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LES CONCEPTIONS

COLONIALES

DE

LA MONARCHIE

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long ministère du cardinal Fleury (1725-1743), le commerce colonial tout entier connut une grande prospérité. Mais bientôt s'ouvrit la période de guerres avec l'Angleterre, qui ne devait se terminer qu'en 1815. Nos aptitudes coloniales ne diminuent nullement, mais les circonstances deviennent très défavorables; les complications européennes absorbent de plus en plus nos forces, tandis que l'Angleterre est presque libre de toute attache continentale. La France ne peut plus consacrer assez d'argent à sa flotte. Celle des Anglais prend nettement la supériorité à partir de 1748, malgré nos alliances et nos efforts passagers en faveur de la marine. L'Angleterre peut donc bloquer nos colonies, tandis que nous ne p o u v o n s intervenir efficacement sur des théâtres d'opérations plus n o m b r e u x et plus disséminés qu'au siècle précédent. Le traité de Paris (1763) qui termine la guerre de S e p t ans ne nous laisse que des débris de notre empire colonial 1,

2. — Le déclin. Transformation des idées. Les gouvernements successifs de la fin du xviii e siècle allaient tenter de tirer parti au mieux de ce qui nous restait. Nous eûmes encore, après 1763, des ministres qui furent des coloniaux convaincus. Choiseul, dans un mémoire au roi, en 1765, établissait que « la véritable affaire était la guerre aux colonies » et projetait une descente en A m é r i q u e : c'était, chose curieuse, quelques années avant notre inter1. La France abandonnait à l'Angleterre: tout le Canada, l'île du Cap Breton, les îles du Saint-Laurent; toute la portion de la Louisiane située à l'Ouest du Mississipi (la partie orientale devait être cédée aux Espagnols en compensation de la perte de la Floride qui leur était enlevée par l'Angleterre). La France ne gardait en somme que le droit de pêche dans l'estuaire du SaintLaurent et sur la côte Nord-Ouest de Terre-Neuve avec les îles de SaintPierre et Miquelon pour servir de refuge aux pêcheurs, et, dans les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique et Sainte-Lucie. En Afrique, la France cédait tous ses postes, sauf l'Ile de Gorée. Dans l'Inde, elle ne gardait que les villes qu'elle a conservées depuis lors et quelques « loges ».

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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