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L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE

duc d'Orléans, était le rendez-vous de la haute société de Paris. Mme la vicomtesse de Beauharnais était reçue dans cette maison. De différents côtés la femme d'Alexandre se trouvait en rapport avec la haute aristocratie. Entre Alexandre de Beauharnais et sa femme ne s'établirent pas de liens étroits et durables. Marie-Rose n'avait pas réussi à captiver son volage époux,

qui avait laissé sa femme rue Thévenot, à Paris, en compagnie du marquis, son père, tandis qu'il reprenait sa vie de garnison. De temps à autre il quittait son régiment et se rendait a Paris ou à Noisy ; ses déplacements furent assez fréquents et ses séjours au domicile conjugal peu prolongés. Pour laisser la vicomtesse rue Thévenot, Alexandre invoquait la nécessité de lui faire donner des leçons par d'excellents maîtres. Ce qui domine dans l'esprit du jeune marié, c'est sa ferme volonté de transformer sa femme en une personne extrêmement distinguée, forte en littérature,

savante, capable

de briller en société et susceptible de faire honneur à l' Agréable qu'il est. casseur de cœurs et d'assiettes. Il mène une vie décousue, désordonnée, s'affiche avec des maîtresses, et, au bout du compte, reprend son ancienne existence de jeune homme. Il est libre, possesseur de sa fortune ; sa femme est à Paris sous la garde de son père, de son beau-père et de sa marraine. Il est tranquille de ce côté. Que veut-il? Qui peut lui plaire? Non pas cette petite créole timide, ignorante des belles manières, qui a le mauvais goût d'être jalouse de son mari, mais une vicomtesse bien docile, sachant fermer les yeux sur les écarts conjugaux.

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

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