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LA GUADELOUPE

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qui de temps à autre vous croisent, on sent que cette végétation, comme à Saint-Pierre, reprendrait vite le pays conquis. — Mais du moins si l'homme lutte dans ces îles, il lutte sans âpreté. Il modifie, il dirige ; il détruit à peine. Aussi est-ce bien la note originale, définitive, qui me restera de ces Antilles, que la manifestation douce et continue de sa présence, que la déformation légère des choses par son activité, tandis que là-bas dans ces contrées désertes du SudAfrique, à peine effleurées par son labeur, les grands spectacles subsistent tels qu'ils étaient au commencement du monde, et que dans nos contrées plus froides la nature primitive a complètement disparu sous l'effort incessant de multitudes affamées. En Europe l'homme se substitue à la nature ; dans les steppes sud-africaines, dans celles de l'Asie et de l'Amérique il s'y superpose ; dans les pays tropicaux, aux Antilles, il s'y ajoute et la seconde . Et c'est cette lutte sans violence, cette coexistence de l'homme civilisé et d'une nature vierge qui forme le trait caractéristique de la vie dans ces îles, qui donne aux spectacles des montagnes, des vallées, et du ciel, leur charme paisible, et, malgré les cataclysmes qui s'y produisent et ceux qu'on y pressent, leur harmonie et leur douceur.

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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