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LA MARTINIQUE

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bref put intéresser à son sort quelques députés aux tendances humanitaires. Que ne ferait-on en France avec des députés ? Le voilà parti pour Blidah. Tout à l'heure, lorsqu'il montait sur la passerelle, son air majestueux me frappa. Jeté en sautoir, son manteau de velours découvrait une de ses épaules et la moitié de son torse nu. Un petit bonnet triangulaire tremblait au sommet de son crâne. De la main gauche il portait un sceptre, et serrait entre ses dents une longue pipe blanche, dont le fourneau massif s'épanouissait à hauteur de ses genoux. Ses femmes le suivaient, d'un accoutrement plus pittoresque encore, de prime abord plus indéfinissable surtout. Dans la maison du roi, à Fort-de-France, elles erraient le torse, les seins nus. Hier on leur fît comprendre qu'à bord un tel costume serait jugé par trop rudimentaire ; et dans un magasin de Fort-de-France, à leur intention, on acheta quatre jolis corsages de soie. Aussitôt, appliquant le dos de ces corsages sur leur poitrine, dans chacune des manches elles enfilèrent leurs seins tombants, et comme celles-ci, malgré les dimensions respectables de leurs mamelles, flottaient, trop longues encore, elles en nouèrent ensemble les extrémités derrière leur dos, sur les reins. Le tout, retenu

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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