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CHILI

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Ensuite vînt, au xviiie siècle, l'étape des « Parlements » 1. On est même arrivé jusqu'à avoir, à Santiago, auprès du Gouverneur espagnol, un ambassadeur araucanien reconnu comme tel, traitant sur un pied d'égalité avec les autorités coloniales. Les parlements, espèces de congrès diplomatiques, se sont succédé au xviiie siècle, de pair avec les gouverneurs coloniaux. Chaque nouveau gouverneur essayait encore une fois de parlementer avec les Indiens et ainsi il y a eu des grands parlements en 1766, 1771, 1772, 1774 et 1784. Chaque fois qu'on célébrait un de ces parlements, on déployait une pompe incroyable ; les Espagnols et les Araucaniens venaient avec des suites énormes, dans leurs vêtements les plus somptueux et on terminait toujours par se régaler avec de grands banquets et par un échange de cadeaux qui tenaient lieu de décorations. La période coloniale du Chili se termine en 1810 sans qu'on ait pu obtenir un résultat complet en ce qui concerne l'incorporation des indigènes à la vie générale. Durant la période de la Guerre de l'Indépendance, les Indiens, habitués à toujours lutter contre un gouvernement central, quel qu'il fût, se sont battus contre les Espagnols avec les patriotes et ensuite avec les « royalistes » espagnols contre le Gouvernement patriote. C'est seulement vers le milieu du xixe siècle que l'exploitation des forêts en 1848, l'arrivée des colons étrangers, anglais, allemands et suisses en 1850 et un peu plus tard la construction des chemins de fer, ont mis fin à cet Etat dans l'Etat que constituèrent les Araucaniens pendant trois siècles. Vers la fin de leur attitude de défi, un incident se produisit en 1861, intéressant particulièrement la France. Un certain Orélie Antoine de Tounens, originaire de Périgueux, se fit proclamer, après certaines négociations avec les Araucaniens, roi de l'Araucanie. Son programme était un peu au-dessus de ses forces ; il prétendait réunir toutes les républiques hispanoaméricaines en une confédération monarchique constitutionnelle à la tête de laquelle il serait lui-même. Sa fantaisie ne 1. Le Parlement araucan correspond assez exactement à la « palabre » conférence entre chefs européens et potentats africains.

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Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

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