Page 185

LE L E V A N T

ET

L'ÉGYPTE

179

nut d'abord, au d é b u t de 1799, les restes de l'ancien canal, puis perdit ses traces. Une seconde campagne fut entreprise en septembre de la m ê m e année, sur l'ordre de K l é ber; une dernière enfin, en n o v e m b r e , permit d'achever le nivellement. Les ingénieurs en conclurent que le niveau de la Mer R o u g e était de 9 m. 90 plus élevé que celui de la Méditerranée; o n sait qu'ils s'étaient trompés : le nivellement effectué à nouveau en 1847 révèle dans leurs mesures une erreur de 8 m. 67, qui ramenait à environ 1 mètre la différence de niveau. Lepère d'ailleurs n'avait pas j u g é le travail impossible pour autant, et avait préconisé l'antique tracé, de Bubaste sur le Nil à Suez. L e projet n'avait pas été perdu de v u e après l'abandon de l ' E g y p t e . Les Saint-Simoniens, n o t a m m e n t , s'en étaient emparés et le soutenaient c o m m e une condition du progrès de la civilisation. Enfantin et quelques-uns de ses disciples étaient m ê m e allés en E g y p t e en 1833 et avaient été reçus par Mehemet Ali. Ce n'est pas sans surprise que l'on trouve l'extraordinaire figure d'Enfantin mêlée à de si graves débats. Un projet (du Nil à Suez) fut dressé alors par Linant de Bellefonds, un Français, Directeur des Travaux Publics de Méhemet Ali, et l'exécution en fut très sérieusement envisagée; elle fut ajournée pourtant du fait de Méhemet Ali, parce que le canal lui apparut soudain c o m m e p o u v a n t devenir un autre Bosphore, qui attirerait à l ' E g y p t e de graves ennuis. Les Saint-Simoniens cependant, rentrés à Paris, fondèdèrent en 1846 une Société d'Etudes pour le canal de Suez, et cette Société fit de grands efforts pour intéresser les g o u vernements européens. L e prince président en France, le gouvernement anglais et m ê m e la Russie furent sollicités. Mais l'ingénieur anglais Stephenson, envoyé en E g y p t e , déclara le travail impossible. Ce fut peu après qu'intervint Ferdinand de Lesseps. N o m m é en 1830 vice-consul à Alexandrie, il avait dès son arrivée lu le mémoire de Lepère et était entré en rapports avec les Saint-Simoniens lors de leur v o y a g e . Il avait suivi

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Profile for scduag
Advertisement