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AUX ANTILLES

ou les Espagnols, les avons possédées ; elles nous échappèrent parce que les circonstances furent telles que nous ne pouvions les défendre. En 1831, en parlant de l'Angleterre, Edgar Quinet écrivait à peu près en ces termes, je crois : « La France n'égalera jamais dans le mouvement du commerce la vitesse de cette île qui flotte comme un vaisseau, aborde avant elle tousles climats, bien loin, comme on l'a dit, d'être enfermée en aucun. » — Saisissante image qui, dans un raccourci puissant, synthétise toute l'histoire de la Grande-Bretagne. C'est en effet à la liberté de ses mouvements qu'elle doit, à travers les âges, la continuité de son extraordinaire fortune. Perdre définitivement la France à l'issue de la guerre de Cent ans ce fut un bonheur pour elle. Elle y gagna l'empire du monde. Tandis que les autres nations s'épuisaient, comme aujourd'hui encore, à se disputer la prépondérance sur le continent, elle, dès qu'elle eût mis ordre à ses affaires intérieures, par le hasard des circonstances, par la force des choses,, commença une autre œuvre. Nul génie politique, avec la plus complète prescience de l'avenir, n'aurait pu mieux la conseiller. Rejetée brutalement dans son île, forcée d'abandonner cette Europe où elle voulait jouer un rôle, de Ja mer, qui semblait alors une immense étendue déserte,

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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