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LA MARTINIQUE

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Sur la grande place du bourg sont installés aujourd'hui des forains : tirs, fours à gaufres, tourniquets, chevaux de bois. Ces derniers jouissent parmi les nègres d'une vogue que nous ne connaissons pas. C'est l'attraction nationale. On se dispute avec acharnement pour y monter. Ceux qui ont la chance d'obtenir une place y font d'interminables tours. Ceux qui attendent se désespèrent; le tout se termine souvent par des insultes, par une rixe quelquefois. — Les uns possèdent, d'autres désirent. Voilà l'image de la vie. A toute vitesse nous traversions maintenant une grande plaine où les cannes ondoyaient à perte de vue, donnant comme à Trinidad cette même sensation d'un champ de blé en France au mois de mai, lorsque les épis sont encore verts. Mais à regarder les plantes qui bordaient la route l'impression changeait. Pressées les unes contre les autres, avec de longues feuilles fris sonnantes et souples qui les terminaient comme un panache, elles apparaissaient hautes, droites et fines. On voyait bien qu'il ne s'agissait point là de nos pauvres petites plantes d'Europe, que celles-ci jaillissaient sans effort d'un sol incomparablement plus fécond. Leur belle teinte verte aussi ne permettait pas la méprise. Curieuse remarque : dans

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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