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LES GRANDS T R A V A U X

A

L'ÉTRANGER

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isthmique ». Celle-ci devait en 1902 se prononcer en faveur de la reprise de l'affaire de Panama, d'ailleurs pour des raisons financières et par considération du travail déjà fait, plutôt que pour des raisons d'ordre général. Elle n'émettait enfin cet avis favorable que sous deux conditions : que la reprise de l'affaire ne coûterait pas plus de 200 millions (or ou 40 millions de dollars), que la Compagnie pourrait produire un titre net de propriété, et qu'un traité satisfaisant interviendrait avec la Colombie. Le vote des Chambres américaines fut obtenu assez péniblement et ne l'aurait sans doute pas été malgré les efforts déployés par M. Bunau-Varilla, si les éruptions du Mont-Pelé et du volcan du Nicaragua, le Momotombo, n'étaient venues démontrer assez à propos le danger de la solution du Nicaragua. Il restait à négocier avec la Colombie. On sait que l'on n'y parvint pas et que ce fut une révolution des habitants de la région de l'isthme, donnant naissance à une « République de Panama » qui permit d'aboutir le 3 novembre 1903. M. BunauVarilla fut le premier représentant officiel du nouvel Etat à Washington et c'est grâce à ses efforts que les pourparlers purent aboutir. Il eut à lutter dans cette période contre les notables de la République de Panama eux-mêmes, inexpérimentés, et naïvement jaloux les uns des autres et de leur ami français. Au cours de la campagne entreprise pour convaincre l'opinion américaine, comme dans ces premiers jours de l'Etat de Panama, les Américains purent admirer chez un Français à l'étranger des qualités de ténacité et de savoir faire qu'ils sont trop portés à nous dénier. Le gouvernement américain leva enfin l'option qui lui avait été consentie le 4 janvier 1902 par la Compagnie nouvelle du canal; le contrat fut signé à Paris le 22 avril 1904, au prix convenu de 40 millions de dollars. L'œuvre fut poursuivie avec des moyens plus puissants, que les progrès de la machinerie avaient permis de réaliser entre temps, et dans de meilleures conditions sanitaires, les Etats-Unis étant parvenus à lutter victorieusement contre la fièvre jaune dans la région. C'est un canal à écluses à 25 mètres au-dessus du niveau de la mer qui a été réalisé, d'ailleurs pour une somme assez élevée; mais les ingénieurs américains se sont plu à rendre hommage au travail fait par la France avant leur intervention. II. —

CHEMINS DE FER ET PORTS

Sous la III République, des travaux nombreux et importants ont été exécutés par des sociétés de capitaux français, ou simplement par des ingénieurs français, à l'étranger. Il y eut là un magnie

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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