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LE VICOMTE A LA MARTINIQUE

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Le vicomte s'abaissa à de bas mensonges et à des procédés peu scrupuleux. Yeyette lui a avoué, affirma-t-il à la négresse, qu'elle avait écrit des lettres à un amoureux et que c'était elle, Brigitte, qui les cachait et qui les portait ensuite. Comme il est de l'intérêt de Yeyette, ajoute le vicomte, que ces lettres ne risquent pas de tomber en des mains mal intentionnées, Alexandre de Beauharnais les réclame à la négresse et lui offre deux moëdes1 pour chaque billet et même vingt moëdes pour une seule des lettres. Il ne réussit pas dans sa tentative. Il menace alors la négresse, si elle vient à parler de ses propositions : « Ta vie en dépend ». Bien entendu le vicomte ne sait pas le créole. Il a besoin d'un interprète. Mme X... préside aux interrogatoires, les dirige et donne la traduction. Maximin, esclave de l'habitation de son beau-père, est l'objet des sollicitations du vicomte. « Il lui donne quinze moëdes à deux fois pour obtenir des confidences. » Le nègre empoche l'argent, lui raconte une histoire quelconque qu'il déclare, par la suite, n'avoir jamais dite. Et Mme de la Pagerie d'écrire à sa tille : « Quel est l'esclave que l'on ne corrompt pas avec cette somme et quel est celui qui ne vendrait pas son maître pour moitié moins! » La maîtresse et l'amant interrogent le petit Sylvestre, qui n'avait que cinq ans quand Mlle de la Pagerie s'embarqua pour la France, en 1779. Ils tentent d'arracher des renseignements à cet enfant en se servant d'un argument sonnant et métallique. 1. Le moëde est une monnaie d'or portugaise ayant cours a la Martinique à cette époque. 10

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

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