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AUX ANTILLES

Vues de la mer, toutes ces villes des Antilles se ressemblent ; mêmes murailles fendillées et jaunes, mêmes toits de tôle, même impression de vétusté au milieu d'un paysage toujours le même, lui aussi, magnifique et monotone, toujours surprenant néanmoins. Bosselée de mornes, tourmentée de ravines, Grenade1, si j'en juge par le rivage qui m'apparaît, doit être une île d'unpittoresque merveilleux. Sur trois plans s'aperçoivent ses étages de collines contrefaites et pointues dont les plus hautes, les dernières, celles qui ferment l'horizon, semblent avoir six ou sept cents mètres. Et tout cela, jusqu'au faîte, couvert de verdure, avec, çà et là, la silhouette gracieuse d'un palmier dont la tête chevelue se balance. Et ces sommets aigus qui tout à l'heure, de la haute mer, semblaient une longue lame de scie posée sur les flots, d'ici, à les toucher presque, voilà qu'ils évoquent l'idée de quelque débâcle, de je ne sais quelle tempête cosmique, formidable, irrésistible poussée intérieure qui jadis souffla ces cônes au-dessus de la mer. — Il faut tout le charme, toute l'admirable verdure de cette végé1. Découverte en 1499 par Colomb qui la nomma l'Ascension. Elle fut colonisée par les Français à partir de 1650, et prise par les Anglais en 1752.

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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