Page 237

LES

CORSAIRES

DE

LA

GUADELOUPE

225

la nation française qu'il traite aujourd'hui avec si peu de ménagement. » Ce n'est pas un fonctionnaire qui parle, c'est un Chef d'État. Victor Hughes excite le Gouvernement français à la guerre contre les États-Unis et, son appel n'ayant pas été écouté, il décide d'agir seul. Le 5 mars 1797, il prend un arrêté en vertu duquel « les bâtiments de l'État et les Corsaires français sont autorisés à capturer et à conduire dans les ports de la République tous les navires neutres destinés aux îles occupées par les Anglais ou par les émigrés. En outre, tout bâtiment ayant une Commission pour ces ports doit être réputé « pirate » et les équipages jugés et punis comme tels ». Or, les lois de tous les pays prononcent la peine de mort contre les pirates. Dès qu'il eut connaissance de cet arrêté, le ministre, épouvanté, présenta au Directoire un rapport indigné clans lequel il faisait ressortir les terribles représailles dont nous étions susceptibles et demanda énergiquement son annulation. Par un arrêté du Directoire en date du 5 prairial An V (mai 1797) celui de Hughes fut cassé, mais ses effets ne cessèrent point pour cela. Aucun pavillon ne fut respecté. Tout navire, américain ou autre, chargé de marchandises pour les Anglais, est capturé VICTOR

HUGHES

15

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Profile for scduag
Advertisement