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SIÈCLE

LA

MÉDITERRANÉE

tions violentes se produisirent en 1848 et 1870, entraînant des changements brusques de régime. Il en résulta des essais d'assimilation à la M é t r o p o l e : on crut p o u v o i r faire des départements, et le m o t à tout le moins est resté; le p a y s jouit en outre de la loi municipale française de 1884, si peu faite pour des bourgs où la population indigène est presque toujours prédominante; nous n'avons cessé d'en éprouver les plus graves ennuis. A u j o u r d ' h u i l'Algérie offre encore les apparences du territoire métropolitain; elle se compose de départements administrés par des préfets, n o m m a n t des Conseils généraux, et comportant des représentants à la Chambre et au Sénat. E t pourtant elle a un gouverneur, des Assemblées représentatives propres : Conseil Supérieur et Délégations financières; et même depuis 1904 elle j o u i t de son autonomie financière absolue. Il n'existe à la vérité pas de n o m dans le vocabulaire c o l o nial pour désigner une possession de cette nature. C'est un cas très particulier; il nous plaît d'y voir une seconde France. L'unification a été poussée — et dès le début — beaucoup plus loin q u ' o n ne pourrait imaginer. On a en effet importé, d'abord en un bloc important, puis peu à peu les lois françaises qui évidemment n'étaient pas faites pour ce sol. On est forcé aujourd'hui d'entreprendre un travail d'adaptation des plus délicats, qui ne réussira pas à donner à ce pays les lois qui lui conviennent. Enfin, il y avait les indigènes, d o n t on ne paraissait pas soupçonner l'existence en poursuivant cette assimilation naïve. Dans nos colonies d'Amérique de l'ancien régime, où nous avons fait du peuplement, ou bien aux Mascareignes, l'élément indigène ne comptait pas; il n'existait pas ou était très faible, dispersé sur un immense territoire, et peu propre à se laisser toucher par la civilisation. Nous faisions en Algérie une expérience nouvelle : il s'y trouvait une population assez importante déjà — près de deux m i l lions d'habitants — population blanche, et d o n t on n e pouvait se désintéresser. On fut au début assez embarrassé. La disparition du

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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