Page 70

64

L'EMPIRE

COLONIAL

DE L'ANCIEN

RÉGIME

seulement l'année suivante que les Anglais firent un sérieux effort pour occuper l'île. Les troupes françaises qui demeuraient virent heureusement venir à elles une partie des noirs, que leurs sympathies rapprochaient plutôt de nous que des Anglais, avec le chef qu'ils s'étaient donné, T o u s saint Louverture. A u x Iles du V e n t , les désordres du début furent peu graves; le général R o c h a m b e a u en y arrivant trouva déjà la situation rétablie. Ces îles furent occupées par les Anglais c o m m e Saint-Domingue en 1794. Les commissaires désignés par la Convention, Victor Hugues et Chrétien, n'arrivèrent à la Guadeloupe qu'après l'occupation, avec un millier d ' h o m m e s ; ils eurent l'audace de débarquer et eurent raison de 6 à 8.000 Anglais qui o c c u paient l'île. Victor Hugues se révéla un organisateur remarquable, créa des troupes, une marine m ê m e qui renouvela les exploits de nos corsaires. Il réoccupa les Petites Antilles, sauf la Martinique et Sainte-Lucie. Il montrait en m ê m e temps vis-à-vis des contre-révolutionnaires cette implacable rigueur et cette énergie sauvage qui ont fait bien des victimes, mais aussi la grandeur des hommes de ce temps. De son côté, Toussaint Louverture à Saint-Domingue résistait aux offres des Anglais qui évacuèrent l'île. E n 1798, les Petites Antilles étaient libérées. Lorsque vint la réaction contre les principes révolutionnaires, sous le Directoire et le Consulat, l'ancien ordre de choses reprit des plus facilement à la Martinique où les esclaves n'avaient jamais été libérés; un peu plus difficilement à la Guadeloupe; des effectifs y furent envoyés avec Richepanse et la réaction donna malheureusement lieu à des cruautés incroyables. La grande affaire fut Saint-Domingue, qui finalement devait être perdue pour n o u s . Toussaint Louverture était un ancien esclave — un ancien cocher — de quelque instruction, qui en tout cas révéla de véritables qualités de chef et d'organisateur. Resté maître de l'île après le départ l

1. La partie espagnole de l'île nous avait été reconnue aux traités de Bâle, en 1795.

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Profile for scduag
Advertisement