on s'attend à ce que toutes les écoles que l'on bâtira dans les paroisses seront

au manque de fonds seulement qu'il faut en attribuer la cause.

élevées simultanément, et qu'elles seront occupées dans le courant de 1838.

society) ont montré leur dévouement pour la cause de l'éduca-

Les stations de la société des missionnaires wesleyens sont assez largement distribuées sur une grande étendue de l'île. Celles de la société des missionnaires moraves se trouvent toutes,

offerts à remplir, personnellement ou par leurs familles, en de-

a la seule exception de Irwin-Hill (Saint-James), dans la paroisse de Sainte-Elisabeth, et dans les districts voisins de Manchester et Westmoreland, où quelques-unes do ces stations existent déjà depuis plusieurs années. La société a retiré certains

Les missionnaires de la société de Londres (London missionary tion des nègres par la bonne volonté avec laquelle ils se sont hors des devoirs de leur ministère, les places de professeurs dans les écoles, jusqu'à ce que l'on pût se procurer en Europe de nouveaux instituteurs. En même temps, le soin de surveiller la construction des écoles leur était entièrement confié. C'est dans les paroisses de Clarendon, Manchester, Trelawney et Sainte-Anne, qu'on trouve le plus grand nombre de ces mis-

avantages de la bienveillance avec laquelle ces missionnaires ont été accueillis par plusieurs propriétaires résidant dans cette partie

sionnaires.

de l' île, et n a pas eu à lutter contre la difficulté d'obtenir des

cas, excepté à Hampden , avoir éprouvé beaucoup de difficultés

terrains qui avaient été refusés à plusieurs autres.

à obtenir le transfert légal des terrains choisis pour les emplace-

On doit peut-être attribuer les retards qu'a subis l'établisse-

La société des missionnaires écossais semble, dans tous les

ments de ces écoles. Ses stations se trouvent particulièrement


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC.

535

dans les paroisses de Sainte-Marie, d'Hanovre, de Saint-James et de Trelawney.

Chambre d'assemblée, en 1835-36; et la dernière session de

Il n'est pas douteux, d'après la réputation personnelle et les talents des individus qui forment le corps des missionnaires de cette société, que, partout où on leur permettra d'établir

beaucoup de progrès.

des écoles permanentes, ces écoles ne soient bien dirigées, et a exercent une influence salutaire sur la population.

novembre; et comme il existe, à ce sujet, clans l'esprit public,

Comme il appert du tableau A, la plus grande prudence a marque les actes des directeurs de la fondation Mico, clans la formation de leurs écoles à la Jamaïque. Je ne suis pas disposé à

que des mesures couvenables seront prises dans la session sui-

penser que celle prudence ait eu pour motif un cloute qu'ils auraient entretenu concernant le succès des écoles dirigées

1836-37 a pris une décision, sans que la proposition ait fait Je suis informé que certaines propositions à ce sujet doivent être présentées à la Chambre aussitôt qu'elle s'assemblera, en un intérêt qui va toujours croissant, la conviction générale est vante. Il me reste à soumettre au Gouvernement de Sa Majesté, au sujet de l'éducation dans les colonies, les remarques que mes observations personnelles ont pu me donner l'occasion de faire.

d après le principe libéral qui a présidé à leur formation , ou du système particulier d'instruction que l'on y suit. Mais je

vait pas, pour le moment, s'attendre à aucun excédant, quant aux

supposerais plutôt que, étant libres d'agir avec plus de circonspec-

moyens d'instruction. Cependant, et la chose était facile à prévoir,

tion que les sociétés de missionnaires, ils désiraient, dans l'état

le peu de relations qui existent entre les différents corps des mis-

présent d'indécision de la colonie, se restreindre à fournir promp-

sionnaires , et les circonstances qui ont déterminé le choix des lo-

tement les moyens d'éducation partout où le besoin urgent s'en

calités , ont fait que les écoles qui existent sont très-inégalement

ferait sentir, sans s'engager, pour le présent, à entretenir des

distribuées sur la surface de l'île. On aurait pu désirer, vu le

écoles et à occuper d'une manière permanente les postes en ques-

manque total des moyens d'éducation dans tous les districts, qu'on

tion. L'ordre et la régularité de leur action ne laissent rien à désirer; leurs stations sont distribuées clans toute l'île.

eût ménagé, çà et là, un peu plus d'espace entre les stations. En

On pourra voir, en jetant les yeux sur le tableau général B,

tions de sucre sont en possession de la majeure partie des écoles ;

que la plus grande partie des écoles de toute espèce qui existent

et même, dans ces parties de l'île, il se trouve un espace très-

dans l'île,, et particulièrement les plus importantes, sont dirigées

étendu , très-peuplé, où il n'en existe point.

par les sociétés des missionnaires et par les individus que nous venons de nommer.

J'ai déjà fait remarquer que, dans les divers districts , on ne de-

général, les côtes et les distric's adjacents occupés parles planta-

Les districts montagneux sont, en général, bien négligés; les écoles y sont peu nombreuses et, pour la plupart, dispersées sur

Il faut remarquer, quant aux écoles paroissiales, dont un

un espace accidenté, occupé par des enclos, des plantations à

fort petit nombre dépendent de l'évêque, qu'elles sont d'une

café et des terrains à provisions (jardins à nègres). La popula-

inutilité marquée, soit que nous les jugions d'après l'étendue

tion de ces parties de l'île est bien loin d'être aussi nombreuse

de leurs moyens, ou d'après les principes sur lesquels elles sont

que l'on pourrait se l'imaginer, quand on voit pour la première

dirigées, ou enfin d'après les talents et la réputation des indivi-

fois ces collines et ces montagnes qui séparent par leurs crêtes

dus que l'on emploie pour y professer.

escarpées des vallées d'une grande fertilité.

Cependant, depuis 1834, l'attention des conseils de fabrique

On a grand besoin, dans ces quartiers, de petites écoles, éta-

s'est graduellement tournée vers l'état des écoles paroissiales; et

blies avec discernement, et appropriées à la position des planta-

dans bien des paroisses on recherche, avec ou sans le concours

tions et des établissements du voisinage, avec facilité d'accès

de l'évêque, les moyens de remédier à ce mal.

pour les enfants d'un petit district. La plus grande partie des en-

Quant aux deux autres classes d'écoles, qui ne dépendent

fants qui fréquentent les écoles journalières de la colonie sont

point de l'église établie ni des missionnaires, c'est-à-dire les écoles

les enfants libres des apprentis. En vérité, quand je considère

particulières et les écoles cles plantations pour les enfants des

qu'un grand nombre de ces enfants appartiennent aux familles

apprentis, établies et dirigées par le propriétaire ou par son re-

qui sont devenues libres en se rachetant, depuis 1834, je suis

présentant, on n'en peut guère parler à présent. Il y en a peu du

porté à conclure que les trois quarts du nombre total des enfants

genre de ces premières,excepté clans la ville de Kingston ou clans

qui reçoivent une instruction régulière dans l'île appartiennent

quelques-unes des plus grandes villes, qui s'élèvent au-dessus

proprement à celte classe de la population. La quatrième por-

des écoles du plus bas degré d'Angleterre, l'instruction qu'on y

tion se compose principalement des enfants des créoles pauvres

donne étant cles plus restreintes. Le besoin d'écoles particulières

et libres ainsi que des marrons.

d'un ordre plus élevé, clans lesquelles les classes supérieures cle

La plupart des enfants qui fréquentent les écoles

du di-

la colonie pourraient recevoir une éducation libérale, la création

manche et du soir sont des apprentis jeunes ou adultes. On

d'un collège, ou de quelque autre institut ion publique sanc-

en trouve peu, parmi les premiers, dans les écoles journalières,

tionnée par la législature, se fait fortement sentir clans toute

et cela pour des raisons faciles à comprendre : c'est peut-être

l'île. Ce besoin se fait sentir surtout maintenant pour plusieurs

même, de toutes les classes de la société, celle qui possède le

propriétaires à qui des moyens restreints, et cles doutes sur les

moins d'instruction, tandis qu'il serait si nécessaire de lui en

changements que l'émancipation peut causer à leur fortune,

procurer.

rendent trop onéreux les frais considérables d'une éducation privée pour leurs enfants.

Dans les écoles du dimanche et du soir, les élèves les plus avancés des écoles journalières sont d'une grande utilité, et, à

Les écoles cles propriétés dont nous venons de parler sont à présent en petit nombre; néanmoins cet objet commence à

la campagne, plusieurs de ces écoles sont dirigées entièrement par leurs soins.

occuper l'attention cle plusieurs hommes influents cle la colonie.

En réfléchissant au peu de temps qui s'est écoulé depuis l'éta-

Il existe une grande diversité d'opinions, quant à leur succès,

blissement d'une grande partie de ces écoles, ainsi qu'aux diffi-

eu égard à la position respective des deux classes de la société. Le temps seul peut prouver la justesse de l'une ou l'autre de ces vues.

cultés et à l'indécision qui ont suivi les premiers efforts que l'on

Votre seigneurie sait que, jusqu'à présent, la législature de l'île n a point trouvé l'occasion de se prononcer d'une manière définitive au sujet cle l'éducation des classes ouvrières, ni d'adopter aucune mesure générale pour le succès cle cet objet

sant.

important. Cette matière fut introduite clans In

facilité se fait remarquer surtout en ce qui concerne l'écriture et

II.

session de la

a tentés dans la situation actuelle de l'île, je n'hésite pas à dire que l'aspect qu'elles présentent en général est assez satisfaiIl a été universellement remarqué, dans l'île , que les enfants de couleur de toutes les classes déploient une facilité remarquable à acquérir les éléments de l'instruction qu'on leur procure. Celte

34...


536 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. l'arithmétique; et, clans les meilleures écoles , les progrès qu'ils

mation naturelle du pays. Il était impossible de faire la tournée

font, en très-peu de temps, dans ces branches d'éducation;

d inspection dans une meilleure saison pour se convaincre de

sont vraiment extraordinaires. En lecture, les progrès ne sont pas aussi frappanls; mais je suppose qu'on peut, en général,

l'influence inévitable que ces derniers obstacles exercent sur les écoles, ou de la véracité des excuses données par plusieurs sur-

en attribuer la cause à l'éducation défectueuse, sous ce rapport,

veillants pour justifier leur peu de succès, et cela principale-

de plusieurs de ceux que l'on emploie pour le moment dans

ment dans les districts montagneux. En cherchant, lors de ma

l'enseignement.

dernière visite, dans chacune des écoles, à connaître le nombre

Quant aux obstacles et aux difficultés qui pourraient s'opposer,

actuel des élèves de toute espèce, sans avoir égard à ce qui

dans cette île, aux progrès de l'éducation, je crois dire la vérité en affirmant que les autorités locales et les planteurs contrarient

avait été fait ni à ce qu'on pouvait faire à l'avenir, j'ai senti que, si j'inscrivais purement et simplement le nombre d'élèves qui s'y

bien rarement les différents projets proposés pour l'éducation

trouvaient dans cette partie de l'année, ce ne serait pas un acte

des apprentis ou de leurs enfants, quelle que soit la secte qui les

de stricte justice envers les directeurs, et que je ne fournirais

propose.

pas ainsi au Gouvernement de Sa Majesté une juste idée de ce que l'on avait fait dans l'île. Si j'avais pris le nombre d'élèves

On ne peut nier qu'il n'existe dans l'île une classe nombreuse d' individus dont les opinions sont encore imbues des préjugés de l'ancien régime. Je suis porté à croire que les sentiments qui dominent dans cette classe sont plus particulièrement ceux de la méfiance et du soupçon. Les dispositions présentes de celte classe sont mauvaises, ainsi que celles d'une autre classe, dont la principale objection repose sur ce que, dans les nouvelles écoles, on s'occupe trop peu de travail et d'industrie. D'autres montrent une grande apathie à l'égard de celle question ; et cependant il n'est pas moins vrai que le changement qui s'est opéré à ce sujet dans l'opinion publique a été tel, qu'il a surpris ceux qui ont connu, pendant les dix dernières années, la colonie et la force des préjugés qui la dominaient. Mais maintenant que chaque mois apporte une preuve nouvelle des progrès du sentiment public à ce sujet, et que l'on obtient de jour en jour la coopération franche et libérale de plusieurs individus influents qui, jusqu'à ces derniers temps, étaient les premiers à faire de l'opposition, les partisans de l'éducation, dans la métropole et dans la colonie, doivent se sentir encouragés, et s'étonner de tant de progrès accomplis , plutôt que se sentir désagréablement affectés à l'idée de ceux qui leur restent encore à faire. Cependant, mettant de côté l'obstacle résultant de l'opposition active ou passive des planteurs, il y a encore de grands obstacles qui s'opposent, pour le présent, au succès des écoles. Le plus grand de ces obstacles vient du peu d'assiduité des écoliers et de l'impossibilité apparente de faire sentir aux parents la nécessité d'envoyer leurs enfants à l'école dans certains cas, et, dans d'autres, de les y envoyer régulièrement. L'expérience a démontré qu'il n'y avait aucun remède à cela , à moins que le maître d'école n'eût le temps, le zèle et l'habileté nécessaires pour persuader les parents et les forcer, par des conseils

dans les écoles journalières, telles que je les ai trouvées, le nombre total de ceux qui les fréquentent aurait à peine fourni la moitié de celui que j'ai donné. Les causes de ces absences sont les maladies, les pluies et la rareté des provisions, obstacles qui, cette année, se sont fait sentir, d'une manière extraordinaire, dans toute l'île, depuis le mois de mai jusqu'à la fin de septembre. Le manque de provisions a fait tort aux écoles, en ce que les apprentis pauvres et la population de couleur libre n'avaient de nourriture d'aucune espèce à donner à leurs enfants pour emporter avec eux à l'école. Cette disette générale provenait dune sécheresse de six mois et, en partie, d'une certaine négligence dans la culture des terrains à provisions. L arrivée à maturité du mango et sa grande abondance en juillet et août procura quelques soulagements d'une part, mais en ajoutant au nombre des malades, loin d'augmenter le nombre des élèves, elle ne lit que le diminuer. Les pluies fréquentes qui tombent dans cette saison influent quelquefois sur la fréquentation des écoles dans tout le pays, mais elles se font moins sentir sur les côtes, où elles tombent beaucoup moins souvent, qu'à quelques milles à l'intérieur, clans des districts du milieu et sur les montagnes. Là leur fréquence, leur violence et leur effet subit sur les torrents des montâmes et sur les rivières ont obligé, dans bien des cas, le maître d'écolo à consentir à ce que l'école soit fermée tous les jours à midi ou peu après. Je crois avoir raison de dire que toutes ces causes, contraires a l' assiduité des élèves, se sont fait sentir avec plus de force cette année que les années précédentes; mais, comme ces trois causes sont particulières au climat, on peut toujours s'attendre

réitérés, à faire ce qui dépend d'eux pour remédier au mal.

a ce qu elles influent sur l'éducation régulière des enfants durant trois mois de l'année.

Différentes circonstances et différentes localités offrent sans doute quelque variété à cet égard; mais la réponse générale qu'on fait partout est celle-ci : «Nous ne pouvons persuader à nos en-

Ce sujet me rappelle l'opinion, fréquemment exprimée dans les districts de montagnes, que quelques nouvelles dispositions pourraient faciliter les succès des mesures prises pour l'éducation des

fants d'aller à l'école plus régulièrement. »

classes ouvrières. Il s'agirait, entre autres choses, d'établir des dortoirs dans les écoles. Par dortoirs, on veut dire la seule addition d une ou de deux chambres pourvues de nattes, et peut-

Il ne serait pas absolument vrai d'affirmer que, dans plusieurs parties du pays, les classes ouvrières n'aient point le désir de s'instruire ; mais ce sentiment est bien loin d'être général, et, partout où il se rencontre, il n'est point estimé à 'sa juste valeur. Bien des écoles ont eu bon nombre d'élèves durant la première semaine , mais ce nombre a souvent diminué des trois quarts. On a remarqué que, dans les districts cultivés en clos et en plantations de café, les écoles étaient plus régulièrement fré-

être aussi de couvertures, où les enfants, dont les parents s'engageraient à fournir d'avance les provisions d'une semaine, pourraient être logés et nourris sous une surveillance convenable pendant quelques mois consécutifs : par ce moyen, on donnerait aussi, en cas de mauvais temps, un abri aux plus jeunes enfants qui viennent de loin ou qui passent par un pays

quentées que dans ceux où existent de grandes propriétés. Il y a peu d écoles qui puissent prétendre se trouver au grand

dangereux.

complet pendant plus de trois jours entiers de la semaine; car les enfants mettent beaucoup de négligence à y aller le lundi; le

ficulté principale, dans tous les cas où cette expérience a été

vendredi, plusieurs enfants restent chez eux avec leurs parents, ou vont aux jardins ou ailleurs ; et le samedi on trouverait difficilement dans toute l'île une école qui soit fréquentée.

J ai cité quelques exemples de l'essai qui en a été fait. La diftentée, a consisté dans l'arrangement à prendre pour l'entretien de ces pensionnaires; car, partout où les parents ont été rendus responsables des provisions, on a reconnu qu'on ne saurait

En outre, il faut, à celte irrégularité sans cause suffisante,

compter sur eux pour remplir ce devoir. Si on pouvait surmonter cette difficulté, plusieurs écoles en feraient l'expérience avec

ajouter celle qui résulte des variations du climat et de la confor-

leurs propres ressources, (l'est une mesure dont les avantages


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. sont évidents. Il suffit d'ajouter qu'elle serait probablement trèsagréable à un grand nombre des apprentis de ces districts. La mesure adoptée par plusieurs sociétés de réclamer une lé-

537

considérer comme présentant les avantages d'écoles normales sont toutes d'une fondation récente, et à peine y en a-t-il une qui soit en pleine opération.

gère rétribution pour l'instruction donnée dans leurs écoles ne

En parlant des professeurs, je devrais parler aussi de leurs

saurait être considérée comme exerçant une influence sur la fré-

honoraires; car c'est peut-être là, en général, la source la plus

quentation de ces écoles, puisque le payement en est rarement

féconde en inquiétudes pour les directeurs de la majeure partie des écoles entretenues par les sociétés de missionnaires, et sur-

exigé comme chose obligatoire, et peut, dans presque tons les cas, être regardé comme parfaitement libre.

tout de celles qui ont profité du concours du Gouvernement.

La législation devra juger s'il ne serait pas à propos de pro-

Les honoraires présents et à venir des professeurs employés dans

mulguer une ordonnance qui obligerait les enfants d'un certain

les écoles dirigées par les missionnaires de la société baptiste

âge à fréquenter les écoles, et si, dans l'état actuel de la colonie,

proviennent, comme on l'a déjà remarqué, des moyens et des

cette ordonnance serait réellement utile.

efforts individuels des missionnaires. Quant à la société des mis-

Une autre difficulté,qui embarrasse très-sérieusement tous ceux

sionnaires moraves, les honoraires des professeurs sont dus à la

qui sont occupés à pourvoir à l'instruction de la population ou-

coopération de la société des dames pour l'éducation des nègres,

vrière de cette île, c'est celle de se procurer des personnes con-

par conséquent au montant des fonds qui peuvent se trouver à

venables comme instituteurs et comme institutrices.

la disposition de la société, ainsi qu'au peu de moyens que possède son Église. Les salaires fournis par les sociétés des mission-

Il est à remarquer qu'il y a quatre classes de personnes employées en ce moment dans l'enseignement des écoles journa-

naires de l'Eglise et par les sociétés wesleyennes, soit de Londres,

lières :

soit d'Ecosse , doivent être puisés dans les fonds variables prove-

1° Des Européens mariés ou non mariés, choisis par les direc-

nant de contributions volontaires faites dans l'intérêt général

teurs des sociétés, etc., dans la métropole, et envoyés expressé-

de leur mission, et qui ne sont pas généralement considérés

ment pour être employés dans certaines stations;

comme strictement applicables à cet objet.

2° Les blancs que l'on a engagés dans la colonie comme maîtres ou maîtresses;

On s'est donc constamment demandé si le Gouvernement de Sa Majesté ne pourrait pas, jusqu'à un certain point, venir au

3° Les personnes de couleur adultes, nées dans l'île;

secours des écoles. Je prends la liberté de soumettre ce sujet

4° Des jeunes gens qui ont pu recevoir leur éducation, au

aux méditations de votre seigneurie et du Gouvernement de Sa

moins en partie, dans les écoles normales. Sans doute la première classe de ces professeurs est, en général la plus utile; mais comme il faut apporter beaucoup de soins dans le choix qu'on en fait, si on désire qu'ils réussissent, et que malheureusement les grandes dépenses que fait la société (non-seulement pour leur voyage, mais encore pour leur entrelien dans l'île), et les dangers du climat donnent à ce système l'apparence d'une spéculation, il en advient qu'aucune société de missionnaires ne suit cette marche sans hésitation, et que toutes seraient bien aises de s'y soustraire.

Majesté avec la conviction que, après la mesure déjà adoptée, nulle autre ne pourrait être plus favorable à l'éducation dans l' île que celle qui soulagerait les directeurs d'une portion de ce fardeau et d'une cause d'inquiétude pour l'avenir. Dans l'état présent de l'éducation , à la Jamaïque, chaque classe d'écoles doit être considérée comme un bienfait tant qu'elle tendra à inculquer des principes moraux et religieux dans l'esprit de la population de couleur. Il y a cependant une classe d'écoles dont l'utilité paraît si évidente, quand on jette les yeux

qu'à présent dans la colonie, l'expérience seule peut prouver, à

sur l'immoralité et les habitudes basses qui dégradent l'île, que je ne puis m'empêcher d'en parler. Ce sont des institutions sur le plan du Refuge pour les femmes, à Fairfield, à Manchester,

l'égard de chacun, si la nécessité, qui, dans bien des cas, dirige

à Kingston ( commencées par la société des missionnaires de l'É-

le choix, le fait tomber sur un individu capable ou non.

glise) , et celle de Half-Way-Tree,paroisse de Saint-Andrews, qui

Quant aux blancs, soit européens, soit créoles, engagés jus-

A l'égard de l'emploi de maîtres appartenant à la classe des

doit son origine à l'évêque du diocèse. Partout où on pourrait en

personnes de couleur dans les écoles journalières (et l'on verra que

établir de semblables, on devrait assurément leur donner tout

leur nombre forme à peu près les deux cinquièmes du nombre

l' encouragement possible ; car elles ne peuvent manquer, si on

total des professeurs), je crois que, jusqu'à-présent, soit défaut

les dirige sagement, d'être du plus grand avantage pour l'île,

(l'éducation chez la plupart des adultes , soit par suite de la rapi-

soit qu'on emploie plus lard celles qui les habiteront comme maî-

dité avec laquelle il a fallu faire passer le professeur du banc de

tresses dans les écoles, ou comme domestiques, ou comme

l'écolier à la chaire de l'enseignement, il n'en est que peu dans

femmes pour les laboureurs.

le nombre dont la capacité soit égale aux exigences de leurs devoirs. Dans la dernière classe, plusieurs peuvent avoir fait preuve

Votre seigneurie me permettra encore de faire la remarque générale que, dans les circonstances où se trouve la colonie, il serait également bon et sage, en ce qui concerne les classes ouvrières,

d'une grande intelligence comme élèves ; mais, dans leur nou-

et juste et politique à l'égard des maîtres et des propriétaires,

velle position, n'ayant peut-être ni l'occasion ni le goût de pous-

qu'on ne manquât jamais de faire comprendre à toutes les classes

ser plus avant leur instruction, il y a un point que ni le profes-

d'élèves la nécessité d'un travail honnête, et d'employer tous les moyens au pouvoir de ceux qui sont intéressés au succès et à

seur ni l'élève ne peuvent dépasser. On trouve, sans doute, çà et là, des exceptions à celle remarque; mais, sur le nombre de ceux qui sont actuellement en

l'utilité réelle des écoles, pour réunir, partout où on le pourra, des leçons d'industrie active aux autres branches d'éducation.

fonctions, il en est à peine un quart qui soient propres à con-

Signé C. J.

duire une école au delà des simples rudiments.

LATROBE.

En faisant connaître à votre seigneurie ce que je regarde comme l'état actuel des choses, je n'entends en aucune manière exprimer l'opinion que le caractère de celte classe de professeurs ne puisse grandement changer avec le temps. La nécessité absolue qui existait d'établir des écoles, quelque mal qu'elles pussent d'abord être dirigées, afin d'occuper le terrain et de

B.

RAPPORT

sur l' éducation des noirs dans les îles du vent et sous le vent. 21 juin 1838.

maintenir celles qui étaient en exercice, n'a fréquemment laissé d autre alternative que celle de se servir des instruments qui

Votre seigneurie ne sera pas surprise du peu d'ensemble qui

s'offraient. En outre, le peu d'écoles, dans l'île, que l'on peut

règne dans ces détails, ni de voir que, dans la longue chaîne


538 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. - PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. d' îles qui se développe depuis Tortola, il ne s'en trouve pas deux

des apprentis, et pour faire un rapport sur d'autres objets qui s'y

dans lesquelles l'éducation des nègres fasse des progrès égaux et

réfèrent. Cette commission a ouvert ses séances en juillet 1837,

suive la même marche. Il n'y a pas deux de ces îles dans les-

mais elle n'a pas encore terminé ses travaux.

quelles le caractère social, politique et physique, offre un point

Jusqu'à présent, si j'ai été bien informé, celte commission

parfait de ressemblance ; et c'est cette différence qui doit puis-

s'est uniquement occupée d'interroger différentes personnes atta-

samment agir sur l'éducation.

chées à l'éducation des nègres dans l'île , ainsi que des planteurs

A la Barbade, quoique les sociétés wesleyennes et moraves

et d'autres personnes qui connaissent le caractère actuel des en-

et les directeurs de la fondation Mico soutiennent quelques excel-

fants , leurs habitudes, leurs occupations cl leurs penchants. Le

lentes écoles pour les classes ouvrières, l'éducation de ces deniè-

rapport, quand il sera préparé et adopté, sera, m'a-t-on dit,

res, dans toute la colonie, dépend principalement de l'instruction

placé sous les yeux du Gouvernement de Sa Majesté. Je n'ai point

donnée dans les écoles placées sous la direction des membres du

appris que ce rapport dût conclure à l'adoption de mesures actives

clergé de l'île; ceux-ci sont stimulés et soutenus, dans celle

et immédiates, de la part de la législature, en faveur de l'éduca-

bonne œuvre, par la présence et la coopération active de leur

tion des nègres ; mais je crois qu'il faudra le considérer tout à fait

évêque. La haute réputation et les talents de l'évêque de la Bar-

comme une démarche préliminaire, et qu'un certain laps de

bade sont trop bien connus de votre seigneurie pour avoir be-

temps sera nécessaire avant que les désirs du gouverneur général

soin d'aucun autre témoignage; mais, comme la mission dont je

à ce sujet soient complètement remplis.

suis chargé m'a mis particulièrement en rapport avec lui, je croi-

Il est bien à désirer que celle belle colonie, qui possède, sans

rais manquer à la justice, si je retenais l'expression de mon admi-

contredit, plusieurs avantages moraux et physiques sur presque

ration pour ce qu'il a fait en douze ans, et de ma reconnaissance

toutes les autres, soit la première à poser des principes solides et

pour la courtoisie, la patience et la franchise dont il a fait preuve

libéraux en faveur de l'éducation générale des enfants de sa

à mon égard, en facilitant, par tous les moyens qui étaient en son

population ouvrière, et qu'elle les mette en pratique.

pouvoir, le succès de ma mission.

A la Barbade, presque toute la surface du pays est en état de

A la Barbade le nombre des écoles et des maisons d'écoles

haute culture; il n'existe, dans l'intérieur, aucune partie propre

permanentes est très-considérable, et tout porte à croire que

à servir de retraite aux paresseux, aucun lieu pour se cacher- en

ce nombre augmentera. L'on peut être assuré du zèle de ceux

dehors des limites delà société civilisée, avec la certitude d'y

qui sont plus particulièrement engagés à avancer l'instruction

trouver encore les moyens de pourvoir aux besoins purement

des classes ouvrières, et rester persuadé que , pour la propagation de l'instruction, l'on profitera ici, autant qu'il sera pos-

physiques; les classes ouvrières n'y possèdent aucun terrain à

sible, de toutes les facilités qui pourront être données par le Gouvernement de la métropole, par la législature coloniale ou par des particuliers.

provisions, séparé des propriétés qui doivent fournir à leurs moyens d'existence ainsi qu'à celle de leurs maîtres; il s'y trouve un beaucoup plus grand nombre de propriétaires résidants, et un système social plus fortement organisé, à bien des égards, que

L'éducation du grand nombre des pauvres blancs qui se trou-

l'on'ne peut en rencontrer ailleurs; on dit même que, dans celle

vent dans cette île ( et l'on ne doit pas craindre de blesser la

colonie, les nègres sont en progrès de quelques années sur leurs

vérité en affirmant qu'ils forment la plus basse classe de la po-

frères les blancs; et, enfin, on y voit moins de ces malheureuses

pulation ) est presque aussi difficile à faire que celle des nègres et des personnes de couleur.

lonies. Assurément, on pourrait atteindre ce grand but sans

Les grandes et florissantes écoles centrales de Bridge-Town, et,jusqu'à une époque récente, toutes les écoles paroissiales sans exception , ont été maintenues pour le bien particulier des enfants des parents blancs. Ces écoles sont particulièrement utiles; elles sont dirigées d'après des principes qui, quelque exclusifs qu'ils paraissent à un certain degré, semblent être bien appropriés aux circonstances où se trouve cette partie de la population de la

dissensions intérieures entre les habitants que dans d'autres corisques, et avec une confiance entière dans l'influence que ces établissements exerceraient sur l'avenir de la colonie. Il est bien à regretter que, avec tous ces avantages apparents, la méfiance que les noirs témoignent à envoyer leurs enfants aux travaux de culture se fasse plus sentir à la Barbade que dans toutes les autres îles que j'ai visitées ; il en résulte que le sentiment d'intérêt du

colonie. Les objections que l'on pourrait élever contre ces écoles,

planteur le porte à ne vouloir adopter aucun projet d'utilité générale pour la colonie sans y ramener l'idée d'attacher la classe

parce qu'elles admettent exclusivement des personnes de race

ouvrière au sol.

blanche, n'auraient plus la même puissance, surtout avec les

Si l'on parvient à surmonter cette difficulté, les questions

excellentes institutions qui existent dans la même ville pour le

qui peuvent embarrasser le développement de l'éducation dans

bien des classes de couleur.

d'autres îles ne paraissent pas pouvoir matériellement les retar-

A l'égard des écoles paroissiales de la campagne, dont les

der dans celle-ci. A l'égard des nègres de la Barbade, quelque

blancs , dans maintes circonstances , on peut le dire , ne voulaient

avancés qu'ils soient, sous bien des rapports, par comparaison

pas profiter, tandis que les races de couleur ne le pouvaient pas,

avec leurs frères, on ne peut pas dire que leur supériorité con-

ce doit être un sujet de félicitation de voir qu'en ce moment

siste à savoir mieux qu'eux apprécier les avantages de l'éduca-

il y ail opportunité, dans plusieurs paroisses, de les ouvrir à tous

tion. Ce n'est pas qu'il n'existe un vague désir de s'instruire

indistinctement, et de les rendre encore plus utiles en ne faisant aucune distinction de couleur. Quand ce progrès sera devenu plus

parmi la plupart des personnes de cette classe, mais ni le fait de la fréquentation des écoles, ni la disposition de la part des pa-

général, on verra quelle est la force et le caractère du préjugé au sujet de la couleur, préjugé qui se montre maintenant dans

rents à contribuer aux dépenses de ces écoles, ne se sont mani-

presque toutes les écoles de l'île. Il est vrai que , maintenant, l'on peut citer deux ou trois exemples d'écoles nationales dans lesquelles les enfants blancs se trouvent en compagnie des nègres,

qu'autre part.

pour le bien desquels les écoles ont été particulièrement établies , tandis que, d un autre côté, l'on cite des exemples d'une

d'instruction des enfants delà classe ouvrière, et que cette amélio-

répugnance manifeste, chez les parents d'enfants de couleur, à les envoyer aux écoles fréquentées par les pauvres blancs.

avec lesquels la législature coloniale, et plusieurs propriétaires in-

Une commission, composée de membres du conseil et de la chambre d'assemblée de la colonie, a été nommée pour prendre en

cet esprit louable continue à animer la population, il ne peut

considération l'article concernant l'éducation des enfants libres

rer une amélioration considérable dans l étal moral de la popu-

festés, jusqu'à présent, d'une manière plus sensible à la Barbade Quant à l'île de Ta'bago, votre seigneurie remarquera qu'il y a eu récemment une augmentation considérable dans les moyens ration a pris sa source principalement dans les bons sentiments fluents, ont concouru aux progrès de l'éducation des nègres. Si y avoir aucun doute que quelques années ne suffisent pour opé-


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC.

539

lation, surtout si le nombre des membres du clergé et des missionnaires augmente en proportion des besoins.

grandes et manifestes difficultés pour ce qui regarde l'extension de

A la Grenade, la législature de la colonie a montré sur cet objet une plus grande maturité de sentiments que l'apathie té-

lonie est vraiment sombre, quoique dans certains districts de la

moignée par les propriétaires, en général, et par la plus grande

volonté, manifestée tout à coup dans l'intérêt de cette cause,

partie des assemblées paroissiales , n'auraient permis de l'espérer.

par quelques-uns des propriétaires les plus influents, et par

Cette législature a plusieurs fois prouvé ses intentions libérales, et a montré sa bonne volonté à seconder les efforts de tous les

l'agence des missionnaires de la société wesleyenne. Cependant

corps religieux de la colonie, en faisant des avances de fonds,

îles sont nombreux et variés. Les principaux résultent du dialecte

sans égards aux différences d'opinion religieuse. En dépit des

ordinaire des nègres, qui est un patois français, de la religion pro-

difficultés opposées au clergé de l'Église établie et aux mission-

fessée par la plupart, du petit nombre des membres du clergé et

naires protestants , par l'attachement d'une grande partie des nè-

des missionnaires, de l'étendue et de la nature physique de leur

gres à la religion catholique , il ne peut y avoir aucun doute sur

sol, et surtout des discordes intestines des partis qui devraient con-

le bien qui résultera de cet appui. Cependant, comme le clergé

courir aux progrès de la colonie. Toutes ces difficultés réunies

catholique n'a pas encore établi d'écoles pour les enfants des

s'opposent à ce que l'on puisse s'attendre à un rapport favorable,

apprentis dans les campagnes de cette colonie, et que le désir ar-

avant que quelques-unes n'aient été vaincues.

l'éducation parmi la population nègre. L'avenir de la première coDominique une impulsion ait été récemment donnée par la bonne

les obstacles qui s'opposent à l'éducation générale dans les deux

dent du lieutenant-gouverneur, de voir établir un vaste système

Je ferai remarquer à votre seigneurie qu'à Antigoa la législa-

d'écoles, n'a point encore été accompli par les directeurs de la

ture, dans plusieurs circonstances, s'est montrée bienveillante

fondation Mico, ni par aucun autre parti neutre, l'avenir est en-

pour l'avancement de l'objet en question ; et l'on ne saurait en-

core sombre, en ce qui regarde les progrès de ces classes dans la

tretenir de doute raisonnable qu'un Gouvernement colonial ainsi

colonie. Il faut remarquer que quelques enfants de catholiques

constitué et dirigé ne reconnaisse enfin la nécessité et la conve-

vont, sans scrupule, aux écoles qui dépendent de l'Église établie.

nance politique de favoriser quelque mesure législative en faveur

Votre seigneurie remarquera qu'à la Grenade aussi bien qu'aux

de la propagation d'un degré convenable d'instruction pour sa

îles de Saint-Vincent, de la Barbade, de Tabago , etc., il existe,

population ouvrière. Je sais que les sentiments du gouverneur

depuis dix ans, des écoles pour les enfants de couleur des villes

général des îles sous le vent, à ce sujet, sont connus de votre

principales. Ces écoles méritent d'être particulièrement remar-

seigneurie.

quées, parce qu'elles ont puisé leur origine dans le sentiment

Jusqu'à un certain point on peut établir un parallèle entre la

même de leur nécessité; nécessité reconnue par quelques per-

position des îles d'Anligoa et de la Barbade, à l'égard de l'éduca-

sonnes de cette classe à une époque où l'éducation des enfants

tion. Dans toutes les deux il existe, à cet égard, une grande

de couleur paraît avoir été bien loin de la pensée des philan-

activité au sein du clergé de l'Église établie et dans le corps des

thropes, quelle que fût la supériorité des lumières de ceux-ci sur

missionnaires. Les écoles sont nombreuses et se ressemblent jus-

l'état de la population des Indes occidentales. La lenteur que

qu'à un certain point. Dans les deux colonies , l'on saisit avec zèle

l'on mit à venir à leur secours produisit, dans l'esprit des habi-

toutes les occasions qui se présentent pour augmenter leur nombre

tants, la conviction qu'ils n'avaient d'espoir que dans leurs pro-

et leur utilité. Il n'y a point de doute qu'avec un concours conve-

pres efforts; et, dans chaque colonie, une assocation fut formée

nable il n'y ait, avant plusieurs années, un certain degré d'ins-

pour fonder des écoles destinées à l'instruction de la classe de

truction répandue dans toutes les paroisses. Sous un rapport im-

couleur.

portant, l'île d'Anligoa paraîtrait peut-être avoir l'avantage,

Si le principe qui les excita à faire ces efforts était digne d'é-

non-seulement sur la Barbade, mais encore sur toutes les autres

loges, la manière dont on le mit en pratique ne l'était pas moins.

îles des Indes occidentales. Il n'y a point d'île dans laquelle, à en

Dans presque tous les cas, le résultat a été l'établissement et l'en-

juger par les indications présentes, le passage de l'éducation au

tretien d'une excellente école, où les enfants sont ordinairement

travail, ou l'union des deux, paraisse devoir rencontrer aussi peu

élevés dans les principes de l'Église établie, et placés sous la

de difficultés. Je ne voudrais pas tromper votre seigneurie, en

surveillance générale de l'évêque et de son clergé. Dans le mo-

lui laissant croire qu'il ne puisse s'élever aucun obstacle; mais il

ment actuel, l'évêque, la paroisse ou les corps législatifs des co-

est certain qu'un grand nombre d'enfants qui, lors de l'abolition

lonies où se trouvent ces écoles, contribuent à leur entretien.

de l'esclavage, furent retirés des travaux des champs par leurs

Il reste encore beaucoup à faire dans les campagnes de l'île

parents, y sont maintenant retournés. Sans doute, les causes

de Saint-Vincent, et surtout sur la côte contre le vent, avant

principales qui ont produit ce résultat ont eu leur origine dans

qu'on puisse dire que la population nègre soit convenablement

la position particulière de la colonie, qui a subi deux années de

pourvue des moyens d'éducation.

sécheresse et de disette depuis l'émancipation.

Il y a un nombre considérable de catholiques dans la colonie,

Dans bien des cas, et peut-être dans la plupart, cette détresse

cl néanmoins aucune école particulière à cette religion n'y exis-

a obligé les parents à profiter du produit faible, mais certain, du

tait à l'époque de ma visite, .l'ai entendu dire que l'on en a établi

travail de leurs enfants, pour ajouter au bien-être commun.

une à Kingston pour l'éducation des enfants de toutes les religions, sous le patronage de l'évêque catholique à la Trinité. La législature n'a pas encore trouvé le loisir d'accomplir les désirs du Gouvernement à l'égard de l'adoption de mesures lo-

L'on peut inférer des détails précédents, que, faute de fonds, le clergé de l'Eglise établie a eu beaucoup de difficultés à soutenir la cause de l'éducation des nègres dans celte île. Ces diffi-

cales en faveur de l'objet en question, et je regrette de ne pou-

cultés sont venues des embarras que paraît avoir éprouvés la société de la foi chrétienne, sur laquelle reposait particulièrement

voir fournir aucune indication sur la manière dont elle pourra

l'espoir de l'évêque pour l'entretien des écoles.

agir plus tard. Le lieutenant-gouverneur désire sincèrement activer toutes les mesures prises pour l'éducation des nègres, et

La même circonstance a influé encore plus défavorablement sur l'éducation a Saint-Christophe, à Nevis et aux îles du Nord.

voir établir des écoles d'un degré capable de satisfaire aux besoins de la colonie en général. On ne saurait trop apprécier ce qui a

Dans les plus importantes de celles-ci, sans les efforts, couronnés de succès, des corps de missionnaires moraves et wesleyens, et

été fait, dans certains districts, par le clergé de l'Église établie, eu égard aux moyens d'action qu'il possédait.

sans l'influence personnelle du dernier recteur de Basse-Terre'

Sainte-Lucie et la Dominique éprouvent toutes les deux de 1

La ville de Basse-Terre est la capitale de .Saint-Christophe.

(maintenant archidiacre d'Anligoa), l'éducation des enfants des apprentis aurait certainement plutôt rétrogradé qu'avancé.


540 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. Dans l'île de Montserrat, l'impulsion donnée à l'éducation, en

de l'instruction à ceux que la Providence a placés sous son au-

dépit de difficultés semblables, par suite des grands efforts per-

torité; mais, à celte heure, on peut compter des centaines d'en-

sonnels du doyen rural et de son collègue, aussi bien que des

fants allant à l'école là où il y en avait à peine un il y a dix ans;

missionnaires wesleyens, n'a besoin que d'être encouragée pour

et, dans les cas où un seul homme se serait levé anciennement

produire les meilleurs effets.

pour défendre cette cause, on peut maintenant en trouver vingt

On ne saurait dire, en parlant d'aucune des colonies qui font

tout prêts à la soutenir et à la faire avancer.

partie du Gouvernement des îles sous lèvent, que les législateurs

Quoique plusieurs des législatures coloniales refusent encore

aient jusqu'à présent dirigé leur attention sur l'éducation des

leur concours, et même leur sanction , cependant, un changement

nègres; et, de leur côté, les propriétaires, à quelque exception

de sentiments, même dans ces corps, a commencé à se faire

près, dans les circonstances décourageantes et difficiles, n'ont

jour, car plusieurs de leurs membres ont approuvé la propaga-

pas montré de disposition à venir franchement au secours de

tion de l'éducation parmi la race nègre, et ont montré leur bonne

l'œuvre, ni à appuyer de leur concours ceux qui luttent pour la

volonté à l'aider par tous les moyens en leur pouvoir. Cet

faire progresser.

exemple ne sera pas sans influence.

La position d'Anguille est, en ce moment, très-particulière, et,

Dans les plus grandes îles, les assemblées paroissiales, quoique

si l'émigration de la classe ouvrière continue, il sera à peine

loin d'avoir été unanimes, jusqu'à présent, annoncent, année

nécessaire d ajouter aux moyens présents d'instruction.

par année, un plus grand désir d'examiner et de réorganiser

J'ai trouvé les écoles des îles de la Vierge bien négligées, non

leurs établissements paroissiaux, et d'élever des institutions d'un

certainement par un manque de zèle de la part du clergé rési-

caractère plus libéral, sur les fondations bornées posées parles

dant ou des missionnaires, mais par l'absence totale des moyens d'exécution. A l'égard de la ville principale, dans la grande île

préjugés ou les nécessités de l'ancien régime colonial.

de Tortola, des mesures plus encourageantes venaient d'y être

des classes supérieures de la population dans les différentes îles,

La seule manière déjuger des sentiments des propriétaires et

prises; mais on pensait qu'à moins d'établir des maisons d'é-

au sujet de l'éducation des nègres, c'est de voir ce que l'on fait

coles permanentes et de fournir des salaires plus convenables, les

en sa faveur, et de n'attribuer aucun motif indigne ni à celui qui

écoles deviendraient difficilement aussi utiles qu'on pourrait le

11e reconnaît pas encore que c'est son devoir et son intérêt d'y

désirer. Une grande apathie paraissait régner dans la législa-

prêter son aide, ni à celui qui s'en proclame l'ami.

ture de la colonie, à l'égard de l'éducation des nègres. Vu la nature de la population, disséminée sur onze îles, plus petites

Il faut avouer que dans plusieurs îles les propriétaires et leurs

les unes que les autres, il ne sera pas facile de fournir à toutes

représentants, s'ils ne résistent pas activement, opposent, cependant, par leur inertie même un obstacle puissant au progrès de

des moyens d'instruction fréquents et réguliers.

l' éducation; et que, généralement parlant, ce qui est effectué par

Dans les circonstances auxquelles on a fait allusion, relativement à cette partie éloignée du diocèse, il est satisfaisant d'ap-

le clergé et les missionnaires , se fait, par conséquent, avec beaucoup de peine et avec de grands désavantages.

prendre que l'attention de l'évêque, actuellement absent de la

Les succès qui sont obtenus pour l'éducation des nègres dans

Barbade, et en tournée dans ce quartier, est pleinement attirée

une île donnée, ne doivent pas autoriser à conclure que l'éduca-

sur la situation des écoles et sur l'état de l'éducation dans toutes

tion en soit nécessairement plus favorisée par la législature ou

les dépendances de l'Eglise établie. On peut s'attendre au meil-

par les propriétaires. A la Barbade, par exemple, cl à Antigoa, où l'on a déjà tant fait, il est impossible de cacher que jusqu'à pré-

leur résultat, tout ce qui se rapporte à cet objet ayant été soumis, dans ce moment, à son examen particulier. On doit espérer qu'au moyen de cette ressource pécuniaire, sans laquelle les pro-

sent, à en juger d'après l'observation des faits, les efforts du clergé et des missionnaires ont été loin d'être généralement encouragés.

grès de l'éducation , dans ces îles, eussent été retardés, les écoles prendront du développement, et que les colons eux-mêmes et

résulter moins d'un préjugé étroit contre tout ce qui tendrait à

les amis des nègres dans la métropole verront que la seule, la meilleure manière d'assurer la prospérité coloniale, est de fournir,

développer l'esprit du nègre, que d'une défiance au sujet des vues ou des intentions ultérieures de plusieurs partisans de cette

sans délai, d'amples ressources pour l'éducation religieuse.

cause. L'opinion des propriétaires est encore indécise, quant à la

Il est juste cependant de remarquer que celte opposition peut

A l'égard des traits généraux de l'éducation des nègres dans

nature et au degré d'instruction à donner; et des doutes s'élèvent

les îles du vent et dans les îles sous le vent, un aperçu des infor-

sur l' effet qu'une éducation purement spirituelle et non combinée

mations détaillées que je suis à même de fournir au Gouverne-

avec des leçons pratiques d'industrie peut exercer sur la prospé-

ment de Sa Majesté le mettra à portée de former son propre

rité de la colonie.

jugement.

Votre seigneurie doit s'attendre à ce que les mêmes observa-

repuis un très-petit nombre d'années, l'éducation a, sans

lions générales, que j'ai eu l'honneur de placer sous ses yeux,

doute reçu, dans ces îles, une grande impulsion. Celte impulsion

dans mon rapport sur l'état de l'éducation à la Jamaïque, puis-

s'est manifestée bientôt après leur constitution en diocèse ; car

sent s'appliquer à toutes les îles de cet archipel. En général, il y

il est à la connaissance de votre seigneurie que, depuis son

a peu de différence entre les systèmes que l'on suit, les moyens

arrivée jusqu'à l'époque présente, l'attention du prélat aux soins

que l'on emploie, la nature des difficultés qui s'y rencontrent, et

spirituels duquel ces colonies sont confiées a toujours été dirigée vers cet objet; mais c'est depuis 1834 que celte impulsion a

le caractère des races que l'on désire améliorer.

beaucoup augmenté. Au moment actuel, et en jugeant les Indes occidentales dans leur ensemble, il ne peut y avoir aucun doute

quelques différences près, les mêmes dans toutes les Indes occi-

sur les progrès rapides et continus des sentiments publics au sujet de l' éducation des nègres. On peut encore remarquer de nombreux

qu'à l'exception des écoles de la fondation Mico à Bridge-Town,

obstacles, venant des préjugés de toutes les classes, du manque de moyens et de la faiblesse des instruments que l'on emploie. Dans certains endroits, cependant, ces obstacles ont perdu de leur force, ou même ont disparu complètement; car ce ne sont plus, comme autrefois, quelques missionnaires dévoués ou quelques ecclésiastiques zélés qui, seuls, se prêtent à l'œuvre de l'éducation; ni, çà et là, un propriétaire, plus hardi que la plupart des autres, qui, en dépit des préjugés et de l'opposition, donne

Le cercle des études et la méthode d'enseignement sont, à dentales, et peuvent être d'autant plus uniformes dans ces îles, capitale de la Barbade, il n'y a que trois corps principaux s'occupant de l'œuvre de l'éducation dans les îles du vent et sous le vent, et que les distinctions entre leurs systèmes ne sont que très-légères. On n'a encore découvert ni essayé, jusqu'à présent, aucun système pour combiner des leçons pratiques d'industrie avec la culture de l'esprit; et, si je puis m'exprimer ainsi sans être taxé de présomption, je dirai que ce sujet est hérissé de difficultés et demande beaucoup de tact et de prudence de la part


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. de ceux qui désirent introduire ce double enseignement, et de ceux qui reconnaissent que leurs intérêts en dépendent. J'ai déjà exprimé ma conviction que l inertie ou l'indécision de la plupart des planteurs a sa cause principale dans les incertitudes relatives à cette combinaison. Comme il faut reconnaître que la main de la Providence indique évidemment les propriétés ou les plantations comme les théâtres naturels où la majorité des classes ouvrières de ces îles devra exercer son industrie, je douterais de la sagesse d'un système d'instruction qui porterait les parents ou les enfants à faire de faux raisonnements à ce sujet. Il faut qu'un bon système d'éducation imprime fortement dans leur esprit la nécessité de se soumettre au travail, non-seulement comme moyen de satisfaire à leurs besoins naturels, mais encore comme moyen de contribuer au bonheur et à la moralité de l'ordre social. Je vois avec regret l'effet des anciens préjugés sur l'esprit des maîtres ou des serviteurs, et je dois reconnaître qu'un doute fâcheux doit planer sur l'avenir aussi longtemps que ces préjugés existeront. Le temps el les circonstances, qui sont au

541

11 existe aucune ordonnance législative qui force les enfants de ces colonies à fréquenter les écoles. Après la question qui touche aux moyens pécuniaires, par lesquels les écoles seront entretenues, celle de s'assurer d'un nombre convenable de professeurs est la plus importante, et c'est une des grandes difficultés qui s'opposent à l'éducation des nègres. On peut la considérer, en grande partie, comme provenant du manque de fonds; car, quoique j'aie remarqué que les personnes de couleur, dans cette partie des Indes occidentales, ont fourni en proportion un plus grand nombre de maîtres et' de maîtresses habiles qu'à la Jamaïque, il est certain que le salaire qu'il est au pouvoir du clergé d'offrir est en général si peu considérable, qu'il ne serait pas raisonnable de s'attendre à trouver des professeurs habiles pour un tel prix. Ces difficultés existent principalement dans les plus grandes îles. A la Barbade, il est vrai, on peut, sur le nombre des blancs et des créoles, qui ont reçu de l'éducation, faire quelque choix pour remplir ces em-

pouvoir de la Providence, produiront probablement plus d'effets

plois ; et, en même temps, les écoles centrales et coloniales sont tout à fait en mesure de servir, moyennant des arrangements

que les projets des hommes ; et cette question, comme d'autres

convenables, à former pour les écoles de campagne des institu-

questions d'une importance vitale aux Indes occidentales, doit

teurs capables. On peut appliquer la même observation à l'école-

être mise de côté jusqu'à ce que la grande mesure de l'émanci-

modèle de la fondation Mico.

pation soit pleinement accomplie. Il est certain que, même à

Mais à Antigoa et à Saint-Christophe il en est bien autrement; il y a un besoin urgent, surtout à Antigoa, de créer des écoles

présent, il reste beaucoup à faire aux propriétaires pour inspirer, à ce sujet, plus de confiance aux apprends. Il a dû paraître évident à votre seigneurie que la grande difficulté qui s'oppose à l'éducation des nègres, dans ces îles, pro-

normales pour l'instruction de professeurs. Il a été suggéré que, si l'on trouvait des fonds et des agents, l' on pourrait en établir une qui enverrait des maîtres et des maî-

pourra rien faire. Avec des fonds, tant que le clergé et les mis-

tresses avec des cerificats de capacité et de bonne conduite, pour être employés dans les écoles des îles, sans égard, soit à la

sionnaires se montreront zélés, l'œuvre pourra avancer, alors

société particulière dont l'école pourrait dépendre,

même que la législature n'accorderait pas précisément sa sanc-

communion particulière de chrétiens à laquelle le professeur ap-

tion, ni les propriétaires leur concours. Votre seigneurie n'hési-

partiendrait.

tera pas, je l'espère, à assurer le Gouvernement de Sa Majesté et

Quelque utilité qu'il y eût d'exiger de ceux qui se destinent à la carrière de professeurs, l'obligation de suivre les cours des écoles les mieux dirigées, il serait bien à désirer que les candidats qui se vouent à celte profession fussent placés dans une

vient du manque de fonds. Sans ressources financières, on ne

le pays que les fonds publics volés à cet effet ont jusqu'à présent été bien et consciencieusement appliqués par ceux que l'on a fait les aumôniers de la libéralité publique ; et il en aurait été de même si les fonds avaient été dix fois plus considérables s. Il est très-satisfaisant que l'on ait décidé d'accorder quelques secours aux professeurs, sur les fonds votés par le Parlement

soit à la

position à pouvoir en retirer de plus grands avantages et contracter ainsi du goût pour l'instruction. C'est l'absence de cette faculté qui arrête le développement d'un grand nombre d'écoles ;

en 1837. Dans la plupart des circonstances, l'usage de faire con-

car l'on peut en remarquer plusieurs où les enfants intelligents

tribuer les élèves aux dépenses de l'école pour une légère somme

apprennent en peu de temps tout ce que sait le professeur, et

hebdomadaire a complètement manqué son effet. Dans toutes ces îles, je ne puis citer que deux ou trois exemples où l'expérience

n'ont plus alors aucun espoir d'avancer. Dans ces îles, comme à la Jamaïque, je puis témoigner de la

ait réussi. J'ai eu bien souvent occasion de reconnaître la conve-

facilité avec laquelle la plupart des enfants nègres et créoles re-

nance de faire payer une petite somme et d'entendre bien des

çoivent les premiers principes de la science. On pourrait presque

opinions à ce sujet. Je suis tout à fait porté à admettre la conve-

dire qu'ils font preuve de talents précoces quand ils sont placés

nance de ce mode de rétribution, vu les moyens restreints des sociétés par lesquelles l'œuvre est principalement soutenue. La somme que l'on demande à chaque parent est tellement minime, qu'elle ne laisserait presque à personne l'excuse de ne pouvoir la payer. Plusieurs personnes qui ont beaucoup médité ce sujet pensent qu'il serait bien de demander une légère somme à tous les élèves, excepté aux orphelins; et que cette somme serait doublée ou triplée à l'égard de ceux à qui l'on enseignerait l'écriture ou l'arithmétique. Celle mesure stimulerait peut-être les parents, et les forcerait à envoyer leurs enfants plus régulièrement aux

dans des conditions propres à les développer. Les enfants de race purement africaine ne sont pas différents des autres sous ce rapport. En général, je dirai qu'ils apprennent à bien écrire avant de lire correctement. Plusieurs personnes disent que la facilité que montrent ces enfants, dans un âge tendre, à apprendre les rudiments, ne réalise pas, en général, l'espérance que l'on pouvait en concevoir. Quelle que soit l'opinion que l'on se forme à cet égard, ce n'est pas maintenant le moment de décider cette question : c'est à l'avenir qu'il appartient de la résoudre, ainsi que bien d'autres relatives à la position et à la capacité des habitants de ces magnifiques colonies.

écoles.

Outre les deux principales difficultés que je viens de soumettre a vo'.re seigneurie, et qui doivent être considérées comme étant

La fréquentation irrégulière des écoles, qui se fait plus ou moins remarquer dans toutes les îles, cause de grands retards dans les progrès des enfants; mais c'est une difficulté à laquelle il est im-

communes en général à toutes les îles en question, il est de mon devoir de vous en faire connaître d'autres qui existent, surtout

possible de remédier, quant à présent. Il y a des îles où les causes de celte irrégularité, dans certaines saisons de l'année, sont évidentes; mais l'on ne voit pas qu'il y ail une différence considérable à cet égard même là où ces causes n'existent pas. Votre seigneurie doit savoir que, jusqu'à cette époque, il

dans les îles qui appartenaient autrefois à la France. Dans cellesci , la langue el la religion ont jusqu'à présent présenté des obstacles presque insurmontables aux progrès intellectuels. L on conviendra sans doute que la langue doit opposer des difficultés a l' extension de l'éducation. Elle est composée, en général, d 'un dialecte qui n'est compris ni par un Français ni par


542 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. un Africain ; et, quoiqu'elle ait été cultivée jusqu'à un certain degré, et qu'elle ait servi à la composition d'un certain nombre de chants nationaux assez agréables, ce n'est cependant qu'un jargon. Signé C.

C.

RAPPORT

J. LATROBE.

sur l'éducation des noirs à la Guyane anglaise et à la Trinité. Londres, 14 août 1838.

J'ai l'honneur d'envoyer à votre seigneurie les documents cijoints, sur l'état actuel de l'éducation des nègres dans les colonies de la Guyane anglaise et de la Trinité.

I. LA GUYANE ANGLAISE.

A l'égard de la Guyane, cette grande et florissante colonie, un coup d'oeil jeté sur les détails que je viens soumettre à votre seigneurie ne peut manquer de vous convaincre que, si le projet d'éducation des nègres n'a commencé à occuper l'attention du public que tout récemment, il a été suivi avec une ardeur et une libéralité qui font vraiment honneur aux habitants. Dans aucune autre colonie anglaise, de cette partie du monde, on n'a vu la législature remplir aussi complètement les vues du Gouvernement de Sa Majesté, soit en votant les fonds

Dans diverses paroisses anglaises de Demerara, d'Essequibo et de Berbice, le clergé montre une grande activité. Quand on considère la confiance toujours croissante des propriétaires dans le système suivi par le clergé de l'Eglise anglicane pour l'éducation des nègres, et les avantages qui résultent de la nomination d'un commissaire ecclésiastique, zélé et rempli d'énergie, dont l' influence personnelle et la position dans la colonie sont de nature à faciliter tous les projets raisonnables pour la propagation de l'éducation, il est difficile de pas partager la conviction que le succès ou la non-réussite de la cause de l'éducation des nègres dans ces paroisses dépend beaucoup du caractère personnel des ministres résidants. Il est jute de dire , pour excuser la lenteur que l'on remarque en général, dans les paroisses écossaises, que la mort de plusieurs de leurs pasteurs résidants, dans le cours de l'année dernière, doit inévitablement avoir retardé l'exécution des plans que l'on avait pu former pour l'avancement de l'éducation. Il est cependant vrai que, jusqu'à présent, l'Église nationale écossaise ne s est guère montrée comme Église missionnaire, ni dans celle colonie, où la main de la Providence lui a ouvert une sphère si étendue, ni dans aucune des îles des Indes occidentales, ou elle est représentée. Quel que soit le zèle dont ses ministres résidants soient animés personnellement pour l' exécution des projets d'éducation des nègres , il paraît qu'il n existe aucune société dans l'Eglise établie d'Ecosse qui soit capable d'avancer celle œuvre dans les colonies, ou de seconder d une manière efficace les efforts de ses ministres. Les moyens que possèdent les paroisses écossaises, pour conduire des écoles, sont, par conséquent, fort restreints, et le peu d'é-

nécessaires à l'éducation des nègres, soit en prenant des mesures actives pour les employer promptement et utilement.

coles qui y existent sont en grande partie, sinon entièrement, soutenues par les allocations du budget colonial. l'ai conséquence de la subdivision en paroisses des différentes

Outre les sommes votées en 1836 et 1837 , pour acquérir et augmenter les moyens d'éducation dans les paroisses rurales de

colonies qui composent la Guyane anglaise, la soiété des missionnaires de l'Église a reconnu la nécessité de retirer ses agents des

la colonie, une somme s'élevant à peu près à 34,000 livres sterling (85o,ooo fr. ) a été placée dans les évaluations de 1838,

districts les plus populeux, qui sont supposés être pourvus de ministres résidants des Églises anglaise et écossaise, et a tourné son attention plutôt vers l'instruction religieuse et l'éducation

pour être appliquée à la propagation de l'instruction religieuse, sous une (orme ou sous une autre, dans tout le pays. Dans la répartition des diverses sommes qui ont été votées, et en particulier pour l'éducation des classes ouvrières , la législature a toujours proportionné l'aide qu'elle a donnée aux paroisses anglaises et écossaises, à la population noire de chaque paroisse; se confiant, pour la manière dont on emploierait ces sommes, aux conseils de fabrique et aux ministres résidants des deux Eglises nationales. Un changement dans l'opinion publique, en ce qui concerne le développement de l'éducation des nègres, semblable à celui qui existe dans d'autres colonies en ce moment, s'est évidemment effectué parmi les propriétaires et les colons les plus influents de la Guyane anglaise. Une conviction qui va toujours en augmentant, quant à la convenance politique de cette mesure, lui a rendu favorables plusieurs partis, dans des classes où l'obligation de fournir des moyens d'instruction à la classe ouvrière peut ne pas être encore suffisamment reconnue. ' L opinion générale est certainement en sa laveur ; et l'on ne trouve que peu d'exemples où le zèle et l'activité du clergé résidant ou des missionnaires n'aient point été franchement et pleinement secondés par la bonne volonté et la libéralité des propriétaire^ ou des directeurs de propriétés. La classe ouvrière, dans les parties les plus peuplées et les plus florissantes de la colonie, a manifesté le désir d'aider, par des souscriptions ou par d autres moyens, les efforts que l'on fait pour son avantage particulier; et, dans bien des cas, ses membres ont fait des souscriptions considérables.

des habitants des établissements dispersés sur les bords des rivières et des criques de l'intérieur, et vers la conversion de la population indienne delà colonie1. On ne peut trop apprécier, même sous le point de vue politique, les travaux de ses missionnaires et de ses catéchistes sur les rivières Essequibo et Demerara. L augmentation et la prospérité de ces stations de missionnaires, sur les limites de la civilisation et dans l'intérieur de la colonie, devraient exciter un intérêt peu ordinaire dans les conjonctures présentes; car il est probable qu'un grand nombre d individus, d un esprit agité ou entreprenant, quitteront les côtes et iront dans ces régions former des établissements. On ne pouvait imaginer des moyens meilleurs ni plus doux pour soumettre de tels hommes à l'influence de la société, et à l'observance des lois du pays. A l' égard des Indiens, l'établissement de ces stations de missionnaires doit être considéré comme étant d'une importance égale sinon plus grande, surtout si la position changée des différentes classes de la société dans la colonie tendait éventuellement à mettre plus fréquemment les indigènes en contact avec les races qui, jusqu'à présent, n'ont habité que les côtes. Le désordre et les dangers résultant de ce contact sont trop notoires, pour ne point démontrer la nécessité qui existe de mettre, autant que possible, les Indiens sous la protection des lois, et de leur fournir des instituteurs et des guides moraux, dont l'influence même, si elle n'empêche pas ce commerce, puisse au moins diminuer les dangers d'un contact que l'expérience de

Voir plus bas, chapitre État des Indiens et des aborigènes, le compte rendu des travaux de l'Église anglicane pour la conversion des Indiens de la

Guyane, par l'évêque de la Barbade. *


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. tous les temps et de tous les pays nous a toujours montré comme nuisible aux deux partis. La conversion des races indiennes , résidant sur les limites de la colonie, a été presque perdue de vue, depuis que ces pays ont été attachés a la Couronne anglaise. La société des missionnaires moraves, à une époque aussi reculée que 1738, maintenait une mission florissante sur la rivière de Berbice, à peu près à cent cinquante milles au-dessus de la Nouvelle-Amsterdam. En 1 758, deux a trois cents Indiens résidaient sur cette station; dans les cinq années suivantes, ce nombre fut diminué de beaucoup par les épidémies et la famine ; la révolte des esclaves de la colonie, en 1763, ruina complètement rétablissement. La mission de Berbice ne fut jamais rétablie; mais, depuis cette époque jusqu'à présent, la même société a maintenu des missions importantes et florissantes sur les rivières des colonies hollandaises adjacentes, du côté du midi. L'expérience faite par le clergé attaché à la société des missionnaires de l'Eglise s'accorde maintenant avec celle des missionnaires moraves. La docilité de beaucoup de tribus, et l'aptitude de l'Indien à recevoir de l'instruction, sont placées hors de doute. La grande difficulté à surmonter ici, comme autre part, est cette antipathie innée pour des habitudes sédentaires et des demeures fixes, qui caractérise l'Indien des continents de l'Amé-

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peu considérable dans cette colonie. Les écoles qu'ils possèdent ne sont point nombreuses et sont très-peu importantes. Le mode de répartition des fonds qui ont été fournis par le Gouvernement anglais à la société pour la propagation de l'Évangile, et aux sociétés des missionnaires de Londres, de l'Église et de Wesley, et qui devaient être employés à bâtir des écoles dans la Guyane anglaise, se trouve détaillé plus bas, page 56o. Les personnes à qui l'on a confié le soin de mettre à exécution les intentions de leurs sociétés respectives l'ont fait en général avec discernement et avec autant de célérité que le permettaient les circonstances. En faisant allusion aux causes de retard, il me sera permis d'en indiquer une qui a apparemment arrêté la"construction des bâtiments dans plus d'une des stations de la société de Londres. Ces stations dépendent encore de la métropole, et l'on a dû nécessairement demander le concours des directeurs, avant de mettre aucun plan à exécution. Les longs intervalles exigés par la lenteur des voies de correspondance ont certainement produit de l'embarras et des délais ; car, dans plus d'un exemple, le temps qui s'est écoulé entre l'envoi des évaluations faites dans la colonie et le retour de l'approbation de la société a été si long, qu'il s'était fait dans le prix du travail et des matériaux des changements qui ont rendu l'exécution] des plans im-

rique du Nord et du Sud; mais l'expérience a prouvé que cette antiphatie est plus facile à surmonter dans les latitudes méri-

possible,

dionales que dans les latitudes septentrionales.

aujourd'hui complétées et occupées, en dépit des obstacles cidessus et d'autres encore qui sont plus fréquents, je veux dire les délais que l'on apporte à faire les contrats de transport pour les

Je ne crois pas commettre d'indiscrétion en soutenant près de voire seigneurie les droits des indigènes dans une colonie anglaise, et en demandant qu'on les fasse participer aux vues philanthropiques de la métropole. C'est à la société des missionnaires de Londres et aux travaux de ses missionnaires à Demerara et à Berbice, que la population nègre de ces colonies a été, jusqu'à une époque récente, principalement redevable de l'instruction religieuse dont elle a joui. Le zèle de la société, pour l'établissement des écoles, paraît avoir été proportionné aux besoins de la population , et avoir

On verra qu'un grand nombre des écoles en question sont

emplacements, et la difficulté de se procurer de bons ouvriers. La première de ces deux difficultés a presque toujours été une cause de retard, et dans bien des cas l'agent n'a rien eu de mieux à faire que de bâtir sans autorisation, plutôt que d'abandonner l'avantage d'occuper une situation favorable, et de procurer les moyens d'instruction à des districts qui en,manquaient. Je pense que votre seigneurie ne jugera pas nécessaire que je répète ici des observations générales, faites dans des rapports

ment de Sa Majesté. Cependant, les missionnaires ont rencontré

précédents sur le genre et l'appropriation des écoles bâties avec l'aide des concessions faites par le Gouvernement, puisque

des difficultés imprévues dans l'exécution de ces projets, par la

l'application que l'on en fait à celles qui sont bâties dans cette

mort de plusieurs des membres de ce corps respectable durant l'année qui vient de s'écouler. Et l'intervalle, comparativement long, qui s'est écoulé sans que leur nombre fût recomplété, a

colonie est évidemment la même que celle des bâtiments semblables dans les îles des Indes occidentales. Les obstacles ordinaires qui s'opposent à l'éducation des nègres, tels que la difficulté

été marqué par un embarras général dans toutes les opérations des missionnaires de la Guyane anglaise. Cependant les écoles conduites par celte société sont à la fois nombreuses et impor-

difficulté, non moins grande, d'obtenir des maîtres convenables, ont été, je suppose, suffisamment démontrés. Le plus grand

répondu aux facilités offertes, dans ce but, par le Gouverne-

tantes, et plusieurs d'entre elles sont au premier rang parmi les principales de la colonie. L'obligation de faire l'instruction journalière dans plusieurs de ces écoles repose, jusqu'à présent, sur le missionnaire rési-

de s'assurer de l'assiduité des enfants à venir aux écoles, et l'autre

obstacle à la propagation rapide de l'instruction dans la Guyane anglaise est sans doute l'usage général de la langue hollandaise parmi les nègres des plantations. Cette langue est répandue dans une portion considérable de la population ouvrière de Demerara et de Berbice, et continuera sans doute pendant quelques années

dant ou sur sa famille. Si cet arrangement pouvait être modifié, ce serait à l'avantage de tout le monde. Car, quoique la bonne

à venir retarder les progrès de l'éducation là même où il existe

administration de l'école, conduite par le missionnaire en personne, et la bonté de ses instructions ne soient pas mises en

des écoles ; car c'est une remarque ordinaire, que les enfants qui fréquentent les écoles, et qui apprennent, par conséquent, à lire

doute, cependant lefficacité générale de ces écoles serait, sans doute, augmentée par la nomination de maîtres habiles et de bonne réputation. Il est impossible que le missionnaire donne

l'anglais, parviennent souvent à prononcer facilement les mots, tandis qu'ils restent complètement ignorants du sens représenté

une attention non partagée à l'école, tandis que son temps et son attention sont régulièrement demandés par les devoirs et les travaux de sa mission.

A l'égard de l'assiduité que mettent les enfants à fréquenter les écoles, et qui dans certains quartiers n'est qu'irrégulière, faute des habillements nécessaires et à cause des maladies dont ils sont souvent attaqués, il y a certaines saisons pendant les-

La sphère d'activité des missionnaires de la société wesleyenne, dans la Guyane anglaise, est fort limitée. Elle n'a qu'une école journalière qui soit en opération pour le présent. Celte école est excellente et de la plus grande utilité. Les mêmes remarques peuvent s'appliquer à la société des missionnaires moraves, qui ne possède qu'une station dans la paroisse de la Trinité, district d'Essequibo. Le nombre des luthériens et des catholiques romains est fort

parles sons qu'ils prononcent.

quelles la force des pluies, unie au peu d'élévation du sol, produit des absences générales et presque inévitables dans toutes les écoles de campagne. La récolte périodique du café, dans des districts où ce produit est le principal objet de culture cause un effet semblable. Il a été dit que le sentiment général de tous les habitants de la colonie paraît; être décidément en faveur de l'adoption des


544 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. mesures tendant à favoriser les progrès intellectuels de la population noire ; et il est fort à regretter qu'une lutte entre les partisans des cultes anglais et écossais s'oppose évidemment, dans différentes parties de la colonie, aux progrès de l'éduca-

difficulté qui a jusqu'à présent existé de donner à une, instruction utile et saine une forme qui soit à la portée des enfants des différentes religions, et surtout de la nombreuse population catholique de l'île. Celte colonie est la première, parmi celles qui sont

tion et au succès des projets formés pour son avancement.'

placées dans les mêmes circonstances, dans laquelle l'expérience ait été convenablement faite; et, autant que cette expérience, jusqu'ici très-bornée, puisse guider le jugement, il paraît y avoir dans celle méthode une grande probabilité de succès.

II. LA TRINITÉ.

Dans l'île de la Trinité l'éducation des nègres est encore dans son enfance. La colonie a éprouvé des obstacles beaucoup plus grands que plusieurs îles des Indes occidentales, à cause de la prépondérance des langues française et espagnole, et de la reli-

En considérant l'état présent de l'éducation des nègres, il ne faut point négliger le passé; car, sans en avoir quelque connaissance , il serait difficile de porter un jugement exact sur le présent.

gion catholique, et aussi à cause de la manière dont sa population mélangée se trouve disséminée en groupes distincts cl souvent

Il paraît évident qu'avant l'émancipation, en 1834, l'éducation des nègres se faisait dans ces colonies avec tous les désavantages possibles.

isolés sur une surface très-étendue. Il en résulte, pour la propagation de l'instruction, des obstacles fort difficiles à surmonter. Dans les deux dernières années cependant, en dépit de l'in-

Les législatures coloniales s'y opposaient décidément; le grand corps des propriétaires, ainsi que les directeurs des propriétés ne s'y opposaient pas moins. Quant un d'eux l'essayait ou la favorisait,

différence qui règne encore parmi la majorité des propriétaires de la colonie, pour la cause de l'éducation, et malgré les délais qui ont été apportés dans les actes des autorités à l'égard de l'éducation , une impulsion évidente a été donnée à son avancement dans l'île, et donne pour l'avenir de grandes espérances. Ce fait est d'autant plus heureux, que la colonie a été placée dans des circonstances particulièrement défavorables à l'exécution des projets qui ont été formés dans ce but, par des épidémies sérieuses et. par des pluies abondantes d'une durée inaccoutumée. Les catholiques sont fort nombreux dans l'île, et cette religion a des prosélytes dans toutes les classes de la société. Les écoles appartenant à cette religion ne sont que peu nombreuses, et même ce petit nombre, à cause de certaines circonstances , est moins accessible aux classes ouvrières que l'on pourrait le souhaiter. Il est cependant certain que la nécessité et l'obligation de procurer les moyens d'éducation à toutes les classes, riches ou pauvres, comme l'évêque d'Olympie s'est efforcé de le faire sentir à son clergé , sont reconnues par plusieurs des membres de cette religion. Il est certain aussi que les efforts que l' on a faits sont conduits avec plus de zèle et couronnés d'un plus grand succès que précédemment. Il n'y a toutefois que peu de suite dans ces efforts ; mais l'excuse s'en trouve dans l'absence presque totale d'assistance pécuniaire. Presque tout ce qui a été fait jusqu'à présent, pour la propagation de l'éducation religieuse parmi la population ouvrière de la Trinité, doit être attribué aux travaux du clergé et des missionnaires de l'Eglise anglicane et des agents de la donation Mico. L'activité du petit nombre des ministres résidants de l'Église .anglicane a été stimulée par l'encouragement et par l'aide qu'ils ont reçus récemment de la métropole, représentée par l'évêque de la Barbade. Le zèle dont ils sont animés ne laisse aucun doute que l'augmentation de leurs moyens d'action ne produise des avantages plus considérables pour le pays. Les détails que j'ai l'honneur de soumettre à votre seigneurie, relativement aux actes du clergé dépendant de la société des missionnaires de l'Église, dans cette colonie, feront suffisamment apprécier, je l'espère, l'importance et le caractère judicieux de leurs travaux parmi les classes ouvrières et les réfugiés améri-

celle tentative était considérée comme une folie, ou, ce qui était bien pis, comme une trahison envers les intérêts communs; et, si l' individu était un propriétaire absent, il était presque certain que ses bonnes intentions manqueraient leur effet. En général, les ecclésiastiques, qui étaient disposés à entreprendre l'éducation des esclaves, étaient considérés d'un mauvais œil. Il n'était pas rare qu'une opposition ouverte et armée ne vînt s ajouter à la défiance et à la haine. Quelque bonne que fût la réputation et quelque inattaquables que fussent les intentions des personnes qui agissaient ainsi, cet esprit de crainte et de méfiance ne pouvait être calmé. Il est bien avéré qu'il agissait sur la conduite de plusieurs personnes et sur l'opinion publique dans les colonies. Les écoles auxquelles les nègres étaient admis étaient, pour la plupart, fort médiocres. Les moyens nécessaires pour leur donner de la suite et de la force ne pouvaient s'obtenir ni clos colonies ni de la métropole. Si l'on considère l'état de l'éducation coloniale en général, on peut dire avec vérité que, généralement, les principes étroits d'après lesquels on dirigeait les écoles paroissiales et les écoles soi-disant libres, et la manière irrégulière dont ces écoles étaient tenues, donnaient une pauvre idée du|degré d'estime que l'on accordait dans les colonies à un bon système d'éducation. Ils ne donnaient pas une meilleure idée du caractère des corps publics ayant le pouvoir de diriger et de contrôler les institutions de cette classe. Il y aurait peu de justice ou de sagesse à exagérer les ténèbres du passe, afin de donner plus d'éclat à l'aube d'un avenir nouveau qui parait vouloir se lever sur ces colonies; cependant ou ne doit pas oublier que, soit que la chaîne de la servitude gênât le corps de l' esclave au degré qu'on l'a cru, soit que son poids fut moins lourd, il ne peut y avoir aucun doute quant à l'influence avilissante que l'esclavage exerçait, plus ou moins, sur toutes les classes de la société dans les pays où il existait. Quoique l'on n'ait encore fait que bien peu de chose en comparaison de ce que l'on devra faire avant peu d'années, le changement est si singulièrement frappant que tous sont forcés d'en convenir, qu'ils s'en réjouissent ou non. Une impulsion étendue, sinon générale, a été donnée à l'éducation des nègres et dans la métropole et dans les colonies. Elle a non-seulement réveillé et stimulé ces corps religieux et charitables, dont les efforts, luttant contre le courant de l'opposition

cains. J espère que votre seigneurie sera convaincue que toute l' assistance qui a été donnée à cette société et à celle de la propagation de l' Évangile a été judicieusement appliquée. En ce moment il n'y a pas dans l'île de la Trinité d'écoles

gés spontanément vers l'accomplissement de cet objet, et avaient aidé cette belle cause; mais elle a aussi exercé son influence sur

journalières qui soient soutenues par la société des missionnaires wesleyens , ni par l'Église écossaise.

mêmes qui étaient récemment au nombre des opposants à toutes les mesures qui semblaient tendre vers la culture morale de la

Les écoles qui ont été récemment ouvertes à Port-d'Espagne et ailleurs, par les agents de la donation Mico, sont dignes d'un intérêt tout particulier, car elles promettent de surmonter la

nègres qui doivent profiter du changement; car, dans bien des cas, ou voit que l'attention publique dans les colonies est forte-

coloniale et de l'indifférence delà mère patrie, s'étaient déjà diri-

un nombre considérable et toujours croissant de ces hommes

race nègre. Il est évident que ce ne sont pas seulement les


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. ment dirigée vers la réorganisation des institutions actuelles pour l'éducation, et vers la fondation d'autres établissements appropriés aux besoins de toutes les classes delà population. Les détails présentés à votre seigneurie fourniront, sans doute, des preuves abondantes de la vérité de ces rapports. A l'époque actuelle, en dépit de l'indifférence que montre encore la plus grande partie de la classe élevée; malgré l'apathie et l'indécision qui régnent clans la majorité des législatures coloniales ; malgré le peu de valeur que les nègres attachent encore à l'instruction , et malgré d'autres difficultés qui s'opposent à sa propagation rapide, à cause du climat, de la faiblesse des moyens et surtout du manque de fonds suffisants, on ne peut nier que, comparé au passé, le présent n'offre de puissants motifs d'espérance pour

545

écoles, ou à payer les salaires des professeurs, suivant les besoins de la localité. Votre seigneurie me permettra de faire quelques remarques sur deux questions qui ont été fréquemment soulevées dans les colonies, c'est-à-dire sur la convenance de faire distribuer parles législatures coloniales les fonds fournis par le Parlement anglais, et sur l'extension générale du système d'éducation à toutes les colonies. La première de ces propositions, dégagée de toute autre considé ration de moindre importance, ne doit pas être recommandée comme une mesure générale, si l'on désire une prompte application des fonds.

à

Si la seconde, relative à l'extension générale du système d'éducation, signifie l'adoption d'un système uniforme d'éducation dans les écoles, avec le concours des fonds de la métropole et des colonies; si elle consiste dans l'organisation d'une

ce changement. Ceux qui étaient favorables à celte cause ont été

commission formée de membres des législatures ou du clergé et des agents des différents corps de missionnaires engagés

l'avenir. D'après toutes mes observations, je ne puis hésiter à donner votre seigneurie celle assurance que l'intérêt que le Parlement anglais a pris à l'éducation des nègres a beaucoup contribué à soutenus, en même temps que l'esprit d'opposition a été affaibli, aussitôt que l'on a appris que des allocations considérables de

dans celte œuvre, je vois avec regret que l'on doit entretenir de grands doutes sur le succès d'une mesure de cette sorte,

fonds publics, destinées à favoriser son avancement, avaient été volées en 1835 et dans des sessions suivantes du Parlement im-

soit qu'on l'introduise dans les colonies en général, soit qu'on l'introduise dans une des principales îles. Mes doutes sub-

périal. Ce fait a exercé une grande influence morale.

sistent, lors même que l'on considérerait comme un objet de

L'emploi que votre seigneurie et le Gouvernement de Sa Ma-

quelque importance pour le Gouvernement de Sa Majesté de

jesté ont jugé convenable d'accorder à la plus plus grande partie

conserver la coopération spontanée de ces corps ecclésiastiques

de ces fonds paraît avoir été également juste cl sage.

et missionnaires, aux efforts desquels l'on peut, avec vérité, at-

On dit que, depuis mon départ, votre seigneurie a donné de nouvelles facilités pour l'augmentation des moyens d'éducation dans les colonies des Indes occidentales, et qu'elle a jugé à propos de modifier les premières conditions reconnues convenables pour venir au secours des sociétés des missionnaires au moyen des fonds votés par le Parlement. Ces modifications, en y comprenant l'application d'une partie de ces subsides au payement des salaires des professeurs, sont tout à fait propres à remplir le but que l'on se propose et à aplanir des difficultés qui ont, jusqu'à présent, produit de l'hésitation et des retards. Votre seigneurie me permettra de lui faire remarquer que, dans l'application de ces subsides, il s'est commis une inadvertance qui résulte du plan que l'on a adopté de distribuer les fonds par une communication directe entre le secrétaire d'État et les directeurs des différentes sociétés dans la métropole.

tribuer tout le bien qui a été accompli jusqu'à présent. Votre Seigneurie s'est tout d'abord assurée de cette coopération volontaire qui n'en a pas moins été soumise au plan et au désir du Gouvernement. Chacune de ces sociétés sentait qu'en même temps qu'elle était honorée de la confiance du Gouvernement, elle n'était pas assujettie à une direction particulière et étrangère à celte société, soit dans la métropole, soit dans les colonies. Chacune était libre de poursuivre sa méthode particulière, sans craindre une collision avec les autres sociétés placées dans les mêmes circonstances, et cherchant à obtenir le même résultat par des moyens différents. Il est inutile de rappeler à Votre seigneurie que de légères différences dans les opinions religieuses ne sont que trop souvent suivies de sentiments qui amènent une véritable séparation d'intérêts, et une interruption dans la coopération chrétienne entre des sociétés chrétiennes, quand même ces sentiments seraient tellement modifiés qu'ils ne dégénére-

Il en est résulté que, jusqu'à une date très-récente, la législa-

raient point en opposition ouverte. Dans les colonies il n'est

ture de plus d'une colonie alléguait ignorance complète concernant la manière dont la métropole remplissait sa promesse d'a-

quelquefois que trop évident que,si des individus de différentes sectes, établis en un même lieu, se conduisent bien et paisi-

vancer l'éducation des nègres. Ces législatures alléguaient celle ignorance comme une excuse du relard ou de la négligence qu'elles

blement, c'est seulement parce qu'ils se sont déterminés à ne point se voir ou à ne pas faire attention à leurs actes mutuels.

montraient à opérer ce changement, ou peut-être même du

Il est à craindre que tout projet, quelque raisonnable qu'il pût paraître, qui mettrait différentes sociétés en rapport obligé, ferait manquer le but que l'on se serait proposé. De même tout

refus qu'elles faisaient de l'assistance des colonies, au moment où l'on y bâtissait des écoles avec le concours du Gouvernement et par le moyen des sociétés de missionnaires. il est à remarquer en effet que jusqu'à celle date, à l'exception de deux ou trois exemples, l'aide des législatures dans les colonies a été complètement refusée ou accordée d'une manière qui ne

effort que l'on ferait sous prétexte de venir à leur secours , et qui interviendrait en quelque chose dans les principes qui distinguent chaque société, n'atteindrait pas le but désiré.

produisait que fort peu de bien.

J'ai cru devoir faire cette remarque sur la position particulière de ceux qui se sont voués à l'éducation des nègres, tout acerbe

Le principe d'après lequel on devrait employer les fonds accordés par les colonies, si elles en votaient, paraît, jusqu'à pré-

qu'elle puisse paraître, parce qu'elle est vraie et qu'elle me paraît nécessaire. •

sent, ne pas avoir été fixé. Quand on s'est adressé à moi pour avoir des renseignements, je h'ai pu donner qu'une opinion personnelle et non officielle. Il m'a paru plus sûr de suggérer que, dans les conjonctures présentes, il serait mieux de suivre la

Il est certain qu on peut trouver des hommes d'un esprit élevé qui, par leur manière d'apprécier l'œuvre à laquelle ils se sont associés avec d'autres personnes, s'élèvent au-dessus des senti-

marche indiquée par le Gouvernement de Sa Majesté, qui consiste à accorder concours et protection partout où cela est réellement nécessaire, et où les personnes déjà occupées de l'éducation des nègres le mériteront par le zèle et la fidélité qu'elles auront déployés. On aurait pu appliquer les fonds à bâtir des II.

ments étroits de secte ou de parti. Il est également nécessaire que je fasse l'éloge de plusieurs missionnaires et membres du clergé qui sont occupés à instruire la population de ces colonies; je dois même parler de la majorité avec respect et vénéralion. On remarquera nécessairement une grande différence de caractère et de talents entre ceux qui montrent plus ou moins de 35


546 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. zele dans celte carrière ; mais j'ai eu des preuves convaincantes, dans toutes les classes, que, quelque grands que soient les obstacles, ils sont presque toujours vaincus partout où il y a du zele et de l' abnégation. En vérité, aucun de ceux qui se sont

plaintes réitérées, il s'est encore élevé une"objection contre les écoles du soir dans l'esprit de plusieurs personnes qui en avaient établi au commencement. Ces personnes ont reconnu que, loin de produire le bien que l'on en attendait, ces classes étaient

voués a la conversion de ces colonies ne peut espérer de réussir, s il ne montre l'abnégation , la droiture et le zèle qui forment le caractère du missionnaire chrétien.

plutôt un moyen d'encourager l'immoralité parmi des jeunes gens déjà disposés au vice; mais ceci n'est pas toujours vrai.

Quant aux nombreuses écoles journalières qui ont été établies pendant les quatre dernières années, il n'est pas surprenant que les degrés d utilité en soient très-différents. Les écoles dans les villes devraient être et sont généralement d'un degré supérieur à celles de la campagne, vu la position différente des enfants qui

Quant aux écoles du dimanche, le nombre de celles qui sont régulièrement organisées, soit sous la direction personnelle du clergé ou des missionnaires, soit sous celle des membres des congrégations qui peuvent se dévouer à l'œuvre avec zèle et régularité, n'est pas aussi considérable que l'on pourrait le désirer. Celles qui existent produisent un excellent effet sous tous les

les fréquentent; mais l'utilité de toutes ces écoles, soit à la ville, soit à la campagne, dépendra principalement de la personne qui

rapports.

en sera chargée, et du système d'inspection auquel elles seront assujetties.On devrait, en général, être surpris d'avoir pu placer une si grande partie de ces écoles sous la direction de professeurs respectables des deux sexes, car la précipitation des arrangements

maïque, j'ai proposé à votre seigneurie d'encourager, dans certains districts, l'institution d'une espèce de pensionnat pour les enfants des nègres. D'après une occasion que j'ai eue très-récemment d'inspecter quelques écoles expérimentales de cette nature,

n avait donné à ceux qui avaient la direction du système que très-peu de temps pour la préparation, l'examen ou le choix des personnes chargées de le mettre en œuvre; et même à pré-

établies par les agents de la société des missionnaires de l'Église, aussi bien que d'après une conviction résultant d'observations générales faites dans différentes colonies, je sens qu'il est de

sent le nombre parmi lequel ils peuvent choisir doit être trèslimité. Il faut nécessairement un laps de quelques années avant

mon devoir, avant de clore ce rapport, de plaider fortement en faveur de l'importance de ces établissements, surtout dans les colonies, où l'on trouve de petits établissements dispersés sur

que l'on obtienne facilement un nombre suffisant de professeurs capables. On peut' s'attendre à ne réunir que très-difficilement aux colonies un nombre considérable de professeurs européens, si on a égard à l'inclémence du climat et à l'insuffisance des salaires, qui sont en disproportion avec les dépenses nécessaires. L'augmentation du nombre des écoles normales est par conséquent un sujet de la plus haute importance pour l'avenir de l'éducation dans ces colonies. En considérant l'état de l'éducation à son point de vue actuel, il faut admettre que la moralité et les opinions orthodoxes, en matière de religion, sont, dans les personnes qui instruisent les enfants de la classe ouvrière, d'une importance beaucoup plus grande que la possession de talents très-distingués; et l'on ne saurait apporter trop de soins dans le choix que l'on en fera. J'ai été graduellement conduit à penser que, partout où il serait possible, les professeurs devraient être des hommes mariés, soit qu'on les trouve dans les colonies, soit qu'on les envoie de la métropole. Si l'on apporte quelque soin à les choisir, le bien qui en résultera sera certes suffisant pour compenser toutes les dépenses extraordinaires. Ces dépenses, d'ailleurs, faites en faveur de bons employés, ajouteraient à leur considération, comme professeurs et comme'particuliers, et leur donneraient de plus fréquentes occasions de faire le bien parmi les enfants et les adultes de la classe ouvrière. Elles augmenteraient le nombre d'une classe de personnes qu'il est de l'intérêt de l'humanité et de la moralité de multiplier par tous les moyens possibles. L'état de la société dans ces colonies, à celte époque, est tel, que l'on peut dire avec vérité que, tout homme marié, à quelque classe qu'il appartienne, menant une vie régulière et

Dans la première division de ce rapport, relative à l'île de la Ja-

une grande étendue de pays. Là-dessus je suis moins influencé par la considération des difficultés qui peuvent s'opposer à l'assiduité des enfants à fréquenter une école journalière, à cause de la distance ou de la difficulté des chemins dans certaines saisons, que par la conviction que, quels que soient les avantages qu'ils retireraient d'une instruction régulière, le plus important sera celui de mener une vie réglée, exempte de la contagion continuelle d'immoralité à laquelle les enfants sont sujets en retournant chez eux. Ces enfants apprendraient aussi à se soumettre à une discipline douce, et à connaître la valeur du temps et le lien qui existe entre le travail moral et le travail physique. Chaque individu qui serait élevé de celte manière exercerait une influence sur l'avenir de la société. Le plan d'après lequel ces écoles pourraient être dirigées serait semblable à celui des écoles appartenant à cette société à la Trinité, etc., où leur succès paraît assuré. Il me semble qu'il est de l'intérêt de la colonie de ne pas laisser passer les conjonctures présentes sans augmenter le nombre de ces institutions. Les dépenses qu'elles occasionneraient, une fois le bâtiment construit, ne seraient que légères, pourvu que les parents des enfants voulussent remplir les engagements qu on leur proposerait. Je prendrai aussi la liberté d'insister sur l' utilité de créer, autant que votre seigneurie le jugera convenable, un plus grand nombre d'écoles pour les enfants du sexe féminin. Ces établissements manquent partout. C'est à tort qu'à l'époque actuelle on s'attendrait à trouver un vif intérêt dans l'esprit de la classe ouvrière de ces colonies pour ce qui concerne la nécessité elles avantages de l'éducation. Un grand nombre de ces avantages est encore hors de leur portée,

irréprochable, est un bienfait pour le pays qu'il habite; car la force de l'exemple qu'il peut donner est un reproche pour le vice et un encouragement pour ceux qui, dans ce moment, paraissent

•et beaucoup, parmi ceux qui sont placés de manière à pouvoir en

désirer faire profession de moralité chrétienne. Les écoles journalières de la colonie sont principalement instituées pour les jeunes enfants; les écoles du dimanche et du soir devraient fournir une occasion d'instruction partielle

des avantages que l'éducation est supposée offrir, puisse en engager un nombre considérable à inscrire leur nom ou celui de leurs

pour les enfants qui travaillent et pour les adultes. On ne saurait nier que les écoles de ces deux dernières classes ne fassent beaucoup de bien, et que, consciencieusement dirigées, parmi une population qui désire être instruite, elles ne forment un auxiliaire très-important à l'instruction journalière, et ne favorisent la propagation rapide de l' instruction chrétienne parmi les classes ouvrières des colonies. Outre le défaut d'assiduité des adultes, qui est le sujet de

profiler, y témoignent une indifférence marquée. Quoique l'amour de la nouveauté on de l'imitation , ou une idée vague de profiter

enfants sur les registres des écoles, cependant le nombre de ceux qui apprécient véritablement l'éducation et qui en retirent des avantages solides ne sera que peu considérable. L'indifférence qui existe, quant à l'assiduité régulière, et la rareté des exemples OÙ l'on ait montré de la bonne volonté à contribuer aux dépenses occasionnées par l'éducation, peuvent être acceptées comme preuves de la vérité générale de cette observation. Cependant il est presque certain que les grands changements qui viennent d'être effectués dans la société exerceront bientôt une influence salutaire sur la masse des classes ouvrières. Jusqu'à


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. celte époque, il n'y a vraiment aucun motif de se décourager. On pourra discuter plus tard si, avec un peu de patience, on ne pourrait pas se dispenser entièrement de forcer les enfants à

REPORT

67,140

Vote de secours aux écoles libres

venir régulièrement aux écoles. Un sujet de regret, sinon de surprise, doit encore vous être signalé ; je veux parler de la rareté des cas où l'instruction intel-

547 f

3,780

Vote pour les écoles destinées à l'éducation des jeunes gens des districts ru-

1837.

lectuelle s'allie aux soins du travail agricole. Les préjugés des nègres s'y sont presque toujours opposés.

I

Demerara

Il ne faut jamais perdre de vue quel a été l'état des nègres

raux de cette colonie

54,000

Écoles de petits enfants

6,300

Vote de secours aux écoles libres....

3,780

et Essequibo.,

dans ces colonies. Si on a pu remarquer que, dans leur état naturel, les nègres n'occupaient qu'une place peu élevée dans

(Suite.)

l' échelle de l'intelligence humaine, ces hommes ont certainement été placés dans des circonstances qui pourraient excuser encore

Vote pour les écoles destinées à l'édu-

un plus bas degré d'abaissement. Et, maintenant que la cause

1838.

cation des enfants des paroisses ru-

principale n'existe plus, il ne faut point être surpris si, avec une

rales de cette colonie

54,000

force physique largement développée, leur énergie intellectuelle étant encore sans culture, ils montrent une disposition à imiter

Écoles de petits enfants.

2,700

plutôt les vices et les folies des classes supérieures qu'à s'attacher à la culture de ce qui est réellement solide et digne d'éloge.

Vote pour les écoles des paroisses ru-

Aujourd'hui que la liberté politique du nègre lui a été octroyée, il doit nécessairement réclamer les bienfaits de l'éducation. C'est

1836.

le désir de votre seigneurie que celte demande soit pleinement accordée, et que l'éducation donnée soit solide et religieuse. Votre seigneurie me permettra d'ajouter que, pour produire tout le bien que l'on désire, celte éducation doit être modérée ; qu'elle doit plutôt tendre à rectifier l'esprit qu'à exciter un trop grand développement; qu'elle doit être adaptée aux besoins et à l'avenir delà classe à laquelle on l'offre; et surtout qu'elle doit être basée sur les saintes Écritures. Signé C.

18,000

rales Vote pour les écoles libres

Berbice.. 1837.

4,032

Vote pour les écoles des paroisses ru18,000

rales

1838. Idem

18,000

J. LATROBE. TOTAL

APPENDICE.

Nous devons faire remarquer, à l'égard des démarches de la législature de la Guyane anglaise, relatives à l'éducation des nègres,

des appréciations de dépenses votées en faveur de l'éducation à Demerara, Essequibo et Berbice pendant les années 1834, 1835,1836,1837 et 1838.

1. EXTRAITS

Vote de secours aux écoles libres

249,732

f

3,780

que, jusqu'à l'année 1836, les sommes votées pour l'entretien des écoles libres de la colonie paraissent insuffisantes pour cet objet; mais que lorsque le lieutenant-gouverneur porta ce sujet devant la cour de police, en février 1836, et lui présenta les documents expliquant les mesures prises par le Gouvernement de Sa Majesté, la cour répondit immédiatement et généreusement à l'ap-

1834.

Idem...

3,780

pel. La somme de 720,000 francs pour les trois colonies fut pla-

Idem

3,780

l'éducation ; une commission fut immédiatement nommée pour rechercher le meilleur moyen d'appliquer cette somme à l'édu-

Donation à l'école des petits enfants...

1,800

cation de la population des paroisses rurales. Un recensement exact des laboureurs apprentis des paroisses rurales, fut com-

cée sur le budget de cette année pour les besoins généraux de Demerara et Essequibo.

1836.

Vote pour les écoles provisoires, afin de

mencé et terminé dans les premiers jours de décembre de la

réaliser un projet qui doit plus tard

même année : le résultat fut présenté à la cour de police. Le tableau suivant montre le nombre de laboureurs apprentis dans

être approuvé parla cour de police, pour l'éducation des enfants dans les paroisses rurales de cette colonie...

54,000

chaque paroisse, et les sommes qui ont été votées en faveur de chacune d'elle, en proportion de 11 1/2 stivers par individus, pour Demerara et Essequibo, et de 12 stivers pour Berbice.

A

II.

REPORTER

67,140

35


548

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. —PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. 2.

PROPORTION

des moyens d'instruction avec le chiffre de la population.

LABOUREURS

TOTAL SOMMES

APPRENTIS.

PAROISSES RURALES.

de

TOTAL. VOTÉES.

LA

Population.

Demerara

Essequibo

Saint-Mathieu. (Anglais.)

5,350

5,416f

Saint-Marc. (Écossais.)

3,552

3,596

Saint-Swithin. (Anglais.)

3,726

Saint-Luc. (Écossais.)

4,859

Saint-Paul. (Anglais.)

9,453

Sainte-Marie. (Écossais.)

5,391

|

3,771 4,919 9,570 53,403

5,457

Saint-Pierre. (Anglais.)

5,409

5,475

Saint-Jacques. (Écossais.)

3,893

3,940

Saint-Jean. (Anglais.)

4,122

4,172

La Trinité. (Anglais.)

7,648

7,743

Toussaint. (

2,201

)

Saint-Patrick. (Anglais.) Berbice

POPULATION.

!

2,376

1,981

' Saint-Michel. (Anglais.)

3,676

2,138 (

Saint-Clément. ( Écossais. )

4,017

Saint-Sauveur. (Écossais.)

2,388

3,969

16,792

2,404

Sainte-Catherine. (Écossais.)

2,595

Le vote pour 1838 avait déjà eu lieu quand M. Latrobe visita la colonie. Il devait être de la même somme. Cependant cette somme, elle-même, n'est qu'une faible portion de cette partie du budget colonial qui détaille les différentes sommes fournies par la colonie pour l'instruction religieuse des habitants, comme on le verra par l'extrait suivant.

II

69,475

Berbice, 1838 :

Salaires des ministres

91,800

Catéchistes et sacristains.

15,840

Loyer pour le clergé

22,809

Écoles des paroisses rurales

18,000

Provisions pour différents établissements religieux, (Cette somme sera prélevée en partie cette année et en partie 189,540 l'année suivante.) Trois ministres adjoints

3.

du budget de Demerara et d'Essequibo pour l'année 1838, contenant les sommes votées pour le clergé, les catéchistes,

15,416

4,338 j

70,195

Le même système de répartition a été suivi en donnant, aux différentes paroisses, les sommes de 54,000 francs et de 18,000 francs, votées en 1837.

54,059f

15,120 2,520

Chapelain de la prison

EXTRAIT

les sacristains, les églises, les écoles et les maisons de charité. TOTAL

Salaires des ministres

355,629

158,580

Sacristains et catéchistes.

29,250

Chapelain de la prison

2,520

Chapelain de la garnison

540

Loyer pour le clergé

Demerara et Essequibo

496,535

Berbice

355,629

40,080

Ecoles libres pour les pauvres indigents

3,780

Provisions pour différents établissements religieux

99,995

Écoles dans les paroisses rurales

54,000

Catéchiste de Pomeroon

2,250

Six ministres adjoints

30,240

Pour l'augmentation de l'église romaine

14,400

Maisons de charité

TOTAL GÉNÉRAL

852,164

9,000

Nouvelle église de Saint-George

45,000

Ecole (paroisse Sainte-Marie)

3,600

École pour les petits enfants

2,700

Sur les différentes sommes fournies par la colonie dans les années 1836, 1837 et 1838, une somme totale de 932,025 francs a été employée à l'entretien de l'église anglicane et des institu-

TOTAL

496,535

tions qui en dépendent.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. 4.

ÉTAT

des sommes allouées

À

l'église anglicane dans toute la Guyane anglaise pour les églises, les écoles, les salaires, etc., en 1836, 1837 et 1838.

1836.

1837.

1838.

Saint-Georges

38,250f

83,698f

73,310'

Saint-Paul

30,540

29,523

52,563

Saint-Swithin

33,075

33,075

48,375

Saint-Mathieu

25,270

37,060

24,460

127,135

183,356

198,708

25,419

PAROISSES RURALES.

Demerara

TOTAUX.

Esscquibo

549

TOTAUX.

La Trinité

25,743

30,585

Saint-Jean

24,476

22,532

28,256

Saint-Pierre.

30,315

26,355

23,115

80,543

79,472

76,790

40,300

34,900

51,820

17,492

39,963

15,958

43,416

68,350

135,199

TOTAUX

Allsaints Berbice

40,300

TOTAUX

509,199'

236,796

243,849

TOTAL GÉNÉRAL

989,844

Sur ceUc somme de 989,844 francs, 126,000 francs ont été accordés, dans le cours des années 1836, 1837 et 1838, pour l'éducation; outre cela chaque paroisse a un sacristain et un

On suppose que le total des contributions particulières de la colonie n'est point porté à sa valeur exacte, et que, quand toutes les souscriptions seront payées, elles se monteront à 56o,ooo francs.

catéchiste qui reçoivent des salaires de 2,250 francs chacun.

Dans cette supposition, une somme totale de 1,875,000 francs paraît avoir été consacrée à l'instruction religieuse et à l'éducation,

On n'a pu

se procurer le montant complet des sommes

dans toute la colonie, seulement pour le culte protestant.

fournies à l'Église d'Ecosse. Il est juste aussi de faire remarquer, comme preuve des progrès généraux de la colonie, en ce qui regarde l'instruction religieuse et l'éducation, pendant les trois dernières années, et surtout dans les trois paroisses anglaises, qu'en outre des sommes

D.

RAPPORT

sur l'état de l'éducation des noirs à la Trinité.

allouées par la législature l'évoque du diocèse est venu, de son côté, apporter pour celle œuvre le produit des sommes votées par les sociétés dépendantes de l'Eglise anglicane, ou des contri-

15 février 1839.

butions particulières de la colonie. La Trinité n'a point encore été divisée en paroisses. Somme totale donnée par l'évêque sur les fonds mis à sa disposition

258,450'

Il n'y a qu'un recteur de l'Église établie de l'Angleterre, dans la colonie de la Trinité, qui officie à l'église de la Trinité, à Port-d'Espagne; et, avec l'aide d'un vicaire, il dessert les

435,075

districts environnants, depuis le Carenagejusqu'à San-Juan et Chaguanas. Les districts de Facarigue, qui s'étendent du voisi-

2,500

nage de San-Juan et de Saint-Joseph vers Arima, et ceux de Carapichaima, en comprenant les parties habitées de la côte et de

Total des contributions particulières de la colonie pour l'érection d'écoles, d'églises et de chapelles Total des sommes reçues des sociétés dépendantes de l'Église Salaires donnés par l'évêque h des lecteurs, etc

12,875

Total des salaires alloués par la colonie pour le clergé supplémentaire

25,000

Total des salaires alloués par des sociétés à des lecteurs, catéchistes, etc

17,500

Total des s: laires alloués par des particuliers à des lecteurs, etc

13,125

l'intérieur de Chaguanas à Pointe-à-Pierre, ont chacun leur ministre desservant. Les districts Naparima du nord et du midi, en comptant Pointe-à-Pierre, San-Fernando et Savanna-Grande, doivent aussi être considérés comme étant pourvus de ministres de l'Église prolestante, puisqu'on y trouve deux missionnaires résidents de la société des missionnaires de l'Église. Les différents devoirs de ces messieurs ne leur permettent pas d'étendre leurs travaux du côté du sud , quoique la petite réunion d'îles à Oropuche soit quelquefois visitée par le ministre de San-Fernando.

TOTAL

764,525

On espère qu'il sera nommé un desservant pour le district Chaguanas.

II.

35..


550 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES — IIe PARTIE. Les travaux des missionnaires wesleyens sont entièrement circonscrits dans la même partie de la colonie qui est occupée par l'église anglicane; jusqu'à présent aucun des agents des corps de missionnaires protestants n'a été au delà. Il est vrai

CISTE

QUARTIERS

FORMANT

LA

DIVISION

QUARTIERS.

POPULATION.

QUARTIER».

572 521

Maraval

885

557

Mayaro

019

189

Mucurapo

133

668

Maraccas (Vallée de)...

835

Joseph, San-Juan , forment la portion de l'île qui contient le plus grand nombre de ministres et du clergé prolestant. Au delà de

* Carenage et Cuesse

Bocas

REPORT

Caroni

349

* Naparima du nord

Cedros

798

* Oropuche

ces districts, le clergé catholique a occupé le terrain à Arima, station dont il a été déjà parlé, à Oropuche et la Brea, au sud-

* Carapichaima

ouest de Naparima, et sur le golfe de Paria; à Séparia, au milieu de l' extrémité allongée du sud-ouest de l'île; et à Hérine sur la côte

Chaguaramas

368

Sainte-Anne

Cimaronero

292

Santa-Cruz

* Chaguanas

méridionale de la même partie. A Hérine plusieurs nègres parlent anglais. Un catéchiste a quelquefois demeuré à Toco, à l'extrémité

* Caura. .

nord-est de l'île.

' Diego-Martin

Outre les écoles dépendantes de l'Eglise catholique énumérées dans le tableau, il a été établi, à certaines époques, un système assez irrégulier d'instruction religieuse à Séparia et à

Cacos (Baie de) Erin

L'évêque d'Olympe ne dispose d'aucun fonds qu'il puisse appl quer à cet objet, mais il est loin d'être indifférent à l'extension de l'éducation parmi la classe ouvrière. Il a été fait à son instigation un effort, dans le but de former une association dans le diocèse, pour combler les dépenses faites pour l'éducation des jeunes ecclésiastiques et des professeurs. Cette association est connue sous le nom d'association catholique des Indes occi-

1,60 ) 650

Pointe-à-Pierre * Naparima du midi

535

"Saint-Joseph

408 925

*Savanna-Grande

440

' Tacarigua et Aronca... .

' Savonctta

11,382

1,130 548 1,147 2,144 715 1,070 022 1,964 031 1,481

Gicapo

334

Toco et Cumana

489

Guanapo

658

Trazarete

335

Hicacos

230

' Ville de Port-d'Espagne.. 12,522

La Brea

325

' Ville de San-Juan

153

Las Cuevas

261

* Ville de Saint-Joseph ...

354

La Ventille

628

* San-Fernando

890

Trois

83 TOTAL

A

Toco. Le Gouvernement colonial n'a, jusqu'à présent, accordé aucun secours pécuniaire au clergé de l'Église romaine pour l'entretien des écoles.

POPULATION.

Arima. * Mission d'Arima

être pourvus de ministres résidents de la même église. Ceux-ci doivent être payés par la colonie, à condition qu'ils connaîtront la langue anglaise.

t.'ll.E.

Aricagua

L Église de Rome divise l'île en quatorze districts. Port-d'Espagne, Carapichaima , San-Fernando, Savanna-Grande, Saint-

Deux autres districts, ceux de los Cedros, tout près de l'extrémité du sud-ouest, et Ban-de-l'Est, sur la côte orientale, doivent

DE

(Les quartiers où se trouvent les écoles sont marqués d'un astérisque.)

que c'est dans ces limites que la partie de la population la plus nombreuse et la plus importante de la colonie se trouve rassemblée; le reste est disséminé le long des côtes. A peu de distance de la côte il y a aussi des agglomérations de propriétés, souvent d'un accès difficile et quelquefois presque inaccessibles.

DES

REPORTER

40,355

11,382

Comme remarque générale, nous ferons observer que la plus grande partie des écoles qui existent sont sur un très-bon pied et fort bien dirigées. A l'égard de la légère rétribution payée par les parents pour l'éducation de leurs enfants, on ne suit aucun système général. Dans les écoles nationales, à la ville et à la campagne, on demande une rétribution purement nominale. Si le payement en avait été rendu obligatoire, on aurait complètement arrêté le bon effet des institutions, car les parents montrent peu de dispositions à fournir les payements que l'on exige.

dentales pour la propagation delà foi. On ne connaît pas encore quel a été le succès de ce projet.

Les payements paraissent cependant se faire avec plus de régularité que dans les écoles de la fondation Mico. Dans celles-là, on considère aussi la rétribution comme libre , car on ne renvoie

La plupart des petites missions indiennes protégées par l'Église romaine, dans les premiers temps de la colonie, ont été aban-

de la classe aucun des enfants qui ne se conforment pas à la règle générale.

données. Celle de Tacarigua a été jointe à Arima, où se trouvent, à cette date, 229 Indiens. La mission de Montserrat fut transférée

Dans les districts du Naparima, nord et sud, les missionnaires de l' Église avaient essayé de rendre la rétribution obligatoire; mais, n'ayant pu y réussir, ils ont aboli la règle et admettent tous

de même à Savanna-Grande. La dispersion récente des Indiens qui étaient anciennement rassemblés dans ce voisinage a en partie interrompu cette mission, quoique le district contienne encore environ 165 Indiens. On en compte encore 126 à Toco et à Cumana. Il n'y en a point à Guapo ni à Diego-Martin , et fort peu à Caura. Le nombre entier des Indiens originaires de l'île est maintenant beaucoup au-dessous de 600. La population des établissements de pêche sur la côte nord de Maguerippe à Toco, des îles des Bocas , de toutes les propriétés et de tous les établissements de la côte du vent; de

les enfants, sans aucune condition. A l' égard des écoles catholiques, comme chacune est conduite suivant les vues individuelles dos curés, et comme elles sont fréquentées par un petit nombre d'enfants de la classe ouvrière, on 11e

peut rien conclure de positif à ce sujet. La colonie a été visitée dans un moment où des circonstances

ordinaires et extraordinaires mettaient obstacle à la fréquentation des écoles par des élèves de toutes classes. Les suites de la petite vérole, qui avait sévi dans la colonie pendant les mois de juil-

tous les districts du midi cl des plantations de café, de sucre, et de coton des belles vallées qui descendent de la chaîne principale

let et d'août, et qui, pendant quelque temps, avait fait fermer presque toutes les écoles, venait à peine de cesser, quand une épidémie fatale (qui sévit encore dans l'île), commença au mois

des montagnes (à l'exception de celle de Diego-Martin et du Carenage), ainsi que de la plus grande partie de l'intérieur de l'île, était hors de la portée des moyens présents d'instruction

de mars. La saison pluvieuse, en outre, avait commencé de si bonne heure, qu'il s'était à peine écoulé deux mois d'intervalle entre les deux saisons; et l'étal des routes, surtout dans l'inté-

quand la colonie a été visitée. Sur 38 quartiers qui formaient la division de l' île, il n y en avait que 12 qui eussent des écoles de

rieur des districts habités, était de nature à mettre un obstacle sérieux à l'arrivée des enfants à l'école, ainsi qu'à l'exécution des projets de construction.

toute sorte.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC. La plus grande difficulté qui s'oppose aux progrès rapides des ouvriers de la Trinité et de leurs enfants, vient de ce que, jusqu' a présent, une grande partie des nègres ont été accoutumés à

551 33,750

REPORT

ÉGLISE ROMAINE.

Évêque et vicaire apostolique

25,000

parler français ou espagnol, et que celte difficulté ne peut être surmontée que graduellement. Jusqu'à présent, la plupart des maîtres ont été des Européens. A l'égard du payement des salaires, les maîtres, de cinq des écoles attachées à l'Eglise

Port-d'Espagne.

anglicane, et qui sont en rapport par l'évêque de la Barbade avec la société de la propagation de l'Evangile, ont été rétribués

Cure de San-Juan.

3,550

Curé de Saint-Joseph

3,550

conjointement, moitié par leur société, moitié par la législature coloniale. Ces cinq écoles sont: Port-d'Espagne, Chaguanas, Ca-

Curé d'Arima

3,550

Curé de Naparima

3,550

rapichaima, Saint-Joseph et Diego-Martin. Un semblable secours a été accordé plus récemment aux maîtres d'Indian-Walk, école

Curé de Separia

3,550

Curé de Savanna-Grande

3,550

près de Savanna Grande, et de Tacarigua. La société des mission-

Curé d'Erin

3,550

Curé de Couva

3,550

Curé du Carenage

3,550

Curé de Toco

3,550

?

Curé

naires de l'Église et la fondation Mico ne reçoivent aucun secours pécuniaire de la colonie pour l'entretien de leurs écoles. Voici quels ont été les actes du Gouvernement colonial à l'é-

3,550

Curé en second

3,250

Curé et catéchiste

3,250

Sacristain major

3,250

gard de l'éducation des nègres.

TOTAL.....

107,550

Le 13 juin 1835, une commission de quatre membres du conseil de Gouvernement fut nommée pour faire un rapport sur l'état de l'éducation dans la colonie, sur le nombre des écoles pu-

On doit ajouter cette année deux autres curés pour les districts de los Cedros et de Ban-deT'Est. Ils seront payés de la même

bliques ou particulières et sur les moyens d'instruction qu'elles fournissaient. Cette commission devait constater aussi les moyens

manière par la colonie , à condition qu'ils sauront bien l'anglais.

d'instruction religieuse fournis à toutes les classes, avec l'intention de les augmenter le plus tôt possible : cependant elle ne

POPULATION DE LA TRINITÉ.

s'est jamais assemblée, ou, si elle s'est assemblée, elle n'a jamais fait de rapport à la législature.

Nombre d'apprentis en 1834.

Le 2 février 1836, une autre commission fut nommée pour

18,407

Nombre des enfants libres

2,240

délibérer sur les dépêches de lord Glenelg, du 16 novembre 1835, du 25 novembre 1835 et du 15 janvier 1836, au sujet de l'établissement des écoles et de l'éducation des nègres ; mais, comme

20,656

TOTAL

la première fois, celte commission ne fit pas de rapport. Le 20 mai 1836, une somme de 5,000 francs par an fut destinée, outre la même somme accordée par l'évêque de la Bar-

À présent l'on suppose que la population de la colonie se monte à 36,654:

bade, à former les honoraires de cinq maîtres d'école, stationnés delà manière suivante : un à Chaguanas, un à Carapichaima,

Indiens.

un à Saint-Joseph, un à Diego-Marlin et un à Port-d'Espagne.

Libres ( de couleur )

17,551

Le 15 février 1838, une commission fut nommée pour faire préparer des plans et des devis afin de bâtir dans la ville de

Apprentis

12,691

Blancs

3,992 557

Nombre d'émigrants du 1er août 1834 au 2 juin 1838....

1,863

Port-d'Espagne une école dont le prix ne devait pas excéder 25,000

francs. Sur cette somme le gouverneur promit de four-

36,654

TOTAL

1

nir 12,500 francs, pris sur les fonds votés par le Parlement pour l'éducation des enfants à la Trinité; les autres 1 2,5oo francs devaient être fournis par le Cabildo. La commission devait faire un rapport sur l'emplacement ; elle n'en a pas fait.

E.

RENSEIGNEMENTS

sur la fondation Mico.

Le 23 février 1836, une somme de 1,000 francs, jointe à une pareille somme accordée par l'évêque de la Barbade, fut votée

I.

RAPPORT

des administrateurs de cette fondation.

comme salaire pour un maître d'école à Savanna-Grande (IndianWalk) ; et, le 24 avril 1838, une autre somme de 1,000 francs,

NOTA.

Cette fondation, dont le but est l'instruction morale et religieuse

jointe à une pareille somme accordée aussi par l'évêque, fut votée

de la population nègre et de couleur dans les colonies anglaises, fut ins-

comme salaire pour un maître d'école à Tacarigua; le salaire

tituée le

20

juillet 1835.

devait commencer à courir depuis le 20 novembre 1839. La somme portée au budget de l'île pour l'entretien du clergé de l'Église anglicane et de l'Église romaine se monte à présent à 107,550 francs.

ÉGLISE ANGLICANE.

ORIGINE.

La dame Jeanne Mico, veuve de sir Samuel Mico, laissa, par son testament, daté du 1™ juillet 1670 , la somme de 1,000 liv. st. (25,000 francs), pour racheter des esclaves. Elle ordonna que cette somme serait dépensée sous la direction de ses exécuteurs testamentaires, pour racheter, annuellement avec les intérêts,

f

Recteur du Port-d'Espagne Curé du Port-d'Espagne.

15,000 6,250

Ministre du district de Carapichaima Ministre du district de Tacarigua

A REPORTER

6,250 6,250

quelques esclaves. Vers l'année 1680, la cour de la chancellerie, dans un procès qui eut lieu alors au sujet de l'établissement de cette fondation, décida que le legs serait consacré à acheter des terrains et que les rentes qu'ils produiraient seraient employées selon le désir

33,750

de lady Mico.

La statistique de M. Montgomery-Martin porte ce chiffre à 39,045 , savoir : 3,632 blancs, et 35,413 noirs et personnes de couleur. II.

35...


PARTIE. 552 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe Suivant ce décret, on acheta à Castle-Baynard, à Londres, un quai et certains bâtiments qui furent transférés aux exécuteurs

forLes fidéicommissaires établissent d'abord quelle somme établisse mait le capital de la fondation au moment de son

testamentaires de lady Mico.

ment.

On fit plus tard plusieurs démarches à l'égard de celte fondation, mais on n'approuva jamais de projet pour l'emploi de ces fonds. Cependant, par un décret de la cour de la chancellerie, du 11 juin 1731, les trois quarts de ce qui formait alors les fonds

fondation 2,882,495 fr. à 3 pour 0/0 au nom des commissaires de la Mico, donnant un revenu annuel de Quai de Francis-Street, rapportant annuellement 2,250 fr., et occupé par la compagnie de Carron, ci

furent transférés à sir Charles Wager, afin qu'il les employât suiTOTAL

vant le vœu de la testatrice. Dans l'année 1827, à la mort de M. Barker, le dernier fidéicommissaire de celte fondation, ses exécuteurs portèrent encore une fois ce sujet devant la cour de la chancellerie; et cette cour en renvoya la décision à lord Stanley, afin qu'il nommât des personnes de confiance pour être fidéicommissaires des fonds et

88,424

Car Le quai fut vendu le 2 5 mars 1837, à la compagnie de placés furent ron , pour 5,000 liv. sterl. ( 125,000 francs j, qui portant dans le 3 p. 0/0, rapportant 4,149 francs par an, et revenu de la fondation à 92,873 francs.

de la propriété de la fondation, et pour préparer un projet réglant RECETTES.

l'application des rentes et des profits, suivant le désir de la fondatrice. Si l'audiencier trouvait que ce testament ne pouvait être exécuté selon le vœu de la donataire, il devait tâcher de s'en approcher le plus possible, selon les circonstances actuelles. Il s'éleva bien des difficultés et des empêchements dans divers quartiers. Ces difficultés ne furent vaincues qu'en 1835, quand l'audiencier, dans son rapport, approuva le plan d'après lequel les opérations de la fondation sont maintenant dirigées. Par

Les commissaires fournissent un état des sommes qn er er reçues depuis le 1 octobre 1835 jusqu'au 1 décembre 1837 fidéicommisBalance duc par feu John Raymond Barker, le dernier saire, payée par son exécuteur J. Gibson Rente d'une année, reçue des exécuteurs, déduisant

112

fr.

frais de perception

un ordre lancé par le maître des rôles (master of the rolls) le

Intérêt et profit sur les bons d'échiquier

29 juillet 1835, le rapport de l'audiencier fut confirmé, la nomination d'un des fidéicommissaires fut transmise par le secrétaire d'État pour les colonies, et la fondation présente fut

Quai de Castle-Baynard

4,204 4,681

Dividendes sur les fonds publics

' 230,071

établie. Les sept personnes dont les noms suivent furent nommées fidéicommissaires par la cour de la chancellerie. :

Reçu en secours accordés par le Parlement jusqu'à la même époque

'

TOTAL

James Gibson, esq. ;

des recettes au

Stephen Lushington ;

31

décembre

1837

619,571

DÉPENSES.

Thomas Fowell-Buxton, esq. ;

Thomas Peckard-Warren, esq. ;

La société expose ce qui a été positivement dépensé pour le progrès de l'éducation des nègres, avec la division des dp afférentes aux différentes colonies vers lesquelles leurs

John Gurney-Hoare, esq.

ont été dirigés :

Charles-Raymond Barker, esq. ; James Stephen, esq. ;

Dépenses jusqu'au 31 décembre 1837.

BATIMENTS.

ENVOI ET DÉPENSES

NOMS RÉPARATIONS DES

COLONIES.

La Jamaïque Maurice * La Barbade La Trinité

TOTAUX

des écoles et loyers.

173,462f

de voyage des maîtres et de leur famille ; agents étrangers, etc.

BILLETS SALAIRES

TIRÉS

DÉPENSES PERMANENTS DES ÉCOLES, ETC.

des maîtres.

64,395f

98,320'

4,000

11,760

20,537

18,667

1,250

6,755

50,632 .

6,953 4,135

sur M. Hoare et Cie, et dont on n'a pas encore reçu les comptes.

27,083' 13,085

//

64,137

11,506

10,875

10,065

8,500

260,266

88,911

136,487

71,785

48,668

TOTAL-

413,875f 56,325 30,800 105,075

606,075

.

31

au

antérieure On s'attend à recevoir, des agents de la fondation dans celte colonie, de nouvelles demandes relatives à l'époque décembre 1837.

Compte de balance jusqu'au 31 décembre 1837.

AVOIR-

DOIT.

Dépenses totales connues 13, 496 Balance en caisse applicable aux réclamations de Maurice. Recettes totales

619,5"

619,571


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC.

553

Dépenses depuis le 1er janvier 1838 jusqu'au 30 juin 1839.

NOMS DES

ENTRETIEN des

ÉDIFICES.

ÉTABLISSEMENTS,

RÉPARATIONS

du 1er janvier 1838 au 30 juin 1839.

des écoles et loyers.

DÉPENSES

SALAIRES DÉPENSES

DE VOYAGE

COLONIES.

150,000f

La Jamaïque

des professeurs et agence étrangère.

DES ÉCOLES, ETC.

des maîtres.

//

//

//

TOTAL.

PERMANENTS

Il

150,000f

Maurice

37,500

10,000f

16,000'

54,500'

2,750'

120,750

La Trinité

40,025

22,925

5,500

42,875

6,050

118,000

9,025

5,000

Demerara.

//

8,250

3,000

14,250

1,125

26,625

La Grenade

//

13,750

5,750

21,250

2,750

43,500

La Dominique

//

13,750

8,500

23,250

3,125

4S,625

Sainte-Lucie

//

18,250

8.500

28,250

4,375

59,375

Saint-Vincent

//

8,250

3,000

14,250

1,125

26,625

Antigoa

//

8,250

1,500

15,000

575

25,300

Tabago

//

7,500

1,500

11,250

550

20,800

Iles Bahamas

u

7,500

14,250

1,500

23,250

Grand-Cayman

//

5,000

3,375

7,000

1,625

17,000

128,425

56,025

255,375

25,550

703,725

La Barbade

237,750

TOTAUX

//

9,250

//

//

23,875

Pour les dépenses de la la métropole et pour les dépenses imprévues

30,000

733,725

TOTAL GÉNÉRAL

MOYENS, 1er

DU

JANVIER

1838

AU

DÉPENSE PRÉSENTE ET PRÉVUE, 30

JUIN

1839.

DU

1er

JANVIER

1838

AU

30

JUIN

1839.

Montant non reçu du Gouvernement sur ce qui a été accordé en 1837

175,000'

dessus

Somme que Ton suppose recevoir sur ce qui sera accordé parle vote de 1838

500,000

Dividendes sur les fonds de la fondation pendant une année et demie

Total des sommes que Ton dépense à présent comme ci-

Surplus pour dépenses imprévues

f

733,725 77,200

135,925 810,925 810,925

2.

TÉMOIGNAGE

d'Alexandre Stronach, directeur de l'école de la fondation Mico, à la Barbade. 4 septembre 1837.

D.

Veuillez nous dire le nombre d'écoles établies à Brigde-

Town et placées sous voire direction, et le nombre des enfants qui les fréquentent. R. Nous avons trois écoles, deux à Bridge-Town, et une près la Belle-Plantation, dans la paroisse de Saint-Michel. L'école située dans Baxter's-Road, à Bridge-Town , est journellement fréquentée par 140 enfants. On a pratiqué dans celle école le système d'éducation pour les enfants; on y élève-des maîtres pour d'autres écoles. Environ 160 adultes, qui la fréquentent le soir et le dimanche, sont instruits principalement par des professeurs volontaires et gratuits. Les adultes sont d'une conduite exemplaire et reconnaissants des soins qu'on leur donne; ils ont fait de très-grands progrès, et prélèvent volontiers une petite somme tous les mois pour défrayer l'éclairage de l'école. Les autres écoles de Nelson-Street, de Bridge-Town et celle de la Belle-Plantation

ne sont établies que depuis un mois; il vient dans chacune environ 5o enfants tous les jours. Les maîtres ont été élevés dans l'école modèle de Baxter's-Road. Le nombre moyen d'adultes le soir et le dimanche est environ de 60. D. Faites-nous savoir le plan général adopté pour l'éducation des enfants. R. Les instructions que j'ai reçues, en partant, des directeurs de la fondation Mico ont pour but de diriger particulièrement mon attention sur l'éducation des enfants des laboureurs de l'âge de deux à sept ans , et d'établir pour eux des écoles qui seraient conduites d'après les mêmes principes que ceux qui s'appliquent dans les écoles d'enfants de la métropole. Le trait distinctif du système suivi pour l' enseignement des enfants, c'est que le maître doit s attacher avant tout à former le caractère des élèves. Le corps aussi bien que l' esprit des enfants doit être assujetti de bonne heure à un système complet d'éducation morale. D. Veuillez-nous dire ce que vous entendez par éducation morale. R. Par éducation morale, nous entendons, non-seulement


554 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

l' instruction adressée à l'esprit d'un enfant, mais encore l'effort nécessaire pour faire pratiquer les principes de celte éducation. Afin d'y réussir il faut exercer une surveillance entière sur la conduite des enfants pendant qu'ils travaillent et pendant qu'ils jouent. Chaque faute que l'on désire corriger est exposée, en présence de toute l'école: on l'examine, et on la prouve par

3.

PRÉCIS

des travaux des directeurs de la fondation Mico dam les

différentes îles dont il a été parlé dans les rapports précédents. Les chiffres indiquent le nombre des enfants et des adultes dans les écoles de la semaine et du dimanche.

les enfants qui l'ont.vu commettre; le maître la prend alors comme moyen d'instruction morale et religieuse, et la juge par la Bible

suit LES REGISTRES.

qui est considérée comme la base de notre système. Je suis heureux de pouvoir ajouter que les enfants regarderaient comme une La Jamaïque

grande punition que nous omissions la lecture de notre histoire journalière tirée des Écritures saintes. D. Enseigne-t-on aux enfants qu'il n'y a qu'un seul moyen de salut, et que c'est par l'amour de notre Sauveur qu'on y

MOYENNE du nombre des élèves qui fréquentent les écoles.

5,136

3,808

La Trinité

710

292

Maurice

515

515

La Barbade

400

460

des Bahamas

100

160

6,981

5,235

arrive ? TOTAL

R. Tel étant le but des Ecritures saintes, notre système a d abord pour but de leur faire connaître par quelle faute l'homme tomba de son premier état, ainsi qu'il est raconté dans les trois premiers chapitres de la Genèse. De là nous conduisons leur tendre esprit à l'étude plus agréable de la naissance, de la vie, des souffrances et de la mort du Sauveur. Nour leur démontrons

Dispositions actuellement en cours d'exécution. — Maîtres partis récemment pour les destinations suivantes :

HOMMES.

que ce n'est qu'en croyant en lui que l'homme peut espérer de se racheter comme il est raconté dans le Nouveau Testament. Chaque jour ils apprennent une leçon importante par une narration tirée de la Bible. D. Pour l'instruction des enfants , se sert-on du Credo ou de toute autre formule établie? R. Le Credo (Apostles' Creed), l'Oraison dominicale et les dix commandements sont enseignés dans nos écoles. D. Enseigne-t-on aux enfants à lire, à écrire et à chiffrer? R. Oui, aux enfants les plus âgés ; les plus jeunes sont instruits principalement de vive voix, à l'aide d'objets figurés et de leçons analogues ; mais on les distribue aussi en classes, dès l'âge le plus

TOTAL.

Maurice

4

2

6

La Trinité

3

2

5

Grenade

1

1

2

Tabago

1

1

2

Saint-Vincent

2

2

4

Sainte-Lucie

2

1

3

Antigoa

1

1

2

Grand-Cayman

1

//

1

Demerara

1

1

2

16

11

27

TOTAL

II.

FEMMES.

RÈGLEMENT

pour la direction des écoles entretenues par la fondation Mico.

tendre, pour apprendre l'alphabet. 20

D. Trouvez-vous qu'il y ait en général de la bonne volonté de la part des apprentis à envoyer leurs enfants à l'école ? R. Les parents envoient volontiers leurs enfants à l'école. Il est arrivé quelquefois que le manque d'habillements les a empêchés de le faire. D. Demande-t-on une rétribution régulière pour chaque enfant ? R. On ne demande aucun prix fixe, mais on s'attend à ce que chaque parent contribue selon ses moyens à l'éducation de ses enfants. D. Jusqu'à quel point ont-ils consenti à cela ? R. Environ deux tiers des enfants payent à peu près trois sous par semaine. D. Les progrès des élèves ont-ils répondu à votre attente? R. Ils ont dépassé mes espérances.

juin 1838.

1. Toutes les écoles entretenues, en totalité ou en partie, sur les fonds de cette fondation, seront ouvertes à tous les enfants, de quelque religion que soient leurs parents. 2. Le grand but de celle fondation étant la propagation générale de l' éducation, surtout de l'éducation religieuse, le système d instruction sera essentiellement basé sur l'Écriture sainte; les livres et extraits seront les mêmes que ceux dont se sert maintenant la société des écoles anglaises et étrangères. 3. On n emploiera dans les écoles aucun catéchisme ou livre contenant les dogmes spéciaux d'aucune religion en particulier, mais chaque enfant sera libre de fréquenter les églises ou chapelles auxquelles appartiendront les parents. 4. Ces règlements constitueront la base sur laquelles seront fournis les secours pécuniaires aux écoles particulières ou publiques. Les écoles qui recevront ces secours seront sous la direction des fuléicommissaires de celte fondation. 5. L on n'emploiera aucun maître qui n'ait produit des renseignements suffisants sur sa moralité, ses principes religieux et ses talents comme maître; ses services seront appréciés par l' agent des fidéicommissaires qui aura le droit de le destituer.


RÉCAPITULATION GÉNÉRALE EXPOSANT

1° l'état de l'éducation dans les Indes occidentales et dans la Guyane anglaise, de mai 1837 à juin 1838. 2°l'état de la religion et de l'éducation dans le diocèse de la Barbade et des Antilles en 1841.


e

556 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE

F.

générale exposant l'état de l'éducation dans les ÎLES britaniques

RÉCAPITULATION

NOMBRE

NOMBRE DES ÉLÈVES.

POPULATION.

MOYENNE SUR LES REGISTRES.

do ceux qui fréquentent les écoles. NOMBRE Dans

Écoles

COLONIES.

NÈGRES, APPREN-

des

Total

Écoles

Écoles

journa-

du

VA'"

libres

Ecoles

es écoles

libres

*

popula-

Nombre

enfants

du

MAÎ-

„!■

de la

do Ecoles

de

ENFANTS ENFANTS

enregistré

Ecoles

de

de

total

TOTAL

ceux

sur les

journa-

libres

du

du

BLANCS.

Indiens,

TRE»

TIS,

d'aption

particu-

et

eé»

sala

-

diman-

que l'on

sala*

prentis,

des

dans la

total.

lières.

soir.

registres.

che.

lières.

dimanche

soir.

etc.

lières.

pprentis.

1834. pprentis. riés.

1834.

instruit.

riées.

a1-

colonie.

s H

La Jamaïque.

.

12,580 20,870

Les Caymans

M

85

La Barbade

4,119

Tabago.

742

La Grenade.

1,010

Saint-Vincent.;

000

1 Le, Grenadine, ......

Sainte-Lucie.

610

5,304

3,124

La Barbade,

131

La Dominique

388

Montserrat

807

8,321

9,789

16,806

132

60

79

47

9,883

2,430

3,304

3,215

456

675

644

300

47

4,502

1,262

75

861

497

1,932

561

140

3,227

222

184

472

601

1,678

1,507

196

Antigua

38,754

539

81

4,012

42,766

126

42

174

878

7,397

3,986

13,869

20,000

17,193

68,760

14,047

60

1,191

1,678

300

2,000

10,105

1,516

11,621

3,747

23,536 28,123

3,786

19,789

2,062

153

3,240

1,301

3,024

23,208 ' 3,000

750

500

370

85

196

80

137

2,522

2,134

2,158

108

100

120

317

330

249

896

508

435

54

997

351

660

1,174

225

1,489

621

455

750

137

196

4,456

275

220

110

153

51

82,807 120,000

25,208

6,848

1,980

315

8

3,500

4,066

13,292

1,500

25,535

4,000

169

248

14,792

9

425

1,284

720

4,468

12,187

2,000

14,187

19,375

1,489

312

427

5,980

400

6,380

7,119

8,837

9,325

17,523

28,492

10

5

19,292

417

9

5

7

29,535 35,581

113

9

15

29,533

!

6

10

( Inclus dans St-Vinctet la Grenade.)

1,000

36

10

13,921

124

1

1

( Inclus dan, la Jamaïque. )

801

1,073

164

38,784 347,921 447,021

1,731

562

6,573

70,000 309,167

224

264

427

30,000

944

3,093

315

314

547

30,541

3,946

104

18

46

1

1

4

7

18

13

14

8 4

Nevis

563

Saint-Christophe

2,012

1,039

1,714

1,602

692

378

4,418

1,558

1,341

1,293

1,011

452

3,086

31

234

1,633

4,652

300

1,800

188

4,169

7,574

14,782

1,263

2,741

7

14

7

36

12

1 Anguille

47

60

107

15

25

40

35

197

470

463

1,123

C5

3

110

250

424

1,801

459

2,260

2,934

5,151

7,731

1

1 6

Iles do la Vierge. . . .

323

La Trinité

1,847

768

848

1,091

431

3,126

,

658

667

288

2,069

49

418

1,140

3,544

500

3,992

2,080

12,006

4,151

18,407

1,000

4

3

a 2,249

25

20,656 36,054

! |6 24

Guyana anglais,

4,914 11.388

2,474

15,776

3,609

3,606

9,308

22,275 25,043

37,673

1,824

14,736

629

19,405

3,566

13,010

75,035

8,012

58

83,047 100,223

351 GRANDTOTAL.

.

34,098 49,150 11,410

94,664

8,342

71,058

10,166 104,830

60,830

140,341 608,942

391

649 85,530 694,478 901,

Fondation Mico. — Dans la, quatre premières colonnes do cette division do la récapitulation. on n'a tenu aucun compte du nombre do, écoles. bâtie, ou arrangée, par l'agence

d

e

325


ÉTUDE

557

DE LA RELIGION , ETC.

DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT

occidenatales et à la Guyane anglaise, de niai 1837 à juin 1838.

DES ÉCOLES

ALLOCATIONS

PARLEMENTAIRES.

SOCIÉTÉS MAI.

NOMBRE

NOMBRE

MAÎ-

STATIONS

NOMBRE DES STATIONS DES

MISSIONNAIRES

total

ÉCOLES

d'écoles

NOMBRE

de que l'on

sur lesquelles

DU PARTI-

se propose

on s'était proposé

,R

"E TRES

DU

TRESSES

auxquelles

fondées

de bâtir des écoles

bâties

à l'aide des

ou

terrains

l'on

d'écoles

de

allocations

le Gouvernement

TOTAL.

de

l'on tient

des

et dont les

et

TOTAL.

achetées

«a

ne sont

s'est

occupées

sions ,

situations

parlementaires pour l'éducation

a prêté son aide

"'TU

ou que

répa-

ne sont

qu'en

assuré

journa-

se propose des écoles de bâtir

point

RES.

des nègres.

couleur. couleur.

l'on

pour bâtir les écoles.

déterdispose.

1835.

1836.

38

54

tive.

terrain.

journa-

bâtiments

l'aide

rées.

du

1837.

provi-

lières.

Gouver-

minées.

lières dans des

avec

encore

perspec-

d'un

DATES.

des écoles

par

ou que l'on

SOIR.

183

prés desquelles

déjà

obtenu

concesCULIÈ-

de stations

on a

bâtir, TOTAL.

pour lesquelles

de

où les

NOMBRE

stations

soires.

nement.

139 95

124

541

41

61

102

5

107

15

25

Mai, sept. 1837.

107

18

51

14

44

16

3

Février, avril 1838.

2

7

4

1

Janvier 1838.

13

2

7

26

21

! 2

Société pour la diffusion do l'Evangile dans les pays étrangers

7

Si 33

12

13

111

213

15

12

27

25

6

4

10

20

8

6

14

50

7

II

11

Société des missionnaires wesleyens

14

7

5

12

Société des misionnaires moraves

5

3

3

Société des dames pour l'éducation des nègres.

97

16

39

55

2

1

1

2

Société des missionnaires baptistes

43

4

10

14

Société des missionnaires écossais

26

5

8

3

20

16

6

4

6

4

1

4

4

8

2

4

3

4

2

9

11

2

1

1

13

17

2

1

2

3

1

1

1

3

1

1

2

3

1

2

3

1

16

8

4

17

1

1

1

8

10 3

II

Une sta lion est comptée dans ans la Jam maïque.)

Société des missionnaires de l'Eglise anglicane

3 9

16

2

Décembre 1837. Janvier 1838.

:

13 U

10

l2

Janvier 1838.

2

S

22 7

18

1

5

5

Janvier 1838.

5

2

Décembre 1837.

9

Nov., déc. 1837.

1

Décembre 1837.

1

Décembre 1837.

1

H

1

1

5 10

14

*

3

3

1

3

3

4

3

3

1

5

5

2

3

1

1

5

4

1

1

3

1

1

Novembre 1837.

1

3

8

2

3

Novembre 1837.

2

11 3 1

13

Société des missionnaires de Londres

7 4

19

S|

4

4

8

11

35

46

i

Fondation Mico

Novembre 1837.

14 20

12

82

1

2

1 1

3

s

1

1

1

1

1

Novembre 1837.

1

1

1

1

Novembre 1837.

11

20

7

9

Juin 1838.

40

11

12

Mai 1838.

293

74

104

4 6

15

2

2

4

1

77

12

10

22

4

33

14

47

175

215

390

il 15 7

19

il

4

10

8

I

26

6

32

14

13

1

9

83

50

233

75

65

36

94

2

63 37

15

\

202

y

1

\ 345 206

345

1.447

8

charité. comme on n'avait demandé aux administrateurs aucune spécification du nombre ou des situations, on a inclus dans les dernières colonnes les résultats des actes de cette

!


E

558

RAPPORT

SUR

LES QUESTIONS

F

bis.

ÉTAT

COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES —

II

de la religion et de l'éducation dans le diocèse de la Barbade et des

PARTIE

en ANTILLES

UE

SOCIÉTÉS MUT

ÉGLISES

ÉTENDUE

PRÉSENTS

MEMBRES

ET

CHAPELLES.

en ILES.

POPULATION. MILLES

carrés.

La Barbade

Tabago

Sainte-Lucie 3..,

.

NO NOMBRE

NOMBRE

h

d'églises.

de places.

L'ÉGLISE.

22,502

20,055

I

2,400

50,000

6

18

3,950

2,530

100

14,000

2

4

1,500

1,300

1

1

200

40

20,000

1

NOMBRE

h'

31

180

h la

CLERGÉ.

120,500

La Trinité

du

I

2

35

COMMUNION»

Je société''

43

2,787

.

5

280

"

137

" 21

/

1, Saint-Vincent

150

La Grenade

127

20,300

27,810

9

5

14

5

6

5,580

2,495

4,070

//

pris. l'évêque et l' archidiacre, et M. R. J. Rock, qui tient une école particulière à Speight-Town. » Indépendamment do plusieurs autre, non achevé.,.

y

P

écolo, on activité; on avait commencé

à

on construire uno

à

Castries, mois elle n'a pas été achevée . un nouvell P emplacement a été choisi à In Soufrière,

449

250

"


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE. ANGLAISE. — CH. XI. ÉTAT DE LA RELIGION, ETC.

Compte rendu de S. G,

559

Hart-Coleridge, èvêque de la Barbade et dépendances ecclésiastiques.

RAPPORT ÉCOLES SOUS LA DIRECTION

L'ÉGLISE

DE

DES ENFANTS.

ANGLAISE

DE LA POPULATION

POUR L'INSTRUCTION

DES PAUVRES.

avec le nombre

DU DIMANCHE.

PLANTATIONS.

DES

DU SOIR.

RELIGIEUSE

TOTAUX.

des

des

Ecoles. Elèves.

Ecoles.

Elèves.

Écoles.

Ecoles.

Élèves.

Ecoles.

Élèves.

Écoles.

Élèves.

élèves.

écoles.

Élèves.

«

49 3,004

2

173

1

00

9

1

30

«

2

60

"

22

"

2

"i

10

1 sur 1,452.

83

6,726

89

28

1,305

710

23

1,630

"

"

2,131

398

1 sur 18.

»

22 1,038

3

214

"

"

I

1 sur 1,786.

1 sur 38.

11 860

1 sur 609. I

1 sur 8.

»

"

"

"

"

«

2

123

1

20

3

176

»

"

"

"

"

8

210

11

5

281 '

" I

"

*

15 696

I

1,077

37

2,126

1 sur 548.

1 sur 9.

41

25

1,338

1 sur 1,112.

1 sur 21.

15 856

2


560

G.

e PARTIE. RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

dévelopindiquant l'emploi détaillé de la somme de 750,000 francs, votée par le Parlement, en 1837, pour le coopèrent, ment de l'éducation des nègres, ainsi que les sommes sollicitées sur ces fonds par les différentes sociétés qui dans ce but, avec le Gouvernement de S. M. TABLEAU

SOMME DÉPENSE RÉELLE

COLONIES

LES

ÉCOLES

SONT

NOTES

SOMME ACCORDÉE

OU

ÉTABLIES.

ESTIMÉE.

par

EXPLICATIVES.

DEMANDÉE.

le Parlement.

SOCIÉTÉ

LA

POUR DE

PROPAGATION

L'ÉVANGILE.

LA BARBADE. 6,250f 5,000 5,000

Paroisse de Christ-Church, village de Bath de Saint-James, Clarendon-Fort LA TRINITÉ.

5,000 5,000 5,000 5,000

District du Port-d'Espagne de Saint-Joseph de Carapichaima TABAGO.

6,250 0,250 0,250 10,000

District Saint-David, Plymouth Saint-George, baie de la Barbade Saint-Jean, Lambeau-Hill Saint-Patrick, Mount-Pleasant-Sandy-Point.. . SAINTE LUCIE.

7,500 7,500

Soufrière. Gros-Ilet

f

GRENADE. Saint-Andrew Saint-David Saint-Jean et Saint-Marc Saint-Patrick Beguia Grenadines

Pour subvenir \ « l'érection1 des écoles.

3,750 3,750 3,750 3,750 0,250 0,250

125,000f

SAINT-VINCENT.

3 écoles à la

Barb de

a

.

Trinité 7 écoles à la

|

Tabago. 4 écoles à

1

Luc e i . 2 écoles à Sainte-

190,000

2 écoles à la

Grenade.

et1C' 2 écoles à Beguia Grenadines.

Saint-Vincent 15 écoles à

0,250 0,250 0,250 0,250 0,250 6,250 6,250 0,250 0,250

Saint-George et Saint-Andrew, Calliagan • Propriété de Belair Upper-Diamond Saint-Patrick et Saint-David, Baronallic Richmond (Baie de Richmond). Paroisse de Charlotte; Orange-Hill Baie de Colonnie Baie de Ricabon Peruvian-Vale

Il

Étant deux tic» à" prix estimé do

G écolo. à la anglaise.

Guya

ne

Maorie0,

3 écoles à

GUYANE ANGLAISE. / Saint-James, Walkenaam Saint-Peter, propriété Retrieve. . DEMERARA, Richmond-Hill Waterloo ESSEQUIBO. Saint-George, George-Town Saint-Mathieu, rivière de Demerara

5,000 5,000 5,000 5,000 10,000 5,000

II

lonne n° 3.

MAURICE. Port-Louis Savanna Rivière-Noire

'.....

DES

sera . emCelte somme 6 ployée de la m»'" vante : de la

(B)

7,500 7,500 7,500

M

232,500 2,500

ÉCOLES.

diocèse Maurice. qui

2,500 au

Diocèse de la Jamaïque de la Barbade — des îles Bermudes de Maurice,

A

oca

t 1836 Cette al1836. Cette n de tion location avaitc0„r9 accordée pour (inécoles d' enfants oa, aux fant schools) elle fut apt de mois ensuite elle fut pliquée au paycocontenue la somme

11,250

ENTRETIEN

somme , ll

so

LA JAMAÏQUE. Kingston, école centrale

De celte

(A)

Pour l'entre.) tien des écoles.

25,000

Aucune nomme n'a été spécifiée.

(B) 232,500

REPORTER

A

150,000

100,00

ro ort ion qui Dans une p p n'excédera pas un encourues l'endépense. do. dans de par la société ces tretien des écoles

districts.


ÉTUDE DE L'EXPERIENCE

SOMME COLONIES

DÉPENSE RÉELLE

SOMME

NOTES

DEMANDÉE,

EXPLICATIVES.

ACCORDÉE

par

00 ESTIMÉE.

OÙ LES ÉCOLES SONT ÉTABLIES.

561

RELIGION, ETC. CH. XI. ÉTAT DE LA

ANGLAISE.-

le Parlement

190,000f

150,000f

232,500f

SOCIÉTÉ DES MISSIONNAIRES DE L'ÉGLISE.

ENTRETIEN DES ÉCOLES. Entretien des) écoles. . . . j

'

I

SOCIÉTÉ DES MISSIONNAIRES WESLEYENS.

Pour les appointements du maître d'école et les dépenses imprévues.

CAL DE BONNE-ESPÉRANCE.

Pour être employés dans la proportion d un tiers do ces dépeuses. Il

7 500

7,500

11,250

c)

37,500

25,000

,

ENTRETIEN DES ECOLES.

Somme non spécifiée.

(c) 17,500

Idem.

SOCIÉTÉ MORAVE.

LA JAMAÏQUE.

Pour aider à bâtir

6,250 | 6,250 J 6,250

16,667

ANTIGOA. 6,250

ENTRETIEN DES ÉCOLES.

Saint-Jean, Mont-Thabor.. Saint-Christophe : Saint-George, Basse-T erre An ligna : Sainte-Marie, Grâce (Baie de) "

Sainte-Élisabeth, N. Fulnec

22,917

Moyenne des r débours p j l'entretien \ des écoles, à 1,250 fr. pour chaque école../

18,750

6,250

(c)

Idem.

SOCIÉTÉ DES MISSIONNAIRES RAPTISTES.

LA JAMAÏQUE. 18,750 7,500 8,750 15,000 . 7,500 . 4,375 21,000 20,550 L

Saint-James : Salter's-Hill

Westmoreland : II

anover : Gurney's-Mount Fletcher s-Grove

"33,750

6,250 5,000 5,000

(D)

25,000

11,250

6,250 6,250 5,000 8,750 5,000 2,500 10,000 12,500 8,750 10,000 11,250

1 SOCIÉTÉ DES DAMES POUR L'ÉDUCATION

DES NÈGRES.

GUYANE ANGLAISE. 13,750

MAURICE.

3,750

16,250

7,500

454,675

286,667

D) On dit qu'il A déjà été II souscrit 13,400 francs de la somme que la so- Il ciété doit ajouter à ce 11 vote du Parlement, et II qui doit être appliquée II aux bâtiments d'écoles II spécifiés dans la seconde II colonne, ou à une por- Il tion, comprenant les quatre premières sur la liste en commençant par Salter's-Hill.

3,750

Somme non spécifiée.

347,917

36 il.


562

e

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

PARTIE.

SOMME COLONIES

DÉPENSE RÉELLE

SOMME

NOTES

DEMANDÉE.

EXPLICATIVES.

ACCORDÉE

00

LES

ÉCOLES

SONT

ÉTABLIES.

00

ESTIMÉE.

par le Parlement.

454,675f

REPORT

ENTRETIEN DES

286,667f

347,917

ÉCOLES.

18 écoles à la Jamaïque 23 écoles à Antigoa 4 écoles à Monlserrat 4 écoles à Saint-Kitt 4 écoles à Nevis. 1 école à la Trinité 1 école à Saint-Vincent 2 écoles à la Guyane. 4 écoles aux îles Bermudes La Jamaïque : Fairfield, asile pour les femmes

j Pour aider à l'entretien des écoles.

26,475

(E)

8,750

Somme non spécifiée.

La société des dames pour l'éducation des nègres a dépensé pendant l'année 1837, sur les fonds de la société (outre la somme accordée par le Parlement) la somme de 17,675 francs pour l'entretien des écoles.

[E)

(F) 2,500

SOCIETE DES MISSIONNAIRES DE LONDRES, DIRECTEURS

LA

DE

FONDATION

Rien n'a été demandé pour l'année 1837.

MICO.

La Jamaïque Maurice La Barbade La Trinité Sainte-Lucie La Dominique Iles Bahamas Antigoa Tabago La Grenade Saint-Vincent

202,500 125,000 Dépenses esti- \ mées pour 50,000 l'année ter. 75,000 f minée en 25,000 févr. 1838 350,000 pour l'éta25,000 blissemt et 1 5,000 | le soutien 25,000 des écoles., 10,000

(G)

350,000

V) Qui devront être employés dans la proportion d'un tiers des dépenses. (G) La moitié seulement de cette somme a jusqu'à présent été payée aux directeurs do la fondation Mico.

" " ILES BAHAMAS.

Pour achever l'école normale à Nassau LE

DES

GOUVERNEUR

ILES

2,802

(H) 2,802

7,500

7,500

7,500

7,500

7,500

7,500

(11)

BAHAMAS.

ILES BAHAMAS. Pour bâtir l'école normale à Nassau Soutien de l'école normale; salaire de M. M'Swiney, pour une année terminée le 26 iuin 1838 SOCIÉTÉ

DES

DAMES

L'ÉDUCATION

D'ÉDIMBOURG DES

POUR

NÈGRES.

Secours demandé pour l'érection des écoles et le soutien des maîtres. — Quelques renseignements (1) SOCIÉTÉ

DES

MISSIONNAIRES

DE

C.

J.

(1) Secours différé jusqu'à ce que l'on fournisse un compte exact, selon les conditions requises.

Somme non spécifiée.

[K)

LATROBE,

Pour l' inspection de toutes les écoles des Indes occidentales protégées par le Parlement, en comptant 155 fr. payés à M. Arrowsmith pour des cartes

TOTAUX

RÉCAPITULATION

Somme non spécifiée.

ÉCOSSAIS.

Secours demandé pour les honoraires des maîtres et autres dépenses. — Quelques renseignements (K) DÉPENSES

Les directeurs ont entrepris la direction de cotte école à la demande du Gouvernement de Sa Majesté, et le reste de la dépense du bâtiment a été payé par eux.

(L)

951,452

18,905

679,974

Secours différé jusqu'à ce que Ton fournisse un compte exact, scion les conditions requises.

(L) La totalité a été payée jusqu'à la fin do Tannée 1839.

712,917

du tableau indiquant l'emploi de la somme de 750,000 francs accordée par le Parlement, dans l'année pour les progrès de l'éducation des nègres.

1837,

SOMME NOM DE LA SOCIÉTÉ.

Société pour la propagation do l'Évangile Société des missionnaires de l'Église Société des mi sionnaires wesleyens Société des missionnaires moraves Société des missionnaires baptistes Société des dames pour l'éducation des nègres Directeur de la fondation Mico Gouverneur des îles Bahamas pour l'école normale de Nassau Dépenses d'inspection de C. J. Latrobe Balance réservée pour les dépenses imprévues et les réclamations de la société des missionaircs écossais, et de la société des dames d'Édimbourg pour l'éducation de3 nègres, en recevant les renseignements que l'on attend d'elles

TOTAL

ACCORDÉE

par le vote de 1837. 150,000f 25,000 25,000 22,917 52,500 22,500 352,802 15,000 18,905 65,376

750,000


XI. ÉTAT DE

ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH.

LA

RELIGION,

ETC.

563

N° 124. TABLEAUX STATISTIQUES

§ II.

CONSTATANT LE PROGRÈS DE L'ÉDUCATION ET DES MARIAGES CHEZ LES NOIRS, EXTRAITS DE

1. RELEVÉ

PORTER'S TABLES.

du nombre d'individus qui ont suivi les écoles, dans les dix-neuf colonies à travail libre, de 1832 à 1839.

1832. 1833.

COLONIES.

506

Antigoa La Barbade

1834.

1835.

"

1,965

"

u

"

"

(1)

«

La Dominique

220

242

180

La Grenade

529

470

566

3,056

La Jamaïque Montserrat Saint-Christophe ...

510

"

22

33

44

331

730

292

Tabago

174

288

152 126 960

776

"

"

La Trinité

373

Iles Bahamas

1,117

Iles Bermudes

814

Demerara

311

Berbice

64

Le Cap

"

(A)

Porter donne les renseignements suivants sur les écoles d'Antigoa. Ecoles moraves en 1837: du dimanche, 955 élèves; de jour, 668; du soir, 50; d'enfants, 94. Écoles moraves en 1838 : Élèv. 994. Institrs. 12. Dépenses 7,850 fr. 1839 1,301. 16. 15,625 Écol. wesleycnncs 1837 2,953. Ecoles 4. Instituteurs 181. 1838 3,046. » 180. 1839 2,927. " 173.

1,202

1,251

1,048

1,834

75

744

814

"

80

372

3,064

3,116

"

Ecole de la fondation Mico : du dimanche, 500 élèves pour 1839.

"

delà semaine, 635 — (B) Il manque des renseignements pour 1832.

3,406

"

540

"

"

171

347

535

1,439

1,942

56

212

218

"

"

"

4,320

3,428

1,253

1,371

1,122

1,664

758

605

1,037

(D)

1,508

"

(E)

6,433

"

806 "

524

"

1,738 (4)

"

"

891

1,464

"

"

"

"

2,330

3,483

3,876

3,240

126

128

300

326

"

1,859 2,137 (5) 230

"

1,043 (c) 1,026

477

"

1,004

224

759

161

"

"

227

Honduras

745

950

1,346 1,511

Maurice

2,827

380

"

1,690 (3)

//

"

"

"

"

305

3,014

502 3,003

212

Tortola

OBSERVATIONS.

2,377

2,477

2,725 923

"

Saint-Vincent

Sainte-Lucie

(A)

2,061

257

60

1,236

"

"

"

635

"

"

525

1,880

1839.

1838.

9,440 1,638 (2) 19,894 38,754 31,865 (B)25,264

"

"

Nevis

1837.

1836.

pour 1839.

(c) Les écoles du dimanche recevaient 787 élèves en 1839. En 1835, le nombre des élèves de la paroisse St-Picrro n'a pas été relevé. (D)

Il manque des renseignements pour plusieurs paroisses.

(E)

Il y avait 86 écoles en 1839.

(1) Pour 1834, Montgomery-Martin donne 1,789 élèves. (2) Pour cette année, suivant Montgomery, 1,171 élèves. (3) Pour 1836, suivant Montgomery, 2,135 élèves. (4) Pour 1836, suiv. Montgomery, 6,428 élèves. (5) Suivant Montgomery, en 1836, 1,559 élèves.

2.

CHIFFRE

des individus qui ont reçu l'instruction dans les écoles de la Guyane anglaise, pendant le trimestre de juillet à septembre 1838, et pendant le trimestre d'octobre à décembre de la même année.

TRIMESTRE DE JUILLET DÉSIGNATION

DES

TOTAL.

Adultes.

3,460

4,081

7,541

2,912

3,115

6,027

212

2,735

2,947

121

2,969

3,090

1,919

421

2,340

1,650

596

2,246

5,591

7,237

12,828

4,683

6,680

11,363

TOTAUX

des congrégations des frères unis ou moraves, à Antigoa, de 1837 à 1839.

ADULTES

ENFANTS

CATÉCHUTOTAL.

non

TOTAL

AU-DESSOUS de

MÈNES.

GÉNÉRAI,.

COMMUNIANTS.

douze ans.

4,893

1,498

2,764

9,155

DÉCEMBRE.

Enfants.

de nuit

COMMUNIANTS

À

Adultes.

—— de jour

SITUATION

D'OCTOBRE

ÉCOLES.

Écoles du dimanche

3.

TRIMESTRE

A SEPTEMBRE.

2,817

11,972

4.

Enfants.

des communiants divers de la Guyane anglaise pendant le trimestre de juillet à septembre 1838.

CHIFFRE

Église épiscopale d'Écosse de Hollande • luthérienne romaine Société des missionnaires de l'Église établie des missionnaires wesleyens idem de Londres idem moraves

2,428 250 "

12 "

20 1,346 1,854 "

5,910

TOTAL

II.

TOTAL.

36.


564

RAPPORT SUR

5.

e

LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

MOUVEMENT

1831. en fi y

COLONIES.

A en en

A 55

1832.

en g

A

2

A

de la population et des mariages dans les colonies anglaises, de

en -fi C -W Q

S

Antigoa

en W C N en en A 55

en w

G < 2 A M

1833.

en -W C -W fi

"

La Grenade

578

53

229

G4G

79

M 186

G44

La Jamaïque

fi o

A

A

N

La Barbade La Dominique

en W C N A en en

1834. en W y 55

en -W C É D

A RI

A

en en

A

s

N

575 5,301

284

1,190

604

107

268

en W G A5 RI A S

202

1835.

en -fi y -w Q

348

en W C 55

en W G

A

<

en en

2

A

A

as

s

651

470

707

1836.

en -fi y -w fi

95

281

210

Nevis Saint-Christophe 16

307

Saint-Vincent Tabago

142 383

344

97

435

329

< 2

en 'fi y -w o

a

(S) 282 1,091

246

823

7,487

906

1,940

E y as •"S en en

en E

en

w

y

< 2

A N

<

885

316

en "fi y É fi

s

y

N <

en en A as

683 1,083

a?

i

« G

-a a -s

<

RI

s

A

5

468

759

(») 65

361

25

202

522

30

228

110

122

348

65

279

342

395

460

142

176

82

154

155

388

358

576

51

102

437

69

314 3,533 3,120

281

282

07

144

27

715

65

132

550

43

122

07

09

35

73

195

27 197

904 1,233

833

123

931

701

178

644

887

430

344

309

110

197

192

56

202

653

341

(B) 819

507

75

622

135

28

133

95

123

57

209

882

1,878

250

755

377

(D) 203

858

388

(") 192

908

211

(K) 244 1,704

272

69

185

299

55

109

290

271

235

1,873 2,725

270 3,802 2,074

5,350 1,007 2,488

930 46

100

238

39

583

174

4,483

"

83

170

382

426

124

51

63

191

118

(L) 528

180

1,401

W

53

762 2,170

460 296

75

1,247 4,913 2,910

430

W

40

019 1,070

173

287

148

173

7,934 3,881

48

504

1,178

28

34

002

687

"

268

30

141

"

3,215 1,407

284

959

122

622 0,537

M

57

8

147

A N

1,962

45

868

Iles Bermudes

Berbice

756

en en

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331

4,919

Honduras

?!

(c)

519

502

Cap de Bonne-Espérance.

Demerara ot Essequibo...

<

873 3,806

392

9

818

2

A

18

152

309

n

Iles Bahamas

en

en W y as

1839.

1838.

287

n

La Trinité

A

1837.

en È o É Q

55

Montserrat

Tortola

A N

3,752 1,582

423

en E o

as

1832 À 1839 1.

091

"

Sainte-Lucie

en w y

PARTIE.

161

245 154

"

273

136 '

) Les registres de paroisses étant les seuls documents à consulter, il y a nécessairement omission de naissances et de décès. (B) Les relevés qui ont servi à établir ces chiffres sont inexacts. (c) Il manque le mouvement do quatro districts. (D) Lo mouvement de la population do huit localités n'est pas connu. (E) Les baptêmes indiques sont inexacts, en ce qu'ils ne comprennent que ceux pratiqués d'après le rite dominant. (F) Six localités n'ont pas fourni de renseignements. (G) Ce relevé ne se rapporte qu'à l'Église protestante. (A

sés ne

(H) Beaucoup d'enfants nègres morts sons baptême, ou trop éloignés pour être bapti , pas compris dans ce relevé. •( 1 ) Le mouvement chez les moraves , les presbytériens et les wesleyens, n'est indiqué ni pour année, ni pour 1838 et 1839. (J) Les paroisses n'ont pas toutes fourni -, des renseignements pour les années 1837, 1838 »et 1839. (K) Le chiffre auquel on a porté les naissances do 1838 provient de 1,573 Africains arrive» p peu. (L) Ces 528 mariages ont été célébrés du mois d'octobre au mois de décembre 1838.

N° 125. III.

RÉCLAMATIONS DES

d'une dépêche de

MISSIONNAIRES WESLEYENS AU SUJET DES MARIAGES.

Beacham sur la nécessité de valider les mariages célébrés par les missionnaires antérieurement à l'émancipation2.

EXTRAIT

J.

24 février 1836. Monseigneur, Le comité de la société des missions wesleyennes sollicite respectueusement l'attention de Votre Honneur sur la requête suivante. Cette requête a rapport à l'interruption sérieuse, que les missionnaires de la société éprouvent au milieu de leurs travaux dans les colonies où l'esclavage a régné naguère et aussi au tort grave qui résulte, pour la religion et la morale publique,

sions qu elle y établit. Il s'est écoulé un demi-siècle depuis que le vénérable docteur Coke fonda à Wesley, dans l'île d'Antigoa, la première mission. L'œuvre, commencée alors, fut poufsuivie avec tant de succès, que la société aujourd'hui, possède des établissements florissants à Antigoa, à la Dominique, « Montserrat, à Nevis, à Saint-Christophe, à Tortola, à Anguille, à Saint-Vincent, à la Grenade, à la Trinité, à la Barbade, à Tabago, à Demerara, à la Jamaïque, à la Nouvelle-Providence, à Eleuthère, à l'île d'Harbour, à Abaco, à l'île Turk et aux îles Bermudes. Le nombre des membres ou communiants attachés à ces différentes stations se compose en partie de blancs et d'hommes de couleur. Il s'élève au moins à trente-deux mille. Il y a plus du double de personnes qui, sans être membres de la société, atten-

du changement que la question du mariage a subi dans ces mêmes colonies. Pour vous faire une idée exacte de la grandeur du mal dont nous nous plaignons, il faut que nous remontions à l'époque reculée ou la société commença ses travaux dans les Indes occi-

dent le ministère des missionnaires et reçoivent l'instruction tant religieuse que civile. Ces sociétés et congrégations sont sous la direction de soixante-seize missionnaires du pays. Un nombre considérable d'agents qui leur sont subordonnés obéissent à leur

dentales, et que nous passions en revue les progrès des mis-

impulsion.

1

En Angleterre on compte, chaque année, 1 mariage sur 128 personnes; en Prusse, 1 sur 200; en France, 1 sur 131; en Belgique, 1 sur 144. Pendant l' année 1839, on a compté à la Jamaïque, 1 mariage sur 100 personnes; à Antigoa, 1 sur 133; à Maurice, 1 sur 300; à Saint-Christophe, 1 sur 166; aux îles Bahamas, 1 sur 300. * C est sans doute a la suite de ces réclamations que l'ordre en conseil du 7 septembre 1838 a été rendu. Cet ordre en conseil valide les mariage' dont il est question dans la lettre du missionnaire Beacham, et accorde aux ministres dissidents la faculté de célébrer les mariages. *


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH.

Regardant la divine institution du mariage comme nécessaire a la sûreté de la morale publique, et comme la base de toute société bien conduite; persuadée, en outre, que le concubinage est diamétralement opposé à l'esprit et aux principes du christianisme, la société a établi en règle générale que les missionnaires sont dans l' obligation constante de ne pas admettre au nombre des membres de l'Église ou des communiants les personnes vivant en concubinage, et do rayer du nombre des membres ceux qui, parmi eux, se mettraient à vivre de celte manière illicite. Avant l'introduction de la loi de l'émancipation des nègres, les missionnaires avaient pouvoir de faire les mariages parmi les esclaves qui appartenaient à leurs Églises respectives, et parmi ceux qui, après s'être fait instruire clans la religion, se faisaient recevoir membres de l'Église. Afin d'avoir un relevé fidèle de tous les mariages qu'ils exécutaient, ces messieurs avaient des registres préparés à ce dessein. La feuille qui accompagne cette requête a été enlevée à l'un de ces registres, pour que Votre Honneur soit à même de juger du soin que l'on apporte pour assurer l'authenticité des mariages que font les missionnaires de la société. Aussi longtemps que les choses se sont passées ainsi, ces mariages, quoique non formellement reconnus par la loi, ont été cependant regardés comme bons sous le rapport moral et ont produit les effets les plus salutaires. Les nègres eux-mêmes sont susceptibles de comprendre le sacrement du mariage au point de vue de la religion. Déjà l'attachement conjugal était créé; les affections de familles étaient raffermies, les vertus domestiques commençaient à germer : les mariages des noirs, enfin, étaient un bien réel pour la société en général. L'abolition de l'esclavage a placé sous un nouveau jour la question des mariages des nègres et a amené un nouvel état de choses rempli d'inconvénients. Les mariages de nègres faits par

XI. ÉTAT

DE

LA

RELIGION

ETC.

565

sonnes libres, des doutes se sont produits sur la validité de leurs premiers mariages. Comme maintenant, en qualité d'hommes libres, les nègres peuvent contracter des mariages légaux, ceux qu ils ont contractés lorsqu' ils étaient esclaves les unissent-ils légalement aujourd lui? Mais à cette question, d'où dépend la légitimité ou l'illégitimité de leurs mariages, se trouve lié intimement le sort des enfants qui en sont nés. Le mal qui provient de cet état de choses est des plus graves. La masse des nègres (ces nègres, pour la plupart, sont membres de la mission ), est réduite à la pénible alternative, ou de subir le reproche immérité de vivre en concubinage, ou, en se remariant suivant les formes voulues par la loi, d'illégitimer leurs enfants et de leur enlever le droit d'hériter de leur avoir. On voit même assez souvent des cas où, au mépris des principes de la nature, des nègres prennent avantage de l'incertitude qui règne actuellement au sujet des mariages antérieurs, et quittent leurs femmes et leurs enfants pour contracter un nouveau mariage. Mais cet obstacle n'est pas le seul dont nous ayons à nous plaindre. La difficulté que l'on éprouve pour la célébration des mariages légaux est aussi un des inconvénients les plus gravesExcepté à Demerara et dans certaines parties de l'archipel de Bahama, où il n'y a pas de ministre de l'Église, les missionnaires des autres sociétés, n'ayant pas reçu d'une loi coloniale le pouvoir de marier des individus libres, ne peuvent plus désormais célébrer les mariages parmi les nègres. Au milieu de ces circonstances, vu le petit nombre des membres du clergé de l' Eglise d'Angleterre, tous les mariages ne peuvent pas être célébrés légalement dans plusieurs endroits; et, dans d'autres où le nombre de prêtres est suffisant, les dépenses et les embarras que la célébration du mariage occasionne sont pour les nègres

les missionnaires cle la société, lorsque les nègres étaient regardés par la loi comme biens mobiliers ainsi que les valeurs qu'ils

des obstacles qu'ils sont peu disposés à combattre. Qu'arrive-t-il de tout ceci ? Que souvent des nègres, qui recevaient des missionnaires l'instruction religieuse et auraient pu devenir d'utiles et d'honorables membres de la société, cèdent à la force des

possédaient, auraient suffi, tant que cet état aurait été la condition légale de la population nègre, pour cimenter le principe du

circonstances, et, formant des liaisons illicites, se mettent à vivre dans un état de concubinage

mariage. Aussitôt que les nègres ont été élevés à l'état de per-

Signé J. BEACHAM.

N° 126.

§ IV.

1.

DÉPÊCHES

EXTRAIT

DU

MINISTÈRE DES COLONIES

d'une lettre du secrétaire de lord Glenelg à l'honorable J. Stewart. 1836.

George Grey, secrétaire de lord Glenelg, fait savoir à l'honorable J. Stewart, pour qu'il en informe les lords commissaires, que Son Excellence a examiné les mesures qu'il serait de l'intérêt du Gouvernement d'adopter, à la suite d'une résolution agréée, par la Chambre des communes le 12 juin 1833 , qui décide que le Gouvernement de Sa Majesté se charge de toutes les dépenses

ET DES GOUVERNEURS SUR L'ÉDUCATION.

ont acquise. Les succès déjà obtenus par ces mêmes corps dans l'enseignement font espérer, pour l'avenir, des succès d'autant plus complets, que les moyens qu'ils auront entre les mains seront plus nombreux. D'après les statistiques, le meilleur moyen d'arriver à de bons résultats, c'est de concourir à l'érection de nouvelles écoles. Dans ce but, lord Glenelg est d'avis que l'on pourvoie à une partie des dépenses nécessaires au moyen de souscriptions volontaires, ou par toute autre voie. Comme à l'île Maurice, et dans quelques parties des Indes occidentales , il est probable que l'action des sociétés religieuses n'est pas

que pourront faire les autorités locales, en concourant à l'éducation religieuse et morale de la population nègre. Il lui annonce

assez puissante pour atteindre la fin désirée. Lord Glenelg veut que l'on accorde des sommes d'argent qui, jointes aux contributions locales, serviront à fonder des écoles nouvelles. La somme

qu'il a été ordonné, aux gouverneurs des colonies et aux diverses sociétés qui s'intéressent à cet objet, de faire des enquêtes

que lord Glenelg se propose de demander pour l'exécution de ce plan ne s'élève pas à plus de 5oo,ooo francs.

dans le but de donner du développement aux ressources qui y sont afférentes ; puis il l'avertit que les documents résultant

Pour que l'on ait pleine sécurité sur l'application de ces secours pécuniaires, lord Glenelg a le projet de créer des inspecteurs qui seront chargés d'adresser au Gouvernement des rapports sur l'état des différentes écoles auxquelles les fonds publics seront

de ces enquêtes ont été déposés entre les mains du vénérable J. Sterling, homme très-versé dans Renseignement, et d'une expérience consommée jointe à un zèle ardent. Après lui avoir donné avis d'un rapport favorable fait à ce sujet par M. Sterling, il lui soumet l'opinion de lord Glenelg pour arriver plus

venus en aide.

efficacement à la fin qu'on se propose. Celte opinion est qu'il faut se servir de l'influence que les différents corps religieux

pense que le moyen le plus économique et le plus efficace en même temps d'obvier à cet inconvénient, c'est de fonder des

II.

Un obstacle cependant se présente : c'est le manque de maîtres nécessaires pour la direction des écoles. Lord Glenelg

36..


566

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

e

PARTIE.

écoles normales. Il serait d'avis que, clans le cours de cette année , on en érigeât au moins trois : deux dans les Indes occidentales , et une à l'île Maurice. L'entretien de ces trois écoles,

tagées en lots ou parcelles de terres, et ensuite mises en vente publique. Il est à désirer qu'en général ces établissements soient formes sur les terres de la Couronne, en réservant toujours des

y compris les traitements des maîtres et maîtresses, ainsi que la nourriture des élèves, ne serait pas très-dispendieux. Lord Gle-

emplacements convenables pour ériger des églises, des écoles, et autres bâtiments publics; et aussi pour construire des quais le long du rivage de la mer. Dans quelques endroits il sera néces-

nelg propose, à cet effet, qu'en outre de la première somme de 5oo,ooo francs on en vote une autre de 125,000 francs, qui serait spécialement destinée à l'érection d'écoles normales. Signé George

GREY.

saire que des terres limitrophes soient réservées pour former des communaux, ou pour être distribuées en lots de culture, suivant la nature ou l'étendue des lieux. Dans les districts que vous visiterez, vous ferez des rapports séparés concernant les écoles, et concernant les terres appartenant au domaine de la Couronne. A l'égard de ces dernières, vous

2.

adressée aux magistrats spéciaux des îles Bahamas par sir FF. M. G. Colebrooke, gouverneur. CIRCULAIRE

Nassau, 18 septembre 1835.

J attache une très-grande importance à l'établissement des écoles d'enfants et des écoles de travail pour les filles, et plus tard pour les garçons1. Outre le traitement de 1,000 francs par an accordé à l'instituteur dans les îles du dehors , on donnerait 2 50 francs par an à une femme recommandable, propre à diriger une école de petits enfants, et l'école des filles, sur les mêmes bases que celles qui sont établies à Nassau. Un

profiterez de l'expérience et des lumières des magistrats locaux, des inspecteurs des terres, bois et forêts de la Couronne, et de toutes les autres personnes éclairées que vous rencontrerez; alors des mesures seront prises pour former des établissements, après la réception de vos rapports. Je n'ai plus qu'à vous prier de saisir toutes les occasions de faire savoir aux habitants des îles du dehors, et surtout aux apprentis, que je compte avec sécurité sur leur empressement à maintenir les lois et a remplir tous les devoirs qu'elles leur imposent. J'espère qu'ils sauront apprécier les avantages qui doivent résulter de l'ordre, de l'industrie, de l'honnêteté et de l'exactitude.

autre point vers lequel je désire attirer votre attention, c'est le choix d'emplacements qui soient convenables pour la formation d'établissements clos, où les terres seraient avantageusement par-

Signé

W. M. G. COLEBROOKE.

N° 127.

§ V.

RAPPORTS DES MAGISTRATS SPÉCIAUX SUR L'ÉDUCATION.

I. RAPPORT du juge spécial Arthur

Welch à Son Excellence le marquis de Sligo. 3o décembre 1835.

Les apprentis semblent désirer beaucoup l'éducation et l'instruction religieuse. Le révérend M. Hall, desservant de celte partie de la paroisse, est infatigable. Il y a aussi un ministre presbytérien qui vient de se fixer dans le voisinage. M"" Wright de Kensnoorth a établi une école sur sa plantation. Cette dame s'intéresse bien vivement aussi à l'école qu'on a fondée à Fairfield. L'apprenti, selon moi, n'est pas naturellement disposé aux mauvaises mœurs. On n'a jamais cherché à encourager chez lui le mariage ; cela est si vrai que, même aujourd'hui, si un chef d'atelier se marie, on le renvoie aussitôt. Les mariages sont devenus beaucoup plus fréquents, et les nègres se conforment également à toutes les autres pratiques de l'Église. L'établissement d'écoles sera très-profitable aux enfants, en ce que les parents ne les laisseront plus courir à travers la campagne. On ne songe plus maintenant à fermer ni les portes ni les fenêtres pendant la nuit, et je crois que les vols de produits sont beaucoup moins fréquents qu'autrefois. Les vols de café s'étaient augmentés d'une manière effrayante. On cite ehtre autres un receleur qui a embarqué dernièrement cent barils de ce produit sans avoir à lui un seul arpent de terre. L'établissement do la police a eu pour effet de supprimer complètement ce trafic. J'ai assisté à l'office du jour de Noël, à l'église de M. Hall. Il y avait au moins cent soixante communiants. Chacun, je crois, a donné une pièce d'argent à la quête. Comme la paroisse n'a pas de pauvres, le produit de cette quête se verse dans la caisse de réserve. On ne se livre plus à la danse le jour de Noël, on 1

observe maintenant les cérémonies religieuses consacrées à la commémoration de la fêle. Je n'ai pas vu un seul homme ni une seule femme en état d'ivresse depuis que je suis venu me fixer dans la paroisse. Les apprentis sont partout fort bien traités par les maîtres. On donne les rations ordinaires de poisson salé sur la plupart des plantations. A Noël, on a donné une ration fort copieuse de bœuf, de morue, de rhum et de sucre. Ces vivres ne sont point prescrits par la loi. Je ne puis parler aussi favorablement de la conduite des apprentis nègres qui sont en état de domesticité. Ils sont paresseux et dépravés, et sont au fait de toute espèce de finesses et de friponneries. Quand cependant ils deviendront maîtres de leurs actions, ils seront bien obligés de se corriger, car on est bien déterminé maintenant à n'engager que ceux qui seront porteurs de bons certificats de moralité. Comme il est arrivé quelques émigrés dans le district, je vais me permettre une observation à ce sujet. Ce sont surtout les paysans robustes de l'ouest de l'Irlande et du nord de l'Écosse qu'on pourra utiliser dans nos campagnes. Les artisans de tout genre trouveront aussi à s'occuper; mais je conseillerais à tous ces gens de se fixer avant de faire venir leurs familles, à moins de s'être assurés des moyens de leur procurer des vivres. Il faudrait que ce lussent des gens de bonne vie et mœurs, pour ne pas corrompre nos indigènes par de mauvais exemples. J'ai peu de confiance dans la valeur des émigrants européens comme agriculteurs. Ils pourront seulement garder les troupeaux ou faire des ouvrages d'intérieur. Il vaudrait mieux, selon moi, amener ici les esclaves saisis sur les négriers capturés que de les envoyer à Sierra-Leone ou à Cuba. Lorsque les étrangers verront que le trafic des esclaves devient profitable à nos colonies, cela contribuera plus que toute autre chose à le faire abolir.

On apprendrait aux filles les travaux de l'aiguille cl du rouet, ainsi que les diverses industries domestiques. Les garçons seraient occupés au jardinage et au travail des champs.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH.

Un mot sur le climat de la Jamaïque. Dans ces montagnes le thermomètre varie de 65 à 75 degrés F. à l'ombre. La nuit il baisse souvent. Toutes sortes de légumes d'Europe y viennent parfaitement et toute l'année. Je vous citerai un exemple du progrès de l'industrie des nègres. Un apprenti, dont la demeure est voisine delà mienne, a en ce moment un beau champ de petits pois anglais en étal de maturité. Il peut, s'il le veut, avoir des petits pois, des patates et des choux tous les jours à sa table, sans compter d'autres espèces de légumes propres au pays et qui sont innombrables. Les fruits sont ici très-abondants. On voit des milliers d'oranges gisant à terre; il n' y a pas même de porcs pour les

XI

3.

ÉTAT

EXTRAIT

DE LA RELIGION, ETC.

567

d'un rapport de M. H. Ally, juge spécial. 17 janvier 1837.

Je suis charmé de pouvoir vous annoncer que l'instruction religieuse des apprentis se fait avec beaucoup de zèle par le clergé de ce district, et que leur désir de faire le bien est égalé par le désir des apprentis de recevoir un bienfait aussi précieux. Je n'ai aucun doute que l'instruction de la génération naissante, surtout son instruction religieuse, ne produise des habitudes de travail et une entière obéissance envers les maîtres.

manger.

C'est avec le plus grand plaisir que j'ai remarqué le décorum

Quant à la récolle prochaine de café, les champs ne sont pas encore sarclés et il ne le seront même pas avant que tout le

avec lequel les apprentis suivent les exercices religieux. Les mariages sont nombreux, et la conduite des noirs dans ces occa-

produit de la dernière récolle ne soit expédié. Les caféiers auront besoin d'être taillés très-avant, à cause delà quantité de fruits qu'ils

sions est digne d'éloges.

viennent de produire. Il pousse cependant beaucoup de nouveau café, mais je ne saurais vous donner une idée de ce que sera la

d'acheter leur liberté; j'en ai eu trois pendant le mois dernier. Je ferai un rapport à ce sujet aussitôt que les apprentis auront payé

récolte avant d'avoir vu les caféiers en fleur. Beaucoup de per-

le prix de leur libération complète. Je n'ai point vu d'exemple

sonnes plantent du café, et il se forme aussi de nombreux établis-

d'un apprenti qui ait voulu retourner au travail des champs après

sements pour ce produit par des chefs d'atelier qui achètent du

avoir acheté sa liberté.

Les apprentis qui en ont le moyen montrent un grand désir

terrain.

Signé

H. A LLY.

Je terminerai en vous répétant que, selon moi, le nouveau système est en bonne voie, et qu'il pourra réussir tant que les magistrats spéciaux auront les moyens de faire respecter la loi et de maintenir la discipline. Mais il faudra aussi faire bien comprendre aux apprentis que le devoir de ces fonctionnaires est autant de leur faire remplir les obligations que prescrit la loi que de leur donner aide cl protection contre leurs agresseurs, en cas de besoin. Signé Arthur

2.

AUTRE

, juge spécial.

WELCH

extrait. 1837.

Les missionnaires se sont montrés très-dévoués à la colonie, et

leurs efforts sont dignes des plus grands éloges. Ils ont souffert beaucoup du climat, et les décès qui ont eu lieu dernièrement

4. EXTRAIT

d'un rapport de J. Daughtrey, juge spécial 10 janvier 1837.

L'éducation et l'instruction religieuse sont encore fort négligées. Il y a des églises qui ne peuvent suffire au nombre de ceux qui voudraient les fréquenter, et plusieurs localités déjà habitées, dans une étendue de huit à dix milles, n'ont ni église ni écoles. Les nègres attachent beaucoup d'importance à avoir une église et une école près d'eux, et un ministre qu'ils puissent appeler. C'est une preuve évidente de leurs progrès en civilisation ; au commencement ils préféraient aller en chercher an loin. On les a souvent vus dans ces derniers temps travailler gratuitement à l'érection de chapelles, et passer un temps considérable à réparer les routes qui y conduisent on à embellir les terres qui les entourent. C'est là, à mon avis, une des plus grandes preuves de

parmi eux sont vraiment effrayants. Les jeunes ecclésiastiques de l'Eglise établie, paraissent être pieux et zélés, et ils font ce qui

l'influence de l'instruction chrétienne, car la dernière chose qu'un

est en leur pouvoir pour déterminer quelques individus de la classe supérieure, qui, je regrette de le dire, vivent souvent dans

téressée.

un état de concubinage, à changer de conduite. Les administrateurs se refusent à engager des gérants mariés; le seul remède que l'on puisse appliquer à ce vice doit venir de la métropole, et voici comment ; les propriétaires qui sont en Angleterre devraient renvoyer tous les hommes immoraux, soit procureurs, soit directeurs. Il en résulterait le plus grand bien, et la civilisation ferait des progrès rapides. La valeur des propriétés serait augmentée et les laboureurs seraient heureux. Si j'étais propriétaire, et que je fusse absent, je m'arrangerais avec un négociant commissionnaire; je louerais les plantations à

esclave émancipé paraît capable de faire, c'est une action désinLe désir d'acheter leur liberté a été arrêté en grande partie par les évaluations élevées que l'on savait avoir lieu dans les autres districts ; pendant le dernier trimestre il n'y a eu ici que sept libérés. Quelques-uns de ceux qui ont été rachetés se sont établis sur des terres à eux qu'ils cultivent soigneusement. Sur un ou deux de ces nouveaux libres on ne peut donner d'aussi bons renseignements; mais le plus grand nombre, domestiques, laboureurs ou marchands, ont fait de nouveaux engagements, avec des contrats d'apprentissage, et poursuivent leurs anciennes occupations. Signé

J. DAUGHTREY.

quelque directeur marié et respectable, et je laisserais embarquer les produits par le négociant. En suivant ce système, le négocianty gagnerait à la longue, le propriétaire pourrait vivre, et les géreurs immoraux et tyranniques seraient chassés même de la société des hommes qu'ils tiennent sous le joug. J'appellerai l'attention de Votre Excellence sur l'époque prochaine de l'affranchissement entier des apprentis non ruraux; mon opinion est qu il y aura l'année prochaine, en août, beau-

5.

EXTRAIT

d'un rapport de

W.

Ramsay. juge spécial, au

marquis de Sligo. 1837.

coup de mécontentement à cet égard. Toutes les personnes sensées s y attendent. On doit blâmer les propriétaires et les géreurs

Mes observations personnelles sur l'état présent d'une école dans celte ville me mettent à même de rapporter à votre sei-

de s être opposés au classement des apprentis non ruraux, qui avait été proposé, il y a longtemps, par le marquis de Sligo.

gneurie que, sur près de 600 élèves qui étaient présents à un examen de l'école métropolitaine (établie d'après le système de la société de l'école britannique et étrangère en Angleterre), plus

II.

36...


568

e

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

de 400 étaient des enfants d'apprentis de cette paroisse; ce qui confirme l'opinion que le refus fait par les apprentis d'engager leurs enfants provient de leurs moyens de les soutenir, et je puis ajouter, de les élever. L'examen m'a prouvé que l'état actuel des progrès de ces enfants était beaucoup plus avancé que je ne

8.

AUTRE

PARTIE.

rapport du juge spécial Grant. 18 mars 1839.

L'église et les écoles sont encombrées. La population entière

m'attendais à le trouver.

montre le plus grand désir d'obtenir l'instruction religieuse et

Je ne puis terminer ce rapport sans exprimer ma ferme conviction que la grande cause des difficultés présentes de l'île vient du peu d'intérêt que le directeur possède dans la plantation qu'il

civile. Us ne pensent point qu'il soit jamais trop lard pour apprendre. Il est curieux de voir parfois un homme de quarante

dirige. Comme le directeur est tout à fait dépendant de la volonté des administrateurs, et qu'il peut être change' selon leur plaisir

ans ou au-dessus apprenant ses lettres ou épelant des mots de deux ou trois syllabes.

ou leur caprice, puisqu'ils sont les représentants des propriétaires

Le nombre des mariages et des baptêmes augmente journellement. Il s'est aussi opéré un grand changement clans le costume

absents, il n'a qu'un intérêt passager dans la prospérité de la plantation, ce qui est tout à fait incompatible avec le bonheur

venable.

de la masse. Généralement la conduite des nègres est plus con-

permanent du pays. En laissant les directeurs devenir fermiers des propriétés, avec la perspective d'autres avantages, on ne manquerait pas d'alléger le mal ou de parer entièrement à bien des difficultés : comme fermiers, leur intérêt consisterait à consulter celui de leurs apprentis, et serait par conséquent lié au bien du pays en général ; tandis que, clans l'état actuel des choses» ils ne consultent que l'intérêt de ceux qui les emploient momentanément. Signé W.

6.

EXTRAIT

, juge spécial.

RAMSAY

d'un rapport sur les progrès de l'éducation et de l'instruction religieuse. 1838.

Signé

9.

EXTRAIT

d'une lettre de

GRANT.

R.

Hill.

6 août 1839.

En passant rapidement à travers le pays , j'ai trouvé peu d'occasions d'apprendre quelques faits relatifs à la situation des classes ouvrières. En général, les planteurs se plaignent beaucoup de l' état de l' agriculture. A Montego-Bay, il y a une grande effervescence sur les sujets politiques et religieux parmi les maîtres, d'un côté, et clans les classes ouvrières de l'autre. Voilà ce qui a présenté des obstacles à l' établissement d'une grande école nationale. On a voulu, plus d' une fois, par un zèle mal placé pour l'église établie, en exclure tous les enfants, excepté ceux des

Dans les villes les enfants libres sont habituellement envoyés à l'école; mais, dans les plantations, les propriétaires ou leurs

membres de l' Église. Les soupçons des dissidents, qui se considèrent comme objets de persécution, furent bientôt suffisamment excités pour leur faire croire que nos instructions étaient

représentants, par esprit d'opposition contre toute amélioration apportée au sort dès cultivateurs, ont empêché l'établissement

'hostiles aux intérêts de leur communion. Les écoles qui existent n'avaient donné que peu d'idée des avantages d'une éducation

d'écoles dans les domaines dont la gestion leur était confiée. Il résulte de là, et je regrette d'avoir à le déclarer, que les villages nègres abondent trop souvent d'enfants approchant de la puberté qui vagabondent dans un état complet de nudité, et qui sont

utile et religieuse. Le nombre d'élèves paraît, en général, avoir été borné ou irrégulier, et on n'a pris que peu de peine pour chercher dans leurs demeures les enfants des pauvres cl des igno-

incapables de rien faire pour eux ou pour autrui. Toutes les sectes de l'île, à l'exception des presbytériens et des indépendants, ont, dans Spanish-Town, un édifice consacré à leur culte. Il existe aussi diverses écoles pour la jeunesse. Celle du révérend Jacques Philippo, ministre baptiste, est la mieux dirigée et la plus suivie.

rants. L'instruction sur les sujets religieux et sur l'arithmétique semble avoir été fort peu soignée, et bien des garçons qui prétendent avoir appris la grammaire latine n'ont fait aucun progrès clans des branches d'instruction qui pourraient les aider à gagner leur pain durant leur vie. En annonçant, le 6 juillet, que la nouvelle école nationale serait ouverte le 8 , mon premier but a été d'expliquer l'instruction que l' on y offrait et ce qui serait vraiment utile aux classes inférieures de la société. La preuve pratique qui a été donnée par le nègre Robbins, qui avait accompagné le maître de l'école

7.

RAPPORT

du juge spécial Grant. 28

novembre 1838.

Les bons effets du travail convenablement rétribué deviennent de jour en jour plus évidents. Pendant l'esclavage, l'ignorance et la paresse des enfants étaient des causes continuelles de plaintes. Les effets du système de la liberté sont sur ce point complètement visibles. Cette paroisse possède douze écoles, qui sont encombrées des enfants de ceux des cultivateurs qui peuvent les vêtir proprement et se passer de leur travail. Maintenant il n'est pas rare de voir une mère dont les ressources sont modiques s'occuper activement à cueillir du café du matin au soir, elle et ses quatre ou cinq enfants , puis les envoyer à l'école clans les

centrale à Kingston, a été très-utile à cet égard, et les examens qu'il a subis sur le catéchisme d'Oxford ont causé de fréquentes expressions d'étonnement. Montego-Bay contient, à ce que l'on suppose, à peu près 8,000 âmes, ou à peu près un cinquième de la population de Kingston. Dans trois semaines, nous avons pu rassembler une école de 33o enfants (et le nombre en est depuis augmenté jusqu'à 374). Aujourd'hui, 310 de ces enfants étaient à la fois présents à l'école. Ce nombre est plus grand, je crois, que tout autre que l'on ait vu clans les écoles de la Jamaïque, excepté l'école nationale centrale de Kingston. Los vacances en commémoration de l'abolition de l'esclavage ont relardé le progrès de celte école pendant lu semaine dernière; mais il est presque certain que nous recevrons encore 150 élèves dans le

intervalles consacrés au repos. Il n'est pas inutile d'ajouter que le besoin d'instruction religieuse augmente journellement. Il y a clans cette paroisse treize édifices consacrés au culte, et où les

courant de ce mois. Il y a quatre hommes et trois femmes qui se

exercices sont exactement suivis.

jeunes filles sont dirigées d'une manière convenable et dans des Signé

GRANT.

préparent à remplir des fonctions scolaires, clans celte paroisse et dans les paroisses voisines. Les écoles de garçons et celles de chambres séparées. Les progrès des enfants sont fort satisfaisants. Signé

R.

HILL.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE.— CH. XI.

10.

EXTRAIT

D

'un rapport du juge spécial Kelly. 6 août 1840.

J al assisté à quelques-unes des réunions des noirs. J'ai été témoin des démonstrations les plus ardentes de dévouement à la Couronne, d estime et d'affection pour le gouverneur, et de leur résolution à obéir aux lois. Je pense qu'il faut, en grande partie, attribuer celle conduite méritoire aux progrès de l'éducation et à l'influence morale qui agit journellement sur la population. J ai assisté aux examens de deux ou trois écoles placées sous la direction des missionnaires baptistes. J'ai été enchanté devoir un si grand nombre d'enfants aussi avancés en éducation et aussi bien instruits de leurs devoirs moraux et religieux. Plus de deux mille enfants reçoivent journellement ainsi l'instruction, et chaque semaine, dans cette paroisse, sous la direction des susdits missionnaires. Signé

11. EXTRAIT

KELLY.

d'un rapport du juge spécial de la Trinité sur

ÉTAT

DE LA RELIGION,

ETC.

569

Le manque de bras serait la réponse à cette question. Je me permettrai d'émettre l'opinion que si la concurrence existait, on obtiendrait un travail continu, outre l'amélioration morale et l' accroissement de l' intelligence dans toutes les classes de la société. Ayant appelé l' attention de votre seigneurie sur l'état moral des habitants de cette île, je crois convenable de l'informer que tous les efforts ont été tentés pour fournir l'instruction à la génération qui s élève , et toutes les facilités données pour obtenir une éducation solide. Comme preuve de cette assertion, je n'ai qu'à rappeler à Votre Excellence la liste de nos écoles. Il serait à désirer que le nombre de ces écoles ne fût pas trop augmenté, mais réparti plus judicieusement, de manière à ce que les classes pauvres ne trouvassent pas trop de facilité à y parvenir. Je pense que les avantages moraux ou physiques , trop abondants , sont moins appréciés que ceux dont l'accès est plus difficile. Seulement il ne faut pas que la difficulté devienne un obstacle insurmontable, mais un excitant au succès. Ces réflexions paraissent avoir été le plan que s'est (racé le supérieur de l'institution de charité dite Mico. Il a cru devoir exiger une rétribution pour chaque élève, pensant que l'éducation est d'autant moins appréciée qu'elle est gratuite. Le désir manifesté par les classes les plus pauvres pour l'obtention de l'instruction est jusqu'ici en rapport avec les moyens qui leur

l'éducation. 1838.

Ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de le faire observer à votre Seigneurie, celle île est douée d'une fertilité inconnue à beaucoup d'autres colonies. Presque tous les produits que la terre peut enfanter sous l'action d'un climat chaud et humide, naissent ici avec très-peu de travail : épices, graines, fruits, racines, toutes ces productions récompensent le cultivateur par une abondance croissante. Le golfe de Paria est le port de l'île; il fournit un vaste abri aux vaisseaux, qui peuvent y séjourner sans crainte de tempêtes. Le port est situé dans la position la plus avantageuse au commerce général. On se demande comment pourrait être arrêtée la prospérité progressive d'une île dont l'importance et la production ont fait des progrès si rapides depuis qu'elle est en

sont offerts. Je pense qu'il en résultera une amélioration morale également en rapport avec la culture intellectuelle; l'instruction sans la moralité deviendrait une force dangereuse. J'annoncerai avec peine à votre seigneurie que les récoltes diminueront d'un tiers celle année, et que beaucoup des domaines les moins considérables cesseront de produire le sucre et le cacao. Ja crois cependant, dans l'état d'incertitude inhérent à un nouveau système, qu'il est impossible d'obtenir des renseignements exacts. Il faudra deux ou trois ans pour que l'esprit de la population noire soit accoutumé à l'état de liberté et à la responsabilité qui s'attache aux hommes qui comptent sur eux-mêmes pour leur existence, libres de la contrainte du travail, mais soumis aux punitions morales infligées à la paresse.

notre possession.

N° 128

§ VI.

I.

DÉPÊCHE

EDUCATION

du gouverneur Henry Light

À

RELIGIEUSE DES

lord John

COULIS A DEMERARA.

maintenant il est habillé à l'européenne, et sa figure brille d'intelligence et d'espoir.

Russell.

Signé Henry

LIGHT.

20 janvier 1 840.

J'ai l'honneur de vous transmettre les rapports du magistrat salarié sur l'état des Coulis à Berbice; ainsi que le rapport général sur l'étal des Coulis dans la Guyane anglaise, par les ma-

2.

COPIE

d'une lettre du ministre B. Coltart À

gistrats salariés des districts.

M.

Wolseley.

10 décembre 1839.

Je crois bon d'appeler l'attention de votre seigneurie sur les lettres de MM. Coltart, ecclésiastique écossais, à Bellevue (Demerara), et de M. Farward, missionnaire de Londres, à Berbice: elles prouvent la disposition des Coulis pour le christianisme. Un jeune homme, qui a soigné les Coulis malades à l'hôpital colonial, a été baptisé. Il a fait des progrès considérables dans la lecture, sous le réverend M. Foy. Il a été envoyé à Essequibo pour être placé sous les soins et la surveillance du missionnaire de l'Eglise, le révérend M. Bernard, afin qu'il puisse devenir missionnaire parmi ses compatriotes établis ici. Ce Couli a saisi avec enthousiasme la perspective de celte mission. Je vis cet homme à ma première visite à l'hôpital colonial ; c'était un être abruti,

Je ressens le plus grand plaisir à vous annoncer que les Coulis de Bellevue ont récemment fait des progrès considérables, sous le rapport des facultés morales et intellectuelles, et qu'avec l'aide de Dieu j'ai tout lieu de croire que ces progrès deviendront de plus en plus remarquables. Un d'eux, comme vous le savez, a déjà été baptisé; et deux autres, depuis quelques jours, ont demandé le baptême. Depuis peu, je dirige moi-même une classe pour leur instruction. Elle s'assemble trois fois par semaine dans l'église. Signé

R. COLTART

, ministre de la paroisse de Saint-Marc.


e

570

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II

PARTIE.

N° 129. § VII.

PROGRÈS DE

A.

QUESTIONS

DE L'ÉDUCATION A LA JAMAÏQUE.— DISPOSITIONS MORALES ET RELIGIEUSES

LA POPULATION

adressées par

J.-W.

ÉMANCIPÉE

DE CETTE COLONIE,

Grant, magistrat sa-

larié, aux ministres de toutes les communions résidant dans la paroisse de Manchester.

A LA FIN

DE

1840.

terre, je crois qu'elle ne serait pas à l'avantage de ces derniers. Les parents payent avec régularité 2 francs tous les deux mois. Je ne suis pas à même de répondre avec connaissance de cause aux autres questions que vous m'avez adressées. Signé W.-S.

Mandeville, 4 septembre 1840.

BLANDFORD.

1. Quels sont les progrès de l'éducation parmi les enfants de votre district ? 2. Les noirs sont-ils instruits de leurs devoirs sociaux ? Comment remplissent-ils leurs obligations de pères de famille et de membres de la société ?

3.

LETTRE

du révérend docteur Stewart.

Manchester, 3 octobre 1840.

3. Quels progrès ont-ils fait dans l'instruction religieuse ? 4. L'augmentation des petits établissements, en ajoutant à l'aisance, a-t-elle accru ou diminué le zèle des noirs comme membres des sociétés religieuses et leur empressement à con-

Maigre le peu d'étendue de nos ressources, les progrès de l' éducation sont fort satisfaisants. Les enfants ont profilé à un point que l' on pourrait croire exagéré. Nous sommes placés ce-

tribuer aux besoins de leurs églises.

pendant dans des circonstances extrêmement difficiles. Il n'est pas aisé de trouver des instituteurs convenables, et, lorsqu'on les rencontre, ils ne peuvent compter d'une manière certaine que

Signé J,-W.

B.

RÉPONSES

GRANT.

des ministres des diverses communions aux questions précédentes.

sur la moitié de leur traitement, qui est à la charge de la fabrique. Souvent nous ne pouvons les retenir. Si la rétribution due aux maîtres était fixée dune manière plus certaine, les avantages que l' on retire des écoles deviendraient plus grands encore.

1.

LETTRE

de

M.

Samuels, missionnaire wesleyen. 28 septembre 1840.

1. Nous avons trois écoles suivies chacune par au moins 60 élèves, et une autre nouvellement ouverte dont on ne peut encore rien dire. Les progrès des enfants sont satisfaisants.

J habile ce district depuis le mois d'avril 1834. Les mariages ont beaucoup augmenté dans toutes les classes. Parmi les noirs c'est à- présent une coutume générale, et je n'ai pas encore entendu citer un cas d'infidélité conjugale. Leurs querelles de ménage sont soumises au clergé, d après ce principe qu'ils expriment eux-mêmes en disant ; « Nous venons a vous parce que vous nous avez mariés. » J'ai eu connaissance de quelques querelles ordi-

2. En général la conduite de la population est bonne. Elle s instruit peu à peu de ses devoirs sociaux et de famille, et agit d'après ces principes. Son zèle pour le travail est souvent exemplaire. Quelquefois néanmoins elle laisse à désirer; on peut en

naires, mais relativement peu nombreuses, si l'on considère le nombre des individus mariés, qui s'élève à plusieurs centaines de couples. Excepté dans deux ou trois circonstances, la paix et l' harmonie ont été rétablies a la suite de quelques douces remon-

attribuer la faute, soit à l'irrégularité du payement des salaires, soit à la manière dont les individus sont traités. Je ne puis rien dire de favorable au sujet des domestiques.

trances. La meilleure preuve à donner de leur exactitude à remplir leurs obligations sociales envers leurs enfants cl leurs parents,

3. Il y a progrès journaliers dans l'instruction religieuse. 4. La majorité des noirs qui ont acquis des terres se montre encore plus religieuse et plus empressée à contribuer aux dépenses des diverses églises. Signé P.

SAMUELS.

c'est qu on ne les a jamais vus recourir à la chanté publique, excepté dans une circonstance où le père de quatre petits enfants avait perdu la vue. Pendant la dernière disette de provisions les sympathies de la population furent vivement excitées en faveur des vieillards et des infirmes. J ai la conviction que le travail demandé dans ce district, et qui a été convenablement payé, a toujours été aussi promptement exécuté. S il avait été nécessaire, la somme du travail aurait pu être doublée dan» le même temps.

2.

LETTRE

de M. Blandford, de la mission morave. Fairlield, le 29 septembre 1840.

Il est évident, aux yeux de l'observateur, que la portion de la génération nouvelle, qui reçoit une instruction de chaque jour, n est plus ce qu'elle était précédemment. Nous avons à diriger 131 enfants auxquels nous enseignons ce qui est nécessaire pour en faire des membres respectables de la société. Sur ces 131 enfants 75 lisent dans les saintes Écritures; ils écrivent et calculent déjà. Le reste n'est pas encore aussi avancé. Il est encourageant de voir les progrès qu'ils ont faits depuis qu ils viennent a l' école. Si on faisait une comparaison entre eux et des enfants de leur âge et de leur condition, élevés en Angle-

Quant a l' instruction religieuse, le seul moyen de juger avec certitude de l' influence de la religion sur le cœur, les passions et les sentiments de la population émancipée, c'est d'examiner leur conduite. Cette opinion peut être justifiée par des faits. En arrivant ici j'y trouvai une église et une congrégation de 100 personnes ; il y a maintenant deux églises, à 7 milles de distance, où le service se fait tous les dimanches, et la congrégation a décuplé. A la première confirmation administrée par l'évêque, en février 1835, il me félicita de ce que je lui présentais le plus grand nombre d'enfants qu'il ait encore rencontrés dans la paroisse; ils n étaient pas moins de 40. A la confirmation de cette année, avant le départ de sa seigneurie pour l'Angleterre, je lui ai présenté 628 enfants, qui tous ont reçu le sacrement. Depuis l'époque de la liberté une grande partie des personnes les plus


ÉTUDE DE

L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CH. XI.

respectables de ma commune se sont établies sur des terres acquises par elles, ou bien elles ont changé de résidence. Elles se sont toutes présentées à d'autres ministres de l'Église établie. Je

ÉTAT DE

LA RELIGION

ETC.

571

temporaire, car, d un autre coté, plusieurs ont aidé largement a rétablissement de notre nouvelle chapelle de Newfield. Signé

J. LORN.

calcule qu'au moins 70 membres de l'Église ont quitté ce quartier; quelques-uns d'entre eux, éloignés de 14 milles, ne viennent pas moins assister au service. Quoi qu'il en soit, à la dernière communion d'août, 257 personnes étaient présentes. Leur exactitude à remplir leurs devoirs religieux n'est pas seulement irré-

6.

LETTRE

de

M.

prochable; elle est surprenante. Les petits établissements qu'ils ont formés ont eu pour effet, selon moi, d'améliorer leurs habitudes et leurs manières. Il en est peu cependant qui aient eu moyen d'acheter assez de terre pour devenir électeurs. Nous ne réclamons rien des noirs pour notre entretien personnel ou pour celui de l'église. Dans une circonstance particulière ils ont librement offert de contribuer à l'agrandissement du, bâtiment d'école. Dans une autre circonstance j'ai recueilli une somme considérable en prêchant pour l'école nationale du dio-

Gibson, de la société des missionnaires de Londres. Ridgemount-Mandeville, 10 octobre 1840.

1. Relativement aux progrès de l'éducation , je puis certifier que les enfants en ont fait de très - remarquables, tant sous le rapport de l'instruction que sous celui de la conduite. On leur apprend la lecture , l'écriture, l'arithmétique, la géographie et la grammaire. Une grande partie de leur temps est consacrée à recevoir l'enseignement religieux. Nous avons à l'école de jour 3oo enfants, sur lesquels 200 à

cèse. Signé

S.

H.

STEWART.

230 sont régulièrement présents. L'école du dimanche en compte autant. Plusieurs des enfants ont eux-mêmes appris à leurs parents et à d'autres personnes à lire la Bible. Les parents payent 2 5 centimes par semaine pour chaque en-

4.

LETTRE

du révérend George Robbins, missionnaire morave. Bethaine, 15 octobre 184o.

fant. La peine qu'ils ont à gagner cet argent leur fait mieux apprécier la valeur de l'enseignement. Cette augmentation de charge les rend plus actifs et tend à leur faire contracter une indépendance de caractère que nous désirons beaucoup voir se dé-

1. Nous avons trois écoles de jour dépendantes de notre établissement; les enfants qui les suivent font des progrès dans l'écriture et la lecture. Pendant ces derniers mois, elles n'ont pas été aussi fréquentées que nous l'aurions désiré, à cause, je crois, de la rareté des provisions, par suite de la sécheresse, et aussi à cause de l'éloignement de plusieurs familles qui ont changé de résidence. Le dimanche, plus de deux cents enfants assistent aux leçons ; il vient également quelques adultes qui montrent le plus grand désir d'apprendre à lire les saintes Ecritures. 2. A peu d'exceptions près, la population qui nous entoure est très-laborieuse, et ne manque ni aux devoirs de famille, ni à ceux qu'impose la société. 3. L'instruction religieuse fait des progrès. 4. Plusieurs noirs de notre Eglise se sont établis sur des terres achetées par eux , d'autres sont sur le point de les imiter. En gé-

velopper au milieu de la population. 2. Nous nous appliquons à inculquer dans l'esprit des noirs le sens véritable de leurs devoirs de chefs de famille et de membres de la communauté. Beaucoup d'entre eux les remplissent trèsconvenablement. En somme, la population est très-industrieuse, sauf naturellement quelques exceptions. 3. Il y a une amélioration sensible dans l'instruction et dans la conduite religieuse des noirs. 4. Ils ne font aucune difficulté de contribuer aux frais qui sont à notre charge. L'année dernière surtout ils ont manifesté à ce sujet plus d'empressement que jamais. Plus lard ils supporteront à eux seuls les dépenses des ministres et des instituteurs. Nous n'avons que très-peu d'établissemens nouveaux. Les noirs qui les forment en deviendront, à mon avis, plus heureux et plus éclairés.

néral, lorsque le concours des laboureurs est réclamé pour aider à l'entretien de l'Église, ils s'empressent de répondre à l'appel qui leur est fait. Signé

Signé

J. GIBSON.

G. ROBBINS.

7.

LETTRE

de M. John Aird, catéchiste presbytérien. 12 octobre 1840.

5.

LETTRE

de

M. J.

Lorn, missionnaire morave. Fairfield, 26 octobre 184o.

Les enfants qui suivent nos écoles font des progrès satisfaisants. Leur nombre n'est pas plus grand, quelquefois même E

il est au-dessous de celui de l'année dernière ; cela provient, en partie, du peu de disposition des parents à payer la rétribution

Les progrès de l'éducation vulgaire et religieuse ont été fort importants pendant les deux dernières années. Beaucoup d'enfants écrivent et calculent avec facilité. J'ai été forcé, il est vrai, de tenir à la stricte exécution des règlements, pour obtenir de l'exactitude, et j'ai assez bien réussi. Les enfants se plaisent à

de 25 centimes par semaine, ou 1 franc par mois.

l'école ; ce sont les parents qui, ne connaissant point par euxmêmes la valeur de l'éducation, s'abstiennent, sous le plus léger prétexte, de les envoyer à l'école. Un autre obstacle encore, qui

2. La population laborieuse s'accoutume à remplir les devoirs sociaux, et à suivre la morale que nous lui enseignons.

a duré plusieurs mois, a été la rareté des provisions, qui a beaucoup découragé les enfants. La rétribution de l'école se paye régu-

3. Quant à son instruction religieuse, il ne m'est pas possible de répondre en peu de mots à cette question. 4. Nous avons eu à nous plaindre dernièrement d'un relâchement dans l'exactitude des noirs à suivre les exercices religieux. Les achats de terre qu'ils font et les dépenses de construction do leurs habitations ont eu pour résultat la diminution de leurs contributions. Je pense bien que cet état de choses n'est que

lièrement et de bonne grâce, ainsi que les dépenses de livres, etc. Le concubinage devient de plus en plus rare. Quant aux devoirs réciproques de pères, de mères et d'enfants, je ne puis parler de leur accomplissement comme je le désirerais, et cependant je ne voudrais pas rejeter tout le blâme sur les noirs eux-mêmes. Il faudrait un miracle pour changer tout d'un coup la face de la société ; mais je crois que ce changement s'opère graduellement. L'état d'où sont récemment sortis les noirs a influé sur le déve-


572

RAPPORT

SUR

LES

QUESTIONS

COLONIALES. — PIÈCES

loppement de leur industrie; il en est beaucoup qui travaillent encore comme autrefois , c'est-à-dire le moins possible. L'instruction religieuse se répand. Je n'ai remarqué que bien peu d'exemples de négligence, et un seul cas d'idolâtrie, l'année dernière. Jusqu'à présent peu de cultivateurs se sont établis à leur compte , bien qu'un certain nombre d'entre eux soient sur le point

de le faire. Ils se montrent plus disposés que jamais à contribuer à nos dépenses ; ils ont fourni cette année une somme double de celle de l'année dernière.

Je dois, avant de terminer, appeler votre attention sur le manque de soins médicaux dont souffre ce district. Les noirs n'ont généralement fait aucun arrangement avec les médecins, qui, de leur côté, ne les soignent pas. Les conditions sont cependant douces, mais il existe une grande répugnance à y souscrire. J'ai connu au moins trois circonstances où la mort a été le résultat de la négligence des parents. S'il survenait une épidémie , ses ravages seraient effrayants. Il est pénible aujourd'hui de voir des êtres souffrir sans que personne s'occupe de les soulager. A moins qu'une mesure ne soit prise dans l'intérêt public , je ne vois pas comment on pourra remédier à ce mal.

Signé John

8.

LETTRE

AIRD.

de M. Dawson, de l'institution Mico. Hill-Side, 16 octobre 1840.

1.

Ma position m'a mis à même déjuger mieux que personne

des progrès des jeunes enfants, que pendant longtemps j'ai observés avec plaisir. D'abord , comme on pouvait s'y attendre, les avantages pratiques de leur instruction ont été insensibles ; mais, à présent, ils fournissent la preuve de leur aptitude à comprendre les choses de l'esprit et de l'influence qu'elles ont sur leurs cœurs. 2. On prétend qu'il existe encore des exemples de conduite irrégulière. Cela est vrai; mais en même temps je puis dire que ces exemples diminuent rapidement. L'ancienne manière de vivre

e

JUSTIFICATIVES. — II

PARTIE.

es, des noirs était une source fâcheuse de plaintes et de querell mais entre leurs paie»13 non-seulement entre certains individus, actes et leurs amis. Les disputes se renouvelaient sans cesse, des qu'aucune lumière coupables se commettaient sans crainte, alors morale n'éclairait leur conscience, soit pour servir d'appui faible, soit pour retenir le méchant. Les choses ont tout à pra changé d'aspect. Depuis que le mariage est généralement concern tiqué, le mari et la femme prennent à ce qui les sont intérêt plus vif. Les relations domestiques et sociales attentai venues paisibles et agréables. On en a la preuve dans l' éducation croissante que les parents apportent au bien-être et a l' de leurs enfants. En passant auprès de leur demeure, j en les et t souvent les réprimandes salutaires qu'ils leur adressent, ce sont efforts qu'ils font pour instruire leurs familles ; souvent , La voix les enfants eux-mêmes qui instruisent leurs père et mère. etent de la prière s'élève à présent des mêmes lieux qui ne r débauche saient autrefois que de blasphèmes et des excès de la 3. Les progrès de l'instruction religieuse sont incontestables se La majorité de la population fait des efforts louables pour en quérir. Elle le prouve en se rendant aux classes du soir, assisréunissant sur les propriétés pour faire des prières, et e tant à l'église au service du dimanche.

du e L'état d'inaction auquel l'oppression tant de l'esprit qu re corps avait réduit les facultés intellectuelles des noirs est sensible; chez quelques-uns même il n'y a aucun espoir de l'attention et de médier. Cependant, en général, ils montrent de l'intelligence ; non-seulement la connaissance des vérités divines con urs pénètre dans leur esprit, mais le changement de leur témoigne de l'influence de ces connaissances sur leurs cœurs On doit moins s'étonner de les voir aussi peu avancés en civilisation et en connaissances morales, que de leurs progrès rapide ont souaprès un état de dégradation aussi prolongé. Ces progrès .vent dépassé toutes les espérances. La population ne témoigne aucun éloignement à contribuer, suivant ses moyens, aux frais des églises.

Signé

DAWSON.


CHAPITRE XII. DONNÉES

GÉNÉRALES

POUR A

ÉTABLIR

SUCRE

SOUS

LE

LE

PRIX

DE

RÉGIME

REVIENT

DE

D'ESCLAVAGE

L'EXPLOITATION

OU

DE

DES

PLANTATIONS

LIBERTÉ.

SOMMAIRE.

NUMÉROS

ORIGINE DES DOCUMENTS.

TITRES.

d' ordre.

SECTION

DATES.

PAGES.

I.

COLONIES ANGLAISES.

130.

§ I. JAMAÏQUE.

ÉPOQUE ANTÉRIEURE A L'APPRENTISSAGE ET A L'ÉMANCIPATION.

A- Rapport de M. Wedderburn sur la situation commerciale des colonies des Indes occidentales.

Report from the comittee on the commercial state of the West-India colonies.

Juillet 1807.

575

B. Lettre de M. E. B. Lyon, transmissive de documents sur les dépenses des plantations par le travail libre. — Comparaison des dépenses d'une plantation sous le régime de l'esclavage et sous celui de la liberté.

Papers on the condition of the labouring population in the West-Indies, part. I (5).

9 juillet 1838.

579

C. État comparé des dépenses de diverses propriétés, pendant l'esclavage, l'apprentissage et depuis la liberté complète.

Papers relative to the West-Indies, part. II,

1840.

582

D. Économie résultant de l'emploi de la charrue aux Indes occidentales.

Anti-slavery reporter, n° 51

1er décembre 1841.

584

1832.

584

2° ÉPOQUE

131.

DE

L'APPRENTISSAGE ET DE

L'ÉMANCIPATION.

1839, page 137.

1841, page 26.

§ II. LA BARBADE ET TORTOLA.

A. Produit et dépenses d'une plantation à sucre à Tortola.

Porter on sugar cane, appendice, p. 322.

B. Produit et dépenses d'une plantation à sucre à la Barbade.

585

G. Rapprochement de l'état des deux plantations A et B.

586

N

° 132.

§

III. LA GRENADE.

Aperçu des dépenses et du produit d'une plantation à sucre.

587

N

° 133.

§ IV. ANTIGOA.

Aperçu des dépenses et du produit d'une plantation à sucre, N° 134.

Pièces justificatives,

IRE

partie, page 72..

587

§ V. GUYANE ANGLAISE.

587 135.

§ VI. NOTES DIVERSES SUR LA CULTURE ET LA FABRICATION A SURINAM.

Témoignages, 1° de M. May, directeur de la plantation Alkemaar; et 2° de M. Barnett, directeur de la plantation Dombourg, à Surinam.

588


574

SOMMAIRE DU CHAPITRE XII (Suite).

NUMÉROS

TITRES.

d'ordre.

N° 136.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

§ VII. DÉPENSES GÉNÉRALES D'UNE HABITATION À SUCRE

A

LA LOUISIANE.

588

Détails sur les dépenses et les produits N° 137.

PAGES.

§ VIII. CAPITAL IMPRODUCTIVEMENT ABSORBÉ PAR

L'ACHAT OU L'ÉDUCATION DES ESCLAVES.

589

1er et 2e exemple

SECTION

II.

COLONIES FRANÇAISES.

N° 138.

§

I

er

.

PRIX

DE

REVIENT

SUCRE

1.

AUX

DE

LA

PRODUCTION

DU

ANTILLES.

Estimation approximative d'une sucrerie d'un produit annuel de 100,000 kil. de sucre.

2. Évaluation approximative des dépenses

N° 139.

§ II.

Renseignements fournis aux Chambres par le conseil des délégués des colonies.

1839.

Idem

591

M. Lavollée

592

GUADELOUPE.

A. Prix de revient de la production du sucre et faits divers concernant les propriétés et la culture. B. Extrait des notes de l'administration coloniale

N° 140,

§

III.

593

MARTINIQUE.

Dépenses et produit d'une sucrerie à la Martinique....

SECTION

N° 141.

590

M. Lavollée

594

III.

PRIX DE REVIENT DE LA CULTURE SOUS LE RÉGIME DU TRAVAIL LIBRE, A LA JAMAÏQUE. DES

VALEUR

PROPRIÉTÉS.

Rapports des magistrats spéciaux de la Jamaïque sur la valeur des propriétés et sur le prix du travail Rapport de MM

Grant .

Bell et Jakson...

Grant...

594

Exlracts J'rom the parliamentary papers, etc.

Idem

20 novembre 1838.

Ibid.

Idem

19 février 1839.

Ibid-

Idem

24 février 1839.

Ibid.

Idem

27 mars 1839.

Ibid.

Idem

30 mars 1839.

Idem

1er avril 1839.

Idem

6 avril 1839.

Idem

24 mai 1839.

Idem

10 juin 1840.

Idem.,

31 juillet 1840.

Fisbourne.. .

Idem

7 août 1840.

Bell et Jakson...

Idem

8 août 1840.

595 IbidIbid. IbidIbidIbid. Ibid.

596


CHAPITRE XII. DONNÉES GÉNÉRALES POUR ÉTABLIR

LE

PRIX

DE

REVIENT

DE

L'EXPLOITATION

D'ESCLAVAGE

OU

DE

DES

PLANTATIONS

À

SUCRE

SOUS

LE

RÉGIME

LIBERTE.

SECTION I. COLONIES ANGLAISES.

N° 130. § I . JAMAÏQUE. er

1° ÉPOQUE ANTÉRIEURE A L'APPRENTISSAGE ET A L'ÉMANCIPATION

A.

du rapport de MM. Wedderburn et compagnie, membres du comité chargé d'examiner la situation com-

from the committee on the commercial state of the West-India colonies. July 1807.) La dépense occasionnée parla fabrication du sucre, sans y comprendre les frais de distillation du rhum, s'est élevée à 26 fr. 02 c.

DÉPENSES

PROVISIONS

à la JAMAÏQUE.

Récolte de 1801 Dépenses

69,825f

6

32 80

7

25 95

8

31 65

9

21 55 208 20

TOTAL

SUCRE

104,175'

BOUCAUTS.

193

TIERÇONS.

POINÇONS

TOTAL

do

du

RHUM.

PRODUIT.

40

75

162,000f

Revenu net Récolte de 1802 Dépenses

54,750

19,025

73,775

215

36

89

144,375

60,225

34,975

97,225

207

31

93

170,525

Revenu net Récolte de 1803 Dépenses Revenu net Récolte do 1804 Dépenses

57,900

29,950

87,850

208

30

115

173,275

69,450

51,200

120,650

281

50

123

181,975

80,125

42,700

122,825

180

40

85

96,650

Revenu net Récolte de 1805 Dépenses Revenu net Récolte de 1800 Dépenses

OBSERVATION.

* Détail des approvisionnement» pour la récolte de 1801. Casaques Chaux Farine Chapeaux Habillements des noirs Porter Cercles Drogues.. Objets en fer

3,850f 75 1,850 300 975 225 1,125 425 1,325

Chandelles Poudre a tirer... Huile et peinture Fromage Poterie Meubles Papeterie Linge Graines potagères

275 200 1,250 100 25 50 25 75 50

Fil Frais Charbon de terre .... Provisions achetées en Irlande Briques Harengs Cercles

100 3,850 5,750 2,175 1,575 7,850 250 34,350

TOTAL

Ce» frais sont à peu près les mêmes pour les autres années.

Perte DÉPENSES MOYENNES PRODUITS MOYENS,

"

PRODUITS.

DÉPENSES.

34,350'

35 40

située dans le Westmoreland (Jamaïque)

(les ACHETÉES*.

15

5

Soit une moyenne de 26f 02° par quintal de 112 livres.

DÉPENSES. RÉCOLTES.

4

Ensemble

par quintal de 112 livres, sur les propriétés ci-après : (voir page 576 et suivantes.) PROPRIÉTÉ

28 15

3

merciale des colonies des Indes occidentales. (Report

1.

17f70c par quintal.

N° 2

EXTRAIT

d'une année

idem

101,100F 154,800

NÈGRES

existant en 1801

Idem en 1806 REVENU MOYEN,

idem

345 301

53,700

Le tableau concernant cette propriété est inséré dans le rapport de MM. Wedderburn et marqué de la lettre A. Il n'est pas compris dans les huit propriétés ci-dessus mentionnées.


576

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

Les dépenses, en déduisant le produit du rhum, laissent poulies quatre dernières années, sur là récolle du sucre de cette plantation, une moyenne de 17 fr. 70 c. par quintal. Les bâtiments n'ont pas nécessité de réparations coûteuses; il n'y a pas eu d'achat de nègres, et il n'est rien porté en compte pour perte sur leur nombre, bien qu'en 1801 il y eût 345 esclaves sur la plantation, et qu'en 1806 ce nombre fût réduit à 301, à cause de l'excédant des décès sur les naissances. On n'a porté non plus dans ce relevé aucune somme pour intérêts. Le sucre se vend plus cber qu'il n'est estimé pour les propriétés du Westmoreland. En

3.

-CI E

RÉCOLTES

évaluant la propriété dont nous venons de nous occuper, à un prix modéré, on ne peut pas l'estimer, en 1801, à moins de 1,250,000 francs. A cette époque elle possédait 345 noirs; elle avait coûté bien davantage au propriétaire. 2.

PROPRIÉTÉ

S E

CD RIÉ

De Do De De

dans le district de Hanovre (Jamaïque).

PROPRIÉTÉ

1803... 1804... 1805.. . 1806.. .

O

P

CD

ER

R S G —

ISI « RLA

S*u S

O

R A

N

P A

37,675f 33,025 38,300 41,275

301 292 297 302

E

CD

300

des

74,600f 70,175 73,150 74,875

SUCRE.

PROVISIONS

DÉPENSES

achetées

faites

en

à la

ANGLETERRE

JAMAÏQUE.

SUCRE.

Boucauts.

Tierçons.

Poinçons.

112,275 103,200 111,450 116,150

177 169 200 159

31 46 38 39

61 68 74 70

33,275f 22,400 31,250 24,725

443,075

705

154

273

111,650

443,075f 11 1 ,650 705 tonneaux 154 tierçons

sucre

nègres

PRODUIT

331,425

705 tonneaux. 102

Plus 154 tierçons, équivalant à

RHUM.

du RHUM.

DÉPENSES.

TOTAL

RÉCOLTES

PRODUIT

RHUM.

Dépenses de 4 ans ." A déduire le produit du rhum Dépenses nettes pour la fabrication de

du Westmoreland (Jamaïque), avec environ, et 226 têtes de bestiaux.

RECOLTES EN

TOTAL

E.

S

N Î E * OH -É g D

807

Ces 807 tonneaux ont coûte 331,425 francs, soit 410 fr, 00 c. par tonneau pesant 14 quint. 2.10, ou 28 fr. 10 c. par quintal.

du

BOUCAUTS.

TIERÇONS.

POINÇONS. RHUM.

Détail des approvisionnements faits dans la colonie. De De De De

1803 1804 1805 1806

,,

34,975f 29,950 51,200 42,700

Moyenne d'une année

62,250f 57,900 69,450 80,125

207 208 281 180

31 30 50 40

93 115 123 85

40,450f 49,975 53,050 38,475

158,825

269,725

876

151

416

181,950

39,700

67,425

219

38

104

45,475

DEPENSE

MOYENNE

D'UNE

Provisions Dépenses A déduire les produits du rhum

107,125f 45,475

Dépenses du sucre

219 boucauts, 38 tierçons. 25 boucauls.

Ensemble

6,925

Charbons

5,800

SEL

150

Briques à four

575

Salaires et commissions J 5,225f 16,425 Bestiaux, mulets, etc Travail des nègres 12,000 Soins de médecin 2,050 Serrurerie et divers frais 1,800 Impôts 6,250 Dépenses au port 3,325 Bois pour réparations des bâtiments et pour les tonneaux 17,000 Bœuf frais 3,725 Harengs 2,325 "80,125

Nature des objets reçus d'Angleterre pendant la même année, pour une valeur de 42,700francs, soit:

TOTAL

150f 3,250 325 975 3,700 875 200 300 2,025 6,325 625 5,925 3,250 5,525 250 2,125 6,875 42,700

Il n est rien porté au compte pour intérêt du capital et achat de nègres.

41,275

Dépenses à la Jamaïque. Travailleurs loués

14,025f Soins de médecins, commissions de marchands, bœuf frais, frais d'embarquement, etc 14,725 Bestiaux achetés 11,200

Les dépenses à la Jamaïque, portées ci-dessus pour 1806 à 80,125 francs, se divisent comme suit :

.'

3,250

TOTAL

Ou, par chaque tonneau , 252 fr. 70 c. au moment de l'embarquement à la Jamaïque. Le poids du tonneau est de 14 quint. 2.10. Au taux de 252 fr. 70 c. le tonneau , le quintal coûte 17 fr. 70 c.

Chaux Casaques.. Savon, chandelles, suif. Drogues et vins pour les nègres Chapeaux, vêtements de nègres Meubles, poterie, huile et peinture Fromage et porter Cordage, papeterie, fd Cerceaux et fûts Objets en fer, plomb Graines Fret et autres dépenses Briques à four, frais compris Charbons de terre, idem Sel, idem Provisions d'Irlande Harengs.

5,350

Provisions d'Irlande, droits compris Harengs

244 boucauls,

TOTAL

1,550 7,525

...

61,650

Savoir Les 38 tierçons représentent

6,725' 3,425

terie, etc Objets de fer, plomb, cerceaux, etc fret, droits de douane, dépenses d'embarquement..

ANNEE :

39,700 07,425

Habillements de nègres, chapeaux, jaquettes, etc. . Graines, vins, huile, suif, fromage, porter, drogues, etc. Chaux, briques, verres, cordes, bouclions, papete-

Impôts

' 8,100 Bois pour bâtiments, tonneaux, poisson salé, etc, . . 13,700 Salaires des blancs et frais d'avoués J 3,125 TOTAI

4.

PROPRIÉTÉ

74,875

dans le Westmoreland (Jamaïque); 276 nègres.

APPROVISIONDÉPENSES

RÉCOLTES

SUCRE.

RHUM,

BOUCAUTS

poinçons.

NEMENTS DANS

L'ÎLE.

D'ANGLETERRE.

Do 1804 De 1805 De 1806

36,800' 38,550 32,250

Moyenne d'une année.

45,500' 43,625 52,975

227 220 221

124 113 78

107,600

142,100

668

315

35,850

47,350

223

105

Moyenne des approvisionnements d'Angleterre pour un un des dépenses de l'île pour un an

35,850f 47,350

TOTAL des dépenses moyennes 83,200 A déduire le produit do 105 poinçons de rhum qui ont été vendus, en raison de la concentration , nu prix do 300 francs 39,375

DÉPENSES NETTES

43,825

Sur le poids réel de 2,951 quintaux, cette dépense donne une moyenne do 15 francs par quintal.

La dépense qui précède ne constitue pas réellement tout ce que coule le sucre, attendu que la plantation a pour annexe une ferme destinée à l'élève des bestiaux, et que par conséquent il n'y


ÉTUDE

DE

L'EXPÉRIENCE

ANGLAISE. — CHAP.

XII.

PLANTATIONS

a pas de frais à débourser pour en fournir sur la plantation. Aux prix auxquels les bestiaux se sont vendus pendant ces trois dernières années, ces frais s'élèveraient au moins à 12,500 francs

A

SUCRE.

577

Dépenses à la Jamaïque.

par an, terme moyen, et représenteraient 4 fr. 15 c. par quintal, ce qui porterait la somme totale des frais à 19 fr. 15 c. par quin-

8,925f

Salaires d'ouvriers Achat de bestiaux

tal. Celte plantation est à une petite distance du lieu d'embarquement; d'un autre côté elle a suffisamment de combustible, et par

8,700

Impôts

4,275 Bœuf frais, soins de médecin, dépenses de quai et de timbre 11,300 Bois, farine, poisson salé. 6,175

suite très-peu de frais de charbon de terre. Le détail des dépenses de l'île pour la récolte de 1806 se compose de

Honoraires des administrateurs, salaires des économes

Salaires et commissions J l,675f Travail payé 9,825 Impôts 6,950 Bois d'Amérique pour bâtiments, tonneaux, poisson salé,etc 14,150 Comptes de marchands, boeuf frais, poisson, dépenses de quai et de médecin 10,375 TOTAL

8,625 48,000

TOTAL

Il n'est rien porté pour intérêts de fonds et achat de noirs.

6.

52,975

PROPRIÉTÉ

dans le Hanovre (Jamaïque), possédant

151

nègres.

Détail des approvisionnements pour 1806. 202f 50 3,386 10 539 45 919 15 3,416 20 913 20 263 45 2,032 90 6,058 20 867 50 3,475 50 324 70 2,014 90 7,829 45

Chaux

c

Savon, chandelle et suif Médicaments et vin pour les noirs Chapeaux, vêlements de noirs, etc Poterie, huile et peinture Cordes, papeterie, fil Cerceaux et tonneaux Objets en fer, plomb Graines Fret, droits et dépenses Sel, frais compris Provisions d'Irlande, idem Harengs, idem TOTAL

32,243

PROVISIONS

RÉCOLTES

Do De De De

1803.. . 1804... 1805... 1806...

RECOLTES.

DÉPENSES

tirées d'Angleterre et d'Irlande.

faites

PRODUIT

TOTAL.

Il n'est rien compté pour intérêts de capitaux ni pour achats

RHUM.

du

Poinçons.

rhum.

dans la Tonneaux.

colonie.

16,725f 23,150 22,375 18,250

52,050f 63,125 56,675 49,975

68,775f 86,275 79,050 68,225

302,325

20

SUCRE.

Tierçons.

133 146 136 93 508

30 40 34 30

14,175f 17,375 14,875 7,925

140

54,350

»

»

f

Total des dépenses de 4 ans A déduire le produit du rhum

302,325 54,350

Dépenses nettes pour 508 tonneaux de sucre

247,975

Ce qui porte le prix de revient du tonneau à 488 fr. 10 c. 14 quint. 3/4 et 7 liv. représentant le tonneau, le prix du quintal est de 32 fr. 80 c

de nègres. 5.

PROPRIÉTÉ

dans le Hanovre (Jamaïque), possédant

178

nègres. Détail des approvisionnements.

RÉCOLTES.

PROVISIONS

tirées RÉCOLTES d'Angleterre et

PRODUIT

DÉPENSES

dans

TOTAL.

l'île.

Boucauts.

d'Irlande.

De Do De De

1803... 1804... 1805... 1806...

SUCRE.

22,575f

56,750f

16,475 28,475 21,500

63,575 54,225 48,000

79,325t 80,050 82,700 69,500 311,575

RHUM.

du

Poinçons.

RHUM.

Tierçons.

103 127 123 86

30 30 25 30

36 37 43 41

439

115

157

65,250

f

Dépenses totales tics 4 années Moins le produit du rhum Dépenses do fabrication pour

18,950f 18,975 16,975 10,350

311 575 65,250 439 tonneaux 115 tierçons

sucre

246,325 439 tonneaux 77

Plus 115 tierçons équivalant à Forment un total de

Vêtements de nègres, linge, chapeaux, etc

625

Médicaments

400

Vin

100 75

Fromage Porter

125

Savon, huile, chandelle, suif, chaux

675

Corde, papier, bouchons, etc

325

Outils en fer, plomb, etc

2,900

Cerceaux, tonneaux, etc Droits de douane, entrée, fret et transport Poudre, droits compris

2,975

Provisions, idem

775 4,150 18,250

Le poids du tonneau était do 13 quintaux 1/2. Le quintal revient à 35 fr. 40 c.

Dépenses à la Jamaïque.

Détail des approvisionnements de l'île pour la récolle de 1806.

II.

75 125

Harengs, idem

516

TÔT AI

925

Sel, idem

Ces 516 tonneaux ont coûté 246,325 francs, ou 477 fr. 35 c. chacun.

Vêtements de nègres, chapeaux, jaquettes, mouchoirs Graines400 f., vin 175 f., fromage 75 f., porter 125 f. Outils et objets en fer, etc Chaux, briques Huile, suif, savon, goudron Médicaments Cerceaux, fûts, etc Bouchons, papeterie, cordes,etc Droits de douane et d'entrée, fret et transport Poudre, droits compris Sel, idem Provisions d'Irlande, idem Harengs, idem Charbon de terre, idem

4,000f

Graines

3,875 775 2,725 350 725 350 950 375 625 50 125 1,875 4,150 4,550 21,500

Bois, farine, poisson salé

5,625

Salaires d'ouvriers

11,325

Achats de bestiaux

10,275

Impôts, etc

3,550 Bœuf frais, soins de médecin, dépenses de quai, de timbre, etc 11,150 Honoraires des administrateurs, salaires des blancs. 8,050 TOTAL

49,975

Les dépenses ci-dessus ne comprennent ni intérêts de fonds ni achats de noirs. 37


578 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. 7.

dans le Hanovre (Jamaïque), possédant

PROPRIÉTÉ

8.

nègres.

150

.344

PROVISIONS

De Do De De

1803. . 1804. . 1805. . 1806..

. . . .

PRODUIT DÉPENSE

faites

totale.

T on neaux.

la colonie.

59,450f 03,750 72,250

48,425f 40,650 40,075 40,600

DÉPENSES

tirées d'Angleterre.

faites a In Jamaïque.

19,950 53,825 74,225 54,800

41,650t 86,55 0 81,325 93,725

du

T nu ions.

Poinçons.

Rhum.

40 20 20

17,700 27,650 20,050 13,000

De Du De De

78,400

Dépenses de 4 ans.

202,800

Moyenne d'un an,.

50,700

67,925

99 123 112 122

20

44 73 50 40

263,375

456

100

207

RÉCOLTES

1803 1804 1805 1806

PRODUIT

RHUM.

du rONNEAUX. TIERÇONS.

POINÇONS.

RHUM.

89 191 192 260

31 20 40 41

37 82 100 124

303,250

732

132

349

149,275

75,800

183

33

87

37,325

27,975f 37,375 38,175 45,750

f

Dépenses totales ries 4 années A déduire le produit du rhum

263,375 78,400

MOYENNE D'UNE ANNEE.

456 tonneaux 100 lierions

Dépenses pour

possédant

SUCRE.

PROVISIONS

RHUM.

SUCRE.

dans

11,025f 23,100 32,175 27,325

(Jamaïque),

nègres et 233 têtes de bestiaux.

RÉCOLTES.

DÉPENSES

tirées RÉCOLTES d'Angleterre et d Irlande.

du Westmoreland

PLANTATION

sucre

184,975

456 tonneaux 07 tonneaux

100 tierçons équivalant à

f

Dépenses.. Provisions

75,800 50,700

126,500F

A déduire le produit du rhum

37,325

RESTE pour le sucre

TOTAL 523 tonneaux La dépensé, pour les 523 tonneaux, est de 184,975 francs, soit 353 fr. 75 cent, par tonneau, et de 25 fr. 90 cent, par quintal, à raison de 13 quint. 2/4 11 liv. par tonneau.

Plus 33 tierçons équivalant à

89,175

183 tonneaux 22 205 tonneaux coûtant 89,175f.

TOTAL

C'est par chaque tonneau 435 francs, et par quintal, à raison de 13 quint. 2/4 26 liv. par tonneau, 31 fr. 65 cent.

Provisions envoyées de la. Grande-Bretagne, en 1806. Vêtements fie nègres, chapeaux, mouchoirs, etc. .. Graines, 625 fr.; médicaments,375 fr.; vin, 225 fr.;

Provisions envoyées de la Grande-Bretagne en 1806.

3,875f

fromage, 75 fr.; porter, 125 fr

1,425

Savon, chandelle, chaux, suif, etc Objets en fer, plomb, etc

2,325

600

Cordes, papier, bouclions, etc

350

Cercles, tonneaux, jougs pour les bœufs

3,375

Droits de douane, entrée, fret et transport

2,425

Charbon de terre et droits

5,600

Poudre

50

Sel

125

Briques à four

450

Provisions

1,875

Harengs

4,850

200f

Chaux Savon et chandelle Vêlements de nègres, casaques, etc Médicaments et vin pour les nègres Objets en fer, cuivre et plomb Papier, cordes, peinture, huile, etc Chapeaux Graines, fromage, porter Briques à four Cercles et tonneaux Harengs Frais Charbon, frais compris Sel, frais compris Provisions d'Irlande

375 8,400 975 8,875 1,525 925 2,150 1,050 2,250 8,975 8,925

44,625'

7,575 300 2,300

TOTAL

54,800

27,325

TOTAL

Dépenses à la JamaïqueDépenses à la Jamaïque. Bois, poisson salé, farine, etc Salaires

Salaires des blancs et commission Achat de bestiaux Salaires des noirs Réparations de bâtiments, moulins, etc Soins de médecin Impôts Bœuf frais, 3,250 fr.; dépenses au part, 3,375 fr.. Bois pour les bâtiments et les tonneaux

10,775f 4,200 3,175

Impôts

Bœuf frais, soins de médecin, frais de port, etc.... 13,825 Honoraires d'avoués et salaires des blancs 8,625 TOTAL

40,600

9.

PLANTATION

c

RÉCOLTES

'S c

« - e

1803.... 1804.. 1805 1800

re h

a

, £s gui n « s - aux ; |papi d g 2 CI p E, a y? if siles. s le , a S b "S u n C d a bj S8 p&ë h'Ste sS" a% u eu é v

m Cci E-. 'o— Q

6,350f 13,875f 4,950 13,800 7,250 16,325 7,650 12,900

14,200f 11,700 18,200 12,025

5

Do Do Do De

11,525f 15,825 20,900 16,775

Le relevé ne comprend ni intérêts d'argent, ni estimation de la dépréciation annuelle des nègres.

du Westmoreland (Jamaïque), possédant

PROVISIONS TIREES D'ANGLETERRE ET D'IRLANDE.

.S ■."S

3,975f 5,475

S,275 5,775

o - c o E CL, d s —.

d

r

s s ri g g. isi re S vi 8 PROV et

3

,

a

■il*

« ue p

da riM co o -a IS

fis -aM S — H i. "5 «.g-8 oi cCQ «•»

« ra Ch

nègres et 434 têtes de bestiaux.

DEPENSES FAITES DANS LA COLONIE. «

CD -.2 —• S R

519

19,625f 12,025f 28,050f 18,675 14,075 19,975 16,150 25,025 10,075 21,075 37,300

f

885,900 315 775

RÉCOLTE FAITE PRODUIT

u 3

_o « jj

Mci

37,975f 38,600f 9,400 43,225 11,975 4,775 4,600 34,175

3

% s

sucre.

w . M .u CL ^

.ifs

H _

I

g S

11,975f 2,275f 13,375 38,000 13,075 34,850 14,150 15,075

>J

25,100f 26,750 25,525 24,025

1,666 tonneaux 291 tierçons

sucre

570,125

du

Ton-

Tier-

Poin-

neaux.

çons.

çons.

145 198 166 164

225,550f 215,250 222,000 222,200

320 388 486 472

50 80 80 81

885,900

1,666

291

A Ajoutant 291 tierçons ou TOTAL

Dépenses pour la fabrication de

RHUM.

TOTAL.

S'* a cq

TOTAL des dépenses des 4 années

Dépenses do 4 années A déduire pour le produit du rhum

93,725

TOTAL

Il n'est rien porté ci-dessus pour intérêt de capitaux ni pour achats de noirs.

15,400f 17,700 6,825 13,725 2,150 9,100 6,625 22,200

rhum.

95,300F 87,875 67,625 64,975

315,775

1,666 tonneaux 194 1,860

Ayant coûté 570,125 francs, soit 306 fr. 55 c., ou par quintal 21 fr. 55 c. ù raison do 14 quint. 1/4 par tonneau.

Ce relevé ne comprend ni intérêt d'argent ni compensation pour dépréciation de la valeur des nègres.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE.

Sur une moyenne de trois ans, les dépenses, déduction faite du produit du rhum, sont de 15 francs seulement par quintal à la charge du sucre, ce qui provient de ce que la plantation élève

Récolte de 1806. 144 tonneaux, 30 tierçons de sucre ont produit.. . . 44,625f 57 tonneaux perdus en juillet, et qui auraient produit 14,750

59,375

des bestiaux en quantité suffisante pour son usage; autrement, si les bestiaux avaient dû être achetés, les dépenses seraient

Produit de la récolte du rhum

30,950

TOTAL

90,325

A déduire pour assurance sur le sucre et le rhum RESTE

Approvisionnements d'Angleterre et d'Irlande

32,250f

Dépenses de l'île

52,975 )

83,350

276 nègres; elle a fait une bonne récolle ordinaire l'année pas-

85,225

sée , et ses dépenses ont été en proportion. Le capital employé ne peut être évalué à moins de 1,125,000 francs.

1,875

ÉVALUATION

des frais supportés par les plantations de la Jamaïque depuis l'année

DE

DÉSIGNATION.

montées à 18 fr. 75 c. par quintal, et celles de l'île auraient été augmentées de 10,000 à 12,500 francs. Cette plantation possède

6,975

PERTE

10.

1763

DE

À 1773.

Salaire de l'inspecteur en chef 1,750 à 2,500f du teneur de livres en chef et du distillateur 525 à 700 du second teneur de livres 425 à 500 Douves de chêne rouge, par 1,000. ..... 150 à 200 de chêne blanc, idem 175 à 250 Mules 475 À 525 Jeunes bœufs. 175 à 250

579

1773

DE

À 1783.

1783

À 1789.

1789

DE

1794.

1763.

DE

1794

DE

1799

X 1806.

À 1799.

1,750 à 2,500f 2,500 à 3,000f 2,500 à 3,750f 3,000 à 4,500' 3,750 à 5,375' 700 à 500 200 à 175 à 475 à 225 à

875 275 525 700 350

875 500 175 225 450 225

à 1,075 à 550 à 250 à 300 à 550 à 275

1,075 550 200 225 550 212

à 1,125 à 625 à 375 à 550 à

350

1,125 625 ,375 550 550 350

à 1,250 à 875 à 825 à 900 à 900 à 725

1,250 850 550 700 900 725

à 1,500 à 1,250 à 750 à 800

2° EPOQUE DE L'APPRENTISSAGE ET DE L'ÉMANCIPATION.

B. Lettre de M. Edmond B. Lyon, magistrat (stipendiary magistrate), à l'éditeur du journal Falmouth Post, à la Jamaïque. 9 juillet 1838.

propriétaire de la plantation Kinloss ; vous m'obligerez donc beaucoup si vous voulez donner place dans votre feuille à un extrait suivant des documents parlementaires, où se trouve consigné le témoignage de M. R. Scott devant le comité de la Chambre des communes, en 1832. Toute personne instruite des économies considérables qui ont été introduites pendant ces quatre dernières

Je pense que le court espace de temps qui doit s'écouler d'ici

années dans les frais d'exploitation des sucreries reconnaîtra

au 1er août ne saurait être mieux employé qu'à discuter avec mo-

que M. Scott a beaucoup élevé le chiffre de ce qu'il appelle una-

dération la question des salaires, et à réunir les informations qui

voidables contingencies, et qu'on peut faire subir en conséquence

peuvent mettre le planteur en mesure d'apprécier exactement la

d'importantes réductions à ce chapitre; mais, même en prenant

probabilité des profils à tirer de l'exploitation d'une sucrerie par le travail libre. La question a déjà été bien éclairée par la publi-

le compte tel qu'il est, et en admettant, ce qui ne sera pas con-

cation, dans votre feuille, d'un document qui se rapporte à cet objet, et par les observations contradictoires auxquelles ce docu-

testé sans doute, que la même habitation avec la même dépense pour le travail et une sage administration rendra 200 boucauts

deux documents, ayant été publiés sans signature, n'ont pas eu

du poids d'un tonneau ou 17 quintaux, et 100 poinçons de rhum de 100 gallons impériaux chacun, il restera démontré qu'au prix actuel des denrées dans cette colonie, le propriétaire,

toute l'importance qu'ils auraient pu acquérir, s'ils avaient été connus pour émaner de personnes compétentes, ayant l'expé-

au lieu de perdre 889 livres sterling (22,225 francs), gagnera au contraire 4,975 livres monnaie locale (74,625 francs). Un tel

rience pratique des travaux agricoles et de l'exploitation des su-

revenu suffit pour faire de la production du sucre une industrie très-profitable et un placement avantageux pour les capitalistes.

ment a donné lieu dans le journal de Saint-Jacques. Mais ces

creries. J'ai recherché avec beaucoup de soin un document qui ne donnât pas lieu à celte objection, et j'ai l'espoir d'avoir réussi, je pense qu'aucun planteur dans la paroisse de Trelauwney ne jouissait, comme homme de talent et comme homme d'affaires,

Signé Edmond

B. LYON.

d'une plus haute considération que M. R. Scott, de son vivant

II.

37.


580 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. - IIe PARTIE.

1.

, faite dans l'année 1828, par M. W. Taylor, des dépenses qu'aurait à supporter, sous le régime de travail libre, une de l'habitaplantation fabricant 200 boucauts de sucre et 80 poinçons de rhum. — Remarques de M. Robert Scott, propriétaire tion Kinloss. ESTIMATION

MONNAIE

MONNAIE DÉPENSES.

DÉPENSES.

LOCALE.

DE FRANCE.

LOCALE.

FRANCE-

REMARQUES DE M. ROBERT SCOTT.

ESTIMATION DE M. TAYLOR. liv,

sch. don.

fr.

liv.

c.

sch. den.

fr.

c.

C'est cependant l'estimation la plus basse

Pour creuser les trous de cannes, 40 ouvriers, faisant 70 trous par jour, 5 liv.

de ce que l'on paye à la Jamaïque pour

(75 fr.) par acres, ou 40 ouvriers à

creuser les trous de cannes dans le sol le plus léger; on paye souvent 10 et

2 sch. 6 den. par jour ( 1 fr. 85 c.)..

DE

200 00 00

3,000 00

11 liv. ( 150 et 165 fr.) par acre. Lorsque le travail se fait à la journée, le taux régulier est de 3 sch. 4 den. (2 fr. 50 c.); mais il me semble, à tout prendre, qu'une moyenne de 7 liv. 10 sch. (112 fr. 50 c.) serait une évaluation plutôt basse qu'élevée. Il faut donc ajouter à ce premier chiffre 45 personnes employées au sarclage des cannes et aux autres travaux de l'ha-

Nulle part le travail de culture ne se fait par de bons ouvriers, à moins de

bitation pendant 130 jours, à raison

2 sch. 6 den. par jour (1 fr. 85 c.),

de 1 sch. 8 den. (1 fr. 25 c.), en dé-

ainsi il faut encore ajouter à cet article

100 00 00

1,50 00

162 00 00

2,430 00

duisant, pour le reste de l'année, 120 jours pendant lesquels les mêmes personnes sont employées à la récolte, et aussi le temps pendant lequel elles sont employées à fouiller les trous de 487 10 00

cannes

7,305 00

Coupe des cannes et travail aux usines, 40 ouvriers pour 120 jours, à raison de 2 sch. 6 den. ( 1 fr. 85 cent.), et 60 demi-nuits pour ces 40 ouvriers, à raison de 1 sch. 3 den. par demi-nuit (93 c.)

750 00 00 11,250 00

3 charretiers pendant 120 jours, à raisonde2sch.6 den. par jour (1 fr. 35c.)

45 00 00

675 00

de la plantation, et, comme ils ont

3 garçons de charrette, 120 jours à 1 sch. 8 den. (1 fr. 25 c.)

30 00 00

450 00

beaucoup de travail de nuit pour porter les produits à l'embarcadère, leurs salaires devraient être élevés. On peut

Le chef de la batterie, 2 den. par cuite

45 00 00

doubler cet article

(12 c.)-, si l'on fait 12 boucauts par semaine à raison de 7 cuites par boucaut, à raison de 2 sch. 11 den. par jour (69 c.)

Les charretiers sont généralement les ouvriers les meilleurs et les plus actifs

11 3 6

167 62

675 00

En outre, je pense que dans l'estimation ci-contre le nombre de 45 ouvriers, que l'on suppose devoir suffire à une plantation de 200 boucauts, est beaucoup

Porteurs de bagasses sèches, appartenant au second atelier, 1 sch. 3 den.

trop faible.

(93 c.) par jour; la moitié de ce salaire pour la nuit, 7 den. 1/2 (47 c.), en tout 1 sch. 10 den. 1/2(1 fr. 40 c.), 4 ouvriers à ce dernier prix pendant 120 jours

45 00 00

675 00

Second atelier occupé aux travaux ordinaires de la plantation, les uns à couper des herbes pour les bestiaux, les

Les salaires des ouvriers inférieurs sont portés assez haut.

autres, domestiques, cuisiniers, garçons de garde, soit 45 à raison de 1 sch. 3 den. (93 c.) par jour pendant 290 jours

A

6

12,249 37

2,385 16 00

35,771 99

816 12

REPORTER

DIFFÉRENCE

en plus

307 00 00

4,605

0


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE.

MONNAIE

MONNAIE DÉPENSES.

DÉPENSES. LOCALE.

ESTIMATION DE

SI.

TAYLOR

581

DE

LOCALE.

FRANCE.

(Suite).

REMARQUES DE M. ROBERT SCOTT

liv. sch. den.

2,385 16 00

REPORT

fr.

DE

FRANCE.

(Suite). liv. sch. den.

c.

fr.

c.

35,771 99 L'estimation est trop faible dans ce qui

Gardiens 4 l'entrée des pièces de cannes etdemaïs, 104 12 den. (03 4 75cent.) pour 290 jours

12

1

8

181 25

est désigné ci-contre sous le titre de dépenses accidentelles, et que j'appellerais plutôt inévitables; telles sont les

Gardiens de bestiaux 4 raison de 1 sch.

dépenses suivantes : 8,000 douves pour les boucauts de sucre,

1 den. par jour (81 cent.), 2 pour 290 jours

48

4 00

723 00

à 20 liv. (300 fr.) 4,000 douves pour les poinçoins

Enfants occupés 4 garder les bestiaux et

5,000 pieds de planches 4 15 liv. (225 fr.)

le menu bétail, 11 pour 290 jours, 4 1 sch. 9 den. (93 c.)

199

5 00

2,988 75

1,700 cercles en fer pour poinçons... .

pour 290 jours

84 11

8

1,268 75

6 den. (1 fr. 87 c.) pendant 290 jours

72 10 00

1,080 63

Gardiens pour le petit troupeau, 4 2 sch.

Huile

30 00 00

450 00

Provision Compte du boucher

Mécanicien et 1 patron du bateau , pour

Compte pour la maison du planteur. ..

120 jours à 2 sch. 1 den. par jour.. .

25 00 00

Charpentiers, charrons, chaudronniers, maçons, payés 4 la tâche

200 00 00

3,000 00

Tonneliers pour 200 boucauts, 4 3 sch., et 80 poinçons, 4 5 sch. (3 fr. 75 c.).

55 00 00

825 00

375 00

1,125 00

40 00 00

600 00

70 00 00

1,050 00

30 00 00

450 00

20 00 00

300 00

200 00 00

3,000 00

80 00 00

1,200 00

100 00 00

1,500 00

30 00 00

450 00

Outils, cuivre, fer pour le moulin et le charronnage, par an

1 den., pour 290 jours

1,800 00

75 00 00

Clous pour les tonneliers et les charpentiers

Gardiens du grand troupeau, 2, à 2 sch.

2,400 00

4,000 cercles en feuillards pour les boucauts, 4 10 liv. ( 150 fr.)

Petits enfants, A raison de 1 0 den. (63 c.),

160 00 00 120 00 00

Appointements : Econome 200 liv. Charpentier 150 1er teneur de livres.... 80 2 idem 70

500

00

00

7,500

00

e

Dépenses d'administration , salaires de l'économe, du teneur de livres; com-

Commission de l'administration. Taxes et impositions TOTAI

280 00 00

4,200 00

200 00 00

3,000 00

1,905 00 00

00,000 00

1,387 00 00

00,000 00

518 00 00

7,770 00

mission de l'administrateur, fourni1,387 12

tures, droits de quai, etc TOTAL

PRODUITS

SELON

M.

8

20,813 75

4,500 00 00

67,478 12

DIFFÉRENCE

6,000l 1,500

TOTAL déduites

7,500 4,500

90,000f 22,500

en faveur du planteur

3,000

112,500 07,500

DE

M.

ROBERT

L'estimation de M. W. Taylor est donc trop faible de Ajoutant cette somme A l'estimation On obtient Ajoutez encore la dépense annuelle pour entretetenir l'habitation en mules et bêtes de somme

RECTIFIEE

DES

307' 518

4,005f 7,770

825 4,500

12,375 67,500

5,325

70,875

400

6,000

5,725

85,875

PRODUITS.

200 boucauts de sucre 4 12 liv. si 2,400 80 poinçons de rhum 4 10 liv. st 800 Dépenses eu monnaie locale 5,725, en monnaie sterling DÉFICIT

du planteur

5,725

85,875

4,575

68,625

45,000

N° 11 Estimation qui met le prix du sucre à 14 sch. 1 den. 1/3 le quintal, ou 17 fr. 55 cent., et celui du rhum à 2 sch. le gallon (2 fr. 50 c.).

1

comme ci-dessous

net en faveur du propriétaire..

.

SCOTT.

Sur les salaires. Sur les dépenses accidentelles

ESTIMATION

154,500f

10,300

TOTAL

PRODUIT DIFFÉRENCE

8,000l 2,300

200 tonneaux de sucre 4 40 liv., monnaie locale. 100 poinçons de rhum 4 23 liv., idem

DÉPENSES BALANCE

en plus

N° 2. Estimation meilleure, qui met le sucre 4 2 liv. 7 sch. 1/2 den. (35 fr. 25 c.) le quintal, et.le rhum 4 4 sch. 7 den. 1/5 (3 fr. 40 c.)

TAYLOR,

200 boucauts de sucre à 30 livres, monnaie locale (450 fr.) 80 poinçons de rhum à 20 liv. idem (300 fr.). . , DÉPENSES

Evaluation ci-contre

3,200l

N° 3. Estimation d'après le prix des denrées 4 la Jamaïque, en septembre 1839. En calculant le prix des denrées sur le pied où il se trouvait 4 mon départ de la Jamaïque, le 14 septembre 1839, la même habitation produisant la même somme de denrées donnerait un revenu beaucoup plus considérable. Estimation à raison de 3 liv., monnaie locale (45 fr.) le quintal de sucre, et 8 sch. 4 den. le gallon de rhum (6 fr. 25 c.). 200 boucauts de sucre 4 57 liv. le boucaut.... 80 poinçons de rhum 4 41 liv. 13 sch. 4 den.. DÉPENSES

REVENU

11,400l

y 3,333

6

s

8

14,733

l

8

comme ci-dessus

5,324

19

12

net en faveur du propriétaire

9,400

7

4

80,000f

4,089

102,225

889

22,225

d

s

6

d

f 141,125

L'estimation îles produits n° 1 me paraît être celle de MM. Scott et Kinloss, L'estimation n° 2 a dû être ajoutée comme correctif par M, Ed. Bacres Lyon. *

(Papers on the condition of the labourign population in the West-Indies, p. 137, part. I (5). 1839.

I

I

37..


582 RAPPORT SUR 2.

e

QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE.

LES

Le travail libre comparé à l'esclavage.

sonnes occupées pendant une année, en les divisant on quatre classes, et en estimant ainsi leurs services :

— 1838.

(Extrait d'un rapport de M. S. Price, magistrat, paroisse Saint-Thomasdans-l'Est.)

MONNAIE

DÉPENSES D'UNE PLANTATION DE

300

TRAVAILLEURS. LOCALE.

DE FRANCE.

e

Mise dehors pour l'entretien de 300 esclaves, y compris les impôts, et en général toutes les autres dépenses, à raison de 5 livres (125 francs.) par chaque esclave

e

1,500 00 00

fr.

22,500

TRAVAIL LIBRE.

s

18,000

Ce qui donne en faveur du propriétaire , sous le régime de liberté, une première différence de

300 00 00

4,500

Ajoutez le revenu provenant du loyer de 50 cases et 50 jardins, à raison de 3 sch. 4 den. (2 f. 50 cent.) chaque, pour cinquante-deux semaines

433

0

8

6,500

733

6

8

11,000

La différence totale est do Somme qui suffit, et au delà, pour faire lace aux dépenses de l'administration et autres éventualités, lesquelles sont absolument les mêmes sous le régime de liberté que sous celui d'esclavage.

PRODUIT DE LA PLANTATION.

Valeur de 120 tonneaux de sucre à la Jamaïque, produit du travail ci-dessus détaillé, à 40 liv. (600 fr.) par tonneau Valeur de 50 poinçons de rhum à 45 liv. (675 fr.) TOTAL.. En supposant encore que les frais d'exploitation soient augmentés de , en somme, environ

4,800l 2,250

f

72,000 33,750

7,050

105,750

2,050

30,750

5,000

75,000

Il faut remarquer en outre que, dans le système de travail libre, le propriétaire n'absorbe pas de capitaux, soit par l'achat de noirs, soit par la perte annuelle résultant de la mortalité.

Le même rapport signale un autre fait Ires-remarquable: «Je « saisis celte occasion d'annoncer à Son Excellence, écrit M. Price, « la hausse qui vient de se manifester dans le prix des terres inacres 1/2 de terre, à peu près incultivables, situées « au bord de la mer, ont été achetés par MM. Francis des mains «du propriétaire, qui habite Saint-George, à raison de 100 liv. « (1,500 fr.) par acre. » (J. L. C.) 6

( Papers on the condition of the labouring population in the West-lndies.) (Part. I (V) pag. 96. — 1839.)

C.

ETAT

34,667 95

TOTAL

liv. sch. den.

Salaires de 00 laboureurs libres pour 50 semaines, à 8 sch. 4 den. ( 10 fr. 40 cent. ) chacun 1,041l 3 4d | 1,200 00 00 158 6 8

« cultes;

Ces prix sont, à peu de chose près, les mêmes pour le temps de l'apprentissage et pour celui de l'esclavage; par exemple, sur la propriété R., on occupait, durant l'apprentissage, 18,033 cultivateurs de 1re classe, à 1 fr. 25 cent. 22,541f25e 6,581 5,922 90 2 à 90 6,268 4,387 60 3 à 70 3,027 1,816 20 à 60 4e

ESCLAVAGE.

REVENU

1r 25° 90 70 60

1re classe, par jour.. 2e idem 3e idem 4° idem

comparé des dépenses de diverses propriétés pendant

l'esclavage, [apprentissage et depuis la liberté complète.

( 1840. — Papers relative to the West-Indies, 1841, pag. 1 06, part. II.) Je me suis éclairé de tous les renseignements possibles afin d arriver à connaître si le travail libre est une cause de ruine pour les propriétaires du sol. Le point le plus important, celui qui pouvait diriger tous les calculs, était de fixer ce que coûtaient le travail des esclaves et celui des apprentis. J'ai donc pris la moyenne des dépenses de l'esclavage pour un certain nombre d'années, et j'ai relevé, d'après les livres, le nombre des per-

La dépense moyenne de plusieurs années d'esclavage est de 36,ooo fr. Pour mieux faire comprendre le taux des salaires, il est nécessaire de dire que l'on demandait, à la journée, 1 fr. 80 cent, au plus bas, pour un travail ordinaire d'homme ou de femme, et de 2 fr. 40 cent, à 3 fr. 60 cent, pour fumer les terres ou pour sarcler. On voit que mes calculs sont encore bien au-dessous; ils ne sont basés que sur les dépenses réelles. Le nombre des malades, sur la propriété précitée, s'est élevé à 5,400 pour un an, sans y comprendre les infirmes. Je conclus de tout cela que l'esclavage coûtait plus cher que l'apprentissage. Sous ce dernier système, le propriétaire tirait avantage de ce que l'acte d'abolition n'avait pas maintenu en esclavage les enfants au-dessous de six ans ; il se trouvait ainsi dispensé de pourvoir à leur entretien. Les grandes plantations étaient, en proportion, plus coûteuses que les petites; en conséquence, ce sont elles qui tirent le plus grand avantage du changement opéré. La loi obligeait à entretenir un certain nombre de soldats de milice payés sur les plantations ayant une quantité déterminée d'esclaves ou d'apprentis. Cette dépense équivalait presque à l'amende de 22 fr. 5o cent, par esclave et par tête, imposée aux propriétaires qui ne remplissaient pas cette obligation. Les petites récoltes, du temps de l'esclavage, revenaient plus cher que les grandes. Les livres des plantations semblent avoir été tenus dans le but surtout de constater le nombre des travailleurs, plutôt que d'indiquer la nature et la quantité du travail. C'est pour cette raison que j'ai omis la dépense de quelques articles, dans certains cas: ainsi, lorsque j'ai trouvé les charpentiers et les tonneliers réunis dans la même colonne d'un journal, je n'ai pu établir la dépense des tierçons. 1.

PLANTATION

R.

J'ai déjà dit que la moyenne des dépenses, sur cette propriété, pendant l'esclavage et l'apprentissage, pouvait s'évaluer à 36,000 f. par an. Je puis certifier que la culture y a été améliorée et augmentée pendant la première année de liberté, et cependant les frais n'ont été que de 12,730 fr. comme suit : Appointements d'un inspecteur (monnaie locale) 22 5 45 0 Salaire d'un gardien des parcs à bestiaux Charretiers, transport de la récolte compris. .. . 32 6 Gages d'un domestique 13 16 Travaux de charpentier 43 15 Travaux de tonnelier 20 11 15 0 Travaux de maçon Émondagc du café. 96 8 Cordes 1 1 Escompte d'argent pour la paye 1 9 Récolte du café 238 5 16 10 Cueillette à la main 52 10 Préparation de la récolte 1 10 Plantation de café 235 12 Préparation des champs à café 9 6 Main-d'œuvre de clôtures 0 13 Préparation des pâturages 0 10 Réparation de toiles goudronnées TOTAL

ou en francs

0 10 10 8 10 8 0 4 8 0 7 10 2 0 3 8 4 0

846 14 8 12,730


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. —CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE. J'ai fait les calculs suivants pour les différents travaux de la même propriété.

4.

PLANTATION

Cueillette du café. e

71 15 65 40

de 1838-30 (première année de liberté) idem 58 60

Dépenses pour fabrication des tierçons. Récolte de 1833, par tierçon.... de 1837, idem

6 90 7 70

de 1838-39, idem

5 60

Nettoyage du café. Récolte de 1833, par tierçon de 1837, idem

16 10 14 45 12 80

de 1838-9, idem

PLANTATION

Y.

L'économe de cette plantation témoigne de l'amélioration de la culture, ainsi que de la conduite exemplaire des cultivateurs résidants. Cueillette du café. Récolte de 1833 (esclavage), par lierçon

f

L'inspecteur rend un compte favorable de l'amélioration éprouvée pendant la 1re année de liberté. Pendant la dernière année de l'esclavage, le propriétaire avait à soutenir (en basant le calcul sur un seul jour) 11,712 individus qui ne travaillaient pas pour la plantation, non compris les malades, les infirmes, les femmes en couche et les jeunes enfants, tandis que depuis la liberté ce nombre a été réduit à 4,613, y compris les malades, les infirmes et les femmes en couche. Le nombre des bras occupés à la culture pendant la dernière année de l'esclavage s'est élevé à 17,782 , et pendant la dernière de l'apprentissage à 12,650. La dépense pour le temps de l'esclavage , à raison de 1 fr. 20 c., aurait été de 21,338 fr. 40 c., et pour l'apprentissage de 16,180 fr., tandis que la dépense totale depuis la liberté n'a été que de 9,564 fr. 3o c. Il y a un parc à bestiaux attaché à la propriété. D'après les livres, on payait pour le nettoyer une somme moyenne de 1,125 francs, ce qui représente 900 individus pour un jour, à raison de 1 fr. 20 c. En 1838, le même travail s'est fait par marché, moyennant 4o5 francs, et en 1839 pour 45o francs.

c

48 75

5.

de 1836 (apprentissage), idem 63 50 de 1838-1839 ( lreannée de liberté), idem . 51 00

Préparation du café. Récolte de 1833, par tierçon de 1836, idem

11 10 15 10

de 1838-1839, idem

15 84

Cueillette à la main. Récolte de 1833, par tierçon

14 40

de 1836, idem de 1838-1839, idem

6 85 4 70

PLANTATION V.

Café et gingembre. La moyenne des dépenses de cette propriété a été, pendant l'esclavage, de 7,500 francs. Le travail libre a coûté depuis le 1" août 1838 jusqu'au 1™ août 1839, 5,220 fr., ou 2,280 fr. de moins. D'après un riche propriétaire, cette plantation a augmenté en valeur, par les améliorations introduites depuis un an, d'au moins 7,500 francs. 6.

PLANTATION U.

Café et parc à bestiaux. Les dépenses, pendant l'esclavage, étaient de 16,920 francs. Les comptes depuis le travail libre 11e donnent qu'une somme de

Fabrication des tierçons. Pour la récolte de 1833, par tierçons

5 65

de 1836, idem

7 90

de 1838-1839, idem

4 40

11,552 fr. 55 c.

PLANTATION

f

1837, Nettoyage du parc 1839, idem par marché

3.

W.

Café. f

Récoltede 1833 (esclavage), coût par tierçon de 1837 (apprentissage) idem

2.

583

22 50

.......

X.

Cueillette du café. Récolte de 1833 (esclavage), par tierçon de 1837 (apprentissage), idem

Préparation du café. Récolte de 1833, par tierçon de 1837, idem de 1839-1840, idem

1837, sarclage de 21 arpents de caféiers

231 24

1839, idem par marché

150 00

1837, nettoyage d'un champ de pâturage 1839, idem par marché

100 00

39 50

43 80 de 1838-1839 (1reannée de liberté), idem.. 31 85

15 45 13 70

45 00

1835, défrichement et préparation à planter de 8 arpents de nouvelles terres, l'arpent à raison de... 157 50 1839, terres plus fortes, le même travail par mar80 00

ché, l'arpent à raison de

7 20 1837, émondage du champ de café n°4 1839, idem par marché

Cueillette à la main. Récolte de 1833, par tierçon de 1837, idem

11 00 9 00

de 1839-1840, idem

3 35

324 40 315 00

1837, construction de 35 chaînes de mur en pierre, la chaîne à

19 40

1839, idem par marché, la chaîne

20 00

Frais des tierçons. Récolte de 1833, par tierçons de 1837, idem de 1839-1840, idem

10 00 11 00 5 60

Dépenses faisant partie de celles du travail, telles que appointements de l'inspecteur, domestiques, etc., non compris les provisions d'Angleterre, comme bœuf, etc. Pour 1833 (esclavage)

f

liberté

I

1837, sarclage du champ de café n° 5, de 13 arpents 216 25 1839, idem par marché, à 10 francs l'arpent 130 00 1837, sarclage du champ de café n° 4, de 21 arpents 233 75 1839, idem par marché, â 10 francs l'arpent 210 00 1837, préparation du champ de pâturage n° 4 1839, idem par marché

31 20 ] 5 00

e

1,503 15

Pour 1837 (apprentissage) 1,446 00 Montant total des dépenses de la 1re année de

6,275 50

I

1837, émondage du champ de café n° 5, de 13 arpents 255 00 1839, idem, à raison de 15 francs l'arpent 195 00

3

e

. 163 75

7


584

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. 7

PLANTATION

champs avaient été choisis ; ils étaient de la même étendue, d'une surface unie et couverts de gazon; on commença en même temps le travail sans aucun engrais. Dans l'un des champs les trous furent

T.

Cueille du café. Récolte de 1837 (apprentissage), frais par tierçon. de 1839-1840 (1re année de liberté), idem

8.

PLANTATION

creusés comme à l'ordinaire, à raison de 70 trous pour 2 fr. 5o c.; dans l'autre, où pour la première fois la charrue était essayée, j'eus non-seulement à diriger les hommes et les animaux, niais

77 10 54 20

encore à m'essayer moi-même à l'usage d'un instrument que je connaissais auparavant fort peu. J'employai des bœufs, et consé-

S.

Café et parc à bestiaux.

quemment les bras nécessaires pour les conduire.

Du temps de l'esclavage, cette propriété coulait annuellement g,000 francs. Les dépenses du travail du 1er août 1838 au 1er août 1839 sont de 5,373 fr. 75 c., ce qui donne une économie de 3,626 fr. 25 c. en faveur de la 1re année de liberté. Dans

Dépense pour creuser les c

Pour planter les cannes 460 30

cer les plants avortés

les plants avortés dont

par suite de la sècheresse

le nombre était petit, 505 60

trouvait bien pulvéri-

138 60 Pour entretenir le champ

1839, idem par marché

49 80

1837, émondage d'un champ à café de 5 ans

151 20

1839, idem du même champ

150 00

récolte

1837, nettoyage des 546 barils café pour 445 fr., 0 80

2,757 00 180 00

J'aurais encore d'autres renseignements à fournir qui donneraient les mêmes résultats, mais je crois inutile de les ajouter. Signé J.

D.

ÉCONOMIE

W. GRANT

1,070 60

TOTAL

méthode; quant au labourage pour planter, il coûte précisément un quart de moins. D'après l'état du sol, on prévoyait que tous les plants réussiraient dans la partie labourée, on les y a donc plantés serrés. Le succès a été tel qu'on l'espérait, ainsi que le prouve la dépense pour sarcler et remplacer, qui s'élève à un

0 60

1839, domestique de l'inspecteur

3,097 25

D'après ce détail, il est évident que, malgré les difficultés de l'emploi de la charrue pour la première fois, les trous creusés de cette manière n'ont pas coûté la moitié autant que par l'ancienne

3 00 2 80

523 75

qu'il la récolte 1,445 00

TOTAL

1837, récolle de 546 barils de café, 1,656 francs, 1839, récolle de 600 barils de café pour 1,702 fr.,

10500

Entretien du champ jus-

jusqu'au moment de la 79 80

1837, frais d'inspecteur, domestiques, etc

parce que la terre se sée

1836, nettoyage d'un autre champ

ou par baril 1839, nettoyage des 602 barils café pour 365 fr., ou par baril

115 00

Pour sarcler et remplacer

136 20

124 80

ou par baril

à environ un pied de distance

Pour sarcler et rcmpla-

c

ou par baril

326f85c

trous Pour planter les cannes

assez rapprochées.. . .

174f 00

1837 , nettoyage du même champ 1839, idem par marché

herser et creuser les 686f35

façonner

l'année du 1er août 1837 au 1er août 1838 , la dépense de nettoyage des parcs, bien qu'une grande partie du travail n'ait pas été fait, s'est élevée à 1,876fr., tandis que pendant l'année du D'août 1838 au 1" août 1839 , même opération, en y comprenant ce qui était resté inachevé l'année précédente, n'a coûté que 699 fr. 60 c. 1836, nettoyage d'un champ h café 1838, idem par marché

Dépense pour labourer,

trous à la houe et les

, magistral salarié.

résultant de l'emploi de la charrue aux Indes occidentales.

Un correspondant de la Gazette de la Jamaïque écrit : Je vais vous donner le résultat comparé de l'emploi de la houe et de celui de la charrue pour creuser les trous à cannes. Deux

5 seulement. Celle expérience démontre un des plus grands avantages de la charrue; tous les plants réussissent malgré la sécheresse. Labourée par un lemps sec, la terre se pulvérise parfaitement, le gazon disparaît, et pendant plusieurs semaines on n'en voit plus un brin; si quelque pousse se montre, le moindre contact de la houe la détruit. D'un autre côté, les trous à cannes étant creusés dans le tertre, les racines du gazon se trouvent conservées, et, bien que la sécheresse empêche les cannes de e

se développer, le gazon n'en croît pas moins. Les avantages résultant de cet essai sont de deux tiers environ pour la charrue. Après avoir détaillé les dépenses de chaque méthode, il 11e reste plus qu'à parler des produits comparés. Les trous à cannes préparés à la houe ont produit 8 tonneaux, par le travail dela charrue on en a obtenu 10. (Anti-slavery reporter, n° 51.— 1er décembre 1841.) N°

§

A.

ESTIMATION

DESCRIPTION

LA

BARBADE

ET TORTOLA.

Valeur estimée.

du produit et des dépenses d'une plantation

à sucre A Tortola.

I.

II.

(Plantation A.)

de la propriété, sa situation, qualité du sol, etc.

131.

89 nègres à 2,500 fr 135 arpents de terres à cannes, il 875 fr 55 arpents de terres A nègres et jardins à 375 fr 267 arpents de pâturages et terres incultes A 150 fr 3 idem A 550 fr

c

118,125 00 20,625 00 40,050 00 1,650 00

1 cheval

1,031 25

Ole est située au sud-ouest de l'île, bornée par la mer, et à environ 9 milles de la ville. Le sol de celle propriété est si varié, qu'il est difficile de le décrire exactement; toutefois il se compose en grande partie d'une terre légère, brune ou noire, assez

Bâtiments et ustensiles

pierreuse.

Ou au change de 200 pour

21 mulets A 825 fr

TOTAL

222,500f00

17,325 00

, monnaie courante de Tortola %,

valeur d'Europe

112,500 00 533,806 25 f

c

266,903 12 1/2


585

A SUCRE. ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS

la plantation, et dont les comptes devaient être publiquement vérifiés. Les sommes indiquées sont les moyennes des prix.

J'ajoute une grande confiance aux renseignements ci-dessus, tournis par le receveur désigné par la chancellerie pour diriger

2.

APERÇU GÉNÉRAL

d'une plantation à sucre, à Tortola, pendant l'année

1832.

PRODUITS.

SOMME TOTALE

PRIX DES ARTICLES SUCRE.

NATURE DES TERRAINS.

Tonneau de 1,500 liv.

RHUM,

poinç.

Arpents.

DU PRODUIT,

MONNAIE COURANTE.

en monnaie courante.

gall.

....

15 120 55 267

80

40 4,400 |

457

80

40 4,400

48,000' 00 12,375 00

c

Par tonneau de sucre.. . 600f 00 2 80 Par gallon de rhum

c

Plants de cannes Rejetons terrains de noirs et jardins Pâturages et friches

Produit brut

60,375 00

CONSOMMATION ET DÉPENSES. Nègres.

atelier de nègres 2 idem.. ' 3e idem. . Enfants..

38

e

90

pi 6 89

Rations par jour pour

1

1

909 35

NO

hâtions accordées par semaine aux esclaves selon l'âge, indépendamment du produit do leurs terres et de leurs Jardins, 2 À 3 quarts farine, 6 harengs, estimés au-dessous de la valeur. NOURRITURE FOURNIE.

♦ PRIX MOYEN. Dépense annuelle en courante

monnaie

f

Sel •

barils de porc.

3

. 5 barils de farine de harengs... 20 "km

....

..

82 618 515 2,578 6,600

c

50 75 60 15 00

10,395 00 1,250 00 2,500 00 1,250 00 6,250 00 4,375 00 3,875 00 3,000 00 4,500 00 875 00 1,875 00 625 00 2,500 00 2,500 00 1,250 00

Habillement Frais de médecin Appointements du directeur

Huile à quinquet et chaux Houes, serpes et touEcs Cerles en fer et clous à river Dépenses d'ouvriers et réparations de bâtiments Déchet sur les marchandises Frais divers

47,929 35 60,37.5 00 12,445 65 6,222 82 1/2

1 Lataxede4 1/2 pour 0/0 a clé supprimée depuis l'apprentissage.

ESTIMATION

du produit et des dépenses d'une plantation

à sucre à la Barbade. (Plantation B.)

Valeur estimée. 150 nègres à 2,250 fr 216 arpents à 2,000 fr

08 idem h 1,250 fr DESCRIPTION

de la situation de la propriété, nature du sol, etc.

paroisses de Saint-Georges, Saint-Thomas et Les limites des traversent cette propriété. Elle est éloignée de sept Saint-Joseph milles de Brigde-Town, ou l'on envoie le sucre; sa distance la son sol est formé plus rapprochée la mer est de cinq milles; d'une erre brun clair et rouge.

80 têtes de bestiaux à 375 fr 16 bouvillons à 250 fr 16 veaux à 125 fr... 10 chevaux à 1,500 fr

Bâtiments et ustensiles TOTAL

en monnaie courante

pour 0/0 On en monnaie d'Angleterre, à 133 1/2

357,500' 432,000 122,500

30,000 4,000 2,000 15,000 125,000 1,068,000

801,000


586 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. Montant du bénéfice lorsque le sucre, à cause de sa qualité supérieure, vaut 46 fi". 85 c., monnaie anglaise, par 100 livres,

Le voisinage d'une île étrangère donne aux noirs la facilité d'échanger avec avantage leurs volailles, leurs porcs et les produits de leurs terres contre des productions des Etats-Unis. Il ne peut pas en être, ainsi à la Barbade , où la population est plus compacte relativement à la quantité des bonnes terres, de sorte qu'un propriétaire, au moyen de son capital et d'une habile division du travail, est à même de récolter, pour la nourriture de ses esclaves

pour o/o par an. Par sa belle position et ses beaux produits en sucre, cette plantation est un exemple avantageux en faveur de la culture de l'île. Les prix ont été cotés d'après le cours moyen des ventes de l'époque. Lorsque les propriétés ne sont pas situées de manière à profiler des pluies qui tombent en abondance, les bénéfices ne sont pas 97

beaucoup plus qu'ils n'obtiendraient eux-mêmes des terrains qu'on leur donnerait à cultiver. Dans chaque colonie il existe des circonstances locales qui influent sur le système de culture; elles ne peuvent être comprises facilement par les personnes qui ignorent certains détails aussi fastidieux à rapporter que difficiles

aussi grands Les détails fournis dans le compte de la plantation A mettent à même de comparer le système suivi à Torlola pour la culture des terres et la nourriture des noirs, avec celui pratiqué à la Barbade ; toutefois, quelques explications sont nécessaires. A Tortola on donne des terres aux esclaves, et la farine d'Amérique

à comprendre.

s achète à meilleur compte qu'on ne pourrait l'obtenir dans l'île. 2.

APEEÇU

détaillé, four 1832, d'une plantation à sucre de 150 noirs et 314 acres de terre, située à la Barbade.

PRODUCTION TOTAL

PRIX DES ARTICLES.

NATURE DE LA CULTURE.

en monnaie (Monnaie courante.)

Arpents. 33 33 6 70 20 20 17 2 15

Plants Je cannes Rejetons Pépinières Millet Maïs Patates douces Ignames et choux caraïbes Citrouilles ou giraumonts Pois Jardins do nègres Terres affermées Pâturages et terres en friche. . . TOTAUX

116

gall.

gail.

5,216

1,600

boiss.

boiss.

liv.

liv.

liv.

liv.

boiss.

250 120,000 60,000 50,000 15,000 200

9 10 54 116

1. s. d. Sucre à 40 liv. le boucaut

1,050

314

courante.

5,216

1,600

1,050

1/2

100

1,400

800

1/2

50

200

250

250

120,000 60,000 50,000 15,000

4,640 00 00

Rhum à 2 sch. 8 don. le gallon.. Mélasse à 2 sch. le gallon Millet a 10 sch. le boisseau Maïs à 7 sch. 6 d. le boisseau. . . Patates à 7 sch. 6 d. le quintal.. Ignames et choux à 7 s. 6 le quint. Citrouilles à 7 sch G d. le quintal. Pois à 12 sch. le boisseau

200

Produit brut

695 160 525 93 450 412 56 125

9 00 00 15 00 10 5 00

4 00 00 00 00 00 00 00

7,157 19 04

DÉPENSES Consommation des noirs La famille et les serviteurs blancs , ainsi que les chevaux, hôtes à cornes et animaux do toute espèce consomment, sans y comprendre ce qui s'emploie à planter et à semer

250

67,512 40,000 30,003

12,000

150

52,488 20,000 20,000

3,000

50

FRAIS DIVERS.

1,227 15 00 3/4

On emploie environ 10,000 kil. de choux et d'ignames pour plants.

60 quint, poisson salé à 35 sch. chaque 105 00 3 barils porc 22 10 60 boisseaux sel à 5 sch. choque. ... 15 00 Articles divers pour les malades 30 00 Habillement Honoraires do médecin Salaires Impôt coloniul de 4 1/2 p. 0,0 Nourriture des serviteurs blancs, consistant, indépendamment des légumes, en porc nourri sur la propriété Planches et douves Salaires d'ouvriers Cercles et chaux Réparation des bâtiments Frais divers

654 14 11

172 10 00

1

TOTAUX

] 50

1,600

1,050

250

120,000 60,000 50,000 15,000

CONSOMMATION DES NOIRS (Rations par jour). Hommes et femmes 86 2e atelier, garçons et filles 20 2 pintes de millet ou 2 pintes 1/2 de maïs. 3e atelier 18 1 pinte 1/2 de millet ou 2 pintes de maïs. Enfants inoccupés 15 1 pinte de millet ou 2 pintes de maïs. Petits enfants 11 Les patates et les légumes se distribuent à raison de trois livres par pinte de millet.

200

Total des dépenses

Les dépenses totales étant de Et les produits de

150 80 230 247

00 00 00 00

00 00 00 00

50 140 50 50 100 50

00 00 00 00 00 00

00 00 00 00 00 00

3,201 19,11 3/4 3,201 10 11 3/4 7,157 19 4

Il reste net, voleur en monnaie courante 3,955 19 4 1/4 Soit en livre, sterling, au change dc 133 1/3 p. 0/0, 2,966 liv. 19 sch. C den., ou en francs, 74,175 francs.

Porter on the sugar cane, page 326.

C.

RAPPROCHEMENT

de l'état des deux plantations A et B.

DÉSIGNATION.

PLANTATION

PLANTATION

A.

B.

Nombre de nègres . . . Quantité d acres plantées en cannes Idem concédées aux nègres ou en jardins Idem en pâturages ou incultes Idem en prairies artificielles Idem cultivées en maïs et en millet Idem cultivées en patates douces, ignames, ctc Quantité d animaux produisant des engrais, tels que chevaux, mules, jeunes boeufs veaux ctc Idem de livres de sucre fabriqué chaque année.. . . Idem de. gallons de rhum idem BÉNÉFICE

calculé sur le montant du capital

ou

150

135 y

25

122 185,600

2 1/2

p.

0/0

environ 9

p. 0/0


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE.

587

N° 132. § III. LA GRENADE. APERÇU

des dépenses et du produit d'une plantation à sucre de 264 acres d'étendue, située paroisse Saint-Georges, à la Grenade, de 1818 à 1828, d'après les comptes tenus sur la plantation même.

DEPENSES COMPRISES DÉPENSES ANNÉES.

DÉPENSES

DANS LES DÉPENSES ANNUELLES.

en

ANNUELLES.

Provisions.

Monnaie courante.

1818 1819 1820 1821 1822 1823 1824 1825 1826 1827 1828

8,309l 5,739 4,818 4,462 4,287 3,940 3,760 3,530 4,521 4,953 4,890

11"1 01 05 11 08 03 08 04 02 01 00

03s 12 05 08 16 01 10 05 02 14 00

NOMBRE

713l 1,028 602 717 673 674 933 809 954 656 737

03s 07 12 18 03 02 18 05 14 07 18

00d 02 02 06 06 00 09 08 01 09 02

Gros meubles, douves, etc.

2,013l 1,659 1,102 809 1,317 1,519 840 915 1,114 1,019 1,399

00s 16 00 09 18 10 02 03 08 19 13

FRANCS.

04d 00 03 04 09 05 05 00 06 07 10

D'ESCLAVES.

94,425 68,325 53,535 49,582 44,282 43,778 40 535 39,210 50,145 55,025 54,325

145 130 127 136 137 152 143 142 144 143 148

PRODUIT

PRODUIT

DU SUCRE

DU RHUM

en quintaux

en

de 112 liv.

gallons.

2,194 3,049 2,669 2,768 2,732 2,851 2,858 3,014 2,694 3,024 3,833

16,124 18,791 17,082 12,407 18,131 19,913 16,661 19,317 13,900 13,817 14,266

Porter on sugar cane, page 368.

N° 133. § IV. ANTIGOA. DÉPENSES

et produit d'une habitation à sucre à Antigoa, sous le régime du travail libre. (Extrait des pièces justificatives

du présent rapport, I partie, page 72.) re

DÉPENSES.

LIVRES STERL.

Travail des nègres Autres dépenses comprenant entretien des bâtiments, géreurs, médecins, forgerons et autres ouvriers, ainsi que tous les aides blancs

850

1,500

FRANCS.

21,250

LIVRES STERL.

PRODUITS.

270 barriques sucre, estimées devoir être vendues 260 poinçons de mélasse TOTAL

37,500

La dépense étant de 2,350

TOTAL.

58,750

CONTENANCE DE L'HABITATION.

REVENU NET

FRANCS.

5,400 1,500

135,000 37,500

6,900 2,350

172,500 58,750

4,550

113,750

Celte habitation, sous le régime de l'esclavage, avait 210 esclaves; elle n'a maintenant qu'environ 108 travailleurs libres, grands et petits.

80 acres plantées en premières cannes. 70 idem plantées en rejetons ou deuxièmes cannes. 70 idem en préparation pour une autre récolle. 220 acres de terres cultivables en cannes.

N° 134. § V. LA GUYANE ANGLAISE. FRAIS

d'une habitation de

DÉPENSES. Poisson salé Habillement bananes achetées Charbon de terre cl boucauts Chaloupes (cabotage) Salaires, taxes, soins médicaux Porc, riz, vin de Porto, briques, chaux, merrains, gros meubles, clous, huile, goudron, poix, cordages, bateaux Machines; réparations des bâtiments, et maisons des nègres Assurances sur les bâtiments TOTAL

1

500

travailleurs, calculés par

LIVRES STERL..

FRANCS.

677 750 1,143 1,205 300 1,500

16,925 18,750 28,575 30,125 7,500 37,500

1,096

27,400

1,000 248

25,000 6,200

7,919

197,975

M.

Rose, planteur de la Guyane anglaise1.

FRANCS.

Sucre, 10,769 quint, de 112 liv. à 12 sch.

6,461

161,525

Rhum, 58,334 gallons à 6 den

1,458

36,450

7,919

197,975

TOTAL égal à la dépense

Cet état est évidemment inexact. Il a été reconnu tel.

LIVRES STERL.

PRODUITS.

Capital engagé

120,000 liv. ou 3,000,000 fr.


588 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUTIFICATIVES. — II PARTIE. e

N° 135. § VI. NOTES DIVERSES SUR LA CULTURE ET LA FABRICATION A SURINAM. TÉMOIGNAGE

1.

de M. May, directeur de la plantation

Alkemaar, à Surinam. (C'est la plus belle plantation

de la colonie.) On ne cultive que 5oo acres cle (erre (environ en cannes. En 1838 les 500 acres ont produit : Un revenu cle 200,000 fl. forme de

200

hectares)

Le rhum de l'habitation Alkemaar s'est, vendu, à Amsterdam, l'année dernière, 2 fl. 1/4 le gallon. Sirop, 38 cents le gallon.

2.

de M. Barnett aîné, directeur de la plantation Dombourg, à Surinam.

TÉMOIGNAGE

Produit moyen d'une acre de terre : A,000 livres de sucre. Une bonne distillerie rend un gallon de rhum pour un gallon

1,500,000 livres de sucre. 30,000 gallons de rhum. 60,000 gallons de mélasse.

La vente des mélasses a suffi pour payer les frais de culture et d'administration.

de mélasse. La bagasse, résidu de la canne, passée au moulin est le meilleur fumier.

N° 136. § VII. DÉPENSES GÉNÉRALES D'UNE HABITATION A SUCRE A LA LOUISIANE. 1.

DÉPRÉCIA TION

de l'atelier.

Ces dépenses diminuent au contraire dans une mauvaise année C, où le

Un nombre de 100 nègres suppose une mortalité d'au moins 5 par an, pour cause extraordinaire, telle qu'une épidémie, etc. La dépréciation résultant de l'âge et des accidents qui en mettent quelques-uns hors de service peut être évaluée à 7 pour 0/0. En calculant la valeur de chaque

temps employé à la fabrication est plus court et où les salaires à payer se trouvent réduits d'environ 445 gourdes au-dessous de ceux d'une année ordinaire. On peut donc se borner à porter les dépenses de la même plantation pendant une mauvaise année à

4.

esclave à raison de 500 gourdes par tête, ce qui donne 50,000 gourdes pour les 100 nègres, on peut fixer au plus has le chiffre de la dépré1 ciation à 3,500g

PRODUITS

11,010g

de la plantation.

Bonne récolte. Sur la plantation prise pour exemple, on considérerait la récolte A

2.

PERTE

d'animaux.

comme excellente. Le produit de 400,000 liv. de sucre au prix de 6 centièmes la livre, est de 24,000'

Elle représente, calculée à quatre paires de bœufs de 50 gourdes

200'

Et à 6 chevaux de 75 gourde-

3.

ENTRETIEN

j

450

650

Celui de 20,000 gall. de mélasse à 18 centièmes PRIX brut vendu par un négociant

de l'atelier.

3,600 27,600

Les frais de commission, à raison de 2 1/2 pour 0/0 , le fret, le charroi, le pesage, les annonces de vente, etc., peuvent

Sur les sucreries, il n'est pas possible de récolter assez de provisions en blé, fourrage, etc., pour les hommes et les ani-

s'évaluera 5 pour 0/0,et forment, une somme de

1,380

maux; celles qui en produisent le plus ne donnent encore que 1/3 ou 1/4 de la consommation de l'année.

PRIX net de la vente par l'intermédiaire d'un commissionnaire

Il manque donc 2,500 barils de blé d'une valeur de 60 balus de foin, de l'ouest ou du nord, pour le

Duquel il faut déduire les dépenses générales du planteur pour

1,850g

l'année A Il reste pour une bonne année A

Poisson salé, 25 barils à 5 gourdes Wiskey, 300 gallons à 25 cent

14,320

180 NOTA. Les ventes se font ordinairement

Provisions. 50 barils de porc et de bœuf à 9 gourdes, ci

11,000

2,030

temps du labourage, au poids de 300 liv. chaque, représentant 18,000 liv., et à 1 centième

20,220

quatre mois de terme. Les l'abri du risque de ces ventes en payant au commissionnaire 2 1/2 pour 0/0 pour garantie de la signature de l'acheteur; planteurs se mettent

450g 125 75

Tabac, sel, vinaigre, etc

100

Provisions diverses pour les blancs et les ouvriers...

125

875

Récolte moyenne. Dans une année ordinaire B, le produit de 300,000 liv. de sucre à 0 cen-

Habillement. Tous les trois ans, une couverture et une mousti-

tièmes donne

quaire pour l'été, chemises do dessus, pantalons, robes do

18,000g

Et le produit de 15,000 gali. de mélasse à 18 centièmes

toile et jacquettes rondes d'hiver, robes de cotonnade, chemises de flanelle, capotes de laine, souliers, chapeaux, mouchoirs, etc., à 12 gourdes par tête

c'est ce qu'en France on nomme dû-croire.

PRODUIT brut

1,200

2,700 20,700

A déduire les frais du commissionnaire, à 5 pour 0/0

1,035

Hôpital. Appointements du docteur, médicaments, vêtements d'hôpital

500

Matériel. Machines A vapeur, moulins à sucre, réparations, huile, clc Chaudières et autres ustensiles, réparations, etc.,. . Houes, haches, pelles, harnais, clous, goudron, suif, enduit pour les citernes, etc

PRODUIT net de la vente

A déduire encore les dépenses générales de l'année

500g)

Il reste pour une année ordinaire B

19,665 11,455 8,210

300

1,200 400

Dans une mauvaise année C, 20,000 livres de sucre à 6 centièmes

Salaires. Gages des surveillants, du contre-maître à la fabrication du sucre et des ouvriers

1,500

TOTAL des dépenses générales pour une année ordinaire B. ..

11,455

donnent..

Les dépenses générales d'une année de bonne récolte, qui nécessite plus do temps pour la fabrication du sucre, donnent

TOTAL des dépenses générales d'une bonne année A. . . .

10,000 gall. de mélasse à 18 centièmes PRODUIT brut

Frais du commissionnaire â 5 pour 0/0 PRODUIT net

une augmentation, pour salaires et provisions, que l'on peut évaluer à

Mauvaise récolte.

445

1 1,900

Les évaluations de ce tableau sont en gourdes. La gourde vaut 5 fr. ho cent.

Dépenses générales du planteur Il reste pour une mauvaise année

12,000' 1,800 13,800 690 13,110 11,010

2,100


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE. En résumant trois années (le récolte , l'une excellente, l'autre ordinaire, et la dernière mauvaise, un planteur, dont la propriété serait libre de toute dette, retirait, d'un capital de 150,000 gourdes, un produit g de 24,630 Dont la moyenne est de

8,210

pour une année ordinaire, ce qui représente un intérêt de 5,47 1/3 pour 0/0 par an. Pour une bonne année A, il retire donc 9,54 2/3 pour 0/0 ,

Le produit des ventes de l'année B étant de Les dépenses générales de Celles pour intérêts de

589 19,665g g

11,455

15,055

3,600

Il reste pour l'année B

4,610

Les deux années de récolte, l'une bonne, l'autre ordinaire, auront donc g rapporté au propriétaire 15,330 Mais le montant des ventes de l'année C n'ayant été

Pour une année ordinaire B , 5,47 1 /3 pour 0/0, Et pour une mauvaise année, 1,40 pour 0/0.

13,110g

que de

Comme il existe un grand nombre d'exploitations et que beaucoup de

Les dépenses générales s'élevant à . ..

planteurs ont de très-forts engagements à remplir, il est nécessaire d'éta-

Et les intérêts à

blir une comparaison pour un cas semblable.

Cette année donne une perte de

Nous supposons une propriété de l'étendue et du produit de celle dont nous avons parlé, entre les mains d'un planteur qui devrait 30,000 gourdes.

11,010g

14,610

3,600 1,500

De sorte qu'il ne reste plus pour trois années que..........

13,830

Son capital ne serait donc plus que de 120,000 gourdes. Il aurait dû emprunter ces 30,000 gourdes, dont l'intérêt et la commission pour endossement de son papier équivalent 4 12 pour 0/0 par an; ce serait une dépense de 3,600 gourdes à déduire du produit net des trois années de récolte. Ainsi le produit des ventes de l'année étant de 26,220g 11,900g

Les dépenses générales de Et celles pour intérêts de

Ainsi, pour une bonne année, le planteur aurait retiré de ce capital 8,93 1/2 pour 0/0 ; pour une année ordinaire, 3,83 1/2 pour 0/0, et pour une mauvaise année il aurait éprouvé une perte de 1,25 pour 0/0.

3,600 ;

Il reste pour l'année A

Dont la moyenne est 3,83 1/2 pour 0/0 d'intérêt sur un capital de 120,000 gourdes.

10,720

N° 137. § VIII. CAPITAL ABSORBÉ IMPRODUCTIVEMENT PAR L'ACHAT OU L'ÉDUCATION DES ESCLAVES. 1.

PREMIER

exemple

Le temps pendant lequel un esclave acheté devrait travailler pour indemniser son maître peut se calculer d'après le capital déboursé, les intérêts composés et ce qu'il rapporte annuellement; mais le temps qu'il emploie réellement au travail est un fait que l'on ne peut estimer que sur des probabilités et des témoignages. Comme la méthode que l'on suit à présent pour ce calcul n'était pas encore en usage lorsqu'on posa les questions à des témoins consultés, on ne leur en adressa pas de spéciales. Quelques-uns cependant répondirent, par hasard, comme il convenait, et leurs réponses, en y joignant le sentiment de plusieurs auteurs en crédit, ont fait établir comme suit la moyenne du travail des esclaves cultivateurs, soit qu'ils aient été élevés sur la plantation, soit qu'ils aient été achetés. Années.

A la Barbadc Idem (pour une propriété, 4 ans). A la Jamaïque Idem Dans les îles anglaises à sucre en général La moyenne de ces deux périodes de 7 ans et de 7 ans 1/2 est de

7 1/2 7 7 7 1/2 7 1/4

Suivant d'autres autorités, tous les esclaves, sans distinction, sont supposés mourir ou être renouvelés (partie par importations cl partie par naissances) aux époques ci-après : A la Barbade Idem Idem Idem Idem Aux îles sous le vent.» Idem (quelquefois 7 ans). Idem (sur plusieurs propriétés 9 ). A la Dominique Dans toutes les îles 4 sucre Idem Idem Idem (en 10 ans). A Saint-Domingue

tention, celle du docteur Anderson; en 1788, il n'avait aucune donnée authentique. Il y a une chose certaine , qui est la 'seule importante, c'est que, si les esclaves cultivateurs élevés [bred slaves) n'accomplissent pas, suivant l'opinion des planteurs, plus de 7 à 8 ans de travail, s'ils meurent ou sont renouvelés en 15 ans, nous pouvons en conclure que l'existence des cultivateurs achetés (et nous nous sommes seulement occupés de ceux-ci) n'excède pas 7 ans en général. Si encore nous faisons la part des circonstances , la somme nette de travail ne se monte pas là. Si un nombre égal d'esclaves mourait jeune, jusqu'à ce que le tout fût renouvelé en 15 ans, la moyenne de leur existence serait de 7 ans 1/2. Il y aurait donc égalité, à peu de chose près, entre le travail et l'existence; mais je crois que le premier a été calculé trop haut. 1° Les Africains ont de 14 à 40 ans quand on les amène aux Indes occidentales; ceux achetés dans ces contrées, ayant été maltraités ou durement conduits par leurs maîtres, lorsque ceux-ci, dans la détresse, ont besoin de les vendre, n'ont à ce moment que très-peu d'enfants, sont eux-mêmes affaiblis par l'emprisonnement qui souvent dure plusieurs mois; beaucoup ont le désespoir dans l'âme de se voir vendus comme des bestiaux.

Dans les trois années qui s'écoulent avant qu'ils soient acclimatés , il meurt 2 sur 5 Africains amenés ; et les 14 ans qu'ils auraient remplis sont à déduire de 35 ans (5 fois 7) de travail supposé à exécuter par les 5. Il ne reste plus que 21 ans de travail à espérer pour les 4 années restant sur 7, déduction faite des 3 d'acclimatement qui sont perdues. Cela est tout à fait absurde. On peut appliquer le même raisonnement aux esclaves achetés aux Indes occidentales, qui ont aussi à souffrir beaucoup avant de s'être consolés d'avoir quitté et leurs demeures et leurs parents, °

2

14 16 16 15 15 15

14 14 16 15

et de se faire aux nouvelles plantations et souvent aux îles nouvelles dans lesquelles on les transporte. 3° Le temps de travail réel, quoiqu'il soit, est encore très-réduit par la maladie ou la désertion.

15

4° Suivant Newton, l'espèce humaine en général se renouvelle par la mort tous les 33 ou 34 ans ; mais les esclaves tant achetés qu'élevés se renouvellent tous les 15 ans, deux fois plus vite que les autres hommes, et ceux achetés seulement, quatre ou cinq fois plus vite. La moyenne la plus exacte de la vie d'un travailleur à Londres et d'un soldat de l'armée anglaise n'excède pas 10 ans; celle du

La moyenne de ces trais périodes de renouvellement, 14, 15 et 16 ans, est de 15 ans.

Il n' y a pas à chercher d'autres autorités; ces renseignements sont les seuls que j'aie pu obtenir. De ceux entre parenthèses, les trois premiers n'ont qu'une application partielle, le dernier est purement conjectural, quoiqu'il exprime une opinion digne d'at-


590 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. dernier, 7 ans, si, après s'être acclimaté, il sert aux Indes occidentales. Malgré ces considérations, nous admettons, pour mettre nos calculs à l'abri de toute objection, que le planteur obtienne 7 ans de travail pénible de chaque esclave qu'il achète; cela ne l'empêchera pas, s'il ne recrute des esclaves que par les achats, d'être bientôt complètement ruiné ; et pourtant il y a des planteurs qui ont besoin de réparer ou de faire leur fortune par le travail de ces pauvres créatures frappées de mort sur les navires de traite ou sur les plantations ruinées. C'est un aveuglement sans exemple , et que l'on peut considérer comme une vengeance pour les opprimés.

2.

DEUXIÈME

exemple.

Ce que les calculateurs, aux Indes occidentales, appellent le profit net des plantations, n'est rien autre chose que ce que nous appellerons annuités de travail, dépendant de la vie des esclaves. Dans le seul cas où les esclaves ne décroîtraient pas, ou plutôt s'accroîtraient par des naissances, on pourrait dire profit net. Si je dis : ou plutôt s'accroîtraient, c'est qu'il est clair qu'une plantation sur laquelle le nombre des esclaves ne ferait que se soutenir, est toujours exposée à la dépopulation par les épidémies, la famine, etc. On a déjà dit cela; mais on ne saurait trop souvent le répéter aux imprudents planteurs. Voici le meilleur calcul qu'il m'ait été possible de me procurer sur ces annuités de travail ou profit net, pendant 40 ans, finissant en 1807. 1° En 1768, M. Frère dit que le revenu delà propriété foncière , à la Barbade, n'est pas de 4 p. 0/0 par an. 2 En 1774, M. Long établissait que les produits des plantations à sucre, à la Jamaïque, suivant les circonstances, s'élevaient à 1 1/2,3 1/2 et 10 p. 0/0. Il fixait le produit net à 8 p. 0/0. 3° En 1789, M. Steele portait le revenu d'une plantation, à la Barbade, sur les terres et les objets périssables, à 8 p. 0/0. °

4° Pour la même année, le produit, dans différentes îles, est porté à 3, 3 1/2,4, 5 et 6 p. 0/0. 5° En 1793, M. Edwards, calculant sur les bois achetés, abattus, et sur les terrains mis en culture, évalués à la moitié de la valeur des terres cultivées à la Jamaïque, s'exprimait ainsi : Le profit net du planteur est de 7 p. 0/0 de son capital, sans rien déduire pour compenser la perte des noirs, l'intérêt d'un capital dormant et le dépérissement des bâtiments, et en supposant que le propriétaire réside sur les lieux; car, étant absent, il est sujet à une taxe annuelle de 6 p. 0/0 sur la valeur brute de son sucre et de son rhum, pour commission légale due à son agent. M. Edwards détaille les dépenses et démontre l'erreur du calcul usuel suivant lequel les frais annuels seraient couverts par le rhum. On a vu, depuis lors, qu'à la Jamaïque les dépenses en objets importés d'Angleterre et les dépenses en objets achetés dans l'île se montent, à la Jamaïque, à 25 fr. 5o cent., monnaie d'Angleterre, par chaque quintal de sucre,et, dansles autres îles, à 24 fr. 5o c., outre la valeur du rhum. 6° En 1807, on portait le produit annuel des plantations à sucre,dans les différentes îles, à 0, 1 1/2, 2 1/2,3, 6 et 10p.% du capital; sur une plantation, on les élevait jusqu'à 12 p. 0/0, pour 4 années finissant en 1798; mais ils se sont réduits, depuis, à 3 p. 0/0 et même plus bas. Ainsi, en n'y comprenant pas cette dernière plantation, mais seulement le produit 0 à 10 p. 0/0, il se trouve une moyenne d'un peu plus de 4 1/2 p. 0/0. Si nous déduisons 2 1/2 p. 0/0, ce qui est trop peu pour les charges omises par M. Edwards, et si nous réduisons de cette manière son chiffre de 7 p. 0/0 à 4 1/2, la moyenne sera de 109 francs ou moins de 4 3/8 p. 0/0 de profit net pour ceux qui élèvent des noirs et d'annuités de travail pour ceux qui les achètent, sur les 4o ans finissant en 1807. Cette proportion est la plus applicable à toutes les propriétés anglaises cultivées en sucre.

SECTION II. COLONIES FRANÇAISES1.

N° 138. § 1er. PRIX DE REVIENT DE LA PRODUCTION DU SUCRE AUX ANTILLES FRANÇAISES. (Mémoire présenté par MM. les membres du conseil des délégués des colonies, 1839.) I.

ESTIMATION

approximative d'une sucrerie d'un produit 2

annuel de 100,000 kilogrammes de sucre . Fonds de terre. 130 carrés A 1,081

25,000f 00

335,530f 90c

tières et ustensiles propres à la fabrication. 35,000 00

francs3

140,530f 00c

Maison principale

8,000 00

Dépendances de la maison, cuisine, maga-

Atelier.

sin, etc

130 esclaves à 1,500 francs1

195,000 00

Moulin et apparaux

5,000 00

Hôpital, case A platines, platines pour cuire le manioc 0,000 00 50 cases à nègres de 300 A 500 francs "... 20,000 00 Parcs et appentis pour les animaux 2,000 00

Bâtiments et usines '. 25,000' 00c

Sucrerie et purgerie, appentis de fourneaux, A reporter

c

Report un équipage à 5 chaudières, limandes et citernes, bacs à sucre, bacs à vesou,gout-

101,000 00 25,000 00

335,530 00

A reporter.,

430,530 00

1 Pour les calculs concernant la Guyane française, voir les travaux spéciaux que j'ai publiés sur cette colonie. * 2 Toutes les estimations portées dans ces deux tableaux résultent d'inventaires établis contradictoircment, et de comptes d'habitation et de gestion puisés dans les colonies aux sources les plus respectables. (Note de MM. les membres du conseil des délégués. ) 3 Le carré de la Martinique équivaut A 1 hectare 29 ares 20 centiares ; le carré de la Guadeloupe est de 94 ares 95 centiares. (Idem.) 4 Le prix de 1,500 francs a été adopté comme valeur moyenne, parce que, s'il s'est fait des ventes inférieures A ce taux, il s'en fait encore journellement A des conditions plus élevées. 1,500 francs sont d'ailleurs le prix qu'ont été vendus et que se vendent encore les ateliers ou portions d'atelier ; aujourd'hui même on trouve difficilement de pareilles acquisitions A faire. (En général 80 ouvriers employés A la culture supposent un atelier de 150 nègres.) (Idem.) La valeur des bâtiments est établie eu égard A l' état de vétusté. En général l' estimation est en raison du prix des matériaux et de la main-d'œuvre, sans tenir compte des frais de transport, de manœuvres, etc., qui sont A la charge de l'habitation. Quant aux bâtiments de luxe, il n'en existe pas; ceux devenus inutiles s'estiment pour les matériaux. (Idem. ) « Les cases A nègre que l'on bâtit maintenant coûtent 500 francs. Sous le rapport du logement, comme en tout le reste, il a été apporté de notables améliorations dans le régime des esclaves.

(Idem.)


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE. 436,530 00

Report

Report

Voitures et ustensiles.

591 15,550 00

Vêtements et linge d'hôpital.

6 voitures, 2 charrues, 1 charrue fouilleuse, garnies, outils, meule et cloches montées , etc

800 aunes de toile à 1 fr. 50 cent 10,000 00

1,200 00

Casaques et capotes...

300 00 1,500 00

Bestiaux '.

c

Remplacement des bestiaux*.

25 mulets à 450 francs

11,250 00

40 bœufs à 350 francs

14,000 00

50 vaches et suites à 100 francs

2,000 00

5 bœufs à 700 francs (prix courant)

1,100 00 —

2 mulets à 550 francs

5,000 00

3,100 00

30,250 00

Entrelien des bâtiments et usines.

Culture, récolle pendante.

Mécanique, charpente et apparaux du mou-

200,000 livres de sucre, dont la moitié et les sirops pour la fabrication, reste 100,000 livres net à 25 francs, 2

les frais de vente déduits

1,800 00

lin, dépense annnelle. Equipage, 5,000 francs; citernes, limandes,

25,000 00

bacs à vesou et à sucre, ustensiles et gout-

Plantations pour l'année suivante, estimées

tières, 5,000 francs, ensemble 10,000 fr.,

60,000 livres, dont trois quarts et les si-

à renouveler dans 15 ans, soit pour un an

rops pour la fabrication et les (rais de culture, reste 15,000 livres à 25 francs... .

3,750 00

Terres en labour ou prêtes à être plantées. .

700 00

666 66

50 cases à nègres à renouveler dans 25 ans 800 00

(20,000 francs), pour un an 29,450 00

Le reste de l'article bâtiments et usines (53,000 francs), à renouveler dans 40 ans,

Bagasse et engrais.

1,325 00

soit pour un an Bagasse pour cuire 50 à 60 barriques .....

2,500 00

Fumier pour

1,500 00

4,591 66 Impôt communal

250 00

4,000 00 TOTAL Ou en somme ronde

24,991 66'

TOTAL

510,230 00

En somme ronde, 25,000 francs pour 200,000 livres de

500,000 francs.

sucre, soit pour 50 kilogrammes8

2.

ÉVALUATION

approximative des dépenses d'une sucrerie

d'un produit annuel de 100,000 kilogrammes de sucre.

12 50

Il faut y ajouter les frais de vente et de transport dans le pays,savoir : Fret de l'habitation à la ville pour 50 kilogr.

1 20

Gestion, appointements du géreur

5,000f 00c

Commission à 2 1/2 pour 0/0

0 37 1/2

Médecin, par abonnement ou par visite

1,000 00

Magasinage, charroi, conditionnage à 5 fr.

Médicaments3

500 00 300 00

tions

1,000 00

Renouvellement des outils, houes, serpes, etc

250 00

200 futailles à sucre, à 15 francs

3,000 00

Vivres . 4

150 quintaux de morue à 20 francs 30 idem de riz à 30 francs

50 kilogrammes

0 85

T out le monde sait que les irais de rabattage, de fret de la colonie en France, de vente, etc., sur les marchés de la métropole, le déchet, la différence de tare, etc., représentent, d'après les documents les plus positifs, une somme, au minimum 9, de

f

0 50

2 92 1/2

Renouvellement, dans dix ans, des voitures, charrues, ustensiles, soit pour un an

la barrique, pour 50 kilogrammes Impôt colonial, dit droit de capitation, par

Fret des objets de consommation de la ville aux habita-

c

3,000 00

TOTAL

15 00 30 42 1/2

900 00

Farine et aliments, outre ceux fournis par l'habitation

600 00 4,500 00 A reporter

15,550 00

Or, jusque-là il ne s'agit encore, pour le producteur colon, que du remboursement de ses avances journalières ou annuelles pour amener 5o kilogrammes de sucre à l'entrepôt du marché de consommation; mais, dans cette énumération de ses dépenses,

1

Les animaux s estiment sans égard â leur acclimatement et à leur habitude du travail, mais en tenant compte de leur âge et de leur état de santé, ce qui les remet presque toujours, terme moyen, au prix de cargaison porté ci-dessus. (Note de MM. les membres du conseil des délégués.) Dans les quartiers où les habitations sont en généra! d'une médiocre étendue et ont peu de savanes, le nombre des bêtes à cornes y est moindre; mais on y supplée par une plus grande quantité de mulets. Le résultat est le même pour l'estimation de la propriété et pour l'évaluation de la dépense. 2 C'est-à-dire dans l'usine. En 1838 ce prix est tombé à 15 francs et au-dessous. (Idem.) 3

II arrive souvent que la maladie d'un seul esclave coûte les deux sommes portées ci-dessus pour médecins et médicaments. Les visites extraordi-

naires de médecins coûtent de 20 à 40 francs, selon la distance. (Idem.) 4

Les nègres convalescents sont nourris de la table du propriétaire. Cette dépense ne peut guère être évaluée; elle rentre dans la dépense particulière du propriétaire. Quand il est absent, cette dépense se trouve comprise dans les appointements du géreur, qui, dans ce cas, sont toujours plus considérables. — 11 s'agit, bien entendu, d'une habitation où le samedi est donné toute l'année aux nègres. (Idem.) 5

C'est le prix de France. (Idem.)

6

II y a lieu à augmenter le chiffre de celte dépense, à cause des morts accidentelles. Dans l'évaluation de la sucrerie, le prix des bœufs n'a été porté qu'à 350 francs, et celui des mulets qu'à 450 francs; mais ici il s'agit de bestiaux acclimatés et habitués aux travail, et dont le prix est nécessairement supérieur à celui de cargaison; bien entendu qu'il ne s'agit ici ni d'épizooties, ni d'autres cas de pertes extraordinaires et malheureusement trop fréquentes. (Idem.) ' Toutes ces dépenses ont été évaluées pour une habitation dans une situation normale, sans s'arrêter à la différence en plus qui doit résulter pour une gestion que le malheur des temps et les mauvaises lois économiques rendent nécessairement plus onéreuse. ( Idem. ) 8 Avant 1830, les renseignements les plus positifs portaient ce prix à 15 francs; la réduction est de 20 pour %. La nécessité a enseigné l'économie. Cette différence de 20 pour 0/0 est énorme, si on considère qu'elle ne porte et ne peut porter que sur une partie de la dépense. Tout ce qui tient au bien-être des nègres n'a pas été réduit; bien au contraire, cette partie des dépenses a augmenté et tend à augmenter encore. Les articles Gestion, Médecin, sont restés les mêmes qu'avant 1830. (Idem,) Dans une note lue, le 19 janvier 1836, par M. le ministre du commerce à l'assemblée générale des conseils d'agriculture, des manufactures et du commerce, ces frais sont évalués de 15 à 17 francs. (Idem.)


592 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES,—PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE. e

lien ne représente ni le salaire de son industrie , ni l'intérêt de son capital fixe, dont les éléments ont été rigoureusement détaillés dans l'appréciation des valeurs dont se compose une sucrerie coloniale ; et cependant cet intérêt, quel que soit le taux auquel on l'admette, constitue exclusivement la rémunération du travail et le seul moyen d'existence du planteur, et, par conséquent, est le principal élément du véritable prix de revient du sucre colonial. En admettant donc qu'on puisse prétendre qu'un intérêt de 5 pour % doive suffire à cette industrie et à celle nature de biens, on arrive, dans cette hypothèse, aux résultats suivants : Une sucrerie qui produit 100,000 kilogrammes de sucre, représentant , selon le détail ci-dessus, un capital réel de 5oo,ooo fr. l'intérêt à 5 pour % de ce capital répond, pour chaque 5o kilogr. de sucre, à une répartition proportionnelle de 12 fr. 5o cent., qu'il faut ajouter aux déboursés déjà énoncés, pour avoir le véritable prix de revient (qui, pour le planteur, est le prix vénal nécessaire). Ce prix, sur le marché du producteur, c'est-à-dire aux colonies, devra être de 27 fr. 92 c. 1/2 , savoir: Déboursés de fabrication

12f 50c

Frais accessoires jusqu'à l'embarquement

2 92 1/2 12 50

Intérêts du capital fixe TOTAL

27 92 1/2

A l'entrepôt des ports de France ce prix devra être de 42 fr. 92 -cent. 1/2 , savoir : Prix de revient de la fabrication coloniale

27f 92c1/2

Frais de navigation et autres

15 00 42 92 ;

TOTAL

A l'acquitté, c'est-à-dire sur le marché de consommation, le prix devra s'élever à 67 fr. 67 cent. 1/2 , savoir : Prix d'entrepôt

42f 92c1/2

;

Droit perçu en douane

24 75 67 07 j

TOTAL

D'où il résulte évidemment que, dans les prix de 51, 52, 53, cl même 54 francs (au droit actuel), qui, depuis six mois, sont ceux du marché métropolitain, non-seulement il n'y a pas un centime pour représenter les intérêts dus au capital fixe du colon, mais encore que ce capital est journellement entamé, et que la ruine du planteur devient aussi imminente qu'Inévitable.

N° 139. § II. GUADELOUPE. A. PRIX de revient de la production du sucre aux Antilles et

Report

faits divers concernant les propriétés et la culture, d'après

246,400

Nègres.

les calculs fournis par M. Lavollée, inspecteur des finances.

1.

GRANDE

propriété.

Population

200 nègres.

Revenu

400 barriques à 500 kilos chaque.

Capital engagé. — Bâtiments.

85 nègres cultivateurs, ouvriers, laboureurs, sucriers, etc

127,500'

50 nègres, moyen atelier, à

.60,000

65 enfants ou vieillards

39,000

Bestiaux. 25 mulets à 600 francs

15,000'

48 bœufs à 400 francs

19,200

Vaches, suite, etc Moulin. — Le moulin à vent avec le bâtiment qui le contient coûte

Prenons le plus ordinaire........

43,200

9,000 TOTAL du capital engagé

25,000 francs; celui à eau, de 15 à 18,000 francs; celui à vapeur, de 35 à 50,000 francs.

226,500

655,000f

25,000'

Dépenses annuelles obligées.

Sucrerie. — Vastes bâtiments à loger les sucres de toute une récolte et dans lesquels se trouvent les équipages, les citernes et tous les appareils do fabrication

20,000

Équipages montés.— Appentis de fourneaux, ustensiles, etc. Maison de maître..

6,000 20,000

Dépendances.—Cuisine, magasins, etc

4,000

Hôpital et dépendances

4,000

Case à farine

2,500

Cases à nègres. — 80 à 350 francs

Vêtements. — Pour grands et petits, casaques à nègres, capotes de commandeurs, etc

Tonnellerie et chantiers

2,400 138,900f

5,400' 3,500

8,900'

100 carrés à 500 francs Bois; 150

150,000f 50,000

id. à 250 francs

237,500

37,500 A reporter

3,800

400 barriques vides pour recevoir le sucre Pour le rhum , 12 barriques à 30 francs

5,000

Renouvellement de boucs, coutelas et autres outils

1,500

360

boursés faits pour améliorer les fumiers des parcs de l'habitation, pour les saturer de lessive de chaux , etc Réparations aux bâtiments et usines

1,500 5,600

Remplacement annuel des bestiaux :

Terres. Terres à cannes. 150 Carrés à 1,000 francs.... Savanes,jardins à nègres, friches et jachères;

10,800

Fumier et engrais. — Nous n'entendons pas parler de l'acquisition des engrais réduits, nous évaluons seulement les dé-

Ustensiles.

Charrues, harnais, outils, etc

autres, enfants, vieillards, malades, ou paresseux et sans conduite, reçoivent l'ordinaire.

19,000 8,000

Charrettes et tombereaux

Vivres. — Sur une population de 200 individus, 100 peuvent prendre leur samedi en remplacement do l'ordinaire; les

100 ordinaires : 2 liv. 1/2 de morue ) à 2 fr. pour 52 semaines c . 11/2 /2, de 2 pots de farine

2 Cases à bagasse

TOTAL

8,000' 2,500

28,000

Vinaigrerie. — Pièces à grappes, alambic, fourneaux, ustensiles

Gestion. — Appointements du géreur et autres Médecin. — Médicaments, frais d'hôpital

246,400

3 mulets

1,800'

6 bœufs

1,800

3,600

Nous déduisons de la valeur des bœufs le prix obtenu de 4 bœufs de réforme. A reporter

42,660


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE. Report

42,660

Droit colonial à 10 francs le quintal (le sucre brut Impôt communal à 2 francs par nègre

4,000 300

Magasinage et commission de vente sur le marché de la colonie

8,100 TOTAL

55,060

Report

3,000

2 mulets et 2 bœufs. (Nous ne faisons pas la part des perles extraordinaires, bien que ce soit ici le cas. )

1,800

Droit colonial

g]2

Magasinage et commission de vente

792 3,000

TOTAL des dépenses obligées

5,060 RESTE

6,250

Réparation des bâtiments, usines, etc

Frais de gestion, faisance-valoir, etc

Déduisant de cette somme les dépenses auxquelles la rhumerie a donné lieu

593

15,454

50,000

Il aura donc été dépensé, dans la localité la plus favorable, une somme de 5o,ooo francs pour arriver à produire 400 barriques de sucre, soit 200,000 kilogrammes. Les 5o kilogrammmes de

Ainsi,dans les conditions défavorables établies ci-dessus, il faut dépenser une somme de 15,454 francs pour arriver à produire 3o,000kilogrammes de sucre et environ 12,000 gallons de rhum; déduisant de la dépense totale celle occasionnée par la fabrication du rhum, on aura un prix de revient de 23 fr. 33 c., non com-

sucre reviennent donc à cette habitation à 12 fr. 5o c., non compris l' intérêt du capital ; et si la vente de ces sucres a lieu au prix actuel de 25 francs les 5o kilogrammes, le propriétaire aura une somme de 5o,ooo francs pour l' intérêt d'un capital de 655,300 fr.

pris l'intérêt du capital, pour 5o kilogrammes de sucre. Vendu à 25 francs, le capital engagé ne rapporte qu'un intérêt de 0 4/10 p. 0/0 par an.

c'est-à-dire 7 6/10 p. 0/0, plus les produits du rhum qui peuvent élever ce chiffre de 2 p. 0/0, total 9 6/10 p. 0/0.

B.

EXTRAIT

des notes de l'administration coloniale en réponse à M. Lavollée.

2.

PETITE

propriété. GUADELOUPE.

Population : 60 esclaves.

Avec engrais les terres donnent

Revenu : 60 barriques de sucre de 500 kilogrammes chaque.

Estimation. Moulin et canal

20,000f

Sucrerie et purgerie

20,000

Une case à bagasse Parcs

1,000

Maison de maître

8,000

Dépendances et cuisine

2,500

Case à farine, grages, platines

2,200

Hôpital et dépendances

barriques de sucre par

58,200f

Premiers rejetons

1,500 à 2,000

Deuxièmes rejetons

1,000 à 1,500

Manioc.

25,500

La même terre donne pendant quatre années de suite. On accorde aujourd'hui 7 à 10 pour 0/0 de tare sur le poids brut du sucre. Nature des engrais employés.

Terres. 50 carrés en cannes

50,000

id, vivres et jardins 40 id. bois

15,000

30

10

2,500 à 3,000 kil.

Cannes plantées

2,500

10,500 15,000

Vinaigrerie

à

Moyenne des revenus des plantations à sucre à la Guadeloupe.

2,000

Cases à nègres, 35 à 300 francs

8

hectare.

75,000

Poudrette, sang desséché, morue. Celle-ci se vend 100 kilos.

francs

12

les

10,000

Valeur vénale des terrains. Bestiaux. Terres à cannes 16 bœufs à 400 francs

6,400

16 mulets à 600 francs

9,600

Vaches et suites

2,000

40 esclaves A 1,500 francs 20

60,000

id. à 500 francs

10,000

70,000

Ustensiles. Cabrouets, charrettes, tombereaux

2,500

Outils, ustensiles de sucrerie, bâts, etc

3,500 TOTAL

400

Bois et savanes

250

C'est tout au plus le sixième de la récolte du sucre qui, dans la fabrication, arrive à la qualité de bonne quatrième. Rendement des sucres purs plus élevé que celui des sucres inférieurs : ceux-ci 75 pour 0/0 ; les sucres purs 90 pour 0/0. Frais accessoires d'un boucaut de sucre.

6,000 252,700

Dépenses annuelles obligées.

Vêtements, casaques, capotes, etc

Fret jusqu'à la Pointe-à-Pître

7

Roulage, pesage et magasinage

3

les 100 kilos

Fret A 10 francs

600

noues et coutelas

250

Frais d'hôpital

600 A reporter

6,250f

10

Ensemble

750' 1,350

11

Impôt en remplacement de la capitation

930

Futailles, 60 à 12 fr. 50 c

12f

Boucaut

Commission à 5 pour % sur un prix moyen de 22 fr.

Nourriture : 30 ordinaires par semaine à 2 francs par nègre, 60 francs; soitpour 52 semaines 3,120f

11.

600

à vivres

18,000

Nègres.

1,200 fr. l'hectare.

à café

43

ou 4 fr. 30 cent, par kilo.

Une machine à vapeur, dont le transport d'Europe avait coûté 439 francs, a coûté 1,348 francs pour être transportée de la Pointe-à-Pître à l'anse Bertrand.

38


594 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES.— PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

N° 140, § III. MARTINIQUE. DÉPENSES

et produit d'une sucrerie située au Vauclin ( Mar-

tinique), l'un des quartiers qui tient le milieu, quant au sol, entre les bons et les mauvais (s'il en est de mauvais), d'après M. Lavollée. ANNÉE 1838.

Morue 29,171 livres

5,609f

402 barils de farine de manioc et de maïs

9,329

Frais d'hôpital, médecin compris pour 800 francs. .

1,970

16 milliers de merrains pour barriques

3,498

1,123 planches pour fonds de barriques et réparation.

2,763

Feuillards pour le rabotage

1,915

31 barils de clous à barriques de 50 kilogrammes...

1,149

Rabatage sur l'habitation de 499 barriques à 1 fr... .

499

Façon des barriques

282

500 livres de vieilles cordes pour ligatures de cercles.

193

96 houes

348

84 coutelas

270

3 charrues, ou réparation de charrues

360

Compte de forge

823

Compte de charronnage et de roues

661

312 hectolitres de chaux

624

Ouvriers maçons et charpentiers

605

Bois du Nord, du pays, fourches, pour réparation. . Façon d'un bac à sirop Étrennes suivant l'usage

1,096 250 300

Suaire.

10

14 baptêmes à 5 francs

70

Gratification de 20 francs aux 14 mères A reporter.,

280 32,904

Report

32,904

Dépenses pour un mariage

20

Gratification aux laboureurs

67

Honoraires des commandeurs

120

Diverses et menues dépenses

4,417

Appointements du géreur

12,000

Achat de bestiaux (dépense exceptionnelle)

11,400

Droit colonial sur 577 barriques à 8 fr. 50 cent. ( 17 francs par 1,000 kil.)

4,980

Fret de l'habitation, à Saint-Pierre, de 581 barriques. TOTAL de la dépense

Récolte

7,265 73,173

581 barriques.

En divisant le montant de la somme dépensée par le nombre de barriques récoltées, on trouve pour chacune d'elles 125 fr. 94c. Nous supposons chaque barrique du poids de 5oo kilogrammes, bien qu'il soit toujours plus fort; et le prix de revient ressort à 12 fr. 59 cent, par 5o kilogrammes de sucre. Mais il faut remarquer que dans la dépense figure une somme de 1 1,400 francs pour achat extraordinaire de bestiaux. Cette depense exceptionnelle, faite comme augmentation du capital, ne saurait entrer dans les charges habituelles de la faisance-valoir; en conséquence, nous la retranchons des 73,173 francs. Il ne reste donc plus en dépense effective que 61,773 francs, qui donnent 106 fr. 32 cent, de frais de production par boucaut, ou 10 fr. 63 cent, par 5o kilogrammes de sucre, prix de revient égal à celui indiqué pour la première catégorie. Il faut remarquer que, dans les dépenses annuelles, le géreur figure pour une somme de 12,000 francs.

N° 141. SECTION III. PRIX DE REVIENT DE LA CULTURE SOUS LE RÉGIME DU TRAVAIL LIBRE A LA JAMAÏQUE. —VALEUR DES PROPRIÉTÉS. des magistrats spéciaux de la Jamaïque sur la valeur des propriétés et sur le prix du travail.

RAPPORTS

20 novembre 1838.

Lors de l'affranchissement définitif, on prétendait que , si cette mesure pouvait être avantageuse aux grandes propriétés, elle serait la ruine des petites. L'événement a complètement prouvé la fausseté de cette assertion ; car les petites plantations ont été les premières où le travail s'est établi, parce que, malgré la modicité de leurs ressources pécuniaires, les propriétaires, d'après le bas prix des salaires, ont été à même de faire ce qu'ils n'auraient pu entreprendre sous le régime de l'apprentissage. Quant à la culture des propriétés en général, j'ai pour moi les calculs d'une personne qui a résidé longtemps dans le pays. Ces calculs prouvent que les haltes de bestiaux peuvent être entretenues avec un tiers en moins de travailleurs que pendant l'esclavage ; une bonne propriété à café et une plantation sucrière, avec un tiers de plus, environ. Signé GRANT.

19 février 1839.

Dernièrement, il s est vendu une propriété de l'intérieur, située défavorablement, a cause de sa distance considérable de tout

port ou point d'embarquement. Le nouveau propriétaire espère retirer de la récolte de cette année, tous frais payés, la moitié du prix de son acquisition. On dit que ce domaine a été payé 5,ooo liv., monnaie locale. Signé CARNABY. 24 février 1839.

On se plaint généralement de ce que les frais du tonneau varient, suivant les circonstances, de 3 liv. 10 sch. à 5 liv. Sansaucun doute, l'extension de l'application des machines et les autres améliorations amèneront par la suite une réduction des prix. Signé

DAUGHTREY.

27

mars 1839.

Quant à celle assertion , que les produits sucriers peuvent supporter le taux élevé des salaires, il n'y a qu'une chose à dire, c'est que l'expérience a prouvé que la dépense par tonneau varie de 3 liv. 10 sch. à 5 liv. Le planteur peut donc ainsi calculer ses dépenses cl ses profits. Le prix de vente du sucre dans la colonie étant de 40 sch. à 54 sch. par quintal de 112 liv., et celui du rhum de 6 sch. 8 den. à 8 sch. 4 den. par gallon, il est facile de prouver que le résultat est extrêmement favorable au propriétaire. Signé

LYON, DILLON

et

KILLY.


ÉTUDE DE L'EXPÉRIENCE ANGLAISE. — CHAP. XII. PLANTATIONS A SUCRE. 30 mars 1839.

Nous pouvons signaler, comme preuve de la prospérité du pays et delà confiance générale dans la durée de celte prospérité, l'augmentation de la valeur de la propriété territoriale, et la difficulté de se procurer, à aucun prix, des maisons de résidence, particulièrement dans les environs des villes, où néanmoins on a fait nouvellement des constructions considérables. Les marchands se livrent aux spéculations ; les artisans sont recherchés avec empressement; enfin le public commence à s'apercevoir que les plaintes hautement répétées sur la ruine du pays provenaient de causes plutôt imaginaires que réelles. Signé

BELL.

et

JACKSON.

1er avril 1839.

Dans cette paroisse, la dépense de fabrication du sucre est généralement de 4 liv. 10 sch. par tonneau , environ ; à ce prix, les planteurs se déclarent satisfaits. Signé PRINGLE.

6 avril 1839.

Du temps de l'esclavage et de l'apprentissage, un entrepreneur de travaux dépensait de 10 à 12 liv. par acre pour exécuter, avec ses esclaves et ses apprentis, le travail, qui consiste à creuser des trous à cannes sur un acre de terrain; maintenant, avec des salaires de 1 sch. 8 den. par jour, un acre de trous à cannes peut être entièrement préparé pour la somme de 2 liv. 10 sch., monnaie courante; au taux de 2 sch. 1 den. la journée, il coûtera 3liv. 2 sch. 6 den. ; à celui de 2 sch. 6 den.,il coûtera 4 1iv.10 sch., et à celui de 3 sch. 4 den., taux le plus élevé dont j'aie entendu parler, il ne revient qu'à 5 liv., ou moitié delà dépense d'autrefois. La dépense totale de chaque nègre pour le planteur était estimée de 6 à 7 liv. par an. Signé RAMSAY.

24 mai 1839.

M. Joseph Gordon, maire (custos) de cette paroisse, a offert d'affermer, pour 2,000 liv. par an, deux domaines appartenant au duc de Buckingham. On prétend que ces domaines n'ont pas rapporté 1,000 francs par au, pendant les années dernières. Signé

lieu de diminuer, les dettes des propriétaires ayant souvent surpassé la valeur des propriétés, ces propriétés seront probablement vendues, et l'on reviendra à cultiver les produits qui seront susceptibles de maintenir en rapport la dépense et le bénéfice. Nous supposerons qu'il y a aujourd'hui un quart en moins de travailleurs occupés à la culture de la canne et à la fabrication du sucre, que du temps de l'esclavage et de l'apprentissage. On sait que, pour prouver l'impossibilité du succès du système de travail libre, des personnes citaient la diminution survenue dans le nombre des cultivateurs, immédiatement après le 1" août. Il s'est écoulé assez de temps, depuis la proclamation de la liberté, pour prouver la fausseté de ces accusations. D'abord, on ne peut établir aucune comparaison entre le travail d'un homme libre et celui d'un esclave, entre le travail forcé et le travail volontaire. On a déjà victorieusement démontré que l'intérêt personnel est le stimulant le plus énergique pour exciter au travail ; que le salaire est un mobile industriel plus puissant que tout autre auquel on puisse avoir recours. Si l'argent produit nécessairement une activité extraordinaire , il en résulte que, sous le régime de liberté, on a requis, pour exécuter la même somme de travail, un nombre moins grand d'individus que sous le régime de la contrainte. J'ai dit que c'était là un fait prouvé. Je m'en réfère, à ce sujet, à la situation de cette paroisse et à l'état des terres à café nouvellement plantées. Cet examen prouvera que les planteurs ne considèrent point les salaires comme trop élevés, car l'on ne peut supposer que l'on cherche à augmenter la culture, si cette augmentation devait être préjudiciable aux intéressés, et ne devait pas au moins les mettre à l'abri de toute perle. M. Burge veut des faits ; ce qui suit peut être considéré comme positif: « Sous le régime de l'apprentissage, j'avais, terme moyen, 200 cultivateurs par semaine. Depuis le commencement du régime de liberté, je n'en emploie, terme moyen, que 20 ou 25. Il est inutile d'ajouter que la propriété est mieux tenue qu'elle ne l'a jamais été à l'époque de l'apprentissage Je ne doute point qu'en fournissant des faits à M. Burge, agent de la colonie, les personnes de Manchester qui ont assumé cette responsabilité n'aient donné ce renseignement important et satisfaisant, à savoir que, pendant la première année du régime de la liberté, on a expédié à Alligator-Pond 1,200 tierçons de café de plus que durant la dernière année de l'esclavage; c'est-à-dire qu'on en a embarqué 2,100 en 1833, et 3,300 en 1839. Signé

GRANT.

BOURNE.

10 juin 1840.

J'ai remarqué que les personnes qui proclament le plus hautement l'état déplorable du pays sont celles qui tiennent le plus aux propriétés qu'elles y possèdent, et qui cherchent le plus à les augmenter, suivant leurs moyens. J'en connais une qui, il y a trois ans, a acheté une propriété. On lui en offrait dernièrement trois fois la valeur; et, au moment même où elle refusait, elle n'en assurait pas moins que le pays était ruiné. A Clarendon, les choses vont assez bien. Dans quelques propriétés, la fabrication du sucre n'est pas en rapport avec la dépense et les difficultés de la culture. On sait généralement que, sous le régime de l'esclavage et de l'apprentissage, les dettes de beaucoup de propriétés, engagées à des marchands anglais, s'accumulaient annuellement. Cet état de choses, préjudiciable au propriétaire, ne l'était pas au marchand qui, à la condition d'une perte annuelle pour le propriétaire, s'assurait du fret pour ses bâtiments, un intérêt de son argent, une commission pour sa peine, et le monopole des produits. Il était donc de l'intérêt du marchand de continuer la culture de propriétés pauvres et mal situées , alors même que cette culture était sans profit pour le propriétaire absent. Je pense qu'à présent les choses vont changer de face. Au II.

595

31 juillet 1840.

La possibilité de cultiver avec succès et économie les diverses productions delà colonie, sous le régime du travail libre, ayant été démontrée par l'expérience de l'année dernière, il devient désormais nécessaire de s'appliquer à découvrir le mode de travail le plus convenable, d'examiner l'intelligence déployée dans la culture des terres, la prudence indispensable pour assurer aux planteurs une succession de bonnes récoltes, enfin de calculer, d'après eux-mêmes, l'intérêt que les capitaux actuellement affectés à l'agriculture coloniale pourront produire plus tard. Signé

LYON.

7 août 1840.

Pour tous les genres d'ouvrages, on a recours au travail à l'entreprise et au travail a la tache. Le salaire payé à l'entreprise et celui du travail à la tâche ou ordinaire sont également modérés Un propriétaire m'a dit qu'après avoir tout terminé dans ses champs, ses travailleurs s'étaient engagés, moyennant 5 liv. l'acre, à abattre des bois d'une étendue, je crois, de 4o acres. Ils abattirent le bois, brûlèrent les buissons, et plantèrent ensuite

38.


596 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. - IIe PARTIE. du café, pour le prix de 5 liv. par acre. Sous l'apprentissage, ce travail, d'après le tarif de travail fixé par les planteurs eux-mêmes, eût demandé 61 hommes par acre. Cinq livres, monnaie courante, par acre ne donnent pas un schelling anglais par jour à chaque travailleur. Certainement c'est là un prix raisonnable. La préparation des pâturages, la construction ou la réparation des haies et autres genres de travaux, sont également exécutés à des

culture dont une partie ne fut jamais payée, et 60 p. 0/0 par la c'est-à et la vente. Cela eut lieu à l'époque la plus inquiétante, Quelque dire lors de la première année d'une liberté complète. ce grand que soit ce bénéfice, nous savons qu'il n'excéda point que M. Arris avait obtenu avant de disposer de son domaine M. Duncan Hamilton vendit dernièrement une plantation encore plus à Saint-Jean, et obtint de celte vente des bénéfices

prix semblables ou même moins élevés.

grands que ceux de MM. Arris et Sanguinetli. Signé

FISHBOURNE.

8 août 1840. Quelque temps après la déclaration de l'apprentissage, M. Arris acheta un domaine, situé à Saint-Thomas-du-Val. Saisi de la panique générale qui se répandit à l'époque de l'affranchissement , il vendit son domaine à M. Sanguinetti, moyennant 5,ooo liv. ( 2,000 liv. environ de plus qu'il ne l'avait payé). M. Sanguinetti, après avoir réalisé 2,000 liv. par la récolte, revendit ce domaine à M. Arris, moyennant 6,000 liv., et obtint ainsi, par une année de culture, 40 p. 0/0 de son capital,

beau- en

contribue L'absence d'une monnaie métallique courante payement il coup à hausser le taux des salaires, parce que le trav ils est nécessairement précaire. A la lin d'une semaine de dont les nègres sont souvent payés au moyen de billets ignorent la valeur, et qu'ils escomptent ensuite depuis A p. % de quel- une jusqu'à 1 0. Comme cet étal de choses favorise les intérêts moyen nts ques personnes, nous craignons qu'il ne cesse qu'au paye loi qui forcerait les banquiers et autres à faire des q en espèces, et qui limiterait l'émission de ce papier. Les bai prélèvent un intérêt considérable sur l'argent. Signé

BELL

et

JACKSON.


CHAPITRE XIII. DES INFIRMES HOSPICES, MAISONS DE CHARITÉ, ÉTAT INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE, CAISSES D'ÉPARGNE,

ET DES VIEILLARDS.

SOMMAIRE.

NUMÉROS

TITRES.

DATES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

PAGES.

I

Tordre.

N° 142.

PIÈGES

RELATIVES AUX

INSTITUTIONS DE BIENFAI-

SANCE, ETC.

février 1839.

599

1er février 1839.

Ibid.

10 juin 1839.

601

17 août 1838.

Ibid.

er

A. Extraits d une dépêche de lord Glenelg sur la convenance d'appliquer aux colonies d'Amérique la loi des pauvres d'Irlande.

Extraclsfrom parliamentarypapers, etc. .

B. Extrait du projet de loi sur l'établissement des maisons de travail.

C. Difficulté d'obtenir des législatures locales les res-| sources nécessaires pour l'entretien des pauvres et des infirmes. — Dépêche de sir W. Colebrooke au marquis de, Normanby. D. Circulaire de sir W. Colebrooke , sur le même sujet, aux lieutenants-gouverneurs des îles sous le vent.

E. Dépêche de sir W. Colebrooke à lord Glenelg, sur le même sujet. F. Statuts des sociétés de bienfaisance des frères moraves, à Antigoa.

G. Règlements de la société de bienlaisante dite Sprint] Gardai, à Saint-Jean (Antigoa).

Document recueilli à Antigoa

1

16 mars 1839.

Ibid.

1836.

Ibid.

1838.

602

603 Étal comparatif des recettes et dépenses annuelles de cette société. 304 H. Règlements relatifs au fermage des biens apparie nant aux établissements moraves, à Antigoa.

38. II.

!


CHAPITRE XIII INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE, CAISSES D'ÉPARGNE, HOSPICES, MAISONS DE CHARITÉ, ÉTAT DES INFIRMES ET DES VIEILLARDS.

N° 142. PIÈCES

RELATIVES

AUX

INSTITUTIONS DE

A.

EXTRAIT

DE

CHARITÉ,

d'une dépêche de lord Glenelg sur la con-

venance d'appliquer aux colonies d'Amérique la loi des pauvres d'Irlande. Downing-Street, 1er février 1839.

BIENFAISANCE,

ÉTABLISSEMENTS

ETC.

La conclusion pratique de ce que j'avance est qu'il serait nécessaire d'établir des maisons pour la réception de chacune de ces classes; mais il ne faudrait pas oublier, non plus, les asiles destinés aux personnes âgées et infirmes, qui seraient sans aucune

Monsieur, je vous remets une copie d'une dépêche émanée du commissaire de la loi des pauvres, M. Lefèvre. Vous remarquerez qu'il considère la loi des pauvres irlandais, votée dans la dernière

ressource de la part de leurs proches ou amis. A cette fin, une dépense très-modérée suffirait parfaitement, et l'organisation exposée dans la dépèche cijointe pourrait y obvier. D'un autre côté, le plan qui y est exposé serait d'une grande valeur, je

session du Parlement, comme un modèle qui, avec de certaines modifications, pourrait être adopté avantageusement par les législatures des Indes occidentales.

pense, si on le considérait, non comme un remède pour un mal existant, mais comme une précaution pour l'avenir. La société ayant à présent assumé sur elle l'obligation qui,

En vous transmettant ce document, pour votre gouverne, et en vous priant de recommander la loi qu'il renferme à la législature de la colonie qui est sous votre gouvernement, je crois devoir ajouter quelques remarques que l'auteur de l'original n'a point faites, parce qu'il les considérait, sans doute, comme tombant plus particulièrement dans mon domaine. Je souscris entièrement à-son opinion, en ce que la création d'une maison de tra-

jusqu'à ce jour, appartenait aux propriétaires particuliers, de soutenir les indigents, il est de la plus grande importance d'établir, tout d'abord, sous la forme d'une loi positive, les principes

vail est à la fois le remède le plus efficace et le plus humain qu'on puisse opposer à l'accroissement du paupérisme. Je conviens, en outre, avec lui, qu'un telle loi pourrait être sagement incorporée dans le code des Indes occidentales britanniques, sauf à la considérer plutôt comme une précaution contre les abus probables de l'avenir que comme une exigence immédiate. Je crois que le paupérisme, comme il existe dans ce royaume, est inconnu dans ces colonies, et j'espère qu'à moins d'être encouragé par une législation imprudente ou par une application vicieuse de la loi, il ne s'y manifestera point. La demande de travail est si grande, et les besoins physiques des classes pauvres de la société sont si restreints et si aisément satisfaits, qu'il serait difficile de trouver parmi elles un homme en santé réellement dans l'impossibilité de pourvoir à sa subsistance. Si des obstacles inutiles ne s'opposent pointa l'émigration des travailleurs, dans les colonies où la demande de travail est grande et le prix du salaire élevé, je crois que, pendant de longues années, toute personne capable et désireuse de travailler aura son existence assurée. Les seuls objets de la bienfaisance publique seront, pour le moment, des orphelins trop jeunes pour travailler, des personnes atteintes de maladies, et des personnes devenues incapables par les infirmités de la vieillesse. Dans une grande partie des colonies, un simple hôpital de dimensions ordinaires recevra tous les malades, et des dispositions seront ordonnées pour l'éducation et l'entretien de tous les orphelins abandonnés, dans une seule école, qui ne dépassera pas la grandeur ordinaire. Ceux que la décrépitude et des infirmités incurables rendront impotents trouveront beaucoup de ressources dans la charité privée et dans l'affection île leurs proches, sentiment dont la race nègre est rarement dépourvue. IL

d'après lesquels ce devoir sera dorénavant rempli. Si le système que l'on propose pour l'entretien des indigents, aux frais de l'Etat, était marqué au coin de la témérité, et si ses conditions offraient une existence dépendante, plus attrayante qu'une vie de labeur et d'indépendance, nul doute qu'une foule d'individus se trouveraient toujours prêts à profiter eux-mêmes d'une occasion qui favoriserait leur amour pour l'inaction et le repos, dispositions communes à toutes les races sous le climat des Indes occidentales. La difficulté de distinguer le besoin réel du besoin produit par l'indolence serait aussi grande là qu'elle l'a été ici. Une telle loi, promulguée en ce moment dans les colonies, serait sans doute destinée à demeurer sans application. Cependant elle agirait indirectement, pour prévenir l'accroissement du paupérisme; elle ne recevrait d'application que très-rarement, ou peut-être jamais, dans quelques colonies; mais elle aurait établi un principe solide et une règle de conduite propres à être appliqués sur une échelle de peu d'étendue, pour la distinction entre la véritable et la fausse indigence; elle fournirait aux objets immédiats de la charité publique les moyens d'échapper à un extrême besoin, partout où il pourrait se manifester, tandis qu'elle empêcherait d'être à la charge de l'Etat toutes les personnes qui pourraient trouver quelques ressources dans leur propre activité ou dans l'assistance de leur parents ou amis. Signé

B. EXTRAIT

GLENELG.

d'un projet de loi sur l'établissement des maisons de travail.

Non-seulement il a été démontré, par les recherches des personnes éminentes qui, en 1822, furent chargées de l'enquête relativement à la loi des pauvres, qu'il existait, dans le système des maisons de travail, un remède à tous les maux que nous avons énumérés plus haut ; mais ce remède a été déjà appliqué,

38..


600

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE.

en grande partie, et avec un tel succès que la législature de ce royaume a été obligée d'entreprendre, pour ce qui regarde l'Irlande, la même lâche que l'on veut recommander aux législatures des colonies des Indes occidentales, c'est-à-dire l'adoption de mesures d'ensemble pour le soulagement des indigents. Cet acte contiendra, 1° l'exposé succinct des principes sur lesquels repose le système des maisons de travail. 2° La désignation des moyens nécessaires pour réaliser ce système et pour indiquer la manière de constituer les fonctionnaires qui doivent employer ces moyens; l'acte contient des enquêtes, une exposition brève des diverses dispositions de l'acte irlandais, en faisant la distinction de ceux qui sont applicables à l'état présent des colonies des Indes occidentales, et en discucutant ceux qui semblent devoir être pris en considération. 3° Le principe sur lequel est basé le système des maisons de travail est simple et intelligible. Il consiste en ceci, que le soulagement offert aux indigents, aux frais de la communauté, doit être présenté de (elle manière, qu'il rende la condition de ceux qui le recevront moins avantageuse que celle du laboureur indépendant, ou de ceux qui, par leur propre industrie, ou avec l'aide de leurs amis, auraient des moyens de subsistance. Evidemment ce principe ne peut être mis en pratique que si l'on donne asile aux seuls indigents ; le pauvre ne devra recevoir un secours qu'en désignant la nature et la somme exacte de ses besoins, et à condition d'être placé sous l'inspection et le contrôle d'un officier spécial.

e

IX. Fixer l'époque à laquelle commencera la distribution des secours aux pauvres. X. Distribuer les secours dans la maison de travail, ce qui comprend, parmi d'autres points , les suivants ! 1° Formation d'un bureau pour entendre les demandes de secours, et décider .s'il y a lieu de les accorder; 2° La direction et le contrôle des officiers delà maison, et la nécessité de l'accomplissement de leurs devoirs; 3° Engagement pour subsides. XI. L'inspection vigilante de la maison et de ses locataires par une autorité indépendante. XII. Contrôle des dépenses. Les diverses mesures qui viennent d'être énumérées sont confiées par la législature anglaise à la surveillance de deux classes de fonctionnaires, les commissaires de la loi des pauvres et le conseil municipal. L'administration actuelle des secours est confiée à des conseils électifs choisis dans les divers districts pour lesquels ils agissent respectivement, et qui remplissent ces devoirs gratuitement.Les fonctions qui ont un caractère législatif, c'est-à-dire la formation des statuts delà maison, la fourniture de ce qui lui est nécessaire et les mesures qui y ont rapport regardent le conseil des commissaires de la loi des pauvres. Il semblerait que le peu d'étendue des colonies des Indes occidentales et les circonstances particulières où se trouvent ces établissements appellent une modification de ce système. On jugera probablement plus convenable de placer l'administration

La maison de travail offre les seuls moyens sûrs et praticables pour arriver à cette lin clans un établissement de cette na-

actuelle des secours clans les mains d'un petit nombre de fonctionnaires salariés, au lieu de la confier à un conseil nombreux

ture; chaque besoin réel du pauvre peut être soulagé, mais pour accepter de pareils secours il faut être bien réellement pauvre. C'est l'abandon de ce principe, et l'adoption d'un système de soulagement, sans maison de travail, qui a conduit l'Angleterre aux dépenses ruineuses et aux maux bien plus grands encore produits par la taxe des pauvres. Et, à moins que le principe qui a présidé à l'établissement des maisons de travail ne soit maintenu dans sa stricte et entière intégrité, il serait inutile d'espérer que ceux qui commencent maintenant une vie industrieuse et indépendante se conformeront à leur nouveaux devoirs de fournir à leur propre subsistance et à celle de leurs enfants, ainsi qu'à celle de leurs vieux parents, tout comme de prévoir les maladies et les accidents, et de se réserver les ressources qui leur seront nécessaires dans un âge plus avancé.

agissant volontairement et gratuitement. Cet avis repose sur les considérations suivantes : 1° La responsabilité des agents salariés, beaucoup plus grave que celle des agents gratuits;

4° Il est nécessaire de mentionner les mesures à prendre pour l'établissement légal des maisons de travail. Ces mesures sont : I. Définir la condition des locataires de la maison de travail, ou, en d'autres termes, la disposition de ses statuts. Jusqu a ce que les statuts soient établis il ne sera pas possible d'arriver à un résultat satisfaisant quant à la nature et à la distribution des bâtiments à construire. IL Désigner le nombre supposé d'indigents qu'on devra loger. III. Etablir et fixer la nature, la grandeur, les divisions et le plan d un maison de travail, avec ses dépendances nécessaires. IV. Choisir et acheter un terrain convenable, ou, si le cas le permet, des bâtiments déjà existants, qui pourraient être arrangés pour l'objet qu'on se propose. V. Construire la maison de travail, ou approprier à cet usage les bâtiments existants. VI. Pourvoir la maison de son ameublement et de tous les objets qui lui sont nécessaires. VIL Fournir des fonds pour le payement de ces objets et l'entretien des indigents. VIII. Nommer les officiers de la maison.

2° La plus grande uniformité et l'observance plus stricte des règles et des principes qui caractérisent la gestion de personnes inamovibles, tandis qu'il se présente de grandes variations et des contradictions fréquentes, lorsque l'administration est confiée à un conseil nombreux, dont la composition change très-souvent, tantôt par la mutation de ses membres, tantôt par l'absence des uns ou la présence des autres; 3° L'économie réelle, pour la communauté, résultant delà nomination d un conseil salarié, au lieu d'appeler un plus grand nombre de personnes qui sacrifient leur temps et leur travail; La condition spéciale des habitants des Indes occidentales, propres à celte charge, et qui se trouvent, pour la plupart, déjà engagés dans l'accomplissement de plusieurs services gratuits pour la communauté ; 5° La sévérité nécessaire à l'administration des maisons de travail: si l'administration était exercée par un conseil non salarié, composé, comme il arriverait presque toujours, d'hommes qui ont déjà été chefs d'esclaves ou d'apprentis, elle ne manquerait pas de donner lieu à d'injustes défiances. Toutes les fois que la législature d'une colonie aura contribué à l'établissement d'un corps salarié de gardiens pour le soulagement des pauvres, il doit être, eu outre, recommandé que quelques-unes des mesures exécutives que les commissaires de la loi des pauvres remplissent en Irlande soient appliquées dans la colonie. Ces mesures-consistent en une enquête préliminaire pour le soulagement des indigents; la préparation des plans de la maison de travail, le choix et l'achat d'un emplacement, l'engagement nécessaire pour la construction delà maison de travail et la surintendance de sa complète organisation. Eu égard, ceendant, à leurs bases, les statuts de la maison de travail ne définissant pas la condition des locataires de la maison, mais aussi exerçant une protection sur ceux qu'une autorité arbi-


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. —CHAP. XIII. INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE, ETC. traire des gardiens atteindrait, il semblerait imprudent de se départir des principes du bill irlandais , qui fait reposer ce pou-

D.

voir sur des officiers exerçant une espèce d'autorité législative et contrôlant, régularisant les actes des officiers municipaux. Bien que les raisons qui ont amené la création d'un tel corps en Irlande n'existent point au même degré dans les colonies des Indes occidentales, cependant un grand inconvénient se produirait probablement dans la colonie qui aurait une assemblée législative, si la législature elle-même tentait d'imaginer des statuts pour la maison de travail, et si, dans l'intervalle des sessions, il n'y avait point d'autorité constituée, ayant pouvoir de faire immédiatement aux statuts toutes modifications qui seraient rendues nécessaires par des circonstances fortuites ou imprévues; il semblerait devoir être établi que l'on formerait un conseil spécial dans chaque colonie, ayant une assemblée législative. Ce conseil consisterait en trois personnes, dont l'une serait reconnue par le gouverneur; les autres seraient membres du conseil et de l'assemblée et seraient choisis par ces corps eux-mêmes. On ne propose pas de restreindre les fonctions de ces commissaires seulement à la formation des statuts de la maison de travail, ils doivent avoir la faculté de faire tels autres règlements qu'ils jugeraient convenables pour le gouvernement et le contrôle du corps des gardiens ; ils fixeraient l'époque à laquelle l'adminis-

sujet. — Extrait d'une circulaire désir W. M. G. Colebrooke aux lieutenants gouverneurs des îles sous le MÊME

vent. 17 août 1838.

Le succès qu'a obtenu, avec le concours de la législature, la formation d'un établissement à Saint-Jean pour la réception de ceux qui, étant sans parents et amis, demandent des secours et des soins médicaux, et qui y sont envoyés des plantations environnantes à des prix fixés, m'engage à recommander cet objet à votre considération; mais, dans la majorité des cas, je sais que les habitudes simples du peuple feront préférer une légère allocation pour pourvoir ou aider à leur subsistance. La nomination d'un curateur des pauvres, dans chaque commune, sera une précaution très-urgente pour que les secours les plus prompts soient offerts aussitôt qu'ils seront requis.

E.

MÊME

sujet. — Extrait d'une dépêche de sir

serve pour eux de les renvoyer. Les commissaires auraient pareillement , soit par eux-mêmes, soit par un officier qu'ils désigneraient, à entendre les rapports des gardiens et à visiter de temps en temps la maison de travail, et à examiner la condition de ses habitants. Il semblerait que les devoirs de ces commissaires, quoique importants, ne prendraient pas une somme de temps et de travail assez grande pour les salarier. Les mesures ci-dessus mentionnées comme nécessaires à l'établissement d'un système de maison de travail seront remplies, dans les colonies ayant des assemblées législatives, non par l'action immédiate des législatures, mais par les commissaires et les gardiens, dont les fonctions ont été expliquées plus haut. Cependant plusieurs objets concernant l'administration et le soulagement des pauvres seront traites par les législatures des colonies.

C.

DIFFICULTÉ

d'obtenir des législatures locales les res-

sources nécessaires pour l'entretien des pauvres et des infirmes. — Dépêche de sir W. M. G. Colebrooke au marquis de Normanby. 10 juin 1839.

Votre seigneurie doit savoir que, dans les actes additionnels de l'abolition passés tin 1833, un fonds de réserve fut créé pour venir au secours des pauvres résidant sur les plantations, et cela pendant le terme fixé pour l'apprentissage. A l'expiration de ce système, on adopta, dans chaque colonie, une mesure temporaire pour faire face aux nécessités de la situation nouvelle. Ces ressources sont devenues généralement insuffisantes; il en est résulté de grands maux et la mort de quelques individus. D'après la difficulté qu'il y a d'obtenir des assemblées locales qu'elles adoptent des mesures générales ou permanentes, et comme, dans l'état de désordre où se trouvent actuellement les finances, les dépenses qu'occasionne l'entretien d'une maison de travail seraient un obstacle presque insurmontable, il serait convenable, au moins pour le moment, d'accepter tel secours que la législature voudrait bien accorder.

W. M. G.

Colebrooke à lord Glenelg.

tration du soulagement des pauvres commencerait, et leur approbation serait nécessaire au choix de l'emplacement et des plans ainsi qu'au coût des travaux de la maison de travail. Il faut observer, en outre, que ces commissaires devront, pour le moment, nommer eux-mêmes les gardiens salariés, sauf ré-

601

16

mars 1 83g.

Je vois avec peine la lenteur que mettent les législatures locales à prendre des mesures pour les pauvres, et pour remédier aux souffrances auxquelles beaucoup d'infirmes ont été exposés. On a démontré souvent combien la population nègre avait témoigné de sympathie pour un établissement de cette nature. Les difficultés financières qui sont alléguées ne peuvent plus être admises par ceux qui connaissent la valeur de produits qui sont, chaque année, le fruit de leur travail. Je n'ai pas manqué de recommander ce sujet important à toutes les législatures locales.

F.

STATUTS

des sociétés de bienfaisance des frères moraves, à Antigoa. (1836.)

Le but de cette société est de procurer des secours mutuels à ses membres en cas de maladie ou de misère, de pourvoir, après leur mort, aux frais indispensables de leurs funérailles, et, à l'occasion, de prêter aussi assistance, autant toutefois que le fonds social peut le permettre, à toute autre personne qui se trouve dans des circonstances difficiles. La société est administrée par des collecteurs, un directeur et un trésorier. Le collecteur est chargé : 1° De recueillir les souscriptions et d'en verser, toutes les quatre semaines, le montant au directeur spécialement chargé de les garder en dépôt ; 2° De veiller sur les membres de la société et de signaler au directeur les divers cas d'immoralité ou d'inconduite qu'il peut, y avoir à leur reprocher; 3° De s'assurer et de faire le rapport au directeur de tous les cas de maladie ou de besoin qui affligent les membres de la société, comme aussi des cas de besoin imprévus où pourrait se trouver également toute autre personne étrangère à la société ; 4° De faire connaître immédiatement au directeur le décès des membres de la société on de leurs enfants, afin qu'il puisse être pourvu en temps utile et d'une manière convenable à leurs funérailles. Chacun des collecteurs, à sa nomination, recevra un exem


602

e

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — II PARTIE.

plaire des présents statuts pour se guider dans l'accomplisse-

3° A la naissance de chacun de leurs enfants nés dans le ma-

ment de ses devoirs et pour être à même de faire connaître aux

riage, elles recevront 1 dollar pour le faire baptiser ou présenter

membres de la société les clauses et conditions qui la régissent.

à l'église.

Les fonctions du directeur consistent à tenir les comptes de la société, à diriger ses affaires et à surveiller ses intérêts. 11 préside les assemblées et est spécialement chargé de veiller à l'exécution exacte des règlements. Le trésorier de la mission des frères, à Antigoa, est aussi le trésorier de la présente société et chargé de la gestion de ses fonds.

9. En souscrivant pour 1 schelling par mois, payable d'avance, pour être portée sur la liste du médecin, toute personne, qu'elle soit ou non membre de la société, aura droit, en cas de maladie, à recevoir les secours de la médecine, ainsi que ses enfants âgés de moins de douze ans, pourvu toutefois que les maladies ne soient point occasionnées par une vie déréglée et qu'on réside dans l'étendue du district de l'établissement médical.

STATUTS.

10. Ne pourront avoir droit aux secours de la société les per-

1. La société ne se composera que de personnes appartenant à l'Eglise des frères-unis à

et faisant partie de quel-

qu' une des classes de la congrégation qui y est établie.

sonnes devenues impotentes ou infirmes par suite d'inconduite ou de débauche, ou qui se seraient blessées à dessein. 11. Tout membre de la société convaincu de crime, mis en

2. Ne pourront être admises comme membres de la société les personnes atteintes de maladies graves et incurables ou affectées

soit de fraude envers la société, soit d'opposition à l'exécution

de quelque infirmité corporelle. Les membres de la société ont seuls droit à ses bienfaits. Néanmoins la société se réserve la faculté d'y faire participer, à l'occasion, les personnes malheureuses que les circonstances

souscrit pour

un schelling

des présents statuts, soit d'insultes à l'égard d'un collecteur dans l'exercice de ses fonctions, perdra non-seulement le montant de sa Souscription, mais aussi tous ses droits aux bénéfices ultérieurs du fonds social, et ne pourra plus faire partie de la société.

auraient mises dans l'impossibilité de souscrire. 3. Chaque membre

prison par un magistrat, ou exclu de l'église ou reconnu coupable,

12. Une assemblée générale de la société aura lieu, tous les

par mois

payable d'avance.

ans, à la Pentecôte et à Noël.

4. Si, par suite des maladies générales occasionnées par la température, les fonds de la société se trouvaient épuisés, il sera fait un appel à ses membres à l'effet d'augmenter le montant de la souscription.

G.

RÈGLEMENTS

5. Celui des membres de la société qui, sans motif suffisant,

de la société de bienfaisance dite de Spring-Garden.

laisserait sa souscription en souffrance pendant trois mois perdra, A Saint-Jean d'Antigoa, 1838.

pour l'avenir, tous ses droits aux bénéfices du fonds social. 6. Les dépenses courantes acquittées, ce qui restera sur le montant des souscriptions, sera versé, chaque trimestre, entre les mains du trésorier. 7. Trois mois après son admission, tout membre de la société aura droit aux avantages ci-après : °

1

Plusieurs membres de l'Eglise des frères unis de la ville de Saint-Jean, ayant appris que quelques-uns de leurs frères et sœurs se trouvaient dans une telle indigence qu'ils manquaient, pendant leurs maladies , des moyens de se procurer une nourriture convenable, ayant appris aussi que les restes de plusieurs

il lui sera alloué a schellings par semaine lorsque, par suite

que la mort avait frappés n'avaient pu être ensevelis qu'au moyen

de maladie ou de quelque infirmité, il se trouvera réduit à ne pouvoir gagner sa vie ou se livrer à ses occupations ordinaires;

de souscriptions qu'on s'était vu clans l'obligation pénible de solliciter par toute la ville, se son! fait un devoir de chercher à re-

mais, si sa maladie ou son infirmité se prolonge au delà de

médier a une pareille calamité, de subvenir aux moyens de se-

douze semaines, il n'aura plus droit qu'à une allocation de

courir le pauvre et de provoquer une mutuelle assistance dans

1 schelling par semaine.

les cas de maladie. Dans ce but, une société a été fondée, en

a* Etant dans le besoin, il aura droit à des secours suivant

septembre 1828, sous le nom de Société de bienfaisance des

la nature du cas dans lequel il se trouvera et suivant que le per-

membres de l'Eglise des frères-unis, dans la ville de Suint-Jean, et

mettront les ressources de la société. 3° A son décès, il sera donné pour ses funérailles 6 dollars; toutefois il sera retenu sur cette somme ce qui pourrait être dû sur le montant de sa souscription.

un comité a été nommé afin d'assurer l'exécution des statuts de la société. Le nombre des membres de la société s'étant graduellement accru, et la sphère s'en étant agrandie par l'accession de diverses

4° Au décès de ses enfants, il sera également donné, savoir:

personnes appartenant à d'autres sociétés, on a jugé convenable

1 dollar pour un enfant au-dessous de quatre ans, 2 dollars pour

de lui donner un nom et d'adopter des mesures plus étendues,

un enfant au-dessous de huit ans, et 3 dollars pour un enfant

en rapport avec le développement de ladite société

au-dessous de douze ans. 8. Un an après son admission, tout membre de la société aura droit aux avantages suivants : 1° Lorsque, par son âge ou par suite d'infirmités, il se trouvera impotent et réduit à ne pouvoir rien faire, il sera admis comme pensionnaire de la société, et il lui sera alloué 1 schelling par semaine; mais, une fois devenu pensionnaire, il n'aura

Divers règlements ont été préparés en conséquence, et acceptés par la société et l'assemblée annuelle qui s'est tenue dans l'école de Spring-Garden, le 8 octobre

1832.

Ces règlements,

après avoir été revus soigneusement, ont été réimprimés pour être répandus et pour l'instruction particulière des membres que la société nommera, de temps à autre, pour la direction des affaires qui la concernent.

plus droit aux autres avantages dont jouissent les membres de la société, et, à son décès, au lieu de 6 dollars, il n'en sera plus donné que 3 pour ses funérailles. 2° Les femmes mariées, lorsqu'elles seront en couches, rece-

RÈGLEMENTS.

I

vront 1 dollar, et, un mois après leurs couches, les deux schel-

La société s'appellera Société de bienfaisance de Spring-Garden.

lings par semaine alloués en cas de maladie, si cela est jugé

L'objet de cette société est d'aider par des secours d'argent tous

nécessaire

ceux qui en feront partie, dans le cas de maladie ou de besoin


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. - CHAP. XIII. INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE, ETC.

603

imprévu ; de pourvoir, en partie, aux dépenses de leurs funé-

Tout membre du comité qui négligera de se rendre à la

railles , et d'étendre, à l'occasion, ces secours aux personnes

réunion mensuelle et ne pourra pas motiver son absence d'une

mêmes qui ne seront pas membres de la société, lorsqu'elles se

manière plausible, payera une amende de deux schellings.

trouveront sans ressources, et que l'état des fonds le permettra.

5° Si un membre du comité s'absente pendant trois mois des réunions mensuelles, sans pouvoir donner à ce sujet une raison

II.

valable, il perdra son titre de membre du comité.

Un comité, composé de quinze frères et de quinze sœurs,

6° Si un membre du comité se rend coupable, pendant une

sera nommé tous les ans pour diriger les affaires de la société.

réunion , de paroles ou de manières offensantes , ou s'il refuse

Ce comité devra choisir, parmi ses membres, un président, un

d'obtempérer à l'invitation réitérée du président, de rentrer

vice-président et une directrice.

dans Tordre, il devra être destitué, et ne pourra plus être

Tous les membres du comité, à l'exception du président, sont

admis au nombre des membres du comité que s'il obtient la majorité des voix, de la part des frères et sœurs témoins de

collecteurs et inspecteurs. Leurs devoirs, comme membres du comité, sont déterminés à

l'offense. 7° Si un ou plusieurs membres du comité se retirent de la

l'article 4. Leurs devoirs comme collecteurs consistent à percevoir les

réunion, après que le nombre des membres nécessaire aura été

souscriptions des membres en faveur de la société, à lever les con-

rassemblé, la réunion n'en continuera pas moins ses opérations

tributions parmi les membres et amis, pour le soulagement des

habituelles.

indigents, et particulièrement des pensionnaires de la société.

8° Tous les membres du comité sont tenus, lorsqu'on leur en

Les fonds de ces souscriptions et contributions devront être re-

aura fait part, d'assister aux funérailles des membres et des pen-

mis immédiatement entre les mains du secrétaire.

sionnaires de la société décédés, à moins d'une impossibilité

Comme inspecteurs, ils sont chargés de faire l'examen des rapports au sujet des souscripteurs malades ou décédés, et, si les faits mentionnés sont reconnus vrais, d'en rendre compte sur-le-

réelle. Toute infraction dans ce cas sera punie d'une amende de deux schellings. 9° Toutes les amendes imposées aux membres du comité devront être payées au secrétaire par lesdits membres, avant de

champ au secrétaire. Le devoir du président est d'assister à chaque assemblée du

reprendre leurs sièges dans le comité.

comité, et de présider toutes les réunions ; de s'assurer si les rè-

10° Il ne sera fait aucun changement dans les règlements et

glements du comité sont bien observés; d'en faire, au besoin,

l'on ne pourra remplir aucun vide dans le comité que moyennant

observer l'exécution ; de distribuer les sommes d'argent accordées

le consentement de la société.

pour cause de maladies , de funérailles, ainsi que celles dues aux

11° Une copie de ces règlements sera remise à chaque mem-

pensionnaires ; de se rendre chez les souscripteurs mâles, en cas

bre, homme ou femme, dès sa nomination comme membre du

de maladie, d'absence ou de mort de leur collecteur, et, en gé-

comité.

néral, de s'occuper, de tous ses moyens, des intérêts et de la prospérité de la société.

V.

Nul ne pourra être admis ou réadmis au nombre des membres

Le devoir de la directrice est de se rendre chez les souscrip-

de la société s'il n'habite pas la ville de Saint-Jean, s'il est âgé

teurs du sexe féminin, dans le cas où elle y est obligée par la

de moins de douze années, ou est affecté d'une maladie incu-

maladie, l'absence ou le décès des collectrices, et de veiller de

rable ou de naissance.

tout son pouvoir aux intérêts des femmes qui font partie de la

VI.

société. Toute personne admise ou réadmise par le comité au nombre III. Comme, dans le commencement, le but de la société était de

des membres de la société payera pour admission la somme de deux schellings, et recevra une copie de ces règlements.

secourir les membres indigents de l'Eglise des frères; comme aussi il est nécessaire que la société soit maintenue dans ses dispositions premières,

il

est ordonné qu'aucune personne ne

deviendra ou ne restera membre du comité, si elle n'est pas membre de ladite Eglise ainsi que de la société.

VII.

Tout membre de la société souscrira à l'avance pour deux schellings par mois. Ces fonds seront remis par les collecteurs au secrétaire, qui en rendra compte, tous les trois mois, au comité. Ce qui restera dans la caisse, à la fin de chaque trimestre,

IV. Instructions pour le comité.

en dehors des dépenses courantes, reviendra au trésorier de la société. VIII.

1° Le comité se réunira dans l'école des frères, à SpringGarden, le premier lundi de chaque mois, pour examiner les

Une personne qui aura omis de payer la souscription exigée,

demandes d'admission dans la société. Il s'assurera si les sous-

pendant six mois, cessera de faire partie de la société ou de pro-

criptions ont été lovées et remises au secrétaire ; si les règlements

fiter des avantages qui sont attachés au titre de membre, à moins

de la société ont été suivis avec exactitude. Il devra, en général,

pourtant que les arrérages ne soient entièrement soldés, ou

donner son attention à tout ce qui concerne la société.

qu elle n obtienne sa réadmission comme membre nouveau.

a" Les deux tiers des membres du comité, hommes et femmes, constitueront une assemblée. Deux frères et deux sœurs pourront aussi, conjointement avec le président et le secrétaire, former une commission pour les cas inattendus. Toutes les décisions de cette commission devront dire rapportées au comité dans la réunion du mois suivant.

IX.

Trois mois après leur admission dans la société, et après avoir payé exactement trois mois de souscription, les membres jouiront des avantages suivants : 1° Un secours de quatre schellings par semaine leur sera accordé, dans le cas où ils seraient affligés d'une maladie ou d'une

3° Toutes les questions, dans les assemblées delà société, du

incapacité corporelle qui les rendrait incapables de subvenir à

comité ou de la commission, seront résolues par la majorité des voix. Les sœurs ont la liberté de voter dans tons les cas qui ont

leur subsistance, ou les empêcherait de se livrer à leurs occupa-

rapport aux personnes de leur sexe.

inspecteurs, et notifiés au secrétaire dans les trois jours, excepté

tions ordinaires. Ces cas, du reste, devront être constatés par les


RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES, —II PARTIE.

604

e

pourtant dans les cas de détresse imprévus. Si ces maladies ou

XII.

indispositions n'ont pas une durée de trois jours, les indivi-

convaincu de Si un membre de la société est légalement fraude à quelque crime et condamné à la prison, ou s'il commet

dus qui en auront été affectés n'auront aucun droit au secours d'usage.

contrairement l'égard de la société, ou en est devenu membre envers un aux règlements, ou, enfin, se rend coupable d'insulte

2° Des secours médicaux, pour eux et pour leurs enfants lé-

gitimes jusqu'à l'âge de douze ans, dans tous les cas de mala-

montant collecteur dans l'exercice de ses fonctions , il perdra le avat autres tous des souscriptions qu'il aura versées, ainsi que tages pécuniaires, et cessera d'être membre de la société.

die, pourvu qu'ils résident dans la ville de Saint-Jean, qu'ils n'aient pas été exclus, en vertu des règlements, de toute participation aux avantages de la société, et que leurs souscriptions aient été pleinement soldées au premier lundi ou avant le pre-

XIII.

mier lundi des mois de mars, juin, septembre et décembre,

société se Si, au moment d'une épidémie, les fonds de la

époques auxquelles sera remise au docteur la liste des membres

trouvaient épuisés, chacun des membres sera tenu de

qui auront droit, dans le trimestre suivant, aux secours de la

souscrire

du reste, pour une somme plus forte que d'ordinaire, suivant,

médecine.

le besoin des circonstances.

3° A la mort des membres , on payera douze dollars pour leurs funérailles. Sur cette somme seront retenus les arrérages de sous-

XIV.

cription dus à l'époque du décès. convenable^

Pour entretenir parmi les membres un intérêt

4° Pour les funérailles d'un enfant d'un membre de la société,

âgé de moins de quatre ans ; trois dollars, s'il est âgé de quatre

uns ce qui concerne la société, et les exciter à s'aimer les de ni' la autres, à faire de bonnes œuvres et à ne pas se lasser

à huit ans, et de quatre dollars, s'il est âgé de huit à douze ans.

dans les voies du devoir, tous les trois mois,

il sera accordé le secours suivant : Deux dollars, si l'enfant est

réunions de la

des

société auront lieu le second lundi des mois de décembre, mars X.

et juin. Pendant ces réunions, on exposera les comptes du tripourront exister dan? meslre passé, on remplira les vides qui

Douze mois après leur admission dans la société, les femmes mariées auront droit à deux dollars pendant leurs couches, et

comité pour le courant de l'année, et l'on renverra à la réunion

à deux schellings par semaine,

trimestrielle la solution des questions posées par le comité-

pendant le mois de maladie

qui suivra leurs couches, s'il est reconnu qu'elles sont dans le besoin.

XV.

XI.

lundi Une réunion annuelle de la société aura lieu le second compte des un

de septembre. Dans celle réunion, il sera rendu

Tout membre de la société qui se mutilerait ou se ferait à lui-même quelque blessure, avec intention, ne recevra aucun

choisira un vaux de l'année, le comité sera renommé ou l'on en

soulagement de la société. Il en sera de même de ceux qui se

nouveau, et les questions que le comité aura pu poser seront envoyées à la réunion annuelle.

livreront à l'ivrognerie, à la débauche ou à une vie désordonnée.

oa

ÉTAT COMPARATIF

)

des recettes et des dépenses annuelles de la société de bienfaisance de Spring-Garden, à Saint-Jean (Antig

1 re ANNÉE 2e ANNÉE 3" ANNÉE 4e ANNÉE finissant finissant finissant finissant au au au au 21 septemb. 20 septemb, 30 septemb. 8 octobre 1829. 1832. 1830. 1831.

9e année 7" ANNÉE 8e ANNÉE 5e ANNÉE 6e ANNÉE ' finissant finissant finissant finissant finissant au au au au au 9 septembre 8 septembre 14 septemb. 12 septemb. 11 septemb. 1837. 1833. 1834. 1835. 1830.

Nombre de souscripteurs.

s

"

"

"

213

400

Pensionnaires

"

"

"

"

"

"

"

"

il

il

213

400

4,925f 75c

4,775' 95c

4,005f 00c

2,501' 15c

4,362f 86c

0,828' 90c

350 55

510 00

828 15

527 50

923 75

2,255 00

5,038 10

5,855 00

TOTAUX

Montant des receltes....

.

089

699

22

33

711

732

589 27 616

15,446f 85c 18,147f 80

c

14,729' 00c

DÉPENSES. Secours pour les malades. Pensionnaires

a

Secours accidentels

"

Dépenses en médicaments

" 64 40

il

2,005 00

3,588 10

1,085 45

300 00

83 75

4,162 50

4,930 90

1,101 25

2,240 35

2,085 80

544 00

558 00

308 75

201 55

402 50

180 25

459 35

384 25

240 10

208 15

384 70

378 10

220 90

410 00

Salaires, etc

402 25 12 00 u

"

II

738 10

753 10

Construct ns et réparations

" "

550 00

240 00

o

" . "

520 75

"

Funérailles Dépenses extraordinaires.

" 327 75 "

"

à

"

"

"

"

"

80

2,201 85

2,480 75

1,594 40

2,308 10

4,220 00

14,944 55

Balance en faveur de la société

3,915 95

2,514 10

1,518 25

900 75

2,054 70

2,008 30

502 30

Balance au débit de la société

il

"

"

"

n

"

4,928 75

4,775 95

4,005 00

2,501 15

4,302 80

0,828 90

TOTAUX

des dépenses.

1,009

Signé

B.

HARVEY,

"

" 15,440 85

3,212 90 20,854 05

7,402 50 4,354 40 480 60 4,864 35 1,043 10 401 25 151 95 2,279 35 21,637 50 II

" 2,700 25 18,147 80

6,908 50 14,729 00

secrétaire chef de la mission morave,


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. XIII. INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE, ETC. H.

relatifs au fermage des biens appartenant aux établissements moraves, à Antigoa.

RÈGLEMENTS

Pour ériger, rebâtir ou réparer un édifice quelconque, maison, four, étable, etc., le tenancier devra se soumettre aux conditions suivantes : 1° Il faudra que les travaux soient d'accord avec le plan de la localité, et qu'ils aient eu l'approbation du ministre résidant. 2° Les toits devront être couverts en aissantes ou en briques. 3° Le montant des dépenses qui auront été faites pour constructions ou réparations et la valeur elle-même de ces construcons et réparations seront, à leur achèvement, évalués a lavable. 4° Toute construction sera payée par la mission au moyen d'une réduction ou d'une annulation du prix de location, suivant les diverses circonstances où se trouveront les parties innées. 5° Lorsque des arrangements auront été pris au sujet du défrayement de dépenses faites pour construction, par le moyen d'une réduction du prix de location ou autrement, le tenancier n'aura pas droit de faire le moindre changement dans les consens susdites, à moins qu'il n'ait la sanction expresse du ministre résidant. 6°

tenancier quittant la localité avant qu'une construction Un ne soit achevée, ou avant que les dépenses qu'une construction lui aurait occasionnées ne lui aient été remboursées, ainsi qu'il plus haut, recevra de la mission la valeur entière ou le reste de la valeur desdites constructions. 7°

Lorsqu'un tenancier aura été défrayé de dépenses de cons-

truction ou réparation par une réduction dans le prix de locatenu de payer à l'avance, tion ou par un autre moyen, il sera une rente en rapport constructions, desdites jouissance pour avec lales dépenses qui auront été faites par lui et dont on lui aura remboursé le montant.

605

Toutes les cotisations doivent être payées par mois et a l'avance. Tout habitant d'une localité est tenu d'assister la mission, moyennant une rétribution convenable, lorsque le besoin s'en fait sentir, à moins qu'il n'en soit empêché par une gêne absolue ou par toute autre cause suffisante. Personne n'a le droit de puiser de l'eau d une citerne, de couper du bois clans un parc et de cueillir des feuilles d arbre ou de l'herbe, sur un sol appartenant à la mission. Les tenanciers ne peuvent avoir d'autres animaux de bassecour que des volailles, à moins, pourtant, qu'ils ne soient renfermés dans un clos, une étable, ou retenus par des entraves. Les tenanciers n'ont pas le droit de planter sur les terres de la mission des arbres autres que des arbres fruitiers. Si un tenancier est convaincu de crime et a été exclu de l'église ou puni par le magistrat, il perdra tout droit sur la localité qu'il occupe, et ne devra pas y demeurer plus longtemps. Il en sera de même pour un tenancier qui, malgré les avertissements qu'ils aura reçus, donnera asile à des paresseux , de à des fripons, à des vagabonds, ou enfin a des individus mauvaise vie, à moins, si c'est un homme, qu il lui soit perfemme, mis de rester par égard pour sa femme, et si c est une considération , autre toute par égard pour son mari, ou par résidant. mais toutefois avec la permission du ministre Pour qu'un changement de demeure puisse avoir lieu, il faut avance. que signification en soit faite réciproquement un mois d mois trois faite être doit signification Pour quitter le pays, la à l'avance. Tout tenancier, sur son admission dans une localité de la mission, signera en qualité de tenancier et de la manière suivante : « Je soussigné certifie donner mon consentement à l'observation des règlements ci-dessus, en présence de témoins. 18. . » jour du mois de , ce «A ( Témoins. )


CHAPITRE XIV. L'ESCLAVAGE. ÉTAT DU TRAVAIL AUX DEUX PÉRIODES DE L'ABOLITION DE

PREMIÈRE PARTIE. PÉRIODE DE L'APPRENTISSAGE.


OBSERVATION GÉNÉRALE SUR

LES

SOURCES

LES

MATÉRIAUX

DE

CE

CHAPITRE

ONT

ETE

PUISÉS.

Le grand nombre de pièces qu'il a fallu citer pour donner un aperçu complet de l'Etat du travail dans les dix-neuf colonies émancipées, pendant une période de près de neuf ans, exclut une table détaillée qui serait presque aussi étendue que le chapitre lui-même. Pour mettre le lecteur en mesure d'apprécier l'exactitude et l'authenticité de ces pièces, il suffit d'indiquer les documents officiels d'où elles ont été tantôt extraites, tantôt traduites littéralement. Pour la période de l'apprentissage, les documents officiels imprimés par ordre du Parlement forment 6 volumes in-folio, savoir: 1. Papers presented to Parliament by His Majesty's command in explanation of the measures, etc., for giving effect to the act for the abolition of slavery; part. I et II, Jamaïca, 1833-1835.

2. Idem, part. II (continued), Antigua, Montserrat, Sant-Christopher, Nevis, Virgin Islands, Dominica, Saint-Vincent, Grenada, Tobago, Trinidad, Sant-Lucia, Honduras, Bahamas, Grand-Caymanas, Bermuda, Cape of Good-Hope, 18 33 -183 5.

3. Idem, part. III (1), Jamaïca, 1836. 4. Idem, part. III

(2), Barbadoes, British Guiana, Mauritius, Antigua, Montserrat, Sant-Christopher, Nevis, Virgin Islands, Dominica, Saint-Vincent, Grenada, Tobago, Trinidad, Sant-Lucia, Honduras, Bahamas,

Bermuda and Cape of Good-Hope.

5. Idem, part. IV (1), Jamaïca, Barbadoes, British Guiana , 1837.

6. Report of the select committee on apprentisceship. Afin de comparer les traductions ou les extraits faisant partie de ce chapitre avec le texte anglais, on aura recours au volume portant la date de l'année indiquée en tête de la pièce traduite ou donnée par extrait, et contenant les documents relatifs à la colonie mentionnée en tête du paragraphe. Ainsi, pour trouver le texte de la pièce 5 (Rapport du juge spécial Cocking), insérée page 618 des Pièces justi-

ficatives du présent chapitre, on devra se reporter au paragraphe Ier, page G

17,

qui indique qu'il s'agit

de la colonie Jamaïque, et consulter ensuite le volume intitulé Papers presented, etc., années 1833-35.


CHAPITRE XIV. ÉTAT DU TRAVAIL AUX DEUX PÉRIODES DE L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE.

PREMIÈRE PARTIE. PÉRIODE DE

L

'APPRENTISSAGE.

SOMMAIRE.

NUMÉROS

TITRES.

d'ordre.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

DATES.

PAGES.

ANNÉE 1834. N° 143.

HONDURAS.

13 août et 11 sept. 1834.

611

31 décembre 1834.

611

18 novembre 1834.

612

27 août, 1er et 24 oct. 1834.

612

20 novembre 1834.

616

1. Lettre de M. John Ross au gouverneur, sur la préférence donnée par les noirs au mode de travail dit système de neuf heures.

2 juin 1834.

616

2. Dépêche de sir J. C. Smith à lord Stanley

2 juillet 1834.

Ibid.

1 à 29. Rapports des magistrats spéciaux Patrick Dunne, J.Kennet-Dawson, E. E. Fishhourne, Cocking, A. Dillon, G. D. Gregg, Walter Finlayson, V. M. Olivier, R. Standish-Haly, J. Odell, R. Daly, A. Welch, Jackson, Marlton, Price, Mac-Leod, J. Daughtrey, S. Farrar, T. Colebrooke, W. Ramsay, Farquharson, Th. Davies, Hawkins, Pennel, E. B. Lyon.

De mars à juin 1835

617

30. Mémoire de soixante-treize planteurs et personnes intéressées dans les propriétés de la paroisse de Trelawney, sur le résultat du système d'apprentissage.

20 mai 1835.

625

31 • Extrait d'une dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg, sur l'état de la culture et les dispositions es travailleurs. — Annexe.

21 juin 1835.

Ibid.

32 à 43. Rapports des magistrats spéciaux J. Baynes, R. Edwards, L. Pryce, W. H. Sowley, W. Marlton Daughtrey,Dunne, Blake, Gregg, Baynes, Mac-Leod, E. Fishhourne.

Du 27 juin au 3 aoû 1835.

627

1

Ier.

§

et 2. Lettres du gouverneur de la colonie sur les premiers effets de l'émancipation.

144. §

II.

TABAGO.

Lettre du gouverneur de la colonie sur le même sujet..

145. § III.

SAINT-CHRISTOPHE.

Lettre du gouverneur de la colonie.—Même sujet....

146. §

IV.

ANTIGOA.

1 à 3. Rapports de H. Loving, directeur de la police, et du conseil privé de l'île. N° 147. §

V.

ILES BAHAMAS.

N° 148. §

VI.

GUYANE

ANGLAISE.

ANNÉE 1835. ER

§ I .

N° 149.

LA

JAMAÏQUE.

44. Lettre de M. Cooper sur les dispositions des noirs.. 5. Dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg. — Mode de travail sur les plantations.

11 août 1835.

633

6 août 1835.

Ibid.

46. Dépêche du marquis de Sligo à lord Glenelg, relative à la distribution des heures de travail.

17 août 1835.

Ibid.

18 au 25 août 1831

634

Rapports des magistrats spéciaux StandishHaly, Holme, M. Walsh, Daughtrey.

47 à 50.

51. Réponse de lord Glenelg au marquis de Sligo. ...

II.

5 octobre 1835.

39

635


610

SOMMAIRE DE LA Ire PARTIE DU CHAPITRE XIV.

NUMÉROS

DATES.

PAGES.

27 octobre au 30 décembre 1835.

635

3 mars 1835.

643

1. Questions relatives à la culture et aux travailleurs

25 juillet 1835.

643

2 et 3. Réponses faites par MM. Child et Mac-Intosh, magistrats spéciaux.

Octobre 1835.

644

10 juin 1835.

646

Janvier [à juin 1835.

646

26 décembre 1835.

648

juin 1835.

650

TITRES.

ORIGINE DES DOCUMENTS.

d'ordre.

52 à 68. Rapports des magistrats spéciaux Pryce, Walsh, Lyon, Langrishe, Bourne, Moresby,Cocking, C. Hawkins, J. Harris, Watkins-Jones, Penne!, Daughtrey, Fyfe, Howitt, Lloyd. N° 150.

§

II.

LA

TRINITÉ.

Dépêche du gouverneur au ministre des colonies N° 151.

§

N° 152.

III.

§ IV.

LA

TABAGO.

BARBADE.

Avis de lord Glenelg, interprétatif du texte de l'acte d'émancipation. N° 153.

§

V.

ANTIGOA.

1 à 3. Lettres du directeur de la police, Henry Loving. N° 154.

§

VI.

ILES BAHAMAS.

Rapport de MM. Th. R. Winder et E. Hill, sur l'état de la colonie dans sa partie septentrionale. N° 155.

§

VII.

GUYANE

ANGLAISE.

1 à 4. Dépêches de sir J. C. Smith, gouverneur, sur la situation de la colonie.

De janv.

5. Résumé des rapports des quinze juges spéciaux salariés, pour le mois do juin 1835.

Juin 1835.

653

6. Résumé des rapports des quinze juges spéciaux,pour le mois de juillet 1835.

Juillet 1835.

662

7. Dépêche de sir Carmichael Smith à lord Glenelg.. . 8. Résumé des rapports des quinze juges spéciaux salarié , pendant le mois de novembre 1835.

26 septembre 1835. Novembre 1835.

674 675

ANNÉE 1836.

N° 156.

S

er

I

.

LA JAMAÏQUE.

1. Dépêche du gouverneur à lord Glenelg sur les bonnes dispositions des noirs. 2 à 39. Rapports des juges spéciaux Welch, Baynes, . Cocking, Daughtrey, Walkins-Jones, Dillon, Davics, Reynolds, Cooper, J. Odell, Pryce, Mac-Leod, Gregg, J.Noland,E. B. Lyon, Edwards, Fishbourne, J. Harris, R. Hill, Walsh, G. Hawkins, Carnaby, Facey, Sidney-Lambert, Sowley, R. Saint-Jones, T. Mathews. N° 157.

§

II.

S

III.

687

Du 24 févr. au 31 déc. 1836.

lbid

20 mai 1836.

701

ANTIGOA.

Lettre du surintendant de police sur la situation de la colonie. Il se plaint que les enfants des noirs ne soient pas élevés pour l'agriculture. N° 158.

6 février 1836.

GUYANE

ANGLAISE.

1. Discours du gouverneur sur l'état prospère de la colonie.

26 janvier 1836.

2. Dépêche du gouverneur à lord Glenelg sur le même sujet.

28 janvier 1836.

702 703

ANNÉE 1837.

N° 159.

§

er

I

.

LA

JAMAÏQUE.

à 3. Rapports des juges spéciaux Dillon, Harris, Marlton.

Oui" janv.au 1er avr. ' 1837

703


CHAPITRE XIV. ÉTAT DU TRAVAIL AUX DEUX PERIODES DE L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE.

PREMIÈRE PARTIE. PÉRIODE DE L'APPRENTISSAGE.

ANNÉE 18341. N° 143. § Ier. HONDURAS. 1. COPIE

d'une lettre du colonel Cockburn à M. le sous-

secrétaire d'État Lefèvre. — Dispositions des noirs. Honduras, 13 août

1834.

tissage , les nègres profiteront des facilités qu'ils ont de quitter la colonie, et se rendront dans les républiques voisines. Ce serait là un bien grand mal. Je prendrai toutes les précautions nécessaires pour le prévenir. Signé Francis

Depuis le 31 juillet dernier l'ordre n'a pas été troublé dans cette colonie. Il s'est manifesté cependant chez les esclaves émancipés un certain esprit de mécontentement. Us ne conçoivent pas, et il est même difficile de leur faire comprendre les obligations que leur impose l'émancipation. Ils s'imaginent que le Roi les a rendus libres, et que, par conséquent, il est injuste de les faire travailler encore six ans sans salaire. J'ai eu occasion d'en voir beaucoup, et j'ai voulu leur faire comprendre leur véritable position. Ils ne nient pas ce qu'on leur dit; ils semblent bien entendre. Cependant plusieurs avaient résolu de ne pas retourner au travail, et maintenant il y en a un bien plus grand nombre qui s'y refusent. Il est évident que, pour eux, les six années d'apprentissage effacent tous les avantages que semblait leur offrir la loi. Ils ne songent qu'au présent, et, comme ils ne se trouvent pas « complètement affranchis dès à présent de toute espèce d'esclavage, » ils ne semblent pas contents de ce qu'on a fait pour eux. Je continuerai tous mes efforts pour les mettre dans la bonne voie, et je puis compter, je n'en doute pas, sur l'appui zélé des maîtres. Néanmoins, je le crains bien, plutôt que de se soumettre aux six années d'appren-

2.

COPIE

COCKBURN.

d'une lettre du colonel Cockburn à M. le soussecrétaire d'État Lefèvre. Honduras, 11 septembre 1834.

Ma lettre du 13 août vous mandait le résultat de l'émancipation pour cette colonie. Je suis heureux d'avoir à vous assurer maintenant que ce que je redoutais alors ne s'est pas réalisé. Les apprentis ont repris leurs travaux, et les maîtres sont trèscontents d'eux. Les juges spéciaux que j'ai nommés pour me seconder se sont acquittés de leur mission à mon entière satisfaction, Je suis même tellement convaincu qu'ils feront tous leurs efforts pour me seconder à l'avenir, que je désire les voir confirmés par le Gouvernement dans les fonctions dont je les ai investis. Signé Francis COCKBURN.

N° 144. § II. TABAGO. DÉPÊCHE

du gouverneur à M. le secrétaire d'État des colonies. Tabago, 31 décembre 1834.

Depuis le 1er août dernier, la conduite des apprentis a été des plus exemplaires. Aucun changement ne s'est opéré dans leurs bonnes dispositions. Les deux jours de fête, le 25 et le 26 décembre, ont été célébrés, comme h l'ordinaire, par des réjouissances publiques, et je n'ai eu à constater aucune

infraction au bon ordre. Il paraîtrait qu'ils espéraient tous que le lendemain samedi, jour qu'on leur a constamment accordé pour eux, depuis le 1" août, serait un troisième jour de fête. Je pense que les propriétaires y auraient consenti assez volontiers ; mais, avec le dimanche, cela aurait fait quatre jours successifs de repos. Je ne sais pas jusqu'à quel point il eût été prudent, alors, de leur accorder le samedi, car cela aurait pu donner à beaucoup d'entre eux le prétexte ou l'occasion de s'absenter des plantations. On exigea donc la présence de tout le monde le samedi 27, mais plutôt pour répondre à l'appel que pour travailler.

On ne trouvera, dans ce chapitre, aucune pièce concernant l'état du travail à la Jamaïque, pendant l'année 1834. Ce qui se rapporte à cette colonie, pendant l'année 1834 et pour l'objet spécial du chapitre XIV, est omprisdans les pièces insérées au chapitre VI: Mesures d'ordre, etc., et au 1

chapitre IX : Effets généraux de l'apprentissage et de l'émancipation complète. * I I .

3

9

.


612 RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIECES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE. Leurs démonstrations de réjouissance , m'assure-t-on, ont été beaucoup moins animées cette année. Cela provient, probablement , de ce qu'ils ont eu à leur disposition, dans le courant de l'année, beaucoup plus de temps qu'à l'ordinaire ; cette circonstance a rendu moins frappant le contraste entre les mesures prescrites et l'indulgence excessive qu'on leur avait montrée jusqu'ici à l'époque de Noël. Les administrateurs ont peut-être cru devoir restreindre les gratifications de rhum, etc., et c'est ce qui a pu diminuer la grande gaieté qu'on remarquait autrefois. Quoi qu'il en soit, la colonie a joui et jouit encore de la plus parfaite tranquillité. Il s'est élevé, il est vrai, quelques difficultés relatives aux gratifications à accorder aux apprentis, pour les travaux extraordinaires, pendant la saison de la récolte qui vient de commencer; mais ces difficultés ont été très-facilement aplanies. Beaucoup

d'apprentis en ont référé à la générosité des administrateurs; il en est qui n'ont exigé d'autres gratifications que les rations ordinaires de liqueurs chaudes provenant du sucre et du rhum. S il m'était permis d'émettre une opinion, d'après l'expérience des cinq mois qui se sont écoulés depuis l'abolition de l'esclavage, je dirais qu'il n'y a rien à redouter, pour cette colonie, du système d'apprentissage. J'ajouterai môme que , malgré quelques plaintes qui me sont parvenues sur le relard que mettent certains apprentis à se rendre le matin au travail, ce système sera , dans son ensemble, tout aussi avantageux aux propriétaires que l'ancien système, sans compter que la condition des nègres s'est sensiblement améliorée. Signé

C.

H. DARLING.

N° 145. § III. SAINT-CHRISTOPHE. EXTRAIT

d'une dépêche du gouverneur Saint-Christophe,

18

À M.

Spring-Rice.

novembre 1834.

Le système d'apprentissage marche beaucoup mieux que personne ne l'aurait espéré. Les nègres sont généralement trèspaisibles et travaillent bien pour la plupart. Beaucoup de plan-

système, qu'ils ont jamais pu en obtenir du temps de l'esclavage. D'autres, et môme en assez grand nombre, vont jusqu'à dire qu on leur en fait davantage. L'émancipation est si récente, que les apprentis ne connaissent pas encore tous les avantages qu ils pourront retirer de l'industrie; mais il ne tarderont pas, sans doute, à les sentir. Signé

teurs assurent qu'on leur fait autant de travail, par le nouveau

J.

L.

NIXON.

N° 146. § IV. ANTIGOA. I.

EXTRAIT

d'une lettre de

M.

Henri Loving , directeur

de la police. Antigoa,

1° Sur l'heure de se mettre à la besogne le matin ; Sur le travail que nécessite la distribution de fourrage aux chevaux et bestiaux ; 3° Sur l'heure où il faut cesser le travail le soir. A mon bureau central on a été constamment occupé à écouler des plaintes ou à donner des avis sur ces divers sujets de contestation. 2°

27

août 1834.

La journée à jamais mémorable du 1er août s'est passée heureusement; aucun événement n'est venu la troubler, ni marquer par le désordre la transition de l'état d'esclavage à celui de liberté. Jamais solennité n'a été célébrée avec plus de recueillement. Tout s'est fait dans la conviction et avec le sentiment profond qu'il ne s'agissait pas d'un jour ordinaire. On a rendu grâces au Seigneur, dans toutes les églises et chapelles, depuis onze heures du matin jusqu'à huit heures du soir.

Je me suis attaché surtout à faire sentir aux plaignants que la loi ne décide rien. Je leur ai expliqué que la seule conduite digne d'hommes libres, était de quitter le service de leurs maîtres, s ils pensaient trouver un emploi plus avantageux ailleurs.Ils ont tous suivi mes conseils à cet égard; quelques uns ont même repris le travail sur les plantations auxquelles ils ont été

Le lendemain (samedi) a été consacré par la population ouvrière à des fêtes et à des réjouissances. Ils étaient tous vêtus à neuf, des pieds à la tête. Les comestibles de toute espèce ne man-

attachés jusqu alors, sans en exprimer de mécontentement. Le premier sujet de contestation est dû à un manque d'union parmi les planteurs.

quèrent pas, et je suis heureux de pouvoir assurer à Votre Excellence que tout s'est passé dans le plus grand ordre.

Bien que leurs intérêts semblent être les mêmes, ils ne s'accordent pas dans leur conduite. Chacun veut agir selon ce qu'il juge le plus avantageux. Ainsi, par exemple, l'homme qui a des principes d'humanité exigera que ses nègres se mettent à l'œuvre dès le lever du soleil ; l'homme modéré les fera commencer un peu

Le lundi A, sur quelques plantations, les ateliers se mirent gaiement au travail moyennant le salaire stipulé. D'autres n'avaient que 10 à 12 travailleurs sur une population de 100 à 200. Sur d'autres encore les travaux étaient suspendus. Il m'a semblé que la plupart des nègres avaient compté sur une semaine de repos, et calculaient jusqu'à quel point une coalition dans le but de forcer à augmenter le salaire pourrait leur être profitable. l'eutêtre aussi voulaient-ils chercher ailleurs les moyens d'utiliser plus avantageusement leur industrie. Depuis celle époque jusqu'à ce jour, beaucoup de changements de plantation à plantation ont eu lieu. Il y a même certaines plantations dont tous les nègres ont changé par caprice, par amour de la nouveauté, par intérêt ou par haine pour les maîtres ou les géreurs. C'est à la dernière de ces causes que je puis attribuer la plupart des difficultés qui empêchent les nègres d'envisager avec satisfaction le nouvel état des choses. Voici, entre autres, quelques points sur lesquels ils ne s'accordent pas avec leurs maîtres :

plus tôt, et le rigide colon de l'ancien régime, dès l'aube du jour, pour ne s'écarter en rien des anciens usages, ainsi que le porte une note particulière adressée par un administrateur à son géreur. L'esprit soupçonneux et vigilant des nègres ne larde pas à être frappé de ces différences, ce qui devient bientôt un sujet de mésintelligence entre eux et les maîtres les moins généreux. Je doute beaucoup que les nègres, à présent qu'ils sont émancipés, veuillent jamais se mettre à l'œuvre avant le lever du soleil, et, à moins que les planteurs n'adoptent tous un même système, je vois peu d'espoir de faire cesser cet état de choses. Quant au second sujet de contestation , le travail que nécessito la nourriture des chevaux, sous l'ancien système ce travail se faisait pendant les deux heures qu'on prétendait leur accorder pour le dîner.

Depuis l'émancipation, les nègres n'ont pas voulu que cet usage


ÉTUDE DE L'EXPÉR ANGL. — CHAP. XIV. ÉTAT DU TRAVAIL, ETC. - 1834. - ANTIGOA. continuât a subsister. Presque tous les planteurs cèdent, parce qu'ils voient qu ils ne peuvent pas faire autrement. Quelques-uns de ceux-ci payent pour faire distribuer le fourrage, d'autres accordent un temps extra pour le recueillir. Le troisième sujet de contestation a rapport à l'heure de quitter le travail. Les nègres avaient voulu sacrifier leurs heures de repas, travailler sans discontinuer depuis le matin jusqu'à quatre heures du soir, puis cesser le travail; mais leur constitution ne" pouvait supporter une telle fatigue; on leur a objecté, en outre, que la ruine des plantations s'ensuivrait, et ils ont cédé après une lutte de peu de durée. Viennent aussi des plaintes de la part des nègres âgés et infirmes, qui n'ont pas toujours lieu d'être contents des secours qu'a voulu leur assurer le législateur. Sur certaines plantations on a pourvu avec sollicitude à tous leurs besoins, tandis que sur d'autres il est loin d'en être ainsi. Plus d'une fois j'ai vu de malheureux nègres, accablés d'années et d'infirmités, accourir en foule à mon bureau pour me demander des secours; j'en vois comparativement moins de jour en jour, ce qui me fait espérer que leur position s'améliore. Cependant, comme ces plaintes sont plus dignes de commisération que les autres, je veillerai avec zèle aux. intérêts de celle classe infortunée. Il y a un fait qui se rattache à la culture du sol et que je crois devoir porter à la connaissance de Votre Excellence. Les nègres de certaines plantations envoient leurs enfants des deux sexes habiter des villes dont la population est déjà fort au-dessus des ressources qu'elles offrent. Ce fait serait assez grave en lui-même; mais il le devient encore davantage, quand on songe que ces enfants, âgés de cinq à douze ans, sont la souche de la population agricole. Si elle était détruite, le sol finirait par rester inculte. Un autre fait, non moins important, fait craindre pour la prospérité de la colonie. C'est l'arrivée, depuis le 1 du mois, de plusieurs esclaves de la colonie française qui avoisinc la nôtre (la Guadeloupe); on annonce que des milliers arriveront encore dès qu'ils trouveront l'occasion de s'échapper. Je désire bien siner

cèrement voir émanciper et prospérer ces pauvres gens; mais il y va de l'appauvrissement et de la ruine de notre petite colonie, si on leur permet d'y trouver un asile. En terminant ce rapport, je vous dirai que la population ouvrière ne s'est rendue coupable, depuis le jour de son émancipation, que de quelques délits ordinaires, tels que ceux qu'on signale chez les populations les plus civilisées. J'ajouterai que les nègres reprennent peu à peu leur travail ; que la moitié s'y livre avec assiduité, et que les autres ont abandonné l'agriculture et parcourent la colonie pour chercher un travail plus avantageux. 11 y en a qui sont paresseux et vagabonds par principe, et qui comme tels tombent nécessairement sous la surveillance delà police; d'autres qui ont été renvoyés des plantations par ordre de l'autorité, pour une cause ou pour une autre, et à la demande de leurs maîtres; mais j'ai pu constater qu'un certain nombre de ces derniers étaient rentrés en faisant des concessions, et qu'ils ont obtenu leur pardon. Il y a, sans doute, des torts de part et d'autre; je ne puis cependant m'abstenir de vous exprimer combien j'ai à me louer de la conduite du plus grand nombre des propriétaires résidents ou de leurs représentants. Tous font de notables efforts pour se concilier l'affection des nègres et les guider par leurs conseils dans l'usage de la liberté. Signé Henry LOVING.

2.

EXT HAIT

d'une lettre du même.

Un autre mois s'est écoulé depuis l'abolition de l'esclavage

I

dans cette colonie, et j'espérais que les planteurs auraient retiré du nouveau système deux fois autant d'avantages pendant ce mois que pendant le mois précédent; mais il n'en a point été ainsi. Voici à quoi je crois pouvoir l'attribuer : 1° A l'absence des plantations de plusieurs centaines de travailleurs adultes, qui ont abandonné leur ancienne occupation, et se sont faits pêcheurs, bateliers, débardeurs, portefaix et domestiques sur la côte, dans les ports et dans toutes les villes de l'intérieur. Quant aux portefaix, dont il est facile de constater le nombre par leurs médailles, je vois que ce nombre a augmenté dans la proportion de 3oo pour 100 depuis le 1er août. Cette augmentation m'a conduit tout naturellement à me demander jusqu'à quel point cette partie de la population peut se procurer des moyens d'existence par un travail pour lequel il y a tant de concurrents ? La réponse à cette question est fort simple. Les rues en fourmillent journellement. Ils vivent dans une oisiveté presque continuelle, gagnant à peine, dans les vingt-quatre heures, de quoi apaiser la faim , et ne se garantissant des atteintes de la loi que par leur médaille. Pour les débardeurs, on peut dire que le nombre en est augmenté dans la proportion de dix à un , tous provenant des plantations. Ces individus rôdent le plus ordinairement aux alentours des établissements de pêche; et j'ai appris, du magistrat qui vient d'être nommé au district des cinq îles, qu'il a dispersé, il y a deux jours, une soixantaine de ces individus qui s'étaient rassemblés sur une des plages, pour attendre l'arrivée des bateaux pêcheurs, et pour ramasser quelques crabes ou autres vivres, plutôt que de gagner leur pain au moyen d'une industrie honnête. Voici ce qui en adviendra : ceux qui ont quitté leur plantation seront forcés d'y retourner pour reprendre leurs occupations d'autrefois, ou bien (ce que je redoute encore plus) ils se livreront à des déprédations sur les propriétés des particuliers; et, conduits à cet état de mendicité et de dépravation par suite de leurs habitudes de paresse et de vice, plus tard ils contribueront à augmenter le chapitre des dépenses du pays, ou surchargeront les paroisses d'une manière effrayante. Il en sera probablement de même de la nouvelle classe de domestiques. 2° A l'absence de la jeunesse des deux sexes sur les plantations; et je ne vois pas, non plus, par quelle disposition de la législature on pourrait y remédier. Les parents de ces jeunes gens

ont avidement profité de l'émancipation qui venait de leur être accordée pour détacher leurs enfants de la vie agricole, sous cette impression ridicule (née de l'état d'esclavage) que la position d'agriculteur était une des plus dégradantes. Ils ont voulu que leurs enfants reçussent l'éducation des grandes villes, qui entraîne comme conséquence l'amour de la toilette, le dégoût du travail. Telle a été jusqu'ici, dans toutes les villes delà colonie, la cause de la misère de beaucoup de nègres libres ou de leurs descendants de couleur. 3° A la prédilection que témoignent les femmes adultes des plantations pour le travail non régulier pendant la semaine. Ce mode de travail leur laisse des heures intermédiaires pour brocanter ou aller au marché vendre, pour quelques sous, des légumes ou des racines qu'elles se procurent sur leurs terres à provision ou ailleurs, ou du bois et de l'herbe verte qu'elles rainassent, sans permission, sur les terres de leurs maîtres. On en a vu consacrer trois jours d'une semaine à ce trafic illicite. 4° Au manque d'accord dans les sentiments et dans les actions des planteurs, quant au meilleur moyen de développer l'industrie ou d'assurer la résidence continuelle de la population ouvrière. Je ne crains pas d'être démenti, non plus, en attribuant principalement l'état peu rassurant des intérêts agricoles à la diversité

Antigoa, 1er octobre 1834-

I

613

.

d'opinions qui existe chez les planteurs et au peu d'harmonie entre les règlements adoptés sur leurs plantations respectives. On en voit qui offrent des gratifications minimes en sus du salaire pécuniaire, d'autres qui n'ont ni le moyen ni l'intention d'en

3

9

.


614

RAPPORT SUR LES QUESTIONS COLONIALES. — PIÈCES JUSTIFICATIVES. — IIe PARTIE.

accorder. Ceux-ci exigent, à une minute près, l'accomplissement du temps de travail, et renvoient des champs tous ceux qui y arrivent un instant après l'heure convenue, en leur interdisant le travail pour le restant de la journée; ceux-là parviennent à faire exécuter les travaux sur leurs plantations avec plus de célérité et de bonne volonté, en déduisant du salaire de leurs travailleurs le montant des heures perdues de la journée. Tandis qu'un planteur expulse un père, une mère, un mari ou une femme de chez lui, un autre, plus sage et plus humain, prévoit que les proches parents de ces expulsés ne tarderont pas à suivre les leurs, et qu'ainsi, pour se débarrasser de quelques-uns, ils se verront privés du service d'un très-grand nombre. Les uns encouragent les mères de famille à rester, en chargeant de vieilles femmes dn soin de leurs nourrissons pendant les heures du travail, d'autres se sont opposés à ce système. De là mésintelligence réciproque entre les maîtres elles mères, et, le plus ordinairement, l'expulsion de ces dernières. Au sujet delà seconde des causes que j'ai signalées, c'est-à-dire l'absence des enfants, je proposerais aux planteurs un moyen assez efficace peut-être pour y remédier : ce serait d'établir, sur chaque plantation, une école dirigée par un instituteur nommé par le suffrage des travailleurs et choisi parmi eux. En sus de la gratification qu'il plairait aux planteurs de lui accorder, on le rétribuerait au moyen d'une souscription hebdomadaire de 7 c. 1/2 par écolier. Le but de cette contribution serait d'exciter chez les enfants et chez leurs parents un certain sentiment d'orgueil, et de leur inspirer plus d'intérêt pour un établissement où le maître et l'élève dépendraient l'un de l'autre. Par ce moyen on pourrait bien ramener, au moins, un certain nombre des filles et des garçons qui, comme tous les enfants, ont une prédilection pour le toit paternel; le planteur s'assurerait ainsi du travail, tout en contribuant à l'éducation de la génération naissante. On pourrait diviser la journée de manière à répondre à toutes les exigences. Voici comme j'envisage le remède à la troisième cause indiquée : la loi qui force les brocanteurs ambulants et les colporteurs de prendre une patente de ho francs par an empêcherait en partie les femmes nègres d'avoir recours à ce moyen incertain d'existence. Celle qui ordonne l'arrestation de tout individu pris en flagrant délit de-vente de bois ou d'herbe, sans une permission écrite de son maître, agit à présent efficacement dans le cercle de mon administration, et plus d'un fainéant, qui pourvoyait à son existence journalière en volant ces articles, est maintenant sur le point de reprendre son travail des champs. Mais rien, à mon avis, ne contribuera plus à empêcher les femmes ou les nègres eux-mêmes de courir à chaque instant au marché, qu'une disposition de la législature qui fixerait un jour général de marché, chaque semaine, pour la vente de produits des plantations, excepté lorsque les maîtres croiront devoir permettre à leurs ouvriers de porter des provisions à la ville, munis d'une permission par écrit pour les vendre. C'est aux planteurs eux-mêmes à remédier à la quatrième cause, celle du manque d'ensemble ou d'uniformité de système dans leurs ateliers ; l'incertitude de leurs mesures et de leurs opinions a été excessivement nuisible au mouvement progressif de l'industrie et à l'affermissement de la tranquillité publique. Je ne suis pas assez versé dans l'agriculture pour aviser aux moyens d'améliorer létal actuel des choses, .le sais que plusieurs propriétaires de cette colonie ont la capacité d'esprit et la pratique nécessaires, et j'espère que les renseignements que Votre Excellence a désiré obtenir des planteurs rempliront le grand but que vous vous êtes proposé en les leur demandant. Cependant mon avis est que les planteurs pourront s'assurer le travail continu des nègres. Il y a, je le sais, des obstacles à la réalisation de ce système, mais, après tout, il est bien préférable à celui du travail à la journée ou a la tâche. On commence à voir que le travail à la journée devient peu profitable. Voici quel serait l'inconvénient

du travail à la lâche : c'est qu'aussitôt une première tâche (terminée, les nègres n'hésiteraient pas à dépenser ce qu'ils auraient gagné, avant d'en entreprendre une seconde, et Dieu sait tout le mal qui pourrait en résulter. Il y a dans le district de Five-Island trois plantations voisines l'une de l'autre. Sur l'une, les négresses mères travaillent avec assiduité, parce que leurs nourrissons sont confiés à des mains étrangères. Sur les deux autres, les négresses ne travaillent point, parce que le système contraire est adopté. Le propriétaire de la première plantation a retiré de ces négresses un travail de cinq heures par jour, tandis que les deux autres propriétaires sont en perte de toute celle somme de temps, Il résulte de ce défaut de régularité, dans le mode de travail, que les uns profilent de ce qui nuit aux autres. Les crimes diminuent sensiblement, et le nombre est bien audessous de ce qu'on pourrait attendre de l'état actuel de la colonie, .l'ai l'espoir qu'une application rigoureuse des lois par tous les fonctionnaires publics tendra à affermir la tranquillité et assurera la prospérité de toutes les classes de la société. Signé Henry

3.

EXTRAIT

LOVING.

d'un, rapport du conseil privé de l'île sur l'état

de la culture et les dispositions des travailleurs.

Antigoa, 24 octobre 1834.

La commission du conseil chargée d'examiner l'état actuel de la colonie, et d aviser aux meilleurs moyens d'en augmenter la prospérité, en encourageant l'industrie chez les nègres, a l'honneur de vous soumettre les observations suivantes. Elle en a puisé la substance dans les divers rapports des magistrats et des propriétaires ou directeurs de plantations, que Votre Excellence lui a fait mettre sous les yeux. Elle y a ajouté le fruit de ses observations et de son expérience, pendant les trois mois qui se sont écoulés depuis le grand changement qui vient de s'opérer. Les nègres d Anligoa ont accueilli l'émancipation avec une modération et des sentiments religieux qui font le plus grand honneur à cette race et aux nouveaux émancipés, mais pourtant sans aucune démonstration de reconnaissance envers ceux de la dépendance desquels ils venaient d'être affranchis, et qui avaient le principal intérêt dans celte mesure. Le souvenir du passé ne semble exercer aucune influence, soit en bien, soit en mal, sur la grande question qui s'agite, c'est-à-dire la culture du sucre au moyen du travail libre. La commission a pu constater des exemples d'attachement envers quelques directeurs et d'aversion pour quelques autres. Cet attachement, au moment du changement de système, n'a pas empêché que l'on ne refusât, par dégoût du travail agricole, les salaires qui étaient offerts. Le dégoûL du travail agricole et les fausses idées que les nègres se sont laites semblent, pour la masse de la population, la première difficulté à lever. Quand on songe que, pendant la dernière récolte, dans beaucoup de plantations on a cru devoir payer la journée du samedi aux travailleurs à raison de 2 fr. 5o cent, en sus de rations de vivres et de rhum, on ne s'étonnera plus du peu de bonne volonté manifestée par cette classe en août dernier. Ils ont dû être amèrement désappointés en apprenant que, pour un travail de première classe, on ne pouvait espérer que la moitié de la somme ci-dessus, et que la journée du travailleur de seconde classe ne devait se payer qu'à raison de 90 centimes.

Votre commission n'entend pas induire de ces faits que le salaire des travailleurs ne soit pas suffisant et même élevé, eu égard aux avantages qui s'y rattachent, tels que les soins médi-


ÉTUDE DE L'EXPÉR. ANGL. — CHAP. XIV. ÉTAT DU TRAVAIL, ETC. — 1834. — ANTIGOA. eaux, le logement, elles terres à provisions; elle ne voudrait pas en inférer non plus que ce prix, ait été fixé après une convention concertée à l'avance entre tous les directeurs de plantalions. Cependant, aux assemblées de la société d'agriculture qui ont eu lieu antérieurement au 1" août, la question du salaire a été discutée à fond, et le taux que l'on paye en ce moment a été déterminé, par des planteurs d'une certaine expérience pratique, comme étant le maximum que leurs moyens permettraient d'allouer. Il a été convenu, du reste, que ce prix serait généralement adopté, et, à quelques exceptions près ou dans des cas d'intérêt particulier, il l'a été effectivement. Il n'y avait donc pas lien de s'étonner si un petit nombre de nègres seulement travaillaient aux champs avant la mi-août, et s'ils exprimaient tout haut leur mécontentement. Néanmoins, comme vers la fin de ce même mois d'août le nombre des travailleurs était considérablement augmenté, on aurait pu supposer que ce prix aurait suffi pour donner de l'élan à l'industrie. Malheureusement on ne tarda pas à s'apercevoir que le montant de trois jours de solde donnait aux travailleurs, vu leurs habitudes d'imprévoyance pour l'avenir, le moyen de passer le restant de la semaine à rien faire. On vit bientôt aussi qu'on ne pouvait pas compter sur leur travail. Il s'ensuivit que certains propriétaires, qui, à cause de la position toute particulière de leurs plantations, ne pouvaient se passer du travail des nègres, enchérirent en secret, sans calculer les suites funestes qui pouvaient en résulter pour la communauté, ou les désastres dont ils menaçaient les malheureux qu'ils attiraient de leurs habitations sans en avoir d'autres à leur donner. De là le peu de ré-

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nécessité pour forcer la population d'y recourir comme moyen d'existence. C'est en vain qu'on tenterait de continuer la culture du sucre en offrant des salaires élevés ; cet article qui, par sa valeur, et parce qu'il peut lutter contre les saisons fréquentes de sécheresse, est propre à maintenir la colonie dans son ancienne position, sera toujours au-dessus du cours sur tous les marchés du inonde , à cause du coût de la production. D'ailleurs, les noirs, vu l'état actuel de leurs sentiments et leur imprévoyance pour l'avenir, ne donneront pas le travail continu dont aucune plantation à sucre ne saurait se passer. A l'appui de cette observation on a déjà cité le peu de régularité que les nègres apportent dans le travail, avec un salaire aussi avantageux que celui de 1 fr. 2 5 cent, ou de 90 centimes. On a cité encore ce fait, que le produit de trois jours de travail met le travailleur à même de passer le restant de la semaine à ne rien faire, ou de se livrer à d'autres occupations que celles des champs. On pense bien qu'un travail fait par des émancipés sera toujours plus dispendieux, dans les Indes occidentales, que celui qu'on aurait confié autrefois à des esclaves. Cette opinion est justifiée par le montant du salaire hebdomadaire qu'on a payé, sur chaque plantation, depuis le 1 août dernier; il est presque égal à er

celui des dépenses d'autrefois, qui consistaient en rations de vivres, mais il se répartit entre un bien plus petit nombre, et n'est pas proportionné au travail qu'on obtient et qui est exécuté avec négligence, parce qu'il n'existe pas de moyen coercitif. Le besoin de travailleurs s'est si bien fait sentir, que l'expulsion des plan-

gularité dans le travail des nègres, puis les expulsions qui durent s'ensuivre, et qui, tout en ayant un cachet de légalité, ne laissaient pas que d'êtr