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L'EMPIRE COLONIAL D E L'ANCIEN

RÉGIME

avait une particulière estime, et qui était venu à Surate par les routes de terre; et un h o m m e plus jeune, François Martin, qui, depuis 1681, dirigeait le comptoir de Surate et devait être le véritable fondateur de nos établissements de l'Inde. François Martin était le fils naturel d'un riche marchand parisien; se trouvant dans une situation assez précaire, et tenté par l'aventure, il s'était embarqué pour la Compagnie dès 1665. Il fut d'abord employé à Madagascar où il attira l'attention sur lui, et deux ans plus tard, fut envoyé aux Indes. Placé à Surate, il en profita pour étudier le marché de Bender-Abbas; il passa ensuite quelque temps à Mazulipatam et on le trouve auprès de La H a y e dans San T h o m é assiégée. L'amiral, qui l'apprécia, l'envoya auprès de Bellanger de Lespinay à Pondichéry, où il sut ensuite nouer des relations utiles avec les Indigènes. C'est ainsi qu'en 1774, le territoire environnant ce comptoir put être acquis au n o m de la France. Après la paix de Nimègue, François Martin sut donner un grand développement au commerce de Pondichéry, et envoya ses vaisseaux jusqu'au Siam. Enfin, en 1681, il revint à Surate qui était alors le centre de nos opérations et en devint Directeur en 1683. C'était l'année de la mort de Colbert. Mais Seignelay, qui avait conservé la Marine et le Commerce, devint, après son père, « chef perpétuel, Président et Directeur pour Sa Majesté », de la Compagnie. E n 1682, le commerce sur les Indes avait été proclamé libre; Seignelay, en reconstituant en 1685 la Compagnie, lui rendit cependant tous ses privilèges. C'est du protectionnisme de Louvois qu'elle devait mourir. Louvois, en effet, pour développer l'industrie métropolitaine, combattit puis prohiba complètement l'importation des étoffes dites « indiennes » (1686). La tâche du Directeur François Martin dans ces c o n j o n c tures devint fort pénible. Après avoir affermi à Surate l'œuvre de son maître François Baron, il fut n o m m é précisément en 1686 « Directeur à la côte de Coromandel, au B e n gale et au Siam ». Il laissait Surate prospère : au contraire t o u t était à créer là où il retournait. Il retrouva Pondichéry

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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