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AUX ANTILLES

à la douane, comme à Capetown autrefois, les Anglais me confisquèrent mon revolver. Serais-je prédestiné à fournir de ces armes les nationaux de cette puissance? La capitale de la Dominique porte un nom délicieux : Roseau, dernier souvenir de la domination française. La ville paraît moins charmante que son nom : simple bourgade, rien de plus. Deux églises aux clochers légers et fins lui donnent, vus de la mer, un aspect engageant, coquet. Mais aussitôt débarqué, quelle désillusion ! Les maisons!... peut-on appeler de ce nom ces cahutes noires faites de planches et de plâtras ; et cet hôtel, ce boarding house que l'on m'indiquait comme un des plus confortables de la ville, c'est à peine si j'ose y pénétrer. A cet extérieur délabré, à ces voliges crasseuses doivent correspondre des chambres plus sordides encore. J'entre..... Nullement. — Une vieille Anglaise à lunettes, laide comme les sept péchés capitaux, mais avenante, distinguée, polie, vient me recevoir. Elle m'introduit dans un petit salon, aux fauteuils de satin, aux coussins de soie, au tapis de jonc, agréable, frais, charmant. Deux jeunes gens minces, distingués comme le sont certains Anglais, s'y balancent sur des berceuses : deux pensionnaires de la maison. L'heure du dîner approche. Ils portent souliers

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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