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L'EMPIRE

COLONIAL D E LA FRANCE

MODERNE

un grand nombre de services devaient leur être c o m m u n s : les douanes tout d'abord; les P. T . T . ; les chemins de fer; les régies enfin, au moins au début, destinées à garantir la partie de la Dette ottomane qui incomberait à la Syrie. Il fallait donc des services c o m m u n s , un budget commun et le tout ne va pas sans une autorité c o m m u n e ou fédérale et cette autorité, c'était t o u t naturellement, ce devait être le Haut-Commissaire français. La France s'est fait scrupule de le comprendre ainsi, et de ce fait, s'est jetée dans de graves embarras. L'organe fédéralisant ne fut d'abord qu'un conseil c o n sultatif : le Commissariat gérait les services c o m m u n s ; il cessa de le faire en 1922 et créa un Conseil fédéral; en même temps les services furent, autant que faire se pouvait, passés aux différents E t a t s ; le budget général fut supprimé, mais remplacé par un budget des recettes à répartir et un budget de fonds de concours, pure question de m o t s . Le Liban avait toujours refusé d'ailleurs d'entrer dans la Fédération; et l'on s'y était prêté. Peu après, les Etats de Damas et d'Alep (à majorité sunnite) étaient fondus en un seul, pour former l'Etat de Syrie. La question du fédéralisme en fut simplifiée, mais il ne semble pas que la question des services c o m m u n s ait été définitivement réglée. Il est bien certain qu'en un tel pays, la France, en n'organisant pas un pouvoir central ferme, en n'exigeant pas le maintien des services communs, se crée à elle-même des embarras, et encourage le désordre; ce désordre on le lui reprochera et personne ne lui saura gré de ses scrupules. Il en fut de même dans les Etats. Chacun d'eux reçut dès le début un gouverneur indigène, (sauf le Grand-Liban, qui c o m p t e des Maronites, des Musulmans, et l'Etat des Alaouites). Il fut créé d'abord un Comité Consultatif. Puis les Conseils élus virent le jour en 1923 dans les Etats de Damas, d'Alep et des Alaouites et aussitôt ces conseils, que leur texte constitutif ne qualifiait plus nettement de consultatifs, se. crurent souverains.

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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