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DE PAUILLAG A TRINIDAD

retenu une voiture attelée de deux mules. Allons paresseux, hors du lit, rapidement. » — Et je me réveille en sursaut. — Au camp Ballata : soit. Je ne sais guère où cela se trouve ; en quoi cela consiste encore moins. Qu'importe! L'imprévu, l'inconnu, pour tout voyageur, ne sont-ils pas deux impressions charmantes ? Tous quatre, assis deux à deux, face à face, dans une de ces fines voitures américaines dont le coffre minuscule posé sur des ressorts largement ouverts se balance entre des roues hautes et légères, nous partons. Les mules agitent leurs grelots, notre cocher son fouet, nous nos chapeaux; en avant. A gauche, à droite s'enfuient des troupes éperdues de canards. Au grand trot, à la barbe de nègres ébahis nous sortons des faubourgs extrêmes de la ville ; et l'enchantement commence. Cette route que nous suivons est celle de la Trace : la grande voie d'accès de Saint-Pierre à Fort-de-France. Le camp Ballata, ce sont ces trois ou quatre casernes que nous apercevons là-haut, perchées sur ces collines vertes, au pied des pitons du Carbet. 0 la flore magnifique ! le climat délicieux ! le pays de rêve ! l'éden insoupçonné ! Comme on comprend qu'insouciants de ces vol3

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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