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AUX ANTILLES

citait un mot français à peine altéré par la prononciation. — Un regret m'envahissait alors, celui de voir toutes ces petites Antilles, depuis Trinidad jusqu'à Dominique, où notre influence restait si persistante, mais d'où notre drapeau avait pour jamais disparu 1. A cinq heures je m'embarque, et nous partons. A dix, par une nuit noire nous arrivons à Fort-de-France. L'escadre française nous y précéda. Les vaisseaux de guerre, ancrés sur les bouées les plus proches, nous obligent à mouiller en rade, loin du port. Aussi en pleine nuit, pendant une demi-heure, me faut-il affronter une forte houle, perché sur mes malles, dans une barque conduite par deux bateliers nègres inconnus. Cupides, mal intentionnés, ces gens, d'un coup d'aviron, m'enverraient par-dessus bord, moi, mon journal et mes bagages, faire connaissance avec les requins. 1. Une particularité assez curieuse également,c'est la ressem-

blance physique qu'offrent les indigènes avec la race dominante. Un nègre de pure race noire, à la Martinique ou à la Guadeloupe, a le laisser aller, le bon garçonnisme du Français; à Trinidad ou à la Dominique la plupart des nègres ont emprunté à l'Anglais son maintien droit et

ferme, son attitude fière.

Remarque plus singulière encore, les lignes du visage rappellent de loin celles de la race conquérante, même lorsque incontestablement il n'y pas eu mélange de sang.

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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