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LA MARTINIQUE

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ches phosphorescentes s'élevèrent. Ce fut partout, dans l'espace, un tournoiement désordonné d'étincelles. De grands phalènes invisibles traversaient l'espace, nous effleurant de leurs ailes. Les moustiques aussi nous assaillaient, dont on sentait l'ardente piqûre, le monstrueux crapaud de la Dominique, récemment importé, chantait sa hideuse chanson d'amour, et le cabri de bois jetait de temps à autre son cri mélancolique semblable au bêlement saccadé et lointain d'un chevreau. — Alors, on s'apercevait que cette sensation reposante de tout à l'heure n'était qu'une illusion de nos sens fatigués ; que la nature, elle, ne connaissait ni trêve ni repos ; et qu'une vie à peine assoupie avec le coucher du soleil, une autre vie commençait à bruire dans les ténèbres.

Dimanche, 1er avril.

A mon départ pour les Antilles qui donc s'étonnait de me voir m'embarquer seul, me qualifiant d'original aux singulières idées? Moins original, moins singulier que vous ne le supposiez, railleurs. — Les amis : famille choisie; la famille : amis forcés, dit-on. Même distinction entre les

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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