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L'EMPIRE COLONIAL D E L'ANCIEN

RÉGIME

cinq membres nommés par eux; l'intendant y entra un peu plus tard et les membres furent dès lors désignés par le R o i . Les notables étaient des commerçants et restèrent confinés dans leur rôle de juges — puisque les conseils étaient surtout des cours de justice. A u x Antilles, par contre, les notables étaient des planteurs, qui eurent aussitôt tendance à se regarder c o m m e des représentants de leur classe et bientôt les conseils entendirent prendre part à tous les actes i m p o r tants du gouvernement de la colonie. Il soufflait aux Antilles un vent d'indépendance et, pour donner satisfaction aux colons, on délégua aux conseils en 1712 et 1715, une grande partie de l'administration financière. Ils ne s'en contentèrent pas; on supportait mal, aux Iles, le système de l'exclusif et à plusieurs reprises (en 1717, en 1722) les conseils « souverains » se firent assez vivement les défenseurs des intérêts locaux. Quant à la législation, que l'on ne v e u t pas étudier ici, il faut signaler cependant que l'on se borne à importer les lois françaises : le Canada applique par exemple la c o u t u m e de Paris. On ne concevait alors que l'assimilation, et Colbert lui-même ne pensait pas autrement, en manifestant cependant le souci d'adaptation indispensable. Sans doute en était-il ainsi parce qu'il ne s'agissait que de colons et que l'on n'avait guère, sauf dans l'Inde, à se préocuper d ' a d m i nistrer des indigènes. Quant aux esclaves, on rédigea à leur intention en 1685 un ensemble de Règlements dit Code Noir, conçu sans dureté, mais du point de vue purement économique. La Révolution ne changea pas grand chose à l'administration des colonies. Mais elle vit se produire la première manifestation de la représentation coloniale : les planteurs blancs des Antilles firent d'eux-mêmes des élections et les députés ainsi élus se mêlèrent à ceux des provinces de France, prêtèrent le serment du jeu de paume, et c o m m e ils se montraient « patriotes » furent admis par l'Assemblée, au nombre de six, après discussion toutefois. Les députés des autres îles furent alors successivement admis.

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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