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L'ŒUVRE

D E LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE

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La traite était abolie en principe, mais le trafic clandestin demeurait intense. E n 1831 une loi fort sévère tenta de l'enrayer, puis on se préoccupa d'abolir l'esclavage, supprimé par l'Angleterre en 1833. Le débat fut vif naturellement et des projets furent discutés en 1839 puis en 1843. La décision ne devait pas être le fait de ce régime; du moins de nombreuses mesures d'atténuation ou de transition furentelles prises de 1833 à 1848. C'est la République de 1848 qui, fortement imbue de mysticisme social, décida la suppression immédiate et totale de l'esclavage; les esclaves durent tous recevoir leur liberté tandis qu'une indemnité était allouée aux propriétaires. Cette brusque mesure, m ê m e préparée de loin par la monarchie, eut d'assez vives réactions. Les noirs affranchis confondirent souvent — c'était fatal — esclavage et travail, et ne voulurent plus rien faire; b e a u c o u p quittèrent les plantations, et, sans ressources, se livrèrent à toutes sortes de forfaits, aux Antilles en particulier. Il ne faudrait pas croire cependant, que la République fût hostile aux colonies. Dès la présidence de L o u i s - N a p o léon, elle avait conçu un programme colonial; c'était, bien entendu, un programme libéral, qui comportait la liberté du commerce, mais qui se proposait en outre, au Sénégal par exemple, d'affranchir nos transactions de toutes les entraves qu'elles subissaient encore du fait des chefs indigènes. A v e c le second Empire enfin, la politique coloniale allait prendre une véritable ampleur. Napoléon III, p o u r se concilier l'appui du parti c a t h o lique, allait soutenir les Missions, non seulement dans le proche Orient, mais j u s q u ' a u x contrées les plus reculées du Pacifique. Il allait m ê m e adopter cette politique avec beaucoup plus de netteté que Louis-Philippe et Guizot, que leur prudence avait souvent arrêtés dans cette voie. Napoléon I I I ne cessera de mettre sa diplomatie et ses escadres au service des œuvres catholiques dans le m o n d e . Cette attitude devait nous valoir des avantages en Nouvelle Calédonie; il n'est pas certain qu'elle nous ait servis au Siam et en Cochinchine.

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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