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EN MER

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tuante. Et le grand critique concluait: « On n'apprécie jamais mieux une injustice, une inégalité générale, que quand on est atteint soi-même ou dans les siens, d'une manière directe et personnelle. » Inégalité oui, injustice non ; ce serait trop dire dans l'espèce. Au nom de quelle loi voudrait-on forcer les blancs à mêler leur sang aux métis ? C'est un préjugé pour une femme blanche, direzvous de redouter à ce point des enfants de couleur, préjugé, je l'accorde, que ne partagent pas à ce degré les Européens; l'exemple des Dumas en est la preuve. Mais encore Ce préjugé, beaucoup de blancs créoles l'ont : c'est un fait ; les circonstances le leur ont donné ; ils ne sont point libres de ne pas l'avoir. N'est-ce point attenter à leur indépendance que de vouloir, par violence, le leur ôter, au lieu d'attendre sagement l'évolution fatale des idées? Cela paraîtra sans doute puéril en Europe. On m'accusera d'attacher trop d'importance à des choses qui n'en ontpas ; et cependant toute la politique de la colonie tient en quelques lignes, se résume en quelques phrases, en deux ou trois idées simples et bizarres à la fois. Les nègres sont nègres; si nul ne les excitait, ils s'accommoderaient fort bien de le rester. Les

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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