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LE LEVANT

ET

L'ÉGYPTE

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en E g y p t e une Commission internationale de savants. Il réussissait enfin à former une Société d'études de cent m e m bres, qui versèrent chacun 5.000 francs. L e gouvernement anglais demeurait très hostile : il avait tout fait en 1799 pour empêcher l ' E g y p t e de redevenir au profit de la France le grand entrepôt du commerce des Indes; c'est pour la m ê m e raison que plus tard il avait empêché Mehemet Ali de conquérir la souveraineté de l'Orient; c'est pour la m ê m e raison encore — car telles paraissaient devoir être les conséquences de l'ouverture du canal — qu'il demeurait hostile au projet présenté par la France. Quelques esprits libéraux cependant, en A n g l e terre même, parlèrent en faveur du canal, et le gouvernement anglais ne fit pas obstacle à l'émission d'un premier emprunt de 200 millions. Cependant ni en Angleterre ni en Russie ni aux Etats-Unis, il n ' y eut de souscriptions. L'emprunt fut couvert pour plus de la moitié par la France, pour un quart par l'empire o t t o m a n , et pour près d'un quart par le pacha d ' E g y p t e . E n 1859, la construction du chemin de fer du Caire à Suez était en cours déjà. On c o m m e n ç a par creuser la canal d'eau douce entre le Caire et Suez; enfin les travaux du canal lui-même furent entrepris c o m m e Saïd mourait, en 1863. On connut alors des difficultés d'ordre pratique venant non du terrain, mais de la main d'œuvre. A l'instigation de l'Angleterre, la Porte avait trouvé un prétexte pour e m p ê cher les travaux, et ce prétexte se colorait d'humanité, à coup sûr bien inattendue de la part du Sultan: la Porte prétendait que les fellahs employés aux terrassements et qui étaient fournis par le pacha d ' E g y p t e , étaient recrutés de force et employés ainsi arbitrairement à une corvée. A u Caire, Ismaïl avait succédé à Saïd, et son ministre Nubar, ancien favori d ' A b b a s , était disposé à prêter l'oreille à ces suggestions. Une campagne commença, si bien que l'opinion française elle-même plaignit les fellahs. Nous ne v o u lons nullement prétendre qu'ils ne fussent pas à plaindre; on rencontrait ici une difficulté que les Puissances euro-

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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