Page 108

102

L'EMPIRE

COLONIAL

D E L'ANCIEN

RÉGIME

influence, mais Bussy n'osa pas accepter sans l'autorisation de la Compagnie, et les choses en restèrent là. Cependant, au Decan, au milieu des intrigues d'une Cour qui nous sentait moins forts, sa situation devint peu à peu plus difficile, et finalement on lui fit comprendre que la présence des Français n'était plus utile; il se retira en 1756. A ce m o m e n t , les nouvelles de la guerre parvenaient aux Indes. Mais nos troupes avaient ordre de ne pas faire acte d'hostilité par terre contre les Anglais : sans cet ordre peut-être les troupes du Decan devenues disponibles auraient-elles pu secourir le Bengale. Bussy, faute de p o u voir le faire, se contenta d'occuper toutes les factoreries anglaises de la côte d'Orissa. Le Bengale mis à part, la situation n'était donc pas c o m promise quand Lally Tollendal arriva. Le nouveau général eut même quelques succès sur terre; mais nous perdîmes presque t o u t de suite la maîtrise de la mer; et surtout nous allions manquer d'argent. Lally avait trouvé une situation financière lamentable, et des mœurs administratives qui l'indignèrent fort pendant tout son séjour; les fermiers des revenus publics en gardaient la plus grande part, et personne n'y prenait garde parce que chacun cherchait uniquement à s'enrichir. Dans ces conditions, et privé du concours de la flotte, Lally ne put attaquer Madras c o m m e il l'aurait désiré et demeura impuissant. Il avait renvoyé Bussy au Decan pour soutenir encore le souverain protégé par nous et le rappela bientôt, pensant assez justement que, si nous étions victorieux sur la côte, le Decan ne bougerait pas. Bussy revint donc après avoir « protégé » le Decan sept années. « Il n'est pas d'exemple », dit M. A . Martineau, « dans notre histoire c o l o niale, où notre autorité sur un pays aussi étendu et aussi peuplé que le Decan, se soit manifestée et maintenue par le seul prestige et aussi les seules qualités politiques d'un h o m m e : les armes elles-mêmes eurent peu de part à nos succès. » Lally tenta donc d'attaquer Madras par terre, mais avant que l'effort décisif pût être fait, l'escadre anglaise réappa-

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Profile for scduag
Advertisement