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AUX ANTILLES

cade. Et de toutes parts, une végétation furibonde nous étreint, plus abondante, plus désordonnée encore qu'à la Dominique. A la Guadeloupe, comme dans toutes les Antilles, on soupçonne des ressources de sève inconcevables. Ce sont elles qui donnent aux feuillages cette couleur verte extraordinaire sans expression équivalente dans les harmonies ordinaires de la palette, écrivait quelque part Fromentin lorsqu'il voulait caractériser certains paysages d'Algérie. Ici, comme là-bas, « on peut songer aux taillis de chêne les plus verts, aux potagers normands les mieux arrosés à l'époque la plus épanouie de l'année, sans trouver quelque chose de comparable à ce badigeonnage de vert émeraude entier, agaçant, irritant même à la fin et qui fait ressembler tous ces arbres à des décors de papier peint. » Entre ces paysages et ceux de l'Afrique septentrionale, existent quelques différences toutefois ; d'abord l'extrême densité de la verdure, la végétation vigoureuse des parasites ensuite ; les troncs, les branches des arbres en sont couverts. Une sorte de gui blanchâtre, chevelu, tombe de leurs puissants rameaux comme des tissus amoncelés de toiles d'araignées ou des faisceaux de serpents.

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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