Page 172

160

AUX ANTILLES

feuilles, on l'étend à terre, c'est l'amarre. Dix, douze tronçons de tiges sont empilés par-dessus, le tout est lié fortement ; voilà une gerbe terminée : « un paquet » ici. Une autre femme s'approche, empile les paquets par tas de vingt-cinq : ce sont nos meules. Enfin arrivent les mulets, les cabrouets, les chars à bœufs. Ils transportent la récolte aux wagons; elle s'y empile. Bientôt tout disparaît dans le moulin. Détail curieux : le soleil se trouve ici complice des revendications ouvrières. Aux bêtes comme aux gens, son ardeur impose la journée de huit heures. Avant neuf heures du matin on ne trouve aucun travailleur dans les champs ; à trois ceuxci sont vides : total six heures de travail. Faites la part du climat et concluez. Ces prolétaires ne paraissent pas trop à plaindre. Les propriétaires blancs ne semblent pas non plus les tyrans que l'on nous représente. Et d'ailleurs, avec sa haute taille, son sourire jovial, sa poignée de main cordiale et facile, j'allais écrire méridionale, mettez créole si vous le voulez, ce ne serait pas mon compagnon qui en donnerait l'impression. — Autres serviteurs : les bœufs. Voyons leur sort. Ils ne travaillent qu'une attelée, c'est-à-dire pendant cinq ou six heures. Après, avant, ils se reposent. Tout à l'heure, couchés dans la savane, en

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Profile for scduag
Advertisement