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VICTOR HUGHES

qu'il ressemblait à sa sœur; on le traita de « Monseigneur »; on lui prépara des fêtes. Le marquis de Caylus était alors Gouverneur général des îles du Vent, à la Martinique. Il lui fit écrire par son capitaine des Gardes pour l'inviter à se rendre à SaintPierre. Après avoir lu la lettre, le prince se contenta de dire à l'officier qui l'avait portée : « Dites à votre maître que je suis Hercule Renaud d'Est et que s'il veut me voir, il fasse la moitié du chemin et se rende au Fort Royal où je serai dans quatre ou cinq jours. » Le prince qui commençait à s'ennuyer au Marin avait résolu d'aller à Saint-Pierre, la capitale. Le gouverneur partit pour le Fort Royal mais se ravisa en route. Le prince arriva au fort et ne trouvant pas le gouverneur continua jusqu'à Saint-Pierre. Il traversa la ville avec un nombreux cortège, acclamé par la population en délire, et se rendit aux Jésuites, sur l'habitation Périnelle, qui furent tout bouffis d'orgueil de la préférence qu'il voulait bien leur accorder. Pour loger dignement un si grand personnage, ils déployèrent un faste inoui. Dès lors le prince forma sa maison; le marquis d'Eragny fut son grand écuyer, Duval Férol, Laurent-Dufond, Boisfermé, tous riches habitants du Marin, furent ses gentilshommes et Rhodez devint son page. Il tint une cour, eut des audiences réglées.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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