Page 46

40

VICTOR

HUGHES

liberté et de la sécurité. Grave erreur! L'homme ne peut faire que ce que la loi lui autorise. La rue même ne lui appartient pas. Aucune époque, plus que la nôtre, n'a subi autant de servitudes. Dès le berceau, l'homme est enveloppé d'un réseau étroit de lois, de contraintes et de règlements qui paralysent tous ses mouvements. A Paris, il ne peut circuler qu'à travers des clous métalliques qui sont des barres de prison; aux États-Unis, s'il ose boire un verre de vin, il est condamné; en Chine, s'il lui prend la fantaisie de porter comme ses aïeux, une natte dans le dos, il est durement châtié; en Turquie, il lui est interdit, sous peine de mort, de porter sur la tête un feutre rouge. « O liberté, que de crimes on commet en ton nom »! Pour avoir des libertés nous faisons des révolutions. Les voies obscures du hasard harmonieux se chargent vite de rétablir le servage, souvent sous une forme pire que celle dont nous voulions nous évader. N'est-ce pas le cas actuel de la Russie Soviétique? Les Révolutions grisent le peuple, lui donnent des habitudes de jouissance excessives et finissent par restaurer, par le meurtre et la misère, les disciplines brisées. L'égalité? Aucun régime ne peut la faire régner entre les hommes, car elle n'est possible que dans la misère. Le véritable progrès n'est

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Profile for scduag
Advertisement