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LA

GUADELOUPE

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Collot, en apprenant la prise de la Martinique, comprit que la Guadeloupe était menacée. Il appelle sous les armes tous les citoyens, sans distinction d'opinions. Il espérait que la haine légendaire de l'Anglais aurait vite dissipé les discordes intestines, mais il se trompait. Les gens paisibles et sensés voyaient, sans terreur, même avec soulagement, s'approcher l'ennemi. La gloire et l'honneur de rester français ne faisaient plus vibrer en eux aucune fibre. Depuis treize mois, l'anarchie la plus sanglante déchirait l'île et ils ne prévoyaient aucun secours de la Métropole livrée elle aussi à la démagogie. Les patriotes, eux, crurent à une fable inventée par le gouverneur pour reprendre le pouvoir et refusèrent de participer aux préparations de la défense. Laissant à la Martinique le général Prescott, nommé gouverneur de l'île, avec cinq régiments, les Anglais quittèrent l'île sœur le 31 mars 1794, pour Sainte-Lucie. Le général Ricard, dénué de tout, malade et réduit à une faible garnison, après quatorze heures d'attaque capitula. Il obtint les mêmes conditions que Rochambeau. Le colonel Gordon

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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