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LES CORSAIRES DE LA GUADELOUPE

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pour eux car autrement,ils risquaient de finir sur leurs navires, entre la flamme et l'eau, « sur le gril ou dans la marmite ». Lorsqu'il y avait à bord des captives, on leur donnait trois jours de répit, pour le plaisir de l'équipage, après quoi on les jetait à la mer, avec un boulet aux chevilles « afin d'éviter qu'elles soient enceintes ». La cargaison était partagée entre les hommes. Indiennes de Bombay, turbans de Madras, voiles de Mousseline, courtes-pointes de Masulipatan, chapeaux, perruques, dentelles, galons, rubans et autres nippes précieuses faisaient le bonheur de ces forbans et il était amusant, au retour, de les voir circuler dans les rues en castor bordé et plumet de couleur, perruque blanche, pourpoint galonné et chapeau de cour, leur chemise grossière garnie de soie au col, ou de fourrure, les pieds nus ou parfois les bas sans souliers et les souliers sans bas. En 1810, les Corsaires avaient totalement disparu, ne laissant après eux qu'une traînée de gloire. Ils avaient cherché avant tout la liberté des mers, la franchise du commerce, l'extinction du monopole que les Anglais faisaient peser sur le monde. S'ils ont été cruels, sanguinaires, il faut reconnaître que c'est grâce à eux que la France a pu reconquérir ses belles colonies des Antilles. VICTOR HUGHES

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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