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LA MARTINIQUE

aux couleurs criardes, leurs robes unies et noires, leurs bonnets sombres, ou les chapeaux de paille dont les larges bords tombent sur leurs épaules tranchent vivement, attirent, étonnent les regards. Qu'est donc devenue l'aversion dont témoignent les gens de couleur pour les vêtements sombres, leur affection désordonnée pour les robes claires et voyantes? Renseignements pris, tout s'explique. Ce sont là des négresses charbonnières. Unpaquebot vient justement d'arriver: le plus grand nombre d'entre elles descendent la rue, courant à l'ouvrage. Suivons-les. Au port, le coup d'œil est à ce moment fort pittoresque. Cent cinquante, deux cents négresses s'avancent en file, portant sur la tête, sans plier, un panier de charbon, haut et rond comme un seau. Mais que fait ce mulâtre debout sur cette guérite, tandis que la longue théorie des ouvrières la traverse- lentement, comme sous un pont? Simplement, il contrôle. Du regard, il plonge au fond du panier, en vérifie le contenu. Assis à l'intérieur de la cabane un employé paie l'ouvrière, par chargement, à chaque passage l. Aucune erreur,aucune contestation possibles. Une 1. En leur délivrant un jeton de présence

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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