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A LA C O N V E N T I O N N A T I O N A L E . NOTES sur les lettres attribuées à PAGE ET BRULLEY , commissaires de

St.-Dominvue

députés près la Convention Nationale. CITOYENS

REPRÉSENTANS ,

Nous apprenons dans l'instant, qu'on vient de répandre avec profusion dans le public , des exemplaires imprimés, de lettres ou extraits de lettres qu'on nous attribue; comme il en peut résulter une opinion défavorable pour nous, il nous a paru nécessaire de mettre sous vos yeux et ceux du public, quelques notes que nous recommandons à votre attention , avant que de prononcer sur ces lettres. On commence dans un nota, par attaquer notre caractère politique et la légalité de nos pouvoirs; la réponse est simple , facile et péremptoire. En mai 1792, Page, Brulley et Lux ont été nommés à St.-Domingue, commissaires , près les pouvoirs législatif et exécutif alors distincts en France, et non pas comme on l'avance calomnieusement, uniquement vers Capet. Les instructions qu'ils ont reçu en font foi; elles ne sont pas , ainsi que les pouvoirs, donnés par une assemblée illégale. L'assemblée coloniale a été légalement convoquée par le Gouverneur général, en exécution du décret du 12 octobre 1790; elle étoit composée des représenrans de toutes les parties de la Colonie ; elle fut authentiquement reconnue par les Assemblées nationales, constituante et législative , qui ont correspondu avec elle ; elle a été également reconnue par les commissions civiles envoyées à St.-Domingue elles ont successivement traité avec cette assemblée, et en ont même fait l'éloge le plus complet, consigné dan leurs proclamations. En septembre 1792, avant de se dissoudre, conformémentà la loi du 4 avril, dont l'exécution étoit réservée aux commissaires, civils, Polverel, Sonthonax MANIOC.org

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(2) et

Aillaud ; l'Assemblée coloniale yappela neuf des douze commissaires qu'elle a v o i t chargé en France , des affaires de S r . - D o m i n g u e , et q u i étoient alors auprès de la C o n v e n t i o n n a t i o n a l e , avec laquelle ils traitoient en leur qualité. Trois commissaires seulement furent alors conservés, P a g e , Brulley et Lux : ce dernier s'étoit retiré dans son p a y s depuis son a r r i v é e , à cause de sa mauvaise santé. Page et Brulley restèrent donc seuls commissaires chargés des affaires de la colonie de S t . - D o m i n g u e . L'arrêté de l'assemblée des représentans de cette c o l o n i e , q u i les en charge et les maintient dans leur mission, a été p r i , le 7.4 septembre, sous les y e u x m ê m e de S o n t h o n a x , Polverel, D u f a y , Mils, Belley et consors, qui contestent aujourd'hui cette v é r i t é . Il y a p l u s , c'est que la commission intermédiaire elle m ê m e , ce corps formé par Polverel et S o n t h o n a x , et parfaitement à leur dévotion,, a écrit sur divers points des affaires c o l o n i a l e s , à Page et Brulley , c o m missaires de S t . - D o m i n g u e . Ils étoient donc commssaires de la c o l o n i e , après l'assemblée coloniale dissoute ; ils l'étoient à la connoissance de S o n t h o n a x , Polverel et consors ; ils l'étoient m ê m e de l'aveu de cette commission i n t e r médiaire , qu'ils a v o i e n t crée de leur p r o p r e a u t o r i t é , p o u r remplacer l'assemblée c o l o n i a l e , dont la loi d u 4 avril ordonnoit la formation immédiate. Page et B r u l l e y - o n t donc pu et d û continuer à remplir la mission à laquelle ils avoient été n o m m é s et confirmés aussi légalement et a u t h e n t i q u e m e n t ; ils o n t d o n c toujours été et sont encore commissaires de St'-Domingue. D e p l u s , ils viennent de recevoir, en ventôse dern i e r , des pouvoirs confirmai ifs de là part des colons p a t r i o t e s réfugiés à la nouvelle Angleterre : ces p o u v o i r s les qualifient commissaires , députés près la C o n v e n t i o n N a t i o n a l e , avec les citoyens T h o m a s M i l l e t , Clausson , D u n i , T h i b a u d et autres. T e l s sont les p o u v o i r s de Page et Brulley : tel est leur caractère politique et celui deleurcol èguesilsMANIOC.orgRéseau des bibliothèques Ville de

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( 3 ) en p r o d u i r o n t les preuves officielles, quand on l'exigera. Q u a n t aux lettres on extraits de l e t t r e s , d o n t o n avoit déjà fait tant d ' é t a l a g e , et qu'on vient enfin de publier par extraits , qu'on prétend signé de n o u s , il est faux et de toute fausseté que nous a y o n s jamais écrit ni à S t - D o m i n g u e , ni ailleurs de pareilles l e t t r e s ; on les dit être de notre écriture ; elle est contrefaite, et c e r t e s , ce p r o c é d é est familier à Polverel et S o u t h o n a x , puisqu'ils ont eu l'audace de supposer d e s d é c r e t s , des instructions qui n'existoient pas. D'ailleurs , quel est l ' h o m m e de b o n sens , q u i croira q u e dans une correspondance de d e u x années , dans nos écrits n o m b r e u x , tant à S t . - D o m i n g u e qu'en France , on n'ait t r o u v é que ces seuls extraits c o n t r e r é v o l u t i o n n a i r e s , précisément un p o u r chacun de nous, et tous d e u x du m ê m e style , q u o i q u e supposés écrits dans des lieux différens , et à des personnes différentes. P o u r q u o i S o n t h o n a x et Polverel ne produisent-ils pas les lettres nombreuses que nous a v o n s écrites à nos a m i s , à nos p a r e n s , et qui ont été p o u r la p l u p a r t interceptées par leurs ordres. P o u r q u o i ne produisentils pas nos lettres officielles qu'ils o n t également i n terceptées : p o u r q u o i enfin ne p r o d u i t - o n pas cette q u a n t i t é de lettres qui n o u s o n t été adressées en France , et q u e le comiré de Salut Public a fait a r r ê t e r , sans d o u t e p o u r connoître l'opinion des C o l o n s . En effet, Barère nous a dit q u e , de cette immense collection de l e t t r e s , il résultent qu'il y avoit à S t . D o m i n g u e deux partis bien p r o n o n c é s , les patriotes, les c o n t r e - r é v o l u t i o n n a i r e s , et qu'il étoit prouvé q u e n o u s étions du n o m b r e des chefs du parti p a t r i o t e . ' Ces preuves sont d'autant plus concluantes, qu'elles sont unanimement fournies par les C o l o n s , sous le sceau de la confiance et du secret ; q u ' o p p o s e - t - o n à ces preuves ? deux prétendues lettres ou extraits de lettres , d o n t on a calque l'écriture sur celles des n ô t r e s , qui o n t été interceptées à l'époque des dates apposées sur ces chiffons. Mais Polverel et S o n t h o n a x a v o i e n t besoin de n o u s inculper; ils a v o i e n t v u , par n o s écrits et par les MANIOC.org Réseau des bibliothèques Viiie de Po'mte-à-Pitre


(4) lettres de leurs amis de France , q u e nous étions instruits de tous leurs crimes ; ils étoieht informés q u e nous avions demandé qu'ils fussent rappelés en France, p o u r rendre c o m p t e de leur c o n d u i t e ; q u e s u r cette demande , Billaud-Varennes et Bréard les avoient fait décréter d'accusation. Frappés de ce décret , qu'ils o n t dû connoître en septembre 1 7 9 3 , ils ont senti le besoin de se faire précéder en France p a r des défenseurs officieux ; en conséquence, dans les derniers jours d u m ê m e mois de septembre , au milieu des cendres et des décombres ensanglantés de la ville du C a p , ils o n t r é u n i u n e a s s e m blée , composée de leurs complices , et de ceux qu'ils a p pellent une nation nouvelle.Là ils ont eux-mêmes p r o c l a m e d é p u t é à la C o n v e n t i o n N a t i o n a l e , six de leurs affidés, Dufay et consors, qui sont m a i n t e n a n t au sein de la conv e n t i o n ; ils p r é v o y o i e n t bien, qu'instruits de l'illégalité d e leur n o m i n a t i o n et de tous les crimes auxquels ils a v o i e n t participés , n o u s nous opposerions à l'admis*ion de ces h o m m e s q u e dix mille Colons e u x - m ê m e s appellent dans leur p r o t e s t a t i o n , horrible députation. Il leur falloit d o n c , à ces i n d i v i d u s , u n m o y e n nous discréditer , de nous inculper; c o m m e n t faire? aucun fait, aucun acte ne déposoit contre nous ; mais Polverel et S o n t h o n a x , fertiles en e x p é d i e n s , imaginent de faire fabriquer une lettre c o n t r e - r é v o l u t i o n naire p o u r chacun de nous ; ils en delivrent des p r é tendues copies à leurs défenseurs officieux, qui les devancent. A leur a r r i v é e , ceux-ci ne m a n q u e n t pas de les publier avec affectation ; d'abord dans les sections de P a r i s , p o u r capter l'opinion p u b l i q u e , ensuite à la C o n v e n t i o n Nationale ( 1 ) , ils attendirent cependant (1) 11 est essentiel d'observer qu'à cette» é p o q u e , D u f a y ne présenta q u e des copies certifiées de ces prétendues lettres dans les journaux et partout o ù il les a fait imprimer : ce ne sont que des copies de lettres. S'il avoit tu des originaux, il n ' a u roit pas m a n q u é de les présenter aux comités de Salut Publie et de Sûreté générale , quand il y sollicitoit notre arrestation ; c'est environ quinze jours après notre incarcération , et lorsque n o u s nous étions p l a i n t , qu'on n e produisoit contre nous que

des copies de lettres; que tout-à-coup le bruit se répandit que les

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( 5 ) p o u r lui en donner connoissance, q u e nous fussions incarcerés par ordre de R o b e s p i e r r e , au n o m du c o m i t é de Salut Public ; nous en a v o n s exposé les motifs^ Fiers de ce t r i o m p h e , D u f a y , Mils et B e l l a y , ne m a n q u è r e n t pas d'en instruire Polverel et S o n t h o n a x ; aussi ces derniers quittèrent - ils S t . - D o m i n g u e , a b a n d o n n a n t lâchement la ville du P o r t - a u Priace à quinze cens Anglais qui étoient venus l'assiéger. Ils vinrent d o n c en F r a n c e , dix mois après le décret d'accusation r e n d u , et cinq mois après n o t r e arrestation ; q u a n d ils se sont mis en r o u t e , ils sSavoieni donc q u e leurs complices étoient ici t r i o m p h a n s , q u e nous étions au moins e m p r i s o n n é s , sinon é g o r g é s , et peu s'en est fallu : nous l'avons p r o u v é . ILs ignoroient ces h o m m e s de s a n g , q u e la justice étoit à l'ordre du jour ; ils ne savoient pas q u e , fidèles à la mission i m p o r t a n t e qui nous est confiée, nous les accuserions du fond m ê m e de notre prison. A la p r e m i è r e a t t a q u e de notre p a r t , ils o n t de suite recours à ces extraits de lettres , depuis l o n g tems p r é p a r é e s , déjà tant p u b l i é e s , c o m m e n t é e s et i m p r i m é e s ; ils les font encore réimprimer de n o u v e a u , en feuilles et caractères t r è s - a p p a r e n s , et y a j o u t e n t , que

ces

lettres

ou

extraits

de

lettres,

écrits

et

signés

originaux étoient déposés au C o m i t é de Salut Public ; est-ce que dans ce cours espace de t e m p s , il est arrivé de St- D o mingue un bâtiment tout exprès pour a p p o r t e r ces originaux ; autrement , il est clair qu'ils ont été fabriqués à Paris. U n s'y est sans d o u t e décidé , attendu l'insuffisance des copies. D'ailleurs D u f a y ne devoit pas être embaiassé en pareil c a s , il savoit c o m m e n t s'étoient fabriqués ces prétendus originaux à St.-Domingùe. D e p l u s , Sonthonax avoue , d i t - o n , dans un écrit q u ' o n vient de p u b l i e r , q u e les malles qui contiennent ses papiers , n o t a m m e n t notre correspondance, n ' o n t pas e n c o r e été o u v e t t e s ; ce ne sont donc pas Polverel et Sonthonax qui o n t déposé ces prétendus originaux , à moins qu'ils ne les eussent t o u s exprès dans leurs poches ; le d é p ô t a donc eu lieu avant leur arrivée, et n'a pu se faire sans un faux manifesté. P e u t - ê t r e se trouvera-t-il encore des seconds originaux dans les malies de Polverel et de S o n t h o n a x , cela seroit curieux , sans être é t o n n a n t , ce seroit une double p r e u v e de la perfidie de t o u t e cette clique d'imposteurs.

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(6) de nous, sont déposées au C o m i t é de Salut Public. Mais ce qu'on a u r o i t peine à croire si o n ne le v o y o i t , c'est, q u e lorsqu'il leur i m p o r t e de p r o u v e r l'existence de ces lettres , ils n'ont pas fait constater leurs expressions-, le d é p ô t et la date à laquelle il a été f a i t , par aucun des membres c o m p o s a n t le com i t é de salut p u b l i c , formalité sans laquelle il est a b s o l u m e n t impossible que l'on puisse croire à leur existence. Là c e p e n d a n t se b o r n e n t leur réponse à treize chefs d'accusation t r è s - g r a v e , intentés contre eux : ils ne v e u lent plus , disent-ils , avoir rien à démêler avec n o u s , parce qu'ils ont fourni de prétendues p r e u v e s q u e n o u s sommes des c o n t r e - r é v o l u t i o n n a i r e s . Manière d'agir et de raisonner bien c o m m o d e p o u r de grands coupables q u i veulent échapper à la v e n geance nationale ! ! ! ! Ainsi , Polverel , S o n t h o n a x et leurs complices , o n t incendié , pillé et dévasté S t . - D o m i n g u e ? et p o u r que leurs forfaits restent i m p u n i s , il leur suffiroit d ' y ajouter le c r i m e de f a u x , et d ' a v o i r déposé au c o m i t é de salut public deux lettres o u extraits de lettres qu'ils n o u s a t t r i b u e n t ; dès l o r s , ils seroient innocent de tous les crimes d o n t l'Amérique entière et leurs propres acres fournissent des preuves C'est ainsi qu'ils a u r o n t calculé ! t o u t le p r o u v e . Ils o n t dit : « nous sommes a c c u s é s , mais nous a l l o n s » p r o d u i r e deux lettres o u extraits de l e t t r e s , c o n t r e » d e u x de nos accusateurs : on ne doutera pas qu'elles ne » soient réellement écrites p a r eux , p u i s q u e c'est » n o u s , leurs ennemis , qui les a p p o r t o n s t o u t e x p r è s de » deux mille lieues ; n o u s ferons i m p r i m e r et d i s » tribuer des exemplaires de ces lettres a v e c profu» sion. N o u s dirons ensuite , Page et Brulley s o n t » des c o n t r e - r é v o l u t i o n n a i r e s , d o n c leurs collègues » le sont a u s s i , donc ils en imposent ; nous ne devons » point discuter avec eux ; donc les C o l o n s leurs » c o m m e t t a n s , sont des aristocrates; donc o n a bien fait » de les incarcérer et de les tenir t o u s encore en p r i » son ; d o n c n o u s avons bien fait de les égorger , » de les e x p u l s e r de S t . - D o m i n g u e et m ê m e de les


« « » » » » »

(7)

piller. Ils resteront clans leurs p r i s o n s , dans leurs e x i l , ils deviendront ce qu'ils p o u r r o n t . Q u a n t à nous , on r a p p o r t e r a le décret d'accusation , nous serons a u t h e n t i q u e m e n t innocentés, et nous j o u i r o n s paisiblement des richesses immenses que nous avons apportées de S t . - D o m i n g u e , après en a v o i r seulement partagé une partie avec nos amis ». Heureusement ce calcul n'est pas celui de la c o n v e n t i o n , elle ne considère ni les i n d i v i d u s , ni leurs alentours ; elle ne v o i t q u e la république ; ses grands intérêts fixent seuls son attention. i Q u ' i m p o r t e en effet , à la république , des o p i nions individuelles, écrites o u n o n écrites ! quel t o r t en peut-il résulter p o u r elle. Q u e lui i m p o r t e encore , que se fondant sur de p r é t e n d u e s lettres , Polverel et S o n t h o n a x appellent Page et Brulley des contre-révolutionnaires ; q u e ceuxc i qualifient les premiers d'excellens et de très-excellens patriotes, suivant les expressions de R a i m o n d et de Brissot; car c'est ainsi qu'ils n o m m o i e n t Polverel et S o n t h o n a x leurs intimes amis, q u a n d ils les p r é s e n t è rent au Ministre Lacoste, p o u r qu'il les fît agréer par C a p e t , de qui ils ont reçu leurs pouvoirs et leurs instructions. Sont-ce en effet , ces qualifications, ces opinions p a r t i c u l i è r e s , ces écrits vrais o u f a u x , qui o n t p r é p a r é , dès 1 7 8 9 , et c o n s o m m é depuis, la dévastation , la perte des Colonies Françaises , et avec elle la r u i n e du commerce national. Voilà ce qui intéresse v r a i m e n t la république ; voilà ce qu'il i m p o r t e à la c o n v e n t i o n d'examiner et d'approfondir ; c'est ce qu'elle fera , parce qu'elle v e u t c o n n o î t r e la v é r i t é , tant obscurcie , t a n t défigurée jusqu'à ce j o u r , dans les affaires coloniales. La convention peut enfin la c o n n o î t r e cette v é r i t é , puisque sous ses y e u x et sous ses mains , sont réunis les a c c u s a t e u r s , les t é m o i n s n o m b r e u x , les accusés , t o u s les actes et pièces authentiques. Q u e la c o n v e n t i o n n o m m e d o n c dans son s e i n , u n e commission de douze membres , qui ne se soient e n c o r e p r o n o n c é e , ni pour n i contre les C o l o n s o u leurs ad versaires.


(«) Q u e cette commission recueillie avec soin tous l'es renseignemens relatifs à l'affaire des Colonies ; qu'elle e x a m i n e attentivement les archives coloniales actuellement sous les scellés ; qu'elle entende tous les t é moins,et sur-tout qu'elle o r d o n n e une discussion contradictoire entre Sonthonax et P o l v e r e l , et consorts d'une p a r t ; les commissaires de S t . - D o m i n g u e , les C o l o n s et les marins d'autre p a r t . C'est de cette discussion que jallliront les traits de l u m i è r e s , q u i feront enfin appercevoir et saisir l a v é r i t é ; on connoîtra enfin les vrais c o u p a b l e s , ceux qui o n t trahi les intérêts de la France ; ceux q u i o n t dévasté , perdu les c o l o n i e s , et la hache n a t i o n a l e vengera les crimes commis envers la r é p u b l i q u e . C'est a l o r s , et après a v o i r t e r m i n é cette g r a n d e affaire générale des colonies , qu'on pourra traiter les affaires particulières a u x C o l o n s C'est alors q u ' o n examinera si Page et B r u l l e y , s o n t o u ne sont pas coupables. N o u s d e m a n d o n s n o u s - m ê m e s à être alors j u g é s , n o n pas seulement sur les lettres, ou extraits de lettres q u ' o n a p r o d u i t contre n o u s , mais d'après tous nos é c r i t s , nos a c t e s , t o u t e notre p o l i t i q u e , depuis 1789 q u e n o u s a v o n s é t é c o n s t a m m e n t dans différentes fonctions publiques , h o n o r é de la confiance de nos compatriotes. N o u s i n v o q u e r o n s leur t é m o i g n a g e , et si l'on p e u t n o u s c o n v a i n c r e d'aucun fait qui p r o u v e q u e n o u s a y o n s agi o u écrit contre la France et sa r é v o l u t i o n , nos têtes t o m b e r o n t . Mais au moins nous aurons rempli n o t r e m i s s i o n , n o u s a u r o n s justifié l'espoir de nos c o m m e t t a n s , eh c o n c o u r a n t avec nos collègues, à faire c o n n o î t r e des v é r i t é s importantes et terribles;enfin nous a u r o n s v e n g é nos f r è r e s , nos amis ; nous aurons servi utilement n o t r e p a y s et la république. Salut te fraternité. Les commissaires de S t - D o m i n g u e , députés près la C o n v e n . N a t .

P A G E , BRULLEY. LEGRAND , S e c r é t a i r e , garde des Archives de la C o m m i s s i o n . D e l'Imprimerie

L A U R E N S âiné, rue d'Argenteuil, n°. 211

A La Convention Nationale. Notes sur les lettres attribuées à Page et Brulley...  

Auteur. Page, P. F. ; Brulley, A.-J. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Univers...

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