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AUX ANTILLES

inaccoutumée aurait rendus, on ne sait pourquoi, gigantesques. Puis l'on pénètre dans une forêt vierge, et lorsqu'on l'a traversée, lorsqu'on a franchi la montagne, tout à coup on se trouve dans la grande plaine de l'intérieur. Là sont les plantations de cacaoyers, mais il faut être initié pour les reconnaître. Je me crois encore en pleine forêt et déjà je me trouve au milieu d'elles. Sous bois, en regardant avec attention cependant, j'aperçois maintenant l'arbuste précieux. Je le reconnais de suite à ses feuilles oblongues, luisantes, à ses fruits surtout, à ses gousses brunes allongées qui pendent çà et là parmi les branches. Le cacaoyer, en effet, ne peut naître et grandir seul, sans abri. Il lui faut ce qu'on nomme ici « l'arbre-ombre » pour tamiser les rayons trop cuisants du soleil. Lorsqu'on veut créer une plantation de cacaoyers, c'est en premier lieu cet arbre-ombre qu'il faut obtenir, cet écran protecteur qu'il faut constituer. Cinq ans après on peut planter le cacaoyer. On attend trois ans les premiers fruits. En dix ans on obtient une propriété en plein rapport. Et pendant un demi-siècle elle subsiste à peu près telle, avec le même rendement, sans trace de fatigue, ni lassitude apparente. Ces propriétés exigent peu de soins, un mini-

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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