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LES

AMÉRIQUES

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De cette é p o q u e date l'organisation définitive de la colonie. Colbert écrivait alors au G o u v e r n e u r : « Sa Majesté comptera vos services pour le n o m b r e des colons que v o u s attirerez ». On admit même les mariages avec indigènes; des pensions furent accordées aux familles nombreuses. Faut-il voir là l'origine de l'extraordinaire fécondité de la race canadienne, fécondité qui s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui? Talon attirait des « engagés » qui servaient d'abord trois ans, puis s'établissaient dans le pays. Bref, en dix ans la population avait doublé et compta bientôt 7.000 Européens, ce qui prouve q u ' a v e c des méthodes appropriées et de la volonté, on pouvait déjà faire du p e u plement. Ce sont des conditions qui n'ont pas cessé d'être nécessaires. Mais Talon — c o m m e il arriva à bien d'autres administrateurs ou gouverneurs, — eut des difficultés avec ses a d m i n i s t r é s : avec les Jésuites d'abord. Ceux-ci, qui étaient arrivés en 1611 en Acadie, en 1625 au Canada, savaient très heureusement s'adapter aux populations indigènes, et, d'autre part, avaient fondé un établissement remarquable : le collège de Québec. Mais ils faisaient preuve d'un esprit d'indépendance qui devait être difficilement admis par le pouvoir civil; ils se montraient d'ailleurs hostiles à l'administration directe et à l'assimilation des indigènes qui, é v i d e m m e n t , réduisaient leur autorité. Contre eux, Colbert soutenait l'Intendant; mais celui-ci eut aussi contre lui les commerçants, que, seule, la traite des fourrures intéressait. Finalement, il dut abandonner son poste. La colonie connut encore un grand Gouverneur, le comte de Frontenac, dont le n o m est resté v i v a n t au Canada. Il y demeura dix ans, de 1672 à 1682. La Compagnie des Indes Occidentales, qui n'avait pas réussi, avait disparu en 1674 et le Canada était devenu un pays d'administration directe. Frontenac, doué de qualités d ' h o m m e d ' É t a t , avait alors réuni, pour s'éclairer sur les besoins de la colonie, des États Généraux que nous appellerions aujourd'hui Délégations; mais cette initiative si remarquable fut blâmée par la Métropole où le pouvoir personnel s'exerçait

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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