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L'INDE

ET L'OCÉAN

INDIEN

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flotte anglaise, il traita, sur le principe arrêté à Londres de « l'égalité » des établissements, avec beaucoup trop d'esprit de conciliation; sur la côte de Coromandel, nous fûmes franchement dépouillés de tous nos avantages. Seule, notre situation spéciale dans le Decan était respectée. Là-dessus la guerre éclata en Europe (1756). Les Anglais n'avaient pas aux Indes plus de 1.000 h o m m e s ; nous en avions 2.000. Nous aurions pu les écraser et ne sûmes pas le faire. Les deux Puissances alors envoyèrent des renforts, et ceux des Anglais arrivèrent avant les nôtres. La France avait confié le c o m m a n d e m e n t à Lally T o l lendal, qui mit un an à faire le v o y a g e , et n'arriva qu'en 1758. Des événements importants s'étaient déroulés dans l'intervalle, en particulier au Bengale, et cette province était déjà perdue. Nos établissements du Bengale avaient continué à prospérer pendant la dernière guerre, parce que le nabab interdisait les opérations militaires sur le Gange, et que les comptoirs étaient à l'intérieur des terres. Il en fut ainsi jusqu'en 1755 où un nouveau prince chassa les A n glais et nous demanda notre concours contre eux. Nous le refusâmes et nous eûmes bien tort, car en 1757 les troupes anglaises reprenaient Calcutta, puis O u g l y : c'est alors que l'on apprit la déclaration de guerre. Les Anglais, poussant aussitôt leurs avantages, attaquèrent Chandernagor et s'en emparèrent. Ils battirent le nabab et mirent sur le trône du Bengale un de leurs protégés. Nos garnisons, sous le c o m m a n d e m e n t de L a w de Lauriston (que l'on retrouvera) se retirèrent dans l'intérieur; pendant quatre ans, elles devaient battre le pays en une randonnée extraordinaire, cherchant des appuis, et finalement gagner Patna et Delhi, en 1761, sans espoir de succès. L ' I n d e du Nord fut désormais perdue. A u Decan, la situation s'était déroulée t o u t différemment. Bussy avait su se maintenir après le rappel de Dupleix. Il avait même pris une situation personnelle telle que le Grand Mogol lui demanda de passer à son service avec 1.200 hommes. C'eût été peut-être excellent pour notre

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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