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LES

ANTILLES AVANT

1789

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provoquer un bouleversement général dont nos ennemis allaient profiter. L'archipel des Saintes, que l'on commençait à fortifier, tomba le premier entre leurs mains (1794) et l'on peut affirmer que sans Victor Hughes nous aurions irrévocablement perdu toutes nos possessions antillaises.

Ne se sentant plus contenues par la marine de l'État et les troupes, les colonies, affolées par l'exercice de leurs nouveaux droits, s'adonnèrent à la fureur de leurs passions, à la haine de castes, et ce fut pour les esclaves une belle occasion d'exercer leur soif de vengeance. Le pillage, l'incendie et le meurtre s'ensuivirent, entraînant la désorganisation totale de l'administration. Pour bien comprendre les événements, il faut connaître quelle était alors la situation politique et sociale aux Antilles. La Guadeloupe qui nous occupe, avec ses dépendances, et la Martinique étaient peuplées de blancs (européens ou descendants d'européens nés aux Antilles), de gens de couleur, libres ou affranchis et de nègres esclaves, venus d'Afrique. En 1789, la population de la Guadeloupe était de 106.593 habitants, se répartissant comme suit :

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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