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FRANCE

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et son succès la rendait à beaucoup d'égards plus nuisible qu'utile à l'œuvre de colonisation et de civilisation. Dans l'ordre de l'histoire des Institutions cependant, les nécessités pratiques de l'administration, le désir de fournir une matière à la documentation et même à la formation intellectuelle du personnel dirigeant, conduisaient à des résultats plus objectifs ; tout un ensemble d'érudits et de juristes, au premier rang desquels il convient de citer Emilien Petit et Moreau de Saint-Méry, accumulaient des matériaux considérables et publiaient même de précieux ouvrages techniques, dont la valeur reste encore entière. Il se dessinait ainsi un mouvement d'études, très en avance sur son temps, que la Révolution Française, et la liquidation de notre entreprise coloniale qui en fut la conséquence, venaient malheureusement interrompre. Cette histoire, dans une large mesure n'est pas sans analogie avec celle de la renaissance d'études ayant le même objetr qui s'est produite au cours de la constitution du second Empire Colonial de la France. Celle-ci, en effet, avait été tout naturellement accompagnée de la publication de toute une série d'ouvrages d'informations et de circonstances, quelques-uns d'un intérêt puissant, mais qui ne peuvent être considérés que comme des documents ne représentant à aucun degré l'effort de discussion méthodique et critique que nous sommes habitués à considérer comme inséparable de l'histoire. Les rares livres qui avaient prétendu présenter au public des vues d'ensemble, tels que ceux de Camille Rousset sur la Conquête de l'Algérie, étaient gâtés par un tel parti-pris d'admiration à outrance qu'il était difficile de les prendre comme point de départ pour une réflexion sérieuse. Et surtout il n'apparaissait aucun effort pour coordonner ces diverses histoires et les replacer dans un cadre plus général, pour déterminer leurs rapports avec le mouvement analogue qui s'accomplissait dans les autres pays, encore moins la filiation qui pouvait relier l'histoire en train de se faire avec celle du passé, et déterminer les caractères propres qui devaient en résulter. Rien à cet égard n'est plus significatif que l'indifle-

Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

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