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L ' I N D E ET L'OCÉAN

INDIEN

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Dupleix c o n ç u t alors le projet de s'emparer de Madras, chef-lieu des établissements anglais. Des renforts furent envoyés de Paris à La Bourdonnais, qui fut autorisé à aller seconder Dupleix dans le golfe du Bengale. Le Gouvernement lui laissait la liberté de ses opérations. La Bourdonnais arriva donc à Pondichéry et, dès l'abord, des conflits d'amour-propre divisèrent les deux hommes. La Bourdonnais se rallia pourtant au projet d'attaque de Madras, ce qui supposait la mise hors de cause, préalablement, de la flotte anglaise. Puis il tergiversa; il finit cependant par atteindre Madras sans encombre, et c o m m e la ville n'était pas défendue, il en prit possession sans difficultés; puis, de sa propre initiative, il s'engagea à la rendre m o y e n n a n t une rançon qu'il débattit avec le Gouverneur anglais. Dupleix manifesta son mécontentement : Gouverneur des établissements des Indes, il prétendait avoir le droit d'intervenir pour fixer le sort de la place, et n'était pas partisan de la restituer. La Bourdonnais arguait en substance que la question ne se posait pas, puisque des instructions, datant il est vrai de 1741, lui défendaient de s'emparer des comptoirs ennemis pour les conserver. Dupleix répondait qu'il convenait au moins de conserver la place jusqu'au traité de paix. Mais La Bourdonnais passa outre à ses avis, conclut l'accord avec le Gouverneur anglais, et regagna l'Ile de France, laissant quelques navires à P o n d i chéry. Son attitude avait paru singulière m ê m e à son entourage, et il semble bien résulter de documents anglais, qu'il avait reçu 100.000 pagodes (près d'un million de livres) pour se prêter à un arrangement qui était léger à l'Angleterre. Quand il fut parti, Dupleix, redevenu seul maître, se rendit à Madras et cassa le traité au premier prétexte; nous devions occuper Madras trois années. Tel fut ce conflit souvent rappelé; il convient de souligner qu'il n'eut aucun rapport avec la perte de l'Inde. La guerre avec les Anglais se poursuivit sur terre. L e nabab d'Arcate, sur les domaines duquel se trouvait Madras, et qui nous avait interdit d'attaquer cette place, entra en

Histoire des colonies françaises  

Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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Auteur : Victor Piquet / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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