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VICTOR

HUGHES

fumantes de la Bastille, les maçons tinrent à faire éclater aux yeux de tous leur attachement à sa personne par un acte ostensible emprunté au cérémonial maçonnique. Entouré d'un nombreux cortège, le Monarque qui venait d'ajouter à sa cocarde blanche la cocarde bleue et rouge de la ville de Paris, se disposait à monter le grand escalier de l'Hôtel de Ville quand un mot chuchoté fit le tour de l'assemblée et immédiatement tous ceux qui l'entouraient, pour la plupart maçons, tirèrent leurs épées, dont les lames brillèrent comme autant d'éclairs. Louis XVI eut un mouvement de frayeur, pâlit et fit quelques pas en arrière. Le marquis de Nesles, qui l'avait suivi depuis Versailles, lui dit : « Sire, n'ayez pas peur et allez de l'avant sans crainte ». Le roi hésitait. Les épées se levèrent, une voûte se forma et c'est sous les lames croisées au-dessus de sa tête que Louis XVI devait passer pour atteindre la porte de l'Hôtel de ville. Les francs-maçons avaient formé la « voûte d'acier », honneur réservé dans leurs temples aux grands dignitaires de l'Ordre et aux vénérables dans certaines circonstances. En 1789, la franc-maçonnerie, outre ses 574 loges métropolitaines (63 à Paris et 511 en province) comptait 17 ateliers en pays étrangers (sept à Rome) et 38 aux colonies.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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