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CHILI

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que les indigènes qui peuplaient la Vallée Centrale, de Aconcagua à Concepciôn, venaient de l'autre côté des Andes, du Chaco, peut-être. Quant à ceux qui habitaient les archipels de Chiloé et de Chonos, bien que d'aspect physique ils ne différassent guère des indigènes du nord, leur caractère et leur coutumes étaient tout autres ; et enfin, ceux peuplant les régions de Magellan et du Cap Horn, non seulement étaient tout à fait différents de ceux que les Espagnols avaient découverts dans les régions nord du Chili, mais encore accusaient nettement diverses origines et dérivations. Il est donc très possible, probable même, que la race des aborigènes du Chili ne fut ni homogène ni autochtone, mais un mélange de différentes espèces venues de' plusieurs contrées. Nomades par excellence, les aborigènes chiliens n'avaient, pour satisfaire leurs besoins matériels quotidiens, que les organisations les plus rudimentaires, ce qui fait que l'investigateur manque d'éléments sérieux d'information sur l'époque antérieure à la conquête espagnole. La solitude et l'isolement dans lesquels ils ont vécu pendant des siècles, furent leurs garanties de paix et d'indépendance. Quelques-uns vivaient dans le nord, au bord de la mer pour recueillir de ses profondeurs les aliments que les pampas désertes ne pouvaient pas leur procurer : ils étaient, paraît-il, des rejetons de la race « quichua » ou « aymarâ » qui s'étaient glissés vers le sud dans leurs pirogues faites de peaux de loups marins. D'autres, ceux du centre, recherchaient pour établir leurs huttes, le bord des rivières qui leur donnaient l'eau nécessaire pour arroser leurs semailles et désaltérer leurs « chilihueques » (connus en France sous le nom de lamas) que les Espagnols ont nommé tout d'abord « moutons de la terre », car ils fournissaient aux indigènes la laine et la viande dont les européens sont pourvus par les moutons. D'autres encore, ceux du sud, habitaient des régions couvertes de forêts si épaisses que quelques rayons de soleil y pénétraient à grand'peine ; là ils cultivaient des tubercules comme cette espèce de pomme de terre qu'ils appelaient « pohe », ou des grains semblables au maïs qu'ils appelaient « hua », ou bien encore

Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

Bibliographie d'histoire coloniale ( 1900-1930 )  

Auteur : Alfred Martineau, Roussier, Tramond / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la d...

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