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LE X I X

devenue

légendaire, avait quitté le service depuis long-

e

t e m p s ; il s'était

SIÈCLE

LA MÉDITERRANÉE

fait agriculteur;

c'était un soldat

qui

savait observer et réfléchir. On avait fait appel à lui une première fois en 1837; il retourna en Algérie en 1841. Il avait étudié le p a y s ; il c o n ç u t les méthodes de guerre qui pouvaient réussir et demanda le succès à la mobilité de ses colonnes. E n 1843, il s'emparait de la Smalah d ' A b d el-Kader, et celui-ci se réfugiait au Maroc. Notre ennemi réapparaissait

en 1845, soutenu par le sultan du Maroc;

mais après la victoire de l'Isly remportée sur les contingents marocains, en une mémorable campagne, Bugeaud p a cifiait

définitivement

l'Algérie

(Abd-el-Kader

réfugié

à

Figuig devait se rendre en 1847). Il n'échoua que devant la Grande-Kabylie qu'il aborda avec des m o y e n s trop faibles. Néanmoins en 1847, quand il demanda son rappel, l'Algérie pouvait être considérée c o m m e pacifiée. C'est beaucoup plus tard, en 1857, que la Kabylie devait être soumise, lorsque sous l'impulsion du général R a n d o n l'on eut construit les routes qui constituent dans un tel pays le seul, le véritable instrument

de pénétration

et de

domination.

encore les R o m a i n s nous avaient montré la v o i e . Les maréchaux seulement

des

Bugeaud

chefs

et R a n d o n , qui furent

militaires

clairvoyants,

mais

non des

hommes d'une vaste culture et des politiques remarquables, avaient mis en évidence les deux principes qui devaient nous permettre de pacifier l'Afrique du Nord : mobilité des troupes et construction des routes. L'Algérie était soumise, mais elle

connut

en 1871 des

troubles sur lesquels l'opinion française s'est

longtemps

méprise. Une certaine agitation se manifesta en effet en janvier 1871 dans la province de Constantine. Il apparaît nettement qu'elle fut p r o v o q u é e par l'écroulement du second Empire et notre défaite, coïncidant avec un changement radical dans le régime administratif du pays. Les sentiments de patriotisme français des chefs indigènes, m ê m e de ceux qui devaient plus tard se révolter, n'étaient pas d o u t e u x au début de la guerre franco-allem a n d e ; mais la disparition du souverain et en même temps

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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