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L'EMPIRE COLONIAL

DE LA FRANCE

MODERNE

deurs auprès des empereurs mongols des Dominicains et des Franciscains, dont le rôle fut plus diplomatique que religieux. Néanmoins, des missions purent demeurer en Chine jusqu'à la fin de la dynastie mongole. Les Ming (montés sur le trône de Chine en 1368) se montrèrent d'abord nationalistes et chassèrent les étrangers. C'est au xvi e siècle seulement que les Portugais, venus par mer, apparaissent sur les côtes; leurs missionnaires fondent un évêché à Macao. On sait que François X a v i e r fut en Chine en 1552 et y mourut. L'ordre des Jésuites y apparut à son tour en 1575. Les premiers Jésuites avaient été des Italiens ; mais les Français prirent vite dans la mission une place importante. C'est un Français, le Père Alexandre de R o d e s , qui fut pris c o m m e arbitre en quelque sorte, entre les divers ordres religieux qui étaient en rivalité. Les Jésuites en effet avaient su plaire, en se présentant surtout c o m m e lettrés et savants, et laissant la religion au second plan. A u contraire, les Franciscains et les Dominicains espagnols, c o m b a t t a n t ouvertement les croyances des Empereurs et des Sages, avaient pris par là une attitude assez dangereuse. Ils étaient d'ailleurs en rivalité ouverte avec les Jésuites. Cette mésentente se doubla bientôt d'un conflit de nationalités : la séparation du Portugal, qui se détacha de l'Espagne en 1640, vint opposer les Jésuites, principalement Italiens et Français soutenus par le Portugal, aux Dominicains espagnols. L e Père Alexandre de Rodes conclut favorablement aux Jésuites; et il en résulta une première conséquence heureuse pour la France : le Saint-Siège décida la nomination d'évêques français, qui pussent demeurer neutres entre les Espagnols et les Portugais. Malheureusement, la faiblesse de notre marine — c o m m e il devait arriver souvent — nous mit dès ce premier jour en i n f é r i o r i t é : nos vaisseaux n'avaient pas encore abordé ces mers, et les Portugais ne voulurent pas transporter nos évêques; c o m m e il leur répugnait d'emprunter les navires des Hollandais hérétiques, ces évêques, (ce sont ceux dont il a été parlé à propos de l'Indo-Chine) durent gagner la Chine par terre.

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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