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AUX ANTILLES

de la civette, est d'une agilité, d'une rapidité de mouvements extraordinaires. Le corps allongé, le pelage brun ou jaune tiqueté de blanc, la queue en éventail, la tête fine, le museau étiré, pointu, il court, il saute, il détale, il disparaît en un clin d'œil. Surtout il faut le voir en présence de son ennemi mortel : le serpent. Parfois à Fort-deFrance, on les met en présence, dans une cage. Le duel commence. Le trigonocéphale n'attaque jamais. Rampant vers un coin, il s'y roule, et tête droite, sifflante, attend. Soudain, comme un ressort, la mangouste part, saute, et dans une attaque si brusque qu'on n'en peut surprendre les détails, saisit le reptile à la mâchoire inférieure, l'immobilise, la secoue, la désarticule et s'enfuit. Manque-t-elle son but? Aussitôt, avec la même agilité elle bondit en arrière, et quelques minutes plus tard reprend l'offensive. Rarement le serpent l'atteint; s'il y parvient, elle meurt. Et cet instinct n'est-il pas curieux qui pousse ce petit animal avec une telle impétuosité sur son redoutable adversaire ? » En écoutant ce discours, je ressentais un certain sentiment de bien-être, de sécurité. Mon pied se posait avec plus d'assurance dans les hautes herbes. — «L'île doit être aujourd'hui à peu près complètement débarrassée de trigonocéphales,

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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