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AUX ANTILLES

nant, touffue, multiple, débordante, comme dans toutes ces contrées des tropiques. Au Nord,le mont Pelé peu à peu s'affaisse, diminue, mais dresse encore sa masse ocreuse et dénudée comme une lointaine et terrifiante menace. De quelle insouciante témérité témoignent les hommes en général,les habitants de ces îles surtout ! La surface de cette mer tranquille, de cette mer trompeuse abusa leurs sens. Avec sa belle teinte bleu sombre, le vert étonnant de ses îles, la fluidité de ses horizons, elle fut une sirène qui, sous une mélodie enchanteresse, leur dissimula des horreurs. Cette grande masse d'eau qui semble presque plastique, presque solide, les leurra. Elle fît leur quiétude. Mais à la réflexion, grâce aux sciences investigatrices et précises, le spectacle réel apparaît. Il est effrayant et grandiose. Toutes ces fosses de l'océan furent sondées. On sait leur étendue, on connaît leurs profondeurs. A quelques kilomètres de ces îles elles deviennent effroyables. Quinze, vingt mille pieds, davantage même parfois : voilà l'abîme sur lequel notre navire est suspendu. Par la pensée, supprimons cette masse d'eau énorme. Errons au fond des mers desséchées. Regardons. 0 l'immense et prodigieuse vallée qui s'en va

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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