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AUX ANTILLES

par deux fins cordonnets de soie qui passaient sur leurs épaules comme de fines bretelles, apparaissait chiffonné à loisir, et tout à fait méconnaissable. Ainsi travesti, ce corsage banal, de coupe européenne,devenait quelque chose d'absolument exotique. Mais quelle morgue ont ces gens-là ! Les valets nègres de Behanzin commandent avec une raideur, une hauteur que leur envierait un satrape. Et ces gaillards, il y a quinze ans, vivaient dans la brousse ! Cannibales à peine dégrossis, ils affichent aujourd'hui des airs de dictateurs. Étrange mentalité que la nôtre ! Principes de libéralisme théoriques et stupides qui permettent à ces sauvages l'arrogance d'une telle attitude ! A cinq heures nous passons lentement devant Saint-Pierre et le mont Pelé. Les jumelles se braquent. Je fouille du regard les ruines 1 de la mal1. Voici quelques notes sur la

disparition de Saint-Pierre.

Ce fut le 26 avril 1902, que les premières fumerolles apparurent au sommet du volcan. Le 8 mai, à six heures du matin, le soleil éclairait la ville de Saint-Pierre relativement tranquille ; au nord, la montagne Pelée fumait. « Je me trouvais alors, dit M. Clerc, dans la maison Litté, au Parnasse, sur le haut d'un

morne qui domine immédiate-

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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