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LA MARTINIQUE

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ble, m'écriais-je, nous ne sommes plus assis mais en suspens. Nos têtes touchent aussi souvent la bâche que nos postérieurs la banquette. De temps à autre, quand cela tourne véritablement par trop au supplice, on se soulève un peu sur les bras comme sur des ressorts, puis cette position devenant fatigante à son tour, on se laisse aller, on offre de nouveau ses fesses en holocauste. Parfois la roue tout à coup immobilisée s'enfonce dans un trou comme un pieu, puis rebondit sur la route ; tantôt au contraire elle gravit une pierre énorme et tombe en craquant sur le sol dur. D'une claque vigoureuse la banquette vous lance en Pair comme un tremplin. » C'est tout à fait cela. Que chercherais-je d'autre? Je ne puis mieux trouver pour caractériser actuellement mes impressions de locomotion. Dans l'espèce il s'agissait d'une voiture à mules ; ici d'un automobile : la vitesse en plus, la sécurité en moins, ceci vaut cela, et c'est le progrès. « Eh bien, me dit tout à coup mon compagnon, comment va la promenade, un peu agitée, je pense? — Légèrement, répondis-je.— Baste, à ce régime vous deviendrez bientôt un planteur accompli, car vous ne l'êtes pas encore, observa-t-il en souriant. Si je vous avais connu si délicat j'aurais pris

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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