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LE

MARIAGE

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sévèrement; ils supposent toujours que l'un d' oux a dicté l'ouvrage. » L'épigramme de Lebrun, qu'à tort peut-être ou a cru être à l'adresse de Fanny de Beauharnais, serait l'indice de l'opinion que, dans un certain cercle, on professait tout bas : Chloé, belle-et poète, a deux petits travers : Elle fait son visage et ne fait pas ses vers. Quelques-uns des vers de Fanny ont un tour piquant ou plaisant. D'autres, particulièrement mauvais, ne peuvent être attribués à Dorat. Ce quatrain, adressé en 1776 à M. le maréchal D..., semble bien être de Fanny : Chacun en ce bon univers A son défaut, par excellence. Je suis novice en l'art des vers, Tout comme vous pour la constance. Novice sur les pentes du Parnasse, Fanny l'était ce jour-là, malgré ses trente-huit années d'âge. Cependant, à lire ses écrits, on trouve des pages qui sont marquées au coin de l'élévation de son esprit, de l'acuité et de la finesse de son observation. Les mœurs et les tendances politiques de l'époque y sont censurées d'une main légère. Féministe de la première heure, en compagnie de Wals toneraft, une anglaise, et de Mme Pipelet, née ConstanceMarie de Théis, Fanny de Beauharnais s'attira les foudres de Lebrun, ennemi irréconciliable des femmes artistes. Au nom du sexe féminin, elle se défend ; elle attaque même et non sans succès. Aux hommes elle écrit : « Nous aimons votre enfance, nous consolons votre vieillesse, nous sommes les charmes de vos plus belles années. C'est dans nos yeux que vous puisez l'émulation dont un de nos regards est

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

L'Impératrice Joséphine  

Auteur : Roland Pichevin / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antill...

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